Les mercenaires russes viennent de créer une nouvelle milice armée à Boromata
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Mercredi dernier, dans la préfecture de la Vakaga, les mercenaires russes du groupe Wagner ont organisé une réunion à Boromata et dans les villages environnants , situés à près de 100 kilomètres de Birao, à 1078 kilomètres au nord-est de Bangui. Venus en hélicoptère depuis leur base de Ndélé et de Bria, les paramilitaires russes ont rassemblé les jeunes de ces localités pour préparer la création d’une milice d’autodéfense armée.
“Les Wagner nous ont réunis pour annoncer la formation d’une milice autodéfense. Ils promettent de revenir avec des armes dans les prochains jours afin de former les recrues au maniement de ces armes “, rapporte un habitant de Mamoune qui a assisté à la rencontre. Selon plusieurs témoignages recueillis, les mercenaires russes ont déjà distribué d’équipement militaire à ces pauvres jeunes, et aussi leur ont détaillé le projet de constituer une force militaires supplétive à Mamoune, mais également à Tiringoulou.
Cette initiative prolonge une stratégie déjà déployée dans d’autres régions du pays. À Obo, dans le Haut-Mbomou, les paramilitaires russes ont formé des milices Azandé en mai 2023, officiellement déjà intégrées aux Forces armées centrafricaines (FACA). Des dispositifs similaires ont été mis en place à Bambari dans la Ouaka en 2022, ainsi qu’à Bria dans la Haute-Kotto entre 2021 et 2023.
“Les Wagner cherchent à établir des groupes supplétifs dans des zones reculées, dont l’accès semble très difficile pour eux, afin de leur permettre de se concentrer sur les activités minières du pays “, analyse un spécialiste centrafricain en sécurité. Cette même stratégie a également été mise en place à Sam-Ouandja par les Wagner, où ils ont même recruté et formés militairement d’anciens rebelles ougandais de la LRA.
Cependant, la préfecture de la Vakaga présente toutefois des particularités qui pourraient compliquer ce projet. “Les rebelles sont originaires de la région, ils sont nés et ont grandi ici. Certains sont nos parents. Armer les jeunes contre eux pourrait avoir des conséquences graves “, s’inquiète un notable de Boromata. Pour rappel, la situation à Boromata inquiète particulièrement les anciens de la région.
Cette nouvelle tentative d’implantation survient alors que les mercenaires russes renforcent leur présence dans les zones minières du nord-est centrafricain. À Bria, situé à 595 kilomètres de Bangui, le groupe Wagner a établi une base importante qui sert de point d’appui pour ses opérations dans la région.
“Les zones minières sont leur véritable objectif”, confie un responsable d’une ONG à Bria qui suit leurs activités.
Les autorités centrafricaines n’ont pas encore réagi officiellement à cette initiative. Le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, interrogé sur la présence des mercenaires russes, maintient que toutes les forces présentes sur le territoire opèrent dans le cadre d’accords bilatéraux entre Bangui et Moscou.
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![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)