Les trafiquants d’organes humains deviennent les bailleurs de fonds de la Sangha-Mbaéré

0
2

Les trafiquants d’organes humains deviennent les bailleurs de fonds de la Sangha-Mbaéré

 

Trafic d’ossements et de sang dans la Sangha-Mbaéré : Joseph Bindoumi accuse l’État de laxisme
DTrafic d’ossement humain dans le Mbomou, un homme arrêté par la gendarmerie

 

Rédigé le002 août 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Le magistrat Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), ancien ministre magistrat, lance un cri d’alarme particulièrement grave. Selon lui, les auteurs du trafic macabre d’ossements humains et de sang en Sangha-Mbaéré ne se contentent plus de s’enrichir : ils sont devenus les principaux bailleurs de fonds de la zone de Nola et ses environs.

 

Dans une interview exclusive avec la radio Ndékè-luka, M. Joseph Bindoumi affirme que cette pratique sordide, qui dure depuis près de dix ans, a pris une dimension encore plus inquiétante. Autrefois, il s’agissait principalement d’ouvrir les tombes pour récupérer les ossements et les vendre à des acheteurs venant du Nigeria et du Cameroun. Aujourd’hui, les trafiquants vont plus loin : ils simulent des chantiers de diamants, suivent les personnes isolées en brousse, les exécutent, prélèvent leur sang et récupèrent parfois les ossements pour les revendre.

 

Le président de la LCDH cite des cas concrets, dont l’assassinat d’une sœur religieuse catholique enlevée un dimanche matin, emmenée dans la brousse, exécutée et complètement vidée de son sang. Il évoque également des chasses à l’homme où les victimes sont traquées, tuées, et dont les restes sont abandonnés ou récupérés. Une affaire récente est actuellement devant le parquet de Nola : des individus transportant des ossements humains ont été interpellés par les populations au village de Tomori, près de la frontière camerounaise (vers Nianting), avant d’être remis à la gendarmerie.

 

Ce qui choque le plus Joseph Bindoumi, c’est l’impunité totale dont bénéficient ces criminels. Beaucoup ont été arrêtés par le passé, déférés à Bangui, détenus à la SRI ou à Garagba, puis libérés. Au lieu d’être définitivement sanctionnés, ils ont repris leurs activités et se sont considérablement enrichis.

 

« Ces personnes trouvent une source d’enrichissement rapide. Ils font semblant d’aller dans un chantier de diamants, mais ce sont les ossements humains et le sang qu’ils vendent. Avec cet argent, ils s’affilient à des partis politiques, donnent des cadeaux aux autorités administratives de la place et continuent de servir la Sangha-Mbaéré », explique M. Bindoumi.

 

Il affirme sans détour que les bourreaux du trafic sont devenus les bailleurs de fonds locaux à Nola. Ils financent les activités politiques, entretiennent des relations étroites avec les autorités administratives et judiciaires, et utilisent leur argent sale pour asseoir leur influence dans la région.

 

Face à ce constat, le président de la LCDH dénonce avec force le laxisme des autorités politiques, administratives et judiciaires de Nola : « Il y a un laxisme des autorités de Nola. La justice ne frappe pas comme il faut. Elle n’envoie pas ces gens en session criminelle. C’est pour cela que le phénomène continue. »

 

Les conséquence dramatique pour les populations  font que  les habitants de la Sangha-Mbaéré vivent dans la peur permanente. Ils ne peuvent plus vaquer librement à leurs occupations quotidiennes ni aller seuls en brousse, de crainte d’être suivis et attaqués pour leur sang ou leurs ossements.

Par Marcel Bayo

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC