Conseils d’administration hors-la-loi et DG intouchables : Les aveux discrets du ministre Roméo Gribingui

Rédigé le 28 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les récentes déclarations du ministre contrôleur du secteur parapublic lors de son passage sur les ondes de la radio Guira FM exposent les défaillances structurelles des entreprises publiques centrafricaines. Derrière les annonces de réformes législatives, les propos du membre du gouvernement confirment une période de dérive administrative où l’illégalité et l’impunité ont caractérisé la gestion des sommets de l’État.
Des organes délibérants installés dans l’illégalité
Le premier manquement majeur réside dans le maintien d’administrateurs dont le mandat avait expiré. Roméo Gribingui a admis que des conseils d’administration prenaient des décisions de gestion et engageaient des dépenses publiques sans aucune légitimité juridique. Cette pratique s’est prolongée jusqu’à la signature d’une circulaire du Premier ministre visant à bloquer les actes de ces équipes hors-la-loi. Ce dysfonctionnement administratif explique en partie pourquoi ces entités ont été incapables de verser le moindre centime au Trésor public entre 2022 et 2024.
L’ère des directeurs généraux sans fin
L’autre volet des déclarations ministérielles concerne le statut des directeurs généraux. Jusqu’à présent, ces hauts fonctionnaires bénéficiaient de nominations fondées sur des critères politiques plutôt que techniques. De surcroît, aucun texte ne limitait la durée de leurs fonctions. Cette absence de mandat fixe a favorisé un sentiment d’immunité, les dirigeants n’ayant aucun compte à rendre sur leurs résultats financiers ou leur efficacité économique.
La promesse du mérite pour briser l’impunité
Pour tenter de corriger cette situation, le pouvoir exécutif met en avant un projet de loi modifiant le texte de 2020. L’objectif affiché est d’instaurer des appels à candidatures ouverts aux cadres compétents et de fixer la durée des fonctions des directeurs généraux à cinq ans. Ces derniers devront signer une lettre de mission et subiront des évaluations régulières sous peine de révocation. Le ministre reconnaît néanmoins qu’un texte de loi demeure un simple outil : l’avenir du secteur dépendra uniquement de l’application réelle des sanctions et d’un changement radical des pratiques de gouvernance.
Par Alain Nzilo
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