Power Sécurité hors-la-loi ? Enquête sur des pratiques contraires aux normes de l’OIT

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Power Sécurité hors-la-loi ? Enquête sur des pratiques contraires aux normes de l’OIT

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Les alertes se multiplient autour des méthodes de gestion de la société de gardiennage Power Sécurité. La rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC) a mené une série de recoupements d’informations exclusifs qui prouvent un système d’austérité budgétaire opaque, des coupes salariales injustifiées et des entorses manifestes au droit du travail ainsi qu’aux normes fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

 

Sous la direction de l’équipe actuelle composée du Directeur Gérant David Moisan, de son adjoint le Pasteur Osé Balezou, de la DAF Mme Abigael Wilibiro et du Directeur des Opérations Arnaud Aimontche —, l’entreprise fait aujourd’hui l’objet de lourdes suspicions quant à la légalité de ses pratiques financières et managériales.

 

Le scandale des congés payés : la double peine de l’IRPP

Les recoupements techniques effectués par la rédaction du CNC mettent en lumière une anomalie financière majeure concernant le versement des indemnités de congé annuel. Depuis plusieurs mois, une coupe systématique de 8 % est opérée sur les montants versés aux salariés au moment de leur départ en repos.

 

Interrogée à ce sujet, la délégation du personnel s’est vu opposer une justification administrative : ce prélèvement correspondrait à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP). Cependant, les investigations de notre rédaction révèlent une réalité bien plus sombre. Cet impôt est déjà prélevé à la source, chaque mois, directement sur les bulletins de salaire réglementaires.

 

Les vérifications croisées de la rédaction indiquent que la direction de Power Sécurité aurait collecté ces taxes mensuelles sans les reverser aux services des Impôts et Domaines de l’État. Face au harcèlement légitime et aux pressions croissantes de l’administration fiscale réclamant ses dus, les dirigeants de la société de gardiennage auraient trouvé une solution cynique : prélever une seconde fois les salariés lors de leurs congés pour combler le trou de trésorerie et régulariser leur situation auprès de l’État. Une manœuvre de double prélèvement qui s’apparente, selon les analyses juridiques sectorielles, à une spoliation pure et simple des droits acquis.

 

Une gestion arbitraire du temps de travail et des calendriers

Au-delà des retenues financières directes, l’enquête de la rédaction du CNC démontre une violation caractérisée des rythmes légaux de repos. Le code du travail prévoit l’accumulation de deux jours de repos mensuels, totalisant les 24 jours de congé annuel. Or, la direction de Power Sécurité repousse unilatéralement et régulièrement les départs en congé, parfois de un à trois mois, sans jamais intégrer les jours de compensation supplémentaires ainsi perdus par le décalage, et sans verser la solde appropriée.

 

À cela s’ajoute le non-paiement systématique des heures supplémentaires. Bien que soumis à des gardes de 12 heures consécutives, le personnel subit fréquemment des dépassements d’horaires imposés en cas d’absence sur les sites. Ces heures passées au-delà du service obligatoire ne font l’objet d’aucune rémunération complémentaire, en contradiction flagrante avec la législation nationale et les conventions de l’OIT sur le temps de travail.

 

Suppression des acquis : la fin des véhicules et des acomptes

Les recoupements de la rédaction confirment également une stratégie d’effacement progressif des avantages historiques de l’entreprise, autrefois en vigueur sous la direction de l’ex-colonel Patrick Marconnet.

 

La flotte de véhicules autrefois destinée à dispatcher rapidement les agents sur les sites a été purement et simplement supprimée par la direction actuelle. Remplacée par une simple prime de transport, cette mesure pousse les agents à faire les trajets à pied pour économiser, entraînant des retards massifs sur le terrain et pénalisant lourdement les équipes sortantes, contraintes d’attendre leur relève bien au-delà de leurs heures normales. Pendant ce temps, l’usage des véhicules restants est exclusivement réservé aux besoins discrétionnaires de l’administration.

 

Enfin, la direction a profité des bouleversements de la crise sanitaire du Covid-19 pour suspendre temporairement le versement des acomptes (« les avances »), sous prétexte de tensions passagères de trésorerie. Une fois la crise passée, et malgré l’opposition initiale des cadres de l’époque, la suppression est devenue définitive.

 

Face à ce faisceau d’indices concordants double prélèvement fiscal, heures supplémentaires gratuites et disparition des acquis —, la rédaction du CNC continuera de suivre de près ce dossier qui illustre un glissement inquiétant vers l’illégalité managériale.

 

Par Alain Nzilo

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