Boda : une cabane de réparation de téléphones détruite par un incendie au marché central
Centrafrique.org/incendie-au-marche-central-de-boda-une-cabane-de-reparation-de-telephones-portables-a-pris-feu/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Incendie-au-marche-central-de-Boda-une-Cabane-de-reparation-de-telephones-portables-a-pris-feu-450×203.jpg” alt=”Cabane de réparation de téléphones portables en flammes au marché central de Boda, préfecture de la Lobaye.” width=”450″ height=”203″ />Cabane de réparation de téléphones portables en flammes au marché central de Boda, préfecture de la Lobaye.
Un incendie a ravagé une cabane de réparation de téléphones au marché central de Boda, à 192 kilomètres de Bangui, ce mardi à 13h35. L’incident a été provoqué par l’explosion d’une batterie en charge qui est entrée en contact avec de l’essence, suite à l’imprudence d’un jeune homme sourd-muet prénommé Abdoulaye.
“L’explosion s’est produite très rapidement. La batterie en charge a pris feu avant d’entrer en contact avec de l’essence qui se trouvait à proximité, également dans le marché de Boda “, explique Hamat, président de la jeunesse de Boda, présent sur les lieux au moment des faits.
Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer dans cet incident qui marque le deuxième cas d’incendie touchant une installation de réparation de téléphones dans la ville de Boda . Une précédente cabane située devant la mosquée centrale de Boda avait déjà été réduite en cendres.
La ville de Boda, surnommée “Boda la belle”, est un important centre commercial de la préfecture de Lobaye, à l’ouest de la République centrafricaine. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures de sécurité pour éviter de nouveaux incidents de ce type.
La ville de Bria, située à 595 km de Bangui, dans la préfecture de la Haute-Kotto, vient de se doter d’une gare routière officielle, mettant fin à plus d’une décennie d’attente. Cette infrastructure, implantée au PK4 sur l’axe menant à Ippy, a été inaugurée en présence des autorités administratives locales et du représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
“Cette gare routière répond à une demande pressante de la municipalité et des populations. Elle permettra de restructurer le secteur des transports dans notre ville où les véhicules stationnaient jusqu’ici de façon anarchique, créant des risques permanents d’accidents”, explique Ruffin Dogela, représentant du PNUD à la cérémonie d’inauguration.
Une infrastructure complète
Le complexe de la gare routière comprend plusieurs installations modernes : un bâtiment administratif pour la gestion quotidienne, un hangar spacieux destiné au repos des voyageurs, un système d’alimentation électrique solaire pour une autonomie énergétique, un forage mécanique pour l’approvisionnement en eau, des blocs sanitaires avec toilettes et douches, ainsi qu’une vaste aire de stationnement pour les véhicules.
Maurice Balekouzou, président de la délégation spéciale de Bria, se réjouit de cette réalisation : “La nouvelle gare routière va révolutionner l’organisation du transport dans notre ville. Désormais, tous les véhicules en provenance de Bangui devront obligatoirement s’y arrêter pour accomplir les formalités administratives avant de se rendre en ville pour le déchargement. Ils reviendront ensuite y passer la nuit, ce qui évitera tout stationnement nocturne au centre-ville“.
Un impact économique et sécuritaire significatif
Pour Joachin Binge, inspecteur central au ministère des Transports et de l’Aviation civile, cette infrastructure revêt une importance capitale : “La gare routière est un élément essentiel pour faciliter la circulation des biens et des personnes. C’est un lieu stratégique qui permet non seulement de réduire les accidents, mais aussi d’offrir un espace de repos aux transporteurs. Elle joue un rôle crucial dans le développement du transport routier en République Centrafricaine“.
La nouvelle infrastructure devrait également avoir un impact positif sur les finances de la municipalité. Les taxes de stationnement et autres redevances génèreront des revenus réguliers pour la ville, contribuant ainsi à son développement économique.
Un projet attendu depuis longtemps
“Avant cette réalisation, l’ancienne gare routière de Bria ne répondait plus aux besoins de la ville”, rappelle Maurice Balekouzou. “Sa capacité était devenue insuffisante face à l’augmentation du trafic routier. Cette nouvelle infrastructure marque une étape importante dans le développement de notre ville“.
Cette gare routière s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des infrastructures de transport en République Centrafricaine. Elle devrait contribuer à améliorer la connectivité de Bria avec le reste du pays et à dynamiser les échanges commerciaux dans la région.
Manque criant d’infrastructures de base à Gomoko : pas d’école, pas de centre de santé, pas de forage, les autorités locales appellent à l’aide
Centrafrique.org/Centrafrique-comment-letat-condamne-la-jeunesse-des-villages-du-secteur-pama-a-lanalphabetisme-total/batiment-de-lecole-publique-de-djabarouna-situe-45km-de-Bangui-route-de-boali/” rel=”attachment wp-att-87112″ data-wpel-link=”internal”>Bâtiment de l’école publique de Bouboui, situé 45km de Bangui route de Boali.
Le village Gomoko, situé à 50 kilomètres de Bangui sur l’axe Boali, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, traverse une crise infrastructurelle majeure. Cette localité de plus de 500 habitants ne dispose d’aucune infrastructure sociale de base, compromettant ainsi son développement et le bien-être de sa population.
Un désert éducatif
L’absence d’établissement scolaire constitue l’une des principales préoccupations des habitants. “Les élèves parcourent cinq kilomètres pour atteindre l’école de Bouboui ou celle de Boutuli. Cette distance décourage beaucoup d’enfants”, explique Lucien Cogbia, chef du village Gomoko 2. Cette situation affecte directement le taux de scolarisation et menace l’avenir éducatif des jeunes générations.
Une situation sanitaire inquiétante
Le secteur de la santé n’échappe pas à cette précarité. En l’absence de structure sanitaire publique, seule une ONG a mis en place un centre de soins privé. Cependant, les coûts de consultation et des médicaments restent prohibitifs pour la majorité des habitants. “Nous devons nous rendre à Bougoula ou au PK45 pour les soins. Des femmes accouchent sur place, parfois avec des issues fatales pour elles ou leurs nouveau-nés”, déplore le chef du village. Ces difficultés d’accès aux soins ont des conséquences dramatiques, notamment pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.
La problématique de l’eau potable
L’accès à l’eau potable représente un autre défi. Un unique forage dessert Gomoko 1, tandis que les habitants de Gomoko 2 dépendent exclusivement de l’eau de pluie et des sources non protégées. “Cette eau mal entretenue provoque de nombreuses maladies au sein de la population”, souligne Lucien Cogbia. L’absence d’infrastructures hydrauliques adéquates expose les habitants à diverses maladies hydriques.
Une insécurité persistante
À ces difficultés s’ajoute l’insécurité qui sévit dans la région. Cette situation complique davantage la vie quotidienne des habitants et freine les initiatives de développement local. Les déplacements vers les localités voisines pour accéder aux services de base deviennent risqués.
Un appel aux autorités
Face à ces multiples défis, les autorités locales lancent un appel pressant au gouvernement de Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”, et à ses partenaires. Elles sollicitent un soutien urgent pour le développement de cette localité située dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, dont le ministre actuel est Bruno Yapandé.
Les besoins prioritaires identifiés comprennent la construction d’une école primaire, l’installation d’un centre de santé public avec des tarifs accessibles, et l’aménagement de points d’eau potable. Ces infrastructures permettraient d’améliorer considérablement les conditions de vie des habitants et de favoriser le développement local.
La situation de Gomoko démontre les défis auxquels sont exposées de nombreuses localités rurales centrafricaines. Elle souligne l’urgence d’une politique de développement plus inclusive, prenant en compte les besoins essentiels des populations rurales.
Une révélation fracassante a fait l’effet d’une bombe sur les ondes de Radio Ndéké-Luka. Maxime Balalou, actuel porte-parole du gouvernement qui fustige régulièrement l’opposition pour ses liens avec la Séléka, était lui-même ministre sous le régime de Michel Djotodia. Les documents attestent même qu’il avait personnellement supplié le Premier ministre pour obtenir ce poste. Ce double discours révélé lors d’un débat houleux avec Me Crépin Mboli-Goumba expose la troublante versatilité de certains cadres au sommet de l’État.”
En effet, les auditeurs de la radio Ndéké-Luka ont été fort surpris lors du débat ayant opposé l’opposition démocratique, représentée par Me Crépin Mboli-Goumba, Coordonnateur du BRDC à Maxime Balalou, porte-parole du Gouvernement et donc représentant du pouvoir.
Dans ce débat houleux de près d’une heure, ils ont découvert que le ministre de communication et porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, avait lui aussi un rang des Ministre pendant la transition de Michel Djotodia. Et qu’il a même supplié le Premier Ministre d’alors, maître Nicolas Tiangaye pour avoir ce poste. Pourtant, il est le premier, avec un revirement spectaculaire, à vilipender, mais d’une manière inintelligente, l’opposition démocratique, en disant que certains leaders du BRDC ont travaillé avec la Seleka. Mais la révélation faite par maître Crépin Mboli-Goumba a fait l’effet d’une bombe politique, car c’était un secret bien gardé.
Il est important de noter que ce poste de ministre Conseiller est politique. Dans ce contexte, Maxime Balalou ne peut pas se cacher derrière sa compétence, qui reste d’ailleurs à prouver, pour se justifier. C’est toujours la phrase favorite des profito-situationnistes, “je sers mon pays, pas un homme, grâce à ma compétence”. Les auditeurs en ont depuis lors, leurs sujets de conversation, d’autant plus que le débat a tourné à une leçon des choses comme au primaire. Balalou était réduit à un piètre élève d’une classe préparatoire de l’école de Koudoukou, et ce, face au coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC).
Le ministre et porte parole du gouvernement Maxime Balalou
” d’où je viens, la dignité, le courage et la loyauté sont des valeurs non négociables”, ” vous dites être mon frère, pourtant, alors que j’étais aux prises avec la soldatesque de votre régime, lors la première tentative de mon arrestation, au Commissariat du port Amont, et la coordination de cette tentative se faisait dans votre bureau. Vous ne concevez vos adversaires politiques que deux pieds sous terre ou en prison au minimum”. “Vous êtes pour moi une grande déception” Ainsi parlait Maître Crépin Mboli-Goumba. Maxime Balalou, ébranlé, voulait sortir sa litanie habituelle pour dire que le pays revient de loin, en se prévalent d’être économiste. Là encore, Me Crépin Mboli-Goumba l’a mis devant ses chiffres mensongers. Il a démontré que la croissance était de 4,7 lorsque que le pouvoir a été cédé à Touadera, des caisses remplies. On comprend pourquoi 6 mois après la prise du pouvoir, Sarandji déjà un immeuble un R+1 et Piri un hôtel, sans citer les autres pilleurs.
Les mercenaires russes viennent de créer une nouvelle milice armée à Boromata
Centrafrique.org/le-brassard-de-la-nouvelle-milice-autodefense-de-boromata-communement-appele-mamoune/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Le-brassard-de-la-nouvelle-milice-autodefense-de-Boromata-communement-appele-Mamoune-393×450.jpg” alt=”” width=”393″ height=”450″ />Le brassard de la nouvelle milice autodéfense de Boromata, communément appelé Mamoune
Mercredi dernier, dans la préfecture de la Vakaga, les mercenaires russes du groupe Wagner ont organisé une réunion à Boromata et dans les villages environnants , situés à près de 100 kilomètres de Birao, à 1078 kilomètres au nord-est de Bangui. Venus en hélicoptère depuis leur base de Ndélé et de Bria, les paramilitaires russes ont rassemblé les jeunes de ces localités pour préparer la création d’une milice d’autodéfense armée.
“Les Wagner nous ont réunis pour annoncer la formation d’une milice autodéfense. Ils promettent de revenir avec des armes dans les prochains jours afin de former les recrues au maniement de ces armes “, rapporte un habitant de Mamoune qui a assisté à la rencontre. Selon plusieurs témoignages recueillis, les mercenaires russes ont déjà distribué d’équipement militaire à ces pauvres jeunes, et aussi leur ont détaillé le projet de constituer une force militaires supplétive à Mamoune, mais également à Tiringoulou.
Cette initiative prolonge une stratégie déjà déployée dans d’autres régions du pays. À Obo, dans le Haut-Mbomou, les paramilitaires russes ont formé des milices Azandé en mai 2023, officiellement déjà intégrées aux Forces armées centrafricaines (FACA). Des dispositifs similaires ont été mis en place à Bambari dans la Ouaka en 2022, ainsi qu’à Bria dans la Haute-Kotto entre 2021 et 2023.
“Les Wagner cherchent à établir des groupes supplétifs dans des zones reculées, dont l’accès semble très difficile pour eux, afin de leur permettre de se concentrer sur les activités minières du pays “, analyse un spécialiste centrafricain en sécurité. Cette même stratégie a également été mise en place à Sam-Ouandja par les Wagner, où ils ont même recruté et formés militairement d’anciens rebelles ougandais de la LRA.
Cependant, la préfecture de la Vakaga présente toutefois des particularités qui pourraient compliquer ce projet. “Les rebelles sont originaires de la région, ils sont nés et ont grandi ici. Certains sont nos parents. Armer les jeunes contre eux pourrait avoir des conséquences graves “, s’inquiète un notable de Boromata. Pour rappel, la situation à Boromata inquiète particulièrement les anciens de la région.
Cette nouvelle tentative d’implantation survient alors que les mercenaires russes renforcent leur présence dans les zones minières du nord-est centrafricain. À Bria, situé à 595 kilomètres de Bangui, le groupe Wagner a établi une base importante qui sert de point d’appui pour ses opérations dans la région.
“Les zones minières sont leur véritable objectif”, confie un responsable d’une ONG à Bria qui suit leurs activités.
Les autorités centrafricaines n’ont pas encore réagi officiellement à cette initiative. Le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, interrogé sur la présence des mercenaires russes, maintient que toutes les forces présentes sur le territoire opèrent dans le cadre d’accords bilatéraux entre Bangui et Moscou.
Commerce transfrontalier à Zangba : ‘Aucun contrôle sur les échanges avec la RDC’, Bruno Yapande expose le chaos à la frontière après 9 ans de Touadera
Zemio-contre-les-taxes-illegales-instaurees-par-le-maire-de-la-ville/des-cacs-de-maniocs-importes-de-la-rdc-aux-abords-du-fleuve-oubangui-le-19-juillet-2022/” rel=”attachment wp-att-58148″ data-wpel-link=”internal”>des sacs de maniocs importés de la RDC. CopyrightCNC
Le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapande, a dévoilé la situation chaotique du commerce transfrontalier à Zangba lors de son déplacement du 29 janvier. Ses déclarations pointent l’incapacité du gouvernement Touadéra à organiser et réguler les échanges avec la RDC depuis neuf ans.
“Nous verrons ça à notre niveau parce que le ministre de la Défense a effectué un déplacement tout récemment là-bas dans la RD Congo”, a déclaré vaguement le ministre Bruno Yapande, admettant que la situation du Commerce transfrontalier à Zangba échappe totalement au contrôle des autorités centrafricaines.
L’absence de régulation du Commerce transfrontalier à Zangba pénalise autant les commerçants honnêtes que la population. “Aucun produit de la République Centrafricaine ne soit vendu de manière frauduleuse là-bas. Même s’il y a des échanges à un niveau économique, il faut que cela se passe dans la transparence”, a souligné le ministre Bruno Yapande, reconnaissant l’impossibilité actuelle de distinguer les échanges légitimes des trafics dans le Commerce transfrontalier à Zangba.
Le tableau dressé par Bruno Yapande est celui d’une frontière livrée à elle-même : “J’ai envoyé une mission là-bas pour traiter de la question de la gestion des espaces frontaliers entre notre pays et la République démocratique du Congo“. Une admission de l’échec des promesses de coopération transfrontalière après neuf ans de gouvernance.
“On ne peut pas utiliser ce qui est produit au niveau de la République Centrafricaine, exproprié pour aller vendre à l’extérieur, ce n’est pas normal”, déplore le ministre, sans expliquer pourquoi son gouvernement n’a rien fait en neuf ans pour organiser ces échanges.
Cette situation chaotique n’est pas un héritage mais le résultat de l’inaction du régime actuel. Les commerçants légitimes de Zangba se retrouvent dans l’impossibilité de prouver l’origine légale de leurs marchandises, faute d’un système de contrôle et de documentation mis en place par l’État.
Plus inquiétant encore, le ministre Bruno Yapande reconnaît que cette absence de régulation du Commerce transfrontalier à Zangba ouvre la porte à tous les abus : “Nous allons veiller à cela”, promet-il vaguement, sans proposer de solutions concrètes pour protéger le commerce légal et différencier les trafics des échanges légitimes.
La visite de Bruno Yapande aura au moins eu le mérite d’exposer ce que les commerçants de Zangba subissent quotidiennement : l’État a abandonné son rôle d’organisation et de régulation du Commerce transfrontalier à Zangba , créant une situation où même les activités légales sont suspectées faute de contrôle officiel.
Un Centrafricain sur trois meurt de faim : le cri d’alarme de l’opposition centrafricaine
Centrafrique.org/les-poubelles-pour-nourriture-la-triste-realite-des-enfants-en-Centrafrique/les-banguissois-qui-se-cherchent-pour-survivre-sur-la-dechetterie-de-la-minusca-au-pk17-rouge-de-boali/” rel=”attachment wp-att-62814″ data-wpel-link=”internal”>Les Banguissois qui se cherchent pour survivre sur la dechetterie de la-MINUSC au PK26 de Bangui
Un constat inquiétant a été dressé par les leaders de l’opposition centrafricaine mardi dernier à Bangui. “La faim sévère frappe un Centrafricain sur trois”, révèle maître Nicolas Tiangaye, lors d’une conférence de presse du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC)
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“Nous ne parlons pas simplement d’un seul repas par jour, ce qui concerne déjà 80% des Centrafricains. Nous parlons de faim sévère, celle qui laisse des lésions cérébrales”, précise Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du BRDC, également l’un des leaders de l’opposition centrafricaine. Une situation qui transforme des citoyens “en loques humaines” selon ses termes.
Dans les foyers, la situation devient dramatique. “Parcourez dix familles, vous verrez que le petit-déjeuner a été supprimé. Les gens attendent la fin de journée pour prendre leur unique repas”, témoigne le président du PCUD, l’un des partis de l’opposition centrafricaine , qui invite les journalistes à vérifier ces faits dans leurs quartiers.
L’ancien Premier ministre Enock Lakoué, également de l’opposition centrafricaine, souligne le dilemme quotidien des familles : “Quand vous êtes parent et devez choisir entre acheter des médicaments ou nourrir vos enfants, c’est quoi cette vie ?” Une situation qui explique, selon lui, la multiplication des décès dans les hôpitaux.
L’opposition centrafricaine s’appuie sur le dernier rapport des “Cahiers économiques” de la Banque mondiale. “Le taux de croissance du PIB est estimé à 1,4% en 2024, avec une inflation de 4-5%. En termes réels, nous avons une croissance négative de -2,7%”, détaille Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et économiste.
Les perspectives pour 2025 restent sombres. “Avec une projection de croissance de 2,4% et une inflation prévue à 4,5%, les Centrafricains vont encore s’appauvrir de 1,7%”, analyse Ziguélé. “Depuis 2016, nos compatriotes s’appauvrissent d’année en année.”
Face à cette situation, l’opposition centrafricaine dénonce “l’absence d’empathie” du président Touadéra envers ses compatriotes. “Cette triste réalité lui est méconnue, témoignant du degré de son détachement vis-à-vis de ceux qui souffrent du fait même de sa malgouvernance”, conclut Mboli-Goumba.
Centrafrique : la grande braderie des ressources minières, l’or et le diamant en solde
Centrafrique.org/diamant-en-centrafrique-des-versions-contradictoires-sur-une-pretendue-decouverte-historique/touadera-et-son-gouvernement-reunis-autour-de-diamant-decouvert-par-le-collecteur-de-boubou-blanc-au-bec-dor-a-bangui/” rel=”attachment wp-att-87092″ data-wpel-link=”internal”>Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc au Bec d’or à Bangui
Le gouvernement centrafricain multiplie les attributions de permis d’exploitation de l’or et le diamant. Le conseil des ministres du 30 janvier 2025 a approuvé neuf nouveaux permis, dont cinq pour le ministère de la Défense nationale.
Sociétés-écrans
Trois sociétés privées, Banda Mining, Mingala Mining et Ratel Mining, obtiennent des autorisations d’exploitation de l’or et le diamant. Chacune dispose d’un capital minimal de 10 millions de francs CFA, soit environ 15 000 euros. Un montant dérisoire pour exploiter les richesses minières d’un pays comme l’or et le diamant.
Manque de transparence
Les conventions minières signées restent confidentielles. Les zones d’exploitation de l’or et le diamant attribuées ne sont pas précisées publiquement. Cette opacité tranche avec les engagements du pays envers l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives.
L’armée se diversifie
Plus surprenant encore, le ministère de la Défense nationale reçoit cinq permis d’exploitation de l’or et le diamant. Cette incursion des militaires dans le secteur minier brouille la séparation entre forces de sécurité et activités commerciales.
Risques environnementaux
Ces attributions interviennent sans étude d’impact environnemental publique. Dans les régions minières, l’exploitation de l’or laisse déjà des séquelles importantes sur les écosystèmes. L’arrivée de nouveaux exploitants risque d’aggraver cette situation.
Les syndicats centrafricains dénoncent la précarité des fonctionnaires
Centrafrique.org/les-responsables-syndicaux-centrafricains-lors-de-leur-point-de-presse-a-Bangui/” data-wpel-link=”internal”>Les responsables syndicaux centrafricains lors de leur point de presse à Bangui le 8 février 2025
À Bangui, les 17 organisations syndicales de Centrafrique ont présenté leurs revendications lors d’une conférence de presse le 8 février. Georges Kevin Wickon, Secrétaire-général de SYNA-ETFP, et Reginald Kossegue-Monsi, SG de la confédération générale des travailleurs, ont exposé la situation critique des fonctionnaires dans un contexte économique tendu.
“Les salaires des fonctionnaires centrafricains sont des salaires de catéchiste. Un fonctionnaire ne peut pas gérer son salaire du 1er au 30. Quand tu prends un salaire le 25, jusqu’au 30 c’est fini”, a déclaré Georges Kevin Wickon lors de la conférence de presse des syndicats centrafricains.
Les syndicats dénoncent une sécurité chaotique en provinces
La situation sécuritaire des agents de l’État inquiètent particulièrement les organisations syndicales. Dans plusieurs préfectures, notamment dans la Nana-Mambéré, l’Ouham, l’Ouham-Pendé, Lim-Pendé, Nana-Grébizi, Vakaga et la Haute-Kotto, de nombreux fonctionnaires refusent les affectations en raison des risques.
Des revendications multiples des syndicats
Le collectif syndical demande au gouvernement de Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”, plusieurs mesures concrètes :
– La revalorisation immédiate du taux des pensions de retraite
– L’augmentation substantielle des salaires des fonctionnaires et agents de l’État
– L’amélioration des conditions de travail dans l’administration
– L’instauration d’un véritable dialogue social
– Le renforcement de la sécurité dans les provinces
La question de la représentativité syndicale
Les syndicats contestent également deux arrêtés ministériels récents concernant la représentativité syndicale. “On demande au gouvernement d’annuler purement et simplement les fameux décrets”, a insisté Georges Kevin Wickon. Ces textes désigneraient arbitrairement certaines centrales comme “les plus représentatives”, selon les syndicalistes.
Un contexte économique difficile
Cette mobilisation intervient dans un contexte économique tendu pour la République centrafricaine. Le pays, classé parmi les plus pauvres au monde, peine à garantir des services publics de base à sa population. La situation des fonctionnaires reflète ces difficultés structurelles, malgré les promesses de développement du gouvernement.
Une administration sous tension
Le fonctionnement de l’administration centrafricaine souffre de nombreux dysfonctionnements. Au-delà des questions salariales, les syndicats pointent :
– L’absence de matériel de travail adéquat
– Des locaux vétustes ou inadaptés
– Un manque de formation continue
– Une protection sociale insuffisante
– Des retards fréquents dans le paiement des primes et indemnités
Cette mobilisation syndicale marque la fin d’un pacte social qui n’a pas apporté les améliorations espérées par les fonctionnaires centrafricains. Les 17 organisations syndicales promettent d’intensifier leurs actions si le gouvernement ne répond pas à leurs revendications.
Le Ministre de la Fonction publique, Marcel Djimassé, et sa collègue de l’emploi, n’ont pas encore réagi officiellement à ces revendications. Une réunion entre les partenaires sociaux et le gouvernement pourrait être organisée dans les prochaines semaines pour tenter de désamorcer la crise.
En Centrafrique, des vœux contre la corruption sur fond d’impunité générale
Dr Guy Eugène Demba, Président de la Haute Autorité chargée de la Bonne-Gouvernance
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le président de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance (HABG), Demba, a présenté ce vendredi ses vœux au président Faustin Archange Touadéra à Bangui. Son discours s’est concentré sur la lutte contre la corruption, la protection des ressources nationales et la création d’une brigade anti-corruption.
Sur le terrain, la réalité est tout autre. À Bangui comme dans les villes de provinces, les signes de détournements sont visibles : fonctionnaires impayés, hôpitaux sans médicaments, écoles sans équipements. Le pays, malgré ses richesses naturelles, reste l’un des plus pauvres au monde.
“Nous allons renforcer notre arsenal juridique”, affirme le président de la HABG. Une promesse qui contraste avec la situation actuelle où, selon plusieurs observateurs internationaux, l’impunité est généralisée. Les dossiers de corruption s’accumulent sans suite.
La Constitution d’août 2023 a pourtant confié à la HABG une mission claire : protéger le patrimoine national et assurer la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Dans les faits, l’institution peine à s’imposer.
Des chiffres éloquents de la corruption
La Centrafrique figure parmi les pays les plus touchés par la corruption selon les classements internationaux. Les pertes pour le Trésor public atteignent des milliards de francs CFA, alors que 71% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
“Ces vœux annuels sont devenus une simple formalité”, confie sous couvert d’anonymat un haut fonctionnaire. “Les détournements se poursuivent sans inquiétude.”
La corruption affecte tous les niveaux : des contrôles routiers aux administrations centrales. Entre Bangui et Berbérati (584 km), et Bocaranga – Bang (65 km), les commerçants subissent des prélèvements illégaux à chaque barrage.
Le président Touadéra, alias Baba Kongoboro, a reçu ces vœux comme chaque année. Les promesses de bonne gouvernance s’ajoutent à celles des années précédentes, pendant que la situation du pays continue de se dégrader.
Centrafrique : Un remaniement stratégique au ministère de l’Administration du territoire à quelques mois des élections de 2025….
Centrafrique.org/rca-elections-presidentielles-et-legislatives-des-bureaux-de-vote-installes-dans-la-foret/un-bureau-de-vote-dans-la-foret-vers-paoua-en-Centrafrique-le-27-decembre-2020-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-43164″ data-wpel-link=”internal”>Un bureau de vote installé dans la forêt par les agents électoraux le 27 décembre 2020 dans la commune de Bimbi, vers Paoua, en République centrafricaine. Photo CNC
Le président Faustin-Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”, a procédé à un vaste remaniement au sein du ministère de l’Administration du territoire. Par décret n°25.031 du 5 février 2025, plusieurs nominations ont été effectuées à des postes clés, quelques mois avant les élections de 2025, notamment les communales, législative et présidentielles prévues cette année.
Ce redéploiement administratif intervient dans un contexte particulier. Pour la première fois dans l’histoire de la République centrafricaine, un président briguera un troisième mandat, rendu possible par la modification constitutionnelle prétendument adoptée par référendum avec le soutien des paramilitaires russes du groupe de Wagner.
“Ces nominations ne surprennent personne. C’est une pratique courante avant chaque échéance électorale, comme les élections de 2025 “, analyse un cadre de l’opposition démocratique, également membre du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). “L’objectif est de placer des personnes acquises à la cause du pouvoir aux postes stratégiques de l’administration territoriale“.
Le décret réorganise notamment la Direction générale de l’administration du territoire, la Direction de la décentralisation et celle des affaires politiques – des services importants dans l’organisation des élections de 2025.
Un diplomate africain en poste à Bangui, sous couvert d’anonymat, s’interroge sur l’utilité même de ces élections : “Quand on voit comment le pouvoir avait organisé le référendum constitutionnel avec la décision ferme du Président russe Poutine et de l’appui bien sur des mercenaires du groupe Wagner, on peut légitimement se demander si ces nominations et ces élections ne sont pas qu’une façade démocratique”.
Cette réorganisation administrative intervient alors que l’opposition démocratique dénonce déjà les conditions d’organisation du prochain scrutin. La présence des Mercenaires russes et le contrôle accru de l’administration territoriale ainsi que du conseil constitutionnel et de l’autorité nationale des élections par le pouvoir en place pose des inquiétudes quant à la transparence du processus électoral.
Le régime de Touadéra, qui contrôle d’ailleurs depuis plusieurs années tous les leviers du pouvoir, semble déterminé à conserver son emprise sur le pays, transformant progressivement la République centrafricaine en ce qu’un opposant décrit comme “un royaume personnel sous protection russe”.
Procès Ndélé-2 : les témoins mystérieusement amnésiques à l’audience
FPRC-le-29-avril-2020-lors-des-combats/” rel=”attachment wp-att-39679″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/08/croisement-ville-de-Ndélé-avec-un-pick-up-des-rebelles-du-FPRC-le-29-avril-2020-lors-des-combats-450×248.jpg” alt=”Procès Ndélé-2 : les témoins mystérieusement amnésiques à l’audience” width=”450″ height=”248″ />Lors des affrontements entre les rebelles du PRNC et FPRC à Ndélé en avril 2020. Photo CNC / Moïse Banafio
L’audience de ce mercredi à la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui a démontré un paradoxe spectaculaire. Alors que les massacres de Ndélé auraient fait plus de 60 morts en 2020, les témoins clés peinent étrangement à reconnaître les accusés ou même à confirmer les faits.
Dans le box des accusés, trois hommes : Omar Serge Abdoulaye Hassan, Abdraman Seliman alias Ada et Hamat Abakar Hissen alias Mahmat Ankadreur. Les six autres, dont le général Facher, sont jugés par contumace. Les charges sont lourdes : crimes contre l’humanité, meurtres, atteintes à la dignité humaine, crimes de guerre.
L’audience a démarré sous de bons auspices avec le témoignage de l’imam Abdel Hafiz Sumaïn. Le religieux a décrit sans détour les exactions commises par les éléments armés du FPRC dans les villages d’Aliou, Lemena et Gouzbeïda : “Des maisons incendiées, des corps brûlés, des populations contraintes à l’exode“.
Puis vint le témoin M202. Dissimulé dans un isoloir bleu, ses réponses se sont limitées à une litanie de dénégations. “Je ne reconnais pas… Je ne sais pas… Je n’étais pas là…” Une amnésie sélective qui interpelle le parquet.
Le substitut du procureur, Alain Tolmo, tente d’expliquer ce mutisme : “En temps de guerre, personne ne reste regarder qui commet les crimes“. Une justification qui peine à convaincre les familles des victimes venues de Ndélé, située à 654 kilomètres de Bangui.
À la sortie de l’audience, un avocat des parties civiles confie: “Comment obtenir justice quand les témoins ont plus peur des accusés que confiance en la protection de la cour ?” Une vingtaine d’autres témoins doivent encore comparaître.
Cette affaire, déterminante pour la crédibilité de la CPS, pose une question absolue : la justice centrafricaine peut-elle réellement protéger ceux qui osent témoigner ? En attendant, à Ndélé, les victimes s’interrogent sur leur chance d’obtenir réparation.
Les audiences reprendront dans les prochains jours au siège de la CPS à Bangui. Le procès Ndélé-2, qui concerne spécifiquement les exactions de la faction Rounga du FPRC, doit faire la lumière sur l’un des épisodes les plus sanglants du conflit centrafricain.
Bayanga : Les Ba’akas et Mbororos sensibilisés au processus électoral
Centrafrique.org/report-en-cascade-christian-aime-ndota-envisage-2026-pour-les-prochaines-elections/un-electeur-jette-le-bulletin-dans-lurne-au-centre-de-vote-de-lecole-koudoukou/” rel=”attachment wp-att-45252″ data-wpel-link=”internal”>Un électeur jette le bulletin dans l’urne au centre de vote de l’école Koudoukou
À Bayanga, située à environ 720 km de Bangui, la sensibilisation des communautés autochtones Ba’akas et des éleveurs Mbororos aux élections locales est en cours. MBOTO Prisca, une jeune femme Ba’aka, participe activement à cette campagne d’information auprès de sa communauté.
« Nous allons dans les différents campements car les Ba’akas vivent principalement en dehors des villages. Nous les sensibilisons sur les élections et leurs droits en tant que citoyens centrafricains », explique MBOTO Prisca contactée par la rédaction du CNC.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche inclusive visant à impliquer les communautés autochtones dans le processus démocratique. La campagne met l’accent sur leurs droits civiques, notamment la possibilité de voter et de se porter candidat.
Des efforts particuliers sont déployés pour atteindre les Ba’akas vivant dans des campements éloignés des centres urbains. La sensibilisation aborde également les aspects pratiques comme l’inscription sur les listes électorales et les modalités de participation au scrutin.
Si des défis persistent, notamment en termes de financement et de soutien logistique, la mobilisation des communautés autochtones marque une étape importante dans le renforcement de la participation citoyenne à Bayanga.
Depuis le 16 janvier 2025, date à laquelle l’ancien ministre, le colonel Armel Sayo a été arrêté à Douala au Cameroun, les services de sécurité centrafricains, de leur côté, procèdent à des interpellations en série. Notre enquête démontre comment la police camerounaise tire les ficelles de cette opération, moyennant rétribution de la part du gouvernement centrafricain.
En effet, ce qui se passe en ce moment dans la capitale centrafricaine dépasse l’entendement. Une nouvelle vague d’arrestations sans précédent déferle, depuis près de quatre semaines sur Bangui. À l’origine de cette purge, comme nous l’avions annoncé précédemment, l’interpellation du colonel Armel Sayo le 16 janvier à Douala et l’exploitation de son téléphone portable par la police camerounaise.
Mais dans les heures suivant l’arrestation du colonel Armel Sayo à Douala au Cameroun, la machine répressive s’est mise en marche à Bangui. Sa sœur, ministre conseillère à la primature, et son frère gendarme sont les premières cibles. Convoqués dans le bureau du directeur général de la police Bienvenu Zokoué, ils sont immédiatement arrêtés par l’Office central pour la répression du banditisme, et ce, sur ordre du général Zokoué.
Les forces de l’ordre au domicile du colonel Armel Sayo à Bangui. CopyrightCNC
Aussitôt, les services de sécurité intérieures élargissent rapidement leur filet. Des cadres de la fonction publique, des membres du parti présidentiel MCU, des civils et des retraités tombent les uns après les autres. La Compagnie nationale de sécurité, l’Office central de répression du banditisme et la Section de recherches de la gendarmerie mènent les interpellations de concert.
Notre investigation a percé à jour le mécanisme de cette opération. Tout part du téléphone portable du colonel Sayo, saisi lors de son arrestation à Douala. Les policiers camerounais, sans mandat officiel de leur hiérarchie, semble-t-il, extraient les données de l’appareil : contacts, historique des appels, messages. Ces informations sensibles sont transmises aux autorités centrafricaines.
Mais du côté de Bangui, une autre stratégie est rapidement mise en place. Pour tenter de masquer l’origine réelle de ces informations, les services centrafricains ont élaboré une stratégie de désinformation massive. Ils prétendent avoir intercepté eux-mêmes les communications des suspects avec le colonel Sayo. Cette version officielle vise à démontrer leur prétendue capacité de surveillance totale des communications, alors que les données proviennent en réalité du téléphone saisi à Douala. C ‘est juste une stratégie de peur.
Clarisse Sayo, ministre conseillère à la Primature
Toutefois, la répression dépasse les frontières centrafricaines. Des centrafricains réfugiés en RDC, notamment à Zongo, et au Cameroun sont sous surveillance constante. Les services centrafricains menacent de les arrêter. Les fidèles de l’église dirigée par le colonel Sayo vivent également dans la crainte d’interpellations imminentes.
Cette purge politique, instrumentée par des policiers camerounais attirés par l’argent, révèle les mécanismes d’une collaboration officieuse entre services de sécurité au détriment des libertés individuelles.
Des arrestations annoncées par Fidèle Ngouandjika
La vague d’interpellations qui tremble la capitale centrafricaine actuellement avait été pourtant annoncée publiquement. Fidèle Gouandjika , ministre conseiller et homme fort du régime Touadéra, avait prévenu de cette purge il y a plusieurs semaines sur les ondes de sa radio, installée illégalement dans le quatrième arrondissement de Bangui.
“Nous connaissons tous les complices d’Armel Sayo. Ils sont au palais de la Renaissance, dans le gouvernement, dans les quartiers. Nous les connaissons tous. Le moment venu, nous allons tous les arrêter”, avait déclaré le puissant conseiller présidentiel dans son émission.
Ces propos tenus à l’antenne, plusieurs semaines avant le début des arrestations, démontrent le caractère planifié de l’opération en cours. L’exploitation des données du téléphone d’Armel Sayo par la police camerounaise sert désormais de prétexte pour mettre en œuvre cette purge politique préméditée.
La menace proférée publiquement par Fidèle Gouandjika se concrétise aujourd’hui à travers les multiples arrestations de fonctionnaires, de membres du parti présidentiel et de civils. Cette vague d’interpellations apparaît comme l’exécution méthodique d’un plan annoncé, plutôt qu’une réaction aux événements récents.
MCU : Des mercenaires médiatiques pour faire taire l’opposition
Anti-Balaka-interpelle-le-gouvernement/zama-papa-javon-a-gauche-et-abakar-piko-a-droit-les-deux-visages-du-griotisme-puant-en-Centrafrique/” rel=”attachment wp-att-35878″ data-wpel-link=”internal”>Zama Papa Javon à gauche et Abakar Piko à Droite
“Vous vous êtes exposés à des poursuites judiciaires”. Ces mots, prononcés sur les ondes par un mystérieux Jean-Pierre, marquent l’entrée dans une nouvelle ère d’intimidation en République centrafricaine. Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) ne prend même plus la peine de cacher ses méthodes d’intimidation contre ceux qui, comme Dieudonné Ngoumbango, osent dénoncer les dérives du pouvoir. Un message clair envoyé par le MCU à toute l’opposition : la vérité est désormais un délit.
La République centrafricaine, devenue pays des Wagner, vit, depuis l’instauration de la nouvelle constitution par Baba Kongoboro, une nouvelle page sombre de son histoire. Un certain Jean-Pierre, sorti de nulle part et visiblement payé par le Mouvement Cœurs Unis (MCU), s’est lancé dans une campagne d’intimidation à la radio Centrafrique contre M. Dieudonné Ngoumbango, coordinateur du Parti Centriste. En français comme en sango, ses propos expliquent la nervosité d’un pouvoir qui ne supporte plus la moindre critique.
L’histoire commence quand M. Dieudonné Ngoumbango tente de dévoiler les zones d’ombre du référendum constitutionnel chaotique de 2023. Une prise de parole qui dérange. La réaction ne s’est pas fait attendre : le MCU dépêche son homme de main, un chercher à manger pour terroriser l’opposition sur les ondes de la radio Centrafrique.
“Vous êtes l’ennemi du peuple centrafricain”, lance ce terroriste Jean-Pierre à la radio, la voix chargée de menaces. “Vous vous exposez à des poursuites judiciaires pour diffamation contre le chef de l’État “. Des mots qui résonnent comme un avertissement clair à tous ceux qui oseraient encore lever la voix.
Mais que reproche vraiment le pouvoir à M. Dieudonné Ngoumbango? D’avoir simplement dit la vérité sur cette constitution taillée sur mesure. Personne n’a oublié comment tout a commencé dans le sillage du parti MCU. La présidente de la Cour constitutionnelle d’alors, Mme Danielle Darlan, avait eu le courage en octobre 2022 de déclarer illégale la modification de la constitution de 2016. Sa récompense ? Un limogeage expéditif. À sa place, le président Touadéra a installé son cousin, Jean-Pierre Waboué, un titulaire d’un DEA devenu miraculeusement Professeur d’université. Un changement qui en dit long sur les intentions du pouvoir soutenu par les mercenaires russes du groupe Wagner.
Les faits sont têtus. Cette nouvelle constitution, personne ne sait où elle a été écrite. Aucun Centrafricain ne connaît ses véritables auteurs. Le jour du vote, les bureaux étaient déserts. À peine 1% des électeurs s’est déplacé. Le président Touadéra lui-même a lâché cette phrase qui en dit long : “J’ai besoin seulement d’urnes dans les bureaux, pas d’électeurs”. Et comme par magie, les résultats tombent : 95% de “oui”. Une victoire fabriquée de toutes pièces par le MCU et le groupe Wagner.
Derrière ce simulacre démocratique se cache une réalité plus sombre. Le groupe Wagner et les intérêts russes tirent les ficelles. Ils ont besoin d’un président docile, un Président tintin, un Président poupée, qui leur permettra de piller tranquillement les ressources du pays de Boganda. Touadéra alias Baba Kongoboro remplit parfaitement, voir plus, ce rôle de poupée russe.
La sortie médiatique de Jean-Pierre du MCU dévoile aussi un changement inquiétant dans la stratégie du pouvoir. Fini le temps des subtilités. Place aux menaces directes. “Le temps des dialogues est révolu”, proclame-t-il. “Accepter un dialogue aujourd’hui, c’est procéder à un recul vertigineux”, ajoute-t-il. En clair : taisez-vous ou subissez les conséquences. Autrement dit, c’est grave pour vous!
Cette nouvelle tactique d’intimidation du MCU interroge. Pourquoi le MCU envoie-t-il un inconnu faire le sale travail ? La réponse est simple : créer la peur sans laisser de traces. Un homme de paille qui apparaît, menace, et disparaît.
Dieudonné Ngoumbango, en sa qualité de coordinateur du Parti Centriste, ne fait que son devoir : dire la vérité aux Centrafricains. Il rappelle les faits : une constitution imposée, un référendum truqué, un pays livré aux intérêts russes et rwandais. Pour cela, il devient la cible d’attaques personnelles du régime de Bangui.
Les conséquences de cette dérive sont graves pour l’avenir du pays. Quand la vérité devient un crime, quand la critique vaut des menaces de prison, c’est toute la démocratie qui recule jusqu’à la dictature. Le message est clair : soit vous applaudissez, soit vous vous taisez.
Les Centrafricains ne sont pas dupes. Ils voient bien comment leur pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’autoritarisme du MCU. La constitution de 2023 n’était qu’une étape. Les menaces contre M. Dieudonné Ngoumbango en sont une autre. Jusqu’où ira le pouvoir pour faire taire les voix qui dérangent ?
L’histoire retiendra que face aux intimidations, certains ont eu le courage de parler. M. Dieudonné Ngoumbango fait partie de ces voix qui refusent de se taire devant l’injustice. Son seul tort ? Avoir dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : cette constitution n’est qu’un instrument pour perpétuer un pouvoir qui a perdu tout sens de l’intérêt national.
Le spectacle d’un pouvoir qui envoie ses sbires menacer l’opposition à la radio Centrafrique montre à quel point la situation est grave. La République centrafricaine mérite mieux que ces méthodes d’un autre âge. Elle mérite un débat public libre, où la critique n’est pas un crime, où la vérité n’est pas une menace pour le pouvoir.
En attendant, les paroles de Jean-Pierre resteront comme un témoignage de cette époque troublée. Une époque où dire la vérité sur un référendum truqué peut vous valoir des menaces publiques. Une époque où le pouvoir préfère intimider plutôt que dialoguer. Une époque que les Centrafricains n’oublieront pas.
Les masques tombent. Alors que la crise politique s’aggrave à neuf mois des Élections, le BRDC tend une dernière fois la main au pouvoir. “Ce pays ne peut plus attendre”, martèle Crépin Mboli-Goumba depuis les studios de la radio Ndéké-Luka. Mais face aux appels au dialogue, le gouvernement multiplie les fins de non-recevoir, faisant planer l’ombre d’une nouvelle crise.
Le régime fait semblant
“Nous avons perdu neuf ans”, soupire le leader du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC). La demande de l’opposition pour le dialogue avec le président Touadéra reste lettre morte. Face à lui, le ministre Maxime Balalou évoque des “gesticulations”, tout en reconnaissant à demi-mot les risques d’une crise post-électorale.
Le piège constitutionnel
“Cette constitution de 2023 laisse de côté la majorité des Centrafricains”, dénonce Mboli-Goumba. Une exclusion murement réfléchie par le régime que le pouvoir justifie publiquement au nom d’une prétendue légalité. “On n’a jamais vu ça dans le monde entier”, s’indigne le coordinateur du BRDC.
Les leçons du passé
“J’ai vu les chefs d’État trembler de l’intérieur après avoir été si forts”, rappelle Mboli-Goumba. Un avertissement à peine voilé au pouvoir qui refuse obstinément le dialogue. “L’histoire nous jugera tous”, admet le ministre de la Communication, visiblement mal à l’aise.
L’ultimatum
“Votre régime prendra fin”, prévient le leader de l’opposition. “Il n’y aura pas de confiscation du mandat populaire”. Une mise en garde solennelle qui résonne comme un dernier appel avant la tempête.
“La déferlante populaire arrive”, prophétise Crépin Mboli-Goumba. Entre un pouvoir sourd aux appels au dialogue et une opposition qui promet un “réveil populaire”, la RCA semble dangereusement proche du précipice. L’histoire retiendra qui a tendu la main, et qui l’a refusée.
Dans une mise en scène honteuse et pathétique organisée au sein du conseil économique, social et environnemental, Alfred Taïnga-Poloko s’est livré à un exercice de propagande particulièrement insolent en célébrant “34 années de multipartisme”. Une déclaration qui sonne comme une insulte dans une RCA où le régime de Touadéra a méthodiquement démantelé toute forme d’opposition et de la liberté de la presse depuis 2016.
En effet, pour revenir un peu en arrière avant de bien sauter, tout le monde sait que le bilan de Baba Kongoboro est accablant. Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le régime n’a réalisé aucun investissement significatif dans les secteurs vitaux. Le système éducatif est en ruine, les structures sanitaires sont inexistantes, et l’insécurité alimentaire atteint des niveaux alarmants. L’inflation galopante écrase une population déjà exsangue.
Cependant, il est important de faire savoir à ALFRED TAÏNGA-POLOKO que la réalité politique est tout aussi sombre dans notre pays depuis 2016. Le MCU, parti présidentiel, a transformé l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement monocolore. Les groupes parlementaires d’opposition ont été tous démantelés, laissant place à un parti-État qui rappelle les heures les plus sombres des dictatures africaines.
La “paix” tant vantée par ALFRED TAÏNGA-POLOKO est maintenue par les mercenaires de Wagner, véritables maîtres du pays. Leur présence sert moins à protéger les Centrafricains qu’à garantir la perpétuation du pouvoir de Touadéra. Cette force étrangère est devenue l’instrument d’une répression qui ne dit pas son nom au pays de Boganda.
Le changement constitutionnel instrumenté en 2023 révèle la vraie nature du régime : s’accrocher au pouvoir à vie. Cette modification, imposée sous la protection des Mercenaires russes, enterre définitivement les espoirs de démocratie en RCA.
Le discours sur le multipartisme de monsieur ALFRED TAÏNGA-POLOKO devient une farce macabre quand on sait que toute voix dissidente est étouffée. Certains opposants sont contraints à l’exil, intimidés, ou réduits au silence. Le “multipartisme” vanté par le président du CESE ALFRED TAÏNGA-POLOKO n’est qu’une façade derrière laquelle se cache une autocratie de plus en plus affirmée.
Les institutions comme le CESE, loin d’être des contre-pouvoirs, sont devenues des instruments de légitimation du régime. Pendant que Taïnga-Poloko réclame un nouveau siège administratif pour son institution, les Centrafricains ordinaires luttent pour leur survie quotidienne. L’électricité reste un luxe, l’eau potable une denrée rare, et les routes sont dans un état catastrophique.
Cette “gouvernance” a transformé la RCA en un État failli où seule une petite élite proche du pouvoir prospère. Les promesses de développement sonnent creux face à l’absence totale d’investissements structurants depuis 2016. Le pays s’enfonce dans une spirale de pauvreté pendant que ses dirigeants multiplient les discours d’autosatisfaction.
Les conférences-débats annoncées par le CESE apparaissent comme une parodie de dialogue dans un pays où la parole libre n’existe plus. Comment parler de développement quand le régime lui-même est devenu le principal obstacle au progrès de la nation ?
Le véritable héritage de ces années Touadéra sera celui d’une démocratie assassinée, d’un pays livré aux mercenaires étrangers, et d’une population abandonnée à son sort. Pendant ce temps, les Alfred Taïnga-Poloko du régime continueront leurs exercices de rhétorique vide, célébrant un multipartisme qu’ils ont eux-mêmes contribué à détruire.
Délivrance des passeports à Bangui : la situation est maintenant chaotique suite au changement d’opérateur
Centrafrique.org/arret-momentane-de-la-production-des-passeports-en-republique-centrafricaine/specimen-de-passeport-centrafricain-a-la-une/” rel=”attachment wp-att-48309″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/07/specimen-de-passeport-centrafricain-a-la-Une-450×402.jpg” alt=”Délivrance des passeports à Bangui : la situation est maintenant chaotique suite au changement d’opérateur” width=”450″ height=”402″ />spécimen de l’ancien passeport centrafricain
La délivrance des passeports à Bangui connaît depuis quelques jours de graves dysfonctionnements depuis la reprise du service. Une nouvelle société, apparemment liée aux intérêts russes mais opérant sous une identité centrafricaine, a pris le relais après une interruption d’un mois.
En effet, ce changement d’opérateur provoque une confusion totale au niveau du paiement et du traitement des dossiers. Le ministre de la Sécurité publique, Michel Nicaise Nassin, a restreint les paiements des frais de passeport (50 000 FCFA) à seulement deux établissements : la BGFI et Ecobank.
“J’ai payé les 50 000 FCFA à la banque mais arrivé au service des passeports, on m’a dit que mon nom n’apparaît pas dans leur système. Ils exigent que je paie à nouveau”, témoigne un demandeur qui est d’ailleurs revenu à Bangui juste pour renouveler son passeport centrafricain. Et selon nos informations, plusieurs dizaines d’autres demandeurs sont aussi dans le même cas.
Mais la situation est particulièrement problématique pour les centaines de personnes ayant déposé leur demande avant l’interruption du service. Malgré leurs reçus prouvant le paiement initial, le nouvel opérateur russe leur exige de débourser à nouveau 50 000 FCFA.
Cette désorganisation administrative survient dans un contexte où l’influence russe s’étend dans les institutions centrafricaines, notamment depuis le déploiement des forces Wagner en 2018. Le nouveau système de délivrance des passeports semble refléter cette réorganisation des services publics sous influence russe.
Décès d’un élève sous-officier à Kassaï : lettre ouverte aux députés de la Commission Défense de l’Assemblée nationale
Centrafrique.org/?attachment_id=87539″ rel=”attachment wp-att-87539″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Claude-Rameaux-Bireau-450×398.jpg” alt=” Kenny Yamba, militant politique, interpelle dans une lettre ouverte les députés de la Commission Défense de l’Assemblée nationale sur le décès de l’élève sous-officier Ngbanda Otto Ayoub, découvert sans vie le 5 février 2025 à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui. Cette correspondance, dont Corbeau News a obtenu copie, pose des sérieuses questions sur les pratiques d’extorsion de fonds et l’absence d’accompagnement médical pendant la formation du jeune militaire.” width=”450″ height=”398″ />Le ministre centrafricain de la défense, le douanier Claude Rameaux Bireau
Kenny Yamba, militant politique, interpelle dans une lettre ouverte les députés de la Commission Défense de l’Assemblée nationale sur le décès de l’élève sous-officier Ngbanda Otto Ayoub, découvert sans vie le 5 février 2025 à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui. Cette correspondance, dont Corbeau News a obtenu copie, pose des sérieuses questions sur les pratiques d’extorsion de fonds et l’absence d’accompagnement médical pendant la formation du jeune militaire.
Ci-dessous, l’extrait de la lettre ouverte :
Lettre ouverte aux députés de la Commission de Défense de l’Assemblée nationale centrafricaine.
Objet : Interpellation de Monsieur Biro sur le décès inexpliqué du jeune élève sous- officier Ngbanda Otto Ayoub
Messieurs,
Par la présente, nous souhaitons attirer votre attention sur une affaire d’une gravité exceptionnelle qui met en cause la responsabilité des Forces Armées Centrafricaines dans la gestion de leurs recrues.
Il s’agit là du décès inexpliqué du jeune élève sous-officier Ngbanda Otto Ayoub, dont la famille a été brutalement confrontée, le 5 février 2025, à la découverte de son corps sans vie à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui, sans explication aucune sur les circonstances de ce drame.
Un décès entouré de zones d’ombre, Jusqu’à présent, aucune information officielle n’a été fournie à l’opinion publique et aux proches du défunt quant aux causes de sa mort.
Cette opacité alimente de légitimes suspicions et laisse penser à une volonté de dissimuler la vérité.
Les témoignages recueillis auprès de la famille révèlent des pratiques inquiétantes au sein de l’institution militaire :
Extorsion de fonds : Des cadres encadrants auraient exigé des paiements injustifiés (achat de tenues, équipements sportifs, cotisations hebdomadaires de 10 000 francs CFA, etc.).
Abandon médical : Avant son décès, alors qu’il était admis à l’antenne médicale du camp Kassaï, son père aurait été contraint de payer des frais de médicaments sans recevoir ni ordonnance ni diagnostic précis.
Indifférence institutionnelle : L’armée n’a pas jugé nécessaire de communiquer avec la famille sur l’état de santé d’Ayoub, ni avant son décès, ni après.
Des interrogations légitimes, face à cette situation indigne d’une institution censée former l’élite de notre armée nationale, nous exigeons des réponses claires et précises de la part de Monsieur Biro aux questions suivantes :
Quelle est la date exacte du décès d’Ayoub ?
Quelles sont les causes officielles de sa mort ?
Qui l’a transporté à l’hôpital communautaire et pour quelle raison ?
À quelle heure a-t-il été admis ?
Dans quel service a-t-il été pris en charge ? Par quel médecin ?
Quel diagnostic a été posé ?
Pourquoi sa famille a-t-elle été empêchée de le voir ?
Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas pris la peine d’informer ses proches de son état de santé ?
Quels soins lui ont été prodigués avant son décès ?
Pourquoi son corps a-t-il été abandonné seul sur le sol de la morgue, sans qu’aucun cadre de l’école militaire ne soit présent ?
Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas respecté les rites funéraires musulmans, alors qu’elle prend habituellement ces dispositions pour les recrues chrétiennes ou animistes ?
Un drame révélateur d’un dysfonctionnement plus profond, si ces questions restent sans réponse, il faudra conclure que la famille d’Ayoub a été victime d’une double injustice : d’abord l’extorsion financière subie pendant la formation de leur fils, ensuite le mépris dont ils ont fait l’objet après son décès. Cette affaire laisse à penser que : Il y a eu négligence grave, voire non-assistance à personne en danger. Le corps d’Ayoub a été traité avec un mépris inacceptable, en violation des principes élémentaires du respect des défunts. Une discrimination pourrait être en cause, de son entrée à l’école militaire jusqu’à sa sépulture, en raison de son appartenance religieuse. Messieurs, nous vous appelons à assumer votre rôle de contrôle en exigeant de monsieur BIRO une transparence totale sur cette affaire.
Il est de votre devoir de garantir que de tels actes ne se reproduisent plus et que justice soit rendue à Ngbanda Otto Ayoub.
AYOUB a-t-il été discriminé dès son entrée dans l’armée jusqu’à sa dernière demeure parce qu’il est musulman ? Nous exigeons des réponses.
Le pétrole russe va bientôt arriver en RCA, selon le gouvernement. Et après ? La mafia !
Centrafrique.org/le-regime-touadera-sombre-dans-la-paranoia-quand-wagner-dicte-la-communication-gouvernementale/maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-86241″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou–450×225.jpg” alt=”Le pétrole russe va bientôt arriver en RCA, selon le gouvernement. Et après ? La mafia !” width=”450″ height=”225″ />L’actuel minisre de la communication, Maxime Balalou, également porte-parole du gouvernement
La Russie envoie 39 340 tonnes de pétrole russe en Centrafrique. Un “prétendu cadeau” qui sent l’arnaque à plein nez. Le ministre de la Communication, Maxime Balalou, répète point par point comme un singe les propos de Poutine qui nous vend ça comme une aide humanitaire. La bonne blague avant l’heure.
Ce pétrole russe, actuellement stocké au Cameroun, va être vendu, selon le gouvernement. Mais cherchez dans le budget 2025 de l’État, vous ne trouverez pas un mot sur l’argent de cette vente. Normal, il n’ira pas dans les caisses de l’État centrafricain.
Le plan est simple : les Russes envoient leur pétrole, on le vend ici, et l’argent part dans les poches des réseaux russes et de leurs amis à Bangui. Les Wagner en ont besoin pour faire tourner leurs grosses machines sur les sites miniers. Ça consomme, les pelleteuses et les camions qui pillent l’or et les diamants centrafricains.
Le ministre Maxime Balalou, porte-parole de Wagner, nous parle de ce pétrole russe “réserves pour neuf mois”. Mais il oublie de dire où va partir l’argent de la vente. À Bangui, on connait très bien le jeu de la mafia du réseau russes et Touadera dans le pays.
Ce pétrole russe , c’est d’ailleurs le même système depuis des années. Les “dons” arrivent, l’argent disparaît, et le peuple centrafricain ne voit jamais la couleur des bénéfices. Cette fois, c’est juste Poutine qui vend son pétrole en passant par ses tintin à Bangui.
Le ministre peut bien nous faire sa propagande. Les Centrafricains ne sont pas dupes. Ce pétrole russe, c’est juste une nouvelle combine pour financer les activités des Wagner dans le pays, pendant que les caisses de l’État restent vides.
Renée Pascale Goyemidé : des hôpitaux sans médicaments, des médecins sans matériel : la santé, symbole de l’échec du régime de Touadera….
Centrafrique.org/faciliter-le-transfert-des-malades-des-motos-remises-par-le-projet-seni-a-lhopital-de-bayanga/intervention-chirurgicale-a-lhopital-de-bayanga/” rel=”attachment wp-att-76646″ data-wpel-link=”internal”>Intervention chirurgicale a l’hôpital de Bayanga
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Centrafrique.org/Centrafrique-sit-in-des-avocats-devant-le-siege-de-la-cour-constitutionnelle-maitre-nicolas-tiangaye-a-failli-etre-arrete-par-la-gendarmerie/” data-wpel-link=”internal”>CNC.
Le débat Patara de la radio Ndéké-Luka a levé le voile ce dimanche 12 janvier sur l’effondrement total du système de santé centrafricain, un scandale qui va bien au-delà du cas du député Joseph Bendounga.
“Quelle qualité de soins qu’on donne à nos patients ? Aux centrafricains, quelle qualité de soins ?”, s’est insurgée Renée Pascale Goyemidé, avant d’ajouter : “Nous devons arrêter cet hémorragie. Tous les illustres intellectuels vont partir comme ça”, explique Renée Pascale Gohé-Midé.
La situation est d’autant plus révoltante que les solutions existent : “La République centrafricaine a ses moyens de mettre une infrastructure sanitaire avec des plateaux techniques conformes aux normes internationales pour soigner les centrafricains sur place“, rappelle Renée Pascale Goyemidé.
Karl Blagué, de son côté, dénonce un système qui tue : “Même les ministres qui tombent malades sont évacués. Et le peuple alors ? On les laisse mourir dans des hôpitaux sans médicaments, sans matériel“.
“Il y a l’épidémie qui est là. À la rigueur, moi, je demanderais les États généraux de la santé pour qu’on règle ces problèmes sanitaires en République centrafricaine”, plaide Renée Pascale Goyemidé.
“Il faut évaluer les personnels soignants. Mais quand même, il a un pays. Il y a des hôpitaux de référence ici”, poursuit- elle, pointant la responsabilité des autorités sanitaires.
La tragédie du député Joseph Bendounga n’est que la partie visible de l’iceberg : “Combien de Centrafricains meurent chaque jour faute de soins ? Pendant ce temps, ceux qui ont les moyens se font soigner à l’étranger”, dénonce Karl Blagué.
Cette situation catastrophique intervient alors que le pays dispose de ressources considérables : “Qu’est-ce qu’on fait avec nos minerais ? Qu’est-ce qu’on fait avec nos sous-sols ? Nous devons les exploiter dans ce sens, pour sauver la vie des centrafricains”, martèle Renée Pascale Goyemidé.
Face à ces accusations, le silence du ministère de la Santé est assourdissant, alors que les populations continuent de payer le prix fort d’un système de santé à l’agonie.
Les futurs enseignants centrafricains transportés comme des moutons dans des conditions dangereuses vers Bambari
Centrafrique.org/le-transport-des-futurs-enseignants-centrafricains-vers-bambari/” data-wpel-link=”internal”>Le transport des futurs enseignants centrafricains vers Bambari. Photo Christian Aimé Ndotah
Environ 150 futurs enseignants centrafricains du fondamental 1, promotion 2024, ont été transportés mercredi dans des conditions précaires et dangereuses vers le centre de formation de l’ENI de Bambari, situé à 385 km de Bangui. Les images montrent ces jeunes futurs enseignants centrafricains entassés comme des moutons sur le toit d’un camion de transport de marchandises, sans aucune mesure de sécurité minimale.
Les candidats, récemment admis après un test organisé par la direction des examens et concours, doivent suivre une formation de deux ans à l’École Normale des Instituteurs (ENI) de Bambari. Mais leur transport, très choquant, dévoile, aux yeux du monde, les graves défaillances logistiques du système éducatif centrafricain.
“C’est inacceptable de voir les futurs enseignants centrafricains transportés comme du bétail. Ces conditions de voyage mettent leur vie en danger sur une route de 385 kilomètres”, dénonce le journaliste Christian Aimé Ndotah, ancien directeur général de la radio Centrafrique, qui a partagé les images sur les réseaux sociaux.
Cette situation souligne le manque de moyens permanent dans le secteur de l’éducation en République centrafricaine, alors même que le ministre de l’Éducation Nationale, Aurélien Simplice Zingas, s’est engagé à améliorer les conditions de travail du corps enseignant.
Le trajet Bangui-Bambari, qui traverse plusieurs sous-préfectures comme Sibut (186 km de Bangui) et Grimari (305 km de Bangui), représente un périple risqué dans ces conditions de transport, particulièrement en cette période de l’année.
Ces images des future enseignants centrafricains ont provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes pour assurer des conditions de transport dignes et sécurisées à nos futurs instituteurs.
Centrafrique.org/les-mercenaires-du-groupe-wagner-sattaquent-au-betail-des-eleveurs-apres-leur-defaite-face-aux-rebelles-de-3r/les-rebelles-de-3r-drone-en-main-apres-les-combats-avec-les-wagner-et-faca/” rel=”attachment wp-att-84784″ data-wpel-link=”internal”>Les rebelles de 3R, drone récupéré en main, après les combats avec les Mercenaires russes du groupe Wagner et FACA à Ngaoukala, près du village de Mann, dans la préfecture de Lim-Pendé, en République centrafricaine.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Centrafrique.org/Centrafrique-sit-in-des-avocats-devant-le-siege-de-la-cour-constitutionnelle-maitre-nicolas-tiangaye-a-failli-etre-arrete-par-la-gendarmerie/” data-wpel-link=”internal”>CNC.
Wagner assure un soutien militaire à certains pays d’Afrique dans le cadre d’accords de sécurité entre la Russie et ces derniers. Toutefois, incapable de remplir ses objectifs tactiques et coupable de nombreuses exactions, Wagner est en pleine déroute militaire sur le continent.
Wagner assure une présence militaire d’appui aux armées nationales notamment au Mali, en RCA et plus récemment au Niger. Malgré ce qu’affirment les autorités politiques et militaires, le groupe paramilitaire est incapable de faire reculer l’insécurité et multiplie les échecs militaires.
Entre exactions et dommages collatéraux, les populations civiles sont les premières victimes des agissements des mercenaires. À la date d’août 2023, ils ont tué au moins 1800 civils au nom du « soutien à la paix et à la stabilité » dans la région.
Un soutien militaire inefficace et criminel
Depuis la signature des accords de sécurité de 2018 entre la Russie et la RCA, Wagner opère dans le pays en soutien au gouvernement centrafricain et à son président Faustin-Archange Touadéra, face aux groupes rebelles.
Cependant, en 2020, plusieurs groupes rebelles ont formé une coalition : la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Les mercenaires russes peinent à lutter contre ces rebelles. Par exemple, le 8 novembre 2024, dans les montagnes de Ngaoukala, Wagner lance un assaut pour tenter de reprendre la zone mais il se solde par un échec. 1 soldat centrafricain a été tué et 6 mercenaires ont été blessés. Ce n’est pas la première fois qu’ils échouent dans cette zone, un expert militaire centrafricain déplore que « les mercenaires russes persistent à lancer des assauts sans comprendre la topographie locale », marque de leur incompétence.
De plus, Wagner commet de nombreuses exactions à l’encontre des civils. L’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch affirme que depuis décembre 2022, les mercenaires russes ont « exécuté sommairement et fait disparaître de force plusieurs dizaines de civils ».
Wagner opère au Mali depuis 2022 et les accords de sécurité entre la Russie et le Mali. En mai 2023, un mois après avoir officialisé sa présence, 1600 mercenaires étaient répartis sur 7 bases regroupées majoritairement dans le centre du pays.
Au Mali, Wagner avait pour mission de lutter contre les groupes armés terroristes comme l’État islamique et Al-Qaïda. Les autorités maliennes et russes affirment que l’accord de sécurité fonctionne, mais les résultats sur le terrain prouvent le contraire.
ACLED montre que depuis l’arrivée de Wagner, les activités et exactions des groupes djihadistes ont augmenté. En 2022, après l’arrivée de Wagner, l’État islamique a été impliqué dans la mort de 8 fois plus de civils que sur la période de 2018 à 2021, et Al-Qaïda a été impliqué dans la mort de 3,5 fois plus de civils sur cette même période. L’encrage géographique restreint, l’incompétence des mercenaires et les exactions qu’ils commentent expliquent ce résultat désastreux. Récemment, Wagner a connu sa plus grosse défaite en Afrique : en juillet 2024, lors de la bataille de Tinzawatène dans la région de Kidal, 84 mercenaires ainsi que 47 soldats maliens ont été tués dans un affrontement contre les combattants terroristes du Cadre stratégique pour la défense du peuple de l’Azawad (CSP-DPA).
Chaque mois, la présence militaire de Wagner coûte 10 millions de dollars aux autorités maliennes. De plus, les nombreuses exactions commises par les mercenaires sur les populations civiles sont un levier de recrutement pour les groupes armés terroristes.
En 2024, le Niger est le dernier pays à avoir signé un accord de sécurité avec la Russie. Le pays a déjà réceptionné du matériel militaire russe et des instructeurs militaires de Wagner. Le Niger sera-t-il la prochaine victime de l’incompétence et des exactions des mercenaires russes ?
La liste des mafieux de la République dévoilée par Alfred Taïnga-Poloko pour la première session 2025 du conseil économique, social et environnemental (CESE) ressemble à un véritable catalogue du microcosme politique centrafricain. Une distribution de rôles savamment organisée entre les mafieux, criminels, voleurs et pilleurs de la République choque énormément les centrafricains.
Du ministre au directeur général, en passant par les “experts” autoproclamés, tous les fidèles sont conviés à ce grand banquet institutionnel. Une vingtaine des mafieux de la République, toutes issues du même cercle des voleurs, des criminels et des pilleurs, vont se partager la tribune pour disserter sur l’avenir d’un pays qu’ils ont contribué à mettre à genoux.
L’exercice est connu de tous: chaque “mafieux de la République, qualifiés pompeusement de conférencier” viendra débiter son discours préfabriqué et rédigé par leur laboratoire devant un parterre de “conseillers” acquis à la cause. Les “modérateurs”, soigneusement choisis parmi les proches du pouvoir, veilleront à ce que les débats ne dérapent pas vers des sujets qui fâchent.
Le plus révoltant dans cette mise en scène ? Les thèmes choisis. On parlera “développement des sports” avec celui qui autant endeuillé les familles centrafricaines à travers sa milice « Requins, et qui a ouvertement détourné les 400 millions pour la rénovation du stade 20 000 places. “Culture” avec celle qui a asséché les budgets des artistes. “Infrastructures” avec celui qui a massivement détourné des fonds publics et qui n’a pas réparé un kilomètre de route depuis des années dans le pays.
La palme de l’hypocrisie revient aux tables rondes sur l’économie. Les banquiers qui étranglent les petits entrepreneurs, les opérateurs qui monopolisent les marchés publics, tous seront là pour expliquer comment “développer” une économie qu’ils vampirisent depuis des années.
Cette grande famille du conseil économique, social et environnemental s’apprête même à s’offrir un nouveau siège au PK26. Un caprice à plusieurs milliards de francs CFA dans un pays où les écoles n’ont pas de toits et les hôpitaux pas de médicaments.
Le plus cynique ? Ces mêmes mafieux de la République qui vont parler “eau et assainissement” rentreront le soir dans leurs villas climatisées, pendant que les Banguissois continueront à se battre pour trouver de l’eau potable.
Ce ballet de privilégiés du régime démontre parfaitement le fossé qui se creuse chaque jour davantage entre une clique des mafieux de la République qui s’enrichit et un peuple qui s’appauvrit. Le CESE n’est plus qu’une machine à recycler les cadres du régime, à distribuer des jetons de présence et à entretenir un système clientéliste qui étouffe la RCA.
Pendant que cette caste de privilégiés se congratulera dans les salons du conseil économique, social et environnemental, les Centrafricains ordinaires continueront à se demander comment finir le mois avec le ventre plat. Mais cela, bien sûr, ne fera pas partie des thèmes de discussion.
Le 5 février 2025, Les mercenaires russes du groupe Wagner, comme dans leur habitude, ont commis, une nouvelle fois, un massacre de civils sur le site minier de Bodjomo, dans la préfecture de l’Ouham. Cette tuerie intervient 48 heures après une attaque meurtrière des rebelles contre les FACA dans la même localité de Bodjomo.
La série d’événements a débuté le 3 février au matin, quand des hommes armés ont attaqué une position des Forces armées centrafricaines près du village de Bodjomo . Trois soldats ont été tués sur place dans l’attaque, dont un lieutenant, forçant leurs camarades à prendre la fuite dans la brousse. Aussitôt de la nouvelle, des renforts militaires, en provenance de Kouki sont, à leur tour, tombés dans une embuscade à quelques kilomètres du village, faisant 2 morts du côté des soldats FACA, portant le bilan à cinq soldats FACA tués et trois blessés.
Malgré leur présence dans la zone et leur connaissance de la situation, les mercenaires russes n’ont pas porté assistance aux éléments de forces armées centrafricaines. Ils ont attendu deux jours avant d’intervenir, le 5 février, non pas pour poursuivre les assaillants mais pour investir le site minier de Bodjomo.
Sachant très bien que sur ce site minier les rebelles n’y sont pas, les mercenaires russes se sont dirigés pour se venger sur des civils. Et finalement c’est le cas. Plusieurs civils ont été capturés, d’autres en fuite.
Une signature macabre sur le site minier de Bodjomo
Après la capture de ces pauvres artisans miniers à Bodjomo, les mercenaires russes ne sont pas pitiés sur leur cas. Ils ont été froidement égorgés, et leur tête posée entre leurs jambes, exactement comme ils ont fait ailleurs comme à Bouca.
Les vidéos des corps publiées sur les réseaux sociaux et des témoignages recueillis auprès des proches des victimes révèlent l’extrême brutalité des exécutions.
“Les mercenaires ont capturé des civils travaillant sur le site de Bodjomo. Certaines victimes ont été ligotées avant d’être froidement abattues”, rapporte un témoin ayant participé à la découverte des corps.
Un corps de l’une des victimes du massacre sur le site minier de Bodjomo par les mercenaires russes du groupe Wagner
D’après les témoins, tous les corps présentaient les mêmes mutilations que celles observées lors des braquage des boutiques par les Wagner à Bria, Bambari et Bouca : décapitation des victimes et mise en scène macabre des corps, les têtes placées entre les jambes des défunts.
Cette signature atroce est devenue d’ailleurs la marque des mercenaires russes en République centrafricaine. “Ils traitent ces mutilations comme des trophées”, explique une source humanitaire connaissant bien la région. “Ces actes de terreur visent à affirmer leur contrôle sur les zones minières et à dissuader toute résistance de la population locale”.
Deux corps de deux miliciens Anti-Balaka décapitées par les mercenaires russes à Bouka
Un schéma répété
Cette nouvelle tuerie s’inscrit dans une longue série de crimes commis par les mercenaires russes, dont l’intérêt se concentre sur le contrôle des sites miniers plutôt que sur la sécurisation des populations. Ces exactions suivent toujours le même schéma : après des incidents sécuritaires, les mercenaires investissent les sites miniers et s’en prennent aux civils plutôt que de poursuivre les véritables assaillants.
Le site de Bodjomo, situé à proximité de Kouki et à 400 kilomètres de Bangui, s’ajoute à la liste des zones minières où les mercenaires de Wagner sèment la terreur. Ni le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye -Abazène, ni le ministre de la Défense Claude Rameaux Bireau n’ont répondu à nos sollicitations concernant ces exactions.
Ces crimes s’accumulent dans l’impunité la plus totale, laissant les populations centrafricaines sans recours face à la brutalité des mercenaires russes. Le nombre de victimes de Wagner en République centrafricaine ne cesse de croître, sans qu’aucune enquête sérieuse ne soit menée par les autorités, ni par la communauté internationale.
Le 3 février dernier, une attaque sanglante revendiquée par la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement (CMSPR) du colonel Armel Sayo a été menée dans la localité de Bodjomo ( préfecture de l’Ouham) qui a fait 5 militaires tués et 3 autres blessés. Selon les éléments diffusés par la CMSPR sur les réseaux sociaux, l’attaque a fait d’énormes dégâts matériels et des équipements militaires récupérés par les insurgés. La diffusion de vidéos et d’audios ainsi que des images a permis aux responsables de la CMSPR d’exposer leurs revendications et d’expliquer le contexte de cette opération.
Les déclarations, dans un premier temps du Coordinateur politique de la CMPR, suivie de celle du chef d’État-Major, s’inscrivent, selon leurs propos, dans un contexte de tensions politiques liées à la question du troisième mandat présidentiel.
En effet, Tago Ghali, coordinateur politique de la CMSPR, dans son intervention audio largement partagé sur les réseaux sociaux, explique que l’attaque de Bodjomo est le fruit d’une décision prise après l’arrestation du colonel Armel Ningatoloum Sayo, interpellé au Cameroun le 16 janvier dernier. Ce dernier événement, selon Tago Ghali, aurait déclenché le début d’une série d’actions militaires destinées à contester la politique gouvernementale et à empêcher l’instauration d’un troisième mandat présidentiel.
L’attaque de Bodjomo , une opération en réponse l’arrestation du colonel Sayo
Selon Tago Ghali, la détention du colonel ancien ministre Armel Sayo constitue un signal fort envoyé à la CMSPR. Le porte-parole rappelle : « Je suis Tago Ghali depuis que notre cher colonel Armel Ningatoloum Sayo est arrêté au Cameroun. » À partir de cet événement, les responsables de la coalition auraient décidé d’étendre leur action sur l’ensemble du territoire national, ciblant tant les villes que les villages. L’attaque de Bodjomo aurait été organisée pour déstabiliser les forces de défense et de sécurité centrafricaines, communément désignées sous le sigle FAKA, ainsi que leurs alliés russes du groupe Wagner.
Les matériels militaires abandonnés par les forces armées centrafricaines lors de combat avec les rebelles du colonel Armel Sayo à Bodjomo le 3 février 2025
Bilan de l’attaque et dommages matériels
Les informations diffusées par la CMSPR confirme finalement que l’assaut a provoqué la mort de cinq militaires et laissé trois soldats blessés. Dans le cadre de l’opération, les combattants de la coalition auraient non seulement réussi à détruit la base des FAKA, mais aussi à créer le chaos dans les rangs de leurs dispositif. Les éléments de la CMSPR affirment avoir brûlé plusieurs drapeaux russes, des pagnes du MCU et d’autres gadgets présents sur le site et s’être emparés de matériel de guerre, y compris des armes et des équipements appartenant aux Mercenaires russes du groupe Wagner qui ont pris la fuite au moment de l’attaque. La destruction de ces symboles et matériels vise à marquer une victoire symbolique tout en affaiblissant les moyens de l’ennemi, selon leur déclaration.
La question du troisième mandat et l’avertissement à la population
Au cœur de la déclaration de Tago Ghali se trouve un avertissement adressé aux partisans du troisième mandat de Touadera. Le porte-parole de la CMSPR annonce que, si une prolongation du mandat venait à être imposée, la coalition intensifierait ses actions dans l’ensemble du pays.« Il n’y a pas de troisième mandat, » affirme-t-il, ajoutant que la population verra alors se multiplier les opérations militaires. Cette menace explicite vise à mobiliser les insurgés et à inciter la population à refuser une évolution jugée autoritaire de la situation politique.
Le traitement des prisonniers de guerre
La déclaration précise également la manière dont la CMSPR a géré les prisonniers capturés lors de l’attaque. D’après Tago Ghali, plusieurs soldats des FAKA, détenus lors des affrontements, ont été relâchés après leur capture. Ces militaires, qualifiés de « fils du pays » par la coalition, auraient été libérés rapidement pour pouvoir rejoindre leurs familles. Les responsables de la CMSPR précisent que ces prisonniers ont été acheminés à Bangui, où ils sont actuellement pris en charge dans un hôpital. Ce geste, présenté comme un signe de clémence de la part de la CMSPR, contraste avec la violence de l’assaut et vise à renforcer le soutien populaire en montrant que, malgré les affrontements, certaines règles de conduite sont respectées.
Le soldat de l’armée nationale centrafricaine capturé par les rebelles de CMSPR du colonel Armel Sayo
La déclaration du général Florent Kema, chef d’État-major de la CMSPR
Le chef d’État-major de la CMSPR, le général de division Florent Kema, a également pris la parole pour commenter l’attaque de Bodjomo. Sa déclaration, enregistrée en présence d’un jeune militaire de la promotion 2023 capturé, apporte des précisions sur le déroulement de l’opération. Le général Kema indique que l’attaque a mobilisé un nombre variable de combattants, entre une trentaine et une centaine, qui se sont opposés aux forces gouvernementales. D’après le témoignage du jeune militaire, l’affrontement a été particulièrement intense.
Le général insiste sur le fait que la CMSPR n’a pas l’intention de diffuser de communiqués de presse traditionnels. « Notre objectif est d’attaquer la position des forces de défense et de sécurité centrafricaine avec leurs alliés russes, » déclare-t-il. Cette stratégie, qui privilégie l’action directe sur la communication médiatique classique, souligne la volonté de la coalition de s’imposer comme un acteur déterminé sur le terrain. Le général Kema rappelle également que la CMSPR se positionne dans une « guerre pour le peuple » et se distingue des autres acteurs armés présents dans le pays.
Un langage mêlant revendication et appel à la mobilisation
Au cours de son intervention, le général Kema emploie un langage direct, agrémenté d’expressions et de chants en langues locales. Ce passage, ponctué d’exclamations et de répétitions, constitue un appel à la cohésion entre les combattants et vise à transmettre un message fort aux forces de sécurité ainsi qu’à la population. L’appel lancé aux FAKA est clair : le général invite les soldats à prendre conscience de la situation et à se ranger du côté de ceux qui défendent ce qu’ils considèrent comme les véritables intérêts du peuple centrafricain.
Des références aux mercenaires de Touadera
Dans sa déclaration, le général Florent Kema fait également référence à plusieurs mercenaires étrangers de Touadera pour situer l’action de la CMSPR dans un cadre plus large. Il évoque d’une part les mercenaires liés aux groupes Wagner et à ceux associés combattants soudanais, et d’autre part, des éléments Libyens ou encore des anciens rebelles de Boko Haram, comme Hassan Bouba, actuel ministre de la santé animal. Ces références multiples visent à montrer que la CMSPR se distingue des influences étrangères et entend mener une opération en faveur du « peuple ». En mentionnant ces différents groupes, la coalition entend renforcer son image en affirmant son indépendance et sa légitimité face aux puissances étrangères.
Une stratégie opérationnelle axée sur la déstabilisation
La stratégie adoptée dorénavant par la CMSPR repose sur des attaques ponctuelles visant à déstabiliser les forces de défense et de sécurité intérieure. L’attaque de Bodjomo, choisie comme cible en raison de son importance stratégique, s’inscrit dans cette logique. La récupération de matériel de guerre et la destruction d’éléments symboliques, comme les drapeaux russes, montrent que l’opération a été pensée pour produire un effet de choc. Selon les responsables de la coalition, ces actions permettront d’affaiblir durablement la capacité opérationnelle des forces de défense et de sécurité centrafricaines. Le choix de mener des opérations dans plusieurs localités renforce également l’idée d’une pression constante sur le pouvoir en place.
La diffusion sur les réseaux sociaux comme outil de communication
La CMSPR a choisi d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser ses revendications. La publication de vidéos et d’enregistrements audio permet au groupe d’atteindre directement la population et de contourner les médias traditionnels. Cette méthode de communication contribue à renforcer la visibilité des actions menées par la coalition et à mobiliser ses soutiens. En s’adressant directement aux Centrafricains, Tago Ghali et le général Kema cherchent à créer un sentiment d’urgence et à inciter la population à rejeter toute tentative d’instaurer un troisième mandat présidentiel. Le recours aux réseaux sociaux s’inscrit ainsi dans une stratégie globale de contestation et de mobilisation populaire.
Les enjeux à venir dans un climat de tensions persistantes
Les déclarations des responsables de la CMSPR laissent entrevoir la possibilité de nouvelles opérations militaires sur l’ensemble du territoire centrafricain. La coalition affirme ne pas hésiter à multiplier les attaques si la situation politique évolue dans le sens d’une prolongation du mandat de Baba Kongoboro par le régime. Dans ce contexte, l’attaque de Bodjomo pourrait n’être que la première d’une série d’actions visant à imposer la contestation armée comme moyen de pression. Les autorités centrafricaines, quant à elles, maintiennent leur engagement à assurer la sécurité et à rétablir l’ordre sur l’ensemble du territoire. La situation reste ainsi très instable, et l’évolution du conflit dépendra en grande partie de la capacité des forces de sécurité à contenir la menace.
Une année après ses larmes, Ghislain Djorie trouve un point de chute : la Chine
Centrafrique.org/larmes-de-pouvoir-perdu-le-chagrin-emotionnel-des-deux-ministres-limoges-du-gouvernement-moloua-2/consolation-mutuelle-entre-deux-ministres-limoges-dans-la-septieme-republique-reboas-et-djorie/” rel=”attachment wp-att-72219″ data-wpel-link=”internal”>Consolation mutuelle entre deux ex-ministres limoges dans la septième République, Djorie et Reboas
Un voyage en Chine, des promesses de chambres de commerce et une réforme monétaire. Serge Ghislain Djorie de la coalition Paix 2020 multiplie les annonces spectaculaires. L’ancien ministre de la communication, aujourd’hui réduit à une plateforme de deux personnes, prétend bouleverser le commerce sino-centrafricain.
Du grade de capitaine au fauteuil ministériel
L’histoire de Djorie intrigue. D’abord capitaine après un passage au Maroc, il brandit ensuite un mystérieux doctorat en biologie qu’il aurait décroché en France. Une fois ministre, sa gestion catastrophique le mène tout droit vers la porte de sortie. Les Centrafricains se souviennent encore de ses larmes publiques avec Aristide Briand Reboas après son limogeage. Pour se consoler, il monte la coalition Paix 2020 avec son ami Reboas du parti chrétien démocrate, limogé comme lui dans le gouvernement de Félix Moloua 1.
La Chine comme planche de salut
Maintenant, Serge Ghislain Djorie arrive avec sa nouvelle idée : une chambre de commerce Chine-Centrafrique. Sans expérience ni mandat officiel, il promet monts et merveilles pour la Centrafrique, en particulier pour les centrafricains tout entier. D’après lui, sa nouvelle chambre de commerce s’étendrait même à toute la CEMAC. Pure fiction d’un homme en quête de reconnaissance.
Encore des promesses
“Plus d’intermédiaires, des prix plus bas”, clame-t-il. Mais Serge Ghislain Djorie oublie les bases du commerce international : le transport, les taxes, les normes. Il va même jusqu’à proposer de fabriquer le franc CFA dans un pays de la CEMAC. Une idée qui fait sourire les centrafricains.
De déception en déception
Avant la Chine, Djorie avait déjà tout essayé. Un média privé ? Échec. Des financements internationaux ? Refus. Maintenant, il se voit en grand organisateur du commerce avec la Chine. Encore des paroles en l’air.
Le masque tombe
Dans les médias, il nie tout lien avec le pouvoir. Pourtant, ses manœuvres traduisent une chose : la recherche désespérée d’une nouvelle position. Son discours sur le développement cache mal cette réalité.
Les vieux sages centrafricains disent souvent : “Le singe a beau mettre un costume, il reste un singe”. En effet, les nouveaux habits de businessman de Serge Ghislain Djorie ne trompent personne. La Centrafrique attend des actes, pas des promesses en l’air d’un ancien ministre en mal de reconnaissance.
À quelques mois des élections groupées dans le pays, la course au positionnement électoral s’accélère. Des organisations créées pour la circonstance multiplient les actions de soutien au président Baba Kongoboro , à moins d’un an des élections générales de décembre 2025.
À suivre uniquement les informations diffusées sur les antennes de Radio Centrafrique ce 19 janvier 2025 à 13 heures, les Centrafricains découvrent avec stupéfaction la multiplication vertigineuse des organisations de soutien au président Faustin Archange Touadera. Un phénomène qui prend une ampleur inédite depuis le référendum constitutionnel de 2023, où ces associations avaient reçu chacune une enveloppe de 50 000 000 de francs CFA pour la campagne. Aujourd’hui, ces structures se comptent par dizaines, créées pour la plupart à la hâte en vue des élections générales de décembre 2025. Une prolifération qui rappelle les heures sombres du clientélisme politique en République centrafricaine.
manifestation du jeudi 16 janvier à Mbaïki pour demander un troisième mandat pour Baba Kongoboro
En effet, selon la radio Centrafrique, les dirigeants de la plateforme E-Le Songo ont organisé leur deuxième assemblée générale à Bangui. Cette structure, créée en décembre 2023 par le ministre du commerce, monsieur Patrick Akoloza, prétend regrouper des partis politiques et des associations. Ainsi, Son coordonnateur, Thierry Patrick Akoloza, n’a pas caché ses intentions : appeler à la candidature du président sortant Faustin-Archange Touadera pour “le premier mandat de la 7e République“. Une formulation qui occulte les deux précédents mandats de Touadera et s’inscrit dans la logique de la nouvelle Constitution de 2023, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels.
Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka – Réformes ou mirage? Les promesses en l’air du Ministre centrafricain du Commerce en pleine crise inflationniste
Du côté de l’Assemblée nationale, la plateforme “Génération Consciente” s’est livrée à un exercice de flagornerie à peine voilé. Son coordonnateur Alain-Patrick Dékoma a transformé la séance de “décryptage” du discours présidentiel du 28 décembre en tribune de campagne. Ignorant les difficultés économiques qui frappent la population, il a vanté une prétendue “résilience” de l’économie nationale malgré “la suspension des appuis budgétaires”. Il a conclu en appelant tous les Centrafricains à “soutenir sans condition” le président sortant.
L’association “Touadera doit rester “ (TDR) s’est distinguée par une opération de séduction des chefs de quartier de Bégoua. Son président Marius Frédéric Zimba a distribué des téléphones et des cartes SIM à 69 chefs traditionnels. Une manœuvre qui rappelle les pratiques clientélistes dénoncées par les centrafricains. Le président de la jeunesse TDR, Ludovic Gacema, a justifié cette action en invoquant la sécurité, mais la distribution de ces “kits” à quelques mois des élections pose des questions sur leur véritable finalité.
Roger Cérémalier, chef de groupe de Voudambala , a d’ailleurs révélé involontairement l’objectif de ces largesses : “À jamais quelqu’un qui veut quelque chose, qui se présente, c’est nous qui donnons le pouvoir”. Une déclaration qui traduit la perception des chefs traditionnels comme des relais électoraux.
Ces manifestations de soutien organisées interviennent alors que les services publics peinent à fonctionner et que les défis sécuritaires persistent dans plusieurs régions du pays. Les organisations impliquées partagent des caractéristiques communes : une création récente, l’absence d’activités concrètes en dehors du soutien au pouvoir, et des dirigeants aux parcours opaques.
Cette multiplication des structures de soutien au président Kongoboro évoque les pratiques observées sous d’autres régimes, où des associations opportunistes émergeaient à l’approche des échéances électorales pour disparaître aussitôt après. Un schéma qui se répète aujourd’hui avec une nouvelle génération d’organisations dont l’unique objectif semble être de préparer le terrain pour un nouveau mandat présidentiel.
la machine d’État mobilisée pour un troisième mandat illégal de Touadéra
Centrafrique.org/les-membres-du-gouvernement-en-precampagne-pour-le-troisieme-mandat-de-touadera-dans-le-cinquieme-arrondissement-de-bangui/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-membres-du-gouvernement-en-precampagne-pour-le-troisieme-mandat-de-Touadera-dans-le-cinquieme-arrondissement-de-Bangui-450×337.jpg” alt=”Centrafrique : la machine d’État mobilisée pour un troisième mandat illégal de Touadéra” width=”450″ height=”337″ />Les membres du gouvernement en précampagne pour le troisième mandat de Touadera dans le cinquième arrondissement de Bangui
Les ministères centrafricains tournent au ralenti depuis plusieurs semaines. La raison : une mobilisation générale des membres du gouvernement et tous leurs directeurs généraux, , déployés aux quatre coins du pays pour promouvoir la candidature au troisième mandat du président Touadéra à l’élection de décembre 2025. Le 5 février, pas moins de quatre ministres ont quitté leurs bureaux de Bangui pour des “mobilisation ” sur le terrain, révélant l’ampleur d’une stratégie qui puise largement dans les ressources de l’État.
Le 5 février 2025, les ministres Rodolphe Héritier Doneng (Jeunesse et Sports) et Thierry Patrick Akoloza (Commerce) se sont rendus à Bocaranga, à 532 km de la capitale. Simultanément, les ministres Bruno Yapande (Administration du Territoire), Pierre Somsé (Santé) participaient à une manifestation de soutien au troisième mandat de Touadera dans le 5e arrondissement de Bangui, organisée par le Mouvement Soutenons Faustin Archange Touadéra (MS-FAT).
Sani Yalo, conseiller spirituel du président et Président du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC), était également présent à ce rassemblement, illustrant la mobilisation de l’ensemble des ressources de l’État dans cette campagne anticipée pour un troisième mandat.
“Cette mobilisation massive pour un troisième mandat de Touaderaparalyse l’administration du pays “, indique un fonctionnaire du ministère des finances. “Les ministres sont absents parfois une semaines pour organiser des matchs et des rassemblements politiques dans les provinces, au détriment de leur travail. Les dossiers s’accumulent, l’État est à l’arrêt“.
D’autres membres du gouvernement sillonnent diverses préfectures du pays pour promouvoir le troisième mandat de Touadera, créant une désorganisation généralisée des services publics. “Les ministres utilisent les moyens de l’État pour faire campagne avant l’heure pour un troisième mandat illégal “, dénonce Anicet Georges Dologuélé, alias Dol, l’un des leaders de l’opposition démocratique centrafricaine. “Cette précampagne déguisée viole les règles électorales et détourne l’administration de ses missions prioritaires.”
Le gouvernement, par la voix du ministre Bruno Yapande, défend ces déplacements comme des “visites de travail normales pour évaluer les besoins des populations”. Une explication qui peine à convaincre les observateurs de la vie politique centrafricaine, tandis que la pagaille administrative s’installe dans les ministères désertés par leurs responsables.
La conférence-débat organisée ce samedi 25 janvier 2025 à la recette des douanes de Béloko a révélé le décalage persistant entre les objectifs de modernisation affichés et la réalité du terrain. Si la volonté de transformation est bien présente, les moyens peinent à suivre, compromettant l’efficacité des contrôles à cette frontière stratégique entre la Centrafrique et le Cameroun.
Le retard technologique constitue le premier obstacle majeur. “Notre objectif est d’équiper ici à Béloko chaque douanier d’un ordinateur, mais nous en sommes encore loin”, reconnaît le receveur des douanes de Béloko. De nombreux agents doivent utiliser leur matériel personnel pour accéder au système informatique douanier, une situation qui pose des questions évidentes de sécurité et de confidentialité des données.
Les équipements de contrôle modernes ici à Béloko font également défaut. L’absence de scanners fonctionnels limite considérablement la capacité des agents à vérifier efficacement le contenu des chargements. “Nos anciens scanners mobiles sont hors service et n’ont jamais été réparés”, explique un inspecteur, soulignant que l’administration continue pourtant de payer les frais de maintenance de ces équipements inutilisables.
La surveillance des flux commerciaux se complique à Béloko avec l’évolution des pratiques frauduleuses. Les contrebandiers s’adaptent rapidement, utilisant désormais des motos et des véhicules légers pour emprunter des pistes secondaires, contournant ainsi les points de contrôle officiels. Face à cette mobilité accrue, les moyens de surveillance traditionnels montrent leurs limites.
La modernisation des procédures se heurte également à des obstacles pratiques. Si l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) propose des outils numériques comme le Custom Enforcement Network pour l’échange d’informations, leur utilisation effective reste limitée par le manque d’équipements et de formation adéquate des personnels à la douane de Béloko.
Le contrôle des flux financiers illustre particulièrement ces difficultés. Malgré l’existence d’une limite légale de 5 millions pour les transferts commerciaux, les agents des douanes de Béloko peinent à vérifier efficacement le respect de cette réglementation, faute d’accès aux bases de données nécessaires et d’outils de contrôle appropriés.
La formation continue des agents, bien qu’identifiée comme prioritaire, reste insuffisante. La plateforme e-learning de l’OMD offre des possibilités intéressantes, mais son utilisation effective est compromise par le manque d’équipements informatiques et une connexion internet peu fiable.
La coopération transfrontalière avec les douanes camerounaises, si elle existe sur le papier, peine à se concrétiser pleinement dans les faits. Les échanges d’informations restent souvent informels et incomplets, faute de systèmes d’information partagés et de procédures standardisées.
Cette modernisation inachevée du service de douane de Béloko a des conséquences directes sur l’efficacité des contrôles. Les agents se retrouvent souvent démunis face à des fraudeurs de mieux en mieux équipés et organisés. “Nous voyons passer des marchandises manifestement sous-évaluées ou mal déclarées, mais nous manquons de moyens pour le prouver”, témoigne un douanier.
Les responsables douaniers à Béloko reconnaissent ces difficultés tout en soulignant les efforts entrepris. “Nous avançons progressivement vers la modernisation, mais le chemin est encore long”, admet un cadre de l’administration. La situation actuelle reflète les défis plus larges auxquels fait face l’administration centrafricaine dans son ensemble.
Première phase d’enrôlement électoral: le PAP dénonce des dysfonctionnements majeurs
Centrafrique.org/le-parti-africain-du-progres-pap-une-nouvelle-voix-politique-en-centrafrique/alain-brice-touaboy/” rel=”attachment wp-att-71446″ data-wpel-link=”internal”>Alain-Brice-Touaboy – Le Parti Africain du Progrès (PAP)
Le président du Parti Africain du Progrès (PAP), Alain Touaboy, a adressé une lettre de protestation à l’Autorité Nationale des Élections (ANE) concernant de nombreuses irrégularités constatées durant la première phase d’enrôlement des électeurs dans l’aire 1. Cette démarche intervient dans un contexte politique sensible, alors que le pays se prépare à de futures échéances électorales.
Dans ce courrier daté du 4 février 2025, le dirigeant du PAP signale des manquements qui ont empêché “des milliers de compatriotes” de s’inscrire sur les listes électorales. Il pointe notamment l’absence de sensibilisation dans plusieurs localités et souligne le problème “des centaines de tablettes inutilisables ou incapables de traiter les données recueillies”. Ces défaillances techniques ont particulièrement affecté les zones rurales, où l’accès aux bureaux d’enregistrement est déjà compliqué par les distances à parcourir.
La sécurité des agents recenseurs constitue un autre point d’inquiétude majeur pour le parti. “De nombreux enrôleurs sont exposés à l’insécurité en raison d’un déficit de coordination entre les entités chargées de leur protection et l’ANE”, écrit Alain Touaboy, Président fondateur du PAP. Cette situation est particulièrement préoccupante dans les régions éloignées de Bangui, où la présence des forces de sécurité est plus limitée.
Le PAP dénonce également des cas d’agents recenseurs qui, après avoir reçu leurs indemnités, ne se sont jamais rendus sur le terrain. Cette pratique frauduleuse a notamment été observée dans plusieurs sous-préfectures, privant de nombreux citoyens de leur droit constitutionnel à l’inscription sur les listes électorales.
Des problèmes logistiques importants ont aussi été relevés. “Des matériels qui ne sont jamais arrivés à destination”, mentionne la lettre, suggérant des défaillances dans la chaîne d’approvisionnement ou des détournements possibles. Ces dysfonctionnements ont particulièrement affecté les zones reculées, où l’acheminement du matériel électoral nécessite une organisation rigoureuse.
Pour remédier à ces carences avant le lancement de la phase 2, le PAP formule plusieurs demandes concrètes à l’ANE. Le parti réclame en premier lieu une évaluation détaillée et transparente de la première phase, suivie d’une restitution officielle des résultats. Cette évaluation devrait permettre d’identifier précisément les zones où l’enrôlement n’a pas pu se dérouler correctement.
Le PAP demande également à l’ANE d’indiquer les mesures correctives qu’elle compte mettre en œuvre pour prévenir ces dysfonctionnements lors de la prochaine phase. Une attention particulière devrait être portée à la formation des agents recenseurs et à la vérification du matériel technique avant son déploiement.
Innovation majeure proposée par le PAP : la création d’un site internet permettant de suivre en temps réel l’avancement des opérations d’enrôlement. Cette plateforme contribuerait à renforcer la transparence du processus et la confiance des citoyens dans les institutions électorales.
“La confiance de la population dans les institutions électorales est essentielle pour la stabilité et le progrès démocratique de notre pays”, souligne Alain Touaboy dans sa conclusion. Une copie de cette lettre a été transmise au Cadre Stratégique des élections, au Conseil National de la Médiation et à la Minusca, soulignant l’importance accordée à cette démarche.
Cette initiative du PAP survient à un moment crucial pour la démocratie centrafricaine. L’enrôlement des électeurs constitue en effet la première étape d’un processus électoral qui, selon l’article 4 de la Constitution, permet aux citoyens d’exercer leur souveraineté “directement ou indirectement par voie de référendums ou d’élections”.
Le PAP rappelle d’ailleurs dans son courrier que “la mise à l’écart de ces citoyens constitue une atteinte grave et manifeste de leurs droits civils et politiques qui ne peuvent d’ailleurs être révoqués que par un juge à la suite d’une condamnation portant la force de la chose jugée”. Une façon de souligner l’importance fondamentale d’un enrôlement électoral inclusif et transparent pour l’avenir démocratique du pays.
Un commerçant centrafricain est en effet décédé le 30 janvier 2025 à l’hôpital de Zemio après avoir été sauvagement battu par des miliciens Wagner Ti Azandé à Mboki, une localité située à 1214 kilomètres à l’est de Bangui.
Selon des sources locales concordantes joint au téléphone par la rédaction du CNC, la victime effectuait un voyage commercial de routine vers la République démocratique du Congo via la rivière Mbomou lorsqu’elle a été, de fait, interceptée à son retour par ces miliciens Wagner Ti Azandé qui contrôlent désormais les points de passage.
“Ils l’ont brutalement tabassé et ont volé son argent et ses marchandises, sans aucune raison”, témoigne effectivement la source mentionnée précédemment.
Les Wagner Ti Azandé, un groupe armé manifestement formé il y a un an par les Mercenaires russes du groupe Wagner présents en Centrafrique depuis 2018, instaurent naturellement un climat de terreur dans toute la préfecture du Haut-Mbomou. Les commerçants sont, sans conteste, particulièrement visés : “La nuit, ils dévalisent méthodiquement nos boutiques dans les marchés. Le jour, ils arrêtent et frappent les gens arbitrairement”, constate assurément un commerçant de Mboki.
Cette milice, baptisée par les mercenaires russes Wagner Ti Azandé, que le gouvernement prétend visiblement avoir été intégrée aux forces armées centrafricaines, étend indubitablement son emprise bien au-delà de Mboki. Des exactions similaires sont effectivement signalées à Zemio (1113 km de Bangui), Djemah (1238 km) et Rafaï (889 km), transformant inévitablement le Haut-Mbomou en zone de non-droit.
Malgré leur revendication d’appartenance à l’armée nationale, ces Wagner Ti Azandé se comportent manifestement comme “des criminels de haut niveau” selon plusieurs témoignages concordants, conjuguant assurément racket organisé et violences gratuites contre les populations civiles.
Pour rappel, le Haut-Mbomou est effectivement une préfecture stratégique du sud-est centrafricain, partageant logiquement ses frontières avec le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
Bayanga : les jeunes de Koundapapaye réhabilitent la route “Dis-moi la vérité”
Centrafrique.org/sur-le-pont-vetuste-de-bayanga/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Sur-le-pont-vetuste-de-Bayanga-450×338.jpg” alt=”Bayanga : les jeunes de Koundapapaye réhabilitent la route "Dis-moi la vérité"” width=”450″ height=”338″ />Sur le pont vétuste de pont Babongo : , à 10 kilomètres de Bayanga Sur-le-pont-vetuste-de-Bayanga
Les travaux de réhabilitation de l’axe routier dénommé “Dis-moi la vérité”, situé à 30 kilomètres de Bayanga dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, ont démarré sous l’impulsion des jeunes du village Koundapapaye. Cette initiative locale vise à restaurer ce tronçon particulièrement dégradé qui pénalise transporteurs et usagers.
“Nous avons débuté par le dégagement des routes, puis le nettoyage des caniveaux. Maintenant, nous entamons la phase de remplissage”, explique Edmond Kporon, chef de chantier qui supervise une équipe de 20 personnes.
Les travaux s’organisent en trois phases distinctes. La troisième étape de remplissage, capitale pour la durabilité de l’ouvrage, nécessite selon le chef de chantier un suivi régulier du partenaire technique et financier : “Nous souhaitons sa présence au moins deux fois par semaine pour superviser l’avancement des travaux“.
L’équipe s’active pour achever le chantier avant la fin de la saison sèche. “Plusieurs membres du groupe doivent retourner à leurs activités agricoles. Nous voulons donc terminer rapidement pour permettre à chacun de vaquer à ses occupations”, précise Edmond Kporon.
Cette réhabilitation s’inscrit dans une volonté de d’amélioration durable des infrastructures routières de la localité, pour mettre fin aux plaintes récurrentes des usagers de cet axe stratégique reliant plusieurs localités de la Sangha-Mbaéré.
Assassinat de Baba Kotta, un important opérateur économique très connu à Bambari
Centrafrique.org/le-transporteur-tres-connu-dans-la-ouaka-et-la-basse-kotto-au-nom-de-baba-kotta-tue-ce-dimanche-pres-dalindao/” data-wpel-link=”internal”>Le transporteur très connu dans la Ouaka et la Basse Kotto au nom de Baba Kotta, tué ce dimanche près d’Alindao
Un important opérateur économique de Bambari, très connu au sobriquet de Baba Cotta, a été tué dimanche 9 février 2025 dans une embuscade près du village Mbodou, situé à 25 kilomètres d’Alindao, sur la route de Bambari, 505 kilomètres de Bangui la.
L’attaque s’est produite vers 12 heures alors que Baba Kotta était en route pour regagner la ville de Bambari après ses activités hebdomadaires sur les marchés de Bokolobo et d’Alindao. Les assaillants ont ouvert le feu sur son véhicule, causant sa mort sur le coup.
Baba Cotta, figure importante du transport logistique dans la préfecture de la Ouaka et de la Basse-Kotto, effectuait régulièrement la navette entre Bambari et les marchés environnants. Chaque samedi, il quittait Bambari pour les marchés de Bokolobo et d’Alindao, où il passait la nuit avant de rentrer le dimanche.
Deux femmes, également passagères dans le véhicule de Baba Kotta, ont été blessés lors de cette attaque. Les victimes ont d’abord été transportées à l’hôpital de Nzéreté pour les premiers soins, avant d’être transférées vers l’hôpital d’Alindao. La dépouille mortelle de Baba Cotta a été déposée à la mosquée centrale d’Alindao vers 13 heures avant d’être inhumé dans le respect familial.
Cette attaque dévoile une fois de plus la persistance de l’insécurité sur cet axe commercial stratégique de la Ouaka, une région déjà marquée par de nombreux incidents similaires ces derniers mois.
Rappelons que le mois de novembre dernier, l’un des camions du transporteur Baba Kotta avait été incendié sur l’axe Bambari Ippy. Mais cette fois, c’est lui-même qui est mort dans l’attaque des hommes armés, visiblement bien renseignés sur ses déplacements.
Un tragique accident de la circulation vient de se produire à Bangui, entre 8h30 et 9h, sur le pont Mondial, situé sur l’avenue de France, juste au niveau du croisement séparant les quartiers Sica 2 et Castor.
Un véhicule 4×4 Land Cruiser blanc, circulant depuis l’avenue Barthélémy Boganda traversant le quartier Castor, a perdu le contrôle à son arrivée au croisement SICA – Castors, juste sur le pont Mondial.
Le bilan est lourd : le véhicule a violemment percuté deux taxis-motos. Dans le premier impact, le conducteur du taxi-moto et sa passagère sont décédés sur le coup. Le second taxi-moto a également été touché : son conducteur a subi une amputation traumatique des membres inférieurs, tandis que sa passagère a perdu connaissance dans l’impact. Les deux blessés ont été immédiatement évacués vers l’hôpital.
Les services d’urgence sont mobilisés sur place. La circulation a été fortement perturbée dans ce secteur très fréquenté de Bangui.
Plus d’informations à suivre sur ce drame qui vient de se produire.
Centrafrique : Touadéra resserre l’étau autour de Koyambonou et de Mazette à regagner l’UFDO
Centrafrique.org/crise-au-mlpc-lopposition-fait-bloc-derriere-martin-ziguele-face-aux-dissidents/les-traitres-du-mlpc/” rel=”attachment wp-att-86404″ data-wpel-link=”internal”>Les agitateurs du MLPC dit MLPC-CO reçus par Touadera le 27 décembre 2024. Au milieu, Chantal Jean-Édouard Koyambonou Andjikoua
Les centrafricains ont assisté à une scène spectaculaire ce samedi 8 février à la nouvelle étape dans la réorganisation des forces politiques satellites du MCU à Bangui. À l’issue d’une réunion organisée par monsieur Kparekouti, et sur décision de Baba Kongoboro, deux factions dissidentes du MLPC, celle de l’ancien Premier ministre Jean-Édouard Koyambonou et celle de Jackson Mazette, ont réintégré l’Union des Forces Démocratiques de l’Opposition (UFDO), une coalition politique créée en coulisse par la présidence. Cette manœuvre s’inscrit dans la stratégie du président Touadéra de consolidation de ses forces politiques satellitaires.
En effet, selon nos informations, Le président Faustin Archange Touadéra, manipulateur des manipulateurs, a organisé ce ralliement il y a plus d’un mois lors d’une rencontre avec ses marionnettes à la présidence de la République. Jean-Édouard Koyambonou, ancien Premier ministre devenu conseiller présidentiel, et Jackson Mazette, ex-troisième vice-président du MLPC, y ont reçu des directives claires du Président Touadera concernant leur intégration à l’UFDO.
Cette coalition de l’UFDO, présentée officiellement comme une force d’opposition, opère en réalité comme le MCU en miniature au service du pouvoir.
Rappelons que l’UFDO a récemment connu des changements à sa tête : Aurélien Simplice Zingas, actuel ministre de l’Éducation Nationale, a dû céder la présidence de l’UFDO à Kparekouti après avoir refusé d’appliquer le principe de rotation semestrielle de la présidence. Ce même principe avait d’ailleurs motivé le départ temporaire de la faction MLPC-CO de Jean-Édouard Koyambonou.
Pour être clair, le “MLPC courant originel” se trouve désormais divisé en deux groupes distincts. La faction de Koyambonou, qui ne compte que trois membres actifs, retourne donc à l’UFDO. En parallèle, sous la pression de Touadera sur Mbaïkoua, la faction MLPC-CO d’Etienne MALEKOUDOU , réduit à deux personnes, s’apprête quant à elle à rejoindre la coalition Béoko, autre structure politique créée en 2020 pour soutenir le président Faustin-Archange Touadera. Quant au groupe maléfique créé de toute pièce par Mazette, il se limite à six ou sept personnes, principalement des membres de sa famille, dont son fils métisse, un gros consommateur de chanvre indien qu’il l’a nommé secrétaire général de ce MLPC fantoche.
Ainsi, ce samedi 8 février 2025, monsieur Kparekouti, nouveau président de l’UFDO, a reçu, discrètement en réunion, Mazette et Koyambonou pour finaliser leur réintégration dans la coalition. Cette rencontre marque l’aboutissement des directives présidentielles visant à restructurer les forces politiques alignées sur le pouvoir en vue des Élections prochaines.
Ces manœuvres contrastent nettement avec la situation du MLPC authentique de Martin Ziguélé qui maintient une solide implantation populaire dans tout le pays. Le parti a d’ailleurs engagé depuis plusieurs moi des procédures judiciaires pour protéger son logo de l’utilisation par ces groupes dissidents, ainsi que leur dernière attaque sur le terrain Marabéna, propriété du MLPC, mais la justice n’a toujours pas statué sur cette requête.
Cette réorganisation des forces politiques satellites intervient dans un contexte de renforcement continu du pouvoir présidentiel, particulièrement depuis la promulgation de la nouvelle Constitution le 30 août 2023. Ce texte permet désormais à Touadéra de briguer un nombre illimité de mandats et élargit considérablement ses prérogatives présidentielles.
Les observateurs de la vie politique centrafricaine notent que cette stratégie de regroupement des forces politiques satellites sous la bannière de l’UFDO vise à créer l’illusion d’une opposition structurée, tout en affaiblissant les véritables forces d’opposition comme le MLPC authentique de Ziguélé.
Les anciens fidèles d’André Kolingba appellent à l’unité du RDC
Centrafrique.org/succession-andre-kolingba-une-mafia-au-coeur-du-systeme-judiciaire/lancien-president-centrafricain-andre-kolingba-le-19-septembre-1999-a-Bangui/” rel=”attachment wp-att-73220″ data-wpel-link=”internal”>L’ancien Président André Kolingba le 19 septembre 1999
Quinze ans après le décès de l’ancien président André Kolingba, l’Association des Amis du Président André Kolingba s’est réunie à Bordeaux pour rendre hommage à celui qui dirigea la République centrafricaine de 1981 à 1993. À travers un communiqué officiel, son président Simon Alalengbi a rappelé les réalisations majeures de cet homme d’État qui marqua le pays.
La reconnaissance du sängö comme langue nationale, décrétée le 28 janvier 1984, reste l’une des actions phares du mandat d’André Kolingba. Cette décision visait à renforcer l’unité nationale et l’inclusion de toutes les communautés dans l’administration.
Le général André Kolingba initia également une transition progressive vers un régime civil. D’abord à la tête du Comité Militaire de Redressement National (CMRN) composé de hauts gradés comme François Bozizé et Alphonse Mbaïkoua, il forma ensuite en septembre 1985 un gouvernement majoritairement civil avec des personnalités comme Jean-Paul Ngoupandé à l’Éducation nationale.
Son mandat fut également marqué par des avancées dans plusieurs secteurs : construction de l’Hôpital Communautaire et de l’Hôpital de l’Amitié, modernisation des infrastructures énergétiques et de télécommunications, obtention de la Coupe d’Afrique de basketball en 1987.
Le RDC, parti qu’il fonda le 7 février 1987, traverse aujourd’hui une période difficile marquée par des divisions internes. “L’initiative d’instaurer une semaine de mémoire en hommage au Président André Kolingba est salutaire. Mais cet événement devra être mieux préparé et se dérouler dans un esprit festif et unitaire”, déclare Simon Alalengbi, qui appelle les membres du parti à “raviver les idéaux de paix, d’unité et de fraternité qui ont guidé le fondateur du parti”.
Le communiqué exprime également une pensée particulière pour Mireille Kolingba, veuve de l’ancien président, ainsi que pour leurs enfants.
La réhabilitation partielle du marché de Pétévo, dans le sixième arrondissement de Bangui, dévoile au passage une gestion contestée des espaces commerciaux et provoque l’indignation des habitants du sixième. Au cœur de la polémique : l’attribution préférentielle des boutiques à des opérateurs économiques étrangers et une tentative de rebaptisation autoritaire du marché de Pétévo.
En effet, les commerçants du marché de Pétévo dénoncent leur éviction des espaces rénovés. “Les boutiques réhabilitées sont attribuées aux étrangers, pendant que nous, occupants historiques, sommes mis à l’écart”, témoigne un vendeur au marché de Pétévo. Cette redistribution des emplacements s’accompagne de destructions de bâtiments aux alentours du marché pour les réattribué à des opérateurs économiques étrangers, que beaucoup qualifient cela de “transaction mafieuse”.
En plus de cela, rappelez-vous, la semaine dernière, la tension était montée d’un cran lorsque le maire de Bangui avait décidé, avec l’accord bien sur du Président Baba Kongoboro, de rebaptiser le marché de Pétévo au marché “Professeur Faustin-Archange Touadera”. Cette décision a provoqué la colère immédiate de la population, qui y voit un acte de “dictature” et dénonce la multiplication des lieux portant le nom du président Baba Kongoboro, le grand bâtisseur du néant.
Mais face au tollé populaire des centrafricains, le ministre de l’Administration du territoire Bruno Yapande a dû intervenir en annulant l’arrêté municipal. Cette annulation fait suite à la mobilisation des citoyens dénonçant le caractère autoritaire de la décision, prise sans consultation préalable des notables locaux.
La situation du marché de Pétévo illustre les tensions croissantes autour de la gestion des espaces commerciaux dans la capitale. L’absence de transparence dans l’attribution des emplacements et les méthodes controversées de l’administration municipale développe de vives inquiétudes parmi les commerçants et la population.
Malgré les sollicitations, ni les représentants de la mairie ni l’association des commerçants n’ont souhaité s’exprimer sur cette situation, laissant en suspens la question de la régularisation des attributions d’espaces commerciaux sur le marché de Pétévo.
Deux années après son accession à la magistrature suprême de l’État, le pouvoir de Bangui à vendu un scoop médiatique à la valeur d’un trophée de guerre à la population centrafricaine.
En effet, la Centrafrique venait de parapher un accord de défense avec la fédération de Russie.
En réalité, il s’agissait du groupe paramilitaire de Wagner, une force non conventionnelle classée sur la liste des organisations terroristes par l’Union Européenne (UE) qu’on présentait au peuple comme des instructeurs russes qui ont vocation à former nos forces de défense et de sécurité dans le cadre de la coopération militaire.
D’autres part, outre le contingent Rwandais de la mission onusienne en Centrafrique, le pouvoir de Bangui a signé un autre accord bilatéral de défense avec le Rwanda qui en communion avec les Wagners tiennent les rênes du pays.
Ainsi, le haut commandement militaire et la haute hiérarchie politique sont infiltrés par des forces étrangères frisant la haute trahison ou une intelligence avec une puissance étrangère.
Ces deux (2) forces d’occupation se livrent à des pillages à grande échelle, l’exploitation des ressources naturelles sans respect des normes environnementales, la spoliation, la corruption laissant derrière eux une cargaison de meurtres barbares, des exécutions extra-judiciaires et sommaires, de tortures, de pleurs, de tristesses, de colères, de peurs.
Le peuple en souffrance est harassé et exténué sur les cendres de leurs ancêtres.
La sous-traitance securitaire s’est alors érigée en maltraitance dans l’injustice.
Cet état de fait met en lumière la faiblesse de l’ensemble des institutions républicaines, l’absence de contrôle et de sanctions et la fragilité du mode de gouvernance.
Essoré par ce camouflet, cette vexation humiliante, le citoyen lambda s’interroge :
– Ces différents accords de défense ont-ils été examinés et autorisés par l’assemblée nationale ?
– Existe t-il de nos jours d’autres accords muets et non publiés ?
– En l’absence d’autonomie sécuritaire, comment le pouvoir de Bangui va t-il se défaire de ces deux forces d’occupation sans faire la guerre ?
– En d’autres termes, quel sera l’avenir de ces deux forces d’occupation ?
– Savez-vous que le Rwanda a signé des accords avec les puissances occidentales sur des ressources naturelles qu’ il n’en dispose pas sur son territoire national ?
– Une fois chassé de la République démocratique du Congo (RDC), Savez-vous où iront les Rwandais pour chercher ces matériaux ?
– S’agissant de l’actualité complexe de la sous région, comment peut-on entretenir une relation soutenue avec le Rwanda qui est en guerre avec le Congo alors que la Centrafrique a aussi un accord de défense avec le Congo qui est son voisin immédiat ?
Au delà du dilemme, l’histoire retiendra que le pouvoir de Bangui a organisé avec conscience une escroquerie qui vise à brader les intérêts du peuple…ce dernier demandera des comptes le moment venu.
Nous vous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut aussi en cacher un autre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Limassa le 06 Février 2025
Bernard SELEMBY DOUDOU
Juriste, Environnementaliste
Administrateur des élections.
Un État n’est jamais pauvre, ce sont ses dirigeants qui le ruinent”, affirme Dieudonné Ngoumbango
Centrafrique.org/la-dette-colossale-de-la-rca-senflamme-quel-avenir-pour-le-pays/herve-ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget/” rel=”attachment wp-att-75193″ data-wpel-link=”internal”>Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Une intervention remarquée de Dieudonné Ngoumbango sur Radio Centrafrique ce jeudi 16 janvier démontre, chiffres à l’appui, comment l’État centrafricain tire des revenus de chaque transaction mais peine à en faire bénéficier sa population.
“Chaque bouteille de gasoil, chaque bière vendue, chaque billet d’avion acheté rapporte de l’argent à l’État. Un pays ne peut pas être structurellement pauvre”, martèle Dieudonné Ngoumbango, coordinateur des partis centristes, lors du débat télévisé.
L’argent existe, mais où va-t-il ?
Le président de l’Union pour le bien-être en Centrafrique (UNIBEC) appuie là où ça fait mal : “Ce qui nous rend pauvres aujourd’hui, ce qui fait souffrir la population centrafricaine, c’est la mauvaise gouvernance, la corruption, les détournements“.
“Comment expliquer qu’un pays aussi riche en ressources naturelles reste parmi les plus pauvres au monde ?”, interroge Gildas Benam du parti UNIR. Une question d’autant plus pertinente que plus aucune comptabilité publique n’existe depuis 2020.
Des services publics à l’abandon
Les exemples de ce paradoxe ne manquent pas. Laurent Gomina Pampali, ancien ministre, pointe du doigt le dénuement des services : “Les directeurs généraux n’ont même pas de véhicules de fonction. Mais les ministres sortants repartent avec tout le parc automobile“.
La situation des organes de contrôle est encore plus parlante. “Un inspecteur d’État doit demander à être déposé par le service qu’il contrôle”, raconte Samuel Zoumbeti, lui-même inspecteur d’État, soutien du régime.
Un système qui s’auto-entretient
“Le problème n’est pas nouveau”, analyse Dieudonné Ngoumbango. “Depuis les indépendances, on nomme des gens non pas pour leurs compétences mais pour leur proximité avec le pouvoir. Leur seul objectif : se remplir les poches“.
Gildas Benam enfonce le clou : “Le fossé entre le train de vie des dirigeants et la misère du peuple grandit chaque jour. Et personne ne peut plus suivre l’argent public puisqu’il n’y a plus de comptabilité“.
Des réformes en trompe-l’œil
La création d’institutions comme la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance ne change rien. “On multiplie les structures sans leur donner les moyens d’agir”, déplore Laurent Gomina Pampali. “C’est de la poudre aux yeux“.
Cette gabegie financière prend un relief particulier après l’adoption en 2023 d’une nouvelle Constitution permettant au président Touadera, alias Baba Kongoboro, de briguer autant de mandats qu’il souhaite.
“La vraie richesse d’un pays, c’est sa bonne gouvernance”, conclut Dieudonné Ngoumbango. “Tant que l’argent public servira à enrichir quelques-uns au lieu de développer le pays, la Centrafrique restera artificiellement pauvre“.