Drame humain à Power Sécurité : Un mort, une salariée paralysée et l’inqualifiable abandon de la direction

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au sein de la société de gardiennage Power Sécurité à Bangui, la recherche du profit à tout prix s'accompagne d'un mépris total pour la vie humaine. Selon les informations recoupées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC), l'entreprise s'est fait remarquer par une gestion inhumaine face à deux graves accidents du travail survenus coup sur coup. Abandonnés sans couverture médicale ni soutien financier par leur employeur, ces deux agents ont subi un sort tragique : l'une est aujourd'hui paralysée depuis près d'un an, et l'autre y a laissé la vie.
Septembre 2025 : L'agente Pendegaza Marquise écrasée par un portail et paralysée
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Le premier drame s'est produit en septembre 2025. L'agente de sécurité Pendegaza Marquise était déployée dans une concession réservée au personnel de la MINUSCA, dans le cadre d'un contrat exécuté par Power Sécurité.
Ce jour-là, un véhicule de la mission onusienne se présentait à l'entrée. Pendegaza Marquise est allée ouvrir le grand portail en fer. Placée derrière le portail ouvert, elle n'avait aucune visibilité sur les manœuvres du véhicule. Sans qu'elle ne puisse le voir, le conducteur a effectué une fausse manœuvre en faisant marche arrière pour entrer dans la concession. Le véhicule a percuté de plein fouet le portail, qui s'est rabattu et encastré violemment sur l'agente.
Sous le choc de la compression, elle n'a pas mesuré immédiatement la gravité de ses blessures. Le patron qui conduit le véhicule lui a donné de quoi payer sa course en moto pour rentrer chez elle se reposer. Mais au cours du trajet, son état s'est brutalement dégradé. Prise de douleurs intenses et perdant progressivement l'usage de ses membres, elle a été conduite d'urgence à l'hôpital.
Alertée dès le lundi matin par la famille, la direction de Power Sécurité a catégoriquement refusé de prendre en charge l'accident du travail, prétextant un retard d'information sous prétexte que les faits s'étaient produits le samedi. L'entreprise s'est contentée de verser une somme dérisoire de 50 000 francs CFA au médecin pour des examens de base, avant d'abandonner totalement sa salariée. Près d'un an plus tard, Pendegaza Marquise gît toujours chez elle, paralysée, sans soins ni soutien de son employeur.
Décembre 2025 : La chute mortelle d'un jeune agent dans la cage d'ascenseur
Trois mois plus tard, en décembre 2025, un second drame est venu frapper le personnel. Un jeune agent intérimaire était affecté à la garde d'un immeuble situé au centre-ville, juste derrière le bâtiment de MOOV. En raison de la présence fréquente de voleurs et d'enfants de la rue dans le secteur, il avait pris la précaution de mettre le téléphone de service à charger en sécurité dans une pièce située à l'étage.
Au cours de la nuit, le jeune homme est monté récupérer le téléphone. Pour redescendre à son poste au bas de l'immeuble, il a fait appel à l'ascenseur. Lorsque les portes coulissantes de l’ascenseur se sont ouvertes, pensant que l’ascenseur est finalement arrivée et il était à son niveau, l'agent a fait un pas en avant dans l'obscurité. Mais la cabine n'était pas là.
Mettant son pied dans le vide, il a fait une chute vertigineuse jusqu'au fond de la fosse d'ascenseur, se blessant très gravement. Pour aggraver la situation, la cabine d'ascenseur restée en haut s'est déclenchée et a commencé à descendre vers le bas, menaçant de l'écraser au sol. C'est uniquement par la grâce de Dieu que le mécanisme s'est bloqué à un niveau supérieur, évitant qu'il ne soit broyé.
Les secours sont intervenus rapidement pour le sortir de là et le transporter en urgence à l'hôpital dans un état critique. Là encore, la direction de Power Sécurité a refusé d'assurer la prise en charge médicale de son employé. Malgré les démarches de la famille, des proches et du chef de quartier venus réclamer justice au siège de l'agence, l'entreprise est restée totalement indifférente. Privé des soins appropriés, le jeune agent est mort une semaine plus tard.
Une responsabilité totale et un scandale social
Les accidents du travail à Power Sécurité soulèvent des questions sur la responsabilité de l’employeur et la protection des agents de sécurité.
Ces deux affaires démontrent l'irresponsabilité de la direction de Power Sécurité face aux risques professionnels encourus par ses agents de terrain. Qu'il s'agisse de Pendegaza Marquise, laissée invalide depuis septembre 2025, ou du jeune intérimaire décédé en décembre 2025, la société a violé les règles les plus élémentaires du droit du travail concernant la couverture des accidents de service.
Ces faits documentés viennent alourdir le dossier de l'entreprise, au moment même où l'Inspection du Travail commence à se pencher sur les méthodes de gestion de l'agence à Bangui.
Par Alain Nzilo
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