L’influence de Vladimir Poutine sur la République centrafricaine s’accentue, avec des exigences financières colossales imposées par Africa Corps, qui réclame 15 millions de dollars mensuels. Cette pression menace la stabilité économique du pays et place Faustin-Archange Touadéra dans une position de dépendance critique.
En effet, la mutation de Wagner en Africa Corps, directement contrôlé par le Kremlin, renforce le verrouillage de la Centrafrique par Moscou, mêlant sécurité, ressources minières et chantage politique.
Depuis 2017, la Centrafrique vit sous l’ombre croissante de la Russie. Faustin-Archange Touadéra, en quête de soutien militaire pour contrer les groupes armés, a ouvert la porte aux mercenaires de Wagner. Ce qui devait être une coopération militaire temporaire s’est transformé en une dépendance stratégique. Aujourd’hui, avec l’émergence d’Africa Corps, nouvelle structure pilotée par le GRU après la mort de Yevgeny Prigozhin, Moscou impose une facture de 15 millions de dollars par mois (environ 10 milliards de francs CFA), un montant insoutenable pour l’économie nationale.
Le budget annuel de la RCA, qui avoisine à peine 300 milliards de francs CFA, repose déjà pour moitié sur des prêts et de l’aide internationale. Consacrer une telle somme aux services de sécurité russes du régime reviendrait à détourner près de 40 % des ressources de l’État. Des observateurs centrafricains affirment que cette exigence est accompagnée de menaces : si Bangui refuse de payer, la Russie pourrait réarmer des factions rebelles ou reprendre par la force les sites miniers stratégiques, notamment ceux de Ndassima (or) et de Bria (diamants).
La stratégie du “serpent”
Des analystes centrafricains comparent l’approche de Poutine à celle d’un serpent venimeux : il injecte son poison pour paralyser avant de dévorer lentement sa proie. Cette image montre la relation de dépendance dans laquelle Touadéra est piégé. Depuis l’arrivée des mercenaires, la RCA a cédé plusieurs concessions minières à des sociétés écrans liées à Wagner, comme Midas Ressources ou Bois Rouge. Les revenus tirés de l’or et du diamant alimentent aujourd’hui les caisses de Moscou, tout en privant l’État centrafricain de recettes fiscales indispensables.
Les tactiques de Moscou ne se limitent pas aux armes. Wagner, puis Africa Corps, ont investi dans la propagande et la manipulation de l’opinion publique. À Bangui, des campagnes médiatiques pro-russes, souvent relayées par des influenceurs locaux, peignent Moscou comme un allié désintéressé. En réalité, le Kremlin organise une prise de contrôle progressive des leviers de pouvoir, de l’armée aux médias, en passant par les ressources stratégiques et politique avec le changement de la constitution.
De Wagner à Africa Corps : une transition calculée
La mort de Prigozhin, en août 2023, a accéléré la transformation de Wagner en un outil directement intégré à la machine militaire russe. Africa Corps, officiellement présenté comme une société de sécurité privée, est en réalité une structure gérée par des officiers du GRU. Cette réorganisation permet au Kremlin d’éliminer les zones grises et d’affirmer un contrôle direct sur ses opérations africaines.
En Centrafrique, cette transition s’est traduite par une augmentation de la présence russe dans les zones minières et un resserrement du dispositif sécuritaire autour de Bangui. Des témoins locaux rapportent que des unités d’Africa Corps patrouillent désormais dans des secteurs sensibles, là où Wagner se contentait d’une présence symbolique. Ces forces sont mieux équipées, plus disciplinées, mais aussi plus exigeantes en termes financiers.
Un dilemme mortel pour Touadéra
Face aux demandes de Poutine, Touadéra se retrouve piégé. Refuser de payer les 15 millions de dollars mensuels signifierait perdre le soutien sécuritaire qui protège son régime contre la CPC et d’autres groupes armés. Accepter, c’est sacrifier le peu de souveraineté économique qui reste au pays. Selon un commentateur nigérien qui a fait un live sur les réseaux sociaux, « Touadéra est déjà pris à la gorge. Poutine sait qu’il ne peut ni résister, ni rompre l’accord, sous peine d’être renversé ».
Selon le nigérien, les avertissements de Moscou vont plus loin : des discussions internes évoquent un plan de déstabilisation via la relance d’anciennes milices dans l’Ouham-Pendé ou la Ouaka, si Bangui tentait de s’affranchir. Le contrôle de Ndassima, site aurifère majeur, serait également menacé par une reprise en main directe des Russes, sans passer par les sociétés partenaires de l’État centrafricain.
L’effet domino en Afrique
La situation en RCA s’inscrit dans un cadre régional plus large. Au Sahel, la Russie soutient ouvertement les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Là aussi, les ressources naturelles (or, uranium, manganèse) servent de monnaie d’échange contre l’assistance militaire. Des mouvements sociaux au Niger, liés à des retards de salaires, reflètent déjà les limites de ce modèle, qui profite avant tout à Moscou.
Pour la RCA, le risque est encore plus élevé : contrairement aux pays du Sahel, elle ne dispose pas d’un appareil militaire structuré capable de résister à une éventuelle manipulation russe. Le pays, enclavé et dépendant de ses ressources minières, se retrouve dans une situation de vulnérabilité maximale.
Un président affaibli
La santé fragile de Touadéra complique la donne. Son évacuation d’urgence à Bruxelles pour des problèmes graves, liés selon des sources médicales à un cancer du côlon, laisse planer une incertitude sur la stabilité du pouvoir. Africa Corps, en renforçant sa présence, se positionne comme le garant ultime de la sécurité du régime, mais au prix d’un asservissement complet. « Le pays est à genoux », résume le commentateur nigérien. « Chaque dollar envoyé à Moscou, c’est un dollar de moins pour l’éducation, la santé ou les infrastructures »….
Touadéra : un cancer du côlon derrière les mystérieux bains au Kongoboro
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
Presque un an après nos révélations sur ses purifications traditionnelles, la véritable maladie du président Touadéra est confirmée : un cancer du côlon découvert à Bruxelles.
Depuis des années, le président se faisait laver dans une grande cuvette, un rituel préparé avec soin par Bemaka-Soui. Chaque matin, des agents de sécurité de la dame partaient acheter les feuilles de Kongoboro au marché combattant ou au PK-12. Ces feuilles, bouillies puis mélangées à de l’eau, servaient à préparer une solution pour laver le corps du Président.
Ces bains, inspirés des croyances nationales, étaient censés protéger le président contre les malédictions ou les attaques de ses adversaires. Bien qu’il soit diacre et qu’il se présente comme un homme de Dieu, Touadéra acceptait ces pratiques mystiques, persuadé qu’elles le protégeaient.
Pendant plusieurs mois, il se plaignait de gonflements et de douleurs persistantes. Il refusait pourtant d’aller à l’hôpital, craignant que son état soit connu et compromette sa préparation électorale.
Dans la nuit du 21 juin 2025, il a été pris de vomissements de sang, de pertes de connaissance et de selles sanglantes. Il a dû être évacué en urgence à Bruxelles, à bord d’un jet médicalisé. Là-bas, les médecins ont diagnostiqué un cancer du côlon déjà avancé, confirmant les craintes que ses proches gardaient sous silence.
Josiane Bemaka-Soui, qui se présentait comme guérisseuse, répétait au président que ses douleurs venaient de sortilèges lancés par ses rivaux et qu’un simple lavage avec de Kongoboro suffirait. Cette version a renforcé son refus des soins modernes et l’a poussé à continuer ses bains jusqu’à quelques jours avant son départ pour Bruxelles.
Cette histoire montre les conséquences d’un choix basé sur la peur et la croyance. Touadéra n’osait pas consulter un médecin par crainte de paraître affaibli. Pendant ce temps, sa maladie progressait.
Aujourd’hui, la question reste entière : pourra-t-il reprendre ses activités politiques alors que son état de santé inquiète son entourage ? Le président prépare son retour à Bangui au moment où nous rédigeons cet article, mais son avenir politique semble désormais compromis….
Un prêtre catholique a prononcé des mots qui touchent directement au centre du débat politique centrafricain. Face au Premier ministre, aux dignitaires et aux fidèles, cet homme de Dieu a parlé avec une simplicité désarmante de l’art de savoir partir. Ses paroles, empreintes d’une profonde humanité, semblent s’adresser personnellement au président Faustin-Archange Touadéra, qui gouverne la Centrafrique depuis 2016 et qui a récemment modifié illégalement la constitution pour prolonger son mandat et instaurer la dictature sanglante dans le pays.
« Si les bourgeons ne partaient pas, si la saison des pluies boudait la saison sèche, il n’y aurait ni fruits ni feuillages ». Cette image tirée du cycle naturel frappe par sa simplicité et sa vérité. Le prêtre puise dans ce que tout le monde peut observer : la nature ne s’accroche pas, elle accepte le changement pour permettre la vie de continuer.
Cette métaphore prend une résonance particulière quand on pense à Touadéra. Depuis qu’il a accédé au pouvoir, le président centrafricain n’a pas fait un effort pour son pays qui est toujours dans un état lamentable. Mais aujourd’hui, avec ses réformes constitutionnelles de 2023 qui lui permettent de rester plus longtemps au pouvoir, la question se pose : est-ce que son maintien permet vraiment à la Centrafrique de « fleurir » ?
Le prêtre ne pointe du doigt personne directement, mais sa parole porte une vérité universelle : parfois, c’est en partant qu’on rend le plus grand service à ceux qu’on aime.
L’Exemple du Christ
L’homme de Dieu va plus loin en citant les paroles de Jésus : « Il vous est utile que je m’en aille ». Ces mots du Christ à ses disciples prennent une dimension particulière quand on les applique au leadership politique. Jésus, qui aurait pu rester éternellement avec ses disciples, a choisi de partir pour leur permettre de grandir et de porter sa mission.
Pour Touadéra, qui affiche publiquement sa foi chrétienne, ce message résonne comme un défi personnel. Comment concilier sa foi avec sa volonté de prolonger son mandat ? Le prêtre, sans accuser, pose une question que beaucoup de Centrafricains se posent : un leader chrétien ne devrait-il pas montrer l’exemple en faisant confiance à la génération suivante ?
Cette interrogation prend une dimension particulièrement émouvante quand on pense aux jeunes Centrafricains qui n’ont connu que des dirigeants vieillissants et qui aspirent à voir des visages nouveaux prendre les rênes du pays.
Le contexte africain donne une profondeur particulière à ce discours. Across le continent, on voit des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir : Paul Biya au Cameroun depuis 1982, Paul Kagame au Rwanda qui a modifié la constitution pour rester, ou encore les tensions actuelles en RDC avec Félix Tshisekedi.
La Centrafrique, pays déchiré par des décennies de conflits, a particulièrement besoin de stabilité. Mais cette stabilité peut-elle venir du maintien d’un même homme au pouvoir, ou au contraire d’une transmission pacifique et démocratique ? Le prêtre italien, par sa parole, semble affirmer que la vraie stabilité vient de la capacité à passer le témoin.
Les Centrafricains qui ont vécu les coups d’État, les rebellions et l’instabilité chronique comprennent peut-être mieux que d’autres l’importance de cette leçon. Ils savent que l’attachement excessif au pouvoir peut transformer l’amour du peuple en lassitude, puis en rejet.
L’Humilité du Départ
Le prêtre insiste sur un point essentiel : reconnaître qu’on a « épuisé son utilité » n’est pas une humiliation. C’est même, dit-il, un « service grandiose ». Cette vision du départ comme acte d’amour et de service contraste avec l’idée répandue que quitter le pouvoir est un échec. Non! Non!
Pour Touadéra, qui a consolidé son pouvoir dans un contexte difficile, cette parole peut sembler douloureuse. Après, selon lui, tant d’efforts pour prétendument stabiliser le pays, faut-il vraiment partir ? Le prêtre répond par l’affirmative : c’est justement parce qu’on a servi qu’on doit savoir céder la place à « plus vigoureux, plus jeune ».
Cette idée que le départ peut être un acte d’amour résonne particulièrement dans un pays comme la Centrafrique, où tant de dirigeants ont préféré s’accrocher au pouvoir jusqu’à la chute, souvent dans le sang et les larmes.
Le discours du prêtre italien dépasse le simple conseil politique. C’est un appel à la conscience, particulièrement pour un dirigeant qui se réclame de la foi chrétienne. L’homme de Dieu ne condamne pas, il invite à la réflexion : quel héritage veut-on laisser ?
Cette question prend une dimension particulièrement poignante quand on pense aux enfants centrafricains qui grandissent dans un pays où la démocratie peine à s’enraciner. Que leur apprend-on sur le pouvoir ? Que c’est quelque chose qu’on garde jalousement, ou qu’on peut transmettre avec grâce ?
Le prêtre, par sa parole simple mais profonde, offre une autre vision : celle d’un leadership qui se mesure non pas à sa durée, mais à sa capacité à préparer l’avenir.
L’Émotion d’un Départ Choisi
Il y a quelque chose de profondément émouvant dans l’idée d’un départ choisi par amour. Le prêtre italien, par ses mots, évoque cette beauté du geste volontaire, de celui qui part non pas parce qu’il y est forcé, mais parce qu’il comprend que c’est le bon moment.
Pour les Centrafricains qui ont vécu tant de départs forcés, de coups d’État et de fuites précipitées, l’idée d’un président qui choisirait de partir sereinement, en passant le témoin à la génération suivante, peut sembler presque irréelle. Et pourtant, c’est exactement ce que propose le prêtre : transformer le départ en acte de foi et d’espérance.
Cette vision peut faire naître des larmes, non pas de tristesse, mais d’émotion devant la beauté d’un tel geste. Imaginer Touadéra choisissant de partir pour permettre à son pays de respirer, de se renouveler, de retrouver espoir : voilà une image qui pourrait réconcilier les Centrafricains avec l’idée du pouvoir….
Maxime Balalou sort de son chapeau une “crise mondiale” du carburant pour justifier la pénurie centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/station-essence-total-4e-arrondissement-Bangui-janvier2018-cnc-.jpg” data-wpel-link=”internal”>station essence Total 4e arrondissement de Bangui
Le ministre invente des tensions internationales pour expliquer l’inexplicable pénurie centrafricaine.
Maxime Balalou a encore frappé. Lundi, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le ministre de la Communication s’est fendu d’une explication aussi surprenante qu’improvisée pour justifier la crise du carburant qui étouffe le pays. Selon lui, la République centrafricaine subirait une “crise mondiale” liée aux “tensions internationales”. Une révélation qui laisse perplexe.
Car enfin, de quelle crise mondiale parle-t-il ? Le Cameroun manque-t-il de carburant ? Le Tchad rationne-t-il l’essence ? La RDC ferme-t-elle ses stations ? Balalou n’en dit rien. Il se contente d’agiter des mots creux comme un magicien sort un lapin de son chapeau. Sauf que cette fois, le tour de magie ne prend pas.
Les faits sont têtus. En janvier dernier, le gouvernement paradait avec ses 30 000 tonnes de gasoil russe. Un million de litres censés alimenter le pays pendant six mois. Cinq mois plus tard, les Centrafricains font la queue sous le soleil pour quelques gouttes d’essence. Où est passé le carburant ? Mystère.
Balalou préfère invoquer des fantômes plutôt que d’expliquer cette disparition. Aucun rapport sur l’utilisation des stocks. Aucune trace budgétaire des recettes générées. Aucune transparence sur les circuits de distribution. Le ministre maîtrise l’art de parler sans rien dire.
Pendant ce temps, les transporteurs limitent leurs trajets. À Bambari, le litre d’essence vaut désormais son pesant d’or au marché noir. À Berberati, à 584 kilomètres de la capitale, les véhicules restent au garage. Mais pour Balalou, tout va bien dans le meilleur des mondes possibles.
Cette inventivité dans l’excuse mérite reconnaissance. Qui d’autre qu’un génie de la communication pourrait transformer une gabegie locale en crise planétaire ? Qui d’autre saurait faire oublier un million de litres volatilisés en évoquant de mystérieuses tensions internationales ?
Les Centrafricains apprécieront cette créativité ministerielle. Ils qui peinent à se déplacer, à transporter leurs marchandises, à faire tourner leurs générateurs, découvrent qu’ils participent en réalité à un phénomène mondial. Quelle consolation.
Balalou devrait peut-être consulter ses collègues des pays voisins avant de théoriser sur les crises globales. Il découvrirait que cette pénurie a une particularité : elle s’arrête aux frontières centrafricaines.
à Bangui, la discrimination dans la délivrance des cartes nationales d’identité prend de l’ampleur
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/05/direction-de-police-judiciaire-dspj-Bangui-centrafrique-le-18-juillet-2019-par-micka-pour-corbeaunews.jpg” data-wpel-link=”internal”>direction de police judiciaire (DSPJ) à Bangui
À la brigade criminelle, siège de la direction de la police judiciaire (DPJ), de nombreux demandeurs de cartes nationales d’identité rencontrent des blocages répétés. Les cas relevés concernent presque exclusivement des citoyens dont les noms sont à consonance musulmane.
Sur place, notre équipe a documenté plusieurs cas. Des dizaines des jeunes affirment avoir déposé tous les documents requis. Pourtant, leurs dossiers sont rejetés, souvent sans justification claire. Les noms fréquemment concernés sont Abdoulaye, Mahamat, Abakar, Ousmane, Issa, entre autres. En revanche, les dossiers de demandeurs portant des noms chrétiens comme Paul, Patrick, Vianney et etc. ne semblent pas affectés par ces retards.
Des policiers interrogés discrètement par notre équipe d’investigation attribuent ces refus au directeur de la société Almadina, entreprise libanaise chargée de la confection des cartes. Cette explication soulève des doutes, du moment où le responsable étant lui-même de confession musulmane.
Plusieurs témoignages des demandeurs recueillis à la DPJ indiquent qu’en plus du rejet des dossiers, des paiements informels sont exigés. Des montants allant de 10 000 à 20 000 francs CFA sont parfois glissés dans les dossiers pour accélérer le traitement. Mais cela ne suffit pas toujours : des sommes supplémentaires seraient demandées aux demandeurs musulmans pour finaliser la procédure.
C’est exactement ce qu’on a documenté à Zawa, localité située à 245 kilomètres de Bangui. Les policiers exigent systématiquement des pots-de-vin pour traiter les demandes, avec un traitement plus lourd pour les musulmans. Les membres de la communauté peule, en particulier, seraient contraints de payer jusqu’à 200 000 francs CFA.
À la brigade criminelle, ce jour du vendredi 25 juillet, une vingtaine de cas similaires ont été observés dans la matinée. Tous les dossiers bloqués portaient des noms musulmans. Aucun cas de refus n’a été relevé pour les demandeurs chrétiens.
Chantage, intimidation et déni de droit : le calvaire d’un réfugié centrafricain au Tchad
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/Laurent-Ragba-Foutour.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Laurent Ragba Foutour, ancien cadre centrafricain, refugié au Tchad
Laurent Ragba Foutour , Un ancien cadre centrafricain devenu réfugié en détresse au Tchad sans assistance.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Laurent Ragba Foutour, 69 ans, est un réfugié originaire de Centrafrique arrivé au Tchad en 2015 avec une famille nombreuse de 11 personnes. Ancien administrateur et cadre politique dans son pays natal, il a fui le conflit en République centrafricaine pour chercher protection au Tchad. Depuis près de six ans, cependant, son foyer survit sans aucune assistance humanitaire, dans une détresse grandissante. M. Laurent Ragba Foutour affirme que sa famille, comprenant sa fille veuve Noura (31 ans) et ses petits-enfants, est livrée à elle-même depuis janvier 2020 – plus d’aide alimentaire ni financière, pas de prise en charge médicale – malgré son statut légal de réfugié reconnu.
Cette situation émouvante est le fruit d’un conflit ouvert avec certains agents du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad, que Laurent Ragba Foutour accuse de graves abus de pouvoir, d’intimidation et de corruption. Ses efforts répétés pour obtenir justice et rétablir ses droits l’ont conduit à dénoncer publiquement ces dérives. Appuyé par la récente diffusion de son témoignage par Corbeaunews-Centrafrique (CNC), il interpelle aujourd’hui les autorités tchadiennes et les instances internationales afin de mettre un terme à son calvaire et à celui d’autres réfugiés dans le pays.
Accusations de corruption : une assistance coupée après un pot-de-vin manqué
Le point de départ de l’affaire remonte au 8 janvier 2020. Ce jour-là, au guichet unique du HCR à N’Djamena, Laurent Ragba Foutour accompagne un compatriote réfugié (M. Eric A., d’origine libanaise mais naturalisé centrafricain) venu suivre son dossier. Ils y rencontrent deux agents du service Protection du HCR, identifiés comme M. Blaise et M. Barnabé. D’après M. Ragba Foutour, la discussion a dégénéré lorsque M. Blaise aurait reproché à son ami de ne lui avoir versé qu’un pot-de-vin de 50 000 francs CFA, au lieu des 3 000 000 FCFA qu’il escomptait, en échange de l’avancement de sa procédure de réinstallation vers un pays tiers.
Selon le témoignage de Laurent Ragba Foutour recueilli par la rédaction du CNC, l’agent du HCR, furieux, aurait proféré des menaces explicites à l’encontre du réfugié : « Regarde-moi bien. Pour seulement 50 000 F ? À cause de gens comme toi, mon père a giflé un Blanc à Bouar et on a dû rentrer au Tchad.C’est fini pour vous : vous n’aurez plus aucun service du HCR, excepté votre rapatriement dans votre pays d’origine. Si j’avais su que tu ne m’apporterais que 50 000 F, je n’aurais jamais donné mon accord pour qu’on te délivre ton titre de voyage. Maintenant, va récupérer ça là où tu as l’habitude de corrompre, c’est-à-dire à la CNARR ! » (la CNARR étant la Commission nationale d’accueil, de réinsertion des réfugiés et des rapatriés, l’organisme étatique tchadien en charge des réfugiés).
Ces paroles rapportées laissent entendre qu’un accord occulte de 3 millions de FCFA aurait été passé entre l’agent du HCR et le réfugié Eric A. pour faciliter sa réinstallation à l’étranger, accord que ce dernier n’aurait finalement pas honoré. La réaction de l’agent Blaise confirme une pratique de racket : il se serait senti “trompé” en ne recevant qu’une somme dérisoire de 50 000 FCFA, et aurait décidé en représailles de bloquer toute assistance future au réfugié. M. Ragba Foutour, choqué, affirme avoir constaté ce jour-là un échange révélateur : son ami lui a confié qu’ils s’étaient entendus avec l’agent sur un bakchich de 3 000 000 FCFA pour assurer le suivi du dossier jusqu’à la réinstallation. Le versement partiel de 50 000 FCFA a été perçu par l’agent comme une tromperie, déclenchant sa colère et les menaces.
Dans les semaines qui ont suivi cet incident, Laurent Ragba Foutour et sa famille en ont subi les conséquences directes. Toutes les aides qu’ils percevaient du HCR ont été brutalement suspendues à partir de janvier 2020. Il s’agissait notamment d’une modeste allocation mensuelle (environ 30 000 FCFA par personne), indispensable pour payer le loyer et nourrir les enfants. Du jour au lendemain, cette famille déjà vulnérable s’est retrouvée sans aucune ressource. D’après M. Laurent Ragba Foutour, cette suspension despotique a été instrumentée par le même agent Blaise et son équipe, en représailles à l’altercation. Il parle d’une “décision de haine”, visant à le punir lui et sa fille Noura (également réfugiée enregistrée) pour avoir été témoins et victimes collatérales de l’incident de corruption manquée.
Les conséquences humanitaires n’ont pas tardé à se faire sentir : incapacité de payer le loyer pendant plusieurs mois, menaces d’expulsion du logement, et surtout privation de soins médicaux et d’alimentation adéquate pour les enfants en bas âge. Tragiquement, la plus jeune fille de Laurent Ragba Foutour, Awa Goumi, âgée de 6 ans, est décédée le 7 mars 2024. Le père endeuillé attribue ce décès au défaut de prise en charge médicale : « Ma fille est morte faute de soins, alors que le HCR et la CNARR le savaient », écrit-il amèrement. Selon lui, cette mort démontre clairement le drame silencieux que vivent les réfugiés “sanctionnés” par ceux-là mêmes censés les protéger.
Laurent Ragba Foutour, juriste, spécialiste en droit humanitaire
“Vide juridique” ou mauvaise foi ? Une loi d’asile ignorée pendant des années
Pour se défendre et faire valoir ses droits, Laurent Ragba Foutour s’est tourné vers la législation nationale tchadienne. En effet, le Tchad s’est doté récemment d’un cadre juridique protecteur pour les réfugiés : la loi n° 027/PR/2020 du 31 décembre 2020 portant asile en République du Tchad, promulguée par le président Idriss Déby Itno (décédé en avril 2021). Cette loi, conforme aux conventions internationales (Convention de 1951 sur les réfugiés et Convention de l’OUA de 1969), consacre de nombreux droits pour les réfugiés et demandeurs d’asile : droit au séjour régulier, à la liberté de circulation, droit à l’éducation, à la santé, à l’assistance publique, à l’exercice d’une activité professionnelle, au regroupement familial, etc. Elle garantit également le principe de non-refoulement (pas d’expulsion vers un pays où la vie ou la liberté du réfugié serait menacée) et prévoit la délivrance de documents officiels (attestation, carte d’identité de réfugié, titre de voyage). En somme, sur le papier, les réfugiés au Tchad doivent être traités « aussi favorablement que les nationaux » dans l’accès aux droits fondamentaux et aux services de base.
Toutefois, pendant plus de deux ans, cette loi est restée lettre morte faute de mesures d’application concrètes. Ce n’est que le 25 avril 2023 qu’un décret d’application (n° 0648/PT/PM/MATDBG/2023) a été pris par le gouvernement de transition (présidé par Mahamat Idriss Déby, fils du défunt chef de l’État) pour préciser les modalités de mise en œuvre de la loi d’asile. Ce décret détaille les procédures d’accueil, d’enregistrement, de détermination du statut de réfugié, ainsi que les conditions d’assistance et les devoirs des institutions nationales comme la CNARR dans la protection des réfugiés.
Or, ni la loi de 2020 ni le décret de 2023 n’ont été réellement suivis d’effet sur le terrain, selon Laurent Ragba Foutour. Lorsque celui-ci a commencé à invoquer la loi 027/PR/2020 pour réclamer ses droits (notamment le rétablissement de l’assistance humanitaire suspendue), il s’est heurté à une fin de non-recevoir de la part de certains responsables. En particulier, il dénonce l’attitude du chargé de la Protection à la CNARR, un certain M. Hamid, présent lors d’une réunion tripartite sur son cas.
Lors d’une rencontre tenue au Ministère de l’Action sociale et des Affaires humanitaires, en présence de représentants du HCR, de la CNARR, de Laurent Ragba Foutour et de sa fille, le représentant de la CNARR a catégoriquement contesté l’applicabilité de la loi d’asile. D’après M. Ragba Foutour, « devant tout le monde, le chargé de protection de la CNARR a soutenu que la loi n° 027/PR/2020 était vide de tout fondement juridique et inapplicable faute de décret d’application ». Il aurait même ajouté : « L’assistance aux réfugiés n’est pas une obligation. Même devant le chef de l’État, je le maintiendrai ». Puis, pour appuyer ses dires, le fonctionnaire aurait distribué sa carte de visite aux participants – un geste perçu par M. Ragba Foutour comme de la provocation, sinon de l’arrogance.
Ces déclarations ont profondément indigné le réfugié, d’autant plus qu’elles sont intervenues alors même que le fameux décret d’application existait depuis des mois. En clair, l’argument du “vide juridique” avancé par le responsable de la CNARR était infondé – soit par ignorance, soit par volonté délibérée de couvrir les agissements du HCR. Laurent Ragba Foutour y voit une trahison de la part d’un représentant de l’État tchadien censé « orienter la politique de l’État en matière d’asile » mais qui prend fait et cause pour le HCR contre les intérêts des réfugiés.
Cette négation de la loi par un cadre national a aussi des relents d’irrespect envers les plus hautes autorités, souligne-t-il. « J’ai considéré les propos tenus par le chargé de protection de la CNARR et par le personnel du HCR comme une insulte et une moquerie à l’intelligence et à la mémoire des dignitaires du pays qui ont adopté et promulgué la loi n°027/PR/2020 », écrit Laurent Ragba Foutour dans une correspondance officielle. En effet, cette loi avait été signée par le Maréchal Idriss Déby Itno quelques mois avant sa mort, puis le décret par son successeur. Ignorer ces textes revient à piétiner la volonté de l’État tchadien lui-même, fait-il remarquer.
Démarches auprès du gouvernement : l’effet d’un article de presse
Face à l’impasse avec le HCR et la CNARR, Laurent Ragba Foutour a multiplié les recours administratifs. Dès 2021 et 2022, il a adressé plusieurs plaintes et doléances au Premier Ministre, au Ministère de l’Administration du territoire (dont dépend la CNARR), ainsi qu’au Ministère de l’Action sociale et Affaires humanitaires (tutelle des questions de réfugiés). Il y exposait sa situation, réclamant la rétrocession de ses droits légaux : la reprise de l’assistance due depuis janvier 2020 (soit un arriéré cumulé de 1 980 000 FCFA à fin juin 2025, correspondant à 66 mois d’allocation à 30 000 FCFA) et la réactivation de la procédure de réinstallation pour lui et sa famille, qu’il estime injustement bloquée.
Pendant longtemps, ces requêtes sont restées sans suite concrète. Mais un tournant s’est produit début 2025, lorsque Corbeaunews-Centrafrique (CNC), média d’information en ligne, s’est emparé de l’affaire. Le 26 février 2025, CNC a publié une première information sur le cas de Laurent Ragba Foutour, révélant publiquement les problèmes auxquels il faisait face et le blocage de la loi d’asile. Cette médiatisation a eu un effet retentissant au sein de l’administration tchadienne : alerté par l’article, le Ministère de l’Action sociale s’est empressé de rechercher le décret d’application manquant et en a retrouvé une copie. La hiérarchie du ministère, semble-t-il, n’était même pas informée que le décret 0648/PT/PM/MATDBG/2023 avait été signé l’année précédente. La diffusion de l’information par CNC a ainsi levé toute ambiguïté juridique : désormais, plus personne ne pouvait prétendre que la loi n°027 n’avait pas force exécutoire.
Dans la foulée, Laurent Ragba Foutour a été reçu au Ministère pour examiner son cas. Toutefois, les changements de personnels compliquent le suivi : « J’ai vu le nouveau Directeur Général du ministère, il vient d’arriver après un remaniement qui a relevé l’ancienne équipe. Il ne maîtrisait pas bien mon problème », raconte le réfugié. Il a dû tout réexpliquer : la genèse de l’affaire, l’attitude du HCR, le *mode de vie précaire qu’il mène en louant une maison sans revenus. M. Ragba Foutour a insisté pour que le Directeur Général prenne attache avec le Directeur de Cabinet du ministre, mieux au fait du dossier car présent lors de la fameuse réunion tripartite.
Effectivement, c’est le Directeur de Cabinet qui va lui proposer une démarche concrète : « Il m’a dit : “Vous avez beaucoup souffert dans vos démarches, il serait souhaitable que vous me présentiez, pour le ministre, une fiche récapitulative de tous vos problèmes. Cela me permettra d’en discuter personnellement avec le ministre afin de vous trouver rapidement une solution.” » Aussitôt, Laurent Ragba Foutour s’est attelé à rédiger cette note circonstanciée, qu’il a déposée officiellement au Ministère et à la CNARR le 9 juillet 2025. Il en a également transmis copie au journaliste de CNC comme pièce justificative.
Ce document, intitulé « Fiche de persécution, de la terreur et de l’intimidation faite aux réfugiés par le HCR (le personnel national) », retrace point par point l’historique de son calvaire. On y retrouve son identité, le détail des événements du 8 janvier 2020 (avec les propos injurieux attribués à M. Blaise), les démarches entreprises auprès des autorités, le verbatim de la réunion au ministère où la loi d’asile a été qualifiée de “vide juridique”, ainsi qu’un résumé cinglant de la situation : « Les propos notoires du chargé de protection de la CNARR et du personnel du HCR prouvent à suffisance la moquerie, l’insubordination et l’insulte à la mémoire des hautes autorités du pays qui ont promulgué la loi 027/PR/2020… Pourquoi des êtres humains persécutés chez eux, venus chercher asile au Tchad au nom du droit international humanitaire, se retrouvent-ils une seconde fois persécutés et intimidés au nom d’un Chef d’État du pays d’accueil ? » interroge-t-il, scandalisé, dans cette note adressée à la Ministre de l’Action sociale.
En un mot, Laurent Ragba Foutour supplie la Ministre d’intervenir auprès du Représentant du HCR au Tchad pour :
Obtenir le remboursement des arriérés d’assistance qui lui ont été indûment supprimés (1 980 000 FCFA au total de 2020 à mi-2025).
Appuyer la réinstallation de sa famille dans un pays tiers, de préférence le Canada, estimant que leur sécurité au Tchad n’est plus garantie du fait des menaces et représailles exercées par le personnel local du HCR. « Ma famille et moi sommes sous la grande menace du personnel HCR », écrit-il, redoutant manifestement des représailles physiques ou d’autres types d’abus s’il continue à dénoncer publiquement.
Une famille vulnérable et des réfugiés oubliés : l’appel à l’aide
Alors que cette pétition écrite a été transmise, Laurent Ragba Foutour poursuit ses démarches au jour le jour. « Je m’apprête à retourner au cabinet du ministre pour suivre mon dossier », disait-il encore récemment, déterminé mais anxieux. Chaque jour qui passe aggrave la situation de sa famille : quatre mois de loyer impayés s’étaient accumulés au début de l’été, exposant le foyer au risque d’être expulsé de son modeste logement du quartier Walia à N’Djamena. Sa santé personnelle s’est détériorée, au point qu’il n’a pu consulter ses messages pendant plusieurs jours. La précarité est extrême : « Cela fait presque six ans que ma famille de 11 personnes souffre des griffes du HCR sans aucune assistance alimentaire ni kits de survie », témoigne-t-il, « On nous prive de tout… L’assistance se fait de manière sélective, surtout en faveur des apatrides, tandis que nous, réfugiés centrafricains ayant légalement fui notre pays depuis 2014, sommes laissés pour compte parce que nous n’avons pas les moyens. »
Les Ragba Foutour ne sont malheureusement pas un cas isolé, à l’en croire. D’autres réfugiés au Tchad croupissent dans l’oubli, faute d’argent pour “huiler” les rouages. « Il y a des réfugiés arrivés avant nous qui ne sont toujours pas réinstallés aujourd’hui, faute de moyens. Pendant ce temps, on réinstalle des réfugiés fictifs… » avance-t-il, suggérant que des passe-droits profiteraient à certains (des personnes pas forcément de nationalité centrafricaine, d’où le terme “apatrides”, ou bien des faux réfugiés) au détriment des vrais demandeurs en situation de vulnérabilité. Ce système de favoritisme par l’argent crée une profonde injustice au sein de la communauté réfugiée.
À bout de souffle, Laurent Ragba Foutour en vient à exprimer une détresse existentielle : « Malgré les difficultés en Centrafrique, nous n’avons pas les moyens de repartir au village. Quitte à mourir, autant mourir chez soi que de mourir à l’étranger dans de pareilles conditions », lance-t-il, amer. Ces mots traduisent la perte d’espoir qui le gagne face à l’inaction prolongée des organismes censés le protéger.
Pourtant, il refuse d’abandonner le combat. Constatant qu’au Tchad les démarches judiciaires risqueraient d’être vaines – « Nous ne pouvons pas saisir la justice tchadienne car elle pourrait subir le droit de veto du HCR », pense-t-il – il envisage de porter l’affaire sur la scène internationale. Il a déjà contacté l’Inspecteur général du HCR à Genève par le passé, sans résultat, celui-ci ayant renvoyé la balle vers les autorités du pays d’asile. Si le ministère tchadien n’apporte pas de solution satisfaisante, M. Ragba Foutour se dit prêt à saisir des juridictions internationales compétentes en matière de droits des réfugiés ou de transparence humanitaire.
En parallèle, il mise sur la pression médiatique et diplomatique. Dans un récent message audio, il insistait pour que son témoignage diffusé par CNC parvienne jusqu’au gouvernement tchadien et au Représentant du HCR lui-même. Mieux, il souhaiterait que l’Ambassade du Canada au Tchad, voire le gouvernement canadien, soient informés de sa situation. Car c’est vers le Canada que ses yeux se tournent : il rêve que ce pays, traditionnellement accueillant pour les réfugiés, accepte sa réinstallation afin de donner à sa famille un nouveau départ loin de l’environnement hostile qu’ils subissent actuellement. « Si vous pouvez faire quelque chose pour nous, ce serait merveilleux », implore-t-il à l’adresse des journalistes de CNC et, à travers eux, des décideurs.
Vers la fin du silence ?
L’histoire de Laurent Ragba Foutour met en lumière des dysfonctionnements graves dans la protection des réfugiés au Tchad. Les allégations de corruption, de détournement d’aide et de pressions exercées par certains agents nationaux du HCR, si elles sont avérées, révèlent une fragilité de la gouvernance humanitaire dans le pays d’accueil. Le fait qu’un cadre de la CNARR ait pu déclarer une loi de la République “inapplicable” interroge également sur la coordination entre les autorités nationales et les agences onusiennes.
Il convient de rappeler que le Tchad accueille plus d’un demi-million de réfugiés de diverses nationalités (Soudan, Centrafrique, Nigeria, etc.), et que les besoins humanitaires y sont immenses. Le cas individuel de M. Ragba Foutour et de sa famille vient rappeler que derrière les chiffres, il y a des vies humaines en péril, et que la corruption ou la négligence peuvent tuer tout aussi sûrement que la guerre qu’ils ont fuie. Dans un contexte régional tendu, le Tchad s’honorerait à faire respecter scrupuleusement sa loi d’asile nouvellement adoptée et à punir les éventuels abus commis en son nom ou en celui de partenaires humanitaires.
D’autres pays ont récemment sévi contre les dérives dans l’aide aux réfugiés : Laurent Ragba Foutour cite en exemple le Burkina Faso, où des travailleurs humanitaires nationaux ont été arrêtés pour malversations financières dans la gestion de l’aide aux déplacés. Il en appelle à une prise de conscience similaire au Tchad, afin que nul ne se sente “au-dessus des lois”. « Si ici les humanitaires nationaux pensent qu’ils sont au-dessus de la loi… » dit-il, laissant entendre que le gouvernement devrait agir de la même manière qu’au Burkina en cas de fraude avérée.
En attendant, son sort reste en suspens, suspendu aux décisions à venir du Ministère de l’Action sociale et du HCR. La fiche détaillée qu’il a soumise début juillet 2025 sera-t-elle suivie d’effets ? Le gouvernement tchadien usera-t-il de son influence pour obtenir la levée des sanctions informelles qui frappent cette famille ? Le Représentant du HCR au Tchad donnera-t-il suite à ces accusations graves visant son personnel ? Et surtout, une solution de réinstallation humanitaire sera-t-elle enfin proposée à Laurent Ragba Foutour, pour que ses enfants et petits-enfants puissent retrouver une vie digne et sûre ?
La balle est désormais dans le camp des autorités. Laurent Ragba Foutour, lui, a décidé de ne plus se taire. En brisant le silence, il espère non seulement sauver sa propre famille, mais aussi faire bouger les lignes pour l’ensemble des réfugiés oubliés du Tchad. « On ne nourrit pas le peuple avec des paroles », rappelle-t-il en citant ironiquement l’ancien président centrafricain Jean-Bedel Bokassa. À l’heure où le Tchad dispose enfin d’une loi moderne garantissant les droits des réfugiés, son cas est un test de crédibilité pour les engagements humanitaires du pays. Les prochains jours diront si cet appel désespéré sera entendu.
Situé à cinq kilomètres d’Obo (1320 kilomètres de Bangui), le village de Gougère, sur l’axe de Djema, vit un isolement total. Cet axe secondaire oublié menant à Djéma s’est transformé en bourbier infranchissable où même les motos et vélos ne passent plus. Les pluies torrentielles ont fait déborder les rivières, bloquant les bacs sur la rive opposée et rendant impossible tout déplacement.
Une équipe de l’ONG Alima s’est retrouvée impuissante jeudi dernier. Venue distribuer des médicaments, elle a découvert le bac coincé de l’autre côté de la rivière. Aucun passeur, aucun responsable pour le manœuvrer. Après des heures d’attente vaine, les agents ont abandonné leur mission, laissant les malades sans soins.
Cette paralysie frappe chaque saison pluvieuse. Obo se retrouve coupé du monde. Les camions d’approvisionnement venus de la capitale ou de Zémio (1113 kilomètres de Bangui) ne peuvent plus circuler. Nourriture, médicaments, produits de première nécessité : tout manque. Les humanitaires tentent de maintenir leurs activités mais l’enclavement les empêche d’atteindre les populations les plus vulnérables.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/riviere-obo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les villageois tentent de traverser la rivière du village Gougère, 5 kilomètres d’Obo. Photo CNC
Les habitants s’organisent comme ils peuvent. Certains utilisent des bacs de fortune, tractés à la main avec des cordes. D’autres fabriquent des embarcations de fortune avec des branches. Ces traversées périlleuses restent leur seul moyen d’accéder aux champs ou aux centres de santé.
Les ONG comme Alima et Médecins Sans Frontières maintiennent seules une présence médicale dans ces zones abandonnées. “L’État n’a même pas une moto pour les référencements ici”, témoigne un agent de santé de Obo. Les rares structures sanitaires fonctionnent uniquement grâce au soutien international.
Depuis une décennie, le gouvernement Touadéra privilégie le financement de sa sécurité : mercenaires du groupe Wagner et troupes rwandaises, au détriment des infrastructures de base. Routes, ponts, hôpitaux, électricité : tout est négligé dans cette partie du territoire qui échappe au contrôle étatique.
Les populations survivent tant bien que mal. Les organisations internationales demeurent les seuls acteurs présents dans cette zone que beaucoup considèrent comme définitivement oubliée par les autorités.
Bangui : un policier en état d’ivresse avancée provoque un grave accident sur l’avenue des martyrs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/05/commissariat-du-huitième-arrondissement-de-Bangui-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/05/commissariat-du-huitième-arrondissement-de-Bangui-1-450×337.jpg” alt=”Bangui : un policier en état d’ivresse avancée provoque un grave accident sur l’avenue des martyrs” width=”450″ height=”337″ />Commissariat du huitième arrondissement de Bangui. Photo CNC
Un agent de police en état d’ébriété avancé a causé un accident avec plusieurs blessés mercredi 6 août 2025, après avoir poursuivi un jeune homme sur la rue Mbaïkoua, menant sur le pont de Miskine, dans le cinquième arrondissement de Bangui.
Les faits ont débuté en fin de journée dans un débit de boisson situé au croisement du huitième arrondissement de Bangui. Le policier, connu sous le nom de Makeur, buvait sur place quand il a pris à partie un jeune vendeur de boissons. Plusieurs témoins rapportent à une équipe des journalistes du CNC qui est arrivée sur place que l’agent, en uniforme et visiblement alcoolisé, a commencé par harceler le vendeur avec des propos déplacés, avant de s’en prendre directement à lui en insultant sa mère. Le policier a même pris la bouteille de sa bière et jette sur le jeune homme. Malgré les provocations répétées et de plus en plus agressives, le jeune homme a gardé son sang-froid.
Face à cette escalade, le jeune a préféré quitter les lieux à pied pour éviter les ennuis. Il a quitté le croisement du huitième arrondissement et a pris la direction du pont de Miskine, sur l’avenue Mbaïkoua, dans le cinquième arrondissement, pensant sans doute que le policier, très ivre, en resterait là. Mais Makeur, déterminé à en découdre avec le jeune, n’avait pas l’intention de lâcher prise. Dans son état d’ivresse, il a rapidement trouvé une moto-taxi et s’est lancé à la poursuite du jeune homme.
Une fois sur l’avenue Mbaïkoua menant au pont de Miskine, le policier a retrouvé le jeune et le capture de force. Sans ménagement, il a ensuite voulu le traîner vers le commissariat du huitième arrondissement. Mais en arrivant sur l’avenue des martyrs, le policier, voudrais traverser pour se rendre au commissariat. Le jeune homme, désormais prisonnier de cet agent hors de contrôle, n’avait plus d’échappatoire.
C’est au moment de cette traversée forcée que le drame s’est produit. L’avenue des Martyrs, connue pour sa circulation dense et rapide, voyait arriver une moto transportant plusieurs passagers à vive allure. Le jeune homme, encore tenu fermement par le policier, a aperçu la moto qui approchait et a instinctivement tenté de traverser vite pour éviter le danger. Mais le policier Makeur, dans son état d’ébriété avancée, n’a rien voulu entendre. D’un geste brutal et irréfléchi, il a poussé violemment le jeune homme directement sur la chaussée en face de la moto qui arrive en vive allure.
La collision était désormais inévitable. La moto a percuté violemment le jeune homme, qui a chuté immédiatement au sol. Au même moment, le conducteur de la moto et ses passagers ont été violemment projetés également au sol et gravement blessés. La moto elle-même a été complètement détruite dans le choc.
Alors que la scène se déroulait à quelques mètres seulement du commissariat du 8ᵉ arrondissement, des policiers en civil sont rapidement arrivés sur place. Pourtant, au lieu de porter secours aux blessés qui sont encore au sol et de sécuriser la zone comme l’exige la procédure, ils ont choisi une tout autre approche. Discrètement, ils ont fait partir leur collègue Makeur des lieux. Les victimes, elles, sont restées sans la moindre assistance.
Par la suite, le jeune homme à l’origine involontaire de l’accident a été légèrement blessé par coup de chance, malgré sa chute sur le goudron. Quant aux blessés de la moto, ils n’ont reçu aucun soin immédiat malgré leurs blessures apparemment graves. Aucun secours n’a été appelé, aucun dispositif d’urgence n’a été mis en place. Le policier Makeur, pourtant seul responsable de cette tragédie, est reparti librement comme si de rien n’était.
Cet acte criminel impliquant un élément de force de l’ordre en état d’ivresse avancé pousse les centrafricains à s’interroger sur le fonctionnement interne de la police centrafricaine, où des agents manifestement problématiques continuent leur service sans la moindre surveillance. L’impunité demeure la règle, même lorsque des fautes graves sont commises en plein jour et devant témoins.
Mardi soir vers 20 heures, un pick-up transportant des passagers a quitté la route à 17 kilomètres de Tournan-Est, sur l’axe Sibut-Dékoa. La gendarmerie locale dénombre trois morts et une dizaine de blessés graves.
Les faits se sont déroulés dans la soirée de mardi, quand le calme habituel de cette portion de route a été rompu par le bruit d’un accident. Un pick-up Hilux L200, transformé en transport en commun, venait de quitter la chaussée dans un bruit de ferraille.
Le véhicule transportait des dizaines de passagers qui se rendaient de Bangui vers Kaga-Bandoro. Comme souvent dans le pays où les moyens de transport publics manquent, les voyageurs s’entassaient dans le pick-up : certains assis sur les banquettes, d’autres debout. Tous utilisaient ce moyen de transport habituel sans imaginer le drame qui allait survenir. L’accident s’est produit à 17 kilomètres de Sibut, soit à 202 kilomètres de Bangui.
Quand les premiers secours sont arrivés, guidés par les appels des survivants, ils ont découvert un spectacle difficile. Le pick-up, retourné sur le côté, avait éjecté ses occupants sur plusieurs mètres. Trois personnes avaient perdu la vie dans le choc. Leurs corps reposaient sur la terre rouge, tandis qu’une dizaine d’autres blessés souffraient dans l’obscurité, certains dans un état inquiétant.
Les gendarmes de Sibut, rapidement prévenus, ont organisé les secours avec les moyens disponibles. Dans cette région où les ressources restent limitées, chaque minute comptait. Les blessés les plus atteints ont été transportés d’urgence vers Sibut, dans des conditions difficiles qui inquiétaient leurs proches.
Selon les premières investigations de la gendarmerie, l’accident résulte de plusieurs facteurs. Le véhicule transportait beaucoup plus de passagers que sa capacité normale. Cette surcharge, pratique répandue sur les routes centrafricaines où l’offre de transport public reste insuffisante, avait fortement réduit la stabilité du pick-up.
L’excès de vitesse semble également en cause. Le conducteur, peut-être pressé d’arriver avant l’aube, avait sans doute sous-estimé les dangers liés à l’état de la route et aux conditions de conduite. Cette section présente plusieurs virages délicats qui demandent de la prudence, particulièrement quand le véhicule transporte une lourde charge.
Cette tragédie n’est pas exceptionnelle sur les routes de République centrafricaine. La transformation de véhicules privés en transports collectifs, imposée par les besoins économiques et l’absence d’alternatives, expose régulièrement les usagers à des risques importants. Les pick-ups bondés, les minibus pleins à craquer et les camions aménagés en cars parcourent chaque jour les routes du pays, ne respectant pas toujours les règles de sécurité de base.
Les autorités locales, qui connaissent ce problème, appellent régulièrement à la prudence. Elles rappellent aux conducteurs l’importance de respecter les vitesses autorisées et les capacités des véhicules. Mais face aux réalités économiques sur le terrain, ces conseils ont du mal à être appliqués.
Dans les familles des victimes, la tristesse se mêle à l’incompréhension. Ces passagers avaient simplement pris un transport collectif, geste ordinaire de leur vie quotidienne, pour aller d’un endroit à un autre. Ils ne pouvaient pas prévoir que ce voyage habituel tournerait au drame.
Après cette nouvelle tragédie routière, les autorités locales rappellent encore une fois l’importance de la vigilance pour tous les usagers de la route. Elles insistent sur la nécessité de respecter les capacités des véhicules et les vitesses autorisées, surtout en cette période où les déplacements augmentent.
Car derrière les chiffres et les bilans provisoires, chaque accident de la route représente des existences brisées, des familles en deuil et des communautés touchées. Sur les routes de Centrafrique comme ailleurs, la prudence demeure la meilleure protection pour tous.
Le PDCA de Jean-Serge Wafio interpelle la Cour constitutionnelle et l’ANE sur la candidature de TouadéraIntroduction :
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/monsieur-jean-serge-wafio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/monsieur-jean-serge-wafio-450×442.jpg” alt=”Le PDCA de Jean-Serge Wafio interpelle la Cour constitutionnelle et l’ANE sur la candidature de TouadéraIntroduction :” width=”450″ height=”442″ />monsieur-jean-serge-wafio – EN POLITIQUE, IL Y A TOUJOURS UN DÉBUT ET UNE FIN…
Dans une lettre ouverte datée d’août 2025, le Parti Démocratique Centrafricain (PDCA), présidé par Jean-Serge Wafio, alerte officiellement le Conseil constitutionnel et l’Autorité Nationale des Élections (ANE) sur l’impossibilité d’organiser des élections crédibles en décembre prochain. Le PDCA conteste la validité de la candidature de Faustin-Archange Touadéra, invoquant les articles 10 et 67 de la Constitution du 30 août 2023. Jean-Serge Wafio évoque notamment la double origine étrangère du président sortant et son inaptitude physique liée à un cancer avancé. Lire l’intégralité du document ici :
Mr OUABOUE Jean Pierre
Président du Conseil Constitutionnel
Bangui,
Mr MOROUBA Mathias
Président de l’Autorité Nationale des Elections-ANE
Bangui
ALERTE INTERPELLATIVE
Mrs les Présidents,
Quelles que soient les astuces, les manœuvres dilatoires, les manipulations qu’il y aura, chaque Centrafricain, en ce mois d’août 2025, sait et est convaincu qu’il sera impossible à l’Autorité Nationale des Elections-ANE d’organiser des élections couplées (présidentielles et législatives) fiables, transparentes et sans contestations en décembre 2025. Mais, le déclaré Président élu de 2016 et l’usurpateur des pouvoirs politiques de 2021, pour ne pas perdre politiquement la face, va contraindre l’ANE à organiser de simulacres élections, comme en 2021.
C’est pourquoi, nous nous permettons par la présente, dans le respect et la considération de vos rangs et prérogatives, vous alerter et vous interpeller à temps utile et vous demander très citoyennement de sauver la République pour ne pas avoir un cas de conscience le restant de vos vies respectives. Pour ce faire, nous attirons très humblement vos attentions respectives sur les dispositions des articles 10 et 67 de la constitution TOUADERA du 30 août 2023, suite à la candidature du déclaré Président élu TOUADERA, pour se succèder à lui-même, officialisée de manière insolente le 02 août 2025 à Bangui.
De l’article 10 de la constitution TOUADERA
L’article 10, définissant la nationalité centrafricaine de manière exclusive, a bien spécifié qu’elle est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle (alinéa 1). Elle est d’origine, si les parents eux-mêmes sont Centrafricains d’origine. Vous avez été témoins, comme tous les autres Centrafricaines et Centrafricains des doctes débats survenus et qui ont démontré, avant, pendant et après le référendum faussement démocratique et impopulaire validant cette constitution taillée sur mesure. Des deux (2) dispositions requises par cet article, le Sieur TOUADERA, premier candidat présidentiel ne satisfait ni à la première, ni à la seconde qui est ainsi libellée : « Est Centrafricain d’origine toute personne dont les parents sont eux-mêmes centrafricains d’origine ». Depuis 2023, tout Centrafricain lambda sait que TOUADERA Faustin Archange est de père nigérien et de mère centrafricaine d’origine zaïroise ou Congolaise (RDC). Il a bénéficié de la nationalité centrafricaine dans le cadre du droit de sol, or l’article 10, ci-avant cité, ne fait plus du droit de sol une conditionnalité d’acquisition de la nationalité centrafricaine
De l’article 67 :
Cet article requiert neuf (9) conditions cumulatives pour être candidat à l’élection présidentielle, dont deux (2) ne sont pas satisfaites par le premier candidat présidentiel déclaré TOUADERA.
La première condition non satisfaite est celle de jouir d’une bonne santé mentale et physique. Vous savez comme nous, que les 21 et 22 juin 2025, le déclaré Président élu TOUADERA a été évacué sanitairement et en urgence à la clinique Delta à Bruxelles (Belgique) où les médecins consultants ont décelé un cancer colorectal à un stade très avancé, pour ne pas dire stade final. Or, tout cancer est une maladie handicapante et invalidante, et les médecins consultants ont prescrit de strictes et rigoureuses conditions médicales, notamment, un impératif repos physique, une surveillance médicale et un protocole médical de stabilisation, avant d’envisager toutes autres mesures selon l’évolution de la maladie. C’est pour dire que ces contraintes impactent et impacteront très fortement la continuité de la gestion des pouvoirs de l’Etat au plan capacité physique et disponibilité, ce qui laisse présager que le déclaré élu Président TOUADERA sera à terme grabataire.
La seconde condition non satisfaite est celle d’être Centrafricain d’origine, condition que nous avons déjà évoquée dans le cadre de l’article 10.
Mrs les Présidents,
Certes, vous nous reprocherez que notre alerte interpellative est prématurée, mais est-il qu’elle doit être évoquée à temps utile par nécessité d’obligation citoyenne d’alerter au moment qu’il faut, parce qu’en ce mois d’août 2025, nous sommes sur une ligne de crête ou sur une ligne de basculement. Aussi, cette alerte interpellative mérite d’être lancée maintenant pour sensibiliser et conscientiser les membres du Conseil Constitutionnel et de l’ANE pour ne pas retomber dans les travers de 2021. En effet, en 2021, l’ANE et la Cour Constitutionnelle pouvaient sauver la République et nous épargner aujourd’hui des dizaines de milliers de pertes en vie humaine, la néantisation absolue du pays, l’isolement diplomatique, l’éclatement en mosaïques communautaristes du Peuple Centrafricain et la vassalisation de Centrafrique à la Fédération de la Russie et au Rwanda.
Nous osons croire que, conscients de ces forfaitures et dénis de responsabilités de 2021, du délabrement socio-économique de la République Centrafricaine, vous aurez l’audace de dire le droit et rien que le droit, pour entrer dans la grande histoire du Droit Centrafricain, si le déclaré Président élu TOUADERA voudrait encore vous imposer d’organiser de simulacres élections.
Maxime Balalou, tu parles de la “vitalité démocratique en Centrafrique ” ? De la propagande ou un signe de dérive mentale ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou-.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’ex-détenu Maxime Balalou, ministtre de la communication, porte-parole du gouvernement
Le porte-parole du gouvernement évoque une “vitalité démocratique” dans un pays où les libertés fondamentales sont quasi-inexistantes.
Le 28 juillet 2025, Maxime Balalou a déclaré : “Cet événement exceptionnel, le congrès du MCU, témoigne de la vitalité démocratique en République centrafricaine”. Cette affirmation interpelle. Connaît-il vraiment le sens de ces mots ? La vitalité démocratique implique un environnement où les libertés fondamentales sont garanties, les institutions indépendantes, la transparence assurée, et les citoyens réellement impliqués dans les décisions publiques.
Rien de tout cela n’existe aujourd’hui en Centrafrique. La réalité contredit totalement ce discours pathétique. À Bangui, capitale située au centre du pays, les autorités administratives interdisent systématiquement les réunions d’opposition sous prétexte de “troubles à l’ordre public”. Les rares tentatives de rassemblement subissent une répression policière immédiate. Aucun débat public n’est toléré.
Dans la réalité, la République centrafricaine est totalement verrouillée et isolée du reste du monde. Les opposants sont traqués, les manifestations interdites, la presse indépendante muselée. Aucune élection locale n’a eu lieu depuis 1988. L’Autorité Nationale des Élections n’a toujours pas publié de calendrier officiel. 754 centres d’enrôlement restent non opérationnels, principalement dans les zones rurales et instables.
Les libertés publiques subissent des atteintes constantes. La presse indépendante fait l’objet de pressions permanentes. Le 26 juillet, Balalou a violemment attaqué le journaliste Christian Aimé Ndotah sur les réseaux sociaux, le traitant de “charognard numérique”. Cette attaque s’inscrit dans une stratégie d’intimidation visant à dissuader toute critique.
La corruption gangrène toutes les institutions. Transparency International classe la RCA parmi les pays les plus corrompus au monde. Les marchés publics sont attribués sans appel d’offres. Les deniers publics disparaissent. La Cour des comptes ne publie plus de rapport depuis 2022. Le Parlement n’exerce aucun contrôle.
Sur le plan judiciaire, l’indépendance n’existe pas. Les procureurs reçoivent leurs instructions du pouvoir exécutif. Les opposants sont poursuivis pour “atteinte à la sûreté de l’État” dès qu’ils critiquent le régime. Les avocats subissent des pressions. La justice à deux vitesses est devenue la norme.
L’espace civique se rétrécit chaque jour davantage. Les organisations de la société civile sont infiltrées ou neutralisées. Les syndicats n’ont plus le droit de grève. Les universités sont sous surveillance. Même les réseaux sociaux font l’objet de monitoring permanent.
Dans ce contexte, évoquer une “vitalité démocratique en République centrafricaine” relève de la provocation pure. Parler de vitalité démocratique implique participation citoyenne, respect des droits fondamentaux, justice impartiale et débat public ouvert. En Centrafrique, les citoyens n’ont pas le droit de manifester, les opposants sont poursuivis, les journalistes menacés, et l’État se confond de plus en plus avec un système autoritaire.
La question se pose donc : Maxime Balalou comprend-il le sens des mots qu’il emploie, ou s’est-il perdu dans sa propre fiction maladive ? Car entre le discours officiel et la réalité du terrain, l’écart devient abyssal.
Balalou pris en flagrant délit d’incompétence face aux révélations sur l’Afrika Korps
Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidele Gouandjika avec deux Mercenaires russes du groupe Wagner baptisé Africa Corps dans son quartier Boye-Rabe à Bangui
Le porte-parole gouvernemental bafouille devant une question précise sur le contrat russe.
Lundi 28 juillet, Maxime Balalou a offert un spectacle affligeant lors de la conférence de presse gouvernementale. Face à une question documentée sur l’arrivée du groupe paramilitaire russe Afrika Korps, le porte-parole s’est englué dans des banalités creuses, exposant au grand jour son ignorance des dossiers qu’il est censé défendre.
Le journaliste n’y était pas allé par quatre chemins : « Monsieur le ministre, des rumeurs circulent sur l’arrivée de l’Afrika Korps, une nouvelle force paramilitaire russe, en République centrafricaine pour remplacer Wagner. Quelle est la position du gouvernement sur ces rumeurs et sur les négociations pour une base militaire russe ? »
La réponse de Maxime Balalou a tourné au fiasco : « Le gouvernement centrafricain entretient des relations de coopération avec la Russie, comme avec d’autres partenaires internationaux, dans le cadre de notre souveraineté et pour renforcer la sécurité nationale. Nous n’avons rien à cacher, mais nous ne répondons pas aux rumeurs qui cherchent à détourner l’attention des vrais enjeux ».
Cette bouillie verbale contraste avec la solidité des informations d’Africa Intelligence. Le magazine détaille les exigences russes : 15 millions d’euros mensuels, soit 10 milliards de francs CFA, pour déployer l’Afrika Korps en remplacement de Wagner en République centrafricaine.Vladimir Poutine aurait même raccourci les délais, exigeant un accord signé avant fin août au lieu de début 2026.
Maxime Balalou, parachuté à ce poste sans maîtriser la communication institutionnelle, a choisi la fuite en avant. Sa tactique ? Noyer le poisson dans un jargon diplomatique usé jusqu’à la corde. « Relations de coopération », « souveraineté », « sécurité nationale » : autant de mots-valises pour masquer son embarras face aux chiffres précis du contrat russe.
Le montant mensuel de 10 milliards représente une hémorragie budgétaire pour un État exsangue comme la RCA. Cette somme pourrait financer des mois de salaires dans la fonction publique ou équiper les hôpitaux de Bangui jusqu’à ceux de Berbérati, distante de 584 kilomètres de la capitale. Au lieu de cela, ces milliards s’évaporeraient vers Moscou chaque mois.
L’incompétence du porte-parole devient pathétique quand il qualifie de « rumeurs » des informations factuelles. Africa Intelligence ne colporte pas des ouï-dire de marché : le magazine expose un calendrier serré, des montants précis et une pression directe du Kremlin sur Touadéra. Traiter cela de « rumeurs » témoigne soit d’une méconnaissance abyssale du dossier, soit d’une mauvaise foi assumée.
Cette prestation ratée expose les failles béantes de l’équipe gouvernementale. Comment Touadéra peut-il confier la communication sur des enjeux aussi sensibles à un homme visiblement dépassé ? Maxime Balalou navigue à vue, incapable de fournir des éléments factuels sur un contrat qui engagerait durablement les finances publiques.
Le président se trouve dans l’étau. Accepter les conditions de l’Afrika Korps viderait les caisses de l’État pour alimenter la machine de guerre russe. Refuser compromettrait sa survie politique, tant il dépend de la protection militaire de Moscou depuis 2020. Cette dépendance transforme Bangui en simple variable d’ajustement des ambitions géopolitiques russes.
L’attitude de Balalou trahit également une stratégie d’opacité délibérée. Plutôt que d’informer les citoyens sur les négociations en cours, le gouvernement préfère l’esquive et le déni. Cette méthode alimente les suspicions au lieu de les dissiper, dans un pays où la transparence sur les accords militaires devrait être un impératif démocratique.
Les Centrafricains méritent mieux qu’un porte-parole bégayant face aux questions essentielles. À quelques mois des Élections de décembre 2025, ils ont le droit de connaître le prix exact de la protection du Président Touadera qui a profondément fragilisé le pays. Le mutisme de Balalou sur les 10 milliards mensuels réclamés par l’Afrika Korps constitue un mépris pour l’intelligence publique.
Cette séquence pathétique confirme l’amateurisme d’une équipe gouvernementale dépassée par les enjeux qu’elle prétend gérer. Quand un porte-parole fuit devant les faits, c’est tout l’édifice politique qui vacille.
: Sory Sangaré tente d’étouffer le dossier des licenciements collectifs de la Minusca
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/minusca-directeur.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/minusca-directeur-203×450.jpg” alt=”Sory Sangaré tente d’étouffer le dossier des licenciements collectifs de la MINUSCA” width=”203″ height=”450″ />Sory Sangaré, Directeur des services d’appui
Les représentants de la MINUSCA multiplient les démarches pour bloquer les procédures judiciaires engagées par leurs anciens employés centrafricains.
Le 9 juin 2025, Sory Sangaré, directeur d’appui à la mission de la MINUSCA (DMS), accompagné d’Olga Lubazanjo, responsable des contrats à l’UNOPS, s’est présenté au cabinet de Michelle Mwanga, ministre centrafricaine du Travail. L’objet de cette visite : empêcher toute reconnaissance des droits des travailleurs centrafricains licenciés par la mission onusienne.
Plus de cent employés centrafricains ont perdu leur poste entre octobre 2023 et avril 2025, sans respecter les procédures légales en vigueur. Ces licenciements ont touché des agents comptant entre huit et onze années d’ancienneté. Plusieurs d’entre eux avaient participé le 5 juin 2025 à des manifestations contestant leurs conditions de travail, soit quatre jours avant l’intervention de Sangaré auprès du ministère. La direction de la MINUSCA invoque une réduction budgétaire consécutive au changement d’administration aux États-Unis pour justifier ces mesures.
Le conseil du collectif des travailleurs licenciés, a saisi le 10 juin 2025 la direction régionale du travail à Bangui. Cette instance a convoqué la MINUSCA pour obtenir la transmission des pièces essentielles : contrats de travail, bulletins de salaire, états de service détaillés. La mission disposait jusqu’au 11 juillet pour fournir ces éléments. Mais la surprise est qu’aucun document n’a été transmis à ce jour.
Pour effacer toute trace des engagements contractuels, les responsables ont fait détruire par le feu les archives stockées sur le site de M’Poko. Ces dossiers contenaient notamment les formulaires P11, documents personnels remplis par chaque travailleur lors de son recrutement initial. Ces pièces constituaient la preuve de l’ancienneté et de l’historique professionnel des employés. Cette destruction intervient alors que des directives internes prévoyaient l’intégration progressive des journaliers dans l’effectif permanent.
L’UNOPS propose désormais à certains agents, présents depuis le lancement de la mission, des contrats de trois mois seulement. Ces nouvelles conditions ignorent totalement leur expérience acquise et ne prévoient aucune compensation pour les années de service accomplies. D’autres anciens employés n’ont reçu ni nouveau contrat, ni attestation de travail, ni versement d’indemnités.
La mission refuse de s’acquitter des obligations légales envers ses anciens collaborateurs : indemnités de licenciement réglementaires, solde des congés non utilisés, majorations pour prestations nocturnes et dominicales. Ces agents ont travaillé sans interruption pendant huit années, souvent dans des conditions d’esclavage, avant d’être écartés sans aucune reconnaissance de leurs droits.
Les ministères du Travail et des Affaires étrangères disposent des prérogatives nécessaires pour établir les décomptes de droits de ces travailleurs et documenter l’ensemble des manquements constatés. Mais la mission onusienne utilise son immunité diplomatique pour se soustraire à toute procédure judiciaire.
Sory Sangaré et Braima Jamanca, cadres supérieurs de la MINUSCA, pilotent cette stratégie d’obstruction. Leur approche autoritaire et non transparente dans la gestion du personnel centrafricain ternit l’image de la mission onusienne, en contradiction avec les valeurs qu’elle affirme promouvoir en République centrafricaine.
Centrafrique : Quand la mafia du ministre Arnaud Djoubaye Abazène au sein du MCU risque de raviver les tensions intercommunautaires dans le Nord
Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC
Le processus de sélection des candidats MCU aux législatives de décembre montre clairement aux yeux du monde des pratiques douteuses et mafieuses organisées par le ministre Arnaud Djoubaye Abazène.
En effet, les primaires du Mouvement Cœurs Unis, organisées avant le congrès du 26 juillet 2025 à Bangui, devaient désigner démocratiquement les candidats aux prochaines Élections législatives. Malheureusement, dans plusieurs localités du pays, particulièrement au Nord, le processus a été totalement manipulé sous l’influence d’Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d’État à la Justice.
Prenons l’exemple palpable de la circonscription de Ouanda-Djallé, ville située à 954 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Vakaga. Dans cette localité, pourtant, aucune primaire du MCU n’a été organisée. Le député sortant Adam Idriss Sendé, aussi candidat du MCU dans cette ville, bénéficiait quant à lui du soutien des adhérents du MCU. Par contre, Hassan Kome, ancien ministre du Commerce, de son côté, compte sur son réseau opaque au sein du MCU. Celui-ci a mobilisé les membres de ses organisations mafieuses pour contourner les primaires qui devraient en principe être organisées sur place. Comme il est la poupée russe du ministre Arnaud Djoubaye Abazène, l’homme des réseaux, Hassan Kome a préféré faire pression sur le président sous-fédéral Zabith Sendé et son vice-président Hamat Nestor, disant que l’organisation des primaires à Ouanda-Djallé est suspendue par le parti, et que c’est l’Assemblée nationale à Bangui qui est chargée de désigner le candidat du MCU sur la liste fournie par le MCU sous-fédéral de Ouanda-Djallé. C’est ainsi que les primaires du MCU à Ouanda-Djallé n’ont pas eu lieu, malgré la contestation du mouvement des femmes et de la jeunesse du MCU de Ouanda-Djallé, qui ont exigé pourtant l’organisation des primaires selon les règles établies par leur parti.
De retour à Bangui, Hassan Kome a surpris tout le monde. L’homme a publié sur les réseaux sociaux une vieille photo de lui avec les membres de sa famille, annonçant qu’il est choisi par le MCU de Ouanda-Djallé comme le prochain candidat du MCU de cette localité. Quelle mafia? Finalement, avec l’appui du ministre Arnaud Djoubaye Abazène, Hassan Kome est désigné candidat du MCU à Ouanda-Djallé lors du dernier congrès de ce mouvement à Bangui. Cette manipulation, associée à la désignation officielle de Hassan Kome, a provoqué une forte indignation à Ouanda-Djallé.
Hormis Ouanda-Djallé, à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, située à 654 kilomètres de la capitale, la députée sortante, unique femme musulmane à l’Assemblée nationale, avait remporté les primaires. Elle a été écartée au profit du sous-préfet, imposé par Abazène et le ministre-conseiller Maleyombo. La communauté de Ndélé 1 dénonce cette exclusion et l’humiliation du sultan-maire Senoussi Ibrahim, empêché de s’exprimer au congrès sur ordre des proches d’Abazène. Dans cette zone à majorité Rounga, le souvenir des violences intercommunautaires de 2020 resurgit.
Aussi, à Mbaïki, ville située à 107 kilomètres à l’ouest de Bangui, le député Brice Kakpayen s’est retiré pour se présenter en indépendant, dénonçant les manipulations du parti. À Boali, à 95 kilomètres de la capitale, Firmin Ngrebada a été écarté sans explication. Ces situations témoignent d’un mode opératoire récurrent : des décisions imposées par la direction du MCU, souvent contre l’avis des militants de terrain.
L’implication d’Arnaud Djoubaye Abazène dans ces ingérences inquiète. Originaire de la Vakaga, il est accusé d’imposer ses alliés dans des zones sensibles, perturbant l’équilibre communautaire. Cette stratégie autoritaire risque de réveiller les tensions intercommunautaires dans le Nord et de fragiliser la cohésion nationale à l’approche des Élections.
À Ouadda-Maïkaga, les éleveurs fuient la ville, le marché privé de viande depuis près de deux mois
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
La taxation militaire paralyse l’économie de cette ville de Haute-Kotto.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ouadda-Maïkaga, chef-lieu de la sous-préfecture de la Haute-Kotto, situé à 204 kilomètres de Bria, les éleveurs peuls sont contraints de s’éloigner de la ville en raison des taxes imposées par les éléments de Forces armées centrafricaines (FACA).
Sous la pression du capitaine en charge du détachement militaire, chaque éleveur se voit réclamer le versement de taxes illégales, allant de 15 000 francs CFA à 25 000 francs CFA avant d’accéder au marché, dont une partie de taxe est pour sa propre présence et le reste pour son troupeau.
Face à ces frais jugés excessifs, les éleveurs ont quitté la périphérie de la ville pour s’installer plus loin, parfois à plus de 60 kilomètres dans la brousse. Les conséquences sont immédiates : depuis près de deux mois, les bouchers de Ouadda-Maïkaga ne trouvent plus de bétail à acheter. Le marché est totalement paralysé de viande.
Pour contourner cette pénurie qu’il a lui-même provoquée, le capitaine a mobilisé une équipe composée d’un caporal et d’auxiliaires armés, communément appelés “Russes noirs”. Ce groupe, envoyé par le capitaine, s’est rendu dans la brousse jusqu’à localiser les éleveurs à environ 65 kilomètres de la ville. Une quinzaine de bœufs ont été tués de force sur place, puis transportés vers Ouadda-Maïkaga, bien sur le marché.
Dans la ville, le comportement du capitaine est qualifié par la population de braconnage pur et simple. Celui qui devait assurer la sécurité s’est mué en véritable braqueur, exploitant sa position pour imposer des taxes illégales, affamer la population et détourner les ressources.
Bagolowo Sydney s’est illustré ces derniers jours par une lettre de félicitations adressée à Faustin Archange Touadéra, président criminel à la tête d’un régime fondé sur la violence, la peur et la prédation. Dans un pays où les exécutions extrajudiciaires, les pillages organisés, la torture et l’impunité sont devenus la norme, ce courrier rédigé par un imposteur sans mandat constitue une insulte ouverte au peuple.
Le contenu de cette lettre, prétendant saluer un engagement pour la paix et le développement, relève d’un aveuglement volontaire ou d’un opportunisme calculé. Il ne reflète en aucun cas la réalité tragique dans laquelle la population est plongée.
Ce pays n’est pas en paix, il est en état d’asphyxie. La jeunesse que Sydney prétend représenter croupit dans les quartiers marginalisés, les zones de conflit, les camps de déplacés. Elle ne félicite pas un bourreau ; elle lutte pour survivre dans un État qui a trahi toutes ses promesses. Tandis que les Mercenaires russes de Wagner et les forces rwandaises pillent les ressources et répriment les populations, Touadéra poursuit sa fuite en avant autoritaire, imposant une « 7e République » par un référendum sans légitimité. Dans ce contexte, la lettre de Sydney ne peut être interprétée autrement que comme un acte de soumission et de complicité.
Personne ne l’a mandaté. Bagolowo Sydney s’autoproclame « leader des jeunes de Damala » sans avoir jamais été choisi par cette population. Il ne représente qu’une ambition personnelle, une tentative grossière de se faire remarquer par un régime en quête de relais dociles. En se présentant comme un porte-voix de la jeunesse, il se place au-dessus de ceux qui souffrent, qui résistent, qui se taisent par peur. Cette posture mensongère est une trahison, d’autant plus grave qu’elle intervient à un moment où chaque mot compte, où chaque prise de position révèle un camp.
Son initiative s’inscrit dans une longue série de manœuvres de propagande visant à habiller un pouvoir illégitime d’un vernis de soutien populaire. Comme d’autres courtisans sans scrupules, il participe activement à la fabrication d’une fiction politique où Touadéra serait un bâtisseur de paix. Or, les faits démentent cette illusion. La RCA est un pays de mort. Les services publics sont à l’abandon. Les voix indépendantes sont traquées. Le référendum constitutionnel de 2023 a enterré les derniers principes démocratiques. Féliciter celui qui a organisé cette dérive n’est pas une maladresse, c’est un choix.
Bagolowo Sydney assume ce choix, au détriment de la vérité, de l’intégrité, de la mémoire des victimes. Sa lettre n’est pas un simple courrier politique ; elle est une participation active à une entreprise de domination et d’effacement. En s’agenouillant devant la dictature, il se place aux côtés de ceux qui trahissent le peuple. Sa parole est disqualifiée, son geste restera comme une tache, une signature au bas d’une page sombre de l’histoire nationale.
FACA à Zémio : quand l’armée centrafricaine imite les méthodes de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Pylone-reseau-telephonique-mobile-GSM.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Pylone-reseau-telephonique-mobile-GSM-338×450.jpg” alt=”FACA à Zémio : quand l’armée centrafricaine imite les méthodes de Wagner” width=”338″ height=”450″ />Pylone de réseau téléphonique mobile GSM
À Zémio, les soldats centrafricains s’en prennent aux infrastructures téléphoniques de la société Orange.
À 1113 kilomètres de Bangui, la ville de Zémio continue de sombrer dans le chaos. Les Mercenaires russes de Wagner et leurs alliés de l’UPC terrorisent les villages périphériques, pillant églises et hôpitaux, torturant et assassinant les civils. Mais une nouvelle menace émerge au cœur même de cette localité du Haut-Mbomou.
Le commandant des Forces armées centrafricaines, Michael Banafio, vient d’ordonner le démontage partiel des panneaux solaires qui alimentent l’antenne de l’Orange Centrafrique. Pourtant, cette installation constitue l’unique lien de communication entre Zémio et le reste du pays. Dans une zone privée d’électricité conventionnelle, ces équipements solaires garantissent le fonctionnement du réseau téléphonique local.
L’opération menée par les FACA compromet gravement les communications de toute la population. Dans ce contexte, les habitants pourraient perdre ainsi leur seul moyen de contact avec leurs proches et d’accès à l’information. Cette destruction d’infrastructure civile s’apparente aux méthodes employées par les forces d’occupation russes dans les zones rurales du pays.
Les témoins dénoncent cette dérive des soldats centrafricains . “Ils agissent exactement comme les Wagner et leurs alliés de l’UPC”, confie un habitant. Les FACA adoptent progressivement les mêmes pratiques que leurs alliés russes : appropriation de biens civils, abus d’autorité, destruction d’équipements publics.
Cette évolution place les populations de Zémio dans une situation intenable. Elles subissent désormais les exactions de trois forces distinctes : les mercenaires russes, les ex-combattants rebelles et leur propre armée nationale. L’État centrafricain perd ainsi sa crédibilité dans cette partie du territoire, abandonnant ses citoyens à un chaos généralisé.
L’État-major et le ministère de défense restent silencieuses face à ces dérives. Aucune mesure disciplinaire n’a été annoncée contre les responsables de ces actes. Cette passivité encourage la multiplication des abus et renforce l’impunité qui règne dans l’est du pays.
La militarisation de Zémio produit l’effet inverse de celui recherché. Au lieu de protéger les populations, elle multiplie les sources de danger et d’oppression pour des civils déjà éprouvés par des années d’instabilité.
Pont Ngoubagara : Un camion militaire percute trois jeunes et prend la fuite
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/accident-ngoubagara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/accident-ngoubagara-442×450.jpg” alt=”L’accident sur le pont Ngoubagara, dans le huitième arrondissement de Bangui, impliquant un véhicule militaire de l’armée centrafricaine qui a pris fuite après l’accident” width=”442″ height=”450″ />L’accident sur le pont Ngoubagara, dans le huitième arrondissement de Bangui, impliquant un véhicule militaire de l’armée centrafricaine qui a pris fuite après l’accident . Photo CNC
Jeudi dernier, des soldats de l’armée nationale ont percuté sur le pont Ngoubagara une moto avec 3 jeunes dessus puis abandonné les victimes au sol.
Un accident aux allures de délit de fuite frappe la capitale centrafricaine Bangui depuis jeudi 31 juillet. Sur le pont Ngoubagara, situé à moins de 8 kilomètres du centre-ville, dans le 8e arrondissement, un camion militaire a violemment percuté une moto transportant trois jeunes gens. Plutôt que de porter assistance, les soldats ont observé les blessés gisant au sol avant de repartir sans un mot.
En effet, les faits se sont déroulés vers midi sur l’axe reliant le marché Combattant au croisement Marabéna. La moto circulait dans la même direction devant le véhicule militaire en provenance du croisement Oumar Bongo pour aller vers Combattant lorsque le camion a tenté un dépassement hasardeux. Le choc par l’arrière a projeté le conducteur de la moto et ses deux passagers sur la chaussée avec une violence qui a choqué les témoins.
Le comportement des militaires après l’impact interpelle davantage que l’accident lui-même. Le camion s’est immobilisé. Les soldats sont descendus, se sont approchés des victimes, ont constaté leur état, puis ont regagné leur véhicule pour poursuivre leur route vers l’aéroport. Aucun appel aux secours, aucune tentative d’assistance, aucune prise de responsabilité.
Un commerçant proche de la scène témoigne de son indignation : “Ils ont vu les jeunes à terre et ils sont partis. C’est de l’indifférence pure”. Natalie, une passante confirme : “Ils sont descendus, ils ont bien vu qu’ils les avaient blessés. Mais ils sont remontés et ils sont partis comme si ces enfants ne comptaient pas“.
Cette attitude rappelle les méthodes des mercenaires russes du groupe Wagner, omniprésents en Centrafrique depuis leur arrivée. En province comme dans la capitale, leurs véhicules militaires causent régulièrement des accidents mortels sans jamais s’arrêter. À Bria, à Bouar, à Bambari (385 kilomètres de la capitale) et à Alindao (505 kilomètres), des témoins rapportent des scènes similaires où des engins russes percutent des civils avant de disparaître dans l’impunité la plus totale.
Le mimétisme des soldats centrafricains inquiète. L’adoption de ces pratiques transforme progressivement l’armée nationale en force d’occupation sur son propre territoire. Les populations centrafricaines dénoncent cette militarisation sauvage des routes où l’uniforme semble conférer tous les droits, y compris celui d’abandonner des blessés.
Sur le plan juridique, les infractions sont pourtant évidentes. Le Code pénal centrafricain réprime les blessures involontaires, le délit de fuite et la non-assistance à personne en danger. Aucune immunité ne protège les militaires qui commettent de tels actes, même en service.
Un avocat du barreau de Bangui précise : “Les victimes peuvent déposer plainte. Il faut rassembler les certificats médicaux, les témoignages et porter l’affaire devant la justice. Ces pratiques doivent cesser avant qu’elles ne fassent des morts”.
Le ministère de la Défense n’a livré aucune explication sur cet incident. Dans le 8e arrondissement, les habitants réclament des comptes et dénoncent l’impunité militaire qui gangrène les relations entre l’armée et la population civile.
Cette dérive montre clairement l’état de déliquescence des institutions centrafricaines où même les forces supposées protéger les citoyens les abandonnent dans la détresse. L’influence des méthodes russes sur l’armée nationale transforme les soldats en prédateurs de leur propre peuple.
La justice instrumentalisée ? Les arrestations en cascade et le spectre du règlement de comptes après le drame du lycée Boganda
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/beninga.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dr Crescent Beninga, porte-parole du GTSC incarcéré, filmé et exposé sur ordre du DG de la police Zokoué.
Depuis la tragédie du lycée Barthélémy-Boganda, une série d’arrestations rapides interroge sur l’usage que fait le pouvoir de l’appareil judiciaire. Ces interpellations visent-elles vraiment la vérité ou servent-elles d’autres intérêts ?
Des arrestations qui tombent à point nommé
L’encre du rapport de la protection civile était à peine sèche que les menottes claquaient déjà. Le directeur général de l’ENERCA, le Dr Paul Crescent -Beninga, Gervais Lakosso et l’avocat Mandéndjapou : tous dans le collimateur en quelques jours des forces de l’ordre . Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, ne mâche pas ses mots : selon lui, ces arrestations détournent l’attention des vraies responsabilités.
Le rapport officiel pointe des dysfonctionnements à tous les niveaux, mais l’État de Faustin-Archange Touadéra préfère désigner des coupables individuels. Plus facile de calmer la colère populaire en montrant du doigt quelques personnes plutôt que de reconnaître ses propres manquements.
La société civile dans le viseur
L’interdiction de la marche pacifique en mémoire des victimes a surpris. À Bambari, les autorités accompagnent une manifestation similaire. À Bangui, elles l’interdisent et arrêtent ses organisateurs. Cette différence de traitement ne relève pas du hasard.
Les personnalités arrêtées représentaient les familles en deuil, sans agenda politique personnel. Mongoume y voit une stratégie délibérée : faire taire ceux qui posent les bonnes questions. Quand le deuil devient suspect aux yeux du pouvoir, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.
Une justice qui choisit ses cibles
L’arrestation du directeur de l’ENERCA pose question. Pourquoi lui et pas son ministre de tutelle? Encore son PCA qui nomme à tout va à l’ÉNERCA ?Le secteur de l’énergie devient le bouc émissaire parfait, évitant d’examiner de près les ministères de l’Éducation ou de la Santé.
Martin Ziguélé, président du MLPC, réclame une enquête parlementaire indépendante. Une démarche logique quand on cherche vraiment la vérité. Mais les arrestations express, avant même qu’une investigation sérieuse ne commence, laissent penser à autre chose qu’à la recherche de la justice.
Deux poids, deux mesures
L’autorisation accordée à Bambari et le refus opposé à Bangui révèlent une application à géométrie variable de la loi. Les mêmes autorités qui escortent une marche dans une ville empêchent brutalement la même initiative dans la capitale.
Cette incohérence ne s’explique que par la volonté de contrôler qui peut s’exprimer et où. Le gouvernement invoque la “non-conformité” pour justifier ses décisions, mais cette excuse masque mal une répression ciblée contre ceux qui demandent des comptes.
Un deuil national confisqué
Les familles des 29 victimes avaient besoin de se rassembler, de pleurer ensemble, de donner un sens à leur perte. Cette marche interdite leur enlève cette possibilité de faire leur deuil collectivement.
En empêchant ces rassemblements, l’État prive les Centrafricains d’un moment de solidarité nationale pourtant nécessaire. Cette confiscation du deuil aggrave la souffrance des proches et empêche la société de tourner la page dans la dignité.
L’autoritarisme masqué
Cette gestion de la tragédie révèle une méthode de gouvernement troublante. Plutôt que d’accepter les critiques légitimes, le pouvoir préfère faire taire ses détracteurs. Mongoume alerte sur cette tendance qui pourrait devenir la norme.
L’absence d’enquête approfondie, comme celle proposée par Ziguélé, montre que l’État veut contrôler le récit des événements plutôt que d’établir la vérité. Cette approche compromet la confiance des citoyens dans leurs institutions et divise le pays au lieu de l’unir face au drame….
Accident spectaculaire à Bangui : une moto évite de justesse la collision avec une voiture
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/accident-rondpoint-Marabena-di-Oumar-Bongo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/accident-rondpoint-Marabena-di-Oumar-Bongo-450×330.jpg” alt=”Accident au rondpoint Oumar Bongo, dit Marabena, dans le cinquième arrondissement de Bangui. Photo CNC” width=”450″ height=”330″ />Accident au rondpoint Oumar Bongo, dit Marabena, dans le cinquième arrondissement de Bangui. Photo CNC
Un motocycliste évite le pire grâce à sa maîtrise exceptionnelle de son engin.
Lundi 4 août 2025, au croisement Oumar Bongo, dit Marabéna, dans le 5ᵉ arrondissement de Bangui, un accident aurait pu tourner au drame. Une moto transportant deux passagers a glissé plusieurs mètres avant de percuter la portière d’un véhicule, sans faire de blessé.
En effet, l’incident s’est produit en matinée. Le motocycliste circulait dans le rond-point et amorçait sa sortie vers l’avenue des Martyrs lorsqu’un automobiliste âgé, arrivant par la droite, a refusé de lui céder la priorité. Sans ralentir, ce dernier a poursuivi sa route comme s’il empruntait une voie continue.
Face au danger immédiat, le conducteur de la moto a freiné brutalement. Les deux roues se sont bloquées, provoquant une glissade sur le bitume. Le motocycliste a maintenu fermement le guidon et conservé son équilibre. Sa moto a glissé en ligne droite sur environ 5 mètres avant de heurter violemment le flanc gauche du véhicule.
L’impact a endommagé la carrosserie de la voiture et la moto, mais aucune victime n’est à déplorer. Les témoins présents ont unanimement salué la maîtrise du motocycliste, dont la réactivité a permis d’éviter une collision potentiellement fatale.
Les forces de l’ordre du commissariat central se sont rendues sur les lieux. L’automobiliste, interrogé par les agents, a reconnu ne posséder ni son permis de conduire ni les papiers du véhicule. Il a expliqué cette situation par une dispute conjugale matinale au cours de laquelle son épouse aurait conservé les documents du véhicule et son permis de conduire.
Les deux véhicules ont été acheminés au commissariat pour vérifications. Des poursuites judiciaires sont envisagées contre l’automobiliste pour défaut de pièces et non-respect du code de la route.
alors que Touadéra sollicite l’Union européenne, Mokpem tire à boulets rouges sur Bruxelles
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/09/Faustin-Archange-Touadéra-Centrafrique-discours-janvier-2019-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadera en plein discours
Le président centrafricain navigue entre diplomatie européenne et rhétorique antioccidentale dans une stratégie aux multiples contradictions.
La diplomatie centrafricaine affiche ses paradoxes avec une intensité inhabituelle. Deux mois après avoir sollicité l’appui financier de Bruxelles, le chef de l’État se trouve confronté aux déclarations incendiaires de son porte-parole contre l’Union européenne.
Albert Yaloke Mokpem a multiplié les attaques lors de sa conférence de presse la semaine dernière, dénonçant un “racisme judiciaire”européen et pointant les “deux poids, deux mesures” de Bruxelles. Ces sorties publiques sabotent directement les démarches présidentielles auprès des institutions européennes.
En juin dernier, Faustin-Archange Touadéra s’était rendu en Belgique pour plaider plusieurs dossiers stratégiques. Le financement du processus électoral, le programme de désarmement-démobilisation-réinsertion, des combattants rebelles de 3R et de l’UPC, ainsi qu’un projet de pont reliant Bangui à la République démocratique du Congo figuraient parmi les priorités présentées aux dirigeants européens.
Mais les décaissements tardent. Les conditions posées par l’Union européenne butent sur la présence russe. Bruxelles exige notamment que le processus de désarmement soit confié exclusivement à la Minusca, excluant de fait les mercenaires russes du groupe Wagner. Une ligne rouge que Bangui refuse de franchir.
Sur le terrain, les mercenaires russes intensifient leurs opérations. Ils devancent les casques bleus, procèdent aux désarmement des rebelles et limitent les mouvements des casques bleus de la Minusca. Cette montée en puissance complique les négociations avec les partenaires européens, qui conditionnent leur aide à un retrait progressif de ces forces dans des décisions politico-militaires.
“Il y a des Centrafricains qui sont en prison en Europe parce qu’ils ont commis des délits. Mais quand un Blanc commet un délit ici, il ne doivent pas passer devant la justice”, lance Mokpem. “La justice n’existe que chez les Blancs ? Parce que nous, nous sommes des Noirs, c’est arbitraire ?”
Le porte-parole vise particulièrement l’affaire Figueira : “Il y a des preuves contre lui. Il doit répondre devant la justice. On ne peut pas bloquer tout un appareil judiciaire juste pour ce dossier. C’est un crime”. Oui, un crime fabriqué de toutes pièces par les mercenaires russes. C’est pathétique pour un soi-disant porte-parole de la présidence d’un pays normal.
Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie politique plus large. Les analystes centrafricains y décèlent une “pédagogie pathétique “ appliquée aux partenaires internationaux. Le pouvoir alterne critiques virulentes et demandes de financement, espérant forcer la main de ses bailleurs.
“Ils traitent les Européens comme des enfants à discipliner avec la chicotte, tout en tendant la main pour recevoir leur argent”, observe un expert politique centrafricain. Cette méthode vise à créer une pression psychologique sur les donateurs, les poussant à céder par crainte d’une escalade verbale.
Pourtant, l’équation financière devient intenable. Les partenaires russes facturent leur présence jusqu’à 10 milliards de FCFA mensuels, tandis que les financements européens restent gelés, en tout cas pour le moment. Le Trésor public centrafricain peine à honorer les salaires militaires et les coûts électoraux sans appui extérieur.
Plusieurs officiels admettent en privé l’impasse budgétaire. Les recettes internes ne couvrent plus les dépenses courantes, encore moins les programmes d’envergure. Cette situation fragilise la position de négociation avec l’Union européenne, qui observe les difficultés financières du régime.
Loin d’assouplir sa position, la présidence maintient sa double stratégie. Touadéra cultive sa dépendance financière à l’égard de l’Occident tout en affichant son alignement politique sur Moscou. Un exercice d’équilibrisme qui expose publiquement les contradictions du pouvoir centrafricain.
Cette approche interroge sur sa viabilité à long terme. Comment solliciter l’aide européenne tout en attaquant frontalement les valeurs et les méthodes de l’Union européenne ? Comment maintenir des relations diplomatiques constructives avec Bruxelles tout en alimentant une rhétorique antioccidentale ?
Les prochains mois détermineront si cette stratégie du “bâton et de la carotte” inversée portera ses fruits ou isolera davantage Bangui de ses partenaires traditionnels. Pour l’heure, l’Union européenne maintient ses conditions, laissant le régime centrafricain face à ses propres contradictions.
Centrafrique : Touadéra, architecte de la désinformation, piégé par ses propres mensonges
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/IMG-20240220-WA0065.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le président Faustin Archange Touadera en costume bleu, endormi complètement lors d’une conférence internationale
Faustin-Archange Touadéra, l’ancien professeur de mathématiques discret, s’est métamorphosé en un président qui s’accroche au pouvoir à coups de tromperies et de répression. Son alliance avec les mercenaires russes du Groupe Wagner et sa décision de nommer Héritier Doneng, un chef de milice, au poste de ministre de la Jeunesse et des Sports trahissent un régime qui a perdu tout contact avec les aspirations du peuple centrafricain.
Alors que Touadéra accuse les autres de propager des mensonges, mais c’est lui, et lui seul pourtant qui a fait de la désinformation l’arme centrale de son gouvernement. Aujourd’hui, les Centrafricains, écoeurés par ses manoeuvres, exigent des comptes.
Rappelez-vous, en 2017, Touadéra, confronté à un pays en crise et à des groupes armés menaçants, a cru qu’un pacte avec le Groupe Wagner, ces mercenaires liés au Kremlin, allait le sauver. Il s’est lourdement trompé. Au lieu de protéger la Centrafrique, Wagner a pillé ses richesses : or, diamants, espoirs, tout en semant le chaos. Des enquêtes sérieuses, comme celles de l’organisation The Sentry, décrivent un tableau insupportable : assassinats, tortures, violences contre des civils, le tout sous prétexte de combattre les rebelles. En échange de leur soutien, Touadéra a offert à Wagner des mines précieuses, comme celle de Ndassima, qui vaut des milliards, pendant que la majorité des Centrafricains survivent dans une misère profonde.
Au départ, Touadéra pensait que Wagner, avec sa folie de propagande bien calibrée, allait faire de lui un héros national. Ils ont inondé les réseaux sociaux de messages flatteurs, intimidé les opposants avec des drones et mobilisé des milices comme Les Requins pour faire taire toute critique. Mais les Centrafricains ne sont pas restés aveugles. Ce qui les a d’abord surpris – ces tactiques russes inédites en Afrique – est maintenant clair comme de l’eau de roche : ce ne sont que des mensonges. Le peuple rejette ces manipulations, et Touadéra, dos au mur, pointe du doigt une soi-disant « désinformation » pour masquer ses propres échecs.
Touadéra, le roi de la désinformation
Le 17 juillet 2025, lors d’une réunion du Conseil des ministres, Touadéra a eu l’audace de dénoncer des campagnes de désinformation qui, selon lui, menacent la paix du pays. Quel culot ! C’est lui qui a invité Wagner, experts en manipulation de l’information, à s’installer au cœur du pays de Boganda. C’est lui qui a laissé ces mercenaires russes prendre le contrôle de pans entiers de la politique, de l’économie et des médias. Quand Touadéra parle de désinformation, il ne fait que se trahir. Il accuse les autres pour détourner l’attention de ses propres mensonges, ceux qu’il répand depuis des années pour se maintenir au pouvoir.
L’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR) de 2019, qu’il présente comme un grand succès, n’est qu’un outil pour acheter le silence de certains chefs rebelles, pas pour construire une paix véritable. Pendant qu’il vante la réintégration de groupes comme l’UPC ou le 3R, il fait taire les opposants, enferme les journalistes et laisse des milices Wagner terroriser les citoyens. Touadéra veut faire croire que la désinformation vient d’ailleurs, mais c’est son régime qui en est la source principale.
Rien ne montre mieux la dérive de Touadéra que sa décision, le 4 janvier 2024, de nommer Héritier Doneng ministre de la Jeunesse et des Sports. Doneng n’est pas un homme politique, encore moins un modèle pour la jeunesse. C’est le chef des Requins, une milice proche de Wagner, connue pour ses violences : intimidations, passages à tabac, menaces contre quiconque ose critiquer le régime. Pourquoi placer un tel homme à un poste aussi important ? Parce que Doneng est un fidèle exécutant, celui qui organise la propagande et la répression dans les quartiers comme Boy-Rabe. Sa nomination n’est pas un hasard : c’est une preuve que Touadéra préfère s’entourer de brutes plutôt que de bâtir un avenir pour les jeunes Centrafricains.
Ce choix est une insulte à la population, surtout à la jeunesse, qui mérite des leaders honnêtes, pas des miliciens déguisés en ministres. Il montre à quel point Touadéra est prêt à tout pour garder le contrôle, même si cela signifie trahir son peuple.
Touadéra peut continuer à crier à la désinformation, mais il est coincé. Les Centrafricains, qui ont d’abord été déstabilisés par les tactiques de Wagner au début, comprennent maintenant la vérité. Ils voient un président qui a vendu leur pays à des mercenaires étrangers, qui s’appuie sur des milices pour faire taire les critiques, et qui utilise l’APPR comme un écran de fumée pour cacher son incompétence. La vérité qu’il appelle « désinformation » est simple : son régime est un échec, bâti sur la corruption et la violence.
Les Centrafricains ne sont pas les propagateurs de mensonges, comme Touadéra veut le faire croire. Les rumeurs existent, comme partout, mais la désinformation organisée ? Elle vient de Wagner et des cercles du pouvoir à Bangui. Le peuple en a assez. Il demande des comptes, et il ne se taira pas.
Monsieur Touadéra, votre jeu est fini. Vous pouvez accuser le monde entier, mais la vérité vous rattrape. C’est vous qui avez fait entrer Wagner. C’est vous qui avez armé des milices. C’est vous qui avez promu des hommes comme Doneng. Vous êtes le problème, pas la solution….
Le 19 avril 2025, le gouvernement centrafricain et deux groupes armés : l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et les 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation), ont signé à N’Djamena un accord de paix censé mettre fin à des années de violences dans le Centre et le Nord-Ouest du pays. Trois mois après cette signature, le royaume du Maroc a décidé d’accompagner le processus par un geste symbolique mais politiquement lourd : offrir 40 places de formation militaire, 20 destinées aux ex-combattants de l’UPC et 20 autres à ceux des 3R.
Selon des sources diplomatiques concordantes, cette formation devrait se dérouler dans un établissement spécialisé des forces armées marocaines, sans qu’aucun détail sur la durée, le contenu ou les modules ne soit pour l’instant dévoilé. Les deux mouvements armés ont rapidement transmis à Bangui la liste nominative des éléments à envoyer à Rabat.
Mais c’est la diffusion, il y a quelques jours, d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant les éléments de l’UPC se préparant à embarquer pour le Maroc qui a déclenché une vague d’indignation à Bangui. De nombreux internautes ont exprimé leur incompréhension et leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une forme de récompense offerte à des groupes responsables de multiples exactions contre les civils. Des photos montrant les tenues neuves portées par certains éléments ont été massivement partagées, accompagnées de commentaires dénonçant « une prime à la rébellion ».
Interrogés par Corbeau News Centrafrique, des responsables de la société civile et des familles de victimes dénoncent un manque de justice et une banalisation de l’impunité. « Ils ont tué nos frères, violé nos filles, pillé nos villages… Et aujourd’hui, ce sont eux qu’on envoie à l’étranger comme s’ils étaient des héros », s’indigne un habitant de Bambari, ancienne place forte de l’UPC.
Du côté du gouvernement, aucune communication officielle n’a été faite jusqu’à présent. Mais des sources proches du ministère de la Réconciliation nationale confirment l’existence de cette offre marocaine, précisant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un appui extérieur à la mise en œuvre de l’accord de paix. « C’est une manière d’accompagner la réintégration des ex-combattants par la formation et la discipline militaire, dans une logique de reconstruction nationale », soutient un conseiller du ministère sous couvert d’anonymat.
Le Maroc, acteur discret mais influent sur la scène diplomatique africaine, cherche ainsi à consolider son rôle dans les processus de paix en Afrique. Présent en République centrafricaine depuis plusieurs années, notamment à travers la Minusca, Rabat entretient aussi des relations directes avec les autorités de Bangui.
Selon des informations obtenues par CNC, l’envoyé spécial marocain chargé de suivre ce dossier se trouve actuellement à Bangui. Son retour vers Rabat devrait, sauf changement de dernière minute, être accompagné du premier groupe de bénéficiaires.
Reste à savoir si cette démarche de bonne volonté permettra d’apaiser les tensions ou, au contraire, d’alimenter les frustrations d’une population qui réclame d’abord vérité, justice et réparation.
Le recrutement de 1800 soldats FACA pour une formation en Ouganda tourne au chantage administratif
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/12/Les-nouveaux-recrus-du-dimanche-28-novembre-2021-dans-le-corps-des-forces-armees-centrafricaines-FACA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration des nouvelles recrues du dimanche 28 novembre 2021 dans le corps des forces armees centrafricaines. Photo CNC
L’envoi de 1800 jeunes centrafricains en formation militaire ougandaise tourne au fiasco administratif et à la manipulation.
Le processus de recrutement de 1800 jeunes centrafricains destinés à une formation militaire en Ouganda s’enlise dans la corruption, le népotisme et des retards inacceptables. Prévu dans le cadre d’un accord bilatéral de défense entre les deux pays, ce programme visait à renforcer les Forces armées centrafricaines (FACA) en formant de jeunes recrues issues de toutes les sept provinces du pays. Mais les espoirs provoqués par cette initiative ont rapidement été anéantis par une gestion catastrophique, entachée de favoritisme, de corruption et de pratiques discriminatoires. Ce qui constitue une opportunité historique pour la République centrafricaine se transforme en un échec retentissant.
En théorie, le programme prévoit une formation militaire rigoureuse d’un an dispensée dans les académies ougandaises, axée sur les techniques de combat, le commandement et la discipline militaire. En pratique, les vagues précédentes envoyées en Ouganda ont été entachées d’abus systématiques. Des individus inaptes, parfois handicapés ou malades, ont été expédiés en Ouganda sur la base de faux documents. Plusieurs avaient entre 40 et 50 ans, mais se faisaient passer pour des jeunes de 18 ou 20 ans grâce à des faux papiers fournis avec la complicité d’agents de l’administration. Ces candidats venaient, pour la plupart, des cercles proches du pouvoir ou partageaient la même origine ethnique que le président Touadéra. Leur inaptitude physique a conduit à de multiples renvois, fragilisant la crédibilité de la RCA auprès des autorités ougandaises.
Excédée par ces dérives, l’Ouganda a envoyé une délégation militaire à Bangui en 2025, dirigée par le général Patrick Ocen, pour superviser directement la sélection des 1800 candidats. Installés au camp Kassaï de Bangui, les officiers ougandais ont organisé un tri méthodique et strict, basé sur des critères objectifs. Âge, état de santé, capacités physiques : tout a été vérifié sur place. Chaque jour, entre 600 et 800 candidats étaient auditionnés et testés. À l’issue de cette opération, une liste définitive de 1800 jeunes valides, divisés en six sections de 300, a été remise au général Zéphirin Mamadou, chef d’état-major des armées centrafricaines.
Mais le départ de la mission ougandaise de Bangui a ouvert la voie à un chaos administratif sans précédent. Au lieu d’exécuter les instructions reçues, l’état-major a ralenti intentionnellement le traitement des dossiers à un rythme scandaleusement bas. En moyenne, seuls 10 à 20 candidats sont validés par jour, les agents cessant souvent de travailler avant 13 heures. Cette lenteur volontaire oblige les candidats à revenir quotidiennement au camp, parfois sous la pluie et à leurs frais. Nombre d’entre eux, venant de localités comme PK12, PK11, Bimbo, ou d’autres zones périphériques, n’ont pas les moyens d’assurer ces déplacements répétés.
Ce blocage administratif alimente des soupçons de manipulation des listes. Des sources concordantes évoquent une stratégie visant à épuiser les candidats légitimes pour mieux insérer des noms de complaisance. Certains officiers n’hésitent pas à noter “absent” des jeunes qui ne se présentent pas un jour, ouvrant probablement la voie à des remplacements discrets. L’objectif semble évident : réserver des places à des proches ou à des individus capables de payer pour intégrer le programme.
La gestion chaotique de cette opération contraste avec l’efficacité de la mission ougandaise. En quelques jours, les Ougandais ont traité plus de 5000 dossiers. À Bangui, l’administration militaire n’arrive pas à finaliser 1800 dossiers en deux semaines. Ce décalage souligne une réalité inquiétante : l’appareil militaire centrafricain, gangréné par l’irresponsabilité et les intérêts privés, est incapable d’assurer une mission pourtant simple.
Les premiers lésés sont les jeunes candidats. Pour beaucoup, cette formation représentait un espoir de carrière, une voie pour sortir du chômage et contribuer à la sécurité du pays. Leur rêve est aujourd’hui piétiné par un système qui les méprise. En sabordant la liste validée par les Ougandais, les autorités sapent également les bases d’une coopération militaire crédible et compromettent un partenariat essentiel pour la restructuration des FACA.
Le général Zéphirin Mamadou, qui déclarait encore le 7 juillet 2025 que 82% du processus était achevé, porte une lourde responsabilité. Le décalage entre ses propos et la réalité sur le terrain démontre une forme de duplicité. Tant que le gouvernement n’interviendra pas pour restaurer l’ordre, exiger la transparence et imposer le respect strict de la liste arrêtée, le recrutement des 1800 jeunes restera une comédie.
Ce programme de formation en Ouganda constitue l’une des rares opportunités offertes à la jeunesse centrafricaine. Le saboter pour des intérêts claniques ou financiers serait une faute politique grave. Laisser les mêmes réseaux mafieux continuer à manipuler ce processus mettrait en péril non seulement la cohésion des FACA, mais aussi la sécurité du pays tout entier.
Le sabotage administratif du recrutement de 1800 soldats expose l’incompétence chronique de l’état-major centrafricain. Les autorités doivent immédiatement cesser ces manœuvres dilatoires, respecter la sélection ougandaise et permettre aux candidats légitimes de rejoindre leur formation. L’avenir sécuritaire du pays et l’espoir de toute une génération en dépendent.
Zemio : pillage en série du village Tabane par les Mercenaires russes et les éléments de l’UPC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fuite-des-habitants-de-zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fuite des habitants de Zemio vers la RDC
Des mercenaires russes et des combattants de l’UPC ont pillé le village de Tabane vendredi 1er août.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le vendredi 1er août 2025 dans l’après-midi, un groupe de mercenaires russes du groupe Wagner accompagnés de combattants de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) a pénétré dans le village de Tabane. Cette localité se trouve à 20 kilomètres de Zemio, située à 1113 kilomètres de Bangui, sur l’axe menant vers Rafaï, ville distante de 889 kilomètres de la capitale.
Les assaillants sont arrivés à bord d’un véhicule blindé de type char. Leur présence a provoqué la fuite immédiate des habitants vers la brousse environnante. Une fois le village vidé de ses occupants, les hommes armés ont entrepris de forcer les portes des habitations pour s’emparer des biens de valeur.
L’opération s’est rapidement étendue au centre de santé local, considéré comme l’un des mieux équipés de cette partie du Haut-Mbomou. Les pillards ont emporté quatre panneaux solaires qui alimentaient l’établissement en électricité, des réfrigérateurs, les matelas de la maternité, les stocks de médicaments et l’ensemble des équipements médicaux disponibles.
Les assaillants ont quitté Tabane vers 21 heures en emportant tout le matériel volé vers Zemio. Le centre de santé, complètement vidé, ne peut plus assurer aucun service médical à la population. Un habitant contacté par téléphone dénonce : “Ce sont des bandits en uniforme envoyés par le gouvernement pour prétendument protéger la population. En réalité, ils détruisent nos vies”.
Dans le Haut-Mbomou, ces actes de pillage se répètent avec une fréquence alarmante. Les témoignages recueillis pointent régulièrement du doigt les mercenaires de Wagner, les éléments de l’UPC et parfois même les FACA pour des vols, des saccages et des intimidations contre les civils. Un leader communautaire affirme : “Il ne se passe pas un jour sans que l’un de ces groupes ne s’attaque à nos biens ou à nos familles”.
Cette dégradation sécuritaire dans cette zone frontalière, longtemps délaissée par les autorités centrales, interroge sur la stratégie gouvernementale de collaboration avec les forces paramilitaires étrangères. Les habitants de Tabane, désormais privés de leur centre de santé et livrés à eux-mêmes, s’interrogent sur l’avenir : qui reconstruira leur village et leur hôpital après ce saccage organisé ?
Centrafrique : deux soldats FACA neutralisés par la CPC sur l’axe Bouar – Abba Mogani
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Les-elements-rebelles-de-la-CPC-dans-la-Nana-Mambere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les éléments rebelles de la CPC dans la Nana-Mambéré
L’incident s’est produit dimanche sur l’axe Bouar-Abba Mogani, illustrant l’escalade des violences dans l’ouest centrafricain entre rebelles et forces gouvernementales.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Deux soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) ont été neutralisés dans l’après-midi du dimanche 3 août 2025 sur l’axe Bouar – Abba Mogani, à environ 15 kilomètres de Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré. L’attaque a été menée par des combattants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), liés au général Sylvain Adamou, dit Ndalé.
Quelques jours plus tôt, des Mercenaires russes, appuyés par des soldats FACA, avaient attaqué les positions tenues par les éléments de la CPC dans la zone d’Abba-Mogani. En infériorité, Surpris par les rebelles de la CPC, les forces gouvernementales se sont très vite battre en retraite. les Wagner et les soldats FACA ont été contraints au repli tactique et se sont alors positionnées dans le village d’Abba Mogani , provoquant la fuite immédiate de la population dans ce village situé à seulement 25 kilomètres de Bouar. Mais une fois sur place, les soldats FACA et leurs alliés du groupe Wagner ont commencé à s’en prendre aux biens des habitants : pillage de maisons, vol de cabris, moutons, volailles et autres ressources.
Depuis Abba Mogani, les militaires se rendaient régulièrement à Bouar pour écouler les produits pillés. Malheureusement, Ce dimanche 3 août, vers 15 heures, deux soldats FACA ont été envoyés pour vendre des cabris et des poulets à Bouar. À leur retour vers Abba Mogani, ils ont été pris en embuscade par les éléments de la CPC postés le long de la route, juste à 15 kilomètres de Bouar. Les deux soldats ont été neutralisés, leurs armes et leurs motos saisies par les assaillants, qui se sont ensuite volatilisés dans la nature.
L’incident reflète la montée des affrontements entre les groupes armés et les forces pro-gouvernementales, mercenaires russes, soldats FACA et auxiliaires dits « Russes noirs », dans cette partie de l’ouest du pays. Chaque opération militaire entraîne une riposte, dans un cycle de violences caractérisé par les représailles, les exactions et l’occupation de localités désertées par les civils.
l’ex-leader rebelle Mahamat Al-Khatim refait surface près de la frontière tchadienne
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/mahamat-al-khatim-a-ndele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Mahamat Al-Khatim, ancien leader du MPC, reduit à un état d’un gamin, actuellement de retour en Centrafrique, dans le village Ndelé, près de Markounda.
Mahamat Al-Khatim, ancien chef du MPC, séjourne depuis une semaine dans le village de Ndélé, proche de Markounda.
L’ancien chef du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) a refait surface dans le village de Ndélé, non loin de Markounda, située à 457 kilomètres de la capitale. Son retour, qui dure depuis plus d’une semaine, s’effectue en marge des processus officiels de désarmement actuellement limités aux groupes 3R et UPC.
Mahamat Al-Khatim avait accepté de déposer les armes fin 2023 après des négociations avec Bangui, facilitées par la communauté de Sant’Egidio. Suite à son accord avec le gouvernement centrafricain, Mahamat Al-Khatim avait annoncé son retrait de la Coalition des Patriotes pour le Changement et sa volonté d’intégrer l’accord de paix de Khartoum.
Hors, quelques heures après l’accord avec Mahamat Al-Khatim, le processus avait brutalement été interrompu lorsque les mercenaires russes du groupe Wagner avaient tué une quarantaine de combattants du MPC dans la zone de Kabo (446 kilomètres de Bangui), incluant le beau-père d’Al-Khatim. Ce massacre avait alimenté une méfiance persistante entre les ex-combattants du groupe et les autorités.
Aujourd’hui, alors que le gouvernement se concentre sur la dissolution des 3R et de l’UPC selon l’accord du 19 avril 2025, Mahamat Al-Khatim évolue avec une influence très réduite. Les FACA ont déployé quelques soldats à Ndélé pour le rencontrer, dans l’objectif de localiser les caches d’armes restantes, l’ancien chef rebelle ne disposant plus d’éléments actifs.
L’ex-leader reste sous surveillance, notamment en raison d’un contentieux non résolu datant de 2020 : l’accusation de vol d’un véhicule appartenant à l’ancien ministre Nicolas Tiangaye. Sa présence dans cette zone frontalière soulève des questions sur ses intentions à long terme et sur la stabilité de cette partie du territoire centrafricain.
Le retour discret de Mahamat Al-Khatim s’inscrit dans une période de transition où les autorités tentent de consolider la paix. Si son influence militaire s’est considérablement érodée, sa présence près de la frontière tchadienne nécessite une surveillance attentive pour éviter toute résurgence de tensions dans cette zone stratégique du pays.
“Sauf le paiement des salaires, Touadera n’a Aucune vision du développement de la RCA “, selon Dr Erenon
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Le-president-Faustin-Archange-Touadera-dans-pleine-priere-pour-ses-moments-difficiles.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Le-president-Faustin-Archange-Touadera-dans-pleine-priere-pour-ses-moments-difficiles-450×446.jpg” alt=”"Sauf le paiement des salaires, Touadera n’a Aucune vision du développement de la RCA ", selon Dr Erenon” width=”450″ height=”446″ />Le Président Baba Kongoboro fait la prière pour ses moments difficiles
Le Dr Erenon accuse Touadéra de se satisfaire du paiement des salaires sans bâtir d’infrastructures durables.
Le Dr Dominique Désiré Erenon ne mâche pas ses mots. Face aux caméras de Global Africa Télé-Sud, le président du parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple livre un réquisitoire sans appel contre Faustin-Archange Touadéra.
Quatorze ans de pouvoir, neuf comme président, cinq comme Premier ministre sous Bozizé, et quel résultat ? Une République centrafricaine enlisée dans l’immobilisme.
La critique d’Erenon porte d’abord sur cette fierté présidentielle à payer les salaires des fonctionnaires. Une normalité administrative érigée en exploit politique. Pendant ce temps, les vraies urgences attendent. L’économie centrafricaine stagne. Les investissements publics brillent par leur absence. La croissance demeure un mirage.
Le réseau routier centrafricain symbolise cette dérive. Détruit, impraticable, il isole les régions les unes des autres. Carnot, Nola, Bangassou, Alindao, Bambouti deviennent des destinations périlleuses depuis la capitale. Les quelques travaux menés à Bangui relèvent du rafistolage, non de la planification. Comment développer un pays dont les artères sont coupées ?
L’éducation subit le même sort. Aucune école nouvelle d’envergure. Aucun projet d’université supplémentaire. Les futurs cadres centrafricains se forment ailleurs ou pas du tout. Cette négligence condamne le pays à reproduire ses élites restreintes, incapables de porter un développement endogène.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cinquante pour cent du budget de fonctionnement dépend de l’aide extérieure. Les recettes internes stagnent. Le budget d’investissement frôle le néant. La République centrafricaine vit au jour le jour, sans stratégie, sans ambition.
Cette gestion minimaliste perpétue la pauvreté. Elle entretient la dépendance. Elle brise l’espoir des Centrafricains qui attendent depuis des décennies un État capable de les projeter vers l’avenir. Erenon appelle à une rupture : priorité aux routes, aux écoles, aux projets concrets qui transforment les vies….
Manque de Patriotisme Économique : Le Gouvernement Centrafricain Privilégie les Étrangers au Détriment des Entreprises Nationales
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/12/Le-ministre-des-finance-Herve-Doba.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le-ministre-des-finance-Herve-Doba – RCA : Le projet de loi des finances 2022 a été adopté par l’assemblé nationale
Le gouvernement centrafricain, par ses choix discutables, marginalise les entreprises nationales, favorisant les acteurs étrangers et entravant le développement économique du pays.
Lors du débat Patara de juin 2025, diffusé sur la radio Ndékè Luka et animé par Armando Yanguendji, les intervenants ont vivement critiqué les pratiques du gouvernement centrafricain, accusé de privilégier les entreprises étrangères au détriment des petites et moyennes entreprises (PME) nationales. Dieubeni Antiga, secrétaire général du collectif des jeunes entrepreneurs centrafricains, a illustré ce manque de patriotisme économique avec l’exemple du Carrefour de l’emploi, où une organisatrice étrangère a été choisie pour gérer un événement destiné aux Centrafricains, malgré la disponibilité de compétences nationales. Cette décision reflète un schéma récurrent où les entrepreneurs centrafricains sont systématiquement écartés.
Dieudonné Ngoumbango, économiste et entrepreneur, a dénoncé une corruption endémique dans l’attribution des marchés publics, où des contrats sont confiés à des entreprises étrangères, souvent incapables de les exécuter correctement, en raison de rétrocommissions. Cette pratique, selon lui, prive les PME nationales d’opportunités cruciales et témoigne d’un manque de vision du gouvernement centrafricain pour protéger l’économie du pays. M. Antiga a également pointé l’évasion fiscale des opérateurs étrangers, qui échappent aux taxes et aux obligations, comme la déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), affaiblissant ainsi les finances publiques.
Jean-Paul Ninguia, chargé de mission au ministère des PME, a tenté de défendre les initiatives gouvernementales, citant le Code de commerce de 2016, qui encadre l’activité des étrangers sous réserve d’agréments. Cependant, il a admis des failles dans l’application de ces textes, dues à un manque de moyens et à une faible diffusion des réglementations. Le ministère, créé en 2016, manque même de ressources de base, comme un véhicule pour des missions sur le terrain, révélant une administration déconnectée des besoins des entrepreneurs centrafricains.
Les intervenants ont également critiqué l’absence de dialogue entre le gouvernement centrafricain et les plateformes entrepreneuriales. Des propositions, comme des exonérations fiscales ou un soutien pour certifier les états financiers, restent sans réponse, renforçant le sentiment d’abandon des PME nationales. Ce manque d’engagement, combiné à une préférence marquée pour les acteurs étrangers, démotive les jeunes entrepreneurs et compromet le développement d’un secteur privé centrafricain dynamique, essentiel pour la croissance économique nationale.
Le gouvernement centrafricain doit soutenir les entreprises nationales, renforcer la gouvernance et promouvoir un patriotisme économique pour dynamiser l’économie du pays….
Plus de 80 % des enfants privés d’acte de naissance à Bouar: quand l’État abandonne ses responsabilités
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/09/Remise-dun-exemplaire-dacte-de-naissance-aux-enfants-du-huitième-arrondissement-de-bangui-le-28-septembre-2019-par-cnc-cyrille-jefferson-yapendé.jpg” data-wpel-link=”internal”>Remise d’un exemplaire d’acte de naissance aux enfants du huitième arrondissement de Bangui le 28 septembre 2019. Photo CNC
La République centrafricaine vit depuis des années une tragédie administrative qui passe sous silence. Huit enfants sur dix naissent aujourd’hui sans existence légale dans la Nana-Mambéré, et aussi ailleurs, victimes d’un système d’état civil en déliquescence totale. Cette réalité statistique cache un échec gouvernemental majeur qui hypothèque l’avenir de millions de jeunes Centrafricains.
Une réalité chiffrée accablante
Les dernières données disponibles dressent un portrait sans appel : plus de 80 % des nouveau-nés centrafricains dans la Nana-Mambéré échappent à tout enregistrement officiel. Cette proportion place la République centrafricaine parmi les pays les plus défaillants au monde en matière d’état civil. Alors que des pays voisins comme le Cameroun ou le Tchad affichent des taux d’enregistrement dépassant 60 %, la RCA stagne dans un sous-développement administratif chronique.
Cette situation ne date pas d’hier. Depuis une décennie, les autorités centrafricaines assistent passivement à la dégradation continue du système d’enregistrement des naissances. Les conflits armés répétés ont achevé de désorganiser des structures déjà fragiles, laissant des générations entières dans l’invisibilité administrative.
Sous Touadera, un système en ruine complète
Les bureaux d’état civil centrafricains fonctionnent dans des conditions déplorables. Dans la capitale Bangui, seuls trois centres sur dix disposent des registres nécessaires à l’enregistrement des naissances. En province, comme dans la Nana-Mambéré, la situation devient catastrophique : certaines préfectures ne comptent qu’un seul bureau fonctionnel pour des centaines de milliers d’habitants.
Le personnel chargé de ces services manque cruellement de formation. Beaucoup d’agents ignorent les procédures élémentaires d’enregistrement. D’autres, non payés depuis des mois, ont abandonné leur poste. Cette désorganisation administrative s’accompagne d’une absence totale de modernisation : les registres papier, quand ils existent, se détériorent rapidement sous le climat tropical.
Les familles centrafricaines font face à des obstacles insurmontables. L’enregistrement d’une naissance coûte entre 2 000 et 5 000 francs CFA, soit plusieurs jours de salaire pour une famille rurale. Les distances à parcourir découragent de nombreux parents : dans certaines villes, comme à Ouadda-Maïkaga, ou encore à Mboki ou ailleurs, il faut marcher plus de 50 kilomètres pour atteindre le bureau d’état civil le plus proche.
Des conséquences lourdes pour l’avenir
Cette invisibilité administrative condamne des millions d’enfants centrafricains à un avenir compromis. Sans acte de naissance, l’accès à l’école publique devient impossible. Les examens officiels, du certificat d’études primaires au baccalauréat, restent fermés à ces enfants fantômes. Une génération entière risque de grandir sans éducation formelle.
Le système de santé publique exclut également ces enfants non enregistrés. Les campagnes de vaccination, les programmes nutritionnels, les soins pédiatriques gratuits leur demeurent inaccessibles. Cette double exclusion – éducative et sanitaire – perpétue les inégalités sociales et maintient les familles les plus vulnérables dans la pauvreté.
À l’âge adulte, ces citoyens invisibles ne pourront ni voter, ni obtenir un passeport, ni prouver leur nationalité centrafricaine. Ils resteront des étrangers dans leur propre pays, exclus des opportunités économiques et des droits civiques les plus élémentaires. Nombreux se tournent vers la fausseté pour établir un nouvel acte de naissance. Heureusement, ça existe!
L’indifférence gouvernementale
Face à cette urgence humanitaire, les autorités centrafricaines restent remarquablement silencieuses. Aucun ministre n’a fait de l’état civil une priorité nationale. Les budgets alloués à ce secteur représentent moins de 0,5 % des dépenses publiques, soit une somme dérisoire face aux besoins réels.
Le gouvernement centrafricain préfère concentrer ses efforts sur des projets plus visibles politiquement, comme le paiement du groupe russe Wagner pour protéger le régime criminel de Bangui. L’état civil, invisible et peu gratifiant électoralement, reste le parent pauvre des politiques publiques.
Cette négligence révèle une incompréhension profonde des enjeux de développement. Un pays qui ne connaît pas ses citoyens ne peut ni planifier son avenir ni distribuer équitablement les services publics. L’état civil constitue le fondement de toute politique sociale cohérente….
Maxime Balalou, tu dis que la Centrafrique est un État de droit ? Est-ce le début de la folie ou les effets d’une drogue ?
L’arrivée à Bangui du colonel Armel Sayo, menotté depuis Yaoundé lors de son extradition à Bangui
Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement, affirme sous l’effet de la drogue que la Centrafrique respecte l’État de droit. Pourtant, des milliers de victimes des Wagner et de la garde présidentielle attendent toujours justice.
Maxime Balalou s’est exprimé à la direction générale de la police pour saluer le travail des services de sécurité dans l’affaire Armel Sayo. Ses mots résonnent étrangement : « La République centrafricaine est un État de droit ». Cette déclaration frappe par son décalage avec la réalité vécue par des milliers de Centrafricains qui subissent quotidiennement l’arbitraire d’un système judiciaire défaillant.
L’affaire Armel Sayo expose précisément aux yeux du monde ces dysfonctionnements. Arrêté à Douala le 17 janvier 2025, l’ancien ministre a été extradé à Bangui le 5 mai et incarcéré au Camp de Roux. Le 7 juillet, sans aucune autorisation du juge d’instruction, Cédric Gbaka, conseiller à la sécurité présidentielle, accompagné de forces russes, a ordonné son extraction de la prison du camp de Roux. Pourtant, cette intervention s’est produite pendant la phase d’instruction, en violation totale des procédures légales.
Pendant 3 semaines entières, personne ne savait où se trouvait le détenu Armel Sayo. Ni ses avocats, ni sa famille, ni même les diplomates – y compris le président camerounais Paul Biya – n’ont obtenu d’informations. Seule la pression internationale a contraint le Président Touadera à demander aux bourreaux de l’ancien ministre Armel Sayo, qui sont d’ailleurs les mercenaires russes, de le ramener à Bangui.
Alors, les Centrafricains demandent à Maxime Balalou : dans un État de droit, un membre de l’exécutif peut-il, avec des forces étrangères armées, ordonner une fouille et une extraction dans une prison ? Aussi, ils se demandent si un procureur a le pouvoir de répondre à une demande de l’exécutif en autorisant une extraction d’un détenu, alors que seul le juge d’instruction en charge du dossier en détient la compétence ?
Cette affaire n’est malheureusement pas une exception. À Bouca, à 288 kilomètres de Bangui, deux anciens miliciens Anti-Balaka intégrés aux Forces armées centrafricaines ont payé de leur vie cette absence d’État de droit. Capturés par des mercenaires russes, ils ont été égorgés, leurs têtes placées entre leurs jambes. Les images de leurs corps mutilés ont été partagées par les mercenaires russes sur les réseaux sociaux comme un avertissement macabre. Aucune enquête n’a été ouverte. Aucun responsable n’a été inquiété. Alors, les Centrafricains demandent à Maxime Balalouoù est le pays de droit dans cette affaire ?
En janvier dernier, au Camp de Roux, six jeunes, tous des ex-miliciens Azandé, incorporés dans l’armée nationale, ont été arrêtés par les mercenaires russes après une réunion qu’ils ont organisée avec eux à Bangui. Transférés à la section de recherche et d’investigation (SRI), deux d’entre eux, pourtant caporaux de l’armée nationale, ont été kidnappés de leur cellule par des mercenaires russes en pleine nuit. Six mois plus tard, leurs familles les cherchent encore. Ils ont rejoint la longue liste des disparus que ce régime a dans son placard macabre. Alors, les Centrafricains demandent à Maxime Balalou où est le droit dans cette affaire ? La RCA est-elle un pays de droit ?
Les députés n’échappent pas non plus à cette répression aveugle. Dominique Éphrem Yandocka, député élu, a été arrêté chez lui en 2023 par des commandos présidentiels. Aucun flagrant délit, aucune levée d’immunité parlementaire selon la procédure constitutionnelle. Il a passé un an de sa vie dans la prison du camp de Roux avant que la justice ne le libère. Aujourd’hui, il vit en exil en France, chassé de son propre pays.
Le député de Djéma a subi lui aussi le même sort. Arrêté, détenu depuis plus de deux mois à l’OCRB, torturé, toujours sans respect de son immunité parlementaire. Ces violations s’accumulent dans l’indifférence générale du pouvoir. Alors, les Centrafricains demandent une fois de plus au ministre Maxime Balalou si le droit existe vraiment dans leur pays ?
Le cas de kidnapping d’un jeune de taxi-moto dénommé Béal à Zemio. Détenu dans une prison privée des Wagner à Mpoko, il reste introuvable jusqu’à ce jour par sa famille. Mais où est le droit que le ministre Balalou proclame ?
Le cas du jeune Centrafricain Abdoul, kidnappé par les mercenaires russes, placé en détention clandestine des Wagner durant six mois dans le sous-sol du camp de Roux, et ramené à l’OCRB, puis ramené à la prison du camp de Roux depuis près de deux ans, et sans jugement. Où est la justice dans ce pays ?
Chaque semaine apporte son lot d’arrestations arbitraires, de détentions illégales, d’exécutions extrajudiciaires. Les familles pleurent leurs morts ou cherchent leurs disparus. Les mercenaires russes opèrent en toute impunité, arrêtant, torturant, tuant des citoyens centrafricains sans que le gouvernement ne bronche.
Maxime Balalou, ancien détenu lui-même, félicite aujourd’hui ces mêmes services qui brisent des vies humaines. Il parle de droits humains tout en applaudissant un système qui les piétine quotidiennement. Cette schizophrénie révèle l’ampleur de la déconnexion entre le discours officiel et la souffrance du peuple.
Les victimes de ce système attendent toujours que justice leur soit rendue. Elles voient leurs bourreaux décorés, leurs tortionnaires promus, leurs oppresseurs félicités. Elles entendent le porte-parole du gouvernement vanter un État de droit qui n’existe que dans sa folie.
Monsieur Maxime Balalou, regardez autour de vous. Écoutez les pleurs des mères qui cherchent leurs fils disparus. Visitez les prisons où des innocents croupissent sans procès depuis près de dix ans. Rencontrez les familles des victimes de vos services de sécurité. Alors peut-être comprendrez-vous que vos mots sonnent cruellement faux aux oreilles de ceux qui subissent la réalité de votre prétendu État de droit.
Maxime Balalou est-il le porte-parole du gouvernement ou le porte-parole du MCU ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou-.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou–450×225.jpg” alt=”Maxime Balalou est-il le porte-parole du gouvernement ou le porte-parole du MCU ?” width=”450″ height=”225″ />L’ex-détenu Maxime Balalou, ministtre de la communication, porte-parole du gouvernement
Maxime Balalou transforme ses fonctions ministérielles en tribune partisane pour le Mouvement Cœurs Unis.
Le 28 juillet 2025, Maxime Balalou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a tenu une conférence de presse qui ressemblait davantage à un meeting du Mouvement Cœurs Unis qu’à une intervention officielle. Face aux journalistes, il s’est lancé dans un éloge appuyé du congrès du MCU, tenu les 25 et 26 juillet dans la capitale : « Ce congrès a été l’occasion pour les membres du MCU de désigner leur candidat et de l’investir. Ce candidat, vous le connaissez, c’est le professeur Faustin-Archange Touadéra qui va briguer encore une fois le fauteuil présidentiel en décembre 2025. Il n’y a pas eu de cooptation. C’est pour vous dire que la démocratie s’exerce de manière dynamique au sein de ce parti ».
Cette sortie pousse les centrafricains à s’interroger si Maxime Balalou représente-t-il l’État centrafricain ou le parti au pouvoir ? Membre fondateur du MCU et secrétaire national aux affaires politiques de cette formation, il semble avoir oublié ses obligations de neutralité. Un ministre de la Communication doit informer sur l’action gouvernementale, pas faire la promotion d’un parti politique. Cette confusion des genres constitue une dérive inquiétante dans un pays qui peine à consolider ses institutions démocratiques.
Le ministre vante une « démocratie à la base » où les militants choisissent librement leurs représentants. La réalité sur le terrain raconte une autre histoire. Les primaires du MCU se sont transformées en véritable imbroglio dans plusieurs circonscriptions. À Boali (95 km de Bangui), l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada, député sortant, a été écarté avant même les primaires de juin 2025 dans des conditions opaques. Selon les témoignages recueillis, David Bounginza a été désigné avec 75 voix contre 4, dans un scrutin dont la transparence laisse à désirer. Dégoûté par ces pratiques, Ngrebada a renoncé à toute candidature sous la bannière du MCU.
À Mbaïki (107 km de la capitale), chef-lieu de la Lobaye, la situation n’est guère plus reluisante. Les candidats sont parachutés par la direction du parti, loin des aspirations réelles des militants locaux. À Ouanda-Djallé, au nord-Est, c’est encore pire. Pas de primaires dans cette localité, mais l’ancien ministre Hassan Come est désigné par le ministre de la justice d’une manière illégale. Cette méthode de sélection contredit totalement le discours sur la « démocratie participative » cher à Maxime Balalou. Les postes de députés, avec leurs émoluments mensuels de 3 millions de FCFA, attirent les opportunistes plus que les véritables serviteurs du peuple.
Plus grave encore, de nombreux candidats sélectionnés par le MCU ne respectent pas les exigences constitutionnelles. La Constitution du 30 août 2023, adoptée par référendum, impose aux candidats aux élections législatives de détenir au minimum le baccalauréat. Pourtant, selon des sources concordantes, 40 à 50 % des candidats du parti présidentiel sont illettrés, incapables même d’écrire leur propre nom. Comment un parti qui se targue d’incarner la « vitalité démocratique » peut-il présenter des candidats aussi peu qualifiés ? Cette violation de la loi fondamentale montre que le MCU privilégie la fidélité à Touadéra sur la compétence.
Maxime Balalou se félicite également de la mobilisation de 8000 à 10 050 personnes lors du congrès, y voyant la preuve de l’enracinement populaire du MCU. Cette affirmation mérite d’être nuancée. Le parti peine à mobiliser de véritables militants sur le terrain. À Nola (720 km de Bangui), dans la Sangha-Mbaéré, une mission du MCU en 2024 avait annulé des élections internes tout en prélevant des fonds auprès des autorités locales, sans fournir d’explications satisfaisantes. Les rassemblements du parti reposent souvent sur des foules payées, créant l’illusion d’un soutien populaire inexistant.
La confusion des rôles de Maxime Balalou ne s’arrête pas à ses déclarations publiques. En juillet 2025, il a été accusé d’avoir harcelé le journaliste Christian Aimé Ndotah via un compte Facebook anonyme, le traitant de « charognard numérique » pour avoir publié une liste de victimes d’une explosion au lycée Barthélémy Boganda. Ces méthodes d’intimidation cadrent mal avec son discours sur la démocratie et la transparence.
La République centrafricaine mérite mieux qu’un porte-parole du gouvernement qui confond service public et militantisme partisan. L’élection de 2025 approche, et les Centrafricains ont le droit d’être informés par des responsables neutres, pas par des propagandistes déguisés en ministres, et surtout par un ex-détenu. La crédibilité des institutions en dépend.
Que vaut réellement la Constitution du 30 août 2023 face aux accords avec les rebelles ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/deux-chefs-rebelles-3r-upc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/deux-chefs-rebelles-3r-upc-450×292.jpg” alt=”Que vaut réellement la Constitution du 30 août 2023 face aux accords avec les rebelles ?” width=”450″ height=”292″ />Les deux chefs rebelles, Sembé Bobo à gauche et Ali Darassa à droite lors de leur arrivée à Bangui pour la fête de l’accord de paix avec Touadera
La Constitution de 2023 sanctionne les rebelles mais le gouvernement continue de négocier avec eux. Mais que vaut réellement cette Constitution illégitime du 30 août 2023 face aux accords avec les rebelles ?
La Constitution centrafricaine du 30 août 2023, initiée par le groupe russe Wagner et imposée aux centrafricains, pose un paradoxe juridique inédit. D’un côté, elle sanctionne sévèrement les auteurs de coups d’État et de rébellions. De l’autre, le gouvernement Touadéra continue de signer des accords avec les chefs rebelles, leur offrant des postes ministériels et une intégration dans les forces armées.
L’article 5 de cette fameuse Constitution établit un principe d’exclusion sans appel : “Les auteurs et les complices des actes visés aux alinéas ci-dessus sont interdits d’exercer toute fonction publique dans les Institutions de l’État”. Cette disposition vise explicitement ceux qui organisent des “coups d’État, rébellions, mutineries ou tout autre procédé non démocratique”. Le texte va plus loin en précisant que “toute personne physique ou morale qui organise des actions de soutien” à ces actes est considérée comme “co-auteur”.
Pourtant, depuis 2019, Bangui multiplie les accords avec les groupes armés. L’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA) signé à Khartoum le 6 février 2019 intègre les responsables des groupes rebelles dans l’appareil étatique. On pense évidemment à Hassan Bouba. Le gouvernement leur offre des postes ministériels, des grades dans l’armée et une amnistie de facto.
Plus récemment, le 19 avril 2025, un nouvel accord a été signé à N’Djamena avec les groupes 3R et UPC. Ces deux factions, dirigées respectivement par Oumar Abdel Kader alias Sembé Bobo et Ali Darassa, ont obtenu, selon cet accord, chacune deux postes ministériels. Ali Darassa, chef de l’Unité pour la paix en Centrafrique, figure pourtant sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis décembre 2021 pour violations des droits humains.
Cette contradiction juridique devient encore plus claire quand on examine le parcours de ces hommes. Ali Darassa a fondé l’UPC en 2014 après avoir quitté la Seleka. Son mouvement s’est rendu responsable de nombreuses exactions contre les populations civiles. En décembre 2020, il a même créé avec d’autres chefs rebelles la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).
Le leader des 3R, Oumar Abdel Kader, n’est pas en reste. Son groupe, issu de la lutte contre les miliciens Anti-Balaka, contrôle une partie de l’ouest du pays depuis plusieurs années. Ses combattants se sont également rendus coupables d’exactions contre les civils, particulièrement dans les préfectures de l’Ouham, la Nana-Mambéré, la Lim-Pendé, et de l’Ouham-Pendé.
La Constitution de 2023 prévoit pourtant des sanctions exemplaires. L’article 61 impose à “tout Centrafricain” le “devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force”. Cette disposition crée une obligation citoyenne de résistance aux putschistes et rebelles. Plus loin, l’article 183 réserve les fonctions électives aux seuls “Centrafricains d’origine”, excluant de facto les binationaux.
La nationalité de ces chefs rebelles pose d’ailleurs question. Beaucoup sont soupçonnés de détenir des passeports étrangers, notamment tchadiens. Ali Darassa lui-même aurait des origines tchadiennes, ce qui rendrait son intégration dans l’appareil étatique contraire aux nouvelles dispositions constitutionnelles.
Cette situation créé un précédent dangereux. En négociant avec les rebelles malgré les interdictions constitutionnelles, le gouvernement Touadéra valide l’idée que la violence armée reste un moyen légitime d’accéder au pouvoir. Cette logique contredit l’esprit même de la Constitution qui vise à bannir les coups de force.
L’accord du 19 avril 2025 prévoit l’intégration de plus de 500 combattants de l’UPC dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Cette décision viole frontalement l’article 4 de la Constitution qui stipule que “les Forces de Défense et de Sécurité sont composées exclusivement de citoyens centrafricains”. Comment justifier l’intégration de combattants dont la nationalité centrafricaine n’est pas établie ?
La cérémonie du 10 juillet 2025 à Bangui, où Ali Darassa et Sembé Bobo ont symboliquement déposé leurs armes, ressemble à un théâtre politique. Ces mêmes hommes avaient déjà signé l’accord de Khartoum en 2019 avant de reprendre les armes quelques mois plus tard. Cette récidive devrait logiquement les exclure définitivement des institutions selon la Constitution.
L’opposition centrafricaine dénonce cette contradiction. Paul Crescent Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile, s’interroge : “Quel est le message du gouvernement, surtout quand il s’agit d’individus étrangers ?C’est incompréhensible lorsqu’on continue de promouvoir ceux qui détiennent des armes”.
Cette politique d’intégration systématique des rebelles crée une incitation perverse. Elle encourage d’autres groupes à prendre les armes pour obtenir des concessions politiques. Le cas du RPRC (Rassemblement patriotique pour le renouveau centrafricain) qui réclame actuellement son intégration dans l’armée nationale en est l’illustration parfaite.
La Constitution de 2023 devient ainsi un texte sans effet réel. Ses dispositions les plus fermes contre les rebelles sont systématiquement contournées par des accords politiques. Cette pratique vide le texte fondamental de sa substance et perpétue l’instabilité chronique du pays.
À quelques mois des élections de décembre 2025, cette contradiction juridique pose un problème de crédibilité. Comment organiser des scrutins transparents quand les mêmes hommes qui ont tenté d’empêcher les élections de 2020 siègent désormais au gouvernement ? Cette situation illustre la fragilité persistante de l’État centrafricain, incapable de faire respecter sa propre Constitution….
Arrêté illégalement par les Mercenaires russes, Abdoul Ben Arfa croupi depuis 2 ans au camp de Roux sans procès
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/abdoul-ben-arfa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/abdoul-ben-arfa-345×450.jpg” alt=”Abdoul Ben Arfa, détenu illégalement depuis près de deux ans à la prison du camp de Roux” width=”345″ height=”450″ />Abdoul Ben Arfa, détenu illégalement depuis près de deux ans à la prison du camp de Roux
Détenu depuis 2023, Abdoul Ben Arfa, ce jeune Centrafricain attend toujours dans sa cellule au camp de Roux d’être jugé après avoir été accusé d’être proche du chef rebelle Ali Darassa.
En effet, le 28 septembre 2023, Abdoul Ben Arfa prenait un café à l’hôtel 4 Saisons, situé sur l’avenue de l’Indépendance à Bangui, quand des mercenaires russes du groupe Wagner sont intervenus pour l’interpeller. Avec la complicité du chef rebelle Hassan Bouba, ces mercenaires russes l’ont accusé d’être le “bras droit” d’Ali Darassa, chef de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Depuis ce jour, ce jeune homme de 28 ans vit un calvaire : tortures, violences et détention sans fin, sans avoir jamais comparu devant un juge.
Aucune preuve n’a été présentée pour justifier cette arrestation. Sa santé s’est rapidement détériorée en prison : douleurs permanentes, vomissements répétés, ventre distendu. Les conditions de sa détention ont empiré son état.
Rappelons le, après son arrestation en septembre 2023, les mercenaires l’ont emmené dans leur propre prison privée située au sous-sol du camp de Roux. Pendant près d’un an, il y a vécu l’enfer : tabassages réguliers, substances forcées, fractures multiples. À un moment, ils l’ont conduit derrière l’aéroport de Bangui, apparemment pour l’exécuter, avant de le ramener au camp de Roux. Deux mois plus tard, il a ensuite été transféré à l’OCRB (Office central pour la répression du banditisme ) la prison de. Après avoir passé un mois à l’OCRB, les mercenaires russes l’ont transféré à la prison officielle du camp de Roux, où il reste aujourd’hui, sans soins médicaux ni avocat.
Abdoul était effectivement un ancien combattant de l’UPC, mais il avait quitté les armes depuis plusieurs années. À Bangui, il s’était tourné vers les affaires et militait activement pour le Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti du président Faustin-Archange Touadéra. Il défendait le président dans toutes les conversations au quartier PK5.
C’est Hassan Bouba, actuel ministre de l’Élevage et de la Santé Animale, qui a organisé cette accusation fantaisiste. Il a désigné le jeune Abdoul Ben Arfa comme le bras droit de Darassa sans apporter la moindre preuve, pour des raisons qui semblent purement politiques.
Mais voilà que le 19 avril 2025, Ali Darassa a signé un accord de paix avec le gouvernement. Cet engagement officiel rend l’accusation contre Abdoul encore plus absurde. Si Darassa est maintenant un partenaire reconnu du pouvoir, et qu’Abdoul, comme tout le monde le sait, soutient publiquement le président Touadéra et le MCU depuis des années, pourquoi continuer à le détenir illégalement ?
Les mercenaires russes du groupe Wagner, présents en Centrafrique depuis 2018, accumulent les exactions sur les centrafricains : tortures, détentions arbitraires, exécutions sommaires. Dans le cas d’Abdoul Ben Arfa, ils ont organisé son enlèvement, sa torture et sa détention prolongée, agissant complètement en dehors de la loi.
Sa famille, en particulier sa mère, vit dans l’angoisse totale. Elle n’a aucune nouvelle fiable de son état. Abdoul, qui était un militant dynamique, est aujourd’hui affaibli, isolé, sans soins ni espoir de sortie. Son maintien en prison ressemble à un acharnement sans fondement.
Deux ans après son arrestation, Abdoul Ben Arfa attend toujours son procès. Sa situation interroge sur l’état de droit dans un pays où les mercenaires russes semblent avoir plus de pouvoir que la justice du pays….
Wagner mobilise discrètement des ex-UPC contre la CMSPR d’Armel Sayo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-elements-du-chef-rebelle-Armel-Sayo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-elements-du-chef-rebelle-Armel-Sayo-395×450.jpg” alt=”Centrafrique : Wagner mobilise discrètement des ex-UPC contre la CMSPR d’Armel Sayo” width=”395″ height=”450″ />Les éléments du chef rebelle Armel Sayo
Le groupe Wagner, avec le soutien du gouvernement, entend adopter une nouvelle stratégie dans sa lutte contre la CMSPR d’Armel Sayo
Le groupe russe Wagner intensifie sa lutte contre la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement (CMSPR), dirigée par l’ancien ministre Armel Ningatoloum Sayo. Constituée le 25 mai 2024, cette coalition rassemble la Coalition des Mouvements Non Signataires des accords de Paix (CMNSP) de Gali Tago et le Fonds de Défense et des Libertés Publiques (FDLP). Le général Florent Kema dirige l’état-major général depuis le 25 novembre 2024.
Rappelez-vous, dans le village Bowaye, situé à 70 kilomètres de Bossangoa, sous-préfecture de Nana-Bakassa, des Mercenaires russes tentent depuis plusieurs mois de capturer Florent Kema et ses hommes. Ces mercenaires russes n’hésitent pas à incendié des habitations dans ce villages, causant même des violences contre les populations civiles, dans le seul but de mettre la pression sur la population locale, sans obtenir les résultats escomptés.
L’accord de cessation des hostilités signé le 19 avril 2025 à Ndjamena entre le gouvernement et deux groupes armés – les 3R de Sembé Bobo et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darassa, a ouvert une nouvelle phase. Intégré à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation de 2019, ce texte a conduit à la dissolution officielle des deux mouvements le 10 juillet 2025 lors d’une cérémonie organisée à Bangui en présence du président Faustin-Archange Touadéra.
Parallèlement à ce processus, des ex-combattants de l’UPC récemment démobilisés dans le cadre du programme DDR sont sollicités par le groupe Wagner pour des opérations contre la CMSPR dans l’Ouham. Ces anciens rebelles reçoivent pour mission de pénétrer dans les forêts afin de repérer et localiser les éléments de la coalition d’Armel Sayo, particulièrement de capturer Florent Kema.
Cette utilisation des démobilisés provoque des tensions au sein de cette communauté. Un ex-général de l’UPC exprime à CNC son désaccord : « Nous avons déposé les armes pour intégrer l’armée nationale, pas pour effectuer des missions sans statut officiel ». Les questions sur les risques se multiplient. « En cas de blessure ou de mort, qui prendra soin de nos familles ? Qui sera responsable ? », s’inquiètent plusieurs anciens combattants.
L’absence de cadre légal et de garanties constitue leur principale doléance. L’intégration promise dans l’armée nationale reste leur premier objectif. Malgré cela, ils sont poussés à participer à des actions militaires actives. « On nous pousse à agir sans protection, sans salaire, sans statut. C’est dangereux », témoigne un autre ex-rebelle.
La CMSPR maintient sa structure autour d’une Haute Direction Politique et Militaire et d’un État-major général. Elle revendique une action en faveur de la paix et de la réconciliation, mais ses objectifs réels demeurent incertains. À Bowé, les opérations se poursuivent tandis que les exactions contre les civils s’intensifient.
Cette mobilisation informelle des ex-UPC, dans un environnement dépourvu de garanties, risque de compromettre le processus de paix conclu avec les 3R et l’UPC. La défiance gagne les anciens combattants, certains envisageant de quitter le programme DDR si leurs conditions ne s’améliorent pas.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Jean-Pierre-Mara-Ancien-Depute-de-la-Republique-Centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Jean-Pierre-Mara-Ancien-Depute-de-la-Republique-Centrafricaine-300×450.jpg” alt=”Centrafrique : Jean-Pierre Mara dénonce l’imposture électorale” width=”300″ height=”450″ />Jean-Pierre Mara, ancien député de la nation.
L’ancien député Jean-Pierre Mara remet en cause la crédibilité des futurs scrutins en Centrafrique dans un système qu’il juge déjà verrouillé.
L’ancien député Jean-Pierre Mara s’attaque frontalement aux prochaines élections en République centrafricaine. Dans un texte partagé sur les réseaux sociaux, l’ancien parlementaire démonte l’illusion démocratique qui entoure l’organisation de ces scrutins. “Élections groupées ou pas… Auront lieu ? N’auront pas lieu ? Quelle importance, quels impacts ?”, s’interroge-t-il d’emblée, avant de livrer son verdict sans appel : dans un système verrouillé, “les élections ne servent qu’à cautionner des systèmes et des mécaniques.”
L’ancien parlementaire Jean-Pierre Mara s’en prend au consensus artificiel qui entoure l’organisation de nouveaux scrutins. “Tous réclament des élections en RCA et c’est bien ainsi. Mais qui peut organiser des élections crédibles dans un pays sans conscience, sans culture sociale, sans culture politique ?”. Sa question traduit une amertume profonde face à ce qu’il perçoit comme une comédie démocratique.
Jean-Pierre Mara dresse le portrait d’une société rongée par l’apathie civique. Selon lui, chaque citoyen “attend que ce soit l’autre qui se lève pour revendiquer la justice, le droit et l’équité sociale dans la redistribution des richesses potentielles”. Cette passivité collective constitue, à ses yeux, l’un des obstacles majeurs à l’émergence d’une véritable démocratie.
L’intégrité du processus électoral fait également l’objet de ses critiques. Il dénonce l’existence d’un “fichier électoral avec des électeurs fictifs qui n’existent pas”, remettant ainsi en cause les fondements même de la légitimité électorale. Cette accusation grave s’inscrit dans une défiance plus large envers les institutions chargées d’organiser les scrutins.
La Minusca et ses responsables successifs ne trouvent pas grâce à ses yeux. Il exprime sa méfiance vis-à-vis de l’organisation dirigée par Valentine Rugwabiza, après l’avoir été par Mankeur Ndiaye. Plus largement, il met en cause l’ensemble des acteurs internationaux impliqués dans le processus électoral centrafricain.
“Je ne crois pas à une élection crédible organisée par la MINUSCA de Gbaguidi et Rugwabiza, soutenue par les Wagner et l’Union Européenne”, affirme-t-il sans détour. Cette déclaration témoigne de sa conviction que les forces internationales présentes sur le territoire centrafricain ne peuvent garantir la transparence des futurs scrutins.
L’ancien député Jean-Pierre Mara puise dans son expérience personnelle pour étayer ses arguments. Candidat lors des élections de 2020, il se souvient du financement de dix milliards de francs CFA accordé par l’Union européenne. Pourtant, sur le terrain, il n’a constaté aucun changement significatif. “Je n’ai vu ou vécu une influence quelconque des observations internationales, encore moins un impact du financement européen”, témoigne-t-il.
Cette expérience directe nourrit sa conviction que “la solution aux problèmes de la RCA n’est pas électorale”. Il interpelle directement les responsables internationaux : “sinon monsieur Mankeur Ndiaye de la MINUSCA et madame Samuella Isopi cheffe de la délégation de l’UE… auraient fait de la RCA une démocratie où les élections sont modèles.”
Au-delà de la critique, Mara dessine les contours d’une réflexion plus profonde sur la nature de la crise centrafricaine. Pour lui, les maux du pays dépassent largement le cadre électoral. Les urnes ne peuvent apporter de solution durable tant que les fondements institutionnels, civiques et moraux de la société ne sont pas reconstruits.
Cette position tranche avec le discours dominant qui fait des élections l’alpha et l’oméga de la sortie de crise. Mara assume cette posture à contre-courant, préférant pointer les dysfonctionnements structurels plutôt que de se contenter de solutions de surface.
Son intervention s’inscrit dans un moment particulier de l’histoire politique centrafricaine. Alors que les partenaires internationaux multiplient les pressions pour l’organisation de nouveaux scrutins, sa voix dissonante rappelle que la démocratie ne se résume pas à l’organisation d’élections.
L’ancien député assume pleinement son rôle de trouble-fête dans un consensus qu’il juge artificiel. Sa charge contre ce qu’il considère comme un faux-semblant démocratique traduit une frustration plus large face à l’état de la société centrafricaine. Reste à savoir si ses mises en garde trouveront un écho au-delà des cercles politiques, dans une population souvent résignée face aux promesses électorales non tenues….
Zemio : quatre civils enlevés à Kinikoumba et transférés à Bangui par les Mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/un-mig21-russe-survole-boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un hélicoptère russe MI-17 avec à son bord des paramilitaires russes
Les forces russes ont procédé à l’arrestation de quatre civils dans la localité de Kinikoumba.
Le 28 juillet, des mercenaires russes ont mené une opération punitive à Kinikoumba, village situé à 70 kilomètres de Zémio (elle-même à 1113 kilomètres de Bangui) sur l’axe menant vers Rafaï, distante de 889 kilomètres de la capitale. Cette intervention fait suite à des affrontements survenus une semaine plus tôt avec des éléments de la milice Azandé, qui avaient causé des pertes matérielles aux forces russes et leurs alliés.
Au cours de cette opération punitive à Kinikoumba, les mercenaires ont arrêté le chef dudit village et son fils avant de capturer deux autres jeunes hommes lors de leur retour vers Zémio : l’un des jeunes est originaire de Bar, l’autre de Tabane. Ces quatre innocents ont été transportés par hélicoptère jusqu’à Bangui dans la journée, sur instruction des chefs de Wagner à Bangui.
Selon des sources dans la capitale et sur les réseaux sociaux, le chef du village Kinikoumba et son fils sont détenus dans un conteneur transformé en cellule privée au camp Wagner, installé dans l’enceinte de l’aéroport de Bangui Mpoko. Les deux autres ont été remis à la Section de recherches et d’investigations (SRI) de la gendarmerie, sans qu’aucune charge ne soit formellement établie.
Cette pratique s’inscrit dans un schéma récurrent où les mercenaires russes formulent leurs propres accusations sans cadre juridique établi. Lorsqu’ils ne procèdent pas à des exécutions sommaires, ils transfèrent les civils vers la capitale où ils les placent dans des centres de détention parallèles ou les remettent aux autorités judiciaires centrafricaines avec des chefs d’accusation préétablis. Les magistrats reprennent généralement ces versions sans procéder à des vérifications approfondies, transformant les suspects en “coupables” sur la base de témoignages non corroborés. Cette mécanique judiciaire fonctionne sans contradictoire réel, alimentant la panique des populations dès la présence des mercenaires russes dans un village.
Aux dernières nouvelles : Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux, le chef du village de Kinikoumba et son fils auraient finalement été ramenés à Zémio par les mercenaires russes. Ces informations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante au moment de la publication.
La Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) accuse les mercenaires russes du groupe Wagner de harceler ses combattants dans la préfecture de la Nana-Mambéré, située à environ 500 kilomètres de Bangui. Dans un communiqué signé le 1er août 2025 depuis Kambakota par son porte-parole politique Jean-Pierre ZanguéndeGoyamba, l’organisation armée dénonce des agressions répétées contre ses éléments, notamment le général Ndalé Adamou, depuis le 25 juillet.
Ces pressions militaires visent à contraindre la CPC à rejoindre le programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) sans négociation préalable. L’organisation armée refuse cette approche coercitive, estimant qu’elle bafoue les accords de Luanda et le cessez-le-feu du 15 octobre 2021.
La CPC compare sa situation à celle des groupes 3R et UPC, qui ont bénéficié de négociations avec le gouvernement avant de parvenir à un accord. Elle rappelle que ces processus ont abouti parce que Bangui a choisi le dialogue plutôt que l’affrontement direct. L’organisation armée affirme que l’usage de la force par l’intermédiaire des mercenaires russes ne peut conduire à une paix durable.
L’accusation la plus grave concerne la nature discriminatoire de la stratégie gouvernementale. La CPC dénonce une politique de paix sélective basée sur des considérations ethniques et confessionnelles, visant selon elle à diviser la nation au bénéfice des intérêts économiques du groupe Wagner et de ses partenaires locaux, issus pour certains des groupes armés ralliés au pouvoir.
Devant ces accusations, la CPC revendique son caractère inclusif et national, transcendant les divisions communautaires et religieuses. Elle présente sa lutte comme un combat de libération nationale contre ce qu’elle qualifie d’occupation étrangère et de gouvernance corrompue.
L’organisation armée soutient que ses membres sont spécifiquement visés en raison de leur refus de toute compromission avec le régime actuel. Elle interprète l’absence de dialogue avec ses représentants, notamment avec son coordonnateur général François Bozizé, ancien président de la République, comme une stratégie délibérée pour éviter un règlement politique global.
Tout en réaffirmant sa disponibilité pour des négociations, la CPC menace de poursuivre la lutte armée si le gouvernement maintient sa politique répressive. Le mouvement se dit déterminé à combattre ce qu’il appelle un “pouvoir tyrannique et impopulaire” pendant des décennies si nécessaire, jusqu’à ce que le peuple centrafricain recouvre sa liberté.
Cette escalade dans la Nana-Mambéré intervient alors que les autorités centrafricaines multiplient les opérations militaires avec l’appui des forces russes pour réduire l’influence des groupes armés non alignés. La position inflexible de la CPC laisse présager une intensification des affrontements dans cette zone frontalière avec le Cameroun, remettant en question les perspectives de pacification du pays.
Une perfusion de 58 millions de dollars : le FMI met la RCA sous assistance respiratoire
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Herve-Ndoba-modifie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Hervé Ndoba, ministre des finances de la République centrafricaine
Loin du discours de victoire du gouvernement à travers son porte-parole, cette aide du FMI est un acte de survie pour une économie qui, sans ce geste, cesserait de respirer. Il s’agit moins d’un plan de relance que du strict minimum pour empêcher l’effondrement d’un État dont les fonctions vitales sont déjà profondément atteintes.
Pour saisir la gravité de la situation, il suffit de comparer. Un rapide coup d’œil aux récents programmes du FMI sur le continent révèle un écart abyssal. Pendant que la RCA reçoit une perfusion de 58 millions de dollars du FMI, d’autres pays bénéficient d’accords massifs : 3 milliards de dollars pour le Ghana, 3,5 milliards pour la Côte d’Ivoire ou encore 4,43 milliards pour le Kenya.
Cet écart vertigineux se passe de commentaire et explique l’isolement centrafricain. Pourtant, ce serait une erreur de juger ce montant insignifiant. Rapporté à la très faible économie du pays, dont le PIB peine à atteindre 2,8 milliards de dollars, il représente en réalité plus de 2 % du produit intérieur brut. C’est une proportion considérable qui ne sera pas allouée au développement, mais à la survie pure et simple : payer les salaires , acheter les médicaments qui manquent, construire les belles villas des dignitaires du régime, le tout pour éviter la paralysie totale du pays.
La rhétorique officielle, qui salue des “réformes qui portent leurs fruits”, sonne creux face à la réalité géopolitique. Le régime de Bangui, par son pivot stratégique et son discours hostile aux partenaires traditionnels, s’est lui-même isolé, asséchant les canaux de financement qui lui sont pourtant indispensables. Alors, pourquoi le FMI, où l’influence occidentale demeure prépondérante, intervient-il ?
Parce qu’il ne peut se permettre de laisser un “État-failli” s’installer durablement au cœur du continent. Un abandon total de la RCA créerait un vide sécuritaire et une crise humanitaire qui déstabiliseraient l’ensemble de la sous-région. Ce financement minimaliste du FMI est donc un acte de realpolitik comme l’a dit le ministre de l’économie, le cleptomane Filakota : un moyen de “garder un pied dans la porte”. Par ce geste, le FMI maintient un canal de dialogue, impose une surveillance minimale de la gouvernance et, surtout, empêche le chaos total.
En réalité, loin d’être une “embellie financière”, ce décaissement du FMI est le baromètre le plus fiable de la crise centrafricaine. Il mesure la profondeur de son isolement et la précarité de son État. Le fait que le régime soit contraint de présenter comme une victoire une somme qui ne représente qu’une fraction de ce que reçoivent ses voisins est l’aveu le plus humiliant de sa propre vulnérabilité. Le véritable enjeu pour la République centrafricaine n’est pas la prochaine table ronde des bailleurs, mais sa capacité à rebâtir la confiance et à restaurer une gouvernance crédible. Sans cela, le pays restera ce qu’il est aujourd’hui : un malade sous perfusion, dont la survie dépendra, au goutte-à-goutte, du bon vouloir d’une communauté internationale qui cherche avant tout à éviter le pire….
le corps de l’adjudant disparu à Zawa retrouvé en état de décomposition avancée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/adjudant-mort-dans-un-accident-a-gaga.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’adjudant Janvier Bisso N’dokobanda , mort dans un accident de circulation entre les villages Gaga et Carrefour
À Gaga, la dépouille de l’adjudant de forces armées centrafricaines a été repêchée dans un état méconnaissable après plusieurs jours de recherches.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’accident s’est déroulé le vendredi 25 juillet sur le pont de Bang, situé entre les villages Gaga et Carrefour (65 kilomètres de Zawa). L’adjudant circulait à moto avec l’un de ses éléments lorsqu’il a perdu le contrôle de l’engin. Les deux hommes sont tombés dans l’eau. Si le soldat a pu être secouru par les riverains, l’adjudant a été emporté par le courant.
Le lendemain, seule la motocyclette a été récupérée. Plusieurs jours plus tard, des nageurs civils ont découvert le corps de l’adjudant, surnommé Luku, dans un état de décomposition très avancé. Ses éléments ont réussi à faire évacuer le corps à Bangui. Informée de la nouvelle, la famille a réussi à intercepter la dépouille à PK45, sur l’axe de Boali-Bangui.
L’état du cadavre a contraint la famille à procéder à l’inhumation sur place. Selon des sources locales et militaires, le corps de l’adjudant portait des mutilations impressionnantes : la langue et les parties génitales avaient été coupées . Ces observations ont alimenté des interprétations mystiques parmi la population.
Des sages du village, soutenus par certains soldats, évoquent un règlement mystique lié à des affaires de mœurs. Une partie des habitants considère que l’adjudant aurait été victime d’un envoûtement.
Cet incident survient dans un climat de méfiance grandissante entre les éléments de Forces armées centrafricaines et les communautés locales. Les comportements de certains militaires dans leurs zones d’affectation alimentent les tensions avec les populations civiles, surtout à cause des barrières et la drague des femmes mariées.