Débat Patara : Entre décrets médiocres, oublis de ministères et institutions soumises, la Centrafrique s’enfonce sous le règne absolu de l’empereur dictateur Touadéra

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Débat Patara : Entre décrets médiocres, oublis de ministères et institutions soumises, la Centrafrique s’enfonce sous le règne absolu de l’empereur Touadéra

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

La mise en place du gouvernement de Félix Moloua a servi de révélateur à l’effondrement structurel de l’État centrafricain lors de la dernière diffusion de l’émission débat Patara sur Radio Ndeke Luka.

 

Le plateau de la radio Ndékè-luka s’est transformé en un tribunal politique lors de l’analyse collective de la formation du cabinet de Félix Moloua. Les différents intervenants de l’émission débat Patara ont dressé un bilan sans concession de la méthode de gouvernance en vigueur au sommet de l’État. Au-delà des choix d’hommes, c’est l’amateurisme formel de la cour impériale qui a cristallisé les critiques les plus vives. La publication des décrets officiels, entachée d’erreurs grossières de saisie et de l’omission pure et simple d’un portefeuille ministériel entier, a été présentée par les observateurs comme le reflet d’une gestion chaotique. Pour les critiques du régime, ces défaillances administratives prouvent que les textes fondamentaux de la nation sont rédigés dans la précipitation la plus totale, sous le contrôle exclusif d’un pouvoir déconnecté des exigences de rigueur de la fonction publique.

 

Le réquisitoire s’est rapidement étendu à l’ensemble des pouvoirs constitutionnels, décrits par les invités comme totalement inféodés aux volontés du palais. L’Assemblée nationale et l’appareil judiciaire ont été ciblés pour leur alignement systématique derrière les directives du dictateur Faustin-Archange Touadéra. Les analystes ont affirmé que les députés de la législature actuelle avaient renoncé à leur rôle historique de contrôle de l’exécutif pour se transformer en de simples sujets dociles de la couronne. De son côté, le Conseil constitutionnel a subi une charge tout aussi lourde, accusé de tordre le droit écrit et de se déjuger régulièrement afin de légitimer la confiscation du pouvoir et la séquestration administrative des opposants au régime, scellant la mort de l’indépendance de la justice.

 

Face à ces accusations de dérive autocratique, la défense de la cour impériale, menée par le conseiller juridique William Diapo, s’est retranchée derrière une lecture purement technique des textes. Le représentant du pouvoir a invoqué l’article 65 de la Constitution pour justifier l’exercice du plein droit discrétionnaire de l’exécutif, affirmant que l’empereur demeurait le seul maître du tempo politique et du choix de ses collaborateurs. Cette justification du fait du prince a redoublé la colère des représentants de la société civile, qui ont rappelé la trahison des engagements pris envers la parité et envers la jeunesse centrafricaine, totalement exclue de ce simulacre de renouvellement au profit d’un cercle d’influences hermétique et corporatiste.

 

Le débat Patara a mis en évidence le lien direct entre cette paralysie institutionnelle et la dégradation quotidienne des conditions de vie de la population lambda. Les participants ont rappelé la ruine des axes routiers dans les provinces, l’insécurité persistante et l’impact de la corruption générale qui prive les services sociaux des budgets nécessaires à leur fonctionnement. La tentative des partisans du régime de recentrer l’échange sur les compétences techniques de quelques nouveaux ministres a échoué face à la virulence des opposants, qui considèrent que dix ans de règne absolu suffisent pour condamner un système basé sur le pillage des ressources de l’État.

 

La confrontation verbale s’est envenimée dans les dernières minutes de l’émission, les deux camps s’opposant sur la moralité même de l’équipe dirigeante, obligeant l’animateur à couper le micro des invités de manière impromptue pour rendre l’antenne sans qu’aucune conclusion n’ait pu être dégagée.

 

 

Par Éric Azoumi

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