vendredi, juin 19, 2026
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Centrafrique : quand  les espions de Touadéra se moquent de l’armée et de l’opposition dans des buvettes

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quand  les espions de Touadéra se moquent de l’armée et de l’opposition

 

Centrafrique.org/blaise-didacien-kossimatchi-de-la-rue-au-cercle-du-pouvoir-histoire-tonitruante-de-la-vie-dun-homme-parachute-dans-le-systeme-touadera/monsieur-didatien-kossimatchi/” rel=”attachment wp-att-63404″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Monsieur-Didatien-Kossimatchi-450×443.jpg” alt=”Centrafrique : quand les espions de Touadéra se moquent de l’armée et de l’opposition” width=”450″ height=”443″ />
Monsieur Blaise Didatien Kossimatchi

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 En Centrafrique, les espions de Touadéra rient sans retenue, méprisant une armée vidée de son honneur et une opposition muselée, tandis qu’ils vantent leur rôle dans un régime qui écrase tout.

 

À Bangui, les discussions vont bon train dans les buvettes et les bars, mais pas n’importe lesquelles. Autour des bouteilles de Mocaf et de 33, les espions du président Faustin-Archange Touadéra, communément appelés B2, accompagnés des griots de Sani Yalo, ne se privent pas pour afficher leur mépris envers l’opposition, les militaires et même les anciens dignitaires. Pour eux, tout ça n’est qu’une vaste plaisanterie : un petit coup de pression suffit, disent-ils, à faire trembler tout le monde. Et ils s’en amusent, tapaudent des mains, rient à gorge déployée, fiers de leur emprise sur le pays.

 

L’arrestation des frères d’Henri-Marie Dondra, dans la nuit du 19 au 20 mars, par les forces de l’Office central de répression du banditisme (OCRB) avec le soutien des mercenaires russes du groupe Wagner, est brandie comme une victoire. Même chose pour l’interruption musclée, la semaine dernière, d’une réunion privée de l’opposant Anicet Georges Dologuélé au PK 13 par la gendarmerie. À les entendre, ces coups de force prouvent que personne n’ose plus lever la tête. « L’opposition ? Écrasée. Les militaires ? Neutralisés », clament-ils, une bière à la main.

 

Ces espions de l’ombre, proches du président Touadéra et du parrain des parrains mafieux Sani Yalo, se retrouvent dans les bars et buvettes pour célébrer. Entre deux gorgées, ils se moquent des militaires, qu’ils décrivent comme des pantins courant après des miettes,  un peu d’argent pour boire et courir les filles. « Le chef d’état-major ? Le patron de la gendarmerie ? Des types qui ne pensent qu’à remplir leurs poches », lâchent-ils, hilares. Quant à l’opposition, ils la jugent finie, incapable de rassembler ou de parler sans trembler. « Bozizé, Nguendet, Samba-Panza, où sont-ils aujourd’hui ? » s’amusent-ils, répétant leur refrain : « Touad kwa à gué ti lo gwéngo »,  Touadéra est là pour longtemps.

 

Dans leur esprit, c’est simple : il suffit d’un aboiement pour disperser le troupeau. Les figures politiques, d’après eux, ne pensent même plus à se présenter à l’élection présidentielle de décembre prochain. Ils savent pertinemment qu’ils vont être battus comme des enfants, expliquent-ils.

 

Wagner, omniprésent dans le pays, ajoute une couche à leur assurance. Les mercenaires russes, disent-ils, font le sale boulot que l’armée ne peut plus assumer. Les récits de pressions sur la population, de violences impunies ? Ils les balaient d’un éclat de rire, fiers de tenir le pays d’une main de fer. Cette arrogance s’affiche partout, jusque dans leur façon de parler de la marche du 4 avril. Le prochain test, pour eux, c’est évidemment la marche du 4 avril. Les pro-Touadéra la regardent avec un mélange de curiosité et de cynisme. Au départ, le président l’avait interdite, mais ils y voient aujourd’hui une aubaine. « Laissons-les marcher », disent-ils. Si la foule est maigre, ils crieront victoire, preuve que leur stratégie d’intimidation fonctionne. Si les gens affluent, ils ajusteront leurs plans. Pour eux, c’est un jeu, une façon de jauger la température populaire tout en préparant la suite.

 

Ce tableau est inquiétant. D’un côté, un pouvoir qui fanfaronne, convaincu d’avoir muselé toute dissidence. De l’autre, une opposition qui peine à respirer et une armée réduite à l’état de coquille vide. Pendant ce temps, la population, prise en étau, assiste à ce spectacle où la peur est devenue une arme politique. Ces éclats de rire autour des tables de Bangui ne sont pas anodins : ils révèlent une machine qui tourne à plein régime pour écraser toute velléité de résistance. Reste à savoir si le 4 avril confirmera leur triomphe ou marquera le début d’un sursaut. Une chose est sûre : en Centrafrique, la bataille pour la parole et la dignité est loin d’être gagnée….

 

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Nouvelle pénurie de carburant à Bangui : où est passé le don russe ?

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Nouvelle pénurie de carburant à Bangui : où est passé le don russe ?

 

Centrafrique.org/Centrafrique-la-mafia-du-ministre-piri-entrave-lapprovisionnement-en-carburant-dans-le-pays/le-station-service-du-tradex-de/” rel=”attachment wp-att-73020″ data-wpel-link=”internal”>Nouvelle pénurie de carburant à Bangui : où est passé le don russe ?
Le station service du Tradex à Bangui

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Depuis plusieurs jours, Bangui, la capitale centrafricaine, est plongée dans une nouvelle crise de carburant. Les stations-service, désespérément vides, laissent des centaines de véhicules et de motos s’entasser en files interminables, dans l’attente d’un approvisionnement qui tarde à se concrétiser. Cette situation, loin d’être nouvelle, ravive les frustrations d’une population qui se sent abandonnée face à un problème récurrent. Mais cette fois, une question brûle toutes les lèvres : où est passé le gazole offert par la Russie, annoncé en grande pompe au début de l’année 2025 ?

 

En janvier dernier, Vladimir Poutine avait fait les gros titres en promettant un don de plusieurs millions de litres de gazole à la Centrafrique. Le gouvernement centrafricain, tout sourire, avait salué ce geste comme une bouffée d’oxygène pour un pays régulièrement asphyxié par des pénuries. Deux mois plus tard, des images de citernes défilant depuis le Cameroun jusqu’à Bangui avaient alimenté l’espoir d’un retour à la normale. Le porte-parole du gouvernement, le ministre Maxime Balalou  avait même assuré à la presse que le carburant était bien arrivé et stocké dans la capitale. Pourtant, aujourd’hui, les Centrafricains ne voient rien venir. Les pompes restent sèches, et le doute s’installe.

 

Une attente interminable aux stations-service

 

Ce mercredi matin, à 10 heures, la station-service de Relais SICA, dans le premier arrondissement de Bangui, offre un spectacle désolant. Une seule pompe fonctionne encore, et les usagers, taxis-motos en tête, patientent depuis l’aube dans une ambiance tendue. « Ça fait depuis 6 heures qu’on est là, et rien ne bouge. C’est insupportable », lâche Gata, un chauffeur de taxi-moto. « Le gouvernement doit arrêter de nous laisser dans cette galère qui revient tous les ans. Pourquoi ne pas trouver une vraie solution pour qu’on puisse travailler correctement ? ».

 

À quelques kilomètres de là, au croisement du quatrième arrondissement, la situation est tout aussi chaotique. Diodone Mangaï, un fonctionnaire, est venu dès 8 heures pour remplir son réservoir, mais il repartira bredouille. « On nous dit que c’est fini, qu’il faut encore attendre. Je ne peux pas aller au travail, et ce soir, je ne sais pas comment je vais récupérer mes enfants à l’école. Cette pénurie nous tue à petit feu », confie-t-il. Les pompistes, eux, se murent dans le silence, se contentant d’un laconique « les réservoirs sont vides, on attend un nouveau stock ».

 

Le mystère du gazole russe

 

Face à cette crise, les Centrafricains s’interrogent : que devient ce carburant tant vanté ? Les déclarations officielles affirmant son arrivée à Bangui contrastent avec la réalité sur le terrain. Certains habitants commencent à suspecter une tout autre destination pour ce gazole. « On nous parle de millions de litres, on voit des camions passer, mais rien n’arrive jusqu’à nous. Est-ce que c’est vraiment pour les Centrafricains, ou bien pour autre chose ? ». s’interroge un automobiliste, dubitatif.

 

Des rumeurs circulent, pointant du doigt les intérêts russes dans le pays, notamment ceux du groupe Wagner, très actif dans l’exploitation minière à Ndassima et Ydéré. « Ce pétrole, on dirait qu’il file directement vers les chantiers d’or ou d’autres projets qui ne profitent pas à la population, car les grosses machines d’exploitation minière consomment lourdement les carburants  », avance un habitant de Bangui. D’autres vont plus loin, accusant le gouvernement de détourner ce don pour des usages opaques, loin des besoins quotidiens des citoyens. « Ils nous ont fait miroiter un cadeau, mais là, on dirait qu’ils se sont pris les pieds dans leur propre jeu », ironise un autre.

 

Un silence officiel qui alimente la défiance

 

Contacté, le ministère de l’Hydraulique s’est contenté d’une promesse de réaction « ultérieure », sans apporter de réponse claire sur l’état des stocks ou les raisons de cette pénurie soudaine. Ce mutisme ne fait qu’amplifier la méfiance d’une population déjà échaudée par des années de promesses non tenues. Car le problème n’est pas nouveau : chaque année, la Centrafrique se retrouve confrontée à des ruptures d’approvisionnement, aggravées par son enclavement et sa dépendance aux importations.

 

Alors que les files s’allongent et que les moteurs restent à l’arrêt, une exigence se fait jour : celle de la transparence. Les Centrafricains veulent savoir où va ce carburant, à qui il profite vraiment, et pourquoi, malgré les annonces triomphantes, ils continuent de payer le prix fort d’une crise sans fin. Pour l’heure, le précieux gazole russe reste une énigme, et Bangui, une ville en attente….

 

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Centrafrique : Nouvelle désertion d’un soldat FACA à Ouadda-Maïkaga

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Centrafrique : Nouvelle désertion d’un Soldat FACA à Ouadda-Maïkaga

 

Centrafrique.org/bria-trois-jeunes-tortures-par-les-gendarmes-du-fprc/deux-rebelles-du-fprc-sur-une-moto-dans-la-ville-de-bria-corbeaunews-Centrafrique-3/” rel=”attachment wp-att-35542″ data-wpel-link=”internal”>soldat
Des militaires sur une moto dans la ville de Bria . CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le 28 mars 2025, un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA) a déserté son poste à Ouadda-Maïkaga, une localité située à 204 kilomètres de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto.

 

Mais avant de prendre la fuite, le militaire a remis son arme à son supérieur et a décidé de rejoindre Bria, parcourant plusieurs dizaines de kilomètres. Il a finalement été intercepté à Mouka, une localité située à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville, par d’autres soldats FACA qui l’ont arrêté sur-le-champ.

 

Les collègues du déserteur n’ont pas caché leur frustration. Pour eux, ce genre de comportement jette un discrédit sur leur mission et ternit l’image de l’armée.

 

« Il a abandonné son poste, et ça donne une mauvaise impression de notre travail », a déploré l’un d’eux. Mais derrière cet acte, une réalité plus profonde semble se dessiner : le mécontentement grandissant au sein des rangs.

 

Les primes globales d’alimentation, un problème récurrent

 

La raison principale évoquée pour cette désertion est l’absence de paiement des primes globales d’alimentation (PGA) depuis plusieurs mois. Ces primes, censées garantir un minimum de ressources aux soldats, sont devenues un sujet brûlant. Ce cas n’est pas le premier du genre à Ouadda-Maïkaga. Quelques semaines plus tôt, huit autres militaires avaient déjà quitté leurs postes dans des circonstances similaires, portant à neuf le nombre de déserteurs dans cette localité.

 

Pourtant, la situation intrigue les habitants. À Ouadda-Maïkaga comme ailleurs dans le pays, les soldats FACA occupent une multitude de fonctions : douaniers, gendarmes, policiers, agents municipaux. Ils contrôlent également les taxes, notamment celles imposées aux éleveurs par la Fédération nationale des éleveurs centrafricains (FNECA). Chaque éleveur doit verser 25 000 francs CFA, une somme collectée directement par les militaires.

« Avec tout cet argent qui circule, comment se fait-il qu’ils se plaignent encore de ne pas être payés ? » s’interroge un habitant de Bria, perplexe.

 

Un système de survie officieux

 

Cette question revient souvent parmi la population. Dans de nombreuses régions, les soldats ont pris l’habitude d’ériger des barrières routières pour prélever de l’argent directement auprès des civils et des commerçants. Cette pratique, bien que critiquée, semble être devenue un moyen de compenser l’absence des primes globales d’alimentation (PGA). Mais pour certains militaires, comme ce déserteur, cela ne suffit pas. « Peut-être qu’il voulait sa prime pour vivre décemment, sans dépendre de ces rackets de la population qui n’est autre que de la mafia criminelle », avance un observateur centrafricain résidant à Ouadda.

 

Du côté de l’état-major et du gouvernement, le silence est de mise. Aucun commentaire officiel n’a été émis sur ces désertions  à répétition ou sur le non paiement des PGA. Cette apparente indifférence alimente les spéculations : les autorités compteraient-elles sur ces pratiques de racket de la population pour maintenir les troupes en activité, tout en évitant de débourser les fonds promis ?

 

Une armée sous tension

 

Le métier de soldat, en Centrafrique, est synonyme de sacrifice. « Un militaire, c’est quelqu’un qui doit accepter la souffrance », rappelle un officier de l’État – major. Mais pour beaucoup, la limite semble atteinte. Si les FACA occupent des positions stratégiques à travers le pays, leur moral reste fragile. Entre les retards de paiement et les conditions de vie précaires, les départs risquent de se multiplier.

 

À Ouadda-Maïkaga, les soldats restants continuent de tenir leurs postes, mais l’incertitude plane. Combien de temps tiendront-ils sans voir leurs primes ? Pour l’heure, l’arrestation de ce neuvième déserteur n’a pas apaisé les tensions. Au contraire, elle révèle une armée tiraillée entre devoir et désillusion, dans un pays où les ressources promises peinent à arriver là où elles sont attendues….

 

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Centrafrique : quand Un père de famille musulman, victime d’une agression,  appelle les autorités à l’aide

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Centrafrique : quand Un père de famille musulman, victime d’une agression,  appelle les autorités à l’aide

 

Centrafrique.org/un-braquage-des-eleveurs-peuls-a-bossembele-fait-trois-morts-et-trois-blesses/screenshot-17/” rel=”attachment wp-att-87994″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : quand Un père de famille musulman, victime d’une agression, appelle les autorités à l’aide
Monsieur Aladji Bouba, l’un des éleveurs Peuls braqués par un groupe des jeunes villageois près de Bossembélé, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko Screenshot

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Ce lundi 31 mars 2024, un père de famille musulman a lancé un cri de détresse depuis la ville de Boguere, située dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, en République centrafricaine. À travers les réseaux sociaux, il a interpellé les autorités centrafricaines pour dénoncer des actes de violence visant sa famille, dans un contexte où les tensions intercommunautaires refont surface dans plusieurs localités du pays.

 

Selon son témoignage, son fils a été violemment agressé par un homme, habitant du village Boguere, dans l’Ombella-Mpoko. L’attaquant aurait blessé l’enfant à la main avec une arme tranchante, laissant la famille sous le choc. Le père raconte également qu’une précédente attaque avait visé son épouse : un individu aurait tenté de la noyer. « Il ne veut pas qu’on vive ici », déplore-t-il, en référence aux agresseurs qu’il accuse de cibler spécifiquement les musulmans.

 

Boguere, un petit village située dans l’Ombella-Mpoko, n’est pas étrangère à ce type de violences. En 2014, des massacres perpétrés par des milices Anti-Balaka avaient déjà frappé la localité, forçant de nombreux musulmans à fuir. Aujourd’hui, ce père de famille affirme que ces actes traduisent une hostilité persistante envers sa communauté. « Nous sommes aussi des Centrafricains, mais ils ne veulent pas de nous. Que veulent-ils vraiment ? », s’interroge-t-il avec amertume.

 

Devant cette situation, l’homme dit refuser la violence comme réponse. Il a donné cinq jours aux autorités pour agir et appréhender les responsables, menaçant sinon de chercher lui-même une solution. « J’ai attendu, mais rien ne bouge. Si ça continue, je vais devoir faire quelque chose », a-t-il déclaré, sans préciser ce qu’il envisage. Cette déclaration laisse planer une incertitude : jusqu’où ira-t-il pour protéger les siens ?

 

Une montée des violences qui inquiète

 

Ces incidents ne sont pas un phénomène nouveau en République centrafricaine. Depuis plusieurs jours, des violences visant les musulmans et certaines communautés locales se multiplient dans différentes régions. Cette recrudescence préoccupe les habitants, qui craignent un retour aux affrontements intercommunautaires ayant ensanglanté le pays il y a une décennie.

 

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le silence apparent des défenseurs des droits humains. Peu de voix se sont élevées pour condamner ces actes ou appeler à une intervention rapide. Certains habitants vont même jusqu’à soupçonner une forme de passivité, voire de complicité, de la part des autorités. « On dirait qu’ils laissent faire », confie un résident de Boguere sous couvert d’anonymat.

 

La paix avant tout

 

Le père de famille, lui, garde espoir que son message soit entendu. Il demande une réaction rapide pour mettre fin à ces agressions et garantir la sécurité de sa communauté. « Je ne veux pas qu’on vive dans la peur. On mérite de vivre en paix, comme tout le monde », insiste-t-il.

 

À Bangui, à quatre heure et demie de route de Boguere, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à cet appel. Reste à savoir si elles interviendront avant que la situation ne dégénère davantage. Pour l’heure, les habitants de Boguere retiennent leur souffle, tandis que les observateurs appellent à une vigilance accrue face à cette montée des tensions….

 

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L’Invisible Fléau des Enfants Sans acte de naissance à Belemboké

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L’Invisible Fléau des Enfants Sans acte de naissance à Belemboké

 

Centrafrique.org/tensions-frontalieres-avec-la-centrafrique-les-habitants-de-liboko-denoncent-un-grignotage-territorial-par-le-congo-brazzaville/le-village-liboko-situe-a-la-frontiere-de-la-rca-avec-le-congo-brazzaville/” rel=”attachment wp-att-85608″ data-wpel-link=”internal”>L’Invisible Fléau des Enfants Sans acte de naissance à Belemboké
Le village Liboko, situé à la frontière de la RCA avec le Congo Brazzaville. Photo de : les autres nouvelle de Centrafrique (LANOCA)

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Belemboké, à 47 km de l’axe Bayanga-Salo, des enfants naissent et grandissent sans acte de naissance, privés d’identité officielle. Une crise silencieuse qui touche de nombreuses localités centrafricaines et menace l’avenir d’une génération entière, abandonnée par un système défaillant.

 

En effet, dans le village Belemboké ,  à  Nola, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, et dans bien d’autres coins reculés de la République Centrafricaine, naître sans être enregistré est presque normal. Julien Passi, un habitant du village, raconte une situation qui fait froid dans le dos : il n’y a pas de service d’état civil. « On fait un enfant, on le laisse comme ça, sans rien pour le déclarer », dit-il. Ça touche plein d’endroits, pas juste un ou deux villages, et ça veut dire que des centaines de milliers d’enfants grandissent sans aucun papier officiel.

 

Sans acte de naissance, ces petits n’ont pas d’existence légale. Julien Passi  appelle ça « l’admessance », un mot qui revient souvent pour parler de cet enregistrement qui manque. Sans ça, pas d’école, pas de soins faciles à obtenir, et plus tard, pas de boulot sérieux. « Quel avenir pour eux ? » se demande Julien Passi, inquiet. C’est une question qui reste en l’air, parce que cet acte, c’est la base de tout : c’est la preuve qu’on existe.

 

Et pour ceux qui essaient de réparer ça plus tard, c’est un cauchemar. Si un enfant grandit et veut un acte de naissance, on lui dit d’amener des témoins ou ses parents pour un jugement supplétif. Mais ça prend du temps, de l’argent, et même quand le papier est là, les bureaux de la capitale le refusent souvent en disant que c’est un faux document. « C’est une galère pour rien », lâche Julien Passi, et il a raison : les familles se retrouvent coincées.

 

Pour les parents, c’est dur. Ils n’ont pas toujours les moyens de courir après ces démarches, et les chefs de quartier ou les maires ne peuvent rien faire sans un vrai service d’état civil. À Belemboké, l’État n’est pas là, point final. Les gens sont laissés seuls avec leurs problèmes, et ça fait des années que ça dure.

 

À plus grande échelle, ça pose un gros souci pour le pays. Comment savoir qui vit où, combien ils sont, ou ce dont ils ont besoin, si personne n’est enregistré ? Dans 10, 15, 20 ans, ces enfants seront grands, et sans identité, ils ne pourront rien faire : ni travailler légalement, ni voter, ni exister aux yeux du système. C’est une catastrophe qui se prépare doucement.

 

Belemboké, c’est juste un exemple. Dans la Sangha-Mbaéré et ailleurs, plein de villages vivent la même chose. Si rien ne change, si l’État ne met pas en place des services d’état civil là où il faut, toute une partie de la jeunesse restera invisible. Et un pays qui oublie ses enfants, ça ne peut pas avancer….

 

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Centrafrique : arrestation d’un général de la milice Azandé

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arrestation d’un général de la milice Azandé

 

Centrafrique.org/les-miliciens-wagner-ti-azande-deployes-dans-louham-avec-leurs-instructeurs-russes/les-wagner-ti-azande/” rel=”attachment wp-att-76325″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : arrestation d’un général de la milice Azandé
Les Miliciens Azandés avec leurs instructeurs russes du groupe Wagner

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le 27 mars, des Mercenaires russes ont capturé le général Limane, chef de la milice Azandé, entre Zemio et Mboki, dans un Haut-Mbomou où les violences de la milice Azandé contre les civils musulmans perdurent. Cette arrestation marque un nouveau chapitre dans une région où cette milice armée hautement criminelle dicte souvent ses propres lois. Transféré rapidement après son arrestation, Limane est désormais détenu à la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, loin des terres qu’il contrôlait avec ses hommes.

 

Figure autoproclamée à la tête de la milice Azandé, le général Limane dirigeait des milliers de combattants dans des villes comme Mboki, Zemio ou Djema. Son interpellation par des mercenaires russes du groupe Wagner, présence influente en Centrafrique, intervient dans un contexte où le gouvernement peine à reprendre réellement le contrôle de ladite préfecture. Pourtant, les raisons exactes de cette arrestation restent floues, aucune communication officielle n’ayant clarifié les charges pesant contre lui.

 

Un élément refait surface au cœur des débats : une déclaration choc prononcée par le général Limane quelques jours avant sa capture. Dans un message audio diffusé au sein de la communauté Zandé de la RCA, de la RDC et du Soudan – du Sud, selon ses propres termes , il ordonnait aux musulmans, commerçants ou non, de ne pas quitter plusieurs localités du Haut-Mbomou qu’ils y s’installent, imposant une limite stricte de cinq kilomètres sous peine d’arrestation et éventuellement des conséquences déjà connues. Et le général Limane ne s’est pas arrêté là. Il revendiquait également le déploiement de 1 500 hommes autour de Zemio, autant à Mboki, et d’autres unités à Djema pour faire respecter cet interdit. Certains observateurs estiment que cette sortie, jugée provocatrice, a pu précipiter sa chute, en attirant trop d’attention sur ses agissements.

 

D’autres analyses divergent. Pour certains, l’arrestation de Limane s’inscrit plutôt dans une réponse aux multiples crimes attribués à la milice Azandé, notamment des massacres contre des civils musulmans dans la région du Haut-Mbomou. En effet, deux mois plus tôt, dix miliciens Azandé avaient été interpellés, et six d’entre eux ont été transférés il y a deux semaines à la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui. Ces observateurs affirment que l’arrestation du général Limane pourrait être liée à cette vague répressive, visant à démanteler un réseau responsable d’exactions répétées contre la communauté musulmane, bien plus qu’à une simple déclaration.

 

Ce flou reflète les défis auxquels font face le gouvernement centrafricain et ses alliés russes du groupe Wagner. Wagner, qui a formé certains combattants Azandé avant leur supposée intégration aux Forces armées centrafricaines, entretient une relation ambiguë avec ces milices. Pendant ce temps, la communauté musulmane du Haut-Mbomou reste prise en étau, entre les violences de cette milice armée et des stratégies de contrôle qui semblent échapper à toute cohérence. L’arrestation de Limane, loin de tout résoudre, laisse planer le doute sur ce qui motive réellement ces opérations dans une région où la paix demeure hors de portée….

 

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Centrafrique : Touadéra ouvre, et ferme automatiquement la porte au dialogue avec l’opposition

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Touadéra ouvre et ferme en même temps la porte au dialogue avec l’opposition

 

Centrafrique.org/baba-kongoboro-oublie-le-sport-et-les-medias-deux-heures-de-discours-deux-grands-absents/baba-kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours/” rel=”attachment wp-att-86472″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours-450×300.jpg” alt=”Touadéra ouvre et ferme en même temps la porte au dialogue avec l’opposition” width=”450″ height=”300″ />
Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Alors que le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) exige un face-à-face avec Faustin Archange Touadéra pour garantir des élections transparentes, le président joue un double jeu : il évoque le dialogue tout en freinant son élan, à huit mois d’un scrutin sous tension.

 

Dans son discours du 30 mars 2025, prononcé à l’occasion du neuvième anniversaire de son investiture, Touadéra a abordé la demande pressante de l’opposition réunie au sein du BRDC. Ce regroupement, formé il y a près de 3 an, conditionne sa participation aux élections générales de fin 2025 à une discussion directe avec le chef de l’État,  pas avec des intermédiaires,  sur des enjeux majeurs : l’Autorité nationale des élections (ANE), la conseil constitutionnel et, surtout, la Constitution du 30 août 2023, adoptée dans des conditions très illégales par les centrafricains. Mais derrière les mots soigneusement choisis du président Baba Kongoboro, une stratégie ambiguë se dessine, plus proche d’une temporisation que d’une réelle volonté d’aboutir à un débat franc et constructif.

 

Le président Kongoboro se dit « sensible » à la proposition du BRDC, qui cherche, selon ses termes citant l’opposition, à « explorer les solutions pouvant garantir l’organisation des prochaines élections générales avec des garanties d’inclusivité, de transparence et dans le strict respect des délais légaux ». Il va même jusqu’à qualifier cette démarche de « pas important vers le retour dans la République ». À première vue, une main tendue. Mais la suite de son propos révèle une intention bien différente. Touadéra annonce avoir saisi le BRDC pour demander des « précisions sur le contenu, les contours structurels et les thématiques » de ce dialogue, une réponse qui, loin d’ouvrir la voie à une rencontre immédiate, renvoie la balle dans le camp adverse et dilue l’urgence du moment.

 

Cette posture n’a rien d’anodin. À moins d’un an du scrutin, le temps presse pour l’opposition. Le BRDC a été clair : sans un échange direct avec le président, il refuse de cautionner un processus électoral qu’il considère comme biaisé, notamment à cause de la Constitution de 2023, imposée sans consensus et perçue comme un outil pour pérenniser le pouvoir de Touadéra. Réformer l’ANE et la Cour constitutionnelle, essentielles pour des élections crédibles, exige des mois de préparation. En renvoyant l’opposition à des clarifications préalables, Touadéra s’assure – ou du moins prend le risque – que ce dialogue, s’il se tient, arrive trop tard pour modifier quoi que ce soit. À deux ou trois mois des élections, une telle discussion ne serait plus qu’une coquille vide, incapable de changer un cadre déjà ficelé par le régime.

 

Et le président ne s’arrête pas là. Tout en affichant une apparente ouverture, il glisse une mise en garde, pointant des « menaces à peine voilées d’une nouvelle déstabilisation du pays » dans la demande du BRDC. Une accusation qui sonne comme une tentative de discréditer l’opposition, la reléguant au statut de fauteur de troubles plutôt que de partenaire légitime. Ce mélange d’appel au dialogue et de suspicion illustre un double langage bien connu : d’un côté, Touadéra se pose en père de la nation, prêt à tendre l’oreille ; de l’autre, il suggère que toute remise en cause de son autorité pourrait être vue comme une attaque contre la stabilité, un argument pratique pour justifier une éventuelle fermeté.

 

Le contexte renforce ces doutes. Depuis un an, le BRDC martèle ses conditions sans obtenir de réponse concrète. Pendant ce temps, le pouvoir a déroulé son agenda, s’appuyant sur une Constitution taillée sur mesure et des institutions que l’opposition juge inféodées. À huit mois du vote, l’absence d’avancées tangibles sur ces questions cruciales laisse peu de place à l’illusion : Touadéra mise sur l’usure, espérant que le BRDC, à court de temps, se résigne à entrer dans une élection jouée d’avance ou s’isole en la boycottant.

 

Ce numéro d’équilibriste comporte des risques. En jouant la montre, Touadéra pourrait attiser la frustration d’une opposition déjà méfiante et d’une population fatiguée des promesses non tenues. Mais pour l’heure, le président garde le contrôle, et son discours du 30 mars, sous ses airs conciliants, s’apparente à une manœuvre habile pour conserver l’avantage. Le dialogue avec l’opposition ? Oui, peut-être, mais à ses conditions et à son rythme. Pendant que l’horloge tourne, le BRDC se retrouve coincé entre ses exigences et la realpolitik, risquant de n’être qu’un spectateur d’un scrutin verrouillé. Une fois de plus, Touadéra montre qu’il sait parler sans s’engager….

 

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Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra en route pour un troisième mandat

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Faustin-Archange Touadéra en route pour un troisième mandat

 

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De gauche à droite : Sani Yalo et Faustin Archange Touadera tenant le chèque en carton de 15 000 000 FCFA donné par le premier au dernier pour la caution de sa candidature à l’élection présidentielle de décembre 2025.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Neuf ans après son arrivée au pouvoir, Faustin-Archange Touadéra semble prêt à défier ses propres promesses. Ce dimanche 30 mars 2025, un meeting à Bangui et un chèque symbolique ont posé les bases d’une candidature qui fait déjà débat.

 

En effet, ce dimanche 30 mars 2025, le stade 20 000 places de Bangui a vibré d’une énergie particulière. À l’occasion du 9e anniversaire de l’accession au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra, dit Baba Kongoboro, le 30 mars 2016, ses partisans ont organisé un grand meeting dans cette enceinte emblématique de la capitale centrafricaine. Mais au-delà des festivités, l’événement a pris une tournure politique majeure. Sani Yalo, président du conseil d’administration du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC) et proche fidèle du chef de l’État, a profité de cette tribune pour remettre à Touadéra un chèque symbolique en carton de 15 millions de FCFA. Un geste clair : cet argent est destiné à couvrir la caution pour sa candidature à l’élection présidentielle de décembre 2025.

 

Sur la scène, l’image est saisissante. Sani Yalo, à gauche, et Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, à droite, tous deux vêtus de chemises blanches et coiffés de casquettes assorties, tiennent fièrement ce grand chèque entre leurs mains. L’événement, capturé en plein après-midi dans le stade, se déroule sur un tapis aux motifs rouge et beige. En arrière-plan, une foule de spectateurs, dont certains en tenues bleues, observe la cérémonie. Ce moment marque une étape décisive, bien que non officielle, dans la course à un troisième mandat pour Touadéra.

 

Pourtant, ce coup de théâtre pose une tempête de questions. Si cette remise de chèque n’est pas encore une déclaration formelle de candidature, elle envoie un message limpide : Touadéra se prépare à briguer un nouveau mandat, malgré les engagements qu’il avait pris par le passé. En 2016, puis en 2021, lors de ses investitures pour ses premier et deuxième mandats, il avait prêté serment sur la Constitution du 30 mars 2016, jurant de respecter ses limites. À l’époque, interrogé par un journaliste de Vox Africa, il avait été catégorique : pas de troisième mandat. Il avait même ajouté que, quand bien même il le voudrait, la Cour constitutionnelle s’y opposerait. Aujourd’hui, cette position semble oubliée, balayée par une nouvelle Constitution adoptée en 2023, qui supprime la limite des deux mandats et allonge leur durée à sept ans.

 

Mais pour beaucoup en Centrafrique, ce revirement sent la manipulation. Les opposants, qui se disent loin d’être naïfs, pointent du doigt une stratégie bien préparée. Selon eux, Touadéra financerait lui-même les manifestations de soutien,  500 FCFA par tête, murmure-t-on,  pour faire croire à une demande populaire spontanée. Une tactique qui ne trompe personne, affirment-ils, pas même “un bébé né aujourd’hui”. Et les critiques ne s’arrêtent pas là. Certains observateurs centrafricains, comme Mouammar Bangué Bossin, rappellent qu’aucun article, ni dans l’ancienne ni dans la nouvelle Constitution, n’autorise un président à se représenter sous prétexte d’un appel du peuple. Si Touadéra franchit le pas et dépose officiellement sa candidature, il s’exposerait, selon eux, à des accusations de haute trahison,  un crime passible de jugement devant le peuple centrafricain, “quel que soit le temps, sauf la mort”.

 

Le débat prend une tournure encore plus sensible quand on évoque les origines du président Faustin-Archange Touadera. Dans sa propre Constitution de 2023, il insiste sur la nécessité pour un candidat d’être “centrafricain d’origine”. Or, les centrafricains soulignent que son père est nigérien et sa mère mi-centrafricaine, mi-congolaise (RDC). Faustin-Archange Touadera , lui, a toujours revendiqué quant à lui une ascendance partiellement camerounaise pour son père, mais les doutes persistent dans l’opinion publique. Si ces allégations venaient à être utilisées contre lui, elles pourraient ajouter une couche supplémentaire à l’accusation de violation constitutionnelle.

 

Pour l’instant, le chèque de 15 millions de FCFA reste un symbole, pas un acte juridique. Mais dans un pays où la politique se joue autant dans les stades que dans les urnes, ce dimanche 30 mars 2025 pourrait bien marquer le début d’une bataille féroce. Entre les promesses d’hier et les ambitions d’aujourd’hui, Faustin-Archange Touadéra marche sur un fil tendu, sous le regard scrutateur d’un peuple qui, selon ses opposants, n’a plus envie de se laisser berner….

 

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Comment la Centrafrique de Touadera vit quotidiennement sur des béquilles étrangères

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Comment la Centrafrique de Touadera vit quotidiennement sur des béquilles étrangères

 

Comment la Centrafrique de Touadera vit quotidiennement sur des béquilles étrangères
Le-premier-ministre-Felix-Moloua-la-bouche-entreouverte – L’énigme du Premier ministre Félix Moloua : une bouche toujours entrouverte qui capte l’attention des réseaux sociaux

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La Centrafrique respire difficilement comme un enfant asthmatique, et son budget 2025 en est la preuve visible. Avec 345 milliards de francs CFA, on pourrait croire à une bouffée d’air, mais c’est un souffle court, étouffé par une dépendance maladive aux aides étrangers. Le pays titube, soutenu par des béquilles venues d’ailleurs, pendant que le gouvernement, pantelant, laisse son peuple dans un dénuement qui fait froid dans le dos.

 

Les chiffres ne mentent pas. Sur les 141,8 milliards prévus pour l’investissement – une hausse de 26 % par rapport à l’an dernier, claironnent les officiels, mais la part qui sort vraiment des caisses de l’État centrafricain est une gouttelette ridicule : 8 milliards. Le reste ? Des largesses de la Banque mondiale, du FMI, de donateurs qui jettent des os à un pays famélique. “Tout ce qui se construit :  écoles, dispensaires, routes ,  vient de l’extérieur”, glisse Didace Sabone dans l’émission économie de la radio Ndéké-Luka , une pointe de dépit dans la voix. Le gouvernement, lui, se gausse avec ses prévisions de croissance à 2,7 %, mais c’est un château de sable bâti sur des prêts qu’on rembourse en suant sang et eau.

 

Et où va l’argent du budget ? Pas dans les champs ni les ateliers, ça non. La production s’étiole, les richesses s’épuisent, et la moitié des fonds partent en fumée pour graisser les rouages d’un État qui ronfle comme le ministre Abazène sur son lit au lieu d’agir. Les caisses sont si squelettiques que même le fonctionnement,  payer les fonctionnaires, allumer les bureaux – pompe tout ce qui reste. Résultat : un pays qui vivote, incapable de se tenir sur ses propres jambes, quémandant à l’étranger de quoi panser ses plaies béantes.

 

Le comble, c’est cette hausse des hydrocarbures qui achève de vider les poches. Les entreprises plient bagage, les ménages s’échinent à survivre, et l’inflation galope, rendant chaque journée plus âpre que la veille. “On pourrait relancer l’agriculture, l’élevage, les infrastructures”, plaide Didace Sabone, presque comme un cri dans le désert. Mais le pouvoir préfère s’appuyer sur ses béquilles, tendant la sébile aux bailleurs plutôt que de raviver une économie exsangue. Les richesses minières ? Détournées par les russes et les rwandais, elles ne renflouent rien.

 

La RCA est à bout de souffle, et son budget n’est qu’un pansement sur une jambe de bois comme celle du ministre Héritier Doneng. Pendant que le gouvernement parade avec des chiffres creux, le peuple, lui, s’enfonce, abandonné à une misère que ces béquilles étrangères ne masqueront pas éternellement….

 

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Touadera fête sa neuvième année au pouvoir, Bangui se retrouve sous l’eau : le premier signe annonciateur de Dieu

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Touadera fête sa neuvième année au pouvoir, Bangui se retrouve sous l’eau : le premier signe annonciateur de Dieu

 

Touadera fête sa neuvième année au pouvoir, Bangui se retrouve sous l’eau : le premier signe annonciateur de Dieu
Bangui la coquette en ce 30 mars 2025 en fête du 9e anniversaire d’accession à la magistrature suprême de Faustin Archange Touadera

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

En ce 30 mars 2025, neuvième année de règne de Touadéra, Bangui sombre sous des eaux boueuses, un déluge perçu comme un signe céleste contre un président qui trahit ses promesses et son peuple.

 

En effet, le 30 mars 2025, Bangui, la capitale centrafricaine aurait dû vibrer au rythme des célébrations marquant les neuf ans de pouvoir de Faustin Archange Touadéra, arrivé à la tête du pays le 30 mars 2016. Mais au lieu des festivités prévues par le régime, c’est une pluie torrentielle qui s’est abattue sur la ville, transformant les rues en rivières boueuses, engloutissant des quartiers entiers et ravageant des dizaines, voire des centaines d’habitations. Un déluge qui, pour beaucoup, ressemble à un message divin, une colère céleste contre un président accusé d’avoir trahi son peuple, son serment et son pays.

 

Une catastrophe révélateur

 

À 13h27, une vidéo circule sur les réseaux sociaux : un homme, debout dans une rue submergée, filme l’eau brunâtre qui recouvre tout. Des habitants pataugent, certains à pied, d’autres à moto, tandis que des voitures luttent pour avancer. Les maisons en argile, fragiles, semblent prêtes à s’effondrer, et une clôture blanche émerge à peine de l’inondation. Plus loin, une autre scène : un motard en t-shirt jaune traverse une rue inondée, entouré de badauds impuissants, devant des maisonnettes en tôle qui tiennent à peine debout. Dans le quartier Sato, à la sortie nord de la capitale, , une voiture blanche est à moitié noyée, pendant que deux passants, dont l’un en rouge, marchent dans l’eau, près d’une pile de pneus noirs abandonnés. Les palmiers ploient sous le ciel gris, comme témoins muets d’un chaos qui n’émeut pas ceux qui dirigent.

 

Pendant ce temps, où est Touadéra ? Selon les témoignages qui fusent sur Facebook et WhatsApp, le président est retranché dans le stade 20 000 places, un verre de whisky à la main, dansant avec ses proches, et fête son anniversaire loin des cris de désespoir des mamans dont les maisons s’écroulent, des enfants qui vont dormir  ce soir sur des matelas trempés, des travailleurs qui n’ont plus rien. Les Centrafricains, eux, souffrent. Les habitations fondent sous la pluie, les lits sont gorgés d’eau, et la misère s’installe un peu plus dans des vies déjà affaiblies par des années de promesses non tenues.

Touadera fête sa neuvième année au pouvoir, Bangui se retrouve sous l’eau : le premier signe annonciateur de Dieu
Un quartier entier de la ville de Bangui sous inondation ce 30 mars 2025. CopyrightCNC

 

Une constitution trahie

 

Ce 30 mars 2025 n’est pas qu’une catastrophe naturelle ; c’est un symbole. Neuf ans après son arrivée au pouvoir, Touadéra semble avoir oublié le serment prêté devant Dieu et la nation, le 30 mars 2016, puis renouvelé en 2021. Il avait juré d’observer scrupuleusement la Constitution, de ne jamais réviser le nombre ni la durée de ses mandats, de ne pas céder à des ambitions personnelles. Pourtant, en août 2023, il a promulgué une nouvelle Constitution, taillée sur mesure pour lui offrir un troisième mandat, voire une présidence à vie, en allongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans. Un coup de force qui a fait voler en éclats ses engagements, sous les yeux d’un peuple qui n’en peut plus.

 

« Pendant que nous souffrons sous l’eau et la misère, lui est dans ses étages, bien au sec, à siroter son whisky », lâche un jeune homme dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. La colère gronde, et elle est légitime. Car ce n’est pas seulement la pluie qui frappe Bangui ce jour-là ; c’est le poids d’un régime qui a tourné le dos à ses citoyens. Les habitants des quartiers inondés, PK10, Sato, Saint-Jean-Galabadja, Don Bosco, Combattant et autres,  racontent des nuits sans sommeil, des enfants frigorifiés, des biens emportés par les flots. « On nous parle d’un empoisonnement de Touadéra au whisky, mais c’est nous qu’on empoisonne avec son indifférence ! », s’écrie ce même jeune, avec une rage visible.

 

La haute trahison d’un président déconnecté

 

Revenons à ce serment. En 2021, devant la présidente de la Cour constitutionnelle d’alors, Danièle Darlan, Touadéra avait promis de ne jamais toucher à la limite des mandats. Darlan l’avait averti : ses paroles seraient consignées, archivées, pour qu’on puisse y revenir en cas de besoin. Aujourd’hui, ces mots résonnent comme une condamnation. En 2023, il a balayé cet engagement, forçant une nouvelle Constitution malgré les cris de l’opposition et les alertes de la société civile. Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, l’avait prédit : persister dans cette voie, c’est plonger le pays dans le chaos. Et ce 30 mars 2025, le chaos est là, dans les rues inondées, dans les cœurs brisés, dans la défiance qui monte.

 

Le jeune homme de la vidéo ne s’arrête pas là. Il appelle à rejoindre la manifestation populaire du 4 avril, devant le siège de la MINUSCA sur l’avenue Barthélemy-Boganda. « On en a marre ! », hurle-t-il. Et il n’est pas seul. Sur les réseaux sociaux, les messages se multiplient : « Touadéra doit partir », « Neuf ans de trop », « Dieu a parlé aujourd’hui ». La pluie, disent certains, est un signe. Un avertissement. Mais le président, retranché dans son palais ou ses célébrations, semble sourd aux grondements du ciel et de son peuple.

 

Un pays dans le chaos

 

Neuf ans de pouvoir, et quoi ? Une économie en ruines, une nation divisée, une armée incapable de protéger les citoyens face aux groupes armés qui sévissent encore. Les routes promises ne sont pas construites, les écoles et les hôpitaux manquent, les ressources naturelles sont pillées sous le nez d’un peuple affamé. Et maintenant, cette pluie qui noie ce qui reste d’espoir. Touadéra avait juré de consolider l’unité nationale, de préserver la paix, d’assurer le bien-être des Centrafricains. À la place, il offre des inondations, des mensonges et une soif de pouvoir insatiable.

 

Ce 30 mars 2025 restera dans les mémoires comme le jour où la nature et le peuple ont crié leur ras-le-bol. Si Touadéra persiste à briguer un troisième mandat, il ne fera qu’attiser un feu déjà ardent. Car un président qui trahit son serment, qui danse pendant que ses citoyens pleurent, ne mérite ni whisky ni palais. Il mérite le jugement de l’histoire – et peut-être celui de Dieu, qui, ce dimanche, a fait pleuvoir sa colère sur Bangui….

 

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Centrafrique : le Kwa Na Kwa appelle les centrafricains à rejoindre la manifestation du 4 avril

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le Kwa Na Kwa appelle les centrafricains à rejoindre la manifestation du 4 avril

 

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Monsieur Christian GUENEBEM, Président Intérimaire du KNK

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 En pleine crise centrafricaine, le mouvement Kwa Na Kwa exhorte la population à participer à la marche du 4 avril 2025 à Bangui, initiée par le BRDC, et annonce une manifestation à Bangui, le 4 avril, et à Paris, le 5 avril. Un appel fort face à un régime en échec.

 

Dans un communiqué de presse relayé sur les réseaux sociaux daté du 31 mars 2025, référencé N° 003/KNK/PI.25, le Kwa Na Kwa, dirigé par son président intérimaire Christian Olivier Guenebem Dedizoum, dresse un bilan accablant du régime de Touadéra. “Après 9 ans d’exercice du pouvoir et plusieurs centaines de milliards de francs CFA d’aide au développement”, le pays est plongé dans une crise sans précédent, marquée par une gestion opaque des richesses nationales, comme les mines d’or de Ndassima, et des dons russes en céréales et carburant “vendus en totale opacité”. Le texte n’épargne pas non plus l’aide internationale, jugée inefficace face à “la pire crise sociale, humanitaire et sécuritaire” de l’histoire centrafricaine.

 

Le tableau dressé par le KNK est sombre : eau potable rare, électricité quasi inexistante, hôpitaux transformés en mouroirs, vie hors de prix et insécurité partout. Le communiqué dénonce aussi “l’accaparement de la richesse nationale par une extrême minorité” et le “bradage” de l’économie à des acteurs étrangers. Pourtant, le peuple, “fort de sa résilience, se tient dignement debout”, insiste le Kwa Na Kwa, saluant sa capacité à tenir bon malgré ces épreuves.

 

Cet appel intervient dans un contexte tendu. Le 4 avril, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), coalition de partis d’opposition et de la société civile, organise une marche populaire à Bangui pour protester contre les dérives du pouvoir. Bien que certains partis politiques ne fassent pas partie du BRDC, ils se joignent à cette dynamique en invitant les centrafricains de tout bord à prendre part à la marche du 4 avril 2025 à Bangui, tout en appelant à une manifestation le 5 avril à Paris pour la diaspora. Le mot d’ordre : agir “dans la paix, la discipline et la cohésion nationale”.

 

Et ce n’est pas tout. Le communiqué du KNK fustige aussi la fermeture de l’espace démocratique, les exclusions dans la course électorale et les rumeurs d’un troisième mandat pour Touadéra. Pour Christian Oliviet Guenebem Dedizoum, signataire du texte depuis Paris, ces mobilisations sont une réponse nécessaire à un pouvoir qui a failli. Reste à voir si cet élan, porté par plusieurs voix dont celle du Kwa Na Kwa, fera trembler le régime en place….

 

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Centrafrique : la crise de l’eau et de l’électricité à Bangui, l’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme dénonce cette situation et appelle à des mesures urgentes

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la crise de l’eau et de l’électricité à Bangui, l’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme dénonce cette situation et appelle à des mesures urgentes

 

Centrafrique.org/rca-deux-touristes-suedois-braques-par-des-policiers-a-bangui/entree-rondpoint-zero-du-centre-ville-de-bangui/” rel=”attachment wp-att-49368″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : la crise de l’eau et de l’électricité à Bangui, l’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme dénonce cette situation et appelle à des mesures urgentes
Entrée du rondpoint zero du centre ville de la capitale centrafricaine Bangui. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La capitale centrafricaine est fragilisée depuis un mois par une pénurie d’eau et d’électricité qui paralyse tout : écoles, hôpitaux, foyers. Une situation intenable qui pousse l’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme  en Centrafrique à briser le silence et à demander des réponses rapides et efficaces.

 

L’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme en Centrafrique (OCPDDHC) ne mâche pas ses mots. Dans un communiqué publié le 31 mars 2025, elle exprime sa « profonde indignation » face à une crise qui, selon elle, « affecte gravement » Bangui. Pour l’organisation, le manque d’eau potable et d’électricité n’est pas juste un désagrément : c’est une « violation directe des droits humains fondamentaux ». Cette pénurie, qui perdure et s’aggrave, met en danger « la santé, la dignité et le bien-être de milliers de citoyens », insiste le texte signé par Yannick Avelin Sereckissy-Namboy, coordonnateur par intérim.

 

Cette situation n’a rien de nouveau, mais elle atteint un point critique. L’OCPDDHC rappelle que l’eau potable et l’électricité sont « des ressources essentielles pour une vie digne ». Sans elles, les conditions sanitaires se dégradent, les risques de maladies comme celles liées à l’eau sale montent en flèche, et les habitants vivent dans une précarité grandissante. L’absence d’électricité, elle, coupe les écoles de leurs moyens, ralentit les soins dans les hôpitaux et étouffe les petites activités économiques qui font vivre la ville. « Des familles entières sont privées de leur droit fondamental d’accès à l’eau propre », martèle le communiqué, tandis que le noir plonge Bangui dans un silence inquiétant.

 

L’Organisation Civile pour la Paix et la Défense des Droits de l’Homme en Centrafrique va plus loin : elle accuse les autorités de fermer les yeux. « Nous dénonçons l’inaction » des responsables, écrit-elle, avant de dresser une liste claire d’exigences. D’abord, « garantir un accès immédiat et durable à l’eau potable » grâce à des infrastructures solides et une gestion intelligente des ressources en eau. Ensuite, « réhabiliter et stabiliser l’approvisionnement en électricité » pour que les foyers, les écoles, les hôpitaux et les commerces retrouvent un souffle. Mais ce n’est pas tout : l’OCPDDHC veut aussi « renforcer la transparence et la responsabilité des institutions publiques » pour que les solutions tiennent sur la durée. Enfin, elle demande une mobilisation large, nationale et internationale, pour soutenir des projets qui assurent ces droits de base à tous.

 

Pour l’organisation, le message est limpide : « L’accès à l’eau potable et à l’électricité ne doit pas être un luxe mais une garantie pour chaque être humain. » Cette crise, qui « met en péril la vie et l’avenir de milliers de personnes », ne peut plus attendre, prévient le communiqué. L’OCPDDHC appelle ainsi les autorités à se réveiller et à agir sans délai. Derrière ces mots, il y a l’espoir d’un Bangui où l’on ne survit plus, mais où l’on vit – dignement….

 

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Lim-Pendé : les éleveurs transhumants sèment le chaos dans les champs des agriculteurs

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Lim-Pendé : les éleveurs transhumants sèment le chaos dans les champs des agriculteurs

 

Lim-Pendé : les éleveurs transhumants sèment le chaos dans les champs des agriculteurs
Un cultivateur centrafricain qui se plaint d’arrivée massive des peuls dans son village, et potentiellement pour détruire les champs agricoles

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Lim-Pendé, les éleveurs venus d’ailleurs transforment les champs en pâturages sauvages. Dans la sous-préfecture de Kodi, les agriculteurs perdent leurs récoltes sous les sabots des bœufs, et la colère gronde face à l’inaction des autorités.

 

Dans la sous-préfecture de Kodi, qui relève de la préfecture de Lim-Pendé, en République centrafricaine, une tension palpable oppose les agriculteurs locaux aux éleveurs transhumants venus du Tchad et du Cameroun. À quelques kilomètres de Bocaranga et non loin de Ngaoundaye, les communes de Mann et Ndim vivent une situation alarmante. Les champs, principale source de vie pour les habitants, sont dévastés régulièrement par les troupeaux de bœufs, et la famine menace de s’installer durablement. Voici le récit d’une crise qui touche au cœur la population locale, entre désespoir, colère et impuissance.

 

Une agriculture en danger

 

Dans cette région rurale, l’agriculture est bien plus qu’une activité : c’est un mode de vie, une tradition, une nécessité. Le manioc, aliment de base pour tous les Centrafricains, est au centre de cette économie locale. Les familles cultivent leurs champs avec soin, arrachent les tubercules, les trempent dans l’eau pendant quatre jours, puis les sèchent au soleil. Une fois prêts, ces maniocs sont transformés en farine ou vendus pour subvenir aux besoins quotidiens. Mais ce cycle, essentiel à la survie des habitants, est aujourd’hui brisé.

 

Les agriculteurs de Mann racontent une autre réalité: des éleveurs transhumants, souvent armés et accompagnés de leurs troupeaux, envahissent leurs terres. Les bœufs piétinent les cultures et, pire encore, les éleveurs arrachent eux-mêmes les plants de manioc pour en extraire les tubercules et les donner à leurs animaux. « C’est du jamais-vu », témoigne un père de famille rencontré sur place par l’une de nos équipes. « Ils ne se contentent pas de laisser leurs bœufs brouter, ils prennent nos récoltes pour les nourrir. Que nous reste-t-il après ça ? ».

 

Un champ visité par notre équipe dans la localité de Mann montre l’ampleur des dégâts : des hectares de terre labourée sont réduits à néant, les plants arrachés ou écrasés, laissant derrière eux un paysage de désolation. Pour les agriculteurs, c’est un an de travail qui disparaît en une nuit. La faim guette, et la peur grandit.

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Deux femmes en train de cultiver

 

Une vieille dame tuée pour avoir défendu son manioc

 

L’histoire d’une agricultrice âgée, assassinée il y a quelques semaines, a marqué les esprits. Cette femme, comme beaucoup d’autres, avait suivi le processus traditionnel : elle avait mis ses tubercules à sécher au soleil après les avoir trempés. En plein jour, elle a vu des éleveurs et leurs bœufs s’approcher de son champ. Elle a crié pour les arrêter, pour protéger ce qui lui restait. Mais au lieu de partir, les éleveurs l’ont attaquée. « Ils l’ont frappée à la tête, elle est morte sur le coup », raconte un habitant. Son corps a été retrouvé, exposé dans le village, avant d’être enterré.

 

Ce drame n’est pas une exception. Les tensions entre agriculteurs et éleveurs prennent souvent une tournure violente. Les habitants expliquent que les éleveurs locaux, ceux qui connaissent la région et ses coutumes, respectent généralement les terres cultivées. Mais ceux qui viennent du Tchad ou du Cameroun, selon eux, agissent sans retenue. « Ils ne connaissent pas nos règles, ils s’en fichent », lâche un vieux paysan. « Nous, les Booms, on n’a jamais volé leurs bœufs. On n’a pas appris à faire ça. Mais eux, ils pillent nos champs sans scrupule ».

 

La colère des agriculteurs

 

Les agriculteurs pointent du doigt un autre responsable : les autorités centrafricaines. Beaucoup estiment que l’État les abandonne à leur sort. « Ce sont eux qui laissent entrer ces troupeaux transhumants sans rien faire, accuse un cultivateur de Ndim. Ils ne contrôlent pas les frontières, ils ne protègent pas nos terres ». Selon les habitants, aucune mesure concrète n’a été prise pour limiter ces incursions ou pour punir les responsables des destructions.

 

Un père de famille, très en colère, raconte : « La vie, c’est comme ça. Certains voyagent en avion, d’autres à pied. Moi, je suis agriculteur, c’est mon rôle. Mais il faut qu’on nous respecte. On nourrit nos familles, on nourrit le pays grâce à nos champs. Si on nous tue, si on nous laisse mourir de faim, qui va parler pour nous ? ».

 

Une population désorientée

 

Devant cette situation, les agriculteurs se sentent seuls. Ils disent n’avoir vu ni forces de l’ordre ni aide extérieure pour les protéger. « Personne ne vient à notre secours », déplore une femme de Mann. « On crie, on pleure, mais rien ne change ». La peur de représailles les empêche souvent de se défendre. Quand ils osent protester, comme cette vieille dame, ils risquent leur vie.

 

Un vieux du village Ndim résume l’état d’esprit général : « On ne vole pas les bœufs des éleveurs, on n’a jamais fait ça ici. Mais eux, ils viennent, ils prennent tout, et on ne peut rien dire. Sinon, ça finit mal ». Notre équipe a tenté de rencontrer ces éleveurs pour entendre leur version, mais ils n’étaient pas présents ce jour-là. Leurs troupeaux, eux, laissent des traces bien visibles : des champs ravagés, des familles affamées, une colère qui monte.

 

Une menace plus large

 

Cette crise ne touche pas seulement Mann ou Ndim. À Ngaoundaye et dans d’autres localités de la préfecture de Lim-Pendé, les plaintes se multiplient. Les agriculteurs redoutent une famine généralisée si rien n’est fait. Le manioc, pilier de leur alimentation, disparaît sous les sabots des bœufs. Sans récoltes, pas de nourriture, pas d’argent, pas d’avenir.

 

Les habitants appellent à une action urgente. Ils demandent aux autorités de renforcer les contrôles aux frontières, de sanctionner les éleveurs qui détruisent leurs champs, et de protéger leurs terres. « On ne veut pas la guerre », assure un cultivateur. On veut juste vivre de notre travail. Mais si ça continue, on ne tiendra pas. »

 

Quand la colère explose : l’exemple de Ngaoundaye

 

La frustration a déjà débordé ailleurs dans la région. Il y a un mois, dans la sous-préfecture de Ngaoundaye, des jeunes, épuisés par la destruction répétée de leurs champs, ont décidé d’agir. Lassés des incursions des éleveurs transhumants, ils sont passés à l’attaque. Ils ont capturé trois éleveurs et les ont remis à la gendarmerie. Mais la réponse ne s’est pas fait attendre : furieux, les éleveurs sont revenus en masse, armés. Ils ont incendié une centaine d’habitations et des boutiques, et tué une vingtaine de personnes. Ce cycle de violence montre à quel point la situation est explosive.

 

Protéger les champs, pas à voler les bœufs

 

En attendant, la sous-préfecture de Kodi reste le lieu chaque saison sèche d’un conflit silencieux, mais dévastateur. Entre les troupeaux transhumants et les champs dévastés, c’est la survie d’une population entière qui est en jeu. À Ngaoundaye, l’attaque des jeunes contre les éleveurs et la riposte sanglante qui a suivi rappellent que la patience a des limites. Pourtant, comme le répètent les habitants, « ce n’est pas le vol des bœufs qui nous intéresse, c’est nos champs ». Ils ne cherchent pas la vengeance, mais un moyen de protéger ce qui leur permet de vivre. Sans intervention rapide des autorités pour encadrer la transhumance et sécuriser les terres agricoles, la famine et la violence risquent de s’étendre bien au-delà de Lim-Pendé. La question demeure : qui écoutera ces cris avant qu’il ne soit trop tard ?

 

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Routes impraticables : un frein au développement économique de la Basse-Kotto

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Routes impraticables : un frein au développement économique de la Basse-Kotto

 

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village ngoulie, pk12 à l’entrée de la ville d’Alindao . CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans la Basse-Kotto, les routes ne sont pas seulement un défi logistique, elles sont une entrave majeure au développement économique, comme l’a constaté le cardinal Dieudonné Nzapalaïnga lors de sa mission du 24 février au 10 mars 2025. Ayant lui-même parcouru ces chemins dégradés par voie terrestre, il dresse un tableau sans fard : « Moi-même, j’ai effectué le transport par voie terrestre en véhicule. Donc, je peux en parler, pénible, difficile ». Ce cri du cœur démontre une réalité qui paralyse les habitants de cette région centrafricaine oubliée.

 

Le cardinal pointe du doigt l’absence de travaux significatifs sur ces infrastructures importante. « Depuis, on n’a pas fait de travaux », déplore-t-il, soulignant que les efforts actuels, comme ceux de projet Londo, se limitent à des interventions manuelles temporaires. « C’est manuel. C’est pour un temps. Ces routes-là, c’est avec les engins, c’est pas avec les pauvres personnes qui font la cohésion », insiste-t-il, critiquant une approche inadéquate face à l’ampleur du problème. Les pluies et l’usure naturelle effacent rapidement ces modestes réparations, rendant les routes à nouveau impraticables. « Vous allez aujourd’hui à Poudjo. Les écueils qu’on avait la nuit dernière sont revenus. Arrivés à Bokolobo, la route aussi est redevenue difficile dans beaucoup d’endroits », décrit-il, témoignant d’une dégradation chronique.

 

Cette situation a des conséquences directes sur l’économie locale. Les agriculteurs, qui produisent café, manioc, riz ou sésame, se retrouvent piégés, incapables d’acheminer leurs récoltes vers les marchés. « Si on veut que les commerçants, ou les agriculteurs, amènent leur café, le manioc, le riz, le sésame pour vendre à un prix raisonnable, il faut qu’il y ait la route », martèle Nzapalaïnga. Sans accès viable, la circulation des biens est quasi inexistante. « Il n’y a aucun car qui effectue Bambari, Mobaye, Kouango, Alindao, pour ne pas dire Bangassou. On n’a que des camions », ajoute-t-il, soulignant l’isolement de la région, limitée à un trafic sporadique de gros véhicules.

 

Cet isolement favorise un système de troc archaïque, dominé par des commerçants soudanais qui profitent de l’absence d’alternatives. « Qui ose y aller, ce sont les Soudanais qui arrivent avec leurs camions, et qui arrivent à faire ce qu’on appelle le truck. Ils amènent du ciment, des tôles, du sucre, et ils échangent ça avec le café, échangent avec le sésame et autres », explique le cardinal. Ce commerce déséquilibré prive les habitants de liquidités, au point que la monnaie centrafricaine y est devenue une rareté. « Dans un village, on a sorti 100 francs, les gens criaient en disant, ça fait des mois et des mois qu’on n’a jamais vu cette pièce-là », rapporte-t-il. À la place, les francs congolais dominent le long du fleuve, à Mobaye, Satéma, Libanga ou Nkwala, signe d’une dépendance économique vis-à-vis des voisins.

 

Pour Nzapalaïnga, cette défaillance des routes est plus qu’un désagrément : elle asphyxie le potentiel économique de la Basse-Kotto et maintient ses habitants dans la précarité. « La route empêche qui est aussi la circulation », résume-t-il, liant l’état des infrastructures à l’impossibilité pour la région de s’intégrer aux dynamiques commerciales nationales. Sans intervention significative,  des travaux avec des engins, pas des palliatifs temporaires, les agriculteurs et commerçants resteront condamnés à vendre à perte ou à troquer leurs produits contre des biens de première nécessité, au détriment de leur autonomie.

 

Le cardinal ne se contente pas de dresser un constat : il appelle implicitement à une action d’envergure. Réhabiliter les routes, c’est offrir un « ouf de soulagement » à cette population, comme il le formule dans ses recommandations plus larges. Car sans cette lifeline, la Basse-Kotto risque de demeurer une enclave économique, où le développement reste un mirage et où la résilience des habitants, déjà éprouvée, pourrait s’effriter face à un avenir sans perspectives….

 

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Ouandja – Kotto : l’hôpital secondaire accueille des nombreux patients touchés par le Paludisme, infections respiratoires et hernies

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Ouandja – Kotto : l’hôpital secondaire accueille des nombreux patients touchés par le Paludisme, infections respiratoires et hernies

 

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Deux membres du personnel médical soignant des patients à l’Hôpital de Boda

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Les statistiques internes de l’hôpital de Ouandja-Kotto confirment que le paludisme demeure la maladie la plus répandue, suivie d’un nombre important de cas d’infections respiratoires et de pathologies chirurgicales, notamment les hernies. Les patients se présentent souvent avec une fièvre élevée et des symptômes grippaux lors des pics de transmission du paludisme, tandis que les infections respiratoires affectent particulièrement les enfants et les personnes âgées, se traduisant par une toux persistante et des difficultés à respirer.

 

L’hôpital de Ouandja-Kotto, qui a renforcé ses capacités en personnel qualifié ces deux dernières années, propose des services en maternité, pédiatrie, chirurgie et médecine interne. Toutefois, l’approvisionnement en médicaments connaît des irrégularités dues à des difficultés logistiques liées aux routes dégradées et à l’insécurité. Les traitements contre le paludisme et les infections respiratoires sont appliqués selon des protocoles stricts, mais le manque d’équipements et d’infrastructures adéquates complique parfois la prise en charge.

 

Les hernies, en particulier, représentent une part importante des cas nécessitant une intervention chirurgicale. Malgré l’amélioration des capacités techniques, l’absence d’eau courante et d’électricité stable entrave le bon déroulement des opérations. La situation force les équipes médicales à recourir à des solutions d’appoint, telles que l’utilisation de lampes solaires pour assurer la visibilité lors des interventions, ce qui limite néanmoins la qualité des soins.

 

Le gouvernement et les partenaires du secteur de la santé œuvrent à renforcer l’infrastructure de l’hôpital et à optimiser l’acheminement des ressources médicales. Ces mesures visent à améliorer la prise en charge des patients et à réduire l’impact de ces pathologies sur la population de Ouandja-Kotto. Des actions concrètes sont en cours pour pallier ces insuffisances, garantissant ainsi une réponse sanitaire adaptée aux besoins de la communauté….

 

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Le kleptomane du gouvernement Richard Filakota accuse le Premier ministre Félix Moloua de sabotage du PND

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Le kleptomane du gouvernement Richard Filakota accuse le Premier ministre Félix Moloua de sabotage du PND

 

Centrafrique.org/la-centrafrique-prisonniere-de-wagner-couple-avec-la-corruption-et-incompetence-des-autorites-voici-le-cocktail-mortel-du-pnd-2024-2028-adopte-dimanche/ministre_de_economie_filakota/” rel=”attachment wp-att-83400″ data-wpel-link=”internal”>Le kleptomane du gouvernement Richard Filakota accuse le Premier ministre Félix Moloua
Richard Filakota, ministre de l’économie, du plan et de la coopération

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Richard Filakota, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, ne recule devant rien. Pris la main dans le sac dans une affaire de détournement de biens publics, il tente aujourd’hui de retourner la situation en accusant le Premier ministre Félix Moloua de vouloir torpiller le Plan national de développement (PND), un projet ambitieux de 7 000 milliards de francs CFA. Mais derrière cette contre-attaque audacieuse, les faits parlent d’eux-mêmes : le ministre, loin d’être un ministre exemplaire, s’est illustré par un pillage méthodique des ressources destinées au peuple centrafricain.

 

En effet, l’affaire éclate avec le projet Londo, financé par la Banque mondiale pour soutenir les communautés et les infrastructures du pays. À peine installé dans son fauteuil ministériel le 4 janvier 2024, Richard Filakota a transformé ce programme en butin personnel. Véhicules 4×4, motos neuves, pick-up Toyota : tout ce qui devait servir aux projet Londo a pris le chemin de sa résidence, de celle de sa nièce – promue secrétaire particulière pour l’occasion – ou encore des garages de ses proches. Un garde du corps, un abbé catholique reconverti en acolyte, et un directeur général nommé à la va-vite, ont tous reçu leur part. Huit motos au moins, un 4×4 débarrassé de ses logos pour mieux passer inaperçu : le ministre a agi sans retenue, profitant d’une pause dans l’évaluation du projet Londo pour faire main basse sur les biens.

 

Quand la Banque mondiale, alertée par ces disparitions, a exigé un compte rendu, Félix Moloua a logiquement demandé des explications. La réponse de Richard Filakota, lors d’un conseil de cabinet, a fusé comme une provocation : “Et toi, on te contrôlait quand tu étais ministre de l’économie ?”, Une insolence qui trahit son assurance, celle d’un homme persuadé que sa proximité avec le président Touadéra le met à l’abri. Mais la Primature n’a pas laissé passer. Une cellule de veille, dirigé par un officier supérieur, a investi le ministère de l’économie pour récupérer ce qui restait des biens détournés. Planqué à l’étranger à ce moment-là, Richard Filakota a promis par téléphone de “tout ramener” à son retour. Promesse en l’air. Un grand filou. Un grand voleur.

 

Mais une fois de retour à Bangui, le ministre Richard Filakota  a changé de ton. Via un cousin dépêché sur les réseaux sociaux, il a lancé une offensive, insinuant que certains cherchent à “saboter” le PND, ce plan qu’il prétend défendre pour séduire les bailleurs de fonds. Le sous-entendu vise clairement Félix Moloua, pourtant celui qui a poussé pour clarifier cette affaire sous la pression des partenaires internationaux. Une justification grossière pour détourner l’attention du vrai scandale : son propre vol. Car pendant que Richard Filakota joue les victimes, les Centrafricains, eux, constatent l’ampleur du désastre. Les véhicules et motos du projet Londo ne sont plus au service des communautés, mais dans les mains d’un ministre qui confond portefeuille public et coffre-fort personnel.

 

Ce n’est pas la première fois que Richard Filakota laisse une trace douteuse derrière lui. L’homme traine des casseroles derrière lui depuis pour ceux qui ne le connaissent pas. À la tête de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), il avait déjà plongé l’institution dans le chaos, siphonnant ses ressources sans vergogne. Nommé ministre, il a vu là une aubaine pour récidiver, avec une arrogance qui frise l’indécence. “C’est mon tour”, aurait-il pensé, selon des proches, avant de plonger dans une frénésie de népotisme et d’escroquerie. Aujourd’hui, il ose défier son Premier ministre, oubliant que les bailleurs de fonds et le peuple ne sont pas dupes. Le PND, qu’il brandit comme un bouclier, ne cache pas la réalité : Richard Filakota n’est pas un bâtisseur, mais un prédateur qui ronge un pays déjà au bout de souffle….

 

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Centrafrique : l’ancien président de transition Michel Djotodia gravement malade au Bénin

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l’ancien président de transition Michel Djotodia gravement malade au Bénin

 

Centrafrique.org/rca-arrive-de-lex-chef-detat-de-transition-michel-am-nondokro-djotodia-a-bria/djotodia-michel-a-laerodrome-de-bria-le-dimanche-3-octobre-2020-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-41107″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : l’ancien président de transition Michel Djotodia gravement malade au Bénin
Djotodia Michel à
l’aérodrome de Bria le dimanche 3 octobre 2020

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Au Bénin, Michel Djotodia, ex-président centrafricain de transition, souffre d’une grave maladie depuis des semaines. Il espère une prise en charge à l’étranger, mais le retard de son évacuation sanitaire aggrave son calvaire.

 

Depuis quelques semaines, l’état de santé de Michel Djotodia, exilé au Bénin depuis 2014, s’est brutalement dégradé. Il a demandé une évacuation sanitaire vers un pays étranger pour des soins adaptés, mais le dossier traîne sans raison apparente. Pourtant, cet ancien président de transition, qui a dirigé la Centrafrique de mars 2013 à janvier 2014, reste une figure marquante de son pays.

 

Un retour sur son parcours au pouvoir Pour comprendre l’ironie de cette situation, il faut remonter à 2013. Michel Djotodia prend les rênes du pays le 24 mars de cette année-là, après que les rebelles de la Séléka, qu’il dirigeait, ont renversé le président François Bozizé. Avant cela, Bozizé, dans une tentative de calmer la rébellion, l’avait nommé ministre de la Défense début février 2013, dans le cadre des accords de Libreville. Mais ce geste n’a pas suffi. Quelques semaines plus tard, les Séléka entrent dans Bangui, Bozizé s’enfuit au Cameroun, et Djotodia s’autoproclame président de transition.

 

Son règne, qui dure à peine dix mois, est marqué par un chaos profond. Les exactions des rebelles Séléka, majoritairement musulmans, provoquent une riposte violente des milices anti-balaka, composées principalement de chrétiens. Le pays sombre dans une guerre intercommunautaire. Pourtant, malgré cette instabilité, Djotodia parvient à maintenir l’électricité et l’eau dans la capitale, un exploit rare dans un contexte aussi troublé. À Bimbo ou dans le septième arrondissement, des zones jusque-là privées de courant voient la lumière en seulement deux jours après sa prise de pouvoir. Beaucoup de Centrafricains, encore aujourd’hui, saluent cette capacité à assurer des services de base, un contraste saisissant avec la situation actuelle.

 

Sous la pression internationale, notamment des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), il démissionne le 10 janvier 2014 lors d’un sommet à N’Djaména, au Tchad. Un départ volontaire, une première dans l’histoire du pays, qui ouvre la voie à Catherine Samba-Panza comme présidente de transition. Djotodia s’exile alors au Bénin, laissant derrière lui un pays fracturé mais aussi des souvenirs d’une gestion paradoxalement efficace sur certains aspects.

 

Par ailleurs, Djotodia a toujours été un fervent partisan de Faustin-Archange Touadéra, l’actuel président. Il a même mené des campagnes actives au sein de sa communauté pour soutenir les deux mandats de Touadéra, mobilisant ses réseaux pour assurer son succès électoral.

 

Mais aujourd’hui, cet engagement semble oublié. Alors que Djotodia lutte pour sa survie au Benin, Touadéra et son gouvernement lui tournent le dos, laissant son dossier sanitaire dans l’impasse. Ce silence est d’autant plus troublant que Djotodia a joué un rôle clé dans l’ascension de l’actuel président.

 

Pendant ce temps, la Centrafrique sous Faustin-Archange Touadéra, président depuis 2016, s’enfonce dans une stagnation désespérante. Des milliards de dollars, injectés par l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux, semblent s’être évaporés sans laisser de traces concrètes. Les routes sont défoncées, les coupures d’électricité rythment le quotidien, et l’eau potable reste un luxe dans bien des quartiers. Bangui, la capitale, est loin de la transformation promise par certains optimistes à l’époque de Djotodia. Au lieu de progrès, on voit des immeubles pousser, propriété de Touadéra et de son entourage, pendant que le reste du pays croupit dans le chaos.

 

Comparé aux dix mois de Djotodia, où les services de base tenaient bon malgré la guerre, le bilan de Touadéra est accablant. Les Centrafricains, qui attendaient un renouveau après des années de crises, se sentent trahis. Les groupes armés continuent de sévir, les infrastructures s’effritent, et la population vit dans une précarité aggravée. Pendant ce temps, l’ancien président de transition, malade et oublié, incarne un paradoxe : un homme qui, malgré ses échecs, avait su maintenir un semblant d’ordre là où l’actuel gouvernement échoue lamentablement….

 

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Pas d’eau, pas de soins, mais des millions pour le conseil politique du MCU

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Pas d’eau, pas de soins, mais des millions pour le conseil politique du MCU

 

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Des casquettes et écharpes a l’effigie de Touadera portées par le même l’interdicteur Simplice Mathieu Sarandji

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Pendant que les Centrafricains manquent d’eau potable et d’hôpitaux décents, le MCU, parti au pouvoir, amasse 134 millions de FCFA pour ses conseils et festivités. Une claque au visage d’un peuple qui n’en peut plus de souffrir.

 

En effet, le 22 mars 2025, le Conseil politique national du MCU a eu lieu, suivi des festivités du 30 mars. Pour l’occasion, les militants et cadres du parti ont sorti le grand jeu. Une liste de contributions, datée du 29 mars 2025, circule sur les réseaux sociaux et donne le vertige : au moins 134 394 000 FCFA au total, collectés auprès de ministres, directeurs généraux, députés et autres bienfaiteurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 6 millions de SANI YALO, Président du conseil d’administration du bureau d’affrêtement routier centrafricain (BARC), 2,5 millions de Felix MOLOUA, Premier ministre, ou encore 1 million du DG d’ENERCA, BENDIMA Thierry Patient. Même les chauffeurs et petits cadres y vont de leur poche, avec des sommes comme 20 000 FCFA. Mais pour quoi ? Une réunion politique et une fête, pendant que le pays s’effondre.

 

Faisons les comptes. Parmi les contributeurs, les membres du gouvernement (Primature et ministres) ont versé 16 770 000 FCFA. Les directeurs généraux des sociétés d’État, ces soi-disant gestionnaires des services publics, ont lâché 8 590 000 FCFA. À la Présidence, on atteint 6 250 000 FCFA. Sans oublier les 40 millions des députés MCU. Ça fait du monde pour financer des agapes pendant que les Centrafricains n’ont ni eau ni lumière.

 

Prenons l’exemple de l’eau potable. À Bangui, ça fait un mois que les robinets sont secs. En province, c’est pire : l’eau courante n’existe même pas. La SODECA, société censée distribuer l’eau, est à l’agonie. Avec 134 millions, on pourrait réhabiliter des infrastructures, forer des puits, acheter des pompes. Mais non, cet argent part en fumée pour des banderoles et des discours creux. La MINUSCA et quelques ONG tentent de boucher les trous, mais c’est peine perdue face à l’incurie des dirigeants.

 

Et l’électricité ? À Bangui, les coupures sont le quotidien. En province, on n’en parle même pas, c’est le néant. Le DG d’ENERCA, qui gère ce désastre, trouve pourtant 1 million pour le MCU. Ce million, il ne pouvait pas le garder pour réparer un transformateur ou acheter du carburant pour les groupes électrogènes ? C’est à se taper la tête contre les murs.

 

Les hôpitaux, eux, sont des mouroirs. Pas d’ambulances, pas de médicaments, pas d’équipements. Avec ces 134 millions, on pourrait équiper des salles d’opération, acheter des lits, remplir des pharmacies. Mais les priorités du MCU sont ailleurs : faire la fête et se congratuler entre copains.

 

Et qui paye ? Toujours les mêmes : les gros bonnets du parti. Regardez la liste : ministres, directeurs généraux, cadres de la Présidence, tous du MCU. Un club fermé où l’on se partage le gâteau, pendant que le peuple crève de misère. C’est du népotisme pur et dur, une bande de profiteurs qui s’engraissent sur le dos d’un pays déjà à terre. On dirait une mafia, pas un gouvernement. Ils détournent, ils gaspillent, ils se moquent du chaos qu’ils laissent derrière eux.

 

La Centrafrique est au fond du trou, et ces gens-là creusent encore. Chaque franc versé pour leurs réunions de luxe est un franc volé aux enfants qui boivent de l’eau croupie, aux malades qui meurent faute de soins, aux familles qui vivent dans le noir. Ce n’est pas juste grave, c’est révoltant. Un pays ne peut pas fonctionner comme ça, tenu en otage par une clique sans vergogne. Franchement, jusqu’à quand ?

 

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Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres

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Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres

 

Centrafrique.org/la-celebration-de-la-journee-internationale-des-droits-de-lhomme-en-rca/le-ministre-detat-en-charge-de-la-justice-arnaud-djoubaye-abazene-copyright-cnc/” rel=”attachment wp-att-51969″ data-wpel-link=”internal”>Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres
Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la Centrafrique, la colère ne retombe pas. Le découpage territorial décidé par le gouvernement entre 2023 et 2024 a mis le feu aux poudres, surtout à Ouanda-Djallé, où les habitants dénoncent une décision prise sans eux, pour eux, mais contre leurs intérêts. Au centre de cette tempête, le ministre Djoubaye Abazen, accusé par le député local Adam Idriss Sende de tirer les ficelles pour favoriser certains au détriment des autres. Une déclaration choc du député, datée du 26 mars 2025, vient raviver le débat et promet de faire trembler les murs de Bangui.

 

Une décision tombée d’en haut, sans les principaux concernés

 

À Ouanda-Djallé, on a l’impression qu’on leur a imposé ce découpage comme un fait accompli. Les nouvelles limites administratives, tracées loin des réalités locales, ne passent pas. Le député Adam Idriss Sende l’a dit cash dans sa déclaration : « En aucun cas, les notables, les autorités locales ou la population de Ouanda-Djallé n’ont été consultés. Nous refusons cette marginalisation qui nous est imposée de force ». Pour lui et pour beaucoup, c’est une opération montée de toutes pièces, qui ne respecte ni l’histoire ni les gens d’ici. Des villages comme Ouandja, Kombal ou Seregobo, toujours rattachés à Ouanda-Djallé, se retrouvent maintenant ailleurs sur la carte, et personne n’arrive à avaler ça.

 

Ce n’est pas juste une histoire de frontières. Ça touche à quelque chose de plus profond : les terres où les ancêtres sont enterrés, l’identité même de ces communautés. Sende ne tourne pas autour du pot : « Ce découpage territorial injustifié viole nos droits et menace notre patrimoine culturel, y compris les sites où reposent les ossements de nos ancêtres ». Quand on élève des villages comme Gordil ou Ouandja au rang de sous-préfectures, beaucoup y voient une tentative de grappiller des bouts de territoire, et ça fait grincer des dents.

 

Djoubaye Abazen, l’homme au centre des critiques

 

Dans toute cette histoire, un nom revient sans arrêt : Djoubaye Abazen, le ministre de la justice. Pour le député, c’est lui qui mène la danse, utilisant son pouvoir pour pousser les intérêts de certains et laisser les autres sur le carreau. Sende le met directement en cause : « Nous dénonçons avec fermeté les manœuvres de certaines autorités de l’État, notamment le ministre Djoubaye, qui exploitent leur position pour diviser les communautés de la Vakaga et redessiner les frontières administratives à des fins personnelles et communautaires ». Dans la région, ce ministre n’a pas bonne presse. On parle d’un type à la moralité douteuse, qui ne fait pas l’unanimité, même chez les siens.

 

Ce qui énerve encore plus, c’est que les habitants ont déjà crié leur ras-le-bol, notamment lors de manifestations en 2022, sans que ça change quoi que ce soit. Sende le rappelle dans son texte : « À maintes reprises, la population de Ouanda-Djallé est descendue dans la rue pour dénoncer cette injustice. Elle a exprimé pacifiquement son mécontentement face aux manipulations des limites territoriales de notre sous-préfecture. Mais jusqu’à ce jour, aucune réponse concrète n’a été apportée ». À force d’être ignorés, les gens se sentent abandonnés, et la frustration monte.

 

Un risque de dérapage dans une zone déjà fragile

 

La Vakaga, c’est une région où ça peut vite partir en vrille. Près du Soudan et du Tchad, les tensions entre communautés et les conflits armés ne sont jamais bien loin. Ce découpage mal pensé pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le député ne cache pas son inquiétude : « Cette prise de force de notre territoire risque d’ouvrir un cycle de violences incontrôlables ». Il va même plus loin, en laissant entendre que la patience a des limites : « Dans ce pays, seules les revendications armées semblent être prises en compte. Nous avons toujours privilégié la voie du dialogue et de la paix, mais aujourd’hui, nous sommes acculés et contraints de recourir aux moyens nécessaires pour faire entendre notre voix ».

 

C’est un message direct au gouvernement : soit vous écoutez, soit ça risque de mal tourner. Sende appelle aussi les Nations Unies, l’Union africaine et les partenaires de la Centrafrique à agir avant que la situation ne dégénère complètement.

 

Une manipulation qui doit être démontée

 

Pour le député, ce découpage n’a rien de légitime. Il parle d’une « mascarade » montée sans ceux qui vivent là et refuse de valider ces nouvelles lignes sur la carte : « Nous ne reconnaissons pas ces nouvelles délimitations et réaffirmons que les villages de Ouandja, Kombal et Seregobo font partie intégrante de la sous-préfecture de Ouanda-Djallé ». Il martèle que les frontières historiques doivent rester intactes, peu importe ce que certains à Bangui ont en tête.

 

Ce qui se joue dans la Vakaga, c’est une histoire de pouvoir qui décide sans demander, d’un ministre qui joue ses cartes perso, et d’une population qui refuse de se laisser faire. Sende finit sur une note qui sonne comme un ultimatum : « La population de Ouanda-Djallé ne restera pas silencieuse face à cette injustice. Elle poursuivra ses manifestations et mobilisations jusqu’à ce qu’une solution juste et équitable soit trouvée ». À Bangui, on ferait bien de tendre l’oreille, parce que là-haut, dans le Nord-Est, ça ne plaisante plus….

 

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Touadéra et les 5000 châteaux d’eau : une promesse qui vire au fiasco

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Touadéra et les 5000 châteaux d’eau : une promesse qui vire au fiasco

 

Centrafrique.org/centrafrique-5000-chateaux-deau-promis-en-2021-1-seul-realise-restant-4999-manquants-dans-le-bilan-de-touadera/le-premier-chateau-deau-formule-touadera-en-phase-de-finition-a-bimbo/” rel=”attachment wp-att-86997″ data-wpel-link=”internal”>Touadéra et les 5000 châteaux d’eau : une promesse qui vire au fiasco Centrafrique : 5000 châteaux d'eau promis en 2021, 1 seul réalisé, restant 4999 manquants dans le bilan de Touadéra
Le 1er château d’eau sur les 500 promis par Touadera en construction finale. Photo Cristian Aimé Ndotah

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Quand Faustin-Archange Touadéra ouvre sa bouche, ça finit souvent en eau de boudin. Prenez son grand projet, annoncé en fanfare  en 2021 : la construction de 5000 châteaux d’eau et 20 000 fontaines publiques dans tout le pays, sous le nom ronflant d’opération “Zo Kwe A Gnon Nzoni Ngou”.

 

Dans une affiche tape-à-l’œil et qui circule encore : un type en costume gris qui sourit comme un vendeur de rêves, un gamin qui joue avec de l’eau, et au milieu, une belle illustration d’un château d’eau flambant neuf. En bas, les logos de la Présidence et du groupe CSOS-GTIS, histoire de faire sérieux. C’était censé être le grand coup, la solution miracle pour que les Centrafricains aient enfin de l’eau potable. Sauf que, quatre ans après le début des travaux en 2021, on en est où ? À un fiasco total, et le premier château d’eau, à Bimbo, juste à la sortie sud-ouest de Bangui, en est la preuve criante.

 

Ce château d’eau, censé être le symbole du renouveau, est une blague qui ne fait rire personne. Les travaux ont démarré en 2021, et on est en 2025 : il n’est toujours pas opérationnel. Pire, il fuit de partout. Arnold Zemoniako, dont la famille possède le terrain où cette ruine en béton a été plantée, a balancé les détails sur Facebook, et ça fait froid dans le dos. Le canal d’irrigation ? Une rigole en terre battue mélangée à des bouts de ciment, un bricolage digne d’un enfant qui joue dans la boue. La cuve en béton ? Elle a tenu deux remplissages, mais elle rejette l’eau comme un panier percé. Et l’ingénieur en charge du chantier ? Il a essayé de se faire la malle à l’aéroport de Bangui M’Poko, deux fois, avant qu’on lui confisque son passeport. Du grand n’importe quoi.

 

La famille Zemoniako, qui vit juste à côté de ce désastre, parle carrément de sabotage. Et on peut les comprendre : pas de mission de contrôle, pas de suivi sérieux, juste une bande d’amateurs qui empilent les briques et croisent les doigts pour que ça tienne. Si ça continue, ce château d’eau risque de s’effondrer et de causer une catastrophe. Mais pour Touadéra, ça semble être le cadet de ses soucis. Cinq ans après avoir promis monts et merveilles, il n’a rien à montrer. Rien. Zéro. Que dalle. Le pays attend toujours ses 5000 châteaux d’eau, mais à ce rythme, on risque plutôt de voir 5000 tas de gravats.

 

Et ce n’est pas juste une histoire de tuyaux qui fuient. C’est tout un système qui sent le pourri. Touadéra et son équipe ont une spécialité : lancer des projets grandioses, faire des photos avec des sourires crispés, et puis laisser tout tomber dans l’oubli. Pas de suivi, pas de responsabilité, rien qui avance. Le Centrafrique est devenu une décharge à ciel ouvert, un endroit où les belles paroles du président se transforment en tas de ferraille et en rêves noyés. À Bimbo, les habitants regardent ce château d’eau bancal et se demandent : c’est ça, le progrès qu’on nous a vendu ? Une coquille vide qui menace de leur tomber sur la tête ?

 

Le pire, c’est que Touadéra ne semble même pas s’en rendre compte. Il continue de parader, de serrer des mains à Moscou ou ailleurs, pendant que son pays s’enfonce. L’opération “Zo Kwe A Gnon Nzoni Ngou” ? Un slogan creux, une arnaque bien emballée. Et CSOS-GTIS, ce groupe qui devait porter le projet, où est-il dans ce merdier ? On ne sait même pas qui tire les ficelles ou qui empoche l’argent, parce que transparence et Touadéra, ça fait deux. Pendant ce temps, les Centrafricains crèvent de soif, littéralement, dans un pays où l’eau potable reste un luxe.

 

Alors, que se passe-t-il avec Touadéra ? Rien, justement. Il promet, il fanfaronne, et après, il disparaît. Tout ce qu’il touche finit en fiasco, et ce château d’eau de Bimbo n’est que le début d’une longue liste de ratés. Le Centrafrique mérite mieux qu’un président qui transforme l’espoir en comédie tragique. Parce que là, franchement, on ne sait plus s’il faut rire ou pleurer….

 

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Le général Arda Hakouma lance un ultimatum contre le régime de Touadéra

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Le général Arda Hakouma lance un ultimatum contre le régime de Touadéra

 

Centrafrique.org/centrafrique-naissance-dun-nouveau-groupe-politico-militaire-le-mdrpc-du-general-arda-hakouma/general-arda-hakouma/” rel=”attachment wp-att-62821″ data-wpel-link=”internal”>Le général Arda Hakouma lance un ultimatum contre le régime de Touadéra
Le général Arda Hakouma, chef du MDRPC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le général de corps d’armée Arda Hakouma, président du Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC), a publié un communiqué explosif daté du 29 mars 2025, depuis Bamingui, adressé à la communauté internationale et à l’Union Africaine. Dans ce document, Hakouma et le MDRPC dénoncent avec vigueur la situation chaotique en République Centrafricaine sous le régime de Monsieur Touadéra, qu’ils accusent de violations des droits humains et de dérive autoritaire grave.

 

Hakouma et le Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC) affirment que les abus de pouvoir, les arrestations arbitraires, la répression de l’opposition et les agressions contre les civils ont atteint un seuil intolérable. Selon Hakouma et le MDRPC, ces exactions, documentées par des preuves accablantes, justifient une intervention décisive. Ainsi, Arda Hakouma et le MDRPC annoncent que les forces militaires du mouvement sont désormais mobilisées pour déloger Touadéra du pouvoir, une décision qualifiée de « dernier recours » après l’échec des solutions pacifiques.

 

Dans ce communiqué, Arda Hakouma et le Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC) mettent en garde la communauté internationale et l’Union Africaine, les tenant pour responsables des conséquences de leur inaction. Arda Hakouma et le MDRPC soulignent que l’indécision de ces instances menace la stabilité non seulement de la République Centrafricaine, mais aussi de la sous-région. Pour Arda Hakouma et le MDRPC, l’urgence est claire : il faut agir pour mettre fin aux souffrances du peuple centrafricain.

 

Arda Hakouma, à la tête du Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC), précise que les actions militaires en cours visent à instaurer un avenir démocratique pour tous les Centrafricains. Arda Hakouma et le MDRPC promettent une réponse ferme à toute tentative de poursuivre les abus de pouvoir, avec les forces armées du mouvement prêtes à intervenir. Le ton est martial, mais Arda Hakouma et le MDRPC insistent sur leur objectif : restaurer la justice et la démocratie.

 

En un mot, ce communiqué signé par le général de corps d’armée Arda Hakouma, président du Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC), marque un tournant dans la crise centrafricaine. Arda Hakouma et le MDRPC lancent un appel clair : le régime de Touadéra doit tomber, et le mouvement est prêt à tout pour y parvenir. Reste à voir comment la communauté internationale réagira face à cette escalade annoncée par Arda Hakouma et le MDRPC….

 

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Centrafrique : le MECA exige la fin du chaos du régime de Touadéra

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le MECA exige la fin du chaos du régime de Touadéra

 

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Le chef rebelle Nouradine du mouvement MECA

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique (MECA) a pris la parole ce 25 mars 2025 pour condamner fermement le régime de Touadéra, pointant du doigt son incapacité à garantir la sécurité et à répondre aux besoins criants du peuple.

 

Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique (MECA), dirigé par Achgar Nouradine Ramat, publie un communiqué cinglant, condamnant la gestion du pays par le président Faustin Archange Touadéra et appelant le peuple à reprendre son destin en main.

 

Dans ce document, le MECA se présente comme « un mouvement patriotique et révolutionnaire œuvrant dans l’intérêt du peuple centrafricain, pour la protection de notre mère patrie, notre peuple tout entier sans exception avec ses biens ainsi que ses ressources ». Il exprime une indignation profonde face à la situation actuelle : « Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique par ma voix vient par la présente condamner avec rigueur les multiples crimes commis contre le peuple centrafricain et par la même occasion dénoncer avec indignation l’incapacité des autorités centrafricaines dirigées par Monsieur Faustin Archange Touadera pour leur manque d’assurer la sécurité du peuple centrafricain et de ses biens ».

 

Le mouvement reproche au gouvernement une série de manquements graves. Parmi les points soulevés, on retrouve « l’insécurité accrue sur toute l’étendue du territoire national » et « l’absence des besoins de base nécessaires pour le bien-être du peuple centrafricain », tels que l’autosuffisance alimentaire, l’eau potable, les hôpitaux, l’énergie, la communication, l’éducation, les infrastructures ou encore le logement. Le texte déplore également « les multiples crimes contre le peuple centrafricain dans le passé et ceux qui sévissent encore présentement dans notre pays ».

 

Un autre grief majeur concerne la gestion des groupes armés. Le MECA accuse le président Touadéra de ne pas respecter la résolution 2149 des Nations Unies du 10 avril 2014, qui exige le désarmement des milices : « Le refus du gouvernement de désarmer les multiples groupes armés conformément à la résolution des Nations Unies 2149 du 10 Avril 2014. Au contraire, M. Touadera a transformé une partie des forces armées centrafricaines en un groupe de milice appelé les requins et ce dernier pour protéger son pouvoir, signe des contrats avec les groupes rebelles au lieu de les désarmer ». Il ajoute que des forces nationales et internationales, notamment « certains membres des forces armées centrafricaines, les requins, Wagner et rwandais (M23) », sont responsables de « multiples crimes et impunités » contre la population.

 

Le communiqué critique également les atteintes aux libertés fondamentales : « La violation des droits de l’homme, l’absence de la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, les arrestations arbitraires, l’injustice ». À cela s’ajoute « l’absence d’une armée nationale centrafricaine professionnelle, républicaine et pleinement opérationnelle » et « la perméabilité des frontières de la République Centrafricaine qui favorise l’entrée des groupes rebelles étrangers sur le territoire centrafricain ».

 

Le MECA dresse un tableau sombre des conséquences sociales : « Les situations déplorables des peuples centrafricains déplacés partout à l’intérieur du pays, plus précisément de l’arrière-pays dans la capitale Bangui, qui engendrent une saturation à Bangui et un grave exode rural, ainsi que plusieurs autres réfugiés en terre étrangère vivant dans des situations inhumaines ». Il déplore aussi « l’absence d’une feuille de route du gouvernement dans l’ensemble et plus précisément dans le domaine de la sécurité et du désarmement (DDRR) ».

 

Sur le plan politique, le mouvement fustige « un pouvoir dictatorial avec l’absence de la démocratie, balance des pouvoirs et la justice », ainsi qu’une « mauvaise gouvernance » marquée par « une longue durée de déficit budgétaire, déséquilibre défavorable d’import et d’export, absence d’industries, absence d’institutions fortes, une mauvaise économie ». Il accuse les autorités de « vente illicite des ressources et terres centrafricaines aux étrangers (libanais et rwandais), corruption chronique et détournement des biens de l’État, taux élevés de chômage, signatures de contrats illicites », imputant ces dérives à « la vulgarité et l’incompétence des autorités centrafricaines ».

 

Face à cette situation, le MECA dit « NON » à ce qu’il qualifie de « complicités de manipulation et de multiples crimes barbares contre le peuple centrafricain ». Il interpelle directement le gouvernement : « Nous prenons la communauté nationale et internationale tout entière à témoin en interpellant le gouvernement de M. Touadera à prendre ses responsabilités afin d’arrêter immédiatement les crimes en Centrafrique, en activant les forces armées centrafricaines, en assurant la sécurité de l’ensemble du peuple centrafricain et en désarmant tous les groupes rebelles armés sur le territoire centrafricain sans exception, y compris les Wagners, les requins et les Rwandais ».

 

En cas d’inaction, le mouvement menace d’aller plus loin : « Dans le cas contraire, nous nous trouverons dans l’obligation de demander la démission pure et simple de M. Touadera et de toute son équipe, la démission du Premier Ministre, Chef du gouvernement, et de toute son équipe, la démission du président de l’Assemblée Nationale et de toute son équipe et la dissolution de l’Assemblée Nationale ». Il propose des mesures concrètes, comme « la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante digne et capable de travailler dans l’intérêt du peuple centrafricain avec abnégation avec une nouvelle feuille de route raisonnable à accomplir dans un délai bien défini », ainsi que « l’exécution intégrale de la résolution des Nations Unies 2149 du 10 Avril 2014 et du DDRR sur toute l’étendue du territoire centrafricain ».

 

Parmi ses revendications, le MECA exige aussi « la mise en place d’une armée républicaine forte afin de protéger l’intérêt du peuple centrafricain tout entier et d’assurer l’intégrité du territoire centrafricain », « le retrait systématique des Wagners et des Rwandais (M23) », et « le rétablissement de la constitution de 2016 avant l’adoption d’une nouvelle constitution par la voie de consultation inclusive ». Il appelle également à « la mise en place d’une cour criminelle véritable travaillant en collaboration avec la Cour pénale internationale pour établir les faits et traduire en justice tous ceux qui ont commis des crimes, de près ou de loin, contre le peuple centrafricain et ses biens privés ».

 

Le mouvement soutient par ailleurs la marche pacifique prévue le 4 avril 2025 : « Nous condamnons fermement Mr. Touadera et ses complices qui illustrent une violation de la souveraineté de notre nation et du droit du citoyen de manifester et de s’exprimer librement et pacifiquement. À cet égard, nous soutenons la marche du 04 avril 2025 organisée par le peuple centrafricain ». Il demande aux autorités de garantir la sécurité des manifestants et invite les partenaires internationaux, dont l’ONU et le Rwanda, à privilégier la stabilité du pays plutôt que des « calculs politiciens ».

 

Un appel vibrant est lancé aux forces de sécurité : « À vous, nos chers frères et sœurs des Forces Armées Centrafricaines, de la Gendarmerie Nationale, de la Police Nationale tant sur le territoire centrafricain qu’à l’étranger à qui le peuple centrafricain a confié la sécurité de sa nation, de sa vie et de ses biens, écoutez les pleurs de vos frères et sœurs qui continuent à souffrir jour et nuit, rappelez-vous de votre serment que vous avez prêté sous le drapeau centrafricain, mobilisez-vous. » Le MECA assure son soutien : « Nous, du Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique, nous nous rangeons à vos côtés en vous soutenant dans votre noble mission. »

 

Enfin, le texte s’adresse directement à la population : « À nos chers compatriotes Centrafricaines et Centrafricains, ne suivez pas les mauvaises directives de Mr. Touadera avec son équipe minoritaire et dictatoriale. Apprenons de l’exemple du Burkina Faso en prenant notre destin en main, ne comptons plus sur la communauté internationale pour résoudre nos problèmes, alignons-nous tous derrière notre Force Armée Centrafricaine, notre Gendarmerie Nationale et notre Police Nationale et apportons-leur tout notre soutien possible. » Il met en garde contre les violences internes et promet un engagement sans faille : « Nous vous promettons que le MECA sera toujours à vos côtés et se battra avec toute son énergie pour vous sortir des misères sous le régime dictatorial de Mr. Touadera et de ses complices. »

 

En réalité, le MECA somme Touadéra de respecter les droits du peuple lors de la marche du 4 avril, sous peine d’assumer ses responsabilités devant l’histoire : « Pour conclure, nous mettons en garde M. Touadera de laisser la voie libre au peuple centrafricain tout en les protégeant de manifester librement et pacifiquement, avec le respect des droits de l’homme, de la justice et de la liberté sous la couverture de notre constitution le 04 avril 2025. Dans le cas contraire, nous prendrons nos responsabilités devant l’histoire. »

Ce communiqué, signé par Achgar Nouradine Ramat, président du MECA….

 

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Ministère du commerce : déconnecté ou dépassé par l’explosion des prix de première nécessité ?

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Ministère du commerce : déconnecté ou dépassé par l’explosion des prix de première nécessité ?

 

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Thierry Patrick Akoloza

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Alors que les prix des produits de première nécessité s’envolent à cause du carburant et des barrières, le ministère du commerce reste figé dans ses arrêtés, dépassé par une crise qu’il ne parvient ni à comprendre ni à juguler.

 

À Bangui, l’arrêté ministériel censé réguler les prix ressemble à une injonction venue d’une autre planète. Signé depuis un bureau loin du terrain, ce texte impose des tarifs que les commerçants, eux, peinent à respecter. Le directeur général du commerce, Thierry Dinghede, pointe du doigt une application aléatoire : les contrôles sporadiques intimident temporairement les opérateurs, mais dès que les agents tournent le dos, la spéculation reprend ses droits. Le gouvernement accuse les commerçants de désobéissance, mais la vraie question est ailleurs : cette mesure reflète-t-elle seulement la réalité du terrain ?

 

En effet, fixer le prix du ciment, des tôles ou du manioc depuis un ministère, c’est méconnaître une règle élémentaire enseignée dès le secondaire : c’est le marché qui dicte les prix. Les commerçants ne sont pas des magiciens. Ils importent, transportent et vendent dans un contexte marqué par des barrières douanières, des routes jonchées de corruption et une flambée du coût du carburant,  ce même carburant qui fait grimper le prix de tout, du transport à la dernière arachide sur l’étal. Quand le gouvernement augmente le prix de l’essence et exige dans le même souffle que les commerçants baissent leurs tarifs, on frôle l’absurde. Quelle économie peut tenir sur une telle contradiction ? Le ministère se targue d’avoir diffusé son arrêté via les médias nationaux et les radios communautaires. Pourtant, certains commerçants jurent n’en avoir jamais entendu parler, tandis que d’autres, lucides, profitent du manque de suivi pour ignorer les règles.

 

Par conséquent, en imposant des prix déconnectés des coûts réels, le gouvernement pousse les commerçants à vendre à perte,  une pratique que la loi, ironiquement, interdit. Forcer un opérateur à brader son stock sans tenir compte des frais d’importation, des taxes officieuses payées sur les routes ou de la cherté du transport, c’est le condamner à la faillite. Les conséquences sont claires : des étals vides, des familles sans revenus et, au bout du compte, un peuple encore plus fragilisé. Le ministère croit protéger les consommateurs, mais il aggrave leur calvaire en ignorant les rouages du commerce. Plutôt que de jouer les démiurges depuis leurs bureaux, les autorités devraient chausser leurs bottes et arpenter les marchés. Pourquoi ne pas déployer des agents non pas pour sanctionner, mais pour écouter ? Recueillir les doléances des commerçants, analyser les obstacles concrets – corruption, carburant, infrastructures – et ajuster les prix en conséquence.

 

D’ailleurs, la cellule permanente envisagée dans les principaux marchés de Bangui est un pas, mais elle ne suffira pas si elle se limite à sermonner au lieu de résoudre. Et que dire des produits périmés vendus par les ambulants, que l’arrêté promet d’éradiquer ? Sans présence continue, sans moyens logistiques, cette ambition reste une belle parole. Le ministère doit cesser de blâmer les commerçants pour son propre manque de clairvoyance. Fixer des prix, oui, mais pas en improvisation, pas sans données réelles, pas sans contrôle efficace. Sinon, c’est comme demander à Dieu de faire respecter ses commandements sans jamais envoyer de prophètes sur Terre. Stabiliser le marché et protéger les consommateurs, comme le clament les autorités, est un objectif louable.

 

Pourtant, cela ne se fera pas en brandissant un arrêté comme un sceptre divin. Réduire les barrières, enrayer la corruption, stabiliser le prix du carburant : voilà les vrais leviers pour soulager le peuple centrafricain. Tant que le gouvernement restera perché dans sa tour d’ivoire, ses décisions continueront de flotter loin des réalités du terrain – et les commerçants, comme les consommateurs, en paieront le prix….

 

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Centrafrique : la réhabilitation tant attendue de l’hôpital de l’Amitié enfin lancée

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la réhabilitation tant attendue de l’hôpital de l’Amitié enfin lancée

 

Centrafrique.org/festival-de-punaises-a-lhopital-de-lamitie-un-cauchemar-pour-les-patients/hopital-amie-hopital_amitie_de_bangui/” rel=”attachment wp-att-77044″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : la réhabilitation tant attendue de l’hôpital de l’Amitié enfin lancée
Hôpital de l’Amitié à Bangui. CopyrightDR

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Bangui, dans le quartier Fou du 4e arrondissement, les travaux de réhabilitation de l’hôpital de l’Amitié, un établissement construit entre 1985 et 1988 par la coopération chinoise. Depuis sa création, ce centre hospitalier bénéficie de l’assistance d’une équipe de médecins chinois. Mais depuis plusieurs années, cet établissement tombe pratiquement en ruine, et le projet de sa réhabilitation voit le jour.

 

Ce projet de sa réhabilitation, porté et financé par Pékin via des entreprises chinoises, vise à redonner vie à une infrastructure essentielle pour les Centrafricains, mais qui traverse depuis des années une dégradation alarmante. Annoncé depuis l’année dernière, le chantier avait été retardé pour des raisons non précisées, laissant patients et riverains dans l’attente. Aujourd’hui, cette initiative représente un espoir concret pour une population dépendante de cet hôpital communautaire.

 

Financé à hauteur de 6,14 milliards de francs CFA, ce projet comprend la rénovation des infrastructures existantes ainsi que la construction de nouveaux bâtiments, dont un service de réanimation moderne et un incinérateur de grande capacité. Ces ajouts visent à répondre aux besoins criants de l’établissement et à améliorer les conditions de soin.

 

L’hôpital de l’Amitié, autrefois un symbole de la coopération sino-centrafricaine, est aujourd’hui dans un état critique. L’incinérateur, destiné à gérer les déchets médicaux, est hors service depuis longtemps. La cour, envahie par les herbes, abrite de nombreux serpents qui s’infiltrent jusque dans les salles, côtoyant les malades. À cela s’ajoutent des lits infestés de punaises et une prolifération de moustiques, rendant les conditions d’hospitalisation particulièrement difficiles, voire dangereuses. Le bâtiment lui-même montre des signes de vétusté, accentués par des années de négligence.

 

À ses débuts, l’établissement bénéficiait d’un générateur qui palliait les fréquentes coupures d’électricité dans le pays. Mais depuis plus de neuf ans, cet équipement ne fonctionne plus. En cas de panne, les opérations chirurgicales sont interrompues, plongeant le personnel médical dans des situations critiques. Autrefois, des médecins chinois vivaient sur place et assuraient une présence constante, mais leur départ, il y a plusieurs années, a laissé la gestion aux autorités centrafricaines, qui peinent à maintenir le site opérationnel.

 

Ce projet de réhabilitation, dont le coût s’élève à 6 milliards de francs CFA, et la durée  s’étend à 15 mois prévus pour les travaux, est accueilli avec soulagement par les habitants. Pour beaucoup, cet hôpital reste une bouée de sauvetage, offrant des soins accessibles dans un pays où les infrastructures de santé sont rares. La Chine, à travers ce chantier, réaffirme son engagement envers la Centrafrique, un partenariat qui remonte à la construction initiale de l’établissement.

 

Les travaux devront répondre à des défis majeurs : réparer les équipements défaillants, assainir l’environnement, moderniser les installations électriques et garantir des conditions d’hygiène dignes d’un centre médical. Si ce projet aboutit, il pourrait redonner à l’hôpital de l’Amitié sa capacité à servir efficacement la population, tout en renforçant les liens entre Bangui et Pékin. Pour l’heure, les Centrafricains attendent des résultats concrets, après des années de promesses et de faux départs….

 

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La CEMAC autorise enfin la suppression des frais d’itinérance mobile

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La CEMAC autorise enfin la suppression des frais d’itinérance mobile

 

Centrafrique.org/covid-19-inquietude-du-personnel-de-telecel-apres-la-contamination-de-2-agents/siege-social-telecel-Centrafrique-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-38529″ data-wpel-link=”internal”>La CEMAC autorise enfin la suppression des frais d’itinérance mobile
Le siège social de la société de téléphonie mobile Télécel Centrafrique à Bangui

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Après plusieurs années de négociations, les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont finalement validé la suppression des frais d’itinérance mobile dans la région. Réunis à Bangui, les ministres en charge des télécommunications ont signé un communiqué final officialisant cette mesure, qui vise à favoriser l’intégration économique et à réduire les coûts de communication pour les citoyens.

 

Une avancée attendue depuis plusieurs années

 

L’initiative de supprimer les frais d’itinérance mobile au sein de la CEMAC remonte à 2017, dans le cadre des efforts visant à harmoniser les politiques de télécommunications entre le Cameroun, le Gabon, le Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine. Toutefois, la mise en application de cette réforme a pris du retard en raison de divergences entre opérateurs téléphoniques et gouvernements.

 

Après quatre ans de discussions et d’ajustements techniques, l’accord a finalement été adopté. Cette décision signifie qu’un abonné d’un opérateur téléphonique d’un pays membre pourra utiliser son téléphone dans un autre pays de la CEMAC sans frais supplémentaires, à l’image de ce qui existe déjà au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

 

Un soulagement pour les usagers et les entreprises

 

Jusqu’à présent, les frais d’itinérance représentaient un obstacle majeur pour les voyageurs et les hommes d’affaires circulant dans la région. Les coûts élevés des appels et de l’Internet mobile limitaient les échanges et pénalisaient l’intégration économique.

Avec cette réforme, les consommateurs bénéficieront de tarifs plus abordables, ce qui facilitera la communication transfrontalière et encouragera les activités commerciales entre les pays membres. Les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), pourront également tirer profit d’une réduction de leurs coûts de communication.

 

Un défi pour les opérateurs téléphoniques

 

Si cette suppression des frais d’itinérance est une bonne nouvelle pour les usagers, elle représente un défi pour les opérateurs télécoms qui perdront une source de revenus importante. Certains acteurs du secteur ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’impact financier de cette mesure et la nécessité de trouver de nouveaux modèles économiques pour compenser cette perte.

Les gouvernements de la CEMAC devront ainsi s’assurer que les opérateurs respectent l’accord tout en garantissant la viabilité économique du secteur des télécommunications. Des discussions sont en cours pour ajuster les taxes et encourager les investissements dans les infrastructures afin d’améliorer la qualité du réseau dans la région.

 

Une intégration régionale renforcée

 

La suppression des frais d’itinérance s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de l’intégration économique au sein de la CEMAC. Après la mise en place du passeport biométrique sous-régional et la suppression des visas entre certains États membres, cette nouvelle mesure vient faciliter la mobilité des populations et renforcer les échanges économiques.

Toutefois, son application effective devra être suivie de près pour éviter toute tentative de contournement par les opérateurs. Les usagers attendent désormais la mise en œuvre concrète de cette réforme qui pourrait transformer en profondeur les habitudes de communication dans la région….

 

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Interview exclusive : le Professeur Gaston Mandata Nguérékata sort de son silence et appelle à la résistance et à la renaissance centrafricaine

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Interview exclusive : le Professeur Gaston Mandata Nguérékata sort de son silence et appelle à la résistance et à la renaissance centrafricaine

 

Centrafrique.org/la-resistance-face-a-une-nouvelle-colonisation-lappel-du-professeur-gaston-mandata-nguerekata/professeur-gaston-mandata-nguerekata-2/” rel=”attachment wp-att-66096″ data-wpel-link=”internal”>Interview exclusive : le Professeur Gaston Mandata Nguérékata sort de son silence et appelle à la résistance et à la renaissance centrafricaine
Professeur Gaston Mandata Nguerekata

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

Dans cette interview exclusive réalisée le 19 mars 2025 par Corbeaunews-Centrafrique, le Professeur Gaston Mandata Nguérékata, éminent mathématicien et professeur distingué à la Morgan State University de Baltimore aux États-Unis, sort de son silence pour livrer un réquisitoire sans détour sur la crise qui paralyse la République centrafricaine. Ancien candidat à la présidence en 2016 sous la bannière du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (PARC) et ex-allié du président Faustin Archange Touadera, cet intellectuel de renommée internationale, premier Centrafricain à obtenir un doctorat en mathématiques, dénonce avec force l’échec du régime actuel. Appelant à une résistance multiforme et à une mobilisation populaire, il place l’avenir du pays entre les mains de son peuple. Voici le verbatim de cet échange percutant.

 

Corbeaunews-Centrafrique (CNC) Professeur Gaston Mandata Nguérékata, bonjour

 

Professeur Gaston Mandata Nguérékata (GMN) : bonjour monsieur le journaliste

 

CNC : Vous observez un mutisme ces derniers temps sur l’actualité sociopolitique de la République centrafricaine. Qu’est ce qui justifie votre silence ?

 

GNM : monsieur le journaliste, l’heure, me semble-t-il, n’est plus aux communiqués et autres discours. Les dirigeants centrafricains sont autistes, sourds face aux cris de souffrances du peuple. Il est temps d’agir, de leur tenir le seul discours qu’ils comprennent : celui de la résistance, une résistance multiforme. Le but ultime est de mettre fin le plus vite possible à ce régime irresponsable, incompétent et criminel.

 

CNC : la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour à Bangui comme à l’intérieur du pays. L’accès à l’eau potable et à l’électricité deviennent de plus en plus difficile dans la ville de Bangui. A qui vous incombez la responsabilité ?

 

GMN :  Faustin Touadera est le seul responsable de la situation désastreuse du pays. Il a juré, solennellement, en 2016 puis 2020, devant Dieu et devant la nation, de respecter la Constitution du 30 Mars 2016, de veiller à la sécurité et l’indépendance du pays, de renforcer l’unité nationale et assurer la paix et le bien-être des Centrafricains. Ou en est-on en réalité ? Touadera nous a menti sur tous les points.  Il a lamentablement échoué. En 2025, notre pays n’a ni salle de cinéma, ni bibliothèque, ni musée, ni cimetière, ni morgue, ni aéroport et stade aux normes internationales, ni hôpital correctement équipé, ni internet fiable, ni salle de conférences, et vous le dites, pas d’eau, pas d’électricité. Et on veut acheter un 3e mandat ? Come on. Are you kidding me ?

 

CNC : Les partisans du président Faustin Archange Touadera se préparent activement à la réélection de leur candidat pour un troisième mandat. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

 

GMN : Touadera est un imposteur, un Président illégitime, auteur de parjure et de haute trahison, en ce qu’il a unilatéralement et illégalement signé un accord avec des mercenaires, des voyous qui tuent, violent hommes et femmes, et sèment la terreur sur l’ensemble du territoire national. Touadera est un homme qui ne sait pas tenir ses promesses. Il n’est pas une personne à qui on peut faire confiance. Il ne s’est jamais inscrit dans une logique de dialogue avec ceux qui ne pensent pas comme lui. Il n’a de toute façon aucune qualité de chef d’état pour ne pas dire de chef tout court. Que ses partisans, poussés par la misère et la cupidité, défilent dans nos rues en contrepartie de quelques maigres billets de banque, pour réclamer sa candidature à une hypothétique élection présidentielle, tous les signes d’une grave crise nationale sont visibles. A Touadera de les lire avec courage et honnêteté et éviter la catastrophe, pour lui comme pour le pays.

 

CNC : Candidat du Parti pour la Renaissance Centrafricaine, PARC aux élections de 2016 avant de joindre le camp de votre collègue professeur Touadera. Est-ce que vous serez candidat aux prochaines élections ?

 

GMN : Y a-t-il un signe qui vous montre que je me prépare à une quelconque élection, locale ou nationale ? Ce qui importe pour moi ainsi que tous les résistants centrafricains à l’intérieur du pays comme de la diaspora, c’est de mettre fin au régime de Touadera, le plus vite possible. Il n’y a rien de bon à attendre de lui. Que les jeunes sachent qu’avec Touadera, et je le dis avec grande conviction, … avec Touadera, ils n’ont aucun avenir.

Touadera a échoué sur tous les plans. Il se dit Professeur de Mathématiques. Faites un tour à l’université de Bangui et plus particulièrement au département de mathématiques pour vous rendre compte de l’état d’abandon et de déliquescence du système éducatif. Tous les pays francophones d’Afrique qui ont accédé à l’indépendance en même temps que nous ont chacun construit plusieurs universités. Avec l’intrusion de la politique sur le campus, notre unique institution d’enseignement supérieur a perdu tout repère, elle ne peut remplir sa mission de production de savoir et de formation de cadres hautement qualifiés et véritables agents de développement. 

 

CNC : mais vous êtes condamné par contumace par le tribunal de grande instance de Bangui. Comment cela peut être possible ?

 

GMN : RIRES–ça me fait rigoler. Et ceci démontre encore une fois la mesquinerie de ce régime et son chef. C’est des hors-la loi. Je n’ai jamais été convoqué par un quelconque tribunal, centrafricain ou autre. Je n’ai jamais été notifié une quelconque décision de justice, à aucun moment. Je considère donc qu’il s’agit probablement d’un fake news, d’une mauvaise plaisanterie de la part d’un régime aux abois. De toute façon, mon sort personnel n’a pas d’importance. La situation de grande misère, d’insécurité sanitaire et alimentaire, de déni de démocratie, pour ne pas parler de terreur d’état et de dictature tout court est ce dont nous devons nous préoccuper. Ne nous trompons pas de combat. Touadera est notre problème, un cauchemar, lui seul nous a conduits dans cette situation sans lendemain, une situation inédite jamais vécue depuis le 13 Aout 1960. Touadera doit partir. Et nous continuons de faire feu de tout bois pour son départ.

 

CNC : Des voix s’élèvent au sein de l’opposition démocratique pour remettre en cause la crédibilité de l’ANE et du Conseil Constitutionnel. Selon ces derniers, les deux institutions ne peuvent pas organiser une élection crédible et transparente. Qu’en dites-vous ?

 

GMN : Je m’aligne sur la position du BRDC et autres patriotes en ce qui concerne cette question. Ces deux institutions sont partisanes et assujetties au pouvoir. Elles n’ont aucune crédibilité et n’inspirent nullement confiance aux différents acteurs de la vie politique nationale.

 

CNC : Le BRDC, projette une marche pacifique le 4 avril prochain pour protester contre la gouvernance politique de la RCA sous le régime actuel. Quelle est votre réaction ?

 

GMN : J’appelle toutes les forces vives de la nation à suivre le mot d’ordre du BRDC et à sortir massivement ce 4 avril 2025 pour manifester leur rejet de la politique aventurière, mafieuse et irresponsable de Touadera et des thuriféraires du pouvoir. Faisons de cet événement un acte patriotique fort, prélude à la libération du peuple centrafricain, car c’est bien d’une libération qu’il s’agit.

Ensemble, nous allons vaincre la peur et briser la misère et la tyrannie !

 

CNC : nous vous remercions Professeur de nous avoir accordé ce petit moment !

 

GMN : c’est à moi de vous remercier monsieur le journaliste.

 

 

Cette interview exclusive, réalisée par Alain Nzilo, directeur de publication de Corbeaunews-Centrafrique, offre un éclairage brut et sans filtre sur l’état de la République centrafricaine à travers le regard acéré du Professeur Gaston Mandata Nguérékata. Entre constats implacables et appel vibrant à la résistance, ses mots résonnent comme un cri d’alarme autant qu’un espoir de sursaut national. Alors que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle, cette voix, portée par l’autorité d’un intellectuel de stature internationale, pourrait bien galvaniser les consciences et dessiner les contours d’un avenir à reconquérir. Le rendez-vous du 4 avril 2025, avec la marche annoncée par le BRDC, s’annonce déjà comme un moment décisif. À suivre….

 

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Et si Fidèle Gouandjika avait raison ? Ce sont des voyous de la République

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Et si Fidèle Gouandjika avait raison ? Ce sont des voyous de la République

 

Centrafrique.org/revelations-explosives-sur-les-agissements-de-fidele-ngouandjika-un-leader-corrompu-et-predateur/fidele-gouandjika-haut-cadre-de-knk-reconverti-en-mcu-apres-la-chute-de-bozize/” rel=”attachment wp-att-63928″ data-wpel-link=”internal”>Et si Fidèle Gouandjika avait raison ? Ce sont des voyous de la République
Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’arrestation des frères Christian et Eusèbe Dondra dans la nuit du 19 au 20 mars 2025 a plongé le régime de Faustin-Archange Touadera dans une tempête politique où s’entremêlent accusations, insultes et luttes de pouvoir. Accusés par le procureur de tentative d’empoisonnement des personnalités de la République, les deux frères cadets de l’ancien Premier ministre Henri Marie Dondra, croupissent aujourd’hui en détention à l’OCRB. Mais cette affaire, loin de calmer les esprits, a mis le feu aux poudres, révélant au passage la vraie nature de certains acteurs de cette saga : des voyous qui gangrènent la République.

 

Fidèle Gouandjika, ministre conseiller spécial du président Touadéra, a jeté un pavé dans la mare le 24 mars dernier. Dans une sortie fracassante sur les réseaux sociaux, à la fois par écrit et en direct sur Facebook, il a dénoncé un « montage grossier » destiné à salir Henri Marie Dondra et, par ricochet, à fragiliser le chef de l’État. « Une affaire honteuse montée de toute pièce », a-t-il martelé, pointant du doigt ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. Pour lui, les vrais coupables ne sont pas les frères Dondra, mais une clique de manipulateurs prêts à tout pour asseoir leur influence. Et si Fidèle Gouandjika avait raison ? Et si les véritables voyous étaient ceux qui, sous couvert du pouvoir, sèment le chaos dans le pays ?

 

Euloge Doctrouvé Koye et Daniel Nzéwé : les marionnettes de Sani Yalo

 

Au cœur de cette tourmente, deux noms reviennent avec insistance : Euloge Doctrouvé Koye et Daniel Nzéwé. Ces individus, qui se pavanent sur les réseaux sociaux avec des directs interminables, ne sont que les porte-voix d’un système pourri jusqu’à l’os. Euloge Doctrouvé, connu sous le sobriquet d’insulteur public, , s’est fendu d’une vidéo le jeudi 27 mars à minuit où il vomit des insultes sur Fidèle Gouandjika, le traitant de « fou », de « vieil homme sans respectabilité » qui sirote son whisky et fume son cigare en public. Mais derrière ses gesticulations, c’est un pantin, un voyou  qui s’agite. Ses attaques puériles contre Gouandjika, qu’il accuse de défendre les Dondra par pure bêtise, ne tiennent pas une seconde face à la gravité des faits. Quant à Daniel Nzéwé, un autre grand faussaire du régime, est le principal artisan de faux documents pour incriminer les frères Dondra. Les deux voyous de la République, Daniel et Euloge, sont d’ailleurs tous les deux des anciens prisonniers.

 

Ces deux comparses, Doctrouvé et Nzéwé, ne brillent ni par leur intelligence ni par leur intégrité. Ils sont les exécutants zélés d’un homme bien plus dangereux : Sani Yalo. Ce dernier, tapi dans l’ombre du président Touadéra, est le véritable parrain de cette opération. Président du BARC, il se présente comme une victime, prétendant être une cible d’empoisonnement. Mais personne n’est dupe. Sani Yalo est le cerveau qui manipule ces guignols, les poussant à salir Fidèle Gouandjika et à défendre une version honteuse qui s’effrite de jour en jour. Ce trio infernal :  Yalo, Doctrouvé, Nzéwé,  représente ce que la République a de pire : des opportunistes sans scrupules qui prospèrent sur le mensonge et la division.

 

Une attaque en règle contre Fidèle Gouandjika

 

La virulence d’Euloge Doctrouvé contre Fidèle Gouandjika est révélatrice. Dans son live, il ne se contente pas de critiquer ; il insulte, il dénigre, il rabaisse. « Un homme qui a perdu toute valeur, qui n’est respecté par personne », lance-t-il, avant de s’en prendre à son âge, à son cigare, à sa bouteille de whisky. Mais ce déferlement de haine ne cache-t-il pas une peur ? Celle que Fidèle Gouandjika, en dénonçant le montage, ait touché une corde sensible  de Sani Yalo? Car les faits sont têtus : l’arrestation des frères Dondra, menée en pleine nuit avec l’appui de mercenaires de Wagner, sent la précipitation et l’amateurisme. Les accusations d’empoisonnement, brandies sans preuves solides, ne convainquent personne, sauf peut-être les laquais de Yalo.

 

Doctrouvé et Nzéwé, en s’acharnant sur Fidèle Gouandjika, ne font que confirmer leur rôle de guingules chiens. Ils aboient pour protéger leur maître, Sani Yalo, dont l’influence toxique corrompt tout ce qu’elle touche. Mais leurs vociférations ne changeront rien à la réalité : cette affaire est une pire manipulation, et Fidèle Gouandjika a eu le courage de le dire haut et fort.

 

Sani Yalo, le grand bandit

 

Sani Yalo, lui, reste le pivot de ce scandale. Grand fournisseur du Président avec des aphrodisiaques, est le maître d’œuvre d’une machination qui vise à éliminer ses propres ennemis, à commencer par Henri Marie Dondra, après l’ancien Président de l’assemblée nationale Meckassoua. En inventant cette histoire d’empoisonnement, il a tenté de faire d’une pierre deux coups : discréditer Dondra et renforcer sa propre position auprès de Touadéra. Mais son plan se retourne contre lui. La colère populaire grandit, les fissures dans l’entourage présidentiel se creusent, et même un fidèle comme Gouandjika refuse de cautionner cette infamie.

 

Sani Yalo est un bandit, un parrain des parrains mafieux centrafricains qui tire les ficelles pendant que ses sbires, Doctrouvé et Nzéwé, s’agitent en première ligne. Il n’est pas simplement impliqué ; il est le cœur du problème. Sans lui, cette affaire n’aurait jamais vu le jour. Sa soif de pouvoir et son mépris pour la vérité en font une menace pour la République, bien plus grave que les prétendus complots qu’il dénonce.

 

Et maintenant ?

 

Fidèle Gouandjika a posé la bonne question : qui sont les vrais instigateurs ? Sa réponse implicite est claire : ce ne sont pas les frères Dondra, mais bien ceux qui, comme Sani Yalo, Euloge Doctrouvé Koï et Daniel Nzéwé, pourrissent le pays de l’intérieur. Ces voyous de la République ne méritent ni respect ni indulgence. Ils prospèrent dans l’ombre, mais la lumière commence à les rattraper. Si Touadéra veut sauver son régime, il ferait bien d’écouter Gouandjika et de couper les têtes de ce serpent à trois visages. Car une chose est sûre : le peuple centrafricain, lui, n’oubliera pas….

 

Alain Nzilo….

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Maxime Balalou : le ministre ancien prisonnier qui coule le bateau Touadéra en plein mouvement

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Maxime Balalou : le ministre ancien prisonnier qui coule le bateau Touadéra en plein mouvement

 

Centrafrique.org/le-regime-touadera-sombre-dans-la-paranoia-quand-wagner-dicte-la-communication-gouvernementale/maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-86241″ data-wpel-link=”internal”>Maxime Balalou : le ministre qui coule le bateau Touadéra en plein mouvement
L’actuel minisre de la communication, Maxime Balalou, également porte-parole du gouvernement

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

À une semaine des neuf ans de Touadéra au pouvoir, Maxime Balalou, ministre de la Communication, s’enlise dans un fiasco monumental. Son grand reportage censé vanter le président s’écrase faute de bilan, révélant un gouvernement à la dérive.

 

En effet, le 24 mars dernier, Maxime Balalou, ministre de la Communication, a piqué une crise mémorable. Convoquant en urgence certains membres de son cabinet, de la télévision et de la radio nationales. Il était rouge de colère, au bord de la panique. Pourquoi un tel cirque ? Parce que son grand projet, censé marquer les neuf ans de Faustin-Archange Touadéra au pouvoir le 30 mars 2025, s’est effondré. Et ce n’est pas juste une petite bourde : c’est un fiasco qui met à nu l’incompétence de Maxime Balalou et les failles béantes du régime Touadéra.

 

L’idée était pourtant simple, presque trop belle pour être vraie. Maxime Balalou avait promis, lors d’un conseil des ministres, un reportage grandiose pour célébrer l’arrivée de Touadéra au pouvoir en 2016. Un film qui devait vanter ses soi-disant “grandes réalisations”, redorer son image ternie et faire oublier les critiques qui pleuvent de partout. Sauf que voilà : à moins d’une semaine de l’échéance, rien n’est prêt. Les journalistes, réalisateurs et monteurs chargés du projet se sont retrouvés les mains vides. Ils ont cherché, fouillé, tourné en rond, mais rien. Pas une réalisation concrète à mettre en avant. Nada. Que dalle. Alors, le ministre s’affole, convoque tout le monde à gauche et à droite, tente de rafistoler son plan en catastrophe. Mais c’est trop tard, et ça sent le bricolage à plein nez.

 

Ceux qui bossent dans les médias publics ne mâchent pas leurs mots. “On n’a rien trouvé de bon à dire sur Touadéra”, lâche un journaliste de la télévision centrafricaine sous couvert d’anonymat. “Des discours, oui, on en a des tonnes, mais ça gave tout le monde. Des trucs concrets, des projets qui changent la vie des gens ? On peut toujours courir et rien trouver”. Et c’est là que le bât blesse. Neuf ans après son arrivée, Touadéra n’a rien à montrer, ou si peu que ça ne tient pas la route face à une caméra. Les routes défoncées, les hôpitaux en ruine, l’insécurité qui gangrène le pays : voilà le vrai bilan. Mais Maxime Balalou, lui, voulait un conte de fées. Dommage, la réalité ne se plie pas à ses caprices.

 

Et parlons-en, de Maxime Balalou. Ce type, c’est une caricature ambulante. Nommé ministre de la Communication le 4 janvier 2024, il n’a rien d’un pro des médias. À la base, c’est un agent financier, un gars du ministère des Finances, pas un journaliste ni un communicant. Pire, il traîne un passé douteux : comme conseiller économique de Faustin-Archange Touadera quand il fut premier ministre de François Bozizé. Nommé ministre en 2016 après la prise du pouvoir de Touadera, l’homme a ensuite changé de poste pour le ministère de communication. Mais au final, c’est un ancien détenu, un amateur qui se retrouve à jouer dans la cour des grands, et ça se voit.

 

Pour couronner le tout, Balalou s’est entouré d’une équipe à son image : des incompétents, des retraités ramassés dans la rue, des vieux de la vieille qui n’ont pas touché une caméra ou un micro depuis 20 ans. Ces gens-là passent leurs journées à siroter de la bière, pas à bosser sur des projets sérieux. Résultat, quand il faut livrer, ça patine. Les pros du ministère le disent cash : “Il se plante tout seul. Il n’a aucune vision, aucune idée de ce qu’il fait.” Et quand on lui demande des comptes, il s’énerve, pointe du doigt son équipe, mais jamais lui-même. Un chef qui ne sait pas diriger, quoi de plus classique dans ce gouvernement ?

 

Ce fiasco, c’est aussi le miroir d’un régime Touadéra à bout de souffle. Neuf ans au pouvoir, et toujours rien à montrer qui vaille le coup. Les promesses de 2016 :  lutter contre la corruption, ramener la paix, développer le pays,  ont fait pschitt. À la place, on a droit à des scandales à répétition, des ministres qui pillent les caisses et une population qui tire la langue. Maxime Balalou n’est que le symptôme d’un mal plus profond : un président qui s’accroche à son fauteuil, recycle des copains douteux et laisse le pays s’enfoncer. Le reportage avorté ? C’est presque comique, si ce n’était pas aussi tragique.

 

Alors que le 30 mars 2025 arrive déjà, Balalou peut bien courir dans tous les sens, crier sur son cabinet et multiplier les réunions inutiles. Ça ne changera rien. Son projet est mort-né, et avec lui, l’illusion que Touadéra a quoi que ce soit de positif à offrir. Les Centrafricains, eux, ne sont pas dupes. Ils voient bien que derrière les discours et les effets de manche, il n’y a que du vide. Et un ministre comme Balalou, champion du bla-bla et roi de l’improvisation ratée, n’y changera rien….

 

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Opération punitive à Tataly : les FACA ciblent les foyers musulmans et brûlent des dizaines d’habitations

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Opération punitive à Tataly : les FACA ciblent les foyers musulmans et brûlent des dizaines d’habitations

 

Centrafrique.org/embargo-sur-les-armes-en-centrafrique-la-russie-na-pas-dautre-chose-a-offrir-au-pays/deux-soldats-faca-en-casques-blindes-militaires-dans-leur-pickup-en-patrouille-a-bangassou-2/” rel=”attachment wp-att-35596″ data-wpel-link=”internal”>Opération punitive à Tataly : les FACA ciblent les foyers musulmans et brûlent des dizaines d’habitations
Deux soldats FACA dans leur véhicule lors d’une patrouille. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le village de Tataly, à 55 km de Bozoum, vit un cauchemar depuis plusieurs jours. Suite à un combat contre les rebelles du 3R, les FACA ont lancé une opération punitive, détruisant par le feu des dizaines d’habitations appartenant aux musulmans.

 

Tout a commencé après un affrontement violent le 23 mars 2025 entre les rebelles du mouvement 3R et les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA). Un soldat a été tué sur place, et pendant deux jours, ses camarades ont tenté de récupérer son corps. Malgré leurs efforts, ils n’ont pas réussi à le ramener sans aide. Face à cet échec, ils ont appelé les Mercenaires russes basés à Bocaranga, pour les appuyer. Ce n’est qu’avec ce renfort qu’ils ont pu retourner dans le village de Tataly.

 

Mais une fois sur place, les FACA ne se sont pas contentées de récupérer le corps de leur collègue. Au lieu de limiter leur action au champ de bataille, ils ont dirigé leur colère vers les habitants. Des dizaines de maisons appartenant à des musulmans ont été visées et incendiées. Les flammes ont consumé les foyers, détruisant tout ce que les familles possédaient. Pendant ce temps, les autres habitations du village, occupées par d’autres communautés, sont restées intactes. Ce choix précis intrigue et choque les habitants….

 

Pour comprendre les faits, l’arrivée des Russes a clairement joué un rôle dans cette escalade. Les soldats FACA, formés par ces mercenaires, ont adopté des manières d’agir qui laissent peu de place à la retenue. Les incendies ne sont pas un simple accident : ils traduisent une volonté de punir, sans égard pour les civils. Les habitants, déjà marqués par les pillages du premier jour, ont vu leur sort empirer avec ces destructions ciblées. Les mercenaires, habitués à des méthodes brutales, semblent avoir transmis cette approche à l’armée centrafricaine….

 

Ce qui se passe à Tataly montre un problème profond dans les rangs des FACA. On leur a appris à combattre, à frapper fort, mais pas à protéger ceux qu’ils servent. Les droits humains, le respect des habitants, tout ça semble absent de leur formation. Résultat : des familles entières, surtout musulmanes, se retrouvent sans toit, leurs biens réduits en cendres. Les villageois, coincés entre les rebelles et une armée imprévisible, ne savent plus vers qui se tourner….

 

Aujourd’hui, Tataly porte les marques de cette violence. Des dizaines de maisons musulmanes ne sont plus que des ruines fumantes. Les habitants, qui avaient déjà fui dans la brousse après les pillages du 23 mars, n’ont plus rien à quoi revenir. Pourquoi les FACA ont-elles choisi de s’en prendre à cette communauté en particulier ? Dans un conflit qui les oppose aux rebelles, pourquoi faire payer les civils ? Ces questions restent sans réponse, mais elles pèsent lourd dans un pays déjà fragilisé….

 

Pour rappel, le 23 mars, Tataly a été envahi par les FACA et des miliciens armés du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti au pouvoir. Venus sous prétexte de sécuriser la zone, ils ont pillé les maisons et chassé les habitants. Ces derniers, désespérés, ont appelé les rebelles du 3R à l’aide. Quand les rebelles sont arrivés, un combat a éclaté, coûtant la vie à un soldat FACA et laissant deux autres introuvables. Cet épisode a ouvert la porte aux incendies qui ont suivi….

 

Les événements de Tataly laissent un goût amer. Les soldats, censés défendre la population, se retournent contre elle. Les maisons brûlées, les familles déplacées, tout cela montre une armée qui perd son sens du devoir. Les habitants, eux, n’ont plus que leurs larmes pour témoigner d’un drame qui les dépasse….

 

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Zemio : quatre personnes enlevées par les miliciens azandés sur la route de Mboki, leurs corps toujours introuvables

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Zemio : quatre personnes enlevées par les miliciens azandés sur la route de Mboki, leurs corps toujours introuvables

 

Centrafrique.org/zemio-sous-tension-tabassage-sauvage-des-miliciens-azande-par-les-mercenaires-wagner/les-mercenaires-de-wagner-et-leurs-allies-a-zemmio/” rel=”attachment wp-att-76545″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : Les miliciens azandés accusées désormais de participer au massacres au Soudan du Sud
Les Mercenaires russes du groupe Wagner avec leurs alliés Azandé dans le Haut-Mbomou

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le 25 mars dernier, un drame bouleversant frappe à nouveau la localité de Zemio, dans la préfecture de Haut-Mbomou, où quatre personnes ont été enlevées par des miliciens azandés.

 

Parmi les victimes de cette tragédie, figurent une jeune femme  malade, sa mère, un enfant de 5 ans, et un jeune conducteur de taxi-moto, un Peul, tous membres de la communauté musulmane. Cet enlèvement, survenu le 25 mars dernier, plonge les familles et la communauté musulmane de  Mboki dans un profond deuil.

 

En effet, tout a commencé lorsque l’ONG Alima, basée à Mboki et Zemio, a pris en charge le transfert d’une jeune femme malade, originaire de Mboki, vers Zemio pour des soins médicaux. Accompagnée de la maman de la jeune femme et de l’enfant de la jeune femme, la jeune fille a été transportée par un jeune Peul, chauffeur de taxi-moto, mais également commerçant à Mboki. Après avoir déposé la famille à Zemio, le conducteur est rentré à Mboki sans problème. Une fois que la jeune femme a reçu les soins nécessaires à l’hôpital de Zemio, la famille a de nouveau fait appel au même conducteur pour venir les récupérer. Mais leur voyage de retour a été stoppé net par les miliciens azandés.

 

Le 25 mars, alors qu’ils revenaient de Zemio, les quatre personnes sont interceptées au croisement Biro, situé à 15 kilomètres de la ville, sur un axe menant à Mboki, Djema. Là, les miliciens azandés les arrêtent et les enlèvent. Jusqu’à ce jour, leurs corps n’ont pas été retrouvés. Les familles, accompagnées de soldats des Forces armées centrafricaines (Faca), ont quitté Mboki pour tenter de les localiser, mais leurs recherches sont restées vaines.

 

Deux jours plus tard, soit le 27 mars, un nouvel élément est apparu : la moto utilisée pour transporter les quatre personnes a été retrouvée à Djema, une autre localité de la Haut-Mbomou. À bord se trouvaient trois individus,  un conducteur et deux passagers,  qui ont été arrêtés. Leur présence sur cette moto pose des questions : que faisaient-ils avec la moto de ces victimes ? Les suspects devaient être transférés à Zemio  dans les prochains jours pour interrogatoire.

 

douleur est d’autant plus vive que les victimes appartenaient à la communauté musulmane. Le jeune conducteur Peul, bien que décrit comme un commerçant gentil de Zemio, transportait des passagers musulmans, ce qui semble avoir motivé cette attaque ciblée par les miliciens azandés.

 

Les miliciens azandés, qui contrôlent désormais la zone, justifient leurs actes par l’absence de paix. Ils affirment que la sécurité n’est pas garantie tant que des autres ethnies, notamment les musulmans, restent présents sur leur territoire. Pourtant, les rebelles de l’UPC, autrefois actifs dans le secteur et accusés d’exactions, ne sont plus une menace visible. Aujourd’hui, ce sont les miliciens azandés eux-mêmes qui assurent la « sécurité », tout en semant la terreur.

 

Leur discours est clair : ils veulent voir les populations musulmanes quitter le Haut-Mbomou, revendiquant une exclusivité territoriale pour les Azandés. Cette logique d’épuration ethnique, bien que formulée sans détour, reste difficile à comprendre dans un contexte où les anciens conflits armés semblent s’être apaisés.

 

Ce drame laisse derrière lui des familles brisées et une communauté sous le choc. À Zemio comme à Mboki, on pleure les disparus, tandis que la question demeure : jusqu’où iront les miliciens azandés dans cette spirale de violence ? Pour l’heure, aucune réponse ne se dessine, et le silence des autorités locales ne fait qu’alourdir l’atmosphère de désarroi….

 

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Attaque de la MINUSCA près de Zémio : les quatre casques bleus kidnappés restent introuvables

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Attaque de la Minusca près de Zémio : les quatre casques bleus kidnappés restent introuvables

 

Attaque de la MINUSCA près de Zémio : les quatre casques bleus kidnappés restent introuvables
CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’opération lancée vendredi après-midi pour retrouver les auteurs de l’attaque meurtrière contre une patrouille de la MINUSCA près de Zémio, dans le sud-est de la République centrafricaine, s’est soldée par un échec. Les militaires centrafricains, les gendarmes, les policiers, les casques bleus et les mercenaires russes du groupe Wagner, mobilisés pour traquer les assaillants, sont rentrés à Zémio sans avoir localisé ni les quatre casques bleus kidnappés, ni les responsables de l’embuscade.

 

En effet, l’attaque s’est produite vendredi 28 mars, à une vingtaine de kilomètres de Zémio, sur l’axe menant à Rafaï. Une patrouille des casques bleus de la Minusca a été prise pour cible par une cinquantaine d’hommes armés, identifiés selon nos informations comme des miliciens azandés. Sept casques bleus se trouvaient dans le véhicule attaqué. L’un d’eux a été tué sur le coup, quatre ont été enlevés, et les deux autres ont réussi à se sauver. Les assaillants ont désarmé les soldats, pillé le véhicule, puis pris la fuite avec les otages dans la brousse.

 

Le corps du casque bleu tué a été ramené à Zémio ce samedi vers 13 heures, mais les quatre autres restent portés disparus. Malgré les efforts des forces déployées, aucune trace des victimes ni des suspects n’a été retrouvée. Leur sort demeure inconnu, tout comme l’endroit où ils ont été emmenés.

 

Une vengeance liée à l’arrestation de leur général

 

Après recoupement des informations, l’attaque semble motivée par un désir de vengeance. Les assaillants, des miliciens azandés, auraient agi en représailles à l’arrestation de leur chef, un général autoproclamé connu sous le nom de « Limane». Ce dernier a été interpellé jeudi 27 mars par des éléments russes, puis transféré à Bangui, où il est actuellement détenu à la Section de recherche et d’investigation (SRI).

 

Ce lien pose toutefois des questions : pourquoi s’en prendre aux casques bleus de la MINUSCA, qui n’ont aucun rôle dans cette arrestation menée par les mercenaires Russes ? Pour l’heure, aucune réponse claire n’émerge, et les habitants du Haut-Mbomou, déjà habitués aux violences, assistent à une nouvelle montée des tensions sans en comprendre pleinement les raisons.

 

Haut-Mbomou, une région hors de contrôle

 

Le Haut-Mbomou, où s’est déroulé l’attaque, reste une zone largement hors de portée des autorités de Bangui, située à près de 1 000 kilomètres. Frontalière du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo, cette préfecture est un carrefour où opèrent divers groupes armés, dont les milices Azandés et l’UPC. Les violences y sont fréquentes, et la population locale, épuisée, vit dans une insécurité permanente.

 

Cette nouvelle agression contre la MINUSCA met également en évidence les difficultés auxquelles fait face la mission onusienne. Malgré la présence de milliers de soldats déployés à travers le pays, les attaques contre ses patrouilles persistent, alimentant les doutes sur sa capacité à stabiliser ces régions reculées.

 

Une situation compliquée

 

Pour l’instant, les recherches sont au point mort. Les forces impliquées dans la traque sont revenues bredouilles, et aucun indice ne permet de localiser les quatre casques bleus disparus. La rédaction de CNC continue de suivre l’évolution de cette affaire et publiera de nouvelles informations dès qu’elles seront disponibles….

 

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Dispute mortelle à Birao : deux hommes s’affrontent au couteau, un mort

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Dispute mortelle à Birao : deux hommes s’affrontent au couteau, un mort

 

Centrafrique.org/birao-asphyxiee-crise-du-logement-et-explosion-des-prix/le-marche-de-birao/” rel=”attachment wp-att-88052″ data-wpel-link=”internal”>Dispute mortelle à Birao : deux hommes s’affrontent au couteau, un mort
Le marché de Birao. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Ce vendredi 28 mars 2025, une dispute entre deux commerçants au marché de Birao, dans le nord-est de la République centrafricaine, a viré au drame. Armés de couteaux, les protagonistes se sont affrontés, laissant un mort et un blessé grave.

 

En effet, les faits ont débuté vers midi, au cœur du marché central de Birao, un lieu habituellement animé par les échanges commerciaux. T’a Garba, du père Goula et de la mère Haoussa, est un jeune commerçant de Birao, et Mahamat Bouka, un commerçant entièrement Haoussa venu d’un petit village voisin, se sont retrouvés au centre d’un différend. Selon des témoins présents sur place interrogés par la rédaction du CNC, l’altercation aurait éclaté à propos d’une question d’argent ou d’un désaccord lié à leurs affaires. Très vite, les mots ont laissé place aux gestes, et les deux hommes en sont venus brièvement aux mains. Des passants sont intervenus pour les séparer, parvenant à mettre fin à la bagarre dans un premier temps. En ce mois de ramadan, plusieurs voix se sont élevées pour rappeler que ce genre de conflit n’avait pas sa place, et l’incident semblait alors appartenir au passé.

 

Mais la tension, loin de s’apaiser, couvait encore. Vers 18 heures, juste après la rupture du jeûne, Mahamat Bouka a pris la décision de se rendre au domicile de T’a Garba. Les raisons exactes de cette visite demeurent floues,  certains parlent d’une volonté de régler leurs comptes, d’autres d’une nouvelle provocation. Ce qui est certain, c’est que la rencontre a rapidement dégénéré. Dans une violente altercation, les deux hommes ont sorti des couteaux. Mahamat Bouka a porté un coup à T’a Garba, le blessant sérieusement. Mais le jeune commerçant de Birao, malgré sa douleur, a riposté avec son propre couteau, frappant Mahamat Bouka en retour. Quelques instants plus tard, ce dernier s’effondrait, touché mortellement. Des proches ont tenté de le transporter à l’hôpital, mais il a succombé à ses blessures avant d’y parvenir.

 

De son côté, T’a Garba, bien que grièvement atteint, a trouvé la force de prendre sa moto pour rejoindre l’hôpital de Birao. Après avoir reçu des soins, il a été placé en garde à vue à la gendarmerie locale, où il se trouve actuellement. Son état de santé reste incertain, mais il est vivant, contrairement à son adversaire. Les autorités n’ont pas encore livré de déclaration officielle sur l’enquête en cours, et les circonstances précises de cet affrontement fatal restent à éclaircir.

 

Ce drame a profondément marqué la petite communauté de Birao. Ce qui avait débuté comme une querelle banale au marché – un lieu de vie et d’échanges – s’est transformé en une tragédie qui aurait pu être évitée. En pleine période de ramadan, où la paix et la réconciliation sont censées prévaloir, cet événement rappelle combien des tensions mal gérées peuvent mener à des conséquences irréversibles. Les habitants, encore sous le choc, s’interrogent sur la rapidité avec laquelle une dispute anodine a conduit à un tel dénouement. Les proches de Mahamat Bouka pleurent la perte d’un homme emporté par un instant de violence, tandis que la situation de T’a Garba, entre soins et justice, laisse planer d’autres questions.

 

Pour l’instant, le calme est revenu dans les rues de Birao, mais l’ombre de cette journée pèse lourd. La communauté espère que cet épisode tragique servira de leçon, pour que de simples désaccords ne se terminent plus jamais dans le sang….

 

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Ouadda-Maïkaga et Boromata : deux villes au bord du chaos

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Ouadda-Maïkaga et Boromata : deux villes au bord du chaos

 

Ouadda-Maïkaga et Boromata : deux villes au bord du chaos
motos des jeunes de Boromata en provenance du village 5 kilos incendiés par des coupeurs de route à 2 heurs du matin du lundi 24 mars 2025. Copyrightcnc

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

À Ouadda-Maïkaga comme à Boromata, les jours se suivent et se ressemblent : agressions, pillages et désespoir. Les populations, livrées à elles-mêmes, affrontent une situation explosive où la sécurité n’est plus qu’un lointain souvenir.

 

Ouadda-Maïkaga, une encerclée par des hommes armés

 

Située à 204 kilomètres de Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, Ouadda-Maïkaga est aujourd’hui encerclée par des hommes armés qui contrôlent les accès à la ville. Cette emprise paralyse la vie locale et aggrave une crise humanitaire déjà pesante. Les habitants n’osent plus s’aventurer hors des limites urbaines, conscientes que chaque déplacement peut coûter cher. Les Forces armées centrafricaines (FACA), présentes sur place, ne parviennent pas à rétablir l’ordre. Privés de primes d’alimentation et de moyens logistiques, les soldats se rabattent sur des barrages routiers improvisés pour extorquer de quoi survivre, laissant la population sans protection face à la montée de la violence.

 

Les récents incidents témoignent de cette dérive. Le samedi 22 mars 2025, à 12 kilomètres de Ouadda-Maïkaga sur la route de Bria, un artisan minier a été attaqué par des hommes armés. Ces derniers lui ont pris 20 000 francs CFA et quelques grammes d’or et diamants après l’avoir roué de coups. Relâché, il a regagné la ville, meurtri mais vivant. Le lendemain, dimanche 23 mars, à 90 kilomètres sur l’axe Sam Ouandja, un groupe d’ouvriers travaillant sur le chantier minier, communément appelé Vakaga, a subi une descente agressive. Les assaillants ont frappé les travailleurs à coups de chicotte, les ont dépouillés de leurs biens, et l’un d’eux a même été blessé par balle à la jambe. Ce même jour, à 45 kilomètres de Ouadda-Maïkaga sur la route de Ndélé, des jeunes à moto ont vu leurs engins incendiés par des hommes armés qui les ont également battus avant de les laisser repartir.

: Cadre de moto des commerçants de Boromata, situé à 70 kilomètres de Birao, brûlé et endommagé par des coupeurs de route sur l'axe de 5 kilos, un village situé à environ 80 kilomètres. . Le moteur des motos est visible, mais il est également affecté par le feu. Les pièces métalliques sont noircies et rouillées, et certaines parties semblent fondues ou déformées. Le sol autour est sec avec quelques brindil, Mais aussi à Ouadda-Maïkaga, c'est le même cas aussi.
Les Motos des commerçants de Boromata incendiées par des coupeurs de route. CopyrightCNC

 

 

Boromata, une autre ville sinistre

 

À 70 kilomètres de Birao, dans la préfecture de la Vakaga, Boromata n’échappe pas à ce climat de terreur. Dans la nuit du lundi 24 mars, vers 2 heures du matin, des jeunes revenant de 5-Kilos, une localité voisine située à environ 70 kilomètres, ont été interceptés à 30 kilomètres de la ville. Leurs motos ont été brûlées, leurs affaires volées, et ils ont été abandonnés sur place. Ces attaques, qui se répètent sur les axes reliant les deux villes à leurs environs, coupent les habitants de toute possibilité d’approvisionnement ou de fuite.

 

La population de Ouadda-Maïkaga et Boromata vit dans une précarité extrême. Les produits de première nécessité manquent cruellement, et les rares ressources disponibles s’épuisent rapidement. Les FACA, en sous-effectif et démotivées, ne peuvent contrer la menace. Les routes, devenues des zones de prédation, isolent davantage ces villes, où chaque jour apporte son lot de violences et de privations. Dans les semaines à venir, d’autres articles viendront compléter ce tableau sombre, révélant l’ampleur d’une crise qui échappe à tout contrôle….

 

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Maître Nicolas Tiangaye : “Le 4 avril, le peuple dira non au troisième mandat”

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Maître Nicolas Tiangaye : “Le 4 avril, le peuple dira non au troisième mandat”

 

Maître Nicolas Tiangaye : “Le 4 avril, le peuple dira non au troisième mandat”
L’ancien batonnier centrafricain, Nicolas Tiangaye, Président de CRPS

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À l’approche de la marche citoyenne prévue le 4 avril 2025 à Bangui, Maître Nicolas Tiangaye, Président de CRPS, figure respectée du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a pris la parole sur la radio Ndéké-Luka pour galvaniser les esprits. Dans un discours incisif, il a dénoncé la dérive autoritaire du président Faustin-Archange Touadéra, accusé d’avoir plongé la République centrafricaine dans un chaos sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2016. Alors que le pays s’enfonce dans une crise sociale et économique grave, avec des pénuries d’eau potable et d’électricité, l’opposition appelle à une mobilisation massive pour rejeter un éventuel troisième mandat et exiger des conditions de vie dignes.

 

Une marche pour dire non à Touadéra

 

« Que des individus qui ne sont pas constitués en associations ou en partis politiques fassent des marches sur la voie publique, c’est un droit fondamental », a déclaré Maître Nicolas Tiangaye, répondant aux critiques du ministre de la Sécurité publique, qui n’a jamais interdit ces initiatives qu’il qualifie de « folkloriques ». Pour l’opposant, cette position est « inacceptable » et traduit une tentative du pouvoir de nier la légitimité d’un mouvement populaire spontané. Face aux accusations du ministre, qui impute la responsabilité de la marche du 4 avril à l’opposition démocratique, Tiangaye est catégorique : « C’est une marche pacifique. S’il y a des troubles, ça veut dire que le ministre a infiltré le mouvement avec des voyous pour perturber les choses. Il faut que les choses soient claires ».

 

En effet, depuis l’adoption controversée de la nouvelle Constitution le 30 juillet 2023, qui a ouvert la voie à un troisième mandat pour Touadéra en allongeant le mandat présidentiel à sept ans renouvelables indéfiniment, l’opposition n’a cessé de crier au « coup d’État constitutionnel ». Boycottant ce référendum, jugé illégitime, elle refuse aujourd’hui de participer aux Élections prévues sous ce cadre illégal, exigeant une négociation directe avec le président. Mais, jusqu’à ce jour, Touadéra reste muet face à cette demande, laissant planer le doute sur ses intentions.

 

Une population à bout de souffle

 

À Bangui, la capitale, la situation est chaotique. Depuis des semaines, l’électricité se fait rare, plongeant la ville dans l’obscurité. L’eau potable, quant à elle, est devenue un luxe inaccessible pour beaucoup. « Ça fait trois semaines qu’il n’y a pas d’eau potable dans plusieurs quartiers », explique un habitant du quartier Galabadja. Cette crise, qui dure depuis des mois, amplifie la misère d’une population déjà soumise à un chômage endémique et à une insécurité persistante. « Touadéra est le seul président qui a plongé le pays dans un chaos total », accuse Firmin Passy, habitant de Malimaka de Bangui, pointant du doigt l’incapacité du régime à répondre aux besoins élémentaires des Centrafricains.

 

Devant cette détresse, l’opposition voit dans la marche du 4 avril une opportunité de canaliser la colère populaire. « C’est pour demander au peuple centrafricain de prendre son destin en main, de s’opposer à un troisième mandat de Touadéra parce qu’il n’a plus droit à un troisième mandat », insiste Nicolas Tiangaye. Mais les revendications vont au-delà : « C’est pour dire au peuple d’exiger qu’il y ait de l’électricité, de l’eau potable, des hôpitaux, des dispensaires et que les enfants aillent à l’école dans des conditions décentes ».

 

Des manifestations payante du pouvoir

 

Depuis deux mois, des marches pro-Touadéra se multiplient, tant à Bangui qu’en province. Selon des témoignages recueillis sur place, des jeunes désœuvrés sont payés 500 francs CFA pour y participer, une pratique que l’opposition dénonce comme une manipulation. « Ces manifestations sont achetées à coups de billets. C’est une tentative désespérée du pouvoir pour faire croire à un soutien populaire », fustige un cadre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC). Pour Maître Nicolas Tiangaye, cette stratégie ne trompe personne : « Nous sommes des hommes responsables, des démocrates. Nous n’avons jamais utilisé la violence et nous n’utiliserons jamais la violence. Notre combat est pacifique ».

 

Et le régime ?

 

L’analyse de la situation du pays par l’opposition est sans appel. En près de neuf ans au pouvoir, Touadéra a consolidé son emprise grâce à des alliances controversées, notamment avec le groupe Wagner, tout en laissant le pays sombrer. La nouvelle Constitution de 2023, adoptée avec un score fabriqué de 95 % des voix lors d’un scrutin boycotté par l’opposition et marqué par une participation douteuse, est perçue comme une manœuvre pour s’éterniser au pouvoir. « Touadéra a trahi les espoirs nés du Forum de Bangui en 2015, qui avait porté la Constitution de 2016, fruit d’une consultation nationale inédite », déplore un observateur centrafricain.

 

Les pénuries actuelles ne font qu’aggraver un bilan déjà désastreux. L’absence d’infrastructures de base, la dépendance aux forces étrangères pour la sécurité et une économie exsangue placent la Centrafrique parmi les pays les plus pauvres au monde. « Dire non au troisième mandat, c’est aussi dire non à la souffrance et à la misère imposées par ce régime », martèle Nicolas Tiangaye, dont les propos résonnent comme un appel à la résistance.

 

Vers un bras de fer décisif ?

 

Alors que la date du 4 avril approche, la tension monte. L’opposition, unie derrière des figures comme Maître Tiangaye, Crépin Mboli-Goumba, Martin Ziguelé, Anicet Georges Dologuélé et autres, mise sur une forte mobilisation pour envoyer un message clair à Touadéra et à la communauté internationale. Mais le silence du président face à la demande de dialogue laisse craindre une escalade. « Les Centrafricains doivent sortir pour dire non, non seulement à un troisième mandat, mais à un système qui les étouffe », conclut Nicolas Tiangaye. Dans un pays où la démocratie vacille, cette marche pourrait marquer un tournant – ou révéler les limites d’une opposition face à un pouvoir inflexible….

 

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Armement : la Russie à la reconquête de l’Afrique ?

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Armement : la Russie à la reconquête de l’Afrique ?

Centrafrique.org/Centrafrique-la-violation-de-lembargo-sur-les-armes-se-poursuit-la-societe-wagner-achemine-un-avion-de-chasse/un-avion-de-chasse-du-type-francais/” rel=”attachment wp-att-57324″ data-wpel-link=”internal”>Armement : la Russie à la reconquête de l’Afrique ?
un avion de chasse du type français un-avion-de-chasse-du-type-francais

 

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Un arrêt du conflit en Ukraine pourrait entraîner une chute de l’industrie de l’armement russe. Celle-ci, pour stabiliser sa croissance et ses emplois, devrait rechercher de nouveaux marchés mais aussi reconquérir ceux qu’il a perdus sur le continent africain, en proie à des soubresauts chroniques.

 

Le complexe industriel de défense russe (oboronno-promychlennyï kompleks, OPK) est à la croisée des chemins. En effet, la fin du conflit avec l’Ukraine pourrait sonner le glas d’un âge d’or qui depuis plus de trois ans lui avait permis à l’OPK de voir son chiffre d’affaires et ses effectifs exploser. Certes, cette industrie reste sous contrainte et aussi sous perfusion, car dépendante à la fois de technologies étrangères, notamment chinoises et du budget de la Défense débloqué par Moscou. Ce dernier est d’ailleurs passé de 3,9 % en 2023 à 6,7 % du PIB en 2024. Le budget russe de la défense a doublé entre cinq ans, passant de 61,71 milliards de dollars (Md$) en 2020 à 126 Md$ en 2025. Cette augmentation a en grande partie bénéficié à l’OPK qui a vu ses effectifs croître de 520 000 personnes dans le même temps pour soutenir l’effort de guerre. Mais revers de la médaille, en concentrant ses efforts sur conflit ukrainien, les exportations russes ont chuté, en Inde (qui s’est tournée vers l’Occident) en Chine, en Égypte, en Algérie, etc. Le nombre de clients s’est lui aussi effondré : la Russie exportait des armes vers 31 pays en 2019 contre seulement 12 en 2023. Selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix (Sipri), basé à Stockholm, la Chine a surpassé la Russie, en Afrique subsaharienne pour devenir le plus grand fournisseur d’armes entre 2019 et 2023, avec une part de 19 %, contre 17 % pour la Russie.

 

Fiabilité du matériel

 

Dans l’hypothèse où le conflit ukrainien prendrait fin, Moscou n’aurait d’autre choix que de trouver de nouveaux débouchés et de partir à la reconquête de ses anciens clients africains. Même si les liens se sont quelque peu distendus ces dernières années et que 28 des 54 pays africains (environ 50 %) ont voté en faveur d’une résolution condamnant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Moscou peut compter sur ses anciens alliés. N’a-t-il pas signé des traités d’amitié et de coopération avec la Somalie, l’Éthiopie, le Mozambique et l’Angola dans les années 1970-80 ? N’a-t-il pas coopéré avec les États dits « à orientation socialiste » tels que le Bénin, l’Algérie, le Congo, la Guinée, Madagascar, la Tanzanie, le Cap Vert, ou encore la Guinée Bissau, le Mali ou Sao Tomé ? 44 % des importations d’armements du continent africain entre 2017 et 2021 ne provenaient-elles pas de Russie ? Fin novembre 2024, lors du Sommet Russie-Afrique, le président Vladimir Poutine a offert, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, un « soutien total » à l’Afrique, notamment dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Ce qui inclut implicitement la livraison d’armes, à troquer contre les ressources locales (terres rares, or, uranium, diamants…). II faudra cependant convaincre les responsables africains en levant un obstacle de taille : celui de la fiabilité et de la performance du matériel russe. Récemment, le président équatorien Daniel Noboa a traité les équipements russes de « scrap metal » c’est-à-dire de ferraille. Même les membres du groupe paramilitaire Africa Corps (ex-Wagner) se sont plaints de la qualité du matériel russe, le comparant à des « équipements de la Seconde guerre mondiale » et recherchant des solutions alternatives auprès des Brésiliens, des Chinois ou des Turcs….

 

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CENTRAFRIQUE : LA FAILLITE DE LA JUSTICE ASSOCIÉE À UNE GOUVERNANCE TÂTONNANTE EST SYMPTOMATIQUE DE FIN DE RÈGNE.

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CENTRAFRIQUE : LA FAILLITE DE LA JUSTICE ASSOCIÉE À UNE GOUVERNANCE TÂTONNANTE EST SYMPTOMATIQUE DE FIN DE RÈGNE.

 

Centrafrique.org/session-criminelle-du-8-juillet-2024-la-toiture-de-la-salle-daudience-coule-en-plein-proces-la-honte-nationale/screenshot_20240708_102025/” rel=”attachment wp-att-77644″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/Screenshot_20240708_102025-450×284.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : LA FAILLITE DE LA JUSTICE ASSOCIÉE À UNE GOUVERNANCE TÂTONNANTE EST SYMPTOMATIQUE DE FIN DE RÈGNE.” width=”450″ height=”284″ />
Les juges de la cour d’appel de Bambari

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans toutes les démocraties à travers le monde, la justice garante de la liberté d’expression, du respect des droits fondamentaux et de l’égalité des citoyens devant la loi est le baromètre de la confiance politique ainsi que de la démocratisation de la vie sociale.

 

En conséquence de ce qui précède, la justice indépendante du pouvoir politique à vocation à protéger les intérêts des personnes vulnérables, à trancher des litiges et à réprimer les comportements déviants et ce sans considération du genre, de l’ethnie, de région ainsi que de confession religieuse.

Depuis l’avènement de ce régime coopté dans un contexte de tolérance et de réconciliation nationale, la justice s’est éloignée du peuple en s’erigeant en instrument d’oppression, de manipulation et de complot au service du pouvoir.

Le rubicon a été franchi dans l’arrestation des frères Dondra où les droits de la procédure ont été bafoués, les secrets et documents d’instruction publiés sur les réseaux sociaux par des sujets non habilités.

On en déduit par voie de conséquence que les leçons de l’affaire Yandoka n’ont pas été tirées, ce qui justifie le pilotage à vue et la perte definitive de la boussole.

Par ailleurs le rétropédalage du ministre de l’intérieur dans un intervalle de 24 heures relatif relatif à l’autorisation de la marche de l’opposition démocratique a ébranlé voire vascillé le cœur du pouvoir de Bangui car son orgueil coloré d’arrogance a été heurté.

Ainsi l’hyper présidentialisme a du plomb dans les ailes avec des signes annonciateurs de fin de règne.

Des dissidences commencent à se manifester au sommet de l’État entraînant des clashs par personnes interposées, des rivalités de positionnement entre les proches du pouvoir, l’impopularité ignorée du président de la République, des défections en faveur de l’opposition.

Ces différentes tensions associées à la fragilité sécuritaire, la hausse vertigineuse du chômage, l’inflation non maîtrisée, la corruption institutionnalisée risquent de pousser le pouvoir de Bangui à une transition politique négociée, de jeter l’éponge suite à des révoltes populaires récurrentes soit enfin d’être victime d’un coup d’état perpetré par des militaires qualifiés de poltrons.

Conscient des dangers qui guette notre chère nation, le citoyen lambda s’interroge :

– Le pouvoir de Bangui qui voit le coup d’état militaire partout et surtout fragilisé de l’intérieur pourra t-il résister aux tensions à venir ?

– Ces différentes tensions ne contribueront-elles pas à l’isolement politique et diplomatique de notre pays ?

– Quid des sanctions internationales et surtout en provenance des institutions financières de Brettonwood ?

Quel que soit le scénario possible, le sort de ce pouvoir est déjà scellé et l’arche de Noé va bientôt chavirer emportant avec elle toutes les espèces recensées.

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut aussi en cacher un autre.

L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.

En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.

On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique…

Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.

Renoncer au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard.

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.

Mais attention, ne le dites à personne…

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa….

 

Limassa le 29 Mars 2025

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Environnementaliste,

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Jean-Pierre Mara : Les Ombres de la Disparition du Président Barthelemy Boganda

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Jean-Pierre Mara : Les Ombres de la Disparition du Président Barthelemy Boganda

 

Centrafrique.org/barthelemy-boganda-quand-une-commemoration-hypocrite-et-opportuniste-tourne-a-la-propagande-du-regime/b-boganda-en-famille-en-1958-a-bangui-m-b-bossin/” rel=”attachment wp-att-86775″ data-wpel-link=”internal”>Barthelemy Boganda : quand une Commémoration Hypocrite et Opportuniste tourne à la propagande du régime
Le Président fondateur de la République centrafricaine, monsieur Barthelemy Boganda , ici en FAMILLE, EN 1958, À BANGUI. Photo fournie par M.B.BOSSIN.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le 29 mars 1959, Barthélemy Boganda, leader clé de l’indépendance centrafricaine, disparaît dans un crash aérien énigmatique. Sabotage, silences complices et jeux coloniaux entourent cet événement. Qui étaient ses alliés ? Pourquoi ce vol fatal fut-il si peu encadré ? Jean-Pierre Mara retrace cette histoire, explorant les tensions d’une décolonisation marquée par le doute en Centrafrique.

Ci-dessous, l’extrait de son texte sur la mort du Président Barthelemy Boganda.

 

Des questions que je me pose autour de la disparition de Barthélemy Boganda : la collaboration au sein des partis politiques et des plateformes politiques. Quel est le degré de confiance ? Voici un passage de mon prochain livre intitulé Oser les changements en RCA, tome 2 de Oser les changements en Afrique, cas du Centrafrique, paru en 2008.

 

Le passage :

« À partir du 1er janvier 1958, Paul Bordier, qui a remplacé Louis Sanmarco comme administrateur en chef, ne compte pas partager le pouvoir avec ces “nègres” qui, jusqu’alors, n’étaient que des sujets avant de devenir membres d’un gouvernement local sans importance à ses yeux. Après la victoire du “oui” au référendum, Boganda, revenu de Brazzaville, reprend tous les pouvoirs délégués à Abel Goumba.

 

Le premier conseil de gouvernement, présidé par Barthélemy Boganda, comptait sept membres :

– Abel Goumba, ministre des Finances et du Plan ;

– David Dacko, ministre de l’Intérieur, de l’Économie et du Plan ;

– Robert Gbaguidi, ministre de l’Instruction publique et du Travail ;

– Marcel Douzima, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche ;

– Pierre Faustin Maleyombo, ministre des Travaux publics, des Transports et des Mines ;

– Albert Sato, ministre de la Santé publique et des Affaires sociales.

 

Tous les portefeuilles de souveraineté, comme la Défense, les Finances, la Communication, les Affaires étrangères, le Plan, le Budget ou encore l’Éducation nationale, restent entre les mains de Bordier.

 

Nous sommes en mars 1959. Conformément aux articles 63 à 66 de la loi-cadre et au principe de l’autonomie partielle des colonies, le conseil de gouvernement local a la responsabilité d’organiser les élections législatives pour établir une assemblée constituante. Utilisant un Nord-Atlas, un avion conçu pour le transport militaire dans des géographies difficiles, Barthélemy Boganda entreprend d’implanter le drapeau de la nouvelle république en préparation de l’indépendance.

 

Après Bangassou, Boganda arrive à Bambari, des villes qu’il connaît bien pour y avoir été prêtre. Selon les témoignages de Fravo, Adamo et Denkan, adeptes de Bambari, une conversation entre Européens évoquant un sabotage de l’avion prévu pour son déplacement est interceptée par un membre du MESAN. Cette information est transmise à Dacko pour qu’il avertisse Boganda de reporter ou d’annuler son prochain voyage. Personne ne peut confirmer si Dacko a relayé le message. Quoi qu’il en soit, de retour à Bangui et prêt à poursuivre vers Berbérati pour y planter le drapeau, Boganda choisit de s’accompagner d’Albert Fayama, son cousin germain. Le jour du départ, Fayama est absent. Boganda se rend chez lui en personne. Celui-ci prétexte une maladie, mais face à l’insistance de Boganda, il finit par céder.

 

Le 29 mars 1959, l’avion doit ramener Boganda à Bangui. Prosper Kangala, adjoint au maire de Berbérati et instituteur, s’approche de Boganda. Il demande à profiter du vol, arguant des raisons familiales : sa femme est restée à Bangui et sa mère aurait des soucis de santé. Boganda refuse d’abord, puis accepte sous la pression de Kangala.

 

Trois passagers et quatre membres d’équipage embarquent à bord du Nord-Atlas reliant Berbérati à Bangui ce 29 mars 1959 :

– Albert Fayama, député de l’AEF, cousin et seul accompagnateur politique de Boganda dans cette mission ;

– Prosper Kangala ;

– Michel Duplessis, directeur d’une banque à Berbérati ;

– Henri Villemin, pilote ;

– Jean Espenon, mécanicien ;

– Jacques-Henri Stora, chargé de la radio ;

– Gabriel Minyemeck, steward d’origine camerounaise.

 

Des témoins ayant assisté à l’embarquement affirment avoir vu un individu avec un paquet près de l’avion peu avant le décollage. Selon Abel Goumba, revenu de mission le 29 mars vers 11 heures, on lui annonce que Boganda est parti le matin pour Berbérati et que son avion reviendra dans l’après-midi. Les ministres du conseil de gouvernement se rendent alors à l’aéroport pour accueillir le président, aucun d’eux n’ayant participé à la mission. Georges Kazangba, adjoint au maire de Bangui et proche de Boganda, confirmera cette version dans une émission sur la disparition de l’avion.

 

Mais l’attente se prolonge. Vers 17 heures, Bordier informe les membres du conseil qu’un problème est survenu avec l’avion. Ce n’est que vers minuit qu’il précise que l’appareil s’est écrasé. Goumba, Maleyombo et Gbaguidi sont alors conduits par une jeep militaire sur les lieux, qu’ils atteignent le 30 mars 1959.

 

L’avion s’est écrasé entre 12 heures et 14 heures près du village de Boukpayanga, dans l’actuelle préfecture de la Lobaye, un endroit marécageux inaccessible par route à l’époque. Léopold Yamomemano, infirmier militaire dans l’armée coloniale à ce moment-là, raconte que des jeeps militaires, conduites par des officiers coloniaux, ont circulé toute la nuit du 29 mars. Les soldats étaient consignés au camp du Kassaï. Au petit matin, un clairon appelle au rassemblement. Sous les ordres d’officiers blancs, la troupe atteint Boda, puis continue en pirogue vers le site du crash. En chemin, ils croisent le curé de Carnot, qui revenait des lieux. Surpris, ils découvrent Dacko déjà sur place avec un autre peloton. Cela suggère que Bordier, qui coordonnait les communications, avait informé David Dacko bien avant les autres membres du conseil de gouvernement. »

 

Ce passage sur la disparition de Boganda est extrait de mon prochain livre, Oser les changements en RCA, à paraître prochainement. Il pose trois questions :

– Qui étaient les collaborateurs de Barthélemy Boganda ?

– Pourquoi Boganda était-il parti avec son cousin et non un membre du conseil de gouvernement ?

– Qui, parmi les Centrafricains, a participé à la mise en bière, vu que les Blancs de l’époque ne pouvaient pas accomplir cette tâche ?

 

Ces interrogations renvoient à la nécessité d’une recherche approfondie sur les circonstances de la décolonisation de l’Oubangui-Chari.

 

Je suis né en Oubangui-Chari, et je ne l’ai pas choisi. C’est pourquoi ceux qui écartent les binationaux des hautes fonctions en République centrafricaine se trompent.

 

Jean-Pierre Mara

Ancien député, auteur de *Racines croisées : je suis venu, j’ai vu, j’ai vécu*, éditions Baydelaires, 2023

 

 

Centrafrique : MSF au cœur de la bataille contre la tuberculose

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MSF au cœur de la bataille contre la tuberculose

 

Centrafrique : MSF au cœur de la bataille contre la tuberculose
Vue de profile de la salle 15 de médecine interne de service d’isolement des cas de la tuberculose de CHUC. @Evy

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans un pays miné par la précarité, la tuberculose frappe durement. À Bangui, Médecins Sans Frontières (MSF) s’engage corps et âme, prenant en charge des milliers de malades tout en alertant sur une crise sanitaire trop longtemps ignorée.

 

En effet, la tuberculose continue de faire des ravages en République centrafricaine, tuant des milliers de personnes chaque année. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre 20 000 et 40 000 personnes seraient touchées chaque année, avec un taux d’incidence de 540 cas pour 100 000 habitants,  bien au-dessus des moyennes africaine (206) et mondiale (134). Résultat : environ 7 000 décès annuels, un chiffre qui glace le sang dans un pays déjà fragilisé par des années de conflits et de précarité.

À l’hôpital communautaire de Bangui, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge plus de 2 500 patients vivant avec le VIH à un stade avancé en 2024. Parmi eux, 1 461 souffraient également de la tuberculose, une co-infection redoutable qui reste la principale cause de mortalité liée au VIH dans le monde. « La tuberculose est un véritable enjeu de santé publique ici », confie le Dr Fabien Kabongo, coordinateur médical de MSF en RCA. « Elle frappe surtout les plus vulnérables, ceux dont le système immunitaire est déjà affaibli ».

Centrafrique : MSF au cœur de la bataille contre la tuberculose
Le 20-03-2025 ; Combinaison de 4 molécules de traitement de première intention de la tuberculose, offert par MSF aux patients du CHUC. @Evy Biramocko /MSF

 

Par ailleurs, les raisons de cette crise sont multiples et bien identifiées. Le Dr Alain Francis Ourongaï, médecin au service de médecine interne du Centre Hospitalier Universitaire Communautaire (CHUC), dresse un constat sans appel : « L’inobservance des traitements, les ruptures fréquentes de médicaments, l’accès limité aux soins dans les zones reculées et le manque de prévention, comme l’isolement des malades, aggravent la situation ». À cela s’ajoute un déficit criant en accompagnement : nutrition, soutien psychosocial et éducation thérapeutique font souvent défaut, laissant les patients livrés à eux-mêmes. Pire encore, les formes résistantes de la tuberculose gagnent du terrain. « Un traitement interrompu ou mal suivi rend la maladie plus difficile à soigner », explique le Dr Gertrude Komoyo, impliquée dans la prise en charge au CHUC. « Les antibiotiques existent, mais les ruptures de stock liées à une mauvaise quantification des besoins compliquent tout. » Conséquence : des protocoles plus longs, plus coûteux et une transmission qui perdure.

 

Devant cette situation, MSF et les autorités sanitaires tentent de réagir. Depuis 2019, l’ONG soutient le ministère de la Santé dans la prise en charge des co-infections VIH-tuberculose à Bangui. Un nouveau protocole national contre la malnutrition, facteur aggravant de la maladie, a aussi vu le jour. Mais les défis restent colossaux : garantir un approvisionnement constant en médicaments, généraliser les tests de dépistage et améliorer les infrastructures sanitaires. « Il faut un suivi rapproché et un investissement solide », insiste le Dr Komoyo. « Nos résultats montrent que c’est possible : avec une prise en charge adaptée, on peut sauver des vies. » MSF appelle également à des mesures de prévention renforcées, comme l’isolement des cas contagieux et le dépistage des proches des patients, pour briser la chaîne de transmission.

 

Enfin, à              l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, le 24 mars, avec  le thème 2025 :  « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! » – résonne comme un défi pour la Centrafrique. Si des progrès sont possibles, ils exigent une mobilisation collective et durable. En attendant, cette maladie curable continue de faucher des vies, rappelant cruellement les failles d’un système de santé à bout de souffle….

 

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Le gouvernement condamne la jeunesse à la misère : chômage, pauvreté et manipulation politique

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Le gouvernement condamne la jeunesse à la misère : chômage, pauvreté et manipulation politique

 

Centrafrique.org/bangui-a-genoux-la-tragedie-silencieuse-des-enfants-de-la-rue/un-pauvre-de-enfant-de-la-rue-dort-la-au-croisement-marabena-devant-la-station-tradex%f0%9f%98%a5%f0%9f%98%ad%f0%9f%87%a8%f0%9f%87%ab/” rel=”attachment wp-att-86221″ data-wpel-link=”internal”>Le gouvernement condamne la jeunesse à la misère : chômage, pauvreté et manipulation politique
Le pauvre enfant qui dort devant tradex au croisement Marabéna de Bangui. Photo Christian Aimé Ndota

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’éducation abandonnée, le chômage endémique et l’absence d’opportunités maintiennent la jeunesse centrafricaine dans une impasse. Lors de l’émission Patara sur la radio Ndéké-Luka, plusieurs intervenants ont dénoncé l’irresponsabilité du gouvernement, qui non seulement laisse la jeunesse sans avenir, mais l’exploite pour se maintenir au pouvoir.

 

Un système éducatif détruit pour mieux contrôler

 

Pour Elysée Nguimalé, coordonnateur national de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), la situation actuelle découle directement des choix du régime. « L’incivisme qui gangrène notre jeunesse est d’abord une conséquence de la destruction volontaire du système éducatif. Un État qui refuse d’éduquer ses citoyens les condamne à la soumission », a-t-il dénoncé.

 

L’école ne joue plus son rôle. L’éducation civique, qui inculquait les bases de la citoyenneté et du respect des règles, a disparu des programmes scolaires. Pour Espoir Ngamba Dimassé, président de l’Association des enseignants pour l’éthique chrétienne, ce n’est pas un hasard : « Un peuple instruit est difficile à manipuler. En affaiblissant l’éducation, le gouvernement s’assure une jeunesse malléable et incapable de remettre en question son autorité ».

 

Chômage et précarité : des armes du gouvernement

 

Si l’éducation est en crise, l’économie ne fait guère mieux. Il est presque impossible pour un jeune diplômé de trouver un emploi. Yannis Siopathis, directeur exécutif de l’ONG URU, dénonce une précarité entretenue : « La pauvreté et le chômage ne sont pas des accidents. Ce sont des outils de contrôle politique. Un jeune sans travail devient une proie facile pour les manipulations du pouvoir ».

 

Les jeunes sont contraints d’accepter des emplois précaires ou de s’engager dans des activités politiques en échange de promesses jamais tenues. Elysée Nguimalé rappelle que « la présidence elle-même est devenue le symbole de l’incivisme ». Il cite le cas de Fidèle Ngouandjika, conseillers du président qui encouragent la violence et l’intimidation. « Quand un conseiller spécial affirme publiquement qu’ils vont offrir des femmes centrafricaines aux Mercenaires russes pour les remercier, comment s’étonner que les jeunes n’aient plus aucun repère moral ? », s’indigne-t-il.

 

Une jeunesse sacrifiée pour maintenir le régime en place

 

Pour Davy Yannick Andida, membre du mouvement Soutenons Faustin-Archange Touadéra, la responsabilité revient aux parents : « Avant d’être citoyens, nous sommes d’abord des enfants élevés dans des familles. C’est là que tout commence ». Cette vision a été vivement contestée par Elysée Nguimalé, qui refuse que l’État se décharge de ses responsabilités.

 

« Le gouvernement doit offrir un cadre propice au développement de la jeunesse, or il fait exactement l’inverse. Il détourne les fonds destinés aux infrastructures, il ne met en place aucune politique pour soutenir les jeunes entrepreneurs, et il laisse les politiciens transformer les jeunes en mercenaires de leur propre survie politique », a-t-il lancé.

 

Un avenir compromis par l’inaction du gouvernement

 

Les récents événements à Nola et au lycée de Gbaloko montrent à quel point les jeunes sont livrés à eux-mêmes. Entre colère et résignation, ils ne voient plus d’issue. Espoir Ngamba Dimassé prévient : « Si rien n’est fait, nous aurons bientôt une génération sans repères, prête à tout pour survivre ».

 

Le régime n’a aucune solution à cette crise. Yannis Siopathis met en garde : « Un pays qui détruit sa jeunesse se condamne lui-même. Aujourd’hui, nous payons le prix de la politique du gouvernement : une jeunesse désorientée, sans avenir et sans espoir ».

 

Jusqu’à quand ce régime pourra-t-il exploiter la misère avant que la situation ne lui échappe totalement ?

 

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La RCA importe à tout va, et ça la tue à petit feu, affirme l’économiste centrafricain Didace Sabone

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La RCA importe à tout va, et ça la tue à petit feu, affirme l’économiste centrafricain Didace Sabone

 

Birao-asphyxiee-crise-du-logement-et-explosion-des-prix/le-marche-de-birao/” rel=”attachment wp-att-88052″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-marche-de-Birao-450×420.jpg” alt=”Birao asphyxiée : crise du logement et explosion des prix” width=”450″ height=”420″ />
Le marché de Birao. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La Centrafrique a des allures de colosse bancal, un titan qui vacille sur des guibolles fragiles, affirme l’économiste centrafricain Didace Sabone.

 

“On importe presque tout, même les broutilles du quotidien”, déplore Didace Sabone dans l’émission économique de la radio Ndéké-Luka, la voix chargée d’un constat qui pèse comme une enclume. Riz, huile, savon, jusqu’aux clous qui tiennent les baraques : rien ne sort du sol centrafricain, ou si peu. Le pays, riche en terres et en promesses, se traîne comme un  géant aux pieds d’argile, écrasé par son addiction aux marchandises venues d’ailleurs.

 

C’est un gâchis qui saute aux yeux. Jadis, les champs crachaient du coton et du café par tombereaux, assez pour remplir les cales et faire rentrer des devises. Aujourd’hui, ils sont en friche, livrés aux herbes folles, pendant que le gouvernement regarde ailleurs. “La production est au point mort”, assène Didace Sabone, pointant une vérité crue : la RCA ne fabrique plus rien, ou presque. Le PIB, un nabot famélique parmi les plus petits du monde, témoigne de cette débâcle. À peine 345 milliards de francs CFA de budget en 2025, et encore, la moitié s’évapore pour rembourser une dette qui serre le cou comme un garrot.

 

Alors, on importe, à tour de bras, à s’en saigner les veines. Chaque sac de riz qui débarque, chaque litre d’essence hors de prix, c’est un aveu d’échec, une gifle au potentiel d’un pays qui pourrait se nourrir lui-même. Mais non : les ports étrangers prospèrent sur notre dos, pendant que les Centrafricains s’échinent à payer des prix gonflés par une inflation que le pouvoir attise sans vergogne. La hausse des hydrocarbures ? Une bourrade de plus, qui fait plier les ménages et cloue les entreprises au sol, vidant encore un peu plus les poches déjà trouées.

 

Et le gouvernement, dans tout ça ? Il se prélasse, engoncé dans son inertie, préférant tendre la main aux bailleurs que ranimer les moteurs de l’économie. “Relancer l’agriculture, l’élevage, les petites entreprises, c’est la base”, plaide Didace Sabone, presque comme un prédicateur face à une foule sourde. Mais les puissants restent muets, laissant les terres en jachère et les richesses minières filer entre des doigts gras. Le géant pourrait se redresser, planter ses pieds dans son propre sol, mais il titube, abruti par des choix qui le condamnent à mendier.

 

La RCA importe à tout va, et ça la tue à petit feu. Un colosse, oui, mais aux pieds friables, qui s’effrite sous le poids d’un gouvernement incapable de le faire tenir debout….

 

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