Centrafrique : Quand la voix de Wagner résonne par la bouche d’Albert Yaloké Mokpem

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Centrafrique : Quand la voix de Wagner résonne par la bouche d'Albert Yaloké Mokpem

 

Centrafrique : Quand la voix de Wagner résonne par la bouche d'Albert Yaloké Mokpem
Monsieur Albert Yaloké Mokpeme, porte-parole de la présidence centrafricaine

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Quel Centrafricain doté d'un minimum de bon sens s'attendait sincèrement à ce qu'Albert Yaloké Mokpem dise autre chose ? Absolument personne. Ce mardi 28 juillet, lors de son habituel exercice de ventilation verbale face à la presse, le porte-parole de la Présidence est venu nous jouer, une fois de plus, une partition qu'il n'a pas écrite.

 

La déclaration est tombée, martiale : pas de dialogue avec le groupe armé Azandé Ani Kpi Gbé, qui retient toujours en otage la sous-préfète de Bambouti, le commandant de brigade et deux agents de l'ANE depuis le 28 décembre 2025. « Le chef de l'État refuse fermement de dialoguer », nous répète l'ancien animateur radio.

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Mais à qui cherche-t-on à faire plaisir en posant la question ? Et surtout, qui Mokpem tente-t-il d'impressionner ?

 

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Le porte-parole de la Présidence… ou le haut-parleur de Wagner ?

Soyons sérieux deux minutes et appelons un chat par son nom. On persiste à présenter Albert Yaloké Mokpem comme le porte-parole de la présidence centrafricaine, alors qu'il s'est mué, au fil du temps et des communiqués, en simple porte-parole du groupe Wagner à Bangui.

 

Depuis qu'il occupe ce fauteuil, le travail de Mokpem ne relève pas de la haute stratégie politique, mais de la pure récitation. Les textes sont rédigés, corrigés et visés par la maison-mère russe avant de lui être transmis. Tout ce qu'on lui demande, c'est d'y ajouter quelques fioritures syntaxiques dont il a le secret pour faire illusion, de mettre sa voix d'antenne au service du texte, et le tour est joué. On connaît l'homme, on connaît le calibre intellectuel, inutile de chercher de la grande diplomatie là où il n'y a que de la répétition.

 

Dimitri Syty décide, Mokpem répète

Si cette position « ferme » du gouvernement vous rappelle quelque chose, c'est normal : la consigne est venue directement du patron de fait du pays.

 

Quand Dimitri Syty en personne prend le temps de marteler sur les ondes de la radio Ndeke Luka puis de venir poliment le répéter sur la radio de Fidèle Gouandjika que personne ne négociera avec les miliciens Azandés, l'affaire est pliée. En Centrafrique, Dimitri Syty est le président de fait : il gouverne, gère les finances, l'exploitation des ressources, la sécurité des fonds et l'intégration ou l'éviction des effectifs. La présidence officielle n'est plus qu'un titre honorifique.

 

Alors, qui dans cet appareil d'État oserait contredire la voix de son maître ? Personne. Et certainement pas Mokpem.

 

Un cirque institutionnel

Le plus cocasse dans cette mise en scène reste le culot avec lequel le porte-parole de la Présidence s'arroge le droit de trancher sur la ligne du gouvernement, alors même que le ministère de l'Action humanitaire et les comités locaux de paix tentaient des médiations sur le terrain. Certes, le porte-parole du gouvernement n'est pas mieux loti ses propres déclarations repassent impérativement sous les ciseaux de révision de Wagner —, mais voir Mokpem faire la leçon au nom d'un État dont chaque décision est dictée par la maison Russe frôle le sublime.

 

En déclarant que le gouvernement ne discutera pas avec Ani Kpi Gbé, Mokpem n'a fait que lire la fiche de lecture que Dimitri Syty lui a tendue. Il n'a rien décidé, il n'a rien engagé : il a simplement fait tourner le disque.

 

La position du groupe Wagner, sous la conduite d’Albert Yaloké Mokpem, s’affiche clairement alors que le dialogue gouvernemental est mis de côté au profit de consignes extérieures.

Pendant ce temps, à Bambouti, quatre dignes serviteurs du pays restent emprisonnés. Mais qu'importent les otages, pourvu que le script de Wagner soit récité sans fautes de diction ?

 

Par Alain Nzilo

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