Depuis plusieurs semaines, Bangui voit affluer des pick-up Toyota BJ 80, en cours de modification dans les bases militaires pour accueillir des mitrailleuses DShK.
Dans les garages militaires de la capitale Bangui, des Toyota BJ 80, récemment livrés, subissent des transformations majeures. Ces pick-up, repeints en camouflage militaire, et équipés de mitrailleuses lourdes de calibre 12,7 mm, principalement des DShK d’origine soviétique, réputées pour leur puissance dans les conflits en Afrique. Selon des sources militaires contactées par la rédaction du CNC, ces préparatifs visent à renforcer la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra, qui ambitionne un troisième mandat inédit en Centrafrique.
Une partie de ces véhicules, déjà presqu’opérationnels, sera déployée dans des zones sensibles, notamment dans les provinces du nord et de l’est, où des groupes armés restent actifs. D’autres pick-up seront affectés à la protection de sites stratégiques, comme les escortes du chef d’État-major, du Président de l’Assemblée nationale, du premier ministre et la sécurité présidentielle. Les travaux sur les véhicules restants se poursuivent, avec le montage des mitrailleuses et l’adaptation des plateformes arrière pour des opérations rapides.
Des informations pointent vers une origine inquiétante de cet arsenal. Les armes et certains pick-up pourraient provenir de réseaux liés aux Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit “Hemetti”. Ces réseaux, actifs dans le commerce d’armes au Sahel, alimentent divers groupes armés. Certains observateurs mettent en garde : si ces mitrailleuses DShK ne sont pas sécurisées, elles pourraient tomber entre les mains des malfaiteurs, aggravant l’instabilité dans le pays.
La Russie, principal partenaire de Touadéra, joue un rôle clé dans ces préparatifs. Des instructeurs russes du groupe Wagner, aux côtés de contingents rwandais, forment les forces centrafricaines à l’utilisation de ces nouvelles unités mobiles. Ce soutien renforce la capacité militaires de Touadéra à projeter une image de force, tout en consolidant l’influence de Moscou en Centrafrique.
Le père nigérien de Touadéra : un obstacle majeur à sa nouvelle candidature selon la nouvelle Constitution
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
La promulgation de la nouvelle Constitution centrafricaine en août 2023 pourrait bien se retourner contre son principal architecte. Le président Faustin-Archange Touadéra, qui a imposé ce texte pour écarter ses rivaux politiques, se retrouve aujourd’hui pris au piège de ses propres règles.
Un référendum controversé aux conséquences inattendues
Le 30 juillet 2023, les Centrafricains étaient appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel organisé dans des conditions plus que douteuses. Malgré les chiffres officiels de l’Autorité nationale des élections (ANE) annonçant une participation de 61,10%, les observateurs sur le terrain parlent d’une réalité bien différente : entre 10 et 15% de participation réelle seulement.
Dans les quartiers de Bangui comme à l’intérieur du pays, les bureaux de vote étaient désespérément vides.
Sur une population de plus de 5 millions d’habitants, seuls 1,5 million d’électeurs auraient effectivement participé au scrutin. L’opposition crie au scandale, d’autant plus que l’absence du Sénat rendait le processus anticonstitutionnel selon elle.
Une Constitution “sur mesure” qui se retourne contre son créateur
Le nouveau texte fondamental apporte des modifications majeures : suppression de la limite de deux mandats présidentiels, allongement du mandat à sept ans, et surtout, introduction d’une règle stricte concernant la nationalité des candidats à la présidence.
Désormais, tout prétendant au fauteuil présidentiel doit être “centrafricain d’origine”, c’est-à-dire né de père et de mère centrafricains, eux-mêmes centrafricains d’origine, et ne posséder qu’une seule nationalité. Cette disposition, taillée sur mesure pour éliminer des figures comme Anicet-Georges Dologuélé, se révèle aujourd’hui être un boomerang pour Touadéra lui-même.
Le secret de Polichinelle des origines de Touadéra
Dans la capitale comme dans les villages reculés de la Centrafrique, tout le monde connaît la vérité sur les origines du président : son père est nigérien. Ce Peul originaire du Niger n’a jamais été centrafricain, contrairement à ce que tente de faire croire l’entourage présidentiel.
La mère de Touadéra, bien que centrafricaine, est elle-même d’origine congolaise (RDC). Cette ascendance mixte ne permet pas au président de remplir les critères draconiens de sa propre Constitution.
Une opération de camouflage qui tourne au ridicule
Face à cette évidence gênante, le pouvoir a tenté une opération de communication pour le moins maladroite. Le ministre conseiller Fidèle Gouandjika s’est rendu à Damara, à 75 kilomètres de Bangui, pour désigner une tombe comme étant celle du père de Touadéra.
Mais les Centrafricains ne sont pas nés de la dernière pluie. Cette sépulture est en réalité celle du beau-père du président, l’époux de sa mère, et non de son père biologique. Le nom de naissance de Touadéra, qui signifie “enfant de cousin” en sango, révèle qu’il a grandi sans père reconnu, élevé par des cousins maternels.
L’opposition mobilisée face à l’incohérence constitutionnelle
Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), qui regroupe l’opposition, dénonce cette comédie. Selon ses leaders, Martin Ziguélé et Crépin Mboli-Goumba, la Constitution de 2023 est “crisogène” et le référendum qui l’a adoptée était illégal.
“Comment peut-on accepter qu’un président applique sélectivement sa propre Constitution ?”, s’interroge un cadre de l’opposition. Plusieurs ministres du gouvernement Touadéra possèdent notoirement la double nationalité – tchadienne, congolaise ou autre – en violation du texte constitutionnel.
Un Conseil constitutionnel sous influence
Malgré l’évidence de l’inéligibilité de Touadéra selon ses propres critères, le Conseil constitutionnel pourrait valider sa candidature pour 2025. Depuis l’éviction controversée de Danièle Darlan en 2022, remplacée par Jean-Pierre Waboé, un parent ethnique du Président, l’institution a perdu totalement son indépendance.
Vers une crise majeure en 2025 ?
Les enjeux sont considérables pour un pays déjà meurtri par des années de conflits. Si le Conseil constitutionnel fermait les yeux sur cette violation manifeste de la Constitution, cela pourrait embraser la Centrafrique.
L’opposition appelle à un dialogue national urgent pour éviter que la question de l’éligibilité présidentielle ne plonge le pays dans une nouvelle crise. Car dans un pays où les origines ethniques de chacun sont connues de tous, les tentatives de dissimulation ne trompent personne.
La nationalité nigérienne du père de Touadéra demeure le secret le mieux partagé de Centrafrique. Reste à savoir si les institutions sauront faire respecter la Constitution ou si elles céderont aux pressions du pouvoir en place….
À Zémio, un responsable d’ONG a été arrêté sans raison par la gendarmerie, forcé de payer 100 000 francs CFA pour retrouver sa liberté
Zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/lieutenant-de-gendarmerie-ruffin-bakassi-de-zemio-203×450.jpg” alt=”Le Lieutenant de gendarmerie, Ruffin Bakassi, à Zemio, dans le Haut-Mbomou, au sud-est de la RCA” width=”203″ height=”450″ />Le Lieutenant de gendarmerie, Ruffin Bakassi, commandant la brigade de Zemio
À Zémio, l’une des sous-préfectures du Haut-Mbomou, un responsable d’ONG a été arrêté sans raison par la gendarmerie, forcé de payer 100 000 francs CFA pour retrouver sa liberté.
Le mercredi 11 juin dans la matinée, un incident d’une extrême gravité survenu à Zemio prouve une fois de plus aux yeux du monde les abus de pouvoir au sein de la Gendarmerie locale. Le lieutenant Makassi Rufin, censé maintenir l’ordre, s’en prend aux populations , profitant de l’insécurité pour extorquer de l’argent. Cette fois, sa cible principale est le point focal de l’ONG HEMLE (Humanitaire Engagé pour un Mouvement Libre d’Évolution), une organisation qui aide les habitants de Zémio dans un contexte de crise.
En effet, il y’a quelques semaines, des troubles ont éclaté à Zemio entre les forces gouvernementales et les miliciens Azandé, poussant la population de la ville, y compris celle des villages environnant comme Koumboli, Bandachi à trouver refuge dans des églises pour certains, tandis que les autres ont décidé de traverser la rivière Mbomou pour se réfugier en République démocratique du Congo (RDC). Profitant de ce chaos sécuritaire, des voleurs ont forcé les bureaux de l’ONG HEMLE, dérobant équipements et matériel. Ainsi, pour tenter de retrouver les suspects, le point focal de l’organisation, chargé de représenter HEMLE à Zémio, a enquêté discrètement de son côté. Finalement, Le responsable de l’organisation a retrouvé une partie des objets volés et identifié les coupables. Il a alors prévenu la gendarmerie qui a arrêté les suspects et récupéré une partie des biens volés.
Mais au lieu de s’en tenir à sa mission de maintien de l’ordre comme prévoit sa mission, le lieutenant de la gendarmerie, monsieur Makassi Rufin, outrant passant ses prérogatives, a exigé une forte somme d’argent, 100 000 francs CFA au responsable de l’ONG, prétendant que c’était pour couvrir les frais de déplacement des gendarmes, une intervention pourtant à quelques centaines de mètres seulement du poste. Le point focal, surpris par cette demande, a contacté le siège de l’ONG à Bangui pour demander des fonds. Avec l’insécurité et les réseaux de communication perturbés, l’envoi de l’argent a pris du temps. Entre-temps, des rumeurs commencent à circuler à Zémio sur une possible attaque foudroyante des miliciens Azandé, ce qui a poussé le responsable à traverser la rivière Mbomou pour rejoindre Zapaï, en RDC, afin de revoir sa famille et attendre que la situation se calme.
Passant trois jours sur place en RDC jusqu’au 11 juin 2025, le responsable humanitaire a décidé de retourner à Zemio pour reprendre ses activités habituelles. Mais la surprise est de taille ! Quelques heures après son retour, le point focal a été immédiatement arrêté par les gendarmes sur ordre du lieutenant Makassi Rufin. Ce dernier lui a collé un motif pathétique, l’accusant sans aucune preuve d’avoir fui la ville pour conspirer avec des milices Azandé. Makassi a affirmé que le responsable de l’ONG était en contact permanant avec ces miliciens Azandé. Selon lui, le responsable humanitaire avait quitté Zemio dans l’espoir que les miliciens Azandé puissent venir les éliminer tous. Une accusation infondée et pathétique. Sur décision du lieutenant, le responsable humanitaire a été placé en détention. Le lieutenant lui a exigé une nouvelle somme de 100 000 francs CFA pour sa libération, menaçant au passage de le tuer s’il dévoilait l’affaire. Le responsable, n’ayant pas d’autre choix, a contacté Bangui, obtenu l’argent et payé la somme pour être finalement libéré que le soir du mercredi 11 juin.
Les agissements du lieutenant Makassi ne sont pas un cas à part. Ils s’inscrivent dans un climat où les forces de sécurité, parfois sous l’influence de groupes comme les mercenaires Wagner, se livrent à des pratiques d’extorsion et d’intimidation. À Zémio, la Gendarmerie, censée protéger la population, agit contre les habitants et les travailleurs humanitaires, profitant de la peur et du désordre. Les menaces de Makassi pour étouffer l’affaire montrent qu’il sait que ses actes sont illégaux, mais il continue, certain de ne pas être inquiété dans une région où le contrôle manque….
Une vaste Campagne de Désinformation organisée Contre Sylvain Ndoutingaï : Mensonges, Manipulations et Tentatives de Politisation à l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eglise-des-freres-du-quartier-ngbenguewe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Vue de la façade principale de l’église évangélique des frères de Ngbénguéwé
Les événements qui secouent l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé ont pris une dimension inattendue. Au-delà du conflit religieux initial, une véritable campagne de désinformation vise désormais l’ancien ministre d’État des Finances, Sylvain Ndoutingaï.
En effet, depuis la mort du pasteur Beorofei Tonzan Bertin, excommunié pour des accusations graves de tentative de meurtre et de conduite immorale, l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé, située dans le troisième arrondissement de Bangui, traverse une période de forte tension interne. Pourtant, ce qui était initialement une affaire interne à l’église a pris une tournure inquiétante : une campagne massive de désinformation, organisée sur les réseaux sociaux, cible désormais l’ancien ministre d’État des Finances, Sylvain Ndoutingaï, dans une tentative évidente de le discréditer et de politiser un conflit religieux. Après deux semaines d’enquêtes rigoureuses, la rédaction de CNC démonte ces accusations mensongères, dévoilant au passage une manipulation grossière et malveillante….
Des Rumeurs Infondées et Contradictoires….
Suite au décès du pasteur Beorofei Tonzan Bertin, survenu après sa convocation à la gendarmerie et au tribunal pour répondre des graves accusations portées contre lui, des rumeurs absurdes ont envahi les réseaux sociaux. Parmi elles :
– Sylvain Ndoutingaï aurait fui vers la République démocratique du Congo (RDC) et aurait été arrêté à Zongo avant d’être rapatrié à Bangui. Faux. Nos investigations confirment que l’ancien ministre n’a jamais quitté le pays. Il réside dans sa maison habituelle, en convalescence après un accident survenu il y a un an, et n’a reçu aucune convocation ou effet lié à une prétendue campagne électorale….
– Il serait paralysé suite aux troubles dans l’église. Absurde. Sylvain Ndoutingaï se porte bien et ne présente aucun problème de mobilité, comme l’attestent ses proches et nos vérifications….
– Il serait en exil à l’ambassade de France. Une rumeur grotesque, démentie par toutes les sources fiables interrogées par la rédaction du CNC….
– Il préparerait un coup d’État avec les « flambeaux » de l’église. Cette accusation, la plus grave, est aussi la plus ridicule. Elle prétend que Sylvain Ndoutingaï formerait des membres de l’Église Évangélique des Frères pour renverser le gouvernement. Une unité spéciale aurait même été mandatée le 1er juin 2025 pour l’arrêter, mais les faits montrent qu’il se trouvait ce jour-là à l’église EF de Maroco pour la consécration du pasteur Fio Patrick, un événement légitime et sans lien avec une quelconque conspiration….
Ces allégations, dénuées de tout fondement, s’effondrent face à la réalité. Nos enquêtes, menées auprès de l’entourage de Sylvain Ndoutingaï, des autorités et des membres de la communauté, révèlent que ces rumeurs sont des fabrications pures et simples, destinées à nuire à la réputation d’un homme qui n’a même pas de lien direct avec les troubles internes de l’église….
Une Présence à l’Église Inventée de Toutes Pièces….
Les détracteurs de Sylvain Ndoutingaï l’accusent d’avoir manipulé la décision d’excommunication du pasteur Beorofei Tonzan Bertin et d’avoir contribué à sa mort. Pourtant, les faits sont clairs : depuis son accident il y a un an, l’ancien ministre ne fréquente plus l’église de Ngbénguéwé, ni même les soirées de prière. Dire qu’il habite près de l’église est également un mensonge : nos vérifications confirment qu’il réside ailleurs, loin du quartier cité. Ces accusations, qui ne reposent sur aucune preuve, visent à faire de Sylvain Ndoutingaï le bouc émissaire d’une crise qu’il n’a ni créée ni alimentée….
Une Manipulation aux Objectifs Obscurs….
À qui profite cette campagne de désinformation ? Les partisans du défunt pasteur Beorofei Tonzan Bertin, soutenus par une intervention controversée du Secrétaire Exécutif de l’Union des Églises Évangéliques des Frères (UEEF), Aladoum Bavon, semblent vouloir détourner l’attention des faits avérés ayant conduit à l’excommunication du pasteur. Rappelons que Beorofei Tonzan Bertin a été exclu le 24 décembre 2024 pour tentative de meurtre sur dix membres du bureau exécutif et pour des relations extraconjugales scandaleuses avec trois femmes, révélées par ces dernières. Cette décision, entérinée par 23 voix pour et 4 abstentions lors d’un vote du district de Bangui 1 le 8 janvier 2025, était conforme aux statuts de l’église et aux principes bibliques….
Pourtant, au lieu de reconnaître la légitimité de cette sanction, certains membres ont fermé les portes de l’église, aggravant les tensions. Pire, ils ont organisé une campagne de diffamation contre Sylvain Ndoutingaï, l’accusant sans preuve de manipuler l’église et de viser un prétendu « coup d’État ». Cette politisation éhontée d’une crise religieuse est une tentative claire de brouiller les pistes, de salir la réputation d’un homme innocent et, peut-être, de détourner l’attention des véritables responsabilités dans cette affaire…….
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, fin connaisseur des dynamiques internationales, joue un jeu subtil entre l’Union européenne et la Russie pour assurer la survie de son régime.
Fort de ses cinq ans d’expérience comme premier ministre puis de président depuis 2016, Touadéra maîtrise l’art de manier le discours pour séduire les Occidentaux. Il parle de sécurité, de droits de l’homme et de gouvernance, des thèmes chers à l’UE, tout en sachant qu’il ne cède pas aux pressions. Habitué à naviguer dans les eaux troubles de la politique, il n’est pas, comme il le dit lui-même, “né de la dernière pluie”. Il connaît les attentes des Blancs, sait comment les flatter pour obtenir des fonds, et n’hésite pas à promettre sans toujours tenir.
L’Union européenne, dans sa quête de contrer l’influence russe en République centrafricaine, tombe effectivement dans le piège de Touadera. L’homme fort de Bangui propose certains projets à l’Union européenne qui, à son tour, accepte de les financer, mais avec certaines conditions. Touadera demande des aides financières, des projets d’électrification de Bangui, un pont entre Bangui et Zongo, et un soutien aux Élections locales. L’UE accepte, mais ces promesses s’accompagnent de conditions strictes : transparence, lutte contre la corruption, respect des droits humains. Des exigences que Touadéra connait déjà bien avant de se rendre à Bruxelles. Il les a d’ailleurs déjà contourné par le passé. En 2016, les fonds du RCPCA, destinés au relèvement du pays, ont largement profité à ses alliés, notamment Wagner, sans bénéfices tangibles pour les Centrafricains. Aujourd’hui, l’UE semble retomber dans le même schéma, offrant des milliards que Touadéra pourrait empocher tranquillement.
Pourtant, la Russie reste le pilier de sa survie politique. En échange de diamants, d’or et de ressources, Moscou fournit à Touadéra la force brute de Wagner pour protéger son régime. Les Russes, contrairement aux Européens, ne donnent pas d’argent, mais exigent des richesses. Touadéra, pragmatique, joue sur les deux tableaux : il adopte une voix douce et des yeux plissés pour charmer l’UE, tout en cédant les ressources du pays à la Russie. Ce double jeu est sa stratégie pour “pomper des frics” de l’Europe tout en s’appuyant sur la puissance militaire russe.
Les projets phares comme le pont Bangui-Zongo ou l’électrification de la capitale ne sont que des leurres. Touadéra sait que l’inaction lui attire des critiques, surtout depuis qu’il a modifié la constitution en 2023, avec l’appui de Wagner, pour s’accrocher au pouvoir à vie. Ces initiatives servent de rideau de fumée pour apaiser la population et les partenaires internationaux, pendant qu’il consolide son emprise. L’UE, en croyant influencer la RCA et réduire la présence russe, perd son temps. Touadéra ne sacrifiera jamais son régime pour des miettes européennes.
L’argent de l’UE, lorsqu’il arrive, disparaît rapidement. Il finance les mercenaires de Wagner, les forces rwandaises, et les gardes qui maintiennent Touadéra au pouvoir. Des milliards sont engloutis, tandis que le peuple centrafricain reste dans la misère. L’histoire se répète : l’UE a été bernée en 2016, et elle risque de l’être encore. Touadéra, maître stratège, continue de rouler tout le monde dans la farine, jouant le chat avec la Russie et la souris avec l’Europe….
Depuis deux semaines, des tensions croissantes opposent les soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) aux mercenaires russes du groupe Wagner à Zémio, dans le Haut-Mbomou. Face au refus de certains FACA de patrouiller avec eux, les criminels Russes se tournent vers les ex-rebelles de l’UPC pour contrer les miliciens Azandés.
Dans la préfecture du Haut-Mbomou, la situation à Zémio reste tendue depuis plusieurs semaines. Des frictions ont émergé entre les soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et les mercenaires russes du groupe Wagner, certains militaires centrafricains refusant de participer à des patrouilles conjointes avec les Russes. En réponse, les mercenaires ont décidé de faire appel aux ex-rebelles de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), un groupe armé autrefois actif dans la région.
Ces ex-combattants, initialement basés à Bambouti, puis à Mboki, avaient déposé leurs armes et suivi une formation encadrée par les mercenaires russes. Désormais, ils sont mobilisés pour appuyer Wagner dans ses affrontements avec les miliciens Azandés à Zémio. Le lundi 9 juin 2025, un nouveau groupe d’ex-rebelles de l’UPC a été déployé dans la ville, sous la direction d’Ahmat Petit, une figure bien connue dans le Haut-Mbomou.
Ahmat Petit de retour
C’est dans ce contexte que réapparaît Ahmat Petit, figure emblématique du mouvement rebelle dirigé par Ali Darassa. Cet ancien général de l’UPC, qui contrôlait autrefois la localité de Bambouti avant de se replier sur Mboki, incarne parfaitement les méandres de la politique centrafricaine. Après avoir rendu ses armes et suivi une formation dispensée par les Russes eux-mêmes –, le voilà qui reprend du service, cette fois aux côtés de ses anciens “formateurs”.
Ainsi, ce lundi 9 juin, un nouveau contingent d’ex-rebelles de l’UPC a ainsi rejoint par hélicoptère de Wagner la ville de Zémio sous la direction de l’ex-général Ahmat Petit. Ces hommes, initialement cantonnés entre Bambouti et Mboki, représentent une ressource précieuse pour Wagner dans sa confrontation avec les miliciens Azandés.
Quand les fils de la terre se retournent contre leurs alliés
Car tel est le paradoxe de cette région où les alliances se font et se défont au gré des intérêts : les miliciens Azandés, issus de cette communauté autochtone du Haut-Mbomou, ont rompu avec leurs anciens partenaires russes il y a plusieurs mois. Ces hommes, qui connaissent chaque sentier de la forêt dense et chaque méandre de l’Oubangui, contestent désormais la présence de Wagner, des FACA et des gendarmes sur leurs terres ancestrales.
Cette résistance des Azandé témoigne des dynamiques complexes qui traversent la Centrafrique contemporaine. Dans un pays où les identités communautaires s’entremêlent aux enjeux géopolitiques, où les anciens adversaires deviennent partenaires et où les alliances d’hier peuvent devenir les rivalités de demain, la situation de Zémio explique parfaitement les défis auxquels fait face l’État centrafricain dans sa quête de stabilité….
Crise dans le Haut-Mbomou : « Nous avons travaillé pour l’État, mais on veut nous désarmer pour nous jeter dans la poubelle », dénonce Michel Kombo-Yéki
Centrafrique.org/le-prefet-de-louham-decrete-un-couvre-feu-face-aux-rumeurs-dinfiltration-des-rebelles/wagner-ti-azande/” rel=”attachment wp-att-76405″ data-wpel-link=”internal”>Instructeur du groupe Wagner patrouillant avec des miliciens de la milice Azandé sur une route en terre battue
Dans le Haut-Mbomou, les miliciens Azandé, après avoir servi l’État, dénoncent un désarmement perçu comme une trahison, rapporte Michel Kombo-Yéki sur Patara.
Le Haut-Mbomou, région du sud-est de la RCA, est en proie à une insécurité chronique, avec des affrontements à Obo, Zémio, Mboki et Bambouti. Lors de l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka, animée par Armando Yanguendji, trois intervenants ont débattu de la crise : Marcel Dimassé, ministre résident du Haut-Mbomou, Dieudonné Ngoumbango, président de la plateforme des partis centristes, et Michel Kombo-Yéki, ancien porte-parole du groupe Azandé Ani Kpi Gbé. Au cœur des échanges, la frustration des miliciens Azandé, dont 200 avaient été intégrés dans les Forces armées centrafricaines (FACA) mais menacés de désarmement, a été exprimée avec force par Kombo-Yéki : « Nous avons travaillé pour l’État, mais on veut nous désarmer pour nous jeter dans la poubelle ». Cette déclaration reflète le sentiment d’abandon d’un groupe qui se considère trahi après avoir contribué à la sécurité nationale.
Rappelons que les miliciens Azandé Ani Kpi Gbé ont pris les armes dans le Haut-Mbomou face à l’absence de protection étatique, confrontés aux exactions de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Kombo-Yéki a expliqué que, munis de machettes et d’armes artisanales, ils ont chassé l’UPC, libérant des localités comme Obo. « Nous avons eu l’idée d’aller dans le cadre de l’UPC, de les pousser en arrière et prendre leurs armes automatiques », a-t-il détaillé, soulignant leur succès initial. Le gouvernement, alors sous embargo et incapable d’assurer la sécurité, a reconnu ces efforts. Dimassé a confirmé : « Les faits d’armes des milices azandés ont été reconnus par le gouvernement », ce qui a conduit à l’intégration de 200 des 5 000 membres du groupe dans les FACA après une formation dispensée par des instructeurs russes.
Ces 200 miliciens, dotés de numéros matricules, ont été déployés à travers la RCA, servant à Bozoum, Paoua, Bria et Sam-Ouandja. Kombo-Yéki a précisé qu’ils ont « chassé les rebelles dans les chantiers miniers pour le compte des Russes », contribuant à la reconquête de territoires stratégiques. Cependant, cette reconnaissance a été de courte durée. En 2024, des incidents, dont l’attaque d’un convoi de la Minusca à Zémio et la mort de cinq éléments des forces de l’ordre (un policier, deux FACA, deux gendarmes), ont conduit le gouvernement à ordonner le désarmement des miliciens intégrés, une décision vécue comme une rupture de confiance.
La tentative de désarmement des 200 miliciens formés a déclenché une vague de méfiance. Kombo-Yéki a rapporté que ces miliciens, craignant pour leur sécurité, ont fui Zémio pour se replier à Obo, emportant leurs armes. Il a insisté sur le fait qu’ils n’étaient pas impliqués dans l’attaque du convoi de la MINUSCA, attribuée aux autodéfenses non formées du groupe Azandé. « Les gens qui ont été formés n’étaient pas sur le lieu de l’attaque », a-t-il déclaré, dénonçant une confusion dans les accusations portées contre eux. Il a ajouté que les 4 800 autodéfenses restantes, laissées sans formation ni encadrement, sont les principales cibles des combats actuels, notamment à Komboly, où les FACA et les Russes ont attaqué leur base.
Ngoumbango a qualifié le désarmement de « provocation », arguant qu’un militaire doté d’un numéro matricule ne peut être désarmé sans être exclu des FACA. « Désarmer un militaire, c’est le rendre civil », a-t-il affirmé….
Minusca : Une réponse évasive face à la grève des journaliers licenciés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/manifestation-devant-la-minusca-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Manifestation des ex-employés de la Minusca devant le siège à Bangui. Photo CNC
En réponse à la grève des journaliers licenciés, la MINUSCA se retranche derrière une « fin de contrat », une position vague qui attise la colère des grévistes.
Le 5 juin 2025, environ 180 travailleurs, dont 176 journaliers et 4 contractuels temporaires, ont manifesté devant la base logistique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à Bangui. Selon nos informations, cette mobilisation visait à dénoncer des licenciements jugés abusifs et des accusations diffamatoires portées par un responsable de la mission. Les grévistes, soutenus par certaines organisations nationales, ont réclamé des indemnités, de meilleures conditions de travail et une reconnaissance de leurs droits après des années de précarité.
Pendant ce temps, la MINUSCA, dans sa déclaration, a qualifié ces licenciements de « fin de contrat normale », rejetant les demandes d’indemnisation. Cette réponse, qui s’appuie sur des règlements internes, est largement contestée par les travailleurs licenciés, qui y voient une tentative de minimiser des pratiques contraires aux normes internationales du travail.
Rappelons que les journaliers, employés sans contrat formel pendant sept à huit ans, avaient été mobilisés pour des tâches exigeantes, y compris des travaux nocturnes, selon nos informations. Cette précarité prolongée contrevient pourtant aux conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui exigent qu’un travailleur effectuant des tâches continues bénéficie d’un contrat à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI) après une période raisonnable, généralement un an.
En qualifiant les licenciements de « normaux », la MINUSCA ignore les obligations légales qui garantissent aux travailleurs des droits sociaux, tels que les congés, la couverture santé ou les cotisations retraite.
Un élément clé de cette affaire concerne des accusations portées par Tony Mushimbele, chef des plans et opérations au warehouse de la MINUSCA. D’après nos sources, en 2022, ce responsable a publiquement accusé les quatre contractuels et certains journaliers d’avoir prémédité son assassinat, affirmant détenir un enregistrement vocal. Aucune preuve n’a été produite, et la section Conduite et Discipline des Nations Unies, saisie de l’affaire, n’a pas donné suite.
Ces allégations, relayées dans des communications internes à la Minusca, ont stigmatisé les travailleurs, qualifiés de « tueurs » sur leur lieu de travail. Selon nos vérifications, elles ont servi de prétexte à la suspension des contractuels en octobre 2023, avant leur licenciement. La réponse de la MINUSCA, qui passe sous silence cet épisode, renforce les soupçons d’abus de pouvoir.
Les licenciements ont été qualifiés de « masqués » et abusifs par la Direction Régionale du Travail de Bangui-Centre, selon nos informations. En février 2024, le Ministère centrafricain du Travail a chiffré les indemnités dues aux contractuels licenciés, incluant préavis, congés non pris et dommages, à environ 1,8 million de FCFA par personne. Des demandes de dommages et intérêts supplémentaires, jusqu’à 100 milles francs CFA, ont été formulées pour le préjudice subi.
Le Groupe de Travail de la Société Civile sur la Crise Centrafricaine (GTSC) a également dénoncé un possible traitement discriminatoire des employés centrafricains par rapport aux expatriés. Malgré ces constats, la MINUSCA et l’UNOPS, qui se retranche derrière son rôle de prestataire, n’ont pas répondu aux appels à une conciliation amiable lancés par le Ministère des Affaires Étrangères centrafricain en février 2024.
Il y’a lieu de noter qu’un journalier est un travailleur engagé pour des tâches temporaires, souvent sans contrat formel à long terme. Selon le droit international du travail, notamment les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), ce type de contrat est destiné à des missions ponctuelles. En République centrafricaine, comme dans de nombreux pays, un travailleur effectuant des tâches régulières et continues devrait bénéficier d’un contrat à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI) après une période raisonnable, généralement un an.
Maintenir des travailleurs dans ce statut précaire pendant huit ans, comme c’est le cas pour certains à la MINUSCA, constitue une violation des normes internationales. Cela prive les employés de droits fondamentaux tels que les congés payés, la sécurité sociale, les primes de retraite ou encore l’accès aux soins de santé.
Cessez-le-feu fragile, exactions : les tensions sont palpables entre le gouvernement centrafricain et Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Fidele-Gouandjika-avec-deux-mercenaires-russes-du-groupe-Wagner-baptise-Africa-Corps-dans-son-quartier-Boye-Rabe-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidele Gouandjika avec deux Mercenaires russes du groupe Wagner baptisé Africa Corps dans son quartier Boye-Rabe à Bangui
Les récents accords de cessez-le-feu signés entre le gouvernement centrafricain et deux groupes armés majeurs sont sérieusement menacés par les exactions du groupe Wagner, qui continue de semer le chaos et la violence.
Le 19 avril dernier, à N’Djamena au Tchad, le gouvernement centrafricain signe un nouvel accord de cessez-le-feu avec les groupes armés les Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC). Cet accord, qui engage les factions rebelles à mettre fin aux hostilités, à dissoudre leurs mouvements et à réintégrer la vie civile, représente une lueur d’espoir pour la paix en République centrafricaine. Cette tentative de pacification est mise en danger par les actions unilatérales du groupe Wagner. Les mercenaires russes ont lancé une série d’interventions pour forcer l’application des directives de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR), stipulées dans les accords de N’Djamena. Ils ont notamment pris la liberté de poser des ultimatums et d’adresser des menaces, et ont également pillé les villages par lesquels ils sont passés.
Des tensions marquent la collaboration entre Faustin Archange Touadéra et le groupe paramilitaire russe. Le président de la République Centrafricaine a été contraint de signer un accord avec la Russie pour remplacer les mercenaires de Wagner par l’Africa Corps. Contrairement à Wagner, le groupe Africa Corps sera payé par la Centrafrique. Le président Touadéra aurait jusqu’au 31 décembre 2025 pour signer un accord de défense avec Africa Corps, qui débuterait ses opérations dès 2026, après l’élection présidentielle. Le gouvernement doit désormais financer une force militaire étrangère, ce qui pèse lourdement sur les ressources déjà limitées du pays. Cette dépendance financière accrue risque d’aggraver la pauvreté et de provoquer l’hostilité des bailleurs internationaux, essentiels à la survie économique du pays.
Wagner, entre crimes contre l’humanité et formations barbares
Le gouvernement centrafricain doit également faire face aux exactions commises par les mercenaires russes. Depuis 2018, Wagner diversifie ses activités en Centrafrique, allant de la protection rapprochée du président au pillage des ressources naturelles. Ces actions sont bien souvent accompagnées de violences et d’abus contre les civils. Ils n’hésitent pas à raser des villages entiers, à violer et à assassiner les habitants, à voler les biens. La formation des soldats centrafricains par Wagner est un autre point de friction. Selon le Rapport The Sentry de 2023, les mercenaires russes dispensent des formations militaires qui incluent des techniques de torture, telles que la manière de couper les doigts et les jambes, d’arracher les ongles, ou encore de brûler des personnes vivantes.
En 2024, Wagner forme un groupe armé issu de l’ethnie Azandé, connu sous le nom de Wagner Ti Azandé (WTA). Ce groupe commet des exactions effroyables en RCA, tuant et violant des civils et pillant des ressources. Un rapport de l’ONU souligne des violentes attaques dans les villes de Dembia et Rafaï, début octobre 2024, en citant « des violences sexuelles, des traitements cruels, inhumains et dégradants » menés contre des adultes et des enfants. Ces crimes sont le prolongement direct des méthodes brutales employées par Wagner depuis son arrivée dans le pays. Ironie du sort, le groupe formé par Wagner s’est retourné contre ses mentors. Les militants de WTA se sont mutinés contre leurs formateurs russes. Fin avril, le groupe armé WTA attaque les FACA et les hommes de Wagner près de Zemio et de Mboki. Cette situation montre à quel point les actions de Wagner sont imprévisibles et dangereuses pour la stabilité du pays….
les zones d’ombre de la visite du ministre Thierry Patrice Akoloza chez Palme d’Or et Mocaf
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka-450×376.jpg” alt=”Centrafrique : les zones d’ombre de la visite du ministre Thierry Patrice Akoloza chez Palme d’Or et Mocaf” width=”450″ height=”376″ />Thierry Patrick Akoloza
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Thierry Patrice Akoloza, s’est rendu cette semaine dans les locaux de la Société Palme d’Or et de la Brasserie Mocaf. Une visite qui arrive à un moment où ces entreprises traversent des difficultés bien connues, mais qui laisse dans l’ombre certains aspects inquiétants de la situation industrielle centrafricaine.
Chez Palme d’Or, les dirigeants ont expliqué au ministre Thierry Patrice Akoloza leurs problèmes d’approvisionnement habituels. L’entreprise importe encore son huile de palme, qui compose 72% de ses savons, au lieu de s’approvisionner localement. Pour le maïs aussi, les livraisons restent irrégulières, alors que l’usine peut traiter 90 tonnes par jour. Des problèmes que l’entreprise connaît depuis longtemps et qui reviennent dans chaque rapport gouvernemental.
À la Brasserie Mocaf, même refrain. Le directeur général Christian Reiner a parlé des coupures d’électricité qui perturbent la production et des retards de livraison depuis Douala. Rien de nouveau non plus. Ces difficultés touchent pratiquement toutes les entreprises du pays depuis des années.
Mais ce qui interpelle dans cette visite, c’est ce dont on ne parle pas. Mocaf a subi deux sabotages attribués au groupe Wagner, cette organisation militaire privée russe présente en Centrafrique depuis 2018. L’entreprise en a souffert, ses équipements ont été endommagés, sa production perturbée. Pourtant, lors de sa visite, le ministre Thierry Patrice Akoloza n’a pas abordé cette question publiquement.
Pendant ce temps, Wagner continue ses activités illicite de production sans contrôle apparent. Selon plusieurs sources fiables, l’organisation criminelle produit des alcools frelaté et des bières dans des conditions douteuses et mène d’autres activités industrielles sans que personne ne puisse vérifier leur conformité aux normes. Ces productions concurrencent directement les entreprises légales comme Mocaf, qui respectent les règles fiscales et sanitaires.
Cette situation pose une question simple : pourquoi le gouvernement visite-t-il les entreprises victimes de sabotages sans s’attaquer aux auteurs présumés de ces actes ? La réponse n’est pas évidente et les autorités restent discrètes sur le sujet.
Le ministre a répété que le pays évolue “de l’humanitaire au développement” et que l’industrie locale doit se renforcer. Ces objectifs figurent dans le Plan National de Développement 2024-2028. Mais entre les intentions et les actes, l’écart reste important. Les entreprises visitées – Palme d’Or, Mocaf, mais aussi SOCACIG (société centrafricaine de cigarette ) et USACA lors de précédentes tournées – attendent toujours des solutions concrètes à leurs problèmes d’énergie, de transport et d’approvisionnement.
L’industrie centrafricaine a besoin de stabilité pour se développer. Les entrepreneurs ont besoin de savoir que leurs investissements seront protégés et que la concurrence sera loyale. Aujourd’hui, cette garantie n’existe pas vraiment. Quand une entreprise comme Mocaf peut être sabotée sans que les responsables présumés soient inquiétés, la confiance des investisseurs en prend un coup.
Les visites ministérielles peuvent être utiles pour comprendre les difficultés des entreprises. Mais elles ne remplaceront jamais une politique industrielle cohérente et la volonté de faire respecter les règles du jeu économique. Pour l’instant, cette volonté reste à démontrer….
Quand les fils de la terre de Barthelemy Boganda disent “Assez !”, les ennemis comme Wagner tremblent.
L’Oubangui charrie désormais le sang de l’occupant. En l’espace de quelques jours, la Centrafrique a montré au monde entier que l’Afrique ne se laisse plus humilier. De Tali dans la Haute-Kotto à Zémio dans le Haut-Mbomou, les mercenaires de Wagner découvrent avec amertume que cette terre d’Afrique n’est pas la Syrie, et que nos peuples ne sont pas des moutons à égorger.
Dimanche sanglant à Zémio : Quand les Azandés parlent le langage de la poudre
Le soleil de dimanche dernier s’est couché rouge sur Zémio, et ce n’était pas celui du couchant africain. C’était le sang de trois Mercenaires russes qui ont payé de leur vie leur arrogance sur le sol de nos ancêtres. Les miliciens Azandés, ces guerriers du Haut-Mbomou que les colonisateurs ont toujours craint, ont montré à Wagner ce que coûte l’humiliation de l’Afrique.
L’histoire commence comme toujours par la barbarie de l’occupant. À 13 heures, les Wagner récupèrent leurs prisonniers à la gendarmerie de Zémio. Destination : la mort. Ces jeunes Centrafricains, nos fils, nos frères, sont égorgés à un kilomètre de la ville. Leurs corps abandonnés comme des détritus. Car pour Wagner, un Africain ne vaut pas plus qu’un animal.
Mais l’Afrique veillait. Entre 8 et 20 kilomètres sur la route de Mboki, les guerriers Azandés attendaient. Ils connaissent cette terre depuis des siècles, chaque arbre, chaque pierre. À 16 heures, la réponse de l’Afrique a tonné.
Deux heures d’enfer pour les maîtres du Kremlin
Armes automatiques contre armes lourdes. Connaissance du terrain contre technologie étrangère. Courage ancestral contre brutalité mercenaire. Le combat a duré deux heures, deux heures durant lesquelles Wagner a découvert que l’Afrique sait se battre quand elle le décide.
Quand le silence est retombé sur la brousse du Haut-Mbomou, trois cadavres russes gisaient dans la poussière rouge. Parmi eux, l’interprète camerounais du groupe. Celui-là même qui traduisait les ordres de mort contre nos enfants. Justice immanente ? Les ancêtres seuls le savent.
De Tali à Zémio : L’éveil d’un continent
Ces victoires ne sont pas des hasards. Elles s’inscrivent dans un mouvement plus large, plus profond. Quelques jours plus tôt, à Tali, les combattants du PRNC avaient déjà infligé une “défaite humiliante” aux mercenaires de Wagner, les contraignant à fuir sur des motos réquisitionnées à Ouanda Djallé.
“L’époque du silence et de la soumission est révolue. Le peuple est debout”, proclamait alors le PRNC. Ces mots résonnent aujourd’hui jusqu’à Zémio, où les Azandés ont transformé les paroles en actes, les promesses en réalité sanglante.
Touadéra, le président qui compte ses morts
Pendant que nos fils tombent sous les balles russes, pendant que d’autres prennent les armes pour venger leurs frères assassinés, que fait Faustin-Archange Touadéra ? Il reçoit ses maîtres moscovites au palais présidentiel, signe des accords juteux et ferme les yeux sur les massacres.
Car il faut le dire sans détour : chaque jeune égorgé à Zémio porte la signature de Touadéra.Chaque exaction Wagner est couverte par son silence complice. Avec son ministre Djoubaye Abazène, ils ont transformé la Centrafrique en terrain de chasse pour mercenaires russes.
Le Haut-Mbomou, ventre mou ou cœur de la résistance ?
Les observateurs appellent le Haut-Mbomou “le ventre mou de la Centrafrique”. Erreur ! Cette préfecture frontalière du Soudan du Sud et de la RDC n’est pas un ventre mou. C’est le cœur battant de la résistance africaine. Une région où l’État centrafricain n’a jamais existé, où les peuples se gouvernent selon leurs traditions millénaires.
Pour Wagner, habitué à terroriser des populations désarmées, le Haut-Mbomou représente un cauchemar permanent. Ici, chaque patrouille peut être la dernière. Chaque mission peut tourner au massacre… pour les mercenaires eux-mêmes.
Moscow découvre l’Afrique
Il fut un temps où l’URSS soutenait nos luttes de libération. Thomas Sankara trouvait à Moscou des armes pour libérer le Burkina Faso. Patrice Lumumba espérait l’aide soviétique pour son Congo. Mais la Russie de Poutine a trahi cet héritage. Elle est devenue ce que combattaient nos héros : une puissance impérialiste.
“Wagner et la Russie ne font plus qu’un. Ce sont les Russes, désormais, qui violent, torturent et massacrent en Centrafrique”, dénonçait récemment le PRNC. Les événements de Zémio donnent à ces mots une résonance tragique et prophétique.
De Samory Touré aux guerriers d’aujourd’hui
Les Azandés de Zémio s’inscrivent dans une longue tradition de résistance africaine. De Samory Touré qui tint tête aux Français pendant vingt ans, aux guerriers d’Abushiri qui défièrent l’Empire allemand, l’Afrique a toujours su produire des hommes prêts à mourir pour leur liberté.
Aujourd’hui, c’est contre Wagner que se lèvent nos peuples. Hier, c’était contre la France coloniale. Demain, ce sera peut-être contre d’autres envahisseurs. Mais l’Afrique résiste. L’Afrique a toujours résisté.
L’avertissement du PRNC se concrétise
“Nous savons où se trouvent ceux qui persécutent notre peuple. Nous irons les chercher. Et nous les neutraliserons. Ce n’est pas une menace. C’est une promesse”. Ces mots du PRNC, prononcés après la victoire de Tali, prennent aujourd’hui tout leur sens avec les événements de Zémio.
Car la résistance centrafricaine ne se limite plus à un seul mouvement, à une seule région. Du PRNC aux milices Azandés, c’est tout un peuple qui se lève. Village par village, territoire par territoire, comme l’annonçait le mouvement d’Ouadda.
L’Afrique observe, l’Afrique juge
De Dakar à Nairobi, de Lagos à Kinshasa, les chancelleries africaines observent avec une attention particulière ce qui se passe en Centrafrique. Car nos frères centrafricains ne se battent pas seulement pour eux-mêmes. Ils se battent pour cette Afrique libre et digne dont rêvaient Kwame Nkrumah et Nelson Mandela.
Chaque Wagner qui tombe à Zémio, chaque mercenaire qui fuit à Tali, c’est un pas de plus vers cette Afrique souveraine que nous voulons léguer à nos enfants. Une Afrique où aucun étranger ne viendra plus dicter sa loi, imposer sa violence ou voler nos richesses.
Moscou comptera ses morts
Wagner peut compter ses blindés, ses hélicoptères, ses armes sophistiquées. L’Afrique, elle, compte ses fils prêts à mourir pour la liberté. Et l’Histoire nous enseigne que ce sont toujours ces derniers qui gagnent, au final.
Le message est clair, de Tali à Zémio : l’occupation russe de la Centrafrique a vécu. Le réveil africain a commencé. Et quand l’Afrique se réveille, les empires tremblent.
Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Bangui : Quand la « lutte contre la désinformation » devient un écran de fumée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Jean-Claude-azoumaye.jpg” data-wpel-link=”internal”>Professeur Jean Claude azoumaye, Doyen de la faculté des letttres et des sciences humaines
La Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Bangui traverse une crise de gouvernance majeure, exposant des pratiques opaques inquiétante.
Une campagne suspecte contre les publications de la presse
Depuis plusieurs mois, la presse centrafricaine, notamment Corbeau News Centrafrique, met au jour des dysfonctionnements graves au sein de cette faculté. Face à ces publications dérangeantes, la réaction de l’administration universitaire interpelle : plutôt que de répondre aux accusations précises, elle lance une campagne de communication contre la « désinformation ».
Cette initiative, portée par l’Association des étudiants de la faculté des lettres et de sciences humaines, présidée par un neveu du doyen Azoumaye, pousse à s’interroger. Nos sources confirment que le doyen lui-même a financé l’impression des affiches attachées devant la faculté, un détail qui démontre l’instrumentalisation de structures étudiantes à des fins personnelles.
Département d’Anthropologie de l’université de Bangui. CopyrightCNC
Une centralisation excessive du pouvoir académique
Les faits rapportés dans la presse méritent une attention particulière. Le doyen a mis en place une cellule informatique directement rattachée à son bureau, chargée de compiler les notes et d’organiser les délibérations. Cette structure opère en marge des procédures habituelles. Selon plusieurs enseignants, les chefs de départements ne sont pas consultés lors des validations finales, créant un système centralisé qui court-circuite l’indépendance du processus académique.
Cette cellule prend des décisions unilatérales sur les admissions et les passages en année supérieure, sans validation des instances départementales compétentes. Le contrôle absolu exercé par cette structure sur les données académiques pose des questions fondamentales sur la transparence du système évaluatif.
Extorsions au département d’anthropologie
Au département d’anthropologie, les accusations contre le chef de département exposent des pratiques inacceptables. Ce dernier confisque systématiquement les téléphones des étudiants pendant les examens, avant d’exiger des paiements pour leur restitution : 5 000 francs CFA pour les téléphones Android et 2 000 francs CFA pour les modèles basiques.
Cette pratique, dénuée de tout cadre réglementaire, s’apparente à une forme d’extorsion institutionnalisée. Aucun texte de l’université ne justifie de telles collectes d’argent, encore moins sous prétexte de restitution d’objets confisqués lors d’examens. Les étudiants, contraints de récupérer leurs téléphones, se trouvent dans l’obligation de payer ces sommes arbitraires.
université-de-Bangui-fdse-micka – RCA : scandale de corruption et tripatouillage des notes à l’Université de Bangui.
Le cas emblématique de l’étudiant fantôme
L’affaire la plus troublante concerne un étudiant de première année en sociologie l’année dernière. Pris en flagrant délit de tricherie lors de la première session d’examens, il reçoit logiquement la note zéro. Pour la seconde session, cet étudiant pousse l’audace jusqu’à envoyer une autre personne composer à sa place – substitution frauduleuse immédiatement détectée par les surveillants.
Cette seconde fraude lui vaut un double zéro, sanction logique et réglementaire. Pourtant, contre toute attente, ce même étudiant apparaît sur les listes officielles comme admis en deuxième année. Interrogés sur cette décision incompréhensible, les chefs de départements se déclarent incapables de l’expliquer.
L’enquête démontre que seule la cellule informatique du doyen a validé cette admission suspecte, illustrant parfaitement les dérives d’un système opaque où les décisions échappent aux instances académiques légitimes. Ce cas pose des interrogations sur le nombre d’autres situations similaires qui auraient pu passer inaperçues.
Népotisme et violations procédurales
L’attribution du poste d’intérim du Secrétariat permanent à un étudiant, qui est lui-même Président de l’association des étudiants de ladite faculté , qui est d’ailleurs proche du doyen Azoumaye, constitue une violation des procédures universitaires. Ce poste stratégique, légalement réservé au personnel administratif qualifié, ne peut être confié à un étudiant sans base réglementaire.
Durant cette période d’occupation irrégulière, l’intéressé abuse de sa position en bloquant l’accès à certaines salles de cours, expliquant qu’il est temps de nettoyer les salles de classes pour préparer les examens, alors que la période d’é valuation reste plus de deux semaines. Cette obstruction volontaire prive les étudiants de leur droit à l’éducation et désorganise le fonctionnement académique.
Le lien de parenté entre cet étudiant et le doyen transforme cette nomination en acte de népotisme caractérisé, compromettant l’équité et la neutralité que doit observer toute administration universitaire.
Autres dysfonctionnements signalés
Les cas évoqués ne représentent qu’une infime partie des dysfonctionnements documentés. Sur la vingtaine de faits problématiques portés à la connaissance du public, les situations détaillées ici constituent environ 2% des pratiques questionnables observées au sein de la faculté.
Une stratégie de diversion pathétique
Devant ces accusations documentées et étayées, l’administration choisit la fuite en avant. Au lieu d’ouvrir une enquête interne transparente ou de fournir des explications circonstanciées sur chaque cas signalé, elle préfère dénoncer la « désinformation » – terme commode pour discréditer toute critique légitime.
Le lien familial entre le doyen et le président de l’association étudiante de ladite faculté compromet irrémédiablement la neutralité de cette campagne. Le financement direct des affiches par le Doyen démontre une instrumentalisation systématique des structures étudiantes pour protéger des intérêts particuliers d’un individu.
Cette mobilisation organisée vise à détourner l’attention des vrais problèmes en créant une polémique sur la véracité des informations, alors que les faits rapportés sont vérifiables et documentés.
Questions sans réponses, interrogations légitimes
Plusieurs interrogations fondamentales demeurent sans réponse satisfaisante :
Pourquoi créer une cellule informatique échappant totalement au contrôle des départements et concentrant tous les pouvoirs de décision académique ? Cette centralisation excessive ne constitue-t-elle pas une dérive autoritaire incompatible avec le fonctionnement collégial d’une université ?
Le cas de l’étudiant tricheur, aujourd’hui inexplicablement admis en deuxième année, constitue-t-il un exemple isolé ou la manifestation d’un dysfonctionnement systémique touchant l’ensemble du processus d’évaluation ?
Comment l’administration justifie-t-elle la nomination d’un étudiant, de surcroît parent du doyen, à un poste administratif qu’il ne peut légalement occuper ? Cette pratique ne constitue-t-elle pas un détournement de fonction publique ?
Les pratiques d’extorsion au département d’anthropologie bénéficient-elles d’une tolérance officielle de la part de la direction ? L’administration était-elle informée de ces collectes illégales d’argent ?
Combien d’autres étudiants ont bénéficié de traitements de faveur similaires grâce aux décisions opaques de la cellule informatique du doyen ?
Une institution en péril, une crédibilité compromise
Ces éléments factuels, observés par de nombreux témoins internes et corroborés par des documents, montrent un mode de gestion privilégiant systématiquement la protection de réseaux particuliers au détriment de la transparence et de l’équité.
La campagne contre la « désinformation » apparaît comme une tentative désespérée d’imposer un récit officiel en écartant toute contradiction légitime. Cette stratégie de communication ne trompe personne et aggrave la perte de crédibilité de l’institution.
L’utilisation des structures étudiantes à des fins de propagande administrative constitue une manipulation grave qui compromet l’indépendance des organisations estudiantines. Les étudiants méritent des représentants authentiques, non des relais complaisants de l’administration….
Radio Ndékè Luka : une imposture médiatique au service du gouvernement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/12/cloture-de-la-radio-ndékèluka-à-banguipar-vianney.jpg” data-wpel-link=”internal”>image de la clôture de la radio Ndèkèluka à Bangui. CopyrightCNC
La récente publication de la radio Ndékè Luka, intitulée “FAUX : il n’y a pas eu désertion des FACA à Zémio dans le Haut-Mbomou”, est une nouvelle illustration éclatante de l’imposture journalistique et de la servilité de cette station financée à coups de millions par l’Union européenne.
Sous couvert de lutte contre la désinformation, la radio Ndékè Luka, via sa cellule StopATènè, s’attaque de manière éhontée au site d’information Corbeaunews, qui a osé rapporter une désertion massive de 58 soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), stationnée à Zemio, vers la RDC, dans un contexte de tensions intercommunautaires et de frictions avec les mercenaires russes du groupe Wagner.
D’abord, la méthodologie de la radio Ndékè Luka est d’une indigence affligeante. Contacter des officiels, des préfets et des commandants des FACA, dans un pays où la corruption et la manipulation sont la norme, n’a rien de rigoureux ni de crédible. Léonard Mbélé, préfet du Haut-Mbomou, et Ousmane VodiJules-José, adjoint au maire de Zémio, sont cités pour démentir les allégations, mais où est la preuve de leur impartialité ?
Ces figures, inféodées au pouvoir, n’ont aucun intérêt à révéler la vérité sur une situation aussi explosive. La radio Ndékè Luka prétend avoir interrogé des habitants, mais où sont les témoignages indépendants, les voix dissidentes, les preuves tangibles ? Aucune.
Avec des millions versés par l’Union européenne pour le projet StopATènè, pourquoi ne prennent-ils pas le temps de vérifier sérieusement ? Pourquoi ne pas appeler le service d’immigration de la RDC ou le gouvernement congolais pour recouper les faits, entendre leurs voix, pas juste écrire sur le papier qu’on a contacté telle ou telle personne ? Pourquoi ne pas approcher les responsables de la Minusca dans la zone, qui seraient directement engagés par la situation ? Écrire qu’on a parlé à des autorités, c’est bien, mais ça ne suffit pas.
Dans des pays démocratiques établis, les propos des officiels peuvent engager l’État, ils ont du poids. Mais ici, en Centrafrique, où le mensonge et la manipulation sont des outils de gouvernance, peut-on vraiment prendre les paroles de ces autorités pour argent comptant ? Non, c’est aberrant.
Pire encore, la radio Ndékè Luka , financée par des bailleurs européens, semble plus préoccupée par la justification de ses millions que par la quête de la vérité. Cette station, jadis perçue comme un phare d’indépendance, s’est muée en porte-parole servile du gouvernement centrafricain, un outil de propagande qui relaie sans vergogne les récits officiels. En Centrafrique, où le mensonge est institutionnalisé, s’appuyer sur des déclarations d’autorités pour “démentir” des informations est non seulement naïf, mais criminel. Les soldats FACA et leurs alliés russes du groupe Wagner tuent des gens, égorgent des citoyens, pillent des villages, et les autorités jurent que ce n’est pas eux. Peut-on croire des gens pareils ? Même sur la radio Ndékè Luka, un porte-parole du gouvernement ose dire même que l’État centrafricain dispose d’un segment satellitaire contrôlant 100 % du territoire national, des affirmations grotesques et pathétique que la radio Ndékè Luka s’empresse de leur faire confiance. C’est insensé ! La radio Ndékè Luka ne vérifie rien ; elle se contente de colporter la parole du pouvoir.
Ce n’est pas la première fois que la radio Ndékè Luka joue ce jeu trouble. À maintes reprises, sous la pression du gouvernement, la station a cédé, adaptant ses reportages pour plaire aux autorités, sacrifiant l’éthique journalistique sur l’autel de la complaisance. Cette rédaction, qui se targue de professionnalisme, n’est qu’un pion dans une machine de manipulation, un instrument utilisé pour discréditer les voix indépendantes.
La radio Ndékè Luka, arrêtez votre bêtise ! Cessez de couvrir les turpitudes du pouvoir, de masquer ses échecs et de salir des médias qui font leur travail. Si vous voulez manger tranquillement les milliards de l’Union européenne, faites-le en silence, mais ne vous attaquez pas à Corbeaunews. La vérité finira par éclater, et votre rôle dans cette imposture sera exposé.
Hypocrisie d’État : En RCA, on pardonne les tueurs mais on exécute les journaux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
La loi sur la presse votée le 26 mai 2025 en RCA punit sévèrement les médias, tandis que les criminels, y compris des groupes armés, échappent à la justice.
Le 26 mai 2025, l’Assemblée nationale centrafricaine a adopté par acclamation une loi sur la communication et la presse qui, loin de protéger les journalistes, leur impose des sanctions dures. Les articles 140, 56, 158, 177, 178 et 179 montrent un contraste choquant : pendant que le pouvoir cible les médias avec une rigueur extrême, il ferme les yeux sur les crimes des groupes armés et des Mercenaires russes du groupe Wagner. Des membres de ces groupes, responsables de violences graves, occupent même des postes clés au gouvernement. Cette indulgence envers les tueurs, face à la répression des journaux, démontre une hypocrisie profonde du régime de Bangui.
Article 140 : Toute une rédaction punie pour un seul article
L’article 140 impose une règle inquiétante : en cas d’infraction de presse, l’auteur de l’article, le rédacteur en chef et le directeur de publication sont tous tenus responsables. Cette responsabilité collective est absurde en droit. Une seule erreur, même mineure, peut paralyser un média entier en mettant en danger ses dirigeants. Un journal ou une radio risque de perdre ses responsables clés, ce qui peut arrêter net son fonctionnement.
Dans un pays comme la RCA, où les journalistes jouent un rôle vital pour rapporter les abus et donner une voix aux citoyens, cet article est une menace directe. Il cherche à effrayer les rédactions, à les pousser à éviter les sujets sensibles, comme les exactions des groupes armés ou les dérives du pouvoir, pour ne pas risquer une sanction qui les briserait.
Des articles répressifs pour museler les médias
La loi regroupe dans ses articles 140, 56, 158, 177, 178 et 179 des mesures qui menacent directement la liberté de la presse. L’article 140 impose une responsabilité collective, rendant l’auteur d’un article, le rédacteur en chef et le directeur de publication tous responsables pour une seule infraction, une règle absurde qui peut paralyser un média en ciblant ses dirigeants. L’article 56 applique le Code pénal aux délits de presse, permettant des sanctions lourdes, comme pour des crimes graves, au lieu de règles adaptées au travail des journalistes. Les articles 158, 177, 178 et 179 vont plus loin en autorisant le retrait de l’autorisation de publication ou de diffusion, une sanction qui équivaut à fermer un journal, une radio ou une télévision pour une simple faute. Ces dispositions, prises ensemble, visent à intimider les rédactions et à les dissuader de traiter des sujets sensibles, comme les abus du pouvoir ou les crimes des groupes armés, dans un pays où la presse est essentielle pour informer les citoyens.
Les groupes armés et Wagner : une impunité choquante
La RCA est envahie par la présence de groupes armés dont les responsables, loin d’être punis, sont nombreux à occuper des fonctions officielles. On les retrouve au ministère de la Jeunesse et des Sports, au ministère de l’élevage et de la santé animale, au ministère de la Justice, au ministère du désarmement, et même à la présidence. Ces individus, souvent impliqués dans des actes de violence, bénéficient d’une tolérance que le pouvoir refuse aux journalistes. Pendant ce temps, les mercenaires russes du groupe Wagner, désormais sous le nom d’Africa Corps, sont auteurs de crimes à grande échelle. Des rapports crédibles font état de milliers de victimes, de massacres de mineurs artisanaux et de vols de ressources comme l’or et les diamants. Pourtant, aucune sanction sérieuse n’est prise contre eux, contrairement aux médias qui osent en parler.
Cette loi, avec ses articles répressifs, protège en réalité un système où les criminels prospèrent tandis que les voix qui les dénoncent sont étouffées. Les journaux, radios et télévisions qui rapportent ces vérités dérangeantes sont menacés de fermeture, alors que les responsables de violences graves continuent d’agir en toute impunité….
La fédération du football centrafricain se moque de la décision du ministre Héritier Doneng
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Bruno-Alima-deuxieme-vice-President-de-la-federation-centrafricaine-de-football.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Bruno Alima
La Fédération Centrafricaine de Football a publié un communiqué ce mardi pour dénoncer la suspension de ses dirigeants par le ministre des Sports, Rodolphe Héritier DONENG WANZOUMON. Cette décision vise le président Célestin YANINDJI, les vice-présidents Clément NDOMBE, Michel Bruno ALIMA, Serge Hippolyte MAYER, ainsi que le secrétaire général Octave MAHAMAT ADIALO.
La FCF qualifie cette mesure de « nulle et de nul effet », estimant que « le Ministre DONENG revient à la charge avec un autre mode opératoire pour s’attaquer aux responsables du Football Centrafricain ». L’organisation rappelle que cette décision intervient après deux échecs du ministre : sa tentative de faire nommer Rigobert SONG comme entraîneur des Fauves et sa volonté de suspendre l’équipe nationale pendant trois ans.
Selon la fédération, cette suspension arrive dans « un contexte trouble où certains joueurs de l’équipe Nationale ont manqué à leur devoir de participer à une rencontre internationale financée difficilement par la Fédération Centrafricaine de football avec l’appui des partenaires ». La FCF précise que cette situation a été « créée pourtant par le même Ministre en charge des Sports ».
L’organisation exprime ses inquiétudes concernant l’avenir du football centrafricain. Elle considère que « l’objectif recherché par le Ministre DONENG est celui d’amener la FIFA à suspendre la FCF vis-à-vis des échéances très prometteuses du Football centrafricain ». Parmi ces échéances figurent les participations aux CAN U-17 et U-20, le CHAN de juillet 2025 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, ainsi que la participation de l’AS Tempête Mocaf aux compétitions interclubs de la CAF.
La FCF redoute également l’arrêt des projets d’infrastructure, notamment « la construction du Centre Technique Faustin Archange TOUADERA à LITON, FIFA Football for Schools ainsi que la Construction du Grand Stade moderne de MBOKO/LANDJIA ».
Le comité exécutif de la fédération assure « tous les organes ainsi que le public centrafricain que cette décision est nulle et de nul effet, car il n’est pas du ressort d’un Ministre de suspendre un Président de Fédération de même que le Secrétaire Général qui n’est pas un fonctionnaire de l’Etat lorsqu’il s’agit d’une affaire interne à cette Association ».
La FCF annonce qu’elle « épuisera tous les moyens légaux de recours pour tirer au clair cet acharnement et confirme qu’elle poursuivra sereinement ses activités pour le bien du Football ». Cette position s’appuie sur la Loi 061/60 qui régit le fonctionnement des associations en République Centrafricaine….
Baisse des prix du carburant : “Quand nous écoutons les centrafricains, nous réagissons déjà de la satisfaction de la population,”, affirme l’ex-détenu Maxime Balalou
Centrafrique.org/le-regime-touadera-sombre-dans-la-paranoia-quand-wagner-dicte-la-communication-gouvernementale/maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-86241″ data-wpel-link=”internal”>L’ex-détenu Maxime Balalou, ministtre de la communication, porte-parole du gouvernement
Dans sa conférence de presse hebdomadaire, l’ex-détenu Maxime Balalou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain, a tenté de vendre une baisse des prix du carburant comme une grande victoire pour le peuple.
“Le tarif du gazole est passé de 1350 à 1250, également le super qui est passé de 1150 à 1150 francs, et le pétrole lampant qui est passé de 850 à 700 francs,” a-t-il claironné, se drapant dans une fausse sollicitude pour le panier de la ménagère. Mais les Centrafricains ne sont pas dupes : cette réduction, aussi minime que ridicule, n’est qu’un pansement sur une plaie béante. Loin d’apaiser la grogne populaire, elle révèle l’incompétence crasse de l’ex-détenu Maxime Balalou et l’incapacité du régime à répondre aux véritables besoins d’un peuple asphyxié par la misère.
Une baisse dérisoire face à une crise économique
L’ex-détenu Maxime Balalou a le culot de présenter une baisse de 100 FCFA sur le gazole et de 150 FCFA sur le pétrole lampant comme une prouesse économique. “Quand nous écoutons la population, nous réagissons déjà de la satisfaction de la population”, a-t-il osé déclarer, ajoutant que “beaucoup estiment que cette baisse n’est pas encore suffisante, mais c’est un pas important”. Un pas important ? Pour qui ? Certainement pas pour les chauffeurs de taxi-moto qui peinent à joindre les deux bouts, ni pour les ménages qui utilisent des pétrole lampant dans des conditions de précarité extrême. Avec une inflation galopante et des salaires stagnants, ces miettes financières sont une insulte à l’intelligence des Centrafricains.
L’ex-détenu Maxime Balalou tente de justifier cette mesure timorée en invoquant un audit conjoint avec le FMI, censé “déterminer le niveau minimal des prix à la pompe”. Mais ce jargon technocratique ne masque pas la vérité : le gouvernement traîne des pieds, incapable ou peu désireux de s’attaquer aux causes structurelles de la cherté du carburant. Où sont les réformes promises pour réduire la dépendance aux importations pétrolières ? Où est la transparence sur la gestion de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), que l’ex-détenu Balalou mentionne vaguement comme nécessaire pour “faire face à nos obligations régalienne ” ? Ces omissions trahissent un régime plus soucieux de préserver ses marges budgétaires pour versée ensuite au groupe Wagner que de soulager la population.
Une diversion pour esquiver la colère populaire
L’ex-détenu Maxime Balalou ne s’arrête pas à cette mascarade économique. Dans un élan de mépris, il rejette les critiques de l’opposition, notamment du BRDC, qu’il accuse de proférer des “arguments fallacieux” qui “ne retracent pas vraiment les réalités.” “Je balais d’un revers de main,” a-t-il lancé, comme si la grogne populaire pouvait être écartée d’un geste arrogant. Cette posture révèle le vrai visage de l’ex-détenu Maxime Balalou : un voyou en col blanc, plus habile à dénigrer ses adversaires qu’à répondre aux préoccupations légitimes des Centrafricains.
En affirmant que “la population elle-même a réagi” et que “des micro-ballades” ont montré une satisfaction, l’ex-détenu Maxime Balalou s’enfonce dans le ridicule. Quelles micro-ballades ? Où sont les preuves de cette prétendue approbation populaire ? Les témoignages des marchés de Bangui et des provinces racontent une tout autre histoire : la baisse est jugée dérisoire, incapable de compenser la flambée des prix des denrées de base. En brandissant des anecdotes invérifiables, l’ex-détenu Maxime Balalou tente de maquiller une réalité explosive : la colère monte, et le gouvernement, à court d’idées, se contente de mesurettes pour gagner du temps.
Un audit du FMI comme paravent à l’inaction
L’ex-détenu Maxime Balalou promet que “si les conclusions de l’audit du FMI permettent de réduire encore, le gouvernement va agir”. Cette promesse conditionnelle est une esquive pathétique. Pourquoi attendre les conclusions d’un audit pour agir de manière décisive ? Si le président Touadéra, dont l’ex-détenu Balalou vante les “orientations,” était réellement soucieux de sort des Centrafricains, des mesures immédiates auraient été prises pour alléger le fardeau économique. Au lieu de cela, le gouvernement se cache derrière des processus bureaucratiques, laissant entendre que la faute incombe au FMI ou à des contraintes externes.
Cette dépendance à l’audit révèle une vérité accablante : l’ex-détenu Maxime Balalou et ses collègues manquent de vision et de courage pour imposer des réformes audacieuses. La TIPP, mentionnée comme une contrainte budgétaire, pourrait être réévaluée pour financer des subventions plus conséquentes. Mais l’ex-détenu Maxime Balalou préfère jouer la carte de la prudence, protégeant les intérêts d’une élite au détriment des citoyens ordinaires. Pendant ce temps, les opérateurs économiques, censés bénéficier d’une réduction des coûts de production, continuent de répercuter des prix exorbitants sur les consommateurs, sans que le gouvernement n’intervienne.
Une rhétorique populiste qui sonne creux
L’ex-détenu Maxime Balalou tente de se poser en défenseur du peuple en affirmant que la baisse “touche directement aux activités économiques et facilite la vie des citoyens”. Mais cette rhétorique populiste ne résiste pas à l’examen. Si le gouvernement voulait réellement “faciliter la vie des citoyens,” il s’attaquerait aux causes profondes de la pauvreté : la corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques, et l’absence d’investissements dans les infrastructures. Au lieu de cela, l’ex-détenu Maxime Balalou se contente de brandir une baisse symbolique comme un trophée, espérant apaiser une population au bord de l’exaspération.
Pire encore, l’ex-détenu Maxime Balalou accuse l’opposition d’“exploitation politique” tout en se livrant lui-même à une opération de communication éhontée. En liant la baisse des prix à la “volonté politique” du président Touadéra, il transforme une mesure économique en outil de propagande, destiné à redorer l’image d’un régime en perte de vitesse. Cette hypocrisie est d’autant plus flagrante que l’ex-détenu Maxime Balalou, avec son passé trouble, est mal placé pour donner des leçons de probité ou d’efficacité.
Un peuple mérite mieux que des miettes
La baisse des prix du carburant annoncée par l’ex-détenu Maxime Balalou n’est rien d’autre qu’une manœuvre cosmétique, un écran de fumée destiné à calmer une grogne populaire qui ne cesse de croître. Avec ses déclarations arrogantes et ses promesses creuses, l’ex-détenu Maxime Balalou incarne l’incompétence d’un gouvernement déconnecté des réalités. Les Centrafricains, écrasés par la cherté de la vie, n’ont que faire des micro-réductions et des discours auto-satisfaits. Ils exigent des réformes profondes, une transparence sur la gestion des ressources, et un leadership qui place leurs besoins avant les intérêts d’une élite corrompue. L’ex-détenu Maxime Balalou et ses acolytes seraient bien avisés d’écouter la rue, avant que la colère ne déborde….
Eddy Symphorien Kparekouti : un président Toto à la tête de l’UFDO
Centrafrique.org/Centrafrique-quand-kparekouti-accueille-dans-lufdo-un-mlpc-sorti-directement-du-chapeau-de-touadera/photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-ufdo-apres-la-reunion-de-reintegration-de-mlpc-co-koyambonou-et-mlpc-fondateur-de-mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne/” rel=”attachment wp-att-87588″ data-wpel-link=”internal”>Photo de famille des leaders de la plateforme UFDO après la réunion de réintégration de MLPC-CO Koyambonou et MLPC Fondateur de Mazette en casquette noire et complet chemise pagne
Eddy Symphorien Kparekouti, alias président Toto à la tête de l’UFDO, règne sur un assemblage de partis fantômes, incapable d’aligner une phrase claire ou de défendre un peuple qu’il prétend représenter face au pouvoir.
Eddy Symphorien Kparekouti a-t-il une idée de ce qu’il incarne ? Surnommé président Toto dans cette farce qu’est l’UFDO, il a osé qualifier le chef de l’État d’« adversaire politique » dans une récente interview sur la radio Ndéké-Luka, une déclaration qui sonne creux quand on voit ses alliés siéger au gouvernement. L’homme, mal à l’aise, trébuchant sur chaque mot, semble improviser un rôle qu’il ne maîtrise pas. Les faits parlent d’eux-mêmes : des membres de son Union des Forces Démocratiques de l’Opposition occupent des postes juteux, un ministre d’État à l’Éducation nationale, un autre conseiller à la présidence. Une opposition qui cogère le pouvoir, voilà le paradoxe risible que ce Toto veut nous vendre. Ce n’est pas une lutte pour les Centrafricains, c’est une comédie où il joue les figurants d’un régime qu’il n’ose pas bousculer.
Et pourtant, l’UFDO qu’il dirige n’a rien d’une force vive. Quand il énumère ses alliés, MLPC, UDK, MUT, , c’est un défilé de coquilles vides, des mouvements sans militants ni élan populaire. Prenez le cas du MLPC : interrogé sur quelle faction il représente, Eddy Symphorien Kparekouti s’emmêle, lâche que c’est le parti MLPC dirigé par docteur «Gérard Deganaï». Or, le MLPC est unique et non deux MLPC Ces groupes ne sont que des façades, des sigles derrière lesquels se cachent des chefs autoproclamés sans troupes. Où sont les rassemblements ? Les voix dans la rue pour crier contre les coupures d’eau ou d’électricité ? Nulle part. Sous ce président Toto Eddy Symphorien Kparekouti, l’UFDO n’est qu’un club de notables recyclés, une fiction qui n’a jamais vu le jour hors des cercles présidentiels. Eddy Symphorien Kparekouti peut bien se pavaner, il ne dirige qu’un mirage.
D’ailleurs, face aux crises qui étouffent le pays, ce Toto ne propose que des excuses molles. Pas d’eau à Bangui ? « Des problèmes techniques. » Pas de courant en plein Ramadan ? « Ça arrive partout. » Des morts dans les provinces ? « Le gouvernement fait des efforts. » À chaque fois, il esquive, bafouille, refuse de taper du poing sur la table. Quand on lui parle de la transhumance et du ministre Hassan Bouba, il se noie dans des banalités sur un « défi universel », incapable de prendre position. Cet homme n’a ni fougue ni idées, juste un talent pour louvoyer et polir l’image d’un pouvoir qu’il prétend contester. Son règne à la tête de l’UFDO n’est qu’une suite de phrases creuses, un écran de fumée pour éviter les vrais combats.
Mais derrière ce Toto maladroit, il y a une vérité plus sombre. En se parant d’un titre de président, Eddy Symphorien Kparekouti ne défie personne, il sert de caution. L’UFDO n’est pas là pour secouer le système, mais pour faire croire à un semblant de débat pendant que le pays s’enlise. Les Centrafricains galèrent sans eau ni lumière, l’insécurité ronge les campagnes, et lui, il parade avec ses acolytes dans les couloirs du pouvoir, complice d’un jeu qui les engraisse. Dire que le chef de l’État est un « adversaire politique » quand ses amis cogèrent, c’est une blague que plus personne n’achète. La communauté internationale devrait ouvrir les yeux : sous ce président Toto, l’UFDO n’est qu’un décor, et Eddy Symphorien Kparekouti, son acteur principal, joue mal.
En fin de compte, Eddy Symphorien Kparekouti, ce président Toto autoproclamé, n’a rien d’un leader. Son débit hésitant, ses réponses floues, son incapacité à porter une vision claire montrent un homme dépassé par son propre titre. Il n’a ni base, ni militants, ni projet – juste un assemblage de partis fantômes et des alliés qui profitent du système. À la tête de l’UFDO, ce Toto ne fait que brasser du vent, laissant les Centrafricains face à leurs galères, sans voix pour les défendre. Ils méritent mieux qu’un président de pacotille qui ne sait ni parler ni agir….
Une Dizaine de Miliciens Anti-Balaka du Général Jedi Se Préparent à Déposer les Armes à Yaloké
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-miliciens-anti-balaka-faction-general-jeudi-sortis-pour-le-desarmement-a-yaloke.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-miliciens-anti-balaka-faction-general-jeudi-sortis-pour-le-desarmement-a-yaloke-450×376.jpg” alt=”Les miliciens Anti-Balaka faction du général Jeudi, sortis dans le village Carrefour pour leur désarmement le mardi 10 juin 2025″ width=”450″ height=”376″ />Les miliciens Anti-Balaka faction du général Jeudi, sortis dans le village Carrefour pour leur désarmement le mardi 10 juin 2025. CopyrightCNC
Ce mardi 10 juin 2025, une dizaine d’éléments de la milice anti-balaka, dirigée par l’autoproclamé général Jedi, ont émergé de leur maquis dans la brousse pour entamer le processus de désarmement dans le cadre du programme APPR-RCA (Accord de Paix et de Réconciliation en République Centrafricaine). Ces miliciens, sortis dans le village Carrefour, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko, convergent désormais vers Yaloké pour déposer leurs armes et rejoindre le processus de paix.
Rappelons que le village Carrefour est situé à 60 kilomètres de Zawa et à environ 320 kilomètres de Bangui, a été le lieu de leur sortie. Les miliciens, vêtus de leurs tenues habituelles et portant leurs armes, ont quitté leur cachette dans la brousse pour se diriger vers Yaloké, une localité où les forces de l’ordre sont mobilisés pour superviser leur désarmement. Ce mouvement marque une volonté apparente de ces combattants de s’inscrire dans le processus de réconciliation nationale.
Toutefois, le général Jedi, qui dirige cette faction, n’a pas été vu parmi les éléments sortis du maquis. Il reste, selon les informations recueillies, retranché dans la brousse, probablement entre l’Ouham et Ouham-Pendé, où il est actif avec ses hommes.
Le Général Jedi, un homme très Controversé
La semaine dernière, ce chef milicien Anti-Balaka a été accusé par la coordination du mouvement 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) d’avoir abattu sept de leurs combattants dans la localité de Bozoum, dans l’Ouham-Pendé.
La coordination du mouvement 3R a ainsi annoncé avoir lancé une chasse à l’homme pour capturer le général Jedi, cherchant à obtenir des explications sur ces actes violents contre les éléments de 3R. Ces événements ont ravivé les tensions dans une région troublée par les conflits armés….
Centrafrique : Le désarmement des 3R et de l’UPC à l’épreuve du terrain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Les-rebelles-de-3R-drone-en-main-apres-les-combats-avec-les-Wagner-et-FACA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les rebelles de 3R, drone récupéré en main, après les combats avec les mercenaires russes du groupe Wagner et FACA à Ngaoukala, près du village de Mann, dans la préfecture de Lim-Pendé, en République centrafricaine.
Près de deux mois après l’accord de N’Djamena, la République centrafricaine avance à tâtons sur le chemin du désarmement. Les groupes armés 3R et UPC, qui ont accepté de déposer les armes sous la pression diplomatique tchadienne, se préparent à rejoindre leurs sites de regroupement. Mais sur le terrain, les réalités s’avèrent plus complexes que les discours officiels.
La diplomatie tchadienne porte ses fruits
Le président Mahamat Idriss Déby n’a pas ménagé ses efforts pour convaincre son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra et les chefs rebelles de signer l’accord du 19 avril dernier. Cette médiation, menée avec la patience et la fermeté qui caractérisent les négociations, a permis de franchir un cap important.
“Nous avons noté avec satisfaction que ces deux groupes armés ont manifesté leur volonté de s’engager définitivement dans le programme de paix et de réconciliation”, confirme Jean Wilibiro Sako, ministre d’État chargé du DDRR, lors d’un entretien accordé à Radio Ndékè Luka le 30 mai dernier.
Selon le ministre, les 3R disposeront de six sites de regroupement, tandis que l’UPC en aura huit. Ces emplacements, actuellement en cours de validation avec les Forces armées centrafricaines, devront répondre aux exigences logistiques du processus de désarmement.
Des défis logistiques considérables
Le gouvernement centrafricain a opté pour le regroupement plutôt que le cantonnement, une approche pragmatique compte tenu des contraintes budgétaires du pays. Les combattants se rassembleront directement sur les sites au moment du désarmement, évitant ainsi les coûts d’installation et de MAINTENANCE de camps permanents.
Pombolo, située à une soixantaine de kilomètres de Bambari, figure parmi les sites retenus pour l’UPC. Dans la région de Ndim, les 3R se préparent également à rejoindre leurs zones de regroupement désignées.
“Une fois que nous disposerons de la liste complète des combattants, du recensement des armes et munitions en leur possession, nous pourrons fixer une date précise pour les opérations”, précise le ministre Sako.
L’intervention de Wagner complique la donne
Depuis la signature de l’accord, des éléments du groupe Wagner ont intensifié leurs déplacements dans les zones concernées. En Haute-Kotto, ces mercenaires russes ont visité plusieurs localités autour de Bria – Nzacko, Bamara, Yangou Ouda – pour presser l’UPC de se regrouper rapidement à Pombolo.
Dans la région de Ndim, fin avril, des patrouilles à moto ont parcouru l’axe Touloulou-Mboum-Yémé-Kowone, transmettant aux 3R des messages similaires d’urgence. Cette pression, exercée sans mandat officiel dans le cadre de l’accord, provoque des interrogations sur le terrain.
Les ex-combattants, habitués aux rythmes de négociation, perçoivent cette précipitation comme un manque de respect des procédures convenues. L’absence de garanties claires concernant leur sécurité et leurs perspectives de réinsertion économique nourrit leur méfiance.
Un processus qui demande du temps
Le ministre Sako rappelle la nécessité de patience. “Le DDRR est un travail de longue haleine qui ne peut être bâclé”, insiste-t-il. La validation des quatorze sites identifiés, la coordination avec les partenaires internationaux et la mobilisation effective des combattants constituent autant d’étapes délicates.
L’expérience des précédents processus de paix en Centrafrique enseigne qu’il vaut mieux avancer lentement mais sûrement, plutôt que de précipiter des échéances qui risquent de compromettre l’ensemble du processus.
Des négociations en perspective
Une rencontre décisive doit se tenir prochainement à Bangui entre les autorités et les représentants des 3R et de l’UPC. Cette réunion permettra de finaliser les modalités pratiques du désarmement, en association avec les FACA et les partenaires internationaux.
“Nous sommes encore dans une phase d’échanges et de négociations avec ces deux groupes armés”, reconnaît le ministre, soulignant que la signature de N’Djamena n’était qu’une première étape….
L’heure du verdict approche dans le procès Yekatom et Ngaïssona à la CPI
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/ykatome-et-ngaissona.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/ykatome-et-ngaissona.jpg” alt=”Centrafrique : L’heure du verdict approche dans le procès Yekatom et Ngaïssona à la CPI” width=”300″ height=”200″ />Yekatom-Ngaïssona
L’attente touche à sa fin. La Chambre de première instance V de la Cour pénale internationale (CPI) rendra son jugement tant attendu dans l’affaire Le Procureur c. Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona le 24 juillet 2025 à 14h00 (heure de La Haye). Une audience publique qui sera retransmise en direct sur le site officiel de la CPI.
Ce procès historique, qui s’est ouvert le 16 février 2021, porte sur des accusations liées aux crimes commis en République centrafricaine entre 2013 et 2014. Depuis plus de quatre ans, les juges Bertram Schmitt (juge président), Péter Kovács, Chang-ho Chung et la juge suppléante Beti Hohler ont assuré le bon déroulement de la procédure, veillant au respect des droits des accusés, de l’Accusation, et des victimes.
La procédure a été d’une ampleur remarquable : l’Accusation a présenté 112 témoins, les Représentants légaux des victimes 3 témoins, et les équipes de Défense ont convoqué 55 témoins. Un témoin a également été cité par la Chambre elle-même. Le procès s’est clôturé en décembre 2024 par des déclarations finales et le dépôt de mémoires.
Conformément au droit international, les juges peuvent soit acquitter soit condamner les accusés. Toutefois, une condamnation ne pourra être prononcée que si leur culpabilité est prouvée au-delà de tout doute raisonnable. Le verdict reposera exclusivement sur le droit applicable et les preuves produites durant le procès. Les parties auront, bien entendu, la possibilité de faire appel devant la Chambre d’appel.
En République centrafricaine, l’attente est intense. Des milliers de citoyens ont les yeux tournés vers La Haye, mais aussi vers le Bureau-Pays de la CPI, plus précisément vers son équipe de la sensibilisation et de l’information publique, qui aura la lourde tâche de relayer et d’expliquer ce jugement au grand public. L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement d’informer, mais aussi de consolider la confiance dans la justice internationale.
Depuis le début du procès, l’équipe de la sensibilisation et de l’information publique en République centrafricaine joue un rôle essentiel dans le rapprochement entre la Cour et les communautés affectées. À travers des sessions d’information, des dialogues communautaires, des diffusions radiophoniques, et un travail constant de pédagogie, cette équipe a permis à des milliers de Centrafricains de mieux comprendre les enjeux du procès, les procédures de la Cour, et les droits des victimes.
Tous les regards sont désormais tournés vers la manière dont cette équipe va s’organiser pour accompagner la population lors de ce moment clé. Il ne s’agit pas simplement de retransmettre un jugement, mais d’ouvrir un espace de compréhension, de débat et, peut-être, de cicatrisation.
Pour Pierre, un Centrafricain rencontré dans les rues de Bangui, la sérénité domine : «Ce que j’attends, c’est la vérité et la justice. Je fais confiance à la Cour. Le temps a été long, mais je suis confiant.»
L’heure du verdict approche. Et avec elle, peut-être, une page nouvelle dans la quête de justice pour les victimes centrafricaines.
Affaire à suivre, les regards du monde entier seront tournés vers La Haye le 24 juillet.
Bocaranga : Russes, FACA et Gendarmes au bord de l’affrontement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/39478186-6e5f-4365-8b39-9c5c6288cef2-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Mission de visite terrain d’un officier militaire de la société Wagner dans les provinces de Centrafrique, 17maià09:30, Envoyé par Fiacrefiacre Canada Dalemet Une capture d’écran d’une publication sur les réseaux sociaux avec du texte et une image d’une camionnette Texte possible Mission de visite terrain d’un officier. militaire de la société Wagner dans les provinces de Centrafrique. 09:30
Dans la ville de Bocaranga, Mercenaires russes, Forces armées centrafricaines et gendarmes vivent des heures de forte tension après une série d’incidents graves survenus ce week-end.
Les rues de Bocaranga portent aujourd’hui le poids d’une tension qui ne dit pas son nom. Dans cette ville de l’Ouham-Pendé, les regards se croisent avec méfiance et les conversations se font à voix basse. Car depuis quelques jours, l’impensable se produit : les alliés d’hier semblent prêts à en découdre. D’un côté, les mercenaires russes qui accompagnent l’armée nationale depuis des années. De l’autre, nos propres forces, FACA comme gendarmes, qui refusent désormais de courber l’échine.
En effet, depuis samedi, plusieurs incidents opposent désormais les mercenaires russes du groupe Wagner aux soldats FACA et aux gendarmes centrafricains. Ces confrontations, qui auraient pu rester des différends mineurs, prennent désormais une tournure inquiétante et font craindre une escalade dans les prochains jours.
Le premier incident a éclaté samedi 7 juin, impliquant directement les éléments de forces armées centrafricaines. Aziber, ce jeune soldat FACA que tout le monde connaît à Bocaranga, montait la garde aux côtés des Russes. Un travail qu’il fait depuis plusieurs semaines, sans histoire. Mais ce jour du samedi, un mercenaire russe lui a demandé de changer de poste. Une fois, deux fois, Aziber a obéi sans broncher, comme on le lui a appris. À la troisième demande, quelque chose s’est brisé en lui. “Non, j’ai assez bougé”, a-t-il dit simplement.
La suite, les témoins la racontent avec émotion. Le mercenaire russe n’a pas supporté cette résistance. Les coups ont plu, la bagarre a éclaté sous le regard ébahi des passants. Quand la poussière est retombée, nos frères russes avaient ligoté Aziber comme un vulgaire bandit. Il a fallu attendre la nuit et l’intervention du chef du soldat, un colonel pour que notre compatriote retrouve sa liberté.
L’humiliation était trop forte pour être oubliée. Lundi 9 juin, les Russes sont revenus, le regard dur et les intentions claires. Ils voulaient récupérer Aziber pour lui infliger leur propre justice. Le colonel qui avait libéré le soldat la veille s’est dressé devant eux, soutenu par ses hommes. Depuis, les FACA de Bocaranga dorment d’un œil, prêts à défendre l’un des leurs si les choses dégénèrent.
Comme si cette première étincelle ne suffisait pas, le dimanche 8 juin nous réservait un autre coup dur. C’était pourtant le jour de la fête des mères, cette célébration que nous chérissons tous en Centrafrique et que Bocaranga avait décidé d’organiser avec quelques semaines de retard. Les familles étaient dans la joie, les enfants couraient dans les rues.
Un sous-officier de la gendarmerie, après avoir passé un moment avec son épouse pour l’occasion, rentrait à la brigade en moto. Devant l’entrée, un groupe de personnes bloquait la route, dont un interprète des Russes, peut-être nouveau, que les gendarmes ne connaissaient pas. Le sous-officier a klaxonné plusieurs fois, demandant qu’on libère le passage, mais personne n’a bougé. Il s’est approché et a expliqué calmement qu’il fallait dégager la voie pour permettre la circulation.
L’interprète, qui semblait avoir bu, s’est emporté. “Qui es-tu pour me parler comme ça ?”, avant de saisir le sous-officier.
Aussitôt, les autres gendarmes, qui sont à l’intérieur de la brigade, ont vu comment leur chef est bousculé par un inconnu . Ils sont intervenus, et l’agresseur a été maîtrisé, emmené à l’intérieur de la brigade. Vu son état, ils l’ont placé en cellule, le temps qu’il retrouve ses esprits. Ses amis, restés dehors, ont appelé les Russes. Rapidement, des mercenaires sont arrivés en véhicules, exigeant la libération de l’interprète. Sous pression, les gendarmes ont ouvert la cellule et l’ont laissé partir. Une fois à la base russe, l’interprète a affirmé avoir perdu son téléphone et son argent pendant l’incident. Les Russes sont revenus, demandant aux gendarmes de payer. Ces derniers ont nié avoir pris quoi que ce soit, soulignant que c’était l’interprète qui avait attaqué. Les Russes ont insisté, menaçant d’arrêter le chef de la brigade et de l’emmener dans leur base si aucun paiement n’était fait. Ils ont aussi parlé de s’en prendre aux gendarmes et soldats postés aux barrières de la ville. Lundi 9 juin, la situation reste tendue.
Les habitants de Bocaranga, interrogés, pointent du doigt la nouvelle équipe de mercenaires russes. Selon eux, c’est la pire qu’ils aient vue. Ils décrivent des comportements agressifs, des perturbations constantes et des problèmes créés pour la population et les forces de l’ordre. Les FACA et les gendarmes se sentent poussés à bout. Le soldat Aziber, pour éviter de nouveaux ennuis, a été muté ailleurs, mais cela n’apaise pas les esprits. La fête des mères, censée être un moment de joie, a été gâchée par ces événements, et Bocaranga retient son souffle, guettant la suite.
le ministre Héritier Doneng décide d’enterrer le football centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/touadera-et-song.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/touadera-et-song-450×300.jpg” alt=”Centrafrique : le ministre Héritier Doneng décide d’enterrer le football centrafricain” width=”450″ height=”300″ />Le Président Touadera au milieu, et à gauche, le nouveau entreneur Rigobert Song, et à droit le ministre centrafricain des sports
Dans une décision aussi scandaleuse qu’irresponsable, le ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation Civique, Héritier Doneng, a prononcé la suspension de plusieurs membres du bureau exécutif de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF), dont son président, Monsieur Célestin Yanindji, pour une durée de six mois. Cette intervention unilatérale, justifiée par des motifs fallacieux tels que “outrage aux Fauves” ou “refus de reddition de comptes”, constitue une violation claire des principes fondamentaux de la FIFA et de la CAF, menaçant d’enterrer le football centrafricain dans un chaos du jamais vu.
Une Ingérence Illégale et Destructrice
Les statuts de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) sont clairs : l’article 19 stipule que les fédérations membres doivent “gérer leurs affaires de manière indépendante et sans influence indue de tiers”. De même, l’article 7, alinéa 1, lettre G des statuts de la Confédération Africaine de Football (CAF) exige le respect strict de l’autonomie des fédérations nationales. En suspendant des membres élus du bureau exécutif de la FCF, le ministre Doneng Wanzoumon s’arroge un pouvoir qu’il n’a pas, foulant au pied les règles internationales qui régissent le football.
Cette ingérence gouvernementale n’est pas une nouveauté en Afrique, mais elle est systématiquement condamnée. Des précédents au Zimbabwe (2022), au Kenya (2022) et au Tchad (2021) ont conduit à des suspensions par la FIFA, privant ces nations de compétitions internationales. La décision du ministre centrafricain expose la République Centrafricaine au même sort, un désastre pour un pays dont le football, incarné par les Fauves de Bas-Oubangui, est une source de fierté et d’unité nationale.
Des Motifs Fallacieux et une Ignorance Criante
Les motifs invoqués par le ministre pour justifier ces suspensions sont aussi absurdes qu’infondés. Accuser le président de la FCF d’“outrage aux Fauves” ou de “refus d’informer le gouvernement” pour une sortie lors d’une journée FIFA relève d’une méconnaissance profonde des mécanismes du football international. La gestion des sélections nationales, y compris les déplacements pour les matchs, est une prérogative exclusive de la fédération, comme le rappelle la CAF dans ses directives. En outre, exiger une reddition de comptes administratifs et financiers sans passer par les canaux appropriés, tels qu’un audit indépendant ou une collaboration avec la FIFA, est une violation directe de l’article 69 de la Charte Nationale des Sports, que le ministre lui-même cite de manière erronée.
Cette décision trahit une ignorance inquiétante des règles du jeu et des dynamiques du sport. Plutôt que de soutenir le développement du football centrafricain, le ministre semble déterminé à satisfaire son ego, au détriment des joueurs, des supporters et de l’avenir du sport dans le pays. C’est une folie pure et simple, un acte d’autodestruction qui risque d’anéantir des années de progrès.
Les Conséquences Catastrophiques pour le Football Centrafricain Les sanctions potentielles de la FIFA et de la CAF sont claires et sans appel. En cas d’ingérence confirmée, la Fédération Centrafricaine de Football pourrait être suspendue, entraînant :
– L’exclusion immédiate des compétitions internationales : Les Fauves de Bas-Oubangui seraient interdits de participer aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 et de la CAN 2025, anéantissant les espoirs d’une qualification historique.
– L’annulation de matchs et tournois : Aucun match international ne pourrait se tenir à Bangui, privant les supporters de leur passion et les joueurs de leur scène.
– La perte de financements et de programmes de développement : La FIFA et la CAF pourraient geler leurs aides, cruciales pour la formation des jeunes, le football féminin et la modernisation des infrastructures.
Pire encore, cette décision intervient dans un contexte où le football centrafricain connaît une dynamique positive, avec des promesses de stades modernes et d’une académie nationale soutenue par la FIFA et la CAF. En s’attaquant à la FCF, le ministre ne se contente pas de diviser ; il enterre littéralement l’avenir du football centrafricain.
Une Folie Égoïste et Contre-Productive
L’attitude du ministre Doneng Wanzoumon est une trahison de la jeunesse centrafricaine, qui voit dans le football une source d’espoir et d’opportunités. Contourner les institutions, ignorer les règles internationales et agir en autocrate est indigne d’un responsable public. Cette décision ne sert qu’un agenda personnel, au mépris des intérêts du sport et du pays tout entier. La FIFA et la CAF doivent intervenir de toute urgence pour protéger l’autonomie de la FCF et préserver l’avenir du football en République Centrafricaine.
Il est temps que le ministre revienne à la raison, annule cette décision illégale et engage un dialogue constructif avec la FCF, sous l’égide des instances internationales. Faute de quoi, il portera la responsabilité historique d’avoir plongé le football centrafricain dans l’abîme. La Centrafrique mérite un ministre qui unit et construit, pas un homme qui divise et détruit….
La nouvelle loi centrafricaine sur la presse : un miroir des mécanismes répressifs russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Le-ministre-Maxime-Balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou
Adoptée par acclamation le 26 mai 2025, la loi centrafricaine sur la presse s’inspire des lois russes, menaçant la liberté des médias en Centrafrique par des mesures répressives.
La nouvelle loi sur la liberté de la communication, adoptée par acclamation par l’Assemblée nationale centrafricaine le 26 mai 2025, mais non encore promulguée, proclame garantir la liberté de la presse. Pourtant, une analyse approfondie de ce projet de loi révèle des similitudes frappantes avec les lois russes sur les médias, connues pour leur caractère répressif et leur rôle dans le contrôle étatique de l’information. Ces parallèles, allant des sanctions sévères aux restrictions administratives, suggèrent un cadre législatif conçu pour limiter l’indépendance des médias en République centrafricaine. Voici un examen détaillé de quelques points de convergence fait par la rédaction du CNC.
Pouvoirs exorbitants du Haut Conseil de la Communication (HCC), écho de Roskomnadzor
En Russie, l’agence fédérale Roskomnadzor exerce un contrôle strict sur les médias, avec le pouvoir d’octroyer ou de révoquer des licences, de surveiller les contenus et d’imposer des sanctions. La loi centrafricaine confère des prérogatives similaires au Haut Conseil de la Communication (HCC). L’article 7 charge le HCC de garantir l’indépendance des médias et le respect de la déontologie, mais les articles 64, 68, 70, 74 et 75 lui attribuent un contrôle total sur l’octroi, la suspension et la révocation des licences pour la presse audiovisuelle et écrite. Par exemple, l’article 64 exige une autorisation du HCC pour toute radiodiffusion, après avis des ministères de la Défense et de la Communication, tandis que l’article 179 permet de révoquer une licence sans mise en demeure préalable pour des modifications dans la ligne éditoriale, la propriété ou le financement. L’article 79 autorise le HCC à engager des procédures administratives, disciplinaires ou judiciaires contre les médias, et l’article 178 lui permet d’interdire l’accès aux médias publics ou privés pour des motifs comme l’incitation à la haine, une notion vague rappelant les lois russes sur l’« extrémisme ». Ce pouvoir discrétionnaire, centralisé dans une institution nommée par l’État (article 23), reflète le modèle russe où Roskomnadzor agit comme un bras armé du gouvernement pour museler les voix dissidentes.
Définitions vagues des infractions, outil de répression sélective
Les lois russes sur les « fausses nouvelles » (2019) et l’« extrémisme » utilisent des termes ambigus pour cibler les médias critiques, permettant une application sélective. La loi centrafricaine adopte une approche similaire avec des infractions mal définies. Les articles 125 à 129 criminalisent l’incitation à des crimes, à la discrimination ou à des actes troublant l’ordre public ou la sécurité nationale, mais des expressions comme « troubler la paix publique » (article 129) ou « compromettre la sécurité nationale » manquent de clarté. L’article 151 impose des amendes de 100 000 à 500 000 FCFA pour diffamation ou injure envers les institutions étatiques, les tribunaux ou les officiels, un mécanisme comparable à la loi russe de 2019 sur le « manque de respect envers les autorités ». De plus, l’article 133 interdit la publication de documents judiciaires avant leur lecture publique, limitant la couverture des affaires sensibles, comme en Russie où les reportages sur les enquêtes d’État sont souvent restreints. Ces définitions floues offrent aux autorités centrafricaines une marge de manœuvre pour sanctionner les médias qui s’écartent de la ligne officielle, menaçant la liberté d’expression.
Sanctions financières et administratives écrasantes
En Russie, les amendes élevées et les fermetures d’organes de presse, comme Novaya Gazeta, sont des outils pour asphyxier les médias indépendants. La loi centrafricaine suit ce modèle avec des sanctions financières et administratives lourdes. Les articles 144 à 175 prévoient des amendes de 50 000 à 2 500 000 FCFA pour des infractions variées, telles que la publication sans récépissé (article 174), la diffamation (articles 151-152) ou le non-respect des obligations de licence. Dans un pays où les médias opèrent souvent avec des budgets limités, ces montants peuvent entraîner la faillite de petites rédactions. L’article 177 permet au HCC de suspendre une autorisation pour un mois ou plus, de réduire sa durée ou de la révoquer, tandis que l’article 193 autorise la confiscation ou la destruction des supports médiatiques. Ces mesures, similaires aux tactiques russes de fermeture administrative, créent un climat de peur pour les journalistes et les éditeurs, les poussant à l’autocensure.
Droit de rectification, levier de contrôle narratif
La Russie impose des obligations de correction pour contrer les récits médiatiques défavorables. En Centrafrique, les articles 108 à 122 régissent un droit de rectification strict, applicable à la presse écrite, audiovisuelle et en ligne. L’article 108 permet à toute personne citée ou identifiable d’exiger une rectification de longueur équivalente à l’article initial, tandis que l’article 109 offre aux autorités publiques une rectification gratuite pour les actes inexactement rapportés. Les délais sont courts : 48 heures pour les quotidiens (article 110), 48 heures pour les candidats en période électorale (article 117), et trois jours pour les médias en ligne (article 121). Le refus de publier une rectification entraîne des amendes (article 112) ou une citation judiciaire dans les 24 heures (articles 113, 117, 122). Cette rapidité, combinée à l’avantage accordé aux officiels, risque de transformer ce droit en un outil pour imposer des récits officiels, obligeant les médias à modifier ou retirer des contenus critiques sous pression.
Protection renforcée des figures étatiques
En Russie, les lois criminalisant les insultes aux officiels protègent le pouvoir en place. La loi centrafricaine adopte une approche similaire. L’article 151 impose des amendes plus élevées (100 000 à 500 000 FCFA) pour diffamation ou injure contre les institutions ou officiels que contre les particuliers (50 000 à 250 000 FCFA, article 152). L’article 186 exige des procédures spécifiques pour poursuivre les plaintes pour diffamation contre le président, les membres du gouvernement ou les élus, renforçant leur protection. Cette hiérarchie, qui privilégie les figures étatiques, décourage les enquêtes journalistiques sur la corruption ou les abus de pouvoir, un trait commun avec le système russe où critiquer le Kremlin est risqué.
Restrictions sur la propriété étrangère
La Russie limite la propriété étrangère des médias à 20 % depuis 2014 pour maintenir le contrôle national. La loi centrafricaine impose des restrictions similaires. L’article 28 exige une majorité centrafricaine pour les organes de presse créés par des entités étrangères, et l’article 67 requiert une majorité de capital ou de droits de vote centrafricains pour les entreprises audiovisuelles. Ces mesures réduisent l’accès aux investissements étrangers, qui pourraient soutenir des médias indépendants, consolidant le contrôle des élites locales ou étatiques, comme en Russie.
Exigences administratives et licences
En Russie, les licences médiatiques imposent des contraintes bureaucratiques pour décourager les nouveaux acteurs. En Centrafrique, les articles 25 à 27 exigent un récépissé du HCC pour la presse écrite, avec des conditions comme des enquêtes de moralité et des déclarations de capital. Les articles 64 à 70 imposent des licences pour les médias audiovisuels, avec des études de faisabilité et des cahiers des charges. Ces barrières administratives, similaires aux exigences russes, limitent l’émergence de médias indépendants et facilitent le contrôle par l’État.
Contrôle des contenus pour l’ordre public
Les lois russes permettent de censurer les contenus jugés nuisibles à l’ordre public. En Centrafrique, l’article 49 autorise le HCC à interdire les publications étrangères troublant l’ordre public, et l’article 52 permet la saisie d’organes de presse sur décision judiciaire. L’article 76 oblige les médias audiovisuels à prioriser les contenus promouvant la culture centrafricaine, un écho des exigences russes de contenu « patriotique ». Ces restrictions, bien que moins sévères que les sanctions directes, orientent les médias vers des récits alignés sur les priorités étatiques….
Hausse des prix en RCA : les incroyables explications du président Touadéra
Bambari-la-boucherie-en-plein-air.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Sur-le-marche-central-de-Bambari-la-boucherie-en-plein-air-450×338.jpg” alt=”Hausse des prix en RCA : les incroyables explications du président Touadéra” width=”450″ height=”338″ />Sur le marché central de Bambari, dans le secteur de la vente de viande. Photo G
Face à la hausse des prix des produits de première nécessité partout dans le pays, le chef de l’État Faustin Archange Touadera multiplie les justifications que les centrafricains jugent absurdes et peu convaincantes.
Bangui, le ventre vide. Les marchés de la capitale centrafricaine résonnent des plaintes des ménagères qui ne savent plus comment nourrir leurs familles. Pendant ce temps, à la présidence, Faustin-Archange Touadéra tient des discours qui font sourire amèrement ceux qui vivent cette tragédie au quotidien.
“Plus de la moitié du panier de la ménagère centrafricaine est composée de produits importés”, a déclaré le chef de l’État lors d’un récent déjeuner de presse. Une lapalissade ! Comme si les Centrafricains découvraient aujourd’hui que leur pays importe. La vraie question, Monsieur le Président, c’est : que faites-vous depuis 2016 pour changer la donne ?
Le scandale du carburant qui étrangle tout
L’histoire du carburant en dit long sur la gestion chaotique de ce gouvernement. En 2023, d’un trait de plume, les autorités ont doublé le prix du gasoil, le faisant passer de 800 à 1.400 FCFA le litre. Les transporteurs ont crié, les commerçants ont pleuré, les ménages se sont endettés. Même le FMI, pourtant peu suspect de populisme, a tiré la sonnette d’alarme : cette hausse “étouffait l’économie et les paniers des ménages”.
La réaction du gouvernement ? le conseiller camerounais du Président, monsieur Jules Njawé, a accusé l’institution de Bretton Woods d’ingérence ! Comme si critiquer une politique désastreuse était un crime. Cette arrogance cache mal l’opacité qui entoure le monopole accordé à une société privée pour la distribution du carburant. Une “mafia”, disent les langues bien pendues de Bangui.
Sous la pression populaire, le régime a fini par consentir une baisse ridicule de 100 à 150 FCFA en mai dernier. Le gasoil est passé à 1.250 FCFA, le super à 1.050 FCFA. “Ce qui amène cette hausse, il y a des problèmes de transport”, a justifié Touadéra. Toujours les mêmes excuses : le transport, le cours mondial du pétrole… Mais jamais un mot sur la gabegie et les arrangements troubles.
Les barrières de la honte
Parlons de ces barrières routières illégales que le président prétend combattre depuis cinq ans. “Nous avons pris une décision au niveau du gouvernement pour lever toutes les barrières illégales”, clame-t-il. Mensonge ! Ces points de racket pullulent toujours sur les routes centrafricaines, tenus par des forces de l’ordre que l’État refuse de payer les primes globales d’alimentation (PGA).
Résultat : chaque camion de marchandises paie un tribut à chaque barrage. Le coût se répercute sur les prix. Les Centrafricains paient deux fois : d’abord les impôts pour entretenir ces forces de l’ordre, ensuite la rançon qu’elles imposent sur les routes.“Les efforts sont en train d’être déployés, mais malheureusement les sans-trafiquants continuent d’être victimes des barrières illégales”, avoue le président. Traduction : nous ne contrôlons rien.
Quand le président ne connaît même pas les prix
Le comble, c’est quand Touadéra évoque le prix du manioc. Il parle d’une “cuvette” à 4.500 FCFA. Erreur, Monsieur le Président ! C’est la demi-cuvette, communément appelée par les centrafricains, le “ngawi“, qui coûte ce prix. Une confusion qui en dit long sur la déconnexion du pouvoir.
Dans les années 90, une cuvette complète coûtait 400 FCFA. Aujourd’hui, elle atteint 4.000 FCFA, parfois plus. Pour un produit 100% local ! Comment expliquer qu’un tubercule qui pousse dans nos champs subisse une telle inflation ? Le président invoque encore le transport, mais refuse de voir l’essentiel : l’absence totale d’investissement dans l’agriculture.
La diaspora, cette ressource gaspillée
“Je réitère ma volonté de faire de la place à tout le monde et surtout à notre diaspora”, déclare Touadéra. Belles paroles ! Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les Centrafricains de l’étranger qui tentent d’investir au pays se heurtent à un mur de bureaucratie et de corruption.
Pendant ce temps, les opportunités économiques sont monopolisées par des étrangers : Libanais dans le commerce, Camerounais dans le transport et le commerce également, Tchadiens dans l’élevage, les rwandais dans le commerce et l’élevage… La diaspora centrafricaine, riche de son expérience et de ses capitaux, reste sur le carreau. Quelles mesures concrètes le gouvernement a-t-il prises pour favoriser ses concitoyens vivant à l’étranger ?
Touadera appelle à l’unité
Face à cette débâcle, Touadéra en appelle à l’unité nationale : “Nous ne sortirons pas de la pauvreté et du sous-développement en nous méfiant les uns des autres”. C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Comment parler d’unité quand on divise le peuple entre ceux qui profitent du système et ceux qui le subissent ?
Les Centrafricains n’ont pas besoin de beaux discours. Ils ont besoin d’électricité, de routes praticables, de centres de santé fonctionnels, d’écoles équipées. Ils ont besoin d’un État qui protège la production locale au lieu de favoriser les importations….
Un jeune conducteur de taxi-moto se déguise en gendarme à Bangui et arrêté par la police
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/faux-gendarme-centrafricain.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le conducteur de taxi-moto déguisé en gendarme arrêté par la police
Un incident inhabituel s’est produit dans la capitale centrafricaine, impliquant un jeune conducteur de taxi-moto qui a revêtu un uniforme de gendarme pour exercer son activité de transport.
Les faits se sont déroulés vendredi dernier dans la matinée à la Place Marabéna, au croisement Omar-Bongo dans le 5e arrondissement. Le jeune homme, vêtu d’une tenue militaire du type gendarmerie qu’il prétend avoir empruntée, transportait des passagers vers Foyer, en direction de Boeing, dans la commune de Bimbo. Il facturait 500 francs CFA pour conduire ses clients jusqu’au PK5, point de correspondance où ces derniers devaient prendre une autre moto-taxi pour poursuivre leur trajet.
L’incident qui a tout déclenché
C’est au PK5 que la situation a dégénéré. Un second conducteur réclamait 600 francs pour la suite du parcours. Le jeune “faux gendarme” a contesté ce tarif, estimant que ses clients avaient déjà payé 500 francs et que le prix devait être revu à la baisse.
Cette négociation tarifaire a attiré l’attention des autres conducteurs présents, qui ont rapidement relevé l’incohérence de la situation : “Comment un gendarme peut-il porter son uniforme pour faire du taxi-moto ?”. Le jeune homme a été immédiatement dénoncé et interpellé par les agents de police du 3e arrondissement. Lors de son interrogatoire, la scène a été filmée et largement diffusée sur les plateformes de réseaux sociaux.
Des révélations qui alimentent le débat
Lors de son interrogatoire, le suspect a fourni des explications qui ont causé de vives réactions. Il a déclaré que l’uniforme appartenait à sa femme, gendarme de profession, et que cette dernière lui avait également acheté la moto-taxi en janvier 2025.
Ces déclarations ont provoqué un débat animé entre les policiers présents. Une policière s’est indignée : “Pourquoi nous, les femmes, nous achetons des motos aux hommes ? Ce n’est pas acceptable !” Face à cette réaction, un autre policier a répondu : “Pourquoi pas ? Pourquoi nous les hommes nous vous achetons souvent de moto, et pourquoi pas vous aussi vous le faites? Quand on aime son conjoint, on peut lui offrir ce qu’il demande. C’est cela l’amour”. La dame a rétorqué avec fermeté : “Ça, c’est pour les femmes naïves !”.
Des questions sur la responsabilité conjugale
Un autre policier présent lors de l’interrogatoire a interpellé directement le jeune conducteur : “Pourquoi parles-tu constamment de ta femme ? Si on la confronte à toi, tu vas certainement nier tout. Avec tout ce que tu dis, tu la mets en danger ! Si elle perd son emploi à cause de tes actes, comment comptes-tu subvenir à ses besoins ?”. Une autre policière a renchéri : “Es-tu capable de prendre soin d’elle si elle est écartée de ses fonctions ?”.
Ces interrogations ont alimenté une discussion houleuse sur les responsabilités conjugales et les conséquences des actes individuels sur la famille.
Une affaire aux multiples enjeux
Pour l’instant, le sort du jeune homme demeure incertain, les forces de l’ordre n’ayant pas encore communiqué sur les suites judiciaires de cette affaire. Cet incident rappelle néanmoins l’importance du respect des symboles de l’autorité publique et les risques encourus en cas d’usurpation d’uniforme officiel….
À quelques mois des élections communales, législatives et présidentielle, le pouvoir de Bangui déploie des stratégies honteuses pour vanter un bilan fantômes de Touadera, frôlant le ridicule.
En Centrafrique, à l’approche des élections communales, législatives et présidentielles de 2025, le camp du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro semble prêt à tout pour redorer son image. Une vidéo publiée le 22 mai sur la page Facebook de Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller du président, montre clairement cette tentative maladroite. Dans cette séquence, un groupe de personnes, se présentant comme des syndicalistes, se réunit à la Bourse du Travail, un lieu où les syndicats se rassemblent souvent. Leur but ? Chanter les louanges du président Touadéra et appeler à soutenir un troisième mandat. Mais le résultat tourne vite à la caricature.
Ces prétendus syndicalistes, dont on ne connaît ni l’identité ni la légitimité, débitent un discours qui semble appris par cœur. Ils affirment que Touadéra a transformé le pays : des salaires payés, des jeunes recrutés dans la police, la gendarmerie et l’armée, des routes construites, une sécurité retrouvée permettant de voyager librement de Bangui à Birao ou à Obo. Ils ajoutent que les critiques contre le président, entendues dans les quartiers ou dans certains syndicats, sont injustifiées. Selon eux, Touadéra mérite un troisième mandat, car il guide le pays dans la bonne direction, et un changement de leader serait un « saut dans le vide ».
L’un des intervenants va encore plus loin, affirmant sans honte que Touadéra n’a jamais promis de faire de la Centrafrique une France en cinq ans. D’après lui, le président avance « petit à petit », et le pays progresse correctement. Cette déclaration, d’une maladresse pathétique, tente de justifier un bilan que beaucoup jugent catastrophique. Car la réalité, sur le terrain, est bien différente.
Dans les rues de Bangui et dans le reste du pays, les Centrafricains décrivent un pays « bloqué », comme en « mode avion ». Les routes, souvent mises en avant par le pouvoir, sont dans un état lamentable. Les hôpitaux manquent de tout, les écoles sont abandonnées, et le coût de la vie devient insupportable pour beaucoup. L’économie est à l’arrêt, l’argent ne circule pas, et les progrès vantés se réduisent à des projets symboliques : un bout de route goudronnée par-ci, un bâtiment inauguré par-là, présentés comme des exploits majeurs. Pendant ce temps, la population s’impatiente face à un pouvoir qui semble déconnecté de ses préoccupations.
Cette vidéo, partagée par un proche du président, n’est pas un incident. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de propagande, où des individus, parfois appelés « chercheurs à manger », sont mobilisés pour défendre le régime. Mais l’effet est contre-productif. Ces « syndicalistes » autoproclamés, qui ne représentent aucun syndicat connu et n’ont aucun adhérent derrière eux, manquent cruellement de crédibilité. Leur discours prête à sourire et, pour beaucoup, inspire de la gêne, voire de la honte. Comme certains le disent, même les enfants à l’école pourraient se moquer de leurs enfants….
En cette terre de Zemio, sous-préfecture du Haut-Mbomou, au cœur de la patrie de Boganda, nos ancêtres pleurent dans leur tombe. Le dimanche 8 juin 2025, alors que le soleil caressait encore nos collines ancestrales, l’impensable s’est produit. Un fils de notre terre, Zékpété, homme que les esprits avaient touché différemment, a vu sa vie s’éteindre sous les balles de ceux qui se disent nos “protecteurs”.
Zékpété, que tout Zemio connaissait dans sa simplicité d’âme, déambulait paisiblement dans la rue quand les mercenaires du groupe Wagner ont choisi de faire parler la poudre. Deux balles dans la tête. Un homme désarmé, vulnérable, qui n’avait d’autre tort que d’exister sous le soleil de ses ancêtres. Mais où est l’honneur dans un tel acte ? Où est l’humanité qui nous unit tous ?
Nos ancêtres d’autrefois disaient que “l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse”. Aujourd’hui, c’est notre dignité qui s’effrite dans le silence assourdissant de l’impunité. Car voyez-vous, ces hommes de Wagner nous regardent comme nos colonisateurs d’hier : des êtres sans âme, sans valeur, des “sous-hommes” qu’on peut éliminer selon son bon vouloir.
Depuis que ces mercenaires foulent notre sol centrafricain en 2018, combien de nos fils et filles ont péri dans l’indifférence ? Combien de mères pleurent encore leurs enfants sans que justice ne leur soit rendue ? Le sang innocent crie depuis la terre rouge de Bangui jusqu’aux savanes de l’Est, mais qui l’entend vraiment ?
L’amertume nous touche quand nous réalisons que nous, héritiers des royaumes de Oubangui, descendants des guerriers qui ont résisté aux conquérants, nous nous retrouvons aujourd’hui à la merci de nouveaux prédateurs criminels russes. Ces Wagner ne sont-ils pas les nouveaux négriers qui nous considèrent comme du bétail ?
En 2026, nous dit-on, Wagner cédera la place à l’Africa Corps. Mais qu’est-ce qui changera vraiment ? Les bourreaux partiront, les crimes resteront impunis, et nos morts continueront de hanter nos nuits. C’est le cycle éternel : ils arrivent, ils tuent, ils repartent, et ceux qui applaudissent au pouvoir font mine d’oublier les larmes versées.
Zékpété n’était peut-être qu’un homme simple, un fou, oui, un fou aux yeux de certains, mais il était notre frère. Son sang versé souille notre terre commune et interpelle notre conscience collective. Quand cesserons-nous d’être les spectateurs impuissants de notre propre tragédie ?
Nos ancêtres nous enseignaient que “quand les fourmis s’unissent, elles peuvent vaincre l’éléphant”. Il est temps de nous souvenir de cette sagesse millénaire, car tant que nous accepterons que nos vies vaillent moins que celles des autres, tant que nous laisserons l’impunité prospérer sur notre terre, d’autres Zékpété tomberont sous les balles de l’indifférence….
Insécurité à Satéma, Kémbé, Alindao, Mobaye : le gouverneur Bissekoin répond avec arrogance : le problème, c’est partout dans le pays!
Centrafrique.org/la-region-oubangui-etranglee-par-la-crise-des-enseignants/victor-bissekoin-2/” rel=”attachment wp-att-86267″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Victor-Bissekoin–450×450.jpg” alt=”Le gouverneur de la région 6 du Haut-Oubangui, qui a récemment visité les villes de Mobaye, Alindao, Satéma et Kémbé pour se présenter à la population La région Oubangui étranglée par l’insécurité” width=”450″ height=”450″ />Victor Bissekoin, Préfet du Mbomou, et gouverneur de la région de Oubangui
L’insécurité paralyse la Basse-Kotto, notamment à Satéma, Kémbé, Alindao, Mobaye. Le gouverneur du Haut-Oubangui, en tournée dans la zone, répond à la population avec une arrogance déconcertante: « L’insécurité ? C’est partout dans le pays! Ce n’est pas qu’à Satéma, Mobaye, Kémbé ou Alindao »
En effet, la ville de Satéma, dans la Basse-Kotto, n’a plus vu de soldats de l’armée nationale depuis 2012. Treize ans d’abandon total. À Kémbé, Alindao, Mobaye, les gens vivent dans la peur, cloîtrés chez eux, incapables de cultiver ou de vendre. Les violences ne s’arrêtent pas, les routes sont des pièges, et l’espoir s’éteint. Victor Bissekoin, gouverneur du Haut-Oubangui depuis huit mois, a vu ça de ses yeux lors de sa tournée à Mobaye et Alindao. Les habitants ont crié leur détresse, supplié le gouverneur pour plus de sécurité. Et lui ? Avec une arrogance choquante, rejette leurs plaintes d’un revers de main : « L’insécurité, c’est partout dans le pays ! » Une réponse qui brûle, qui blesse, qui montre tout le mépris d’un homme censé protéger son peuple.
Victor Bissekoin ne compte pas s’arrêter là. « Ce n’est pas Satéma seule qui manque de force de sécurité intérieures », ajoute-t-il, comme si diluer la douleur des uns rendait celle des autres plus légère. C’est insultant. Satéma, à la frontière, est un point stratégique, mais elle pourrit dans l’oubli. Kémbé, Alindao, Mobaye ne valent pas mieux : pas de patrouilles, pas de gendarmes, juste des promesses vides. Il parle d’un « point de surveillance » pour Satéma, discuté à Bangui. Des discussions ? Pendant que les gens vivent dans la terreur ? Il ose dire que « ça vient . Patientez-vous», que Satéma « sera gâtée un jour ». Un jour ! Ces mots sont du poison pour ceux qui comptent les jours sans savoir s’ils verront demain.
Le gouverneur a l’audace de dire en plus que l’insécurité est « à un niveau négligeable ». Négligeable ? Pour qui ? Pas pour les familles de Kémbé qui ne dorment plus, pas pour les commerçants d’Alindao qui ferment boutique, pas pour les villageois de Mobaye qui évitent les routes. Il prétend que l’État fait des efforts, que des forces sont à Dembia. Mais Démbia, c’est une goutte d’eau dans un océan de vide. Quelques soldats, perdus, ne changent rien. À Satéma, il n’y a rien, zéro, le néant. Et Bissekoin, au lieu de secouer Bangui, de demander des comptes, répète comme un robot : « Tout le pays a ce même problème d’insécurité ». Pathétique.
Le vrai scandale, c’est le régime. Des milliards partent pour Wagner, pour payer des mercenaires qui commettent des crimes massifs sur la population, pendant que Satéma n’a pas un franc pour un poste de police. C’est ça, leur choix ? Laisser Kémbé, Alindao, Mobaye dans la peur pendant qu’ils remplissent les poches d’étrangers ? Le président, que Bissekoin appelle « l’artisan », promet la sécurité depuis des années. Mais où est-elle ? Les forces, soi-disant envoyées, sont des ombres. Bissekoin, docile, couvre ce mensonge. Il parle de « travail sérieux » à Bangui, de réunions, de plans. Des réunions ? Quand les villages se vident sous les menaces, eux causent. C’est une trahison, un abandon qui pue l’indifférence.
La Minusca, dont il se vante, n’est qu’un pansement troué. « Ils aident », dit-il. Comment ? Quelques camions qui passent, des patrouilles qui ne restent pas. La sécurité, c’est le job de l’État, pas des étrangers. Bissekoin le sait : « C’est nous d’abord. » Alors pourquoi rien ? Pourquoi pas un plan pour Satéma ? Pour Kémbé ? Il esquive, minimise, jette la faute sur le pays entier. « L’insécurité, c’est partout », répète-t-il, comme si ça excusait l’inaction. Ça n’excuse rien. Ça aggrave la colère des habitants qui demandaient juste de l’aide….
Mia-Pendé : « Nos chemins nous tuent à petit feu ! »
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Monsieur-Nguetere-maire-de-la-commune-de-Betoko.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Élysée Nguetéré, maire de la commune de Mia-Pendé
Élysée Nguetéré, maire de la commune de Mia-Pendé pousse un cri du cœur qui résonne comme un tambour de guerre contre l’indifférence du gouvernement
À Mia-Pendé, environ 45 kilomètres de Paoua, dans la préfecture de Lim-Pendé, l’amertume se lit sur tous les visages. Ici, parler de routes relève presque de la plaisanterie tant ces prétendues voies de communication ressemblent davantage à des parcours du combattant qu’à des axes de développement.
Le maire de la commune, Élysée Nguetéré, visiblement excédé par des années de promesses non tenues, a choisi de briser le silence lors d’une intervention remarquée sur les ondes de la radio Guira FM. Son message ? Un véritable réquisitoire contre l’état calamiteux des infrastructures routières qui étranglent sa commune.
« Une heure pour vingt kilomètres : c’est du sabotage ! »
Le maire n’y va pas par quatre chemins. Le tronçon Paoua – Bémbéré, censé être un axe stratégique, s’est transformé en véritable calvaire pour les usagers. « Mes frères, quand vous prenez cette route, vous comprenez que quelque chose ne va pas dans ce pays », lance-t-il avec cette franchise qui caractérise les fils du terroir centrafricain.
Une heure de trajet pour parcourir à peine vingt kilomètres entre Bémal et Bémbéré! Les chiffres parlent d’eux-mêmes et traduisent l’ampleur du désastre. Entre nids-de-poule béants, portions complètement défoncées et absence totale d’entretien, cette route illustre parfaitement le mal qui ronge l’arrière-pays centrafricain.
Quand l’économie locale agonise sur des routes fantômes
Mais au-delà des désagréments pour les voyageurs, c’est tout un pan de l’économie locale qui se trouve menacé. Les cultivateurs de la région, pourtant réputés pour la qualité de leurs productions agricoles, voient leurs récoltes pourrir faute de pouvoir les acheminer vers les marchés urbains.
« Comment notre économie peut-elle décoller quand les camions refusent de venir chez nous ? », s’interroge le maire, traduisant ainsi le désarroi de toute une population abandonnée à son sort. Cette situation crée un cercle vicieux où l’isolement engendre la pauvreté, et la pauvreté justifie ensuite l’isolement.
Sécurité compromise, développement hypothéqué
L’aspect sécuritaire n’est pas en reste. Dans un pays encore marqué par l’instabilité, la mobilité des forces de défense constitue un enjeu vital. Or, avec des routes dans cet état, tout déploiement rapide devient mission impossible. « Nos soldats mettent plus de temps à arriver qu’il n’en faut aux problèmes pour s’aggraver », déplore l’autorité municipale.
Cette réalité interpelle d’autant plus que la région bénéficie d’infrastructures sécuritaires nouvelles, comme le poste frontalier édifié par la Minusca. Mais à quoi servent ces installations modernes si les routes qui y mènent découragent toute circulation normale ?
Le maire de Bétoko ne se contente pas de dresser un constat. Il interpelle directement le gouvernement de Bangui et ses partenaires internationaux, MINUSCA en tête, pour qu’ils inscrivent la réhabilitation routière en tête de leurs priorités.
« Je tends la main au gouvernement, à tous nos partenaires : aidez-nous à sortir de cet isolement qui nous condamne », plaide-t-il avec cette émotion contenue qui caractérise les leaders authentiques.
Son message dépasse largement les frontières de sa commune. Dans tout l’arrière-pays centrafricain, des voix similaires s’élèvent pour dénoncer cette négligence des infrastructures de base qui hypothèque l’avenir de régions entières….
Lors du Conseil des ministres du 15 mai 2025, le gouvernement centrafricain a annoncé la révision d’une mesure sécuritaire concernant le village Wawa, situé sur le tronçon Sibut-Grimari de la route nationale numéro 2 (RN2), conformément au décret n°23.149 du 6 juin 2023.
Présentée comme une initiative décisive du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, cette décision cache mal les failles d’une gouvernance sécuritaire erratique. Deux ans après l’adoption de cette mesure, censée garantir la sécurité intérieure, pourquoi le gouvernement est-il contraint de faire machine arrière ? Cette volte-face révèle un État dépassé, incapable de planifier ou de communiquer efficacement.
En effet, la révision de cette mesure sécuritaire, annoncée avec une solennité exagérée, pousse à s’interroger : pourquoi une politique aussi importante , touchant un axe routier vital, n’a-t-elle pas été correctement évaluée avant sa mise en œuvre ? Le tronçon Sibut-Grimari, sur la RN2, est un corridor essentiel pour le commerce et la mobilité des populations. Toute restriction ou barrière, comme celle instaurée à Wawa, a des répercussions économiques et sociales immédiates. Pourtant, il aura fallu deux ans pour que le gouvernement reconnaisse, implicitement, que cette mesure était inadaptée. Cette lenteur traduit un manque criant de foresight stratégique. Les ministères des Transports, de la Défense et de l’Intérieur, chargés de sa mise en œuvre, semblent avoir agi sans données fiables ni consultation des communautés locales, exposant ainsi les citoyens à des contraintes inutiles.
Pourtant, le compte rendu du Conseil des ministres, d’une vague inquiétante, ne précise ni les raisons de cette révision ni les dysfonctionnements qui l’ont motivée. Quels incidents ont nécessité cette correction ? Quelles plaintes des populations ou des acteurs économiques ont poussé le président Baba Kongoboro à intervenir ? Cette absence de transparence est inacceptable dans un pays où la confiance envers les institutions est déjà fragile. En se contentant d’une formulation laconique : une « instruction » présidentielle –, le gouvernement prive les Centrafricains d’explications claires sur une décision qui affecte leur quotidien. Cette opacité renforce l’impression d’une gouvernance improvisée, où les citoyens sont tenus à l’écart des processus décisionnels.
L’insistance sur l’intervention personnelle du président Touadéra, qualifié de « chef suprême des armées » et « toujours attentif aux questions de sécurité », trahit une centralisation excessive du pouvoir. Pourquoi une question aussi technique, comme la gestion d’une barrière routière, nécessite-t-elle l’arbitrage direct du chef de l’État ? Cette dépendance à la présidence marginalise les ministères compétents, réduits à de simples exécutants sans autonomie. Le ministre de la Défense, celui de l’Intérieur ou des Transports auraient dû anticiper et corriger les failles de cette mesure bien avant qu’elle ne remonte au sommet de l’État. Cette hyper-centralisation ralentit les prises de décision et expose l’incapacité de l’administration à fonctionner efficacement.
La RN2 n’est pas une simple route : c’est une artère économique reliant Bangui à l’Est du pays, mais également au nord pour sortir vers le Soudan, le Soudan du Sud ou la République démocratique du Congo. Toute mesure mal calibrée, comme la barrière de Wawa, peut entraver la circulation des biens, faire grimper les prix des produits de première nécessité et redoubler les tensions communautaires dans une région déjà troublée par l’insécurité. Le compte rendu ne mentionne aucun bilan des impacts de cette mesure sur les habitants ou les commerçants. Cette omission explique que le gouvernement agit sans évaluer les conséquences de ses politiques sur les populations, une négligence d’autant plus grave dans un contexte de fragilité économique et sociale.
En outre, en ordonnant cette révision, le président Touadéra tente de se poser en sauveur d’une situation qu’il a lui-même cautionnée. Car c’est sous son autorité que le décret de 2023 a été adopté, sans apparemment les garde-fous nécessaires pour en assurer le succès. Cette décision n’est pas une preuve de réactivité, mais un aveu d’échec masqué par une rhétorique héroïque. Elle illustre une gouvernance qui avance à tâtons, corrigeant ses erreurs au gré des crises plutôt que de les anticiper. Dans un pays où la sécurité intérieure est un « postulat à l’exercice des libertés », selon les mots du président, de telles approximations sont inadmissibles.
Ceci dit, la révision de la mesure sécuritaire sur la RN2 n’est qu’un signe d’un mal plus profond : une gouvernance sécuritaire désordonnée, avec l’improvisation, l’opacité et une centralisation paralysante….
Boda : Le sous-préfet brise le silence et demande le départ des Mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/ville-de-boda-dans-la-lobaye-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans un quartier de la ville de Boda, chef-lieu de la sous-préfecture de la Lobaye. Photo CNCScreenshot
Les populations de Boda en ont assez. Elles réclament le départ des mercenaires russes accusés de tous les maux. Leur cri de détresse a trouvé un écho auprès du sous-préfet qui a eu le courage de porter leur voix jusqu’au sommet de l’État.
Dans la préfecture de la Lobaye, à Boda précisément, l’heure n’est plus aux murmures dans les Nganda. Les langues se délient et les accusations pleuvent contre les mercenaires russes présents dans la localité. Vols à répétition, pillages des particuliers, violences contre les femmes… La coupe est pleine pour ces populations qui n’en peuvent plus.
Quand l’autorité prend ses responsabilités
Il y a quelques jours, le sous-préfet de Boda a convoqué une réunion avec toutes les autorités administratives de sa circonscription. Autour de la table, les langues se sont déliées. Chacun y est allé de son témoignage sur l’insécurité qui gangrène la ville. Les griefs contre les hommes en treillis venus de Russie ont été énumérés sans détour.
Au terme de ces échanges, le sous-préfet a pris sa plume. Dans un rapport circonstancié, il a consigné noir sur blanc les doléances de ses administrés. Les populations exigent tout simplement le départ des mercenaires russes qu’elles accusent de semer la terreur dans leurs quartiers.
Ce document explosif a pris le chemin du palais présidentiel. Première étape : le bureau de M. Donatien Maleyombo, chef de cabinet du président Faustin-Archange Touadéra. Intrigué par le contenu du rapport, Maleyombo a aussitôt contacté la préfète de la Lobaye pour en savoir davantage.
La préfète dans l’ignorance totale
Surprise ! La préfète affirme ne rien savoir de cette affaire. Comment une autorité de ce niveau peut-elle ignorer ce qui se passe dans sa juridiction ? La question mérite d’être posée. Toujours est-il qu’elle a réclamé une copie du rapport que M. Maleyombo s’est empressé de lui faire parvenir.
Un acte de bravoure qui dérange
Dans les couloirs de l’administration, on salue le courage du sous-préfet de Boda. Oser dire la vérité sur les agissements des mercenaires russes, c’est prendre le risque de se mettre à dos certains cercles du pouvoir. D’ailleurs, le bonhomme ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs. Des tensions existent déjà avec certains de ses collègues.
Mais qu’importe ! L’homme a choisi son camp : celui de ses administrés qui souffrent en silence. Une posture qui force le respect, même si elle lui vaut quelques inimitiés.
Le rapport arrivera-t-il vraiment sur le bureau présidentiel ?
Voilà bien la question qui taraude tous les esprits. Dans ce pays où les rapports ont la fâcheuse tendance à s’évaporer dans les méandres de l’administration, rien n’est moins sûr. Combien de documents de ce genre finissent leur course dans les tiroirs des secrétaires particuliers ?
Et même si le président Touadéra venait à prendre connaissance de ce rapport, que ferait-il ? L’homme n’a pas l’habitude de s’épancher publiquement sur ces questions sensibles. Son silence légendaire laisse peu d’espoir quant à une réaction publique.
À Berberati déjà, l’année dernière, des rapports similaires avaient été transmis aux autorités compétentes. Résultat : le néant total. Aucune mesure concrète n’a été prise. Les mercenaires du groupe Wagner continuent leurs petites affaires, protégés par l’argument fallacieux de Touadera selon lequel qu’ils contribuent à la sécurité du pays.
Du côté des mercenaires, l’inquiétude gagne
À Boda, les choses bougent pourtant. Le chef des mercenaires russes de la localité ne semble plus aussi sûr de lui. Des sources concordantes parlent d’un homme visiblement inquiet de la tournure que prennent les événements.
Des rumeurs persistantes évoquent même son possible remplacement dans les jours à venir. Une décision qui ne serait pas forcément liée au rapport du sous-préfet, mais plutôt à une réorganisation interne des forces russes.
Les populations de Boda retiendront leur souffle. Leur message est passé. Reste à savoir si leurs dirigeants auront le courage de l’entendre et d’agir en conséquence….
Népotisme et corruption : cas de Lionel Dounda et Héritier Doneng, l’injustice à deux vitesses
Centrafrique.org/la-nouvelle-constitution-en-lambeaux-touadera-et-ses-ministres-refusent-de-respecter/heritier-doneng-chef-de-la-milice-du-pouvoir-nomme-ministre-de-la-jeunesse-et-des-sports/” rel=”attachment wp-att-72303″ data-wpel-link=”internal”>Héritier Doneng, chef de la milice du pouvoir, le requin, nommé ministre de la jeunesse et des sports.
Népotisme et corruption minent la RCA. Les destins opposés de l’ancien ministre Lionel Dounda, emprisonné, et celui du ministre Héritier Doneng, intouchable, exposent une justice criminelle au service du régime.
En République centrafricaine, la corruption et le népotisme semblent avoir atteint des sommets rarement égalés, au point de devenir un mode de gouvernance à part entière. Ce fléau, qui gangrène le pays depuis près de 10 ans, touche tous les secteurs, mais c’est dans le système judiciaire que son impact est le plus visible. À travers l’exemple de l’ancien ministre, Lionel Régis Dounda, et celui de son successeur, Héritier Doneng, on peut mesurer l’ampleur des inégalités face à la justice, où les affiliations politiques et la proximité avec le pouvoir dictent les sorts des uns et des autres.
Le cas de Lionel Régis Dounda : une condamnation contestée
Lionel Régis Dounda, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports sous le gouvernement de Firmin Ngrébada, est aujourd’hui derrière les barreaux. Arrêté en avril 2021, il a été condamné à dix ans de prison pour une affaire de détournement présumé de 65 millions de FCFA dans le cadre de la vente d’un terrain public à la société BOKOM. Pourtant, Dounda clame son innocence et pointe du doigt son ancien chargé de mission, Daniel Nzéwé, qu’il accuse d’avoir orchestré la malversation. Selon lui, Nzéwé aurait manipulé les documents et détourné les fonds, mais ce dernier n’a jamais été inquiété par la justice. Pire encore, les demandes répétées de Dounda pour une confrontation avec Nzéwé ou pour que ce dernier soit appelé à témoigner ont été ignorées.
Le dossier repose sur un rapport de l’Inspection générale d’État, mais ce document est largement contesté. Regis Lionel Dounda, membre du parti d’opposition MLPC (Mouvement pour la libération du peuple centrafricain), dénonce un rapport biaisé, servant des intérêts politiques. Son statut d’opposant semble avoir pesé lourd dans la balance. Malgré un appel déposé contre sa condamnation, la justice a refusé d’examiner sa requête, le laissant sans recours. Cette situation pousse à s’interroger : comment un ancien ministre peut-il être condamné à une si lourde peine sur des bases aussi farfelue s, tandis que d’autres, impliqués dans des scandales bien plus graves, échappent à toute sanction ?
Centrafrique.org/rca-lancien-ministre-de-la-jeunesse-et-des-sports-regis-lionel-dounda-est-place-en-garde-a-vue-a-la-sri/regis-lionel-dounda/” rel=”attachment wp-att-46013″ data-wpel-link=”internal”>Regis Lionel Dounda, ancien ministre de la jeunesse et des sports
Héritier Doneng : l’impunité au grand jour
À l’opposé, le cas d’Héritier Doneng, successeur de Dounda au ministère de la Jeunesse et des Sports, illustre une justice à deux vitesses. Héritier Doneng est au cœur d’un scandale autrement plus grave : une enquête de l’Assemblée nationale a révélé qu’il aurait participé activement au détournement d’environ 400 millions de FCFA destinés à la réfection du stades 20 000 places, ainsi que d’autres sommes importantes : 50 millions par-ci, 100 millions par-là. Ce rapport parlementaire, bien plus solide qu’un simple document administratif, a conduit l’Assemblée la semaine dernière à exiger son limogeage. Mais à ce jour, Héritier Doneng n’a pas été inquiété. Il reste libre, proche du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, et continue de bénéficier de la protection du pouvoir.
Les raisons de cette impunité sont claires. Héritier Doneng, chef de milice et fidèle du régime, aurait joué un rôle clé dans la consolidation du pouvoir de Touadéra, notamment par des actes violents, plus précisement des crimes massifs sur la population. Sa nomination au poste de ministre, malgré l’absence de qualifications ou de diplôme, apparaît comme une récompense pour services rendus. Une fois en poste, il aurait profité de sa position pour s’enrichir, sans jamais être freiné par la justice. Cette indulgence contraste cruellement avec la sévérité infligée à Regis Lionel Dounda, révélant un système où la loyauté au régime prime sur l’intégrité.
La corruption en RCA : un mal sans baromètre ?
Il fut un temps où des baromètres internationaux, comme l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, dévoilait les niveaux de corruption dans des pays comme le Nigeria ou le Cameroun, souvent cités parmi les plus corrompus au monde. Ces deux pays voisins dominaient les classements dans les années 2000, avant de progressivement disparaître des radars grâce à des réformes, ou du moins une meilleure gestion de leur image. Mais qu’en est-il de la RCA ? Bien que le pays soit aujourd’hui perçu comme l’un des plus corrompus au monde, aucun baromètre récent ne semble le confirmer officiellement. Selon l’IPC 2023, la RCA se classe 154e sur 180 pays avec un score de 24/100, loin derrière le Nigeria (145e, score 25) et le Cameroun (144e, score 27). Mais ces chiffres, bien qu’alarmants, ne reflètent pas pleinement l’ampleur du problème.
En RCA, la corruption ne se limite pas à des détournements isolés. Elle est systémique, enracinée dans un népotisme qui favorise les proches du pouvoir et protège les fidèles du régime. Les institutions censées lutter contre ce fléau, comme l’Inspection générale d’État ou le système judiciaire, semblent elles-mêmes compromises. Les rapports biaisés, les enquêtes sélectives et l’absence de suites judiciaires pour les puissants en sont la preuve.
Une justice à deux vitesses
Le contraste entre les cas de Regis Lionel Dounda et Héritier Doneng résume l’état de la justice en RCA. D’un côté, un opposant politique condamné sur des preuves fragiles, privé de son droit à un procès équitable. De l’autre, un ministre proche du pouvoir, accusé de détournements massifs, mais libre de toute poursuite. Cette inégalité n’est pas seulement une question de justice ; elle reflète un système où le népotisme et la corruption dictent les règles du jeu….
Une analyse des témoignages contradictoires et des indices qui orientent l’enquête vers les mercenaires russes.
L’assassinat de Dieudonné Nzagbe Nguilelo, sous-préfet de Djema, continue de faire des vagues. Si Michel Trogode, chef du centre de santé de Djema, a accusé publiquement le maire et le député de la ville, son témoignage présente des failles qui remettent en question sa version des faits.
Un témoignage aux zones d’ombre
Dans sa déclaration vidéo diffusée une semaine avant son enlèvement, Michel Trogode a affirmé que le maire de Djema avait contacté le député Lambert Akovourou après un différend avec le sous-préfet. Selon lui, ce dernier aurait mobilisé des hommes armés depuis Obo pour venir capturer Dieudonné Nzagbe Nguilelo.
Le chef du centre de santé raconte que ces hommes auraient emmené le sous-préfet dans les locaux de l’ONG Alima, où ils l’auraient maltraité en présence du maire. Face à la violence de la scène, cette dernière aurait fait un malaise, nécessitant l’intervention de Trogode pour la transporter.
Des incohérences géographiques troublantes
L’analyse du témoignage révèle plusieurs impossibilités logistiques. Selon Michel Trogode, des hommes armés auraient quitté Obo pour capturer le sous-préfet à Djema en quelques heures. Or, la distance entre Obo et Mboki est de 75 kilomètres. Entre Mboki et Zemio, il faut parcourir 135 kilomètres supplémentaires. Enfin, de Zemio à Djema, la distance est de 125 kilomètres. Au total, cela représente 335 kilomètres sur des routes particulièrement dégradées.
Ces routes traversent plusieurs zones de contrôle. À Mboki se trouvent des mercenaires russes et des forces de défense et de sécurité. Zemio abrite également une importante présence Wagner avec des points de contrôle permanents. Comment des miliciens auraient-ils pu franchir ces barrières multiples sans être aperçus, en pleine nuit, avec seulement quatre motos ?
De plus, les miliciens Azandé ne se déplacent jamais en petit groupe de quatre motos, comme l’ont décrit les témoins. Ils évoluent habituellement en convois importants pour leur sécurité. Cette tactique correspond davantage aux méthodes des mercenaires russes, aperçus en patrouille dans Djema la nuit même de l’enlèvement.
Les indices pointent vers Wagner
Plusieurs éléments orientent l’enquête vers les mercenaires russes du groupe Wagner. D’abord, la méthode d’exécution : Dieudonné Nzagbe Nguilelo a été égorgé et décapité, une signature récurrente de ces groupes. Ensuite, les antécédents : le sous-préfet avait déjà été capturé et torturé par des mercenaires russes le 27 mai 2024, avant de parvenir à s’échapper après deux jours dans la brousse.
L’absence de réaction des forces Wagner stationnées à Zemio, à seulement 125 kilomètres de Djema, face aux tirs et aux violences supposées dans les locaux d’une ONG internationale pose également question. Comment expliquer qu’aucune intervention n’ait eu lieu pendant plusieurs heures dans une zone sous leur contrôle direct ?
Les conséquences de la dénonciation
L’arrestation successive de Michel Trogode et du député Lambert Akovourou après ces accusations publiques tend à confirmer une stratégie de détournement d’attention. Le chef du centre de santé a été embarqué par hélicoptère vers une destination inconnue, tandis que le député a été incarcéré à l’Office central pour la répression du banditisme à Bangui.
Ces arrestations interviennent dans un contexte où les mercenaires russes tentent de rediriger les soupçons vers les autorités de Djema, alors que tous les indices techniques et circonstanciels pointent vers leur implication directe dans cet assassinat.
L’analyse des faits explique que les mercenaires du groupe Wagner ont instrumenté l’enlèvement du sous-préfet en utilisant des intermédiaires, avant de procéder eux-mêmes à l’exécution selon leurs méthodes habituelles. La campagne de désinformation qui a suivi, avec l’arrestation des accusateurs, témoigne de cette stratégie de brouillage des pistes.
La disparition de Michel Trogode et l’emprisonnement du député Lambert Akovourou continuent de priver les habitants de Djema de réponses sur ce crime qui terrorise encore la ville….
C’est nous qui avons détruit ! Logiquement, nous n’avons pas à nous plaindre . Le gouverneur Bissekoin accuse la jeunesse
Centrafrique.org/mobaye-6-ans-sans-douane-un-appel-a-laction-pour-soutenir-leconomie-locale/bureau-de-la-douane-de-beloko/” rel=”attachment wp-att-62638″ data-wpel-link=”internal”>Le Bureau de la douane et des droits indirects de Mobaye, dans la préfecture de la Basse-Kotto
« C’est nous qui avons détruit ! Logiquement, nous n’avons pas à nous plaindre ! », déclare Bissekoin, accusant la jeunesse centrafricaine d’avoir causé ces dégâts durant la crise de 2013.
Victor Bissekoin, gouverneur du Haut-Oubangui, a le culot de pointer la jeunesse du doigt. Huit mois après sa nomination, il a fait une tournée du travail à Mobaye et Alindao, où les bâtiments administratifs sont des carcasses vides. Pas de bureaux, pas de chaises, pas de dignité pour les fonctionnaires. Lui-même, le grand gouverneur, n’a pas de bureau, mais il ose dire : « Ce n’est pas une raison de ne pas travailler ». Pathétique. C’est ça, leur vision ? Gouverner dans la poussière pendant que le peuple souffre?
« C’est nous, les Centrafricains, qui avons péché », ajoute-t-il, comme un quelqu’un qui souffre, accusant au passage la jeunesse d’avoir saccagé les infrastructures lors des crises de 2013. Et alors ? Où est la solution, gouverneur ? Où est l’État, qui regarde ailleurs pendant que les services publics s’effondrent ? Bissekoin se défile, marmonnant que « le chef de l’État se cassent en deux » pour reconstruire notre pays. Vraiment ?Des mots pathétiques. Pas un plan, pas un franc, pas un chantier. Juste des excuses et des leçons de morale qui puent l’hypocrisie.
Pendant ce temps, le régime dilapide des milliards pour le groupe russe Wagner, paye des mercenaires à prix d’or, mais pleure misère quand il s’agit de bâtir un bureau. C’est ça, leur priorité ? Laisser Mobaye et Alindao sans administration, sans services, sans avenir ? Les fonctionnaires s’entassent dans des locaux pourris, les dossiers moisissent, les habitants galèrent pour un papier. Et Bissekoin, au lieu de cogner du poing, de hurler contre Bangui, accuse le peuple. « Logiquement, nous n’avons pas à nous plaindre », ose-t-il. Malade. C’est lui qui est malade, à défendre un système qui abandonne son peuple.
Le président, cet « artisan » qu’il vénère, promet des routes, des écoles, mais où sont les actes ? Des années de crises, oui, mais qui laisse les bâtiments en ruines ? Qui ferme les yeux pendant que l’argent du pays file ailleurs ? Bissekoin, pantin docile, répète la propagande : l’État fait ce qu’il peut. Faux. L’État trahit. Il trahit les fonctionnaires, les habitants, la jeunesse qu’il accuse. Dire « c’est notre faute » alors que le régime gaspille, c’est cracher au visage de ceux qui survivent dans la misère.
Cette tournée n’était qu’une comédie. Bissekoin voit les décombres, entend les plaintes, mais choisit de blâmer au lieu d’agir. Pourquoi pas un calendrier de reconstruction ? Pourquoi pas un appel aux partenaires ? Rien. Juste des accusations minables pour masquer un régime incapable.
Semaine Noire pour les Rebelles du Mouvement 3R : Huit Combattants Tués dans des Attaques Ciblées
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/les-trois-malfaiteurs-camerounais-interpelles-par-les-rebelles-de-3R-dans-la-sous-prefecture-de-Koui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration d’arrestation des rebelles de la CPC. CopyrightCNC
Huit combattants rebelles du mouvement 3R ont été tués en trois jours dans les préfectures de l’Ouham-Pendé et de la Nana Mambéré.
Le mouvement “Retour, Réclamation, Réhabilitation” (3R) vient de perdre huit de ses combattants dans des attaques violentes qui se sont déroulées mercredi et jeudi dans les régions de Bozoum et Nguia-Bouar. Ces incidents surviennent alors que le groupe s’efforce de respecter l’accord de paix signé avec le gouvernement en avril dernier à Ndjamena au Tchad. Cet accord, qui engage le groupe à cesser toute activité armée et à préparer le désarmement de ses combattants, voit sa stabilité mise à rude épreuve par ces événements tragiques.
Sept morts à Kandowa près de Bozoum
Mercredi 4 juin 2025, quatre rebelles du mouvement 3R ont quitté leur base, située dans une forêt près du village de Kandowa, en tenue civile et sans armes, dans l’intention de se ravitailler. À leur arrivée à Kandowa, ils ont retrouvé le général Anti-Balaka connu sous le nom de Jeudi, un chef de milice bien établi dans la région et connu parfaitement par la rédaction du CNC pour son comportement turbulent. Ce dernier, qui collaborait régulièrement avec les rebelles de 3R dans le cadre de la CPC, a subitement changé de ton. Aussitôt, les quatre rebelles ont été encerclés, leurs motos confisquées, et ils ont été attachés avec des cordes avant d’être conduits dans la brousse.
Le lendemain, jeudi, d’autres éléments du 3R, partis de leur position à 20 kilomètres de Bozoum pour se diriger vers Batali, ont croisé à nouveau des hommes sous les ordres du général Jeudi. Sur son commandement, trois nouveaux rebelles de 3R ont été encerclés et immobilisés au sol. Par un concours de circonstances, les quatre rebelles kidnappés la veille se trouvaient également sur place, portant leur nombre à sept. Sur décision du général Anti-Balaka Jeudi, les sept combattants ont été exécutés sur-le-champ. Cette tuerie a provoqué la colère de la coordination du mouvement 3R, qui a lancé une chasse à l’homme pour retrouver le général Jeudi et le tenir responsable de cet acte. La situation à Kando reste tendue, mais les rebelles, fidèles à l’accord de paix, n’ont pas encore riposté. Le cas du général Jeudi, dont les motivations restent floues, fera l’objet d’une analyse approfondie dans un prochain article sur CNC.
Une embuscade mortelle à Nguia-Bouar
La veille, mercredi 3 juin, un autre combattant rebelle du 3R a perdu la vie dans le village de Nguia-Bouar, préfecture de la Nana Mambéré. Le groupe se dirigeait vers un site de cantonnement dans la Mambéré-Kadéi pour respecter les termes de l’accord de paix quand il est tombé dans une embuscade tendue par des soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA). L’attaque a coûté la vie à l’un des rebelles.
Des provocations répétées
Ces huit décès en deux jours poussent les Centrafricains à s’interroger sur les véritables intentions derrière ces attaques. Plusieurs sources évoquent des provocations organisées, notamment de la part de mercenaires russes qui auraient déjà tenté par le passé de pousser le 3R à reprendre les armes. Pour les Wagner, la cessation des hostilités signifierait une réduction de la prime de risque, des millions que le président Touadera leur verse chaque semaine.
Jusqu’à présent, le mouvement a toujours choisi de se retirer plutôt que de répondre par la violence. Mais cette série d’attaques interroge sur les motivations de ceux qui cherchent à briser la paix dans le pays.
Le 3R maintient son engagement
Malgré ces pertes tragiques, les dirigeants du mouvement 3R affirment leur attachement à l’accord de paix. Ils n’ont pas engagé de représailles et continuent de respecter leurs engagements de désarmement. La situation reste surveillée de près. Les prochains jours détermineront si cette trêve fragile peut résister à ces attaques répétées. L’avenir de la stabilité dans la région dépend largement de la capacité des différentes parties à maintenir le dialogue plutôt que de reprendre les armes….
La récente prise d’otages de chauffeurs de la MINUSCA par les forces de l’Union pour la Paix en Centrafrique révèle les limites de l’accord de N’Djamena et questionne l’efficacité du processus de stabilisation en cours.
En effet, à Kémbé, les rebelles de l’UPC ont de nouveau frappé. Ils ont attaqué un convoi de la MINUSCA, enlevant les dix chauffeurs avant leur libération.
Dans la préfecture de la Basse-Kotto, en Centrafrique, dont le chef-lieu est Mobaye, un incident s’est produit le 30 mai 2025. Ce jour-là, à Kémbé, des membres de l’Union pour la Paix en Centrafrique, plus connue sous le nom d’UPC, ont stoppé un convoi de dix camions appartenant à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique, la MINUSCA. L’événement s’est déroulé au pont de la chute de Kémbé, un passage clé pour les déplacements dans cette région. Après leur enlèvement, les rebelles ont emmené les dix chauffeurs des camions à environ un kilomètre dans la brousse, vers 9 heures du matin.
La situation a duré plusieurs heures, avec des discussions intenses pour obtenir la libération des otages. En début d’après-midi, un général de l’UPC est arrivé sur place. Il a envoyé ses hommes récupérer les chauffeurs pour les ramener près des camions. Vers 15 heures, les dix personnes ont retrouvé leurs véhicules. Le général a parlé avec eux pendant une trentaine de minutes, dans un échange dont le contenu reste inconnu. Ensuite, les chauffeurs ont pu reprendre la route vers Pombolo, une localité située à 17 kilomètres de Kémbé, où se trouve une base de la MINUSCA avec un contingent marocain.
Rappelons le, la Centrafrique traverse une période difficile depuis des années, avec des violences entre groupes armés et une paix fragile. L’UPC, dirigée par Ali Darassa, fait partie des signataires de l’accord de N’Djamena, conclu le 19 avril 2025 au Tchad. Ce texte, négocié entre le gouvernement centrafricain et des groupes armés comme le 3R et l’UPC, vise à ramener la stabilité. Pourtant, sur le terrain, des incidents comme celui de Kémbé montrent que des tensions persistent. La préfecture de la Basse-Kotto, dans le sud-est du pays, reste une zone où la sécurité est précaire, avec des routes souvent peu sûres et des défis pour les forces de la MINUSCA.
Centrafrique : DÉCOUPAGE TERRITORIAL DANS LA VAKAGA, LA TENSION PERSISTE, LA JEUNESSE DE OUANDJA APPELLE AU DIALOGUE…
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/rodrigue-koudoufara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Portrait du Président de la jeunesse de Ouanda-Djallé, monsieur Rodrigue Koudoufara
Face aux revendications de Ouanda-Djallé sur les limites administratives, les jeunes de Ouandja prônent l’apaisement tout en défendant leurs acquis territoriaux.
Depuis plus de trois ans, la préfecture de la Vakaga vit des heures délicates. Au cœur des débats : la délimitation territoriale entre les sous-préfectures de Ouandja et Ouanda-Djallé qui fait couler beaucoup d’encre et provoque des tensions palpables sur le terrain.
Quand l’histoire rencontre la géopolitique locale
C’est dans ce contexte tendu que la jeunesse de Ouandja a pris la plume pour exercer son droit de réponse. Leur message ? Calmer le jeu tout en rappelant certaines réalités du terrain. Car derrière cette polémique se cachent des enjeux plus complexes qu’il n’y paraît.
Les villages de Ouandja, Koumbal, Tahala et Seregobo cristallisent les passions. D’un côté, des revendications historiques légitimes. De l’autre, des acquis administratifs qu’on ne veut pas voir remis en cause.
Les griefs de Ouanda-Djallé : entre frustration et réalité
L’Honorable Député Adam Idriss Sende n’a pas mâché ses mots dans sa déclaration du 26 mars : “En aucun cas, les notables, les autorités locales ou la population de Ouanda-Djallé n’ont été consultés. Nous refusons cette marginalisation qui nous est imposée de force”.
Des propos qui traduisent une frustration compréhensible face à ce que perçoit sa communauté comme un manque de considération dans les processus décisionnels. Le parlementaire dénonce un découpage “injustifié” et évoque les risques pour le patrimoine culturel et les terres ancestrales de sa circonscription.
Rodrigue Koudoufara : la voix d’une jeunesse en quête de reconnaissance
Le président de la jeunesse de Ouanda-Djallé, Rodrigue Koudoufara, porte lui aussi la voix de sa communauté. Ses déclarations publiques reflètent une génération qui refuse de subir en silence ce qu’elle considère comme des injustices.
Il revendique une antériorité historique, évoquant l’installation de sa communauté dès 1912, et dénonce l’influence de certaines “élites pouvoiristes” dans les décisions administratives. Un discours qui, au-delà de la polémique, interroge sur les équilibres de pouvoir dans la région.
La jeunesse de Ouandja entre dialogue et fermeté
Face à ces revendications, la jeunesse de Ouandja adopte une posture mesurée mais ferme. Elle reconnaît implicitement les frustrations exprimées tout en défendant le statu quo territorial.
“Nos populations ont toujours cohabité dans le respect et la solidarité”, rappellent-ils, soulignant que les liens historiques ne se mesurent pas seulement en termes administratifs mais aussi en termes humains.
Leur préoccupation ? Que cette polémique ne déstabilise une région déjà fragile, coincée entre les frontières du Tchad et du Soudan, et où la paix sociale reste un bien précieux.
Un cri à l’équité et au dialogue inclusif
Loin de nier les griefs de leurs voisins, ces jeunes de Ouandja appellent à un traitement équitable de la question. Ils invitent les autorités compétentes à “examiner la situation, clarifier les responsabilités et proposer des solutions transparentes et équitables”.
Une approche qui reconnaît implicitement que le dialogue doit être inclusif et que toutes les voix doivent être entendues, y compris celles de Ouanda-Djallé.
Le Pacte de Réconciliation comme boussole
Dans cette quête de solutions, la jeunesse de Ouandja brandit le Pacte de Réconciliation de 2020, signé sous l’égide du Président Faustin Archange Touadéra. Un document qui prône le dialogue et l’unité dans le Nord-Est du pays.
“Seule une approche concertée peut apaiser les différends”, martèlent-ils, appelant toutes les parties à privilégier la voie institutionnelle plutôt que l’escalade verbale.
Un équilibre délicat à préserver
Cette affaire prouve une fois de plus les défis complexes de la gouvernance territoriale en Centrafrique. Entre légitimité historique, réalités administratives et équilibres politiques, les solutions ne sont jamais simples.
La jeunesse de Ouandja semble l’avoir compris en optant pour une approche qui tend la main tout en gardant ses positions. Un exercice d’équilibrisme qui pourrait bien inspirer d’autres régions confrontées à des défis similaires.
L’unité avant tout
Au final, c’est un message d’unité que portent ces jeunes de la Vakaga. Ils appellent leurs homologues de toute la région de Fertit à “préserver l’unité et le vivre-ensemble”, conformément à la devise nationale : “Unité – Dignité – Travail”.
Un message qui résonne particulièrement dans une Centrafrique en quête de stabilité et de cohésion sociale….
Ferdinand Mbokoto Madji, Président fondateur du CNCA-PDD sort du silence et interpelle Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-President-du-parti-CNCA-PDD.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président du parti CNCA-PDD, Ferdinand Mbokoto Madji.
Le Congrès National Centrafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (CNCA-PDD), sous la plume de son Fondateur et Président National, Ferdinand Mbokoto Madji, adresse une lettre ouverte cinglante au Président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro.
Intitulée sous la devise « Servir la Nation est un Impératif Incompressible », cette missive, datée du 07 juin 2025, dénonce la crise multidimensionnelle qui asphyxie le pays et exhorte le chef de l’État à un changement radical de cap.
Une nation à l’agonie et un peuple en attente
Ferdinand Mbokoto Madji, opposant exilé, rappelle les circonstances de son départ : « En tant qu’opposant exilé pour avoir refusé la révision de la Constitution de mars 2016 que le peuple centrafricain s’était librement choisi, en tant que citoyen pourchassé pour avoir dénoncé l’alliance meurtrière avec des milices russes, rwandaises et autres mercenaires, je me fais aujourd’hui devoir de rompre le silence ». Il dresse un constat alarmant : « La République centrafricaine est à l’agonie. Elle ploie sous une crise multidimensionnelle – sécuritaire, politique, économique, sociale – qui appelle à un sursaut historique. »
Le document brosse le portrait d’un pays en détresse : « Un pays désorganisé, appauvri, méprisé, où la redistribution et la justice sociale ne sont que mirages pour le citoyen lambda ». Le peuple, selon le CNCA-PDD, est suspendu aux paroles du Président, dans l’espoir d’un « éclair de lucidité, d’un élan de vérité, d’un signe d’espoir », mais reste confronté à une réalité sans appel : « Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, une misère commune nous unit : pauvreté, famine, maladies, chômage massif, inégalités criantes ».
En outre, la lettre dénonce le caractère prévisible et creux des allocutions de M. Touadéra, résumées en cinq points récurrents : « 1. Une auto-congratulation sur une croissance économique fictive,
L’invocation des crises internationales pour justifier les échecs internes,
Une glorification de forces armées que le peuple ne reconnaît plus,
Une promesse de justice égalitaire dans un État gangrené par l’impunité,
Et enfin, la reprise du slogan creux ‘Tous zo a tè yè’, devenu cri de ralliement des affamés et symbole de la vacuité politique ». Pour le CNCA-PDD, ces discours s’éloignent des attentes réelles du peuple, qui « réclame des repères, des actes concrets, et non des discours convenus ».
Les oubliés de la nation
La lettre ouverte dévoile le sort des franges les plus vulnérables de la population. La jeunesse, représentant « plus de 67 % de la population », est « abandonnée, utilisée comme marchepied pour les ambitions des élites, sans formation, sans perspectives. » Les femmes, quant à elles, sont « reléguées à des rôles subalternes, accablées par le chômage, les violences et l’absence totale de reconnaissance. » Les retraités « mendient pour survivre », et les paysans demeurent « invisibles, oubliés, méprisés. »
Un cri pour des gestes forts
Face à ce tableau sombre, Ferdinand Mbokoto Madji exhorte le Président à « sortir des logiques anciennes, à dépasser les discours politiciens et la démagogie ». Il propose des actions concrètes : « Libérez les opposants incarcérés pour des motifs politiques ; ouvrez un dialogue sincère, sans exclusion ; rétablissez la confiance en dépassant la logique de la revanche. » Mais le point culminant de cet appel est une demande audacieuse : « Ayez le courage d’annoncer publiquement votre renoncement au projet inconstitutionnel de troisième mandat ». Selon le CNCA-PDD, ce geste « révélerait au monde entier que l’homme d’État sommeille encore en vous » et « vous grandirait aux yeux du peuple et de l’Histoire. »
La lettre se termine sur une note de fermeté teintée d’espoir. “Le temps n’est plus aux manœuvres. Il est venu d’être à la hauteur du moment. L’avenir de notre nation en dépend”, écrit Mbokoto Madji, avant de conclure : “Avec espoir et détermination nous allons libérer notre pays.”
“Assez ! Alingbi awe !” – Quand les Bergers crient leur douleur
Obo.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Les-soldats-FACA-revenant-de-patrouille-a-Obo-450×253.png” alt=”Bangassou : “Assez ! Alingbi awe !” – Quand les Bergers crient leur douleur” width=”450″ height=”253″ />Les soldats FACA de retour d’une patrouille à Obo. CopyrightCNC
Les larmes aux yeux, le cœur lourd comme une pierre, nos pères spirituels de Bangassou ont rompu le silence. Mgr Juan José Aguirre et Mgr Aurelio Gazzera, ces hommes de Dieu qui ont vu tant de souffrances, ne peuvent plus se taire devant la tragédie qui frappe nos frères du Haut Mbomou.
La terre de nos ancêtres crie sa douleur
“Nos enfants fuient, nos villages brûlent, nos mères pleurent”, tel est le cri de désespoir qui résonne dans leur lettre intitulée “Assez ! Alingbi awe !”. Dans cette région du Sud-Est, jadis paisible terre de nos aïeux, la mort fauche aujourd’hui sans distinction. Civils abattus, blessés, torturés, égorgés, même les mots peinent à décrire l’horreur qui s’abat sur nos frères.
Les hommes en uniforme, nos propres Forces de Sécurité Internes, tombent aussi sous les balles. Car cette terre, nos évêques le rappellent avec amertume, est devenue “une terre convoitée et exploitée”. Hier, c’étaient les Tongo-Tongo de l’LRA qui semaient la terreur. Puis la Seleka est venue. Aujourd’hui, ce sont les Ani Kpi Gbe qui, nés pour protéger notre peuple des exactions de l’UPC, “risquent de devenir un danger pour la population même qu’ils prétendaient défendre”.
L’exode de la détresse
Regardez donc : des milliers de nos frères et sœurs de Zemio, Mboki et Djema ont pris la route de l’exil. Des dizaines de milliers ont franchi les frontières vers le Congo, le cœur brisé, les mains vides. Derrière eux, des villages entiers réduits en cendres, bombardés, saccagés, pillés.
Nos églises, ces maisons de Dieu, sont devenues des refuges pour les déplacés. À Zemio, Mboki et Obo, les missions catholiques ont ouvert grand leurs portes, accueillant ceux qui n’ont plus rien, si ce n’est l’espoir de voir la paix revenir.
La sagesse des Écritures face à la folie des hommes
Avec la sagesse de l’apôtre Jacques, nos pasteurs interrogent : “D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ?”.
Leur message est clair comme l’eau de source : “Ce n’est pas avec la violence que la violence va cesser. Au contraire ! La violence n’engendre que d’autres violences, la division et la misère, la haine, la méfiance et finalement, un cycle infernal de vengeance”.
L’appel du cœur
À tous – Azande Ani Kpi Gbe, FACA, Wagner, et nous tous, enfants de cette terre , nos évêques lancent un appel solennel : “Cessez les hostilités ! Ce n’est pas l’heure de la guerre, mais du dialogue ! Ce n’est plus le temps des violences, mais de l’écoute !”.
L’Église, cette mère qui console, se dresse aujourd’hui comme médiatrice. Elle tend la main, prête à faciliter le dialogue entre tous les fils de la Centrafrique. Car nous sommes tous frères, tous enfants de la même terre rouge de Barthelemy Boganda.
Un peuple en prière
“Prions pour la paix”, nous supplient nos guides spirituels. “Devenons des femmes et des hommes de paix, dans nos pensées, nos paroles, nos actions”. Car la paix, cette perle précieuse, ne s’obtient pas par les armes mais par la conversion des cœurs.
En cette journée du 5 juin 2025, tandis que résonne encore l’écho de leur cri “Assez ! Alingbi awe !”, nos évêques nous laissent avec cette bénédiction et cet espoir : “La Paix soit avec vous !”.
Puisse ce message toucher les cœurs endurcis et ramener la sérénité dans nos villages meurtris. Car notre Centrafrique mérite mieux que les larmes et le sang que Touadera nous verse dedans….
Vers la création d’un monument pour honorer la mémoire des victimes des Wagner
Centrafrique.org/la-centrafrique-sagenouille-devant-wagner-une-statue-de-yevgeny-prigozhin-pour-ceux-qui-nient-encore-la-presence-de-mercenaires-russes-en-rca/lors-de-linauguration-de-la-statue-a-la-memoire-des-createurs-du-groupe-wagner-a-bangui-les-generaux-centrafricains-saluent-militairement-ce-monument-criminel/” rel=”attachment wp-att-85754″ data-wpel-link=”internal”>Lors de l’inauguration à Bangui de la statue à la mémoire des créateurs du groupe Wagner , les généraux centrafricains saluent militairement ce monument pathétique et criminel
À Bangui, la pose de la première pierre d’un monument dédié aux victimes des crises marque une étape attendue dans la reconnaissance de toutes les douleurs vécues[1.
La République centrafricaine a célébré, le 11 mai 2025, la dixième Journée nationale des victimes des conflits armés. Cette année, la commémoration s’est distinguée par la pose de la première pierre d’un monument en hommage à toutes les victimes des crises militaro-politiques, au croisement du huitième arrondissement de Bangui, en présence des plus hautes autorités du pays, des représentants des victimes et de la société civile.
La demande d’un monument aux victimes du conflit en RCA s’amplifie face à l’existence de deux monuments célébrant les Mercenaires russes du groupe Wagner. En 2021, une statue glorifiant un mercenaire sous l’avenue de Martyr, conçu par Wagner, a été érigée près du stade Barthélemy Boganda. Une autre, en hommage à Evgueni Prigojine et Dmitri Outkine, fondateurs de Wagner, trône devant la Maison Russe, sur l’avenue de Gaulle, au cœur de Bangui. Au même moment, pour leurs victimes, rien. “Ils ont leurs statues, mais nos morts, nos familles, n’ont rien”, déplore un habitant de la capitale. Cette différence renforce l’appel à un monument pour les victimes.
Pour les victimes, la reconnaissance ne doit pas se limiter à une période ou à un groupe. Beaucoup insistent pour que le monument englobe toutes les victimes, y compris celles des groupes armés récents, comme Wagner, dont les actions ont touché de nombreuses régions du pays. Les survivants rappellent que les pertes humaines restent importantes, notamment dans le nord-ouest, l’ouest et le nord du territoire, et que la mémoire collective doit intégrer toutes ces tragédies.
Rappelons que depuis leur arrivée en 2018 pour soutenir le régime de Bangui en perte de vitesse, les forces de Wagner sont responsables de nombreuses violences. Dans le sud-est, le nord-ouest, l’ouest et le nord du pays, elles ont causé des morts, pillé des villages, détruit des maisons et volé les biens des habitants. À Bossangoa, dans l’Ouham, un habitant raconte : “Wagner a tué mes voisins, brûlé nos champs. On ne peut plus vivre en paix”. Ces actes, rapportés par des organisations comme Human Rights Watch, touchent de vastes régions et laissent des communautés entières dans le désespoir.
Le gouvernement, par la voix de la ministre de l’Action humanitaire, a souligné que ce monument répond à une attente profonde des victimes et symbolise la volonté de paix et de réconciliation nationale. Il s’agit d’un geste fort, destiné à rappeler l’importance de la justice, de la réparation, et à encourager la cohésion sociale. Les représentants des victimes ont salué cette décision, tout en rappelant que la quête de justice reste essentielle pour tourner la page des souffrances passées.
À travers ce monument, la République centrafricaine affirme son engagement à ne pas oublier ceux qui ont perdu la vie ou subi des violences lors des différentes crises. Ce lieu de mémoire se veut un point de ralliement pour toutes les générations, afin de transmettre le souvenir, encourager la résilience et renforcer l’unité nationale….