La septième République de Faustin-Archange Touadéra commence mal : la famine continue de frapper , avec la viande de bœuf qui devient un luxe inaccessible pour beaucoup de Centrafricainsle

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Cette difficulté touche l’ensemble du territoire, des marchés de Bangui aux étals de Berbérati, Bangassou ou Ndélé. Les habitants observent la même hausse des tarifs et la même rareté des morceaux, sans exception notable d’une région à l’autre. Pour eux, c’est peut-être la mauvaise surprise de la septième république qui commence. Même les condiments simples, comme les cubes d’arôme, se font plus durs à dénicher et plus onéreux dans les provinces.

 

À Berbérati, une vendeuse nommée Nadège raconte comment les prix ont changé. Autrefois, on trouvait de la viande pour 1000 ou 1500 francs CFA. Aujourd’hui, ces montants appartiennent au passé, et les familles peinent à s’en procurer. Cette évolution complique les repas quotidiens et alourdit les dépenses courantes.

La septième République de Faustin-Archange Touadéra commence mal : la famine continue de frapper , avec la viande de bœuf qui devient un luxe inaccessible pour beaucoup de Centrafricainsle
Photo Guira FM

 

Les bouchers expliquent que l’achat du bétail coûte désormais beaucoup plus cher. Un bœuf entier grimpe parfois jusqu’à 900 000 francs CFA, contre 400 000 ou 500 000 auparavant. Les éleveurs livrent moins d’animaux aux villes, en partie parce que les forces de sécurité leur imposent des paiements forcés ou des détentions arbitraires sur les routes.

 

À Ndélé, les abattages quotidiens ont chuté de façon nette. On passait de quatre ou cinq bœufs par jour à un seul pour toute la localité, quand la marchandise arrive. Certains jours, on ne vend qu’une partie, comme une cuisse, pour éviter les pertes. Les morceaux se coupent désormais sans balance précise, avec beaucoup d’os mélangés, et le prix se fixe d’avance.

 

Dans d’autres endroits comme Carnot ou Alindao, la situation ressemble. Les routes dégradées et les risques d’attaques freinent les convois de bétail. Les taxes accumulées ajoutent encore au coût final. À Bangassou, certains responsables locaux pointent du doigt les bouchers, mais cette vue manque de profondeur sur les causes plus larges.

 

La viande en os, autrefois courante partout, devient un produit cher que beaucoup évitent. Les familles réduisent les portions ou cherchent d’autres aliments pour compenser. À Bangui, le kilo sans os atteint des niveaux élevés, et les consommateurs ressentent cette pression sur leur budget chaque jour.

 

Les éleveurs, poussés par ces obstacles répétés, préfèrent parfois garder leurs troupeaux loin des centres ou même quitter le pays. Cette distance creuse encore le manque sur les marchés. Les condiments de base suivent la même pente ascendante, rendant les plats simples plus difficiles à préparer.

 

Partout, les témoignages convergent vers une même réalité : l’accès à la viande bovine s’amenuise, et les prix grimpent sans signe d’apaisement proche.

 

Cette situation générale,  rareté, prix exorbitants, peur des éleveurs,  alimente une menace alimentaire réelle. La viande de bœuf, source clé de protéines, devient rare, poussant vers une précarité accrue et une possible famine dans des zones comme Louison ou d’autres régions vulnérables. La septième République, marquée par le troisième mandat de Touadéra, s’ouvre sur cette galère et cette souffrance pour les populations.

 

Par Moïse Banafio

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