Après Carnot, la barbarie gagne Mboki : Un conducteur agressé et blessé par un gendarme de deuxième classe

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Après Carnot, la barbarie gagne Mboki : Un conducteur agressé et blessé par un gendarme de deuxième classe

Obo : un soldat FACA prémédite à mort un conducteur d’un véhicule
Un véhicule faisant la navette chaque semaine entre Obo et Mboki

 

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 La barbarie et la despotique des forces de l’ordre continuent de gangrener le quotidien des Centrafricains. Quelques heures seulement après les violences policières révoltantes survenues à Carnot, une nouvelle bavure vient d’entacher l’image des forces de sécurité, cette fois-ci au sud-est du pays. 

 

Le 7 août dernier à Mboki, une sous-préfecture du Haut-Mbomou, un gendarme de deuxième classe s’en est violemment pris à un conducteur de véhicule de transport public, le blessant à la main. Le motif de cette agression ? Toujours le même : le racket, la formalité illégale et la quête permanente d’argent facile.

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Larry Amokobide, le conducteur du véhicule agressé par le gendarme à Mboki
Larry Amokobide, le conducteur du véhicule agressé par le gendarme à Mboki

 

 

Une cascade de « formalités » et de péages clandestins

 

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L’affaire concerne un véhicule de transport public qui effectue régulièrement la navette entre Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, et Mboki pour acheminer marchandises et passagers. Arrivé à l’entrée de Mboki le 7 août, le chauffeur a dû se plier au parcours du combattant imposé par l’absence d’un poste de contrôle unique.

Déchargement des marchandises transportées par un véhicule faisant navette entre Mboki et Obo
Déchargement des marchandises transportées par un véhicule faisant navette entre Mboki et Obo

 

 

Dans cette localité, chaque corps de sécurité exige son passage individuel. Le conducteur s’est d’abord rendu à la base des Forces armées centrafricaines (FACA), située vers l’église catholique à l’entrée de la ville, pour s’acquitter de la taxe exigée par les soldats et les agents des Eaux et Forêts. Après avoir payé, le véhicule s’est dirigé chez eux pour effectuer le déchargement. C’est une fois sur place, au lieu de déchargement, qu’un responsable faisant office de commissaire de police est arrivé, demandant sur un ton ironique et de blague de l’alcool avant de repartir. Mais le véritable piège s’est refermé au même endroit, lors de l’arrivée du gendarme.

 

25 000 francs CFA ou la violence : l’extorsion en uniforme

 

Un gendarme de deuxième classe, voyant que le véhicule n’était pas passé directement par la brigade de gendarmerie pour s’acquitter d’une n-ième « formalité », a vivement apostrophé le conducteur. Malgré l’intervention de l’intérimaire du commandant de brigade qui demandait de laisser repartir le chauffeur, le gendarme s’est obstiné, exigeant d’abord la somme extravagante de 25 000 francs CFA, puis s’abaissant à réclamer au moins 5 000 francs.

 

Face au refus du chauffeur, déjà dépouillé par les autres corps de contrôle, le ton est rapidement monté. Le conducteur a rappelé les directives pourtant claires du sous-préfet, qui préconisaient un regroupement de toutes les forces de sécurité sur une seule et unique barrière afin d’éviter le harcèlement systématique des usagers, des motos et des véhicules. Balayassent ces consignes du revers de la main au prétexte d’un manque d’effectifs, le gendarme est entré dans une rage folle. Il a porté la main sur le conducteur, le blessant gravement à la main.

 

Un pays sans commandement, livré à l’anarchie

 

Cette nouvelle agression à Mboki montre à quel point l’autorité de l’État s’est effondrée. Alors que les consignes administratives sont publiquement bafouées par des hommes en arme, chaque agent sur le terrain agit désormais en petit tyran local, rackettant les citoyens pour son propre compte.

 

Où va la République Centrafricaine quand ceux qui sont armés pour défendre le peuple deviennent ses premiers prédateurs ? De Carnot à Mboki, du nord au sud, la chaîne de commandement semble totalement rompue. De haut en bas, l’impunité règne et l’absence d’autorité laisse le champ libre à un banditisme institutionnalisé. La population se retrouve livrée à elle-même face à des forces de l’ordre devenues de véritables facteurs d’insécurité.

La violence policière à Mboki souligne la détérioration de la sécurité, où les forces de l’ordre deviennent une menace pour les citoyens.

 

Par Éric Nzapa

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