Pour l’opposant Martin Ziguélé, « Ni le président de la République ni le ministre de la Communication ne sont des juges »

0
4

Regarder la video

 

L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé conteste les accusations du pouvoir contre le BRDC et rappelle que seule la justice peut établir les responsabilités.

 

Le président Faustin-Archange Touadéra et son ministre de la Communication n’ont pas compétence pour déclarer le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) responsable de l’organisation de la ville morte du 12 octobre 2026. C’est la réponse de Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, président du MLPC et porte-parole du BRDC, aux accusations formulées par les autorités centrafricaines contre cette plateforme de l’opposition démocratique.

 

Pour l’opposant Martin Ziguélé,  « Ni le président de la République ni le ministre de la Communication ne sont des juges »
Monsieur Martin Ziguele, porte-parole du BRDC lors de la conférence de presse du vendredi 11 septembre 2026. Photo CNC

 

Dans une interview, l’ancien président de la commission des finances de l’Assemblée nationale conteste les déclarations du gouvernement. Il reproche aux personnalités du régime de présenter publiquement des accusations alors qu’une procédure judiciaire est engagée.

 

Martin Ziguélé rappelle Touadéra et ses ministres à leurs fonctions

 

À lire aussi : Tensions RCA-Tchad : panique au sommet à Bangui, Yaloké Mokpeme emboîte le pas à Jules Njawé et l’armée centrafricaine au bord de la fronde

« Ni le président de la République, ni le ministre de la Communication, ni tous ceux qui interviennent pour accuser le BRDC sans preuve ne sont des juges. Le dernier mot revient à la justice », déclare Martin Ziguélé.

 

À lire aussi : Bangui sous les eaux : Est-ce un déluge divin ou la faillite tragique d’un régime irresponsable ?

Cette réponse intervient après les communiqués du parquet de Bangui et du ministère de la Sécurité publique, publiés respectivement les 17 et 18 octobre. Les autorités y mettent en cause le BRDC dans l’organisation du mouvement de ville morte qui a précédé l’arrestation de plusieurs responsables de la société civile.

 

Pour Martin Ziguélé, les déclarations politiques ne constituent pas des décisions judiciaires. Il rappelle que les responsables du BRDC sont soumis aux mêmes lois que les autres citoyens et qu’ils peuvent répondre devant les juridictions compétentes si des éléments précis leur sont présentés.

 

L’ancien Premier ministre ne réclame aucun traitement particulier pour sa plateforme. Il exige que les accusations soient examinées dans le cadre des procédures prévues par la loi, plutôt que dans les déclarations publiques des membres du gouvernement.

 

Des preuves annoncées pendant une instruction judiciaire

 

Martin Ziguélé s’interroge également sur les affirmations de certaines personnalités du pouvoir qui déclarent détenir des preuves de l’implication du BRDC dans les événements du 12 octobre.

 

« Je ne suis pas magistrat, je ne suis pas juriste, mais je pense que l’instruction en matière criminelle est confidentielle et secrète », explique-t-il.

 

Il poursuit en questionnant les conditions dans lesquelles des personnes extérieures à la procédure judiciaire peuvent annoncer publiquement l’existence de preuves.

 

« Comment des magistrats sont saisis d’une affaire qui est en instruction et des personnes qui ne sont pas de la chaîne judiciaire peuvent dire qu’ils ont des preuves ? Elles détiennent des preuves d’où ? »

 

Ces interrogations visent directement les interventions gouvernementales concernant une affaire dont l’enquête se poursuit. Le porte-parole du BRDC conteste la manière dont les autorités communiquent sur les responsabilités présumées des opposants.

 

Il rappelle que les accusations doivent reposer sur des éléments examinés par la justice. Pour lui, les déclarations des responsables politiques ne peuvent se substituer au travail des magistrats.

 

Le BRDC rejette catégoriquement toute participation

 

Martin Ziguélé explique que sa plateforme n’a pas immédiatement répondu aux accusations parce que ses responsables ne se considéraient pas concernés par l’organisation de la ville morte.

 

« Pourquoi nous n’avons pas réagi immédiatement à ces accusations ? Parce que nous sommes sereins et nous ne nous sentons pas concernés », affirme-t-il.

 

L’ancien Premier ministre assure que le BRDC n’a participé ni à la préparation ni à l’organisation du mouvement du 12 octobre. Il précise avoir découvert cet appel à la mobilisation par les médias et les réseaux sociaux, comme une grande partie de la population.

 

Il rappelle également que les précédentes manifestations organisées par le BRDC avaient été annoncées publiquement. C’était notamment le cas de la marche contre le projet de nouvelle Constitution en 2023 et des concerts de casseroles organisés par l’opposition.

 

À chaque occasion, explique-t-il, les responsables des partis membres avaient publiquement assumé leurs initiatives.

 

Le dirigeant du MLPC rappelle que le Bloc républicain pour la défense de la Constitution n’a jamais participé à l’organisation de cette ville morte.

« Le jour où on nous sortira ces preuves-là, nous pourrons répondre. Mais pour l’instant, je vous dis que le BRDC n’a pas participé à l’organisation de la ville morte du 12 octobre », insiste-t-il.

 

« Accuser n’est pas prouver »

 

Pour Martin Ziguélé, les déclarations du gouvernement ne suffisent pas à établir une responsabilité pénale. Il refuse que le BRDC soit publiquement présenté comme impliqué dans des faits que ses responsables contestent.

 

« Accuser n’est pas prouver », rappelle l’ancien Premier ministre.

 

Le porte-parole du BRDC affirme que les organisateurs du mouvement du 12 octobre ont eux-mêmes revendiqué leur initiative lors d’une conférence de presse publique.

 

Il estime que les autorités devraient tenir compte de cette déclaration plutôt que de rechercher une implication de l’opposition démocratique.

 

Martin Ziguélé réaffirme enfin sa confiance dans la procédure judiciaire. Il assure que le BRDC répondra à toute accusation accompagnée d’éléments précis et examinée par les juridictions compétentes. En attendant, il maintient son démenti et demande la libération des responsables de la société civile arrêtés après la ville morte du 12 octobre.

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org