Corbeau News Centrafrique: 03-12-2014.

Samba-Panza s’échoue contre l’écueil sécuritaire
Bunkérisée à Bangui depuis sa désignation, Catherine Samba- Panza ne parvient pas à endiguer la violence dans le pays, ni même dans la capitale. La preuve. Un optimisme de façade. Alors que le dernier rapport daté du 28 octobre du Conseil de sécurité́ des nations unies évoquait une “amélioration partielle de la situation sécuritaire à Bangui”, cette analyse est régulièrement contredite sur le terrain par des violences qui sont tout sauf résiduelles. Selon nos sources, les expatriés représentent désormais des cibles d’enlèvement privilégiées pour les groupes armés qui essaiment dans le pays, tandis que le banditisme sauvage prolifère. Ce dernier s’illustre en particulier par des vols de motos ou de véhicules dont les conducteurs sont, en général, abattus sur le champ. Ce contexte s’est tendu le 25 novembre, suite à de violentes échauffourées entre les prisonniers de la prison de Ngaragba et les militaires rwandais de la MINUSCA chargés de sécuriser le site. La violence des affrontements – certains
prisonniers étaient équipés d’armements (lance-grenades, grenades…) acheminés via des tunnels souterrains – a poussé la force Sangaris à prendre le relais des soldats rwandais, notamment en dépêchant des hélicoptères.
Ce sérieux incident a été́ quasiment passé sous silence par les autorités centrafricaines, mais aussi par la force française déployée dans le pays. Parmi les mutins figurait notamment le mercenaire belge François Toussaint, alias “General Ngoy”, cofondateur avec Armel Ningatoloum Sayo du mouvement de rébellion armée révolution et justice. Condamné le 23 janvier à la prison à perpétuité́ pour homicide par la justice belge, François Toussaint, qui se targue d’avoir été cham- pion du monde de kung-fu et l’ex-garde du corps du chanteur français Patrick Bruel, attend toujours son extradition vers la Belgique, où il doit purger sa peine.
Par ailleurs, cette violente mutinerie a poussé́ la Présidente Catherine Samba- Panza à ne plus dormir dans sa résidence située à quelques encablures de la prison de Ngaragba.
©Lettre de continent n*695 du 03 décembre 2014.



![Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
