Violence militaire à Obo : Un civil grièvement blessé par des soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/milicien-azande-forme-par-les-wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/milicien-azande-forme-par-les-wagner-450×207.jpg” alt=”Violence militaire à Obo : Un civil grièvement blessé par des soldats FACA” width=”450″ height=”207″ />Un milicien Azandé Ani Kpi Gbé incorporé dans l’armée nationale centrafricaine ici salué par un Chef militaire de Wagner lors de leur présentation sous les drapeaux à Obo.
Un homme violemment agressé par des militaires centrafricains dans la nuit du 13 au 14 août à Obo.
À Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est du pays, un jeune homme a été grièvement blessé par des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) dans la nuit du 13 au 14 août 2025. L’agression, qui a causé de graves traumatismes crâniens, a nécessité une hospitalisation d’urgence de la victime. L’affaire montre la dégradation rapide des relations entre militaires et civils dans cette ville frontalière de la République centrafricaine.
Pour comprendre cette agression, il faut remonter aux événements de cette soirée. Tout commence par une visite de courtoisie. Un couple se rend chez la mère de l’épouse, souffrante. Après s’être enquis de son état, les époux se séparent. Le mari, qui habite dans le quartier AIM, rejoint la maison, tandis que sa femme, accompagnée de sa petite -sœur, part retrouver un Soldat FACA avec qui elle entretient une discrète relation amoureuse.
La situation se complique rapidement. En rentrant chez elle, la belle-sœur du mari découvre ce dernier assis dans l’obscurité, près de la maison. Prise de panique à l’idée qu’il puisse surprendre sa sœur avec le militaire, elle court la prévenir. Alertée, l’épouse quitte rapidement le soldat, abandonnant ce dernier et ses compagnons d’armes visiblement contrariés et choqué.
C’est alors que la violence éclate. Humiliés par cette fuite précipitée de la femme, les soldats décident d’aller confronter le mari qui est toujours dans l’obscurité. Dès leur arrivée, ils l’accusent de les espionner et de surveiller leurs activités. Sans autre explication, ils se jettent sur lui et le frappent violemment à coups de crosse, visant particulièrement la tête et tout son corps.
Heureusement, l’agression n’a pas duré plus longtemps. Un pasteur de l’église quartier AIM assiste à l’agression. Il alerte immédiatement le chef de quartier qui intervient pour arrêter les coups. Ce dernier accompagne ensuite la victime à l’hôpital où elle reçoit les premiers soins. Les blessures, notamment au niveau du crâne, nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Au-delà de cet incident particulier, la situation d’Obo pose des questions plus larges. Cet événement n’est pas un cas rare à Obo. Plusieurs habitants font état de comportements problématiques de la part de certains soldats : abus de pouvoir, violences, intimidations. Ces agissements créent un climat de méfiance entre la population et ceux qui sont censés la protéger.
Cette dégradation des relations préoccupe d’autant plus les autorités locales. Dans cette ville du Haut-Mbomou, beaucoup s’interrogent sur l’évolution du rôle des forces armées. Au lieu d’assurer la sécurité des citoyens, certains éléments semblent être devenus une source d’insécurité. Cette situation inquiète d’autant plus qu’Obo se trouve dans une zone frontalière sensible avec le Soudan du Sud.
Les répercussions de ces incidents dépassent le cadre local. La multiplication de ces événements érode progressivement la confiance que les habitants accordent à leur armée. Dans une région où la stabilité reste fragile, cette dégradation des relations civilo-militaires pose des questions sur l’efficacité du dispositif sécuritaire et sa capacité à maintenir la paix.
L’affaire d’Obo pose plusieurs problèmes concrets. D’abord, celui de la discipline au sein des forces armées. Ensuite, celui de la formation des soldats sur leurs relations avec les civils. Enfin, celui des mécanismes de contrôle et de sanction quand des dérapages se produisent.
À cause de Wagner, Touadera et ses proches sont devenus très gonflés : écoutez ce qu’Évariste Ngamana dit sur l’opposition démocratique
Anti-Balaka-de-Carnot-Evariste-NGAMANA.jpeg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Abbe-honorable-et-chef-anti-balaka-de-Carnot-Evariste-NGAMANA.jpeg” alt=”À cause de Wagner, Touadera et ses proches sont devenus très gonflés : écoutez ce qu’Évariste Ngamana dit sur l’opposition démocratique” width=”275″ height=”183″ />Évariste Ngamana
Le vice-président de l’Assemblée nationale Évariste Ngamana tente de criminaliser la contestation politique légitime.
Évariste Ngamana vient de franchir une ligne rouge. Le député de Carnot, premier vice-président de l’Assemblée nationale et porte-parole du MCU, parti au pouvoir, s’est livré à un exercice pathétique et de mépris démocratique lors de son passage sur la Radio Ndékè Luka. Ses mots sonnent comme un ultimatum : “Je voudrais d’abord faire comprendre à l’opposition qu’il n’est pas normal qu’ils critiquent constamment pour le plaisir. C’est toujours le même scénario, un groupe de quatre ou cinq personnes qui essaie d’amener des troubles. Il est temps qu’ils se ravisent, car le peuple n’est plus dupe“.
Cette sortie démontre clairement la vraie nature du régime Touadéra. Ngamana transforme la critique politique en acte de sabotage, réduisant des formations politiques entières à une poignée d’individus isolés. Sa technique est bien connue : criminaliser la dissidence, monopoliser la parole populaire, présenter l’opposition comme ennemie de la stabilité.
L’homme politique applique un manuel classique de l’autoritarisme. Il caricature ses adversaires, les présente comme marginaux et nuisibles, puis s’autoproclame interprète unique de la volonté nationale. Cette méthode nie l’existence même du pluralisme politique. Elle efface d’un trait la société civile active, les partis d’opposition légalement constitués et les citoyens qui expriment leur mécontentement.
En déclarant que “le peuple n’est plus dupe”,Évariste Ngamana s’approprie une légitimité qu’aucune consultation populaire récente ne lui accorde. Il parle au nom d’un peuple fantasmé, taillé sur mesure pour servir sa rhétorique. Cette usurpation de la voix collective constitue une violence faite à la démocratie.
Le message est clair : toute critique du pouvoir devient suspecte, toute contestation relève du complot. Cette logique transforme l’adversaire politique en ennemi intérieur, préparant ainsi le terrain à des mesures répressives. Elle s’inscrit dans une dynamique d’étouffement progressif de l’espace démocratique.
Évariste Ngamana ne se contente pas de défendre son camp. Il participe à une entreprise de réécriture du politique, où seule la parole officielle mérite d’être entendue. Sa déclaration constitue un acte de violence symbolique qui vise à disqualifier par avance toute opposition future.
Cette posture autoritaire trouve ses racines dans l’incapacité du pouvoir à répondre aux critiques légitimes sur sa gestion. Plutôt que d’argumenter, Ngamana choisit la diabolisation. Plutôt que de convaincre, il préfère intimider.
Le vice-président de l’Assemblée nationale confirme ainsi une dérive annoncée. Son discours participe d’une stratégie de verrouillage politique, où l’opposition devient synonyme de trahison et la critique, un crime contre l’ordre public. Cette logique mine les fondements même de la démocratie centrafricaine.
Faustin Archange Touadera : le juriste Mboe Dédé Vianney rappelle son inéligibilité à toutes les élections avant mars 2026
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-450×300.jpg” alt=”Le roublard de Bangui, Faustin Archange Touadera” width=”450″ height=”300″ />Le roublard et destructeur de Bangui, Faustin Archange Touadera
Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que la candidature anticipée de Touadéra à la prochaine élection présidentielle viole clairement la Constitution, même celle qu’il a fabriqué en 2023.
Faustin Archange Touadéra a annoncé, le 26 juillet 2025 au Congrès du MCU, son intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Me MBOE Dédé-Vianney, docteur en droit et analyste dans la revue Le Reflet, rappelle que cet engagement va à l’encontre des règles établies par la Constitution et qu’il ne peut être validé avant la fin effective du mandat actuel fixé au 30 mars 2026.
Dans son analyse, Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que l’article 185 de la Constitution adoptée le 30 août 2023 demande au président en exercice de rester dans l’exercice de son mandat jusqu’à son terme. Or, le mandat de Touadéra, entamé le 30 mars 2021, est toujours en cours et repose sur la Constitution de 2016, qui fixe la durée du mandat à cinq ans et limite à deux le nombre de mandats consécutifs.
La nouvelle Constitution de 2023, adoptée sous la présidence de Touadéra, n’abroge pas rétroactivement les dispositions qui encadrent son mandat actuel. Cela signifie que la candidature annoncée avant le 30 mars 2026 ne respecte pas les règles en vigueur. Me MBOE Dédé-Vianney souligne que cet engagement place Touadéra hors des conditions légales auxquelles il est soumis.
L’article 35 de la Constitution de 2016 précise clairement que le président ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Toute candidature dans le mandat en cours reviendrait donc à tenter un troisième mandat, ce qui est exclu. Selon Me MBOE Dédé-Vianney, cette situation fragilise les institutions et pose une question sérieuse sur le respect du cadre juridique par le chef de l’État.
L’absence d’une instance constitutionnelle indépendante rend difficile toute intervention pour trancher ce litige. Me MBOE Dédé-Vianney dénonce la dynamique qui s’installe autour de cette candidature anticipée, portée par certains acteurs politiques malgré son illégalité.
L’analyse de Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que le respect strict des règles constitutionnelles est indispensable pour garantir la stabilité politique et la confiance des citoyens. Toute tentative d’outrepasser ces règles risque d’affaiblir les bases de la démocratie centrafricaine.
Le 13 août, le Parti du Changement Social (PCS) a exprimé, dans un communiqué officiel, sa « profonde indignation » face à l’usage irrespectueux du drapeau national par le protocole présidentiel. Selon le PCS, des images et témoignages confirment que le symbole adopté le 1ᵉʳ décembre 1958 a été déployé comme tapis pour le Chef de l’État et sa suite, lors de la cérémonie officielle de la fête de l’indépendance.
Le communiqué du PCS rappelle que « le drapeau ne doit jamais toucher le sol » et qu’il est interdit de l’utiliser à des fins décoratives ou protocolaires en dehors des dispositions légales. Pour le PCS, ce geste constitue « un affront à la mémoire collective, aux martyrs et à chaque citoyen centrafricain », et porte atteinte à l’âme même de la nation.
En citant ses propres principes, le parti précise que le drapeau incarne l’unité, la dignité et la souveraineté du pays, et qu’il doit toujours être « arboré avec honneur, respect et fierté ». Transformer ce symbole en objet de marche, souligne le PCS, revient à dégrader l’autorité de la République et à bafouer ses valeurs fondamentales.
Le PCS exige « des explications immédiates » et « des sanctions exemplaires » contre les responsables de cette « faute grave ». Mais il met aussi en cause la logique même du régime, où l’image du chef prime sur le respect des symboles de l’État.
Dans son appel, le PCS invite « l’ensemble des forces vives de la nation, partis politiques, organisations de la société civile et citoyens » à défendre le drapeau et les valeurs qu’il incarne. Selon le parti, tolérer un tel acte reviendrait à légitimer d’autres profanations au profit d’une mise en scène politique.
Daté du 14 août 2025 et signé par son président, Chancel SEKODE NDEUGBAYI, le communiqué place le gouvernement face à ses responsabilités. Pour le PCS, la question dépasse le simple protocole : elle interroge la dérive d’un système prêt à sacrifier les symboles nationaux sur l’autel du pouvoir.
Or, diamants et guerre : comment Wagner finance son emprise en Centrafrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/sur-un-chantier-minier-artisanal-en-Centrafrique.png” data-wpel-link=”internal”>Sur un chantier minier d’or et de diamant artisanal
Depuis son arrivée en République centrafricaine (RCA) en 2017, le groupe paramilitaire russe Wagner n’a cessé d’étendre son emprise sur les secteurs économiques stratégiques du pays, sous prétexte d’un accord de coopération militaire. Si sa présence est officiellement justifiée par des opérations de sécurisation et de formation militaire, elle s’accompagne en réalité d’un vaste système d’exploitation opaque des ressources naturelles du pays, au profit de la Russie.
Le modèle mis en place repose sur une forme de troc sécuritaire : en échange de la protection rapprochée du président Faustin-Archange Touadéra, de l’encadrement de l’armée nationale (les FACA) et de la conduite d’opérations militaires, Wagner s’est vu accorder des droits d’exploitation sur plusieurs sites miniers, forestiers et agricoles. Cette logique de concessions discrétionnaires permet au groupe russe – désormais relayé par l’« Africa Corps », affilié au ministère russe de la Défense – de contrôler des pans entiers de l’économie centrafricaine en toute opacité.
Parmi les cas les plus emblématiques, la mine d’or de Ndassima, exploitée par Lobaye Invest, une société écran liée à Wagner, symbolise cette mainmise sur les ressources stratégiques. À cela s’ajoute la présence croissante des Russes dans les zones diamantifères de l’est du pays, notamment dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto. Dans ces régions, les populations locales sont fréquemment déplacées de force, les villages incendiés ou vidés de leurs habitants pour sécuriser les sites convoités.
Les témoignages recueillis dans plusieurs enquêtes, notamment par The Sentry et Crisis Group, révèlent un usage systématique de sociétés de façade, souvent enregistrées au nom de proches du pouvoir ou de ressortissants russes, pour masquer les liens avec Wagner et éviter tout contrôle extérieur. En parallèle, les élites de Bangui se retrouvent prises dans un système de dépendance : leur loyauté politique est rétribuée par une part des revenus extraits, renforçant ainsi un régime autoritaire et clientéliste.
Une économie de guerre : le financement occulte des ambitions russes via la RCA
Plusieurs enquêtes, dont celle de The Sentry, suggèrent que l’or extrait par des sociétés affiliées à Wagner en Centrafrique pourrait être acheminé hors du pays via des circuits opaques, potentiellement à destination de pays comme le Soudan ou les Émirats arabes unis. Ces exportations s’effectueraient en dehors de tout cadre officiel, échappant à la traçabilité des institutions financières et fiscales centrafricaines. Le recours à des sociétés écrans et à des intermédiaires étrangers, comme Lobaye Invest, rend pratiquement impossible toute supervision par les autorités locales.
Sur le terrain, cette économie de guerre se traduit par une recrudescence des violences contre les civils. En décembre 2021, l’attaque du village de Boyo dans la préfecture de la Ouaka, orchestrée avec la participation de forces associées à Wagner, a entraîné la mort d’au moins vingt personnes, le viol de cinq femmes, le déplacement de milliers d’habitants et la destruction de plus de 500 habitations. À Mboki et Koumboli, des évictions massives ont également été documentées, avec pour objectif non dissimulé de sécuriser des zones minières. Ces exactions s’accompagnent de recrutements forcés de jeunes Centrafricains pour surveiller ou exploiter les sites contrôlés par les Russes. Certains de ces jeunes, surnommés les « Russes noirs », auraient même été envoyés en Ukraine, selon des enquêtes relayées par Deutsche Welle, avant de disparaître sans laisser de traces. L’émergence de l’Africa Corps, qui remplace progressivement Wagner, ne fait qu’officialiser la mainmise militaire du Kremlin sur les opérations africaines. Ce nouveau groupe paramilitaire est directement piloté par le ministère russe de la Défense et semble destiné à pérenniser le modèle d’exploitation extractive militarisée initié par Wagner. À terme, cette stratégie renforce l’autoritarisme du régime de Bangui, isole le pays de la communauté internationale et détourne des ressources cruciales du développement national vers une logique de prédation et de guerre.
Nouvel accident de moto sur l’avenue des Martyrs : quatre blessés graves
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/02/accident-circulation-trois-motos-et-un-vehicule-quartier-gobongo-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/02/accident-circulation-trois-motos-et-un-vehicule-quartier-gobongo-bangui-450×270.jpg” alt=”Nouvel accident de moto sur l’avenue des Martyrs : quatre blessés graves” width=”450″ height=”270″ />Image d’illustration d’un accident de circulation impliquant 3 motos à Bangui. CopyrightCNC
Quatre personnes ont été blessées dans une collision entre deux motos, samedi après-midi sur l’avenue des Martyrs à Bangui.
Un nouvel accident violent, comme ça se passe chaque jour dans le pays, a eu lieu samedi 16 août vers 16 heures sur l’avenue des Martyrs, près de la tribune non loin de la télévision nationale, faisant quatre blessés graves.
Selon des témoins, deux motocyclistes se sont percutés violemment dans des circonstances encore floues. L’avenue étant large et à double sens, il est improbable qu’ils se soient croisés de face. L’une des hypothèses est qu’un conducteur sortait du quartier des 200 Villas pour rejoindre l’avenue, entrant ainsi en collision avec l’autre moto.
Le choc a été particulièrement violent. Les deux motos sont complètement détruites et ne peuvent plus rouler. Au moment de l’accident, les quatre blessés sont restés au sol plusieurs minutes avant d’être secourus.
Bien que l’hôpital communautaire se trouve à environ trois cents mètres du lieu de l’accident, les blessés ont dû être transportés par des véhicules stoppé sur la route, faute d’ambulance disponible rapidement.
Cet accident souligne la dangerosité croissante de la circulation à Bangui. Les motos, tout comme les véhicules légers ou lourds, circulent sans contrôle, dans un environnement dépourvu de panneaux de signalisation, de feux tricolores et de règles appliquées. Chaque déplacement devient un risque mortel, car même les conducteurs les plus prudents sont exposés aux imprudences des autres. Dans un tel contexte, la responsabilité des autorités est engagée : combien d’accidents faudra-t-il encore avant qu’un véritable plan de sécurité routière soit mis en place ?
Pour l’instant, l’état de santé des quatre blessés n’a pas été communiqué. L’enquête sur les causes exactes de l’accident se poursuit.
Touadéra foule aux pieds les couleurs nationales et piétine la mémoire de Boganda dans un acte hautement criminel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/tapsi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/tapsi-301×450.jpg” alt=”Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national” width=”301″ height=”450″ />Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national
Le 13 août, jour où la République centrafricaine célèbre son indépendance, le président Faustin-Archange Touadéra a défilé sur un tapis rouge bordé, à gauche et à droite, par les quatre bandes de couleurs du drapeau national : bleu, blanc, vert et jaune.
Ces bandes, disposées dans l’ordre exact du drapeau officiel, formaient une frange continue le long du tapis, là où les pieds des invités officiels et du chef de l’État se posaient à chaque pas. Aux côtés de son épouse et des autorités présentes, le président a avancé droit devant lui, foulant ces couleurs comme si elles n’avaient aucune valeur particulière. Il n’a pas choisi de quitter ce tapis de la honte ,mais par contre il a choisi de fouler au pieds cet emblème national. Il a accepté, en pleine cérémonie, et en tout état de cause, que l’emblème du pays soit placé sous ses pieds. Ce geste, en plus d’être choquant, trouve un écho direct dans les textes officiels qui encadrent l’usage du drapeau et impose un respect absolu.
La loi n° 60.311 du 12 décembre 1960, qui définit le drapeau centrafricain, précise que cet emblème est un symbole de l’État et qu’il doit être respecté en toutes circonstances. Le Code pénal prévoit des sanctions contre toute action qui rabaisse sa dignité ou qui l’expose à un usage dégradant. Dans ce cas précis, même si la bordure ne comportait pas l’étoile jaune ni la bande rouge verticale, elle reproduisait fidèlement la séquence de couleurs et leur position relative. Selon l’esprit de la loi, il s’agit d’un usage qui entre dans le champ des protections prévues pour le drapeau. Mettre ces couleurs sur une surface destinée à être piétinée va directement à l’encontre de l’obligation de respect. Ce manquement devient encore plus grave lorsqu’on se rappelle que les règles protocolaire, en RCA comme ailleurs, interdisent strictement de placer un drapeau ou ses couleurs au sol pour être foulés aux pieds.
Ces usages officiels exigent que les symboles soient visibles, propres, en hauteur ou présentés de manière à ne pas subir d’atteinte physique. Dès qu’un responsable ou un citoyen, y compris le Président de la République, voit les couleurs nationales posées au sol, il devrait éviter de marcher dessus. Le 13 août, le chef de l’État et son épouse avaient la possibilité de quitter ce tapis maudit, ce tapis de la honte, ce tapis des mafieux ou de faire retirer ces bordures avant la cérémonie. Ne pas l’avoir fait revient à ignorer volontairement la portée symbolique du geste. Le jour de l’indépendance n’est pas une journée ordinaire ; c’est un moment où chaque attitude a un sens et peut envoyer un signal fort au peuple.
En foulant les couleurs nationales ce jour-là, devant la population et les caméras, le président Faustin-Archange Touadera a transmis l’image d’un pouvoir qui ne considère pas l’emblème du pays comme intouchable. Les couleurs étaient bien visibles, et le choix de marcher dessus n’a pas été corrigé ni au départ, ni en cours de route. Ce comportement donne le sentiment qu’on peut disposer de l’image nationale comme d’un simple accessoire de décor. Pourtant, le drapeau centrafricain est né de l’histoire, des luttes et des sacrifices qui ont permis l’indépendance. Chaque couleur a un sens précis, lié à l’unité, à la paix, à l’espérance et au sang versé pour la liberté.
Marcher dessus, c’est symboliquement marcher sur l’héritage de Barthélemy Boganda et de tous ceux qui ont bâti la nation. C’est abaisser, aux yeux de tous, la valeur de l’indépendance et l’idée même de République. En agissant ainsi, le chef de l’État prend la responsabilité d’un geste qui contredit la loi, les règles protocolaire et le respect dû au symbole national. Il ne s’agit pas seulement d’un détail de cérémonie, mais d’un acte qui traduit une manière de gouverner : traiter les symboles du pays comme des objets de décor, banaliser leur profanation et placer l’image personnelle et la mise en scène avant le respect de l’emblème national. Le président et son entourage avaient le devoir de protéger l’intégrité visuelle et symbolique du drapeau, mais le 13 août, ils ont choisi de l’exposer au piétinement.
De l’île des Singes à l’aéroport du PK-28 en passant par éco-cité et d’un cimetière moderne : les Centrafricains épuisés par la spirale des promesses fallacieuses de Touadera
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1-300×259.jpg” alt=”RCA : De l’île des Singes à l’aéroport du PK-28 en passant par éco-cité et d’un cimetière moderne : les Centrafricains épuisés par la spirale des promesses fallacieuses de Touadera” width=”300″ height=”259″ />Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
Cinq années d’annonces grandioses du Président Faustin Archange Touadera sans la moindre réalisation tangible pour les centrafricains.
En 2021, Jean-Pascal Binda Koyagbélé, conseiller spécial du président Touadéra, engage le gouvernement sur 5 000 forages à travers le pays. Mais 4 ans plus tard, aucun n’a vu le jour. Comme si cela ne leur suffisait pas, l’année suivante, en 2022, il présente un projet bancaire ambitieux dans le pays : Tourougou Banque, Masséka Banque, Wali Banque, Ogawa Banque, Banque agricole et Banque des godobé. Ces institutions devaient s’implanter à Bangui et dans les ville de provinces : de Bamingui-Bangoran à Mambéré-Kadéi en passant par l’Ouham-Pendé pour arriver à Sanga-Mbaéré. Résultat? Zero!
Au cours de la même année, le même homme dévoile une présentation détaillée d’une cité technologique sur l’île des Singes. Cette “Silicon Valley centrafricaine” comprenait gratte-ciels, véhicules autonomes, complexes hôteliers haut de gamme et centres technologiques de pointe. Le projet n’a jamais quitté les écrans de projection de son auteur.
En mai 2025, à l’approche des échéances électorales du décembre, deux nouvelles annonces font surface d’une manière spectaculaire. Le président Touadéra s’engage sur la construction d’un aéroport international moderne sur la route de Boali. Une fois de plus, c’est de la mythomanie politique. Parallèlement, le ministre de l’Hydraulique ressort le projet de 5 000 forages abandonné quatre ans plus tôt. Sans plus de succès.
Le 18 juillet 2025, Haroune Djolimara, chargé de mission du projet, annonce sur les ondes de la radio Ndékè Luka la création d’une éco-cité et d’un cimetière moderne de 400 hectares au PK-26. Il affirme que 25 hectares ont été dégagés et qu’une voie d’accès a été tracée. Aucun document officiel ne confirme ces avancées. Aucun budget n’a été rendu public.
Le bilan parle de lui-même. Depuis 2021, six projets d’envergure ont été présentés en grande pompe par les autorités centrafricaines. Aucun n’a abouti. Les 5 000 forages promis deux fois restent inexistants. Les banques nationales n’ont jamais ouvert leurs portes. L’île des Singes continue d’accueillir ses seuls habitants naturels. L’aéroport du PK-28 demeure virtuel. L’éco-cité du PK-26 n’existe que dans les déclarations radiophoniques.
Cette accumulation de promesses non tenues use la confiance des Centrafricains. Chaque nouvelle annonce s’ajoute à une liste déjà longue de projets fantômes. Les citoyens assistent, impuissants, à ce défilé d’engagements qui ne débouchent sur aucune amélioration concrète de leurs conditions de vie.
La répétition de ce schéma interroge sur la crédibilité de l’action gouvernementale. Entre communication politique et réalisations effectives, l’écart ne cesse de se creuser. Les Centrafricains attendent toujours que leurs dirigeants transforment les mots en actes….
La crise de carburant en Centrafrique s’aggrave tandis que le porte-parole Maxime Balalou change d’explication chaque semaine sans aucune cohérence.
La crise de carburant en Centrafrique ne faiblit pas. Au lieu d’apporter des réponses claires, le gouvernement tente de gagner du temps avec des déclarations floues et changeantes. Le 4 août 2025, Maxime Balalou, ancien détenu devenu porte-parole du gouvernement, affirmait qu’il n’y avait aucune rupture de stock. Selon lui, les longues files d’attente résultent de difficultés « organisationnelles ». Une semaine plus tôt, il parlait encore d’une crise mondiale et des effets de la guerre en Ukraine. Cette instabilité dans le discours officiel révèle une gestion désordonnée d’une crise de carburant qui pénalise des milliers de Centrafricains.
Face aux journalistes, Balalou nie d’abord tout problème d’approvisionnement. « Ce n’est pas un problème de rupture de stock », dit-il, sans avancer le moindre chiffre. Puis il parle de camions bloqués au dépôt et évoque la SOCAPS, sans expliquer clairement les raisons de ce blocage. Il promet ensuite de consulter d’autres services pour « donner un détail pour que l’opinion puisse savoir qu’il n’y a pas de souci », comme si ce souci n’était pas déjà visible partout dans le pays. Ce qui frappe le plus, c’est ce changement de discours d’une semaine à l’autre. Lors de son point de presse du 28 juillet, Balalou parlait encore de la crise de carburant comme conséquence de « tensions internationales » et de la guerre en Ukraine. Il cherchait alors à inscrire la pénurie centrafricaine dans un contexte global. Cette fois, sans revenir sur ses propos précédents, il propose une explication strictement logistique. Aucune reconnaissance de contradiction, aucune clarification. Simplement un nouveau discours, livré avec la même désinvolture.
Ce va-et-vient verbal témoigne d’une communication mal maîtrisée. L’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, censé incarner la parole officielle du gouvernement, donne l’impression d’improviser à chaque apparition publique. Ses réponses manquent de consistance, de données vérifiables, de perspectives concrètes. Les citoyens, eux, attendent des faits, pas des hypothèses. La crise de carburant en Centrafrique, annoncée comme résolue depuis la réception de 30 000 tonnes de gasoil russe en janvier 2025, continue pourtant d’asphyxier l’économie. À Bangui, à Berberati ou à Bambari, les stations-service sont toujours à sec ou rationnent. Aucun rapport n’a été publié sur la répartition ou l’utilisation de ces stocks. Aucun chiffre clair n’a été communiqué. Là encore, Maxime Balalou reste silencieux.
Cette légèreté dans la gestion de la communication officielle pose un problème de fond. Le manque de rigueur dans les explications, l’absence de suivi dans les annonces, la mauvaise foi parfois évidente dans les réponses alimentent la méfiance des citoyens. L’image du gouvernement en sort affaiblie. Et la crise de carburant, loin d’être contenue, continue de perturber tous les secteurs : transports, alimentation, santé, commerce. Dans ce contexte, le rôle du porte-parole devient essentiel. Encore faut-il qu’il ait le niveau, les informations et la capacité de répondre avec sérieux. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Maxime Balalou, ancien prisonnier nommé à un poste stratégique, enchaîne les déclarations sans cohérence, comme s’il découvrait chaque semaine la situation. Son attitude laisse transparaître une déconnexion inquiétante avec la réalité vécue par les Centrafricains.
En refusant d’assumer la gravité de la crise de carburant, en changeant de version sans explication, le gouvernement donne le sentiment qu’il ne sait plus comment répondre. Il étale son désordre interne, son manque de coordination, et son incapacité à affronter une pénurie aussi visible que persistante. Cette manière de faire ne résout rien. Elle aggrave le malaise. Elle entretient le flou. Et elle éloigne encore davantage les dirigeants de ceux qu’ils prétendent servir.
Une employée des chinois a échappé à une agression sexuelle collective grâce à l’intervention des militaires de forces armées centrafricaines (FACA).
L’affaire débute le 14 août en soirée à Zawa. Une jeune femme travaillant pour les chinois exploitant le gisement aurifère dans la localité de Foussa, vers la ville de Zawa, située à 245 kilomètres de Bangui, dans l’Ombella-Mpoko. La jeune fille, restant chez elle, a reçu un appel d’urgence de son supérieur hiérarchique. Ce dernier lui demande de se rendre immédiatement à la base, prétextant une situation d’urgence nécessitant sa présence.
Confiante, l’employée se rend sur les lieux sans méfiance. Arrivée à destination, elle découvre que l’urgence était fictive. Son supérieur tente alors de la contraindre à des rapports sexuels. Mais la situation dégénère rapidement : trois autres ressortissants chinois surgissent et exigent eux aussi d’abuser de la jeune femme. En tout, quatre chinois pour une seule fille. Et c’est trop pour elle.
Face à cette menace collective, la victime commence à se paniquer. Elle pousse fortement des cris de détresse qui a alerté immédiatement les soldats centrafricains détachés pour la sécurité des installation aurifère chinoise. Ces derniers interviennent sans délai et mettent la jeune fille en sécurité. Révoltés par la gravité des faits, les militaires s’apprêtent alors à chicotter et tabasser correctement les agresseurs chinois.
C’est à ce moment que le responsable chinois du site intervient fermement. Il explique aux soldats de ne pas toucher à ses compatriotes, les conseillant: “Si vous les frappez, Bangui va mal interpréter la situation et vous serez accusés à tort. Laissez-nous régler cela entre nous, nous trouverons une solution et Bangui va ensuite être informé de la situation.”
Contraints de céder face au conseil de ce chinois, les militaires relâchent les suspects. Le dirigeant chinois promet de traiter l’affaire en interne.
Plusieurs jours ont passé depuis ces promesses. Aucune mesure disciplinaire n’a été prise, ni par les chinois, ni par Bangui, contre les agresseurs, qui continuent de travailler normalement sur le site, alimentant l’indignation des populations de Zawa.
L’accord de paix signé le 19 avril 2025 entre Bangui et les groupes armés divise profondément. Le porte-parole du GTSC, Paul-Crescent Beninga, monte au créneau et dénonce cet accord.
En République centrafricaine, l’accord de paix signé le 19 avril 2025 à Ndjamena entre le gouvernement et les groupes armés UPC et 3R, sous l’égide du Tchad, provoque une controverse majeure. Paul-Crescent Beninga, enseignant-chercheur à l’Université de Bangui et porte-parole du groupe de travail de la société civile GTSC, a exprimé, le samedi 12 juillet dernier, lors de l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka des réserves profondes sur cet accord qu’il considère comme un compromis électoraliste compromettant la quête d’une paix durable.
Paul-Crescent Beninga dénonce avec vigueur la vision électoraliste du gouvernement dans la signature de cet accord. Selon lui, l’accord du 19 avril 2025, signé à quelques mois des élections, vise principalement à apaiser les groupes armés pour garantir un climat sécuritaire favorable au scrutin, plutôt que de s’inscrire dans une stratégie de réconciliation nationale. Paul-Crescent Beninga rappelle que cette approche n’est pas nouvelle : en 2019, à l’approche des élections, le gouvernement avait accéléré l’accord politique pour la paix et la réconciliation, espérant des conditions similaires.
L’universitaire souligne que cet accord avait échoué, les signataires, dont Ali Darassa de l’UPC et Sidiki puis Bobo du 3R, ayant rejoint la Coalition des Patriotes pour le Changement en 2020, dénonçant ainsi l’APPR. Paul-Crescent Beninga met en garde contre cette répétition d’accords électoralistes qui risque de voir les hostilités reprendre après les élections, comme ce fut le cas en 2020, remettant en question l’engagement du gouvernement pour une paix durable.
Paul-Crescent Beninga critique également le manque de transparence entourant le contenu de l’accord. Il déplore que, comme à l’accoutumée, le gouvernement n’ait pas rendu public les détails de cet engagement, ce qui, selon lui, jette un discrédit sur l’initiative. Cette opacité empêche les Centrafricains de comprendre les véritables intentions du gouvernement et les concessions faites aux groupes armés. Cette critique met en avant une gestion chaotique des négociations par le gouvernement, que Paul-Crescent Beninga qualifie de “cacophonie” et de “désordre bien organisé”, pointant l’incohérence entre cet accord et les initiatives précédentes comme la feuille de route de Luanda ou l’APPR.
Un des points les plus tranchants de la critique de Paul-Crescent Beninga concerne l’impunité accordée aux leaders des groupes armés, notamment Ali Darassa et Bobo, qu’il qualifie de “mercenaires étrangers” et de “bourreaux”. Beninga dénonce l’accueil en grande pompe de ces figures par des membres du gouvernement, y compris le ministre de la Communication et celui de la Défense, alors que ces leaders sont responsables de massacres à Alindao, Kaga-Bandoro, Lemouna, et Bambari. Il fustige le silence du gouvernement sur les victimes de ces crimes, soulignant que “personne n’est heureux de voir ces bourreaux sur le tapis rouge alors que leur place est en prison”.
Paul-Crescent Beninga critique également la protection accordée à des figures comme Hassan Bouba, membre du gouvernement, qui bénéficie d’une immunité malgré des accusations de crimes graves, exposant une justice à deux vitesses qui privilégie les anciens de la Séléka aux dépens des Anti-Balaka.
Paul-Crescent Beninga pointe une violation potentielle de la Constitution centrafricaine du 30 août 2023, en particulier l’article 183, qui interdit aux membres de groupes armés d’occuper des postes publics, notamment des fonctions civiles et militaires. Selon Beninga, l’engagement du gouvernement, confirmé par le porte-parole tchadien Gassim Sherif Mahmat, d’intégrer les ex-rebelles dans l’armée et la gestion de l’État, contrevient directement à cette disposition. Beninga met en garde contre cette pratique qui pourrait permettre à des figures comme Ali Darassa et Bobo, qu’il considère comme des étrangers, de contrôler le pays à long terme, au détriment de la souveraineté centrafricaine. Il déclare : “Si nous ne faisons pas attention, ces étrangers vont commander notre pays pendant 50 ans“.
Paul-Crescent Beninga dénonce la tendance du gouvernement à récompenser les leaders armés par des postes de pouvoir, envoyant un message dangereux à la jeunesse centrafricaine. Selon lui, “la violence est devenue un moyen d’accès à l’arène politique”, ce qui encourage les jeunes à recourir aux armes pour obtenir une reconnaissance. Beninga critique le gouvernement pour dialoguer avec des groupes armés comme l’UPC et le 3R, tout en marginalisant l’opposition démocratique, comme le BRDC, qu’il accuse d’assimiler à la rébellion. Cette approche, selon Paul-Crescent Beninga, compromet la cohésion sociale et favorise un climat d’instabilité.
Les critiques de Paul-Crescent Beninga exposent un gouvernement centrafricain qui, sous prétexte de rechercher la paix, semble privilégier des compromis politiques à court terme au détriment de la justice, de la transparence et de la souveraineté nationale. En signant un accord opaque avec des leaders rebelles controversés, le gouvernement risque, selon Beninga, de perpétuer un cycle de violence et d’impunité, tout en envoyant un signal inquiétant à la population. Comme l’a souligné Paul-Crescent Beninga, il est temps de donner la parole aux victimes et de s’interroger sur la véritable vision du gouvernement pour la réconciliation nationale….
Centrafrique : où sont passées les quittances sécurisées promises par le gouvernement ? Pourquoi les forces de l’ordre n’en utilisent toujours pas ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Un-moto-taximan-a-Bangui-devant-un-vehicule-de-la-gendarmerie-et-pret-a-depasser-un-policier-au-controle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un moto taximan à Bangui devant un véhicule de la gendarmerie et prêt à dépasser un policier au contrôle
L’État impose les quittances sécurisées, mais les forces de l’ordre continuent d’utiliser des reçus non officiels.
Alors que l’État impose la quittance sécurisée dans tous les services publics, policiers et gendarmes continuent d’utiliser des reçus non officiels.
Le gouvernement centrafricain a fait de la « quittance du Trésor sécurisée » un symbole de bonne gouvernance et de transparence. Le ministre des Finances a lui-même insisté sur son usage obligatoire dans tous les services publics, affirmant que tout paiement effectué à l’État devait être accompagné d’un reçu officiel, codifié et infalsifiable. À l’hôpital, par exemple, pour obtenir une consultation ou un acte médical, il faut désormais passer par la caisse, payer les frais prescrits et recevoir une quittance imprimée, portant les sceaux du Trésor public. Idem pour l’établissement d’un passeport, d’un casier judiciaire ou pour des services notariaux : la banque perçoit les frais et délivre en retour une quittance sécurisée, numérotée, contrôlable.
Mais cette exigence disparaît dès qu’il s’agit des forces de sécurité. Lors d’un contrôle routier, en cas d’infraction, policiers et gendarmes sont censés présenter une quittance sécurisée au propriétaire du taxi, de la moto ou du véhicule intercepté. Or, dans la quasi-totalité des cas, les quittances présentées sont fausses. Elles ne sont même pas sécurisées. Elles sont remplies manuellement, souvent sans aucune traçabilité.
À titre d’exemple, le 6 août 2025 à Bangui, devant la banque BSIC située non loin du marché central, des policiers ont saisi plusieurs motos. Certaines ont été libérées après le versement d’un billet de 500 ou 1 000 francs CFA. Dans d’autres cas, une quittance a été remise. Mais là encore, aucun reçu sécurisé : un papier tapé à la machine, rempli à la main, avec le montant de 15 000 francs inscrit sans cachet ni numéro d’ordre.
Le problème est que ces quittances sont manuscrites, sans aucune caractéristique de sécurisation. Elles sont remplies à la main, avec des montants souvent fixés à 15 000 francs CFA. Ce jour-là, même des militaires à moto ont été pris dans la nasse. Une vive altercation a opposé policiers et soldats, chacun défendant sa position. En guise d’apaisement, les policiers ont finalement proposé de délivrer des quittances contre paiement. Là encore, aucune trace de quittance du Trésor : les reçus sont griffonnés sur du papier ordinaire.
Ce constat n’a rien de nouveau. Sur toutes les routes du pays, à chaque barrage tenu par les forces de sécurité, les mêmes pratiques sont signalées. À Gadzi, à Zawa, au croisement de Gbom, à la sortie de Boali ou sur la route de Damara, les conducteurs de véhicules de transport ou de simples motos sont confrontés à un système parallèle. Des montants sont exigés pour des « infractions » parfois imaginaires, et en échange, des quittances non sécurisées sont délivrées – si un reçu est proposé. Sinon, l’argent est simplement empoché.
Des fonctionnaires des régies financières confirment que seuls certains services disposent de carnets officiels de quittances sécurisées, préalablement enregistrés et numérotés. Les services hospitaliers, les greffes des tribunaux, les services de migration sont fournis et contrôlés. Mais les forces de sécurité ? Rien ne permet aujourd’hui d’attester que les gendarmes ou les policiers engagés dans ces contrôles détiennent une autorisation formelle de perception d’amendes, encore moins les outils de traçabilité exigés par les règles de la comptabilité publique.
Alors, qui contrôle les flux financiers collectés sur les routes ? Qui imprime ces quittances manuscrites sans cachet ? S’agit-il d’une défaillance administrative ou d’un système structuré de détournement ? Pourquoi le ministère des Finances ne fournit-il pas aux forces de l’ordre les mêmes quittances sécurisées imposées aux hôpitaux, aux préfectures ou aux ambassades ? Sont-ils exclus du système ou entretiennent-ils sciemment un réseau opaque de collecte parallèle ?
Face à ces interrogations, la question est posée :
Est-ce une dérogation institutionnelle, un vide juridique… ou une mafia organisée ?
Ange-Maxime Kazagui, l’insécurité juridique de notre pays est avant tout Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-mercenaires-russes-wagner-mali.png” data-wpel-link=”internal”>Les Mercenaires russes du groupe Wagner . CopyrightDR
L’ancien ministre Ange-Maxime Kazagui livre un discours rassurant qui semble ignorer la réalité économique et juridique centrafricaine.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ange-Maxime Kazagui, président de CARA Investissement et ancien ministre, tente de rassurer les investisseurs potentiels sur l’amélioration du climat des affaires en République centrafricaine. Ses récentes déclarations promettent un forum en octobre pour répondre aux inquiétudes concernant l’insécurité juridique. Cette communication lénifiante contraste violemment avec la réalité vécue par les entrepreneurs en République centrafricaine.
L’ancien membre du gouvernement reconnaît que l’insécurité juridique “revient dans toutes les discussions” avec les investisseurs, mais prétend que des progrès sont en cours. Cette position relève de la désinformation pure. Les faits démontrent une dégradation continue du climat des affaires, aggravée par l’influence croissante du groupe Wagner sur l’économie nationale.
L’exemple de deux Franco-Algériens venus investir dans le secteur minier centrafricain, ça démontre clairement cette dérive. Arrêtés puis expulsés, ils ont vu plus de 500 millions de francs CFA confisqués sans procédure légale. À Bangui, un entrepreneur malien dénommé Traoré purge actuellement une peine de dix ans à Ngaragba pour avoir refusé de céder aux exigences illégales d’un magistrat.
Ange-Maxime Kazagui invite les investisseurs à venir “au bon moment”, évoquant les opportunités du contexte post-conflit. Il dissimule soigneusement que ce moment coïncide avec un verrouillage total des secteurs stratégiques par Wagner. Le groupe russe ne se contente pas d’occuper l’espace militaire : il filtre les partenariats économiques, influence les décisions judiciaires et considère tout nouvel arrivant comme une menace potentielle.
Cette mainmise étrangère transforme chaque projet d’investissement en parcours du combattant. Même les contingents rwandais alliés sont perçus comme des espions par les Russes. Dans ce contexte, aucune indépendance économique réelle n’est envisageable.
Le système judiciaire centrafricain fonctionne selon des règles opaques où l’équité cède la place au chantage institutionnalisé. Les décisions obéissent à des logiques politiques, les biens peuvent être confisqués sans recours, et la justice sert d’instrument de pression. Aucune réforme structurelle n’a été entreprise pour corriger ces dérives.
Le forum d’octobre annoncé par Kazagui risque de n’être qu’une opération de façade. Sans changement fondamental du système judiciaire, sans garanties réelles pour les investisseurs, l’exercice ressemble à une vitrine destinée à entretenir l’illusion. Les entrepreneurs avisés distinguent les promesses creuses des réalités terrain.
La position de Kazagui s’explique par sa volonté de préserver ses relations avec le pouvoir en place. En tant qu’ancien ministre, il connaît parfaitement les rouages du système et les obstacles réels aux investissements. Son discours lénifiant trahit une stratégie de communication destinée à maintenir son positionnement personnel plutôt qu’à informer objectivement les investisseurs.
L’insécurité juridique en Centrafrique n’est pas un accident post-conflit mais un système entretenu qui profite à certains acteurs. Les entrepreneurs internationaux l’ont compris : ils ne craignent pas une mauvaise image mais un environnement qui ne protège ni leurs biens ni leurs droits. Tant que des personnalités comme Kazagui continueront de masquer cette réalité derrière des discours apaisants, l’économie centrafricaine restera prisonnière d’un système qui décourage l’initiative et punit l’entreprise.
Léopold Bara condamne le geste de Touadéra ayant foulé le drapeau national et exhorte les FACA à préserver l’honneur militaire.
Léopold Bara, ancien ministre, a adressé un message direct aux Forces armées centrafricaines (FACA), rappelant leur serment de défendre la patrie au péril de leur vie. Selon lui, cet engagement implique le respect absolu des symboles de la République, notamment le drapeau quincolore.
Léopold Bara affirme que le 13 août 2025, en présence des FACA, Faustin-Archange Touadéra a foulé au pied le drapeau national, le transformant en marchepied. Un geste qu’il considère comme une humiliation publique et une atteinte grave à l’honneur de l’armée, symbole pour lequel de nombreux soldats sont tombés.
L’ancien ministre insiste sur l’importance du drapeau comme premier symbole national et estime qu’aucun militaire digne de ce nom ne peut accepter un tel affront, qu’il provienne ou non du chef de l’État. Il déplore le silence et l’inaction de l’armée face à ce qu’il décrit comme un comportement répréhensible.
Léopold Bara s’interroge sur la capacité actuelle des forces armées à protéger les valeurs de la République et à défendre les symboles nationaux, comme elles l’ont fait par le passé. Il appelle les militaires à ne pas décevoir la confiance que le peuple place en eux.
Dans son appel, il exhorte les FACA à sauver la Centrafrique de ce qu’il qualifie de forfaiture, et à préserver la dignité nationale. Son message se conclut par une invitation à l’unité et à la résistance : « Avec audace, nous vaincrons ».
des hommages vibrants à Karl Blague, militant de la démocratie disparu
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/karl-blague.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/karl-blague-450×417.jpg” alt=”Karl Blague, ancien Coordinateur du G-16, décédé le 15 août 2025 à Bangui” width=”450″ height=”417″ />Karl Blagué, ancien Coordinateur du G-16, décédé le 15 août 2025 à Bangui
Dominique Désiré Erenon et Crépin Mboli-Goumba saluent la mémoire de Karl Blague, figure du G16, symbole d’engagement et de courage politique.
La disparition de Karl Blague à Bangui a provoqué une vague d’émotion. Deux responsables politiques, Dominique Désiré Erenon et Me Crépin Mboli-Goumba, lui ont rendu un hommage appuyé.
Le président de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), Dr Dominique Désiré Erenon, a exprimé sa douleur face à la perte de celui qu’il décrit comme « un digne fils de notre pays ». Dans son message, il rappelle que Karl Blague a consacré une partie de sa vie à défendre la démocratie, l’État de droit et le bien commun, notamment à travers son rôle actif au sein du G16.
« Merci Karl Blague pour ton courage, ta détermination et ton engagement. Tu es un modèle », écrit-il, insistant sur la valeur de son esprit critique, sa constance à remettre en cause le pouvoir en place et sa défense des plus vulnérables. Pour Erenon, l’héritage de Karl Blague est un appel à poursuivre la lutte pour un Centrafrique plus équitable.
Dans un ton empreint de gravité et de profondeur, Me Crépin Mboli-Goumba, président du parti PATRIE et coordinateur du BRDC, a lui aussi honoré la mémoire de monsieur Karl Blague, militant disparu.
« C’était l’un des nôtres, l’un des plus courageux. Il est tombé au champ d’honneur », écrit-il dans une déclaration émue. Rappelant le choix de Karl Blague de rentrer en Centrafrique malgré la possibilité de rester en exil, Mboli-Goumba souligne son sens du devoir et son refus de fuir le combat. Selon lui, son nom devra être gravé dans la mémoire collective, au sein d’un « mur des héros », à l’opposé de ceux promis au « mur du déshonneur éternel ».
Élargissant son hommage au-delà du cercle immédiat du G16, Mboli-Goumba associe Karl Blague aux figures de la résistance démocratique, citant les « 12 Apôtres », le Professeur Akandji-Kombé, Mbaikassi, Poussou ou encore le Professeur Guerekata. Pour lui, la disparition de Karl Blague doit renforcer la détermination des patriotes à ne pas baisser les bras.
« Karl, je suis fier de toi », conclut-il, appelant à un Centrafrique réconcilié, libéré de la haine et de la soumission.
Ces hommages, portés par deux voix majeures de la scène politique et citoyenne, témoignent de l’impact de Karl Blague sur la vie publique centrafricaine. Ils traduisent à la fois une profonde tristesse et un appel à poursuivre le combat qu’il incarnait. Au-delà de l’homme, c’est un symbole de courage et de fidélité aux idéaux démocratiques que la Centrafrique vient de perdre.
Le commissariat de police de Boda impose depuis un mois des taxes illégales sur les cartes d’identité, créant un système de corruption généralisé dans la ville.
En effet, le commissariat de Boda, dans la sous-préfecture de la Lobaye, s’enlise depuis quelques semaines dans une pratique de corruption qui indigne la population locale. Depuis quatre semaines, les forces de l’ordre ont mis en place un système de taxation illégale sur la délivrance des cartes nationales d’identité, reproduisant les dérives observées à Paoua, Zawa, Bocaranga et Dékoua.
La procédure normale voulait que les citoyens déposent leur dossier complet au commissariat, qui l’acheminait vers Bangui pour la confection des cartes avant leur retour à Boda pour distribution. Aujourd’hui, cette démarche administrative gratuite s’accompagne d’une taxe non officielle de 2000 francs CFA, exigée au moment de la remise du document.
Cette pratique prend une dimension discriminatoire particulièrement choquante du moment où les citoyens centrafricains de confession chrétienne doivent s’acquitter de 1000 ou 2000 francs CFA, tandis que ceux de la confession musulmane voient cette somme portée à 5000, parfois 10 000 francs. Seules des négociations permettent parfois de ramener le montant à 1000 ou 2000 francs, selon les capacités oratoires du demandeur.
L’ampleur de ce racket pousse des nombreux centrafricains à s’interroger sur le fonctionnement de cette institution. Comment des agents assermentés peuvent-ils transformer un service public en source de revenus personnels ? Ces 2000 francs CFA, somme dérisoire à l’échelle individuelle, représentent pourtant une charge considérable pour des familles aux revenus modestes.
Cette corruption assumée publiquement s’opère sans la moindre discrétion, témoignant d’une impunité qui s’enracine dans la durée. Les agents du commissariat de Boda agissent en toute connaissance de cause, sachant que leurs agissements ne feront l’objet d’aucune sanction immédiate de leur directeur général Bienvenu Zokoué.
La population exprime son incompréhension face à cette dérive d’une institution censée garantir l’ordre public. Ce dysfonctionnement s’ajoute aux autres défaillances du commissariat, alimentant la défiance des habitants envers les forces de l’ordre….
UN CALENDRIER ÉLECTORAL SANS UN CONSENSUS POLITIQUE PRÉALABLE PRÉSAGE D’UN LENDEMAIN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL INCERTAIN.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Bernard-Sleemby-Doudou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Bernard-Sleemby-Doudou-284×450.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : UN CALENDRIER ÉLECTORAL SANS UN CONSENSUS POLITIQUE PRÉALABLE PRÉSAGE D’UN LENDEMAIN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL INCERTAIN.” width=”284″ height=”450″ />Bernard Selemby Doudou, l’auteur de cet article . Photo courtoisie
Dans le contexte de fragilité sécuritaire de la République centrafricaine, le calendrier électoral relatif aux élections nationales et locales prévues au mois de décembre 2025 doit être réellement inclusif regroupant la vraie opposition démocratique, la société civile, la diaspora, les groupes armés, les syndicats, les confessions religieuses…
Cette démarche qui s’inscrit dans la logique de la démocratie pluraliste vise à maintenir un climat de confiance dans les institutions républicaines, à prévenir les éventuels conflits post-electoraux sans oublier la légitimité du processus électoral au regard des standards internationaux.
Dans les faits, il est de notoriété publique que l’organe constitutionnel et budgetivore chargé de la gestion des opérations électorales publie après moultes tergiversations, hésitations un chronogramme électoral totalement irréaliste au mépris des réalités du terrain.
Cet état de fait conforte les propos de l’expert indépendant de l’ONU Mr Yao Agbetse qui confirme dans son rapport devant le conseil de sécurité de l’ONU que l’Autorité Nationale des Élections depuis son installation n’a jamais géré une quelconque élection y compris le référendum constitutionnel évoquant au passage des éventuels obstacles opérationnels.
N’oublions pas que certaines dispositions du code electoral ont été volontairement suspendues d’effets pour conformer le processus électoral à la réglementation en vigueur alors que le code électoral prévoyait la disponibilité de la liste électorale une année calendaire avant la date effective du scrutin.
En déduction de ce qui précède, des inquiétudes, des doutes, des risques de crises politiques graves planent sur le pays et des bruits se font entendre dans les couloirs de la diplomatie internationale.
Effarouché par l’entêtement du pouvoir de Bangui a donné corps à son projet mortifere et crisogene de troisième mandat, le citoyen lambda s’interroge :
1- Après le dol politique pour non respect du serment passible de parjure et de trahison, la décision du président de la République de briguer un troisième mandat relève t-elle de la volonté de servir le peuple ou par peur de perdre le pouvoir ?
2- S’inscrivant dans la même logique, est-ce que le destin du président de la République prime sur la nation ?
3- Dans le contexte socio-politique actuel, peut-on organiser sereinement des élections libres, transparentes et équitables sans un dialogue politique réellement inclusif ?
4- Quand on crée un parti politique et qu’on aspire à diriger un pays, l’on suppose qu’il y a un projet de société et un programme de gouvernement.
Si le président a trop bien géré le pays et que la constitution ne lui permet plus de gouverner le pays parce que son mandat est épuisé, pourquoi ne pas choisir un dauphin pour continuer le travail ?
5- Doit-on comprendre que le projet de société est lié à la personne du président ?
En tout état de cause, il apparaît important de souligner que la nation toute entière doit se mobiliser pour préserver les acquis démocratiques car cette absence criarde de démocratie participative autour du processus électoral provoquera des contestations, de tensions, de violences, de rejets de résultats, l’affaiblissement des institutions républicaines et posera inévitablement un problème de légitimité préjudiciable devant les partenaires au développement.
Afin de sauver les meubles et peut être d’éviter une éventuelle transition politique qui se profile à l’horizon, l’idéal serait d’organiser un dialogue politique réellement inclusif même tardif sous l’aupice d’un médiateur international quitte à réaménager de manière consensuelle et dans un temps raisonnablement court le chronogramme électoral.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre toujours que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire qui de nos jours évite de pertes en vies humaines.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu tyran le caractère sacré du serment, de la parole politique donnée et le scrupuleux respect des textes établis.
Les chants des sirènes et le culte de personnalité ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial mais au contraire une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir car l’amour d’antan risque de se transformer en méchante haine…
Alors Monsieur le président, il faut savoir partir dignement du pouvoir car un troisième larron dénommé “maladie” s’est invité dans l’arène politique compliquant au passage votre situation déjà fragile et chaotique.
Abdiquer, renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere et crisogene de troisième mandat, choisissez-vous un dauphin politique avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu de capituler honteusement sous la pression populaire laissant derrière vous votre fauteuil présidentiel tant aimé.
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Monsieur le tyran, si vous semez de l’injustice en temps de paix, vous moissonnerez très certainement le désordre corollaire de troubles.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Karl Blagué s’est éteint vendredi à Bangui, laissant derrière lui un message qui résonne encore : “La lutte continue”.
En effet, le vendredi dernier, Karl Blagué parlait encore à la radio Ndèkè – Luka. Il débattait, argumentait, dénonçait comme il l’avait fait pendant des années. Puis soudain, à la fin de l’émission, le malaise. Quelques heures plus tard, à l’hôpital de Bangui, cette voix qui avait tant dérangé le pouvoir s’éteignait pour toujours.
Alain Nzilo, directeur de publication du CNC, a du mal à retenir son émotion en parlant de cet homme qui a tant lutter pour son pays. “Karl était un homme d’une droiture rare”, dit-il simplement. “Il s’est battu jusqu’au bout avec les seules armes de la parole et de la vérité“. Ces mots sonnent comme un testament dans un pays où tant d’autres ont choisi, soit rallier au pouvoir pour chercher à manger, soit les armes véritables.
Quelques heures avant sa mort, Karl Blagué avait lancé ce qui allait devenir son dernier message : “La lutte continue“. Il ne savait pas qu’il prononçait là ses derniers mots publics. Mais ces trois mots résument toute une vie de combat pour la dignité centrafricaine.
Pour Karl Blagué, l’histoire de son pays s’écrivait en deux chapitres douloureux. D’abord la colonisation française, dont la Centrafrique s’était libérée dans les années 1960. Puis cette nouvelle colonisation russe, voulu par le Président Touadera, qu’il jugeait encore plus criminel. “Nous sommes passés d’une tutelle à une autre”, répétait-il. “Mais cette fois, ils ne se cachent même plus“.
Cette analyse le révoltait. Lui qui avait grandi dans l’espoir d’une Centrafrique libre voyait son pays retomber sous une nouvelle colonisation d’un pays sous-développé. Les Mercenaires russes dans les rues du pays, les conseillers de Moscou à la présidence et dans les ministères, les richesses nationales qui partaient vers la Russie : tout cela le rendait malade.
Mais jamais Karl Blagué n’a pris les armes. Dans un pays habitué aux coups de force, il avait choisi une autre voie. Celle de l’enseignement d’abord. À l’université, il formait ses étudiants du département de sociologie avec passion. Il leur apprenait que les mots pouvaient être plus forts que les balles, que la vérité finirait toujours par triompher du mensonge.
Puis il y a eu la radio. Presque chaque semaine, Karl Blagué intervenait sur les ondes de la radio Ndèkè – Luka. Il parlait politique, démocratie, souveraineté. Il dérangeait, questionnait, bousculait. Ses interventions attiraient des milliers d’auditeurs qui reconnaissaient en lui une voix libre dans un paysage médiatique souvent muselé.
C’est justement dans ce studio de la radio Ndèkè – Luka qu’il aimait tant que la mort l’a rattrapé. Comme si le destin avait voulu qu’il s’éteigne là où il avait le mieux vécu : en parlant à son peuple.
Sa disparition laisse un vide immense dans le mouvement G16, ce groupe de la société civile qu’il animait avec d’autres. Mais surtout, elle prive la Centrafrique d’une voix qui n’avait peur de rien ni de personne.
“Karl nous répétait souvent que la lutte n’est pas faite pour une seule génération”, se souvient Alain Nzilo. “Il disait que nous devions préparer le terrain pour ceux qui viennent après nous“. Cette vision à long terme caractérisait l’homme. Il savait que les changements profonds prennent du temps, que la démocratie se construit pierre par pierre.
Pour lui, chaque citoyen avait un rôle à jouer dans cette construction. Il n’y avait pas de petits combats, pas de voix insignifiantes. “Même face aux menaces, il faut continuer à parler”, disait-il à ses proches. “Le silence, c’est la victoire des oppresseurs.”
Cette philosophie, appris de son père également Professeur, il l’a appliquée jusqu’au bout. Malgré les intimidations, malgré les pressions, Karl Blagué n’a jamais baissé le ton. Sa franchise dérangeait, son courage inspirait. Dans un contexte où beaucoup préféraient rallier pour plaire au pouvoir, il continuait à élever la voix.
“Il a montré qu’on pouvait résister sans violence”, insiste Alain Nzilo. “Qu’on pouvait tenir debout grâce à la franchise et au courage.” Cette leçon résonne particulièrement dans une Centrafrique habituée aux règlements de compte armés.
Karl Blagué n’avait ni fortune ni armée privée. Son seul pouvoir venait de la force de ses convictions et de sa capacité à les transmettre. Dans un pays bouleversé par tant de violences, il incarnait une autre manière de faire de la politique : par l’exemple, par la parole, par la persévérance.
Sa mort pose une question douloureuse : qui reprendra le flambeau ? Qui osera encore dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ? Le mouvement G16 survivra-t-il à la perte de l’une de ses figures les plus respectées ?
Ces interrogations hantent aujourd’hui ses proches. Mais ils savent aussi que Karl Blagué avait préparé sa succession. “Il formait des jeunes, il transmettait ses convictions”, explique un de ses anciens étudiants de l’université de Bangui. “Il nous a appris que chacun peut prendre sa part du combat.”
“La lutte continue”. Ces trois mots prononcés par Karl Blaguet quelques jours avant sa mort résonnent aujourd’hui comme un testament. Un message d’espoir adressé à tous ceux qui croient encore en une Centrafrique libre et souveraine.
Karl Blagué n’est plus là pour porter ce combat. Mais son exemple demeure. Dans ses salles de classe, sur les ondes de la radio, dans les cœurs de ceux qu’il a inspirés, sa voix continue de résonner. Et tant qu’elle résonnera, son combat ne sera pas perdu.
Martin Ziguelé : “Nous ne laisserons pas le MLPC être vendu pour de l’argent et du pouvoir”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-428×450.jpg” alt=”Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPC” width=”428″ height=”450″ />Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPCScreenshot
Le président du MLPC Martin Ziguelé mobilise ses militants contre les tentatives de déstabilisation internes.
Martin Ziguelé refuse de laisser son parti aux mains des opportunistes. Devant l’assemblée générale du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain, le député de Bocaranga 3, ville située à 532 kilomètres de Bangui, a livré un message sans équivoque face aux manœuvres internes qui menacent l’organisation.
“Nous ne laisserons pas le MLPC être vendu pour de l’argent et du pouvoir”, a martelé le président du parti historique fondé en 1969. Cette sortie vise directement les dissidents qui tentent, selon lui, de prendre le contrôle de la formation politique à des fins personnelles.
Le dirigeant politique dénonce des opérations de sape instrumentées par des éléments qu’il qualifie de traîtres aux idéaux du mouvement. Ces individus chercheraient à instrumentaliser l’organisation pour satisfaire leurs ambitions personnelles et accéder aux privilèges du pouvoir.
Martin Ziguelé rappelle les sacrifices consentis par les militants historiques du MLPC dans leur combat pour la démocratie et les institutions républicaines en Centrafrique. Il estime que les manœuvres actuelles constituent une trahison de cet héritage politique.
Le président Martin Ziguelé appelle les membres fidèles à serrer les rangs pour protéger l’intégrité du parti. Il assure que la direction légitime du MLPC résistera à toutes les pressions exercées par ceux qui veulent transformer l’organisation en monnaie d’échange politique.
Cette mobilisation intervient dans un moment de tensions internes qui pourraient redéfinir l’avenir de l’une des plus anciennes formations politiques du pays. Martin Ziguelé mise sur l’unité des militants authentiques pour préserver l’indépendance et les valeurs fondatrices du mouvement.
Des parjures et leurs conséquences : le serment trahi des Présidents centrafricains, par Elie Ouéifio
Centrafrique.org/troisieme-mandat-reelle-inquietude-parmi-les-conseillers-du-chef-de-letat/touadera-prete-serment-joli/” rel=”attachment wp-att-59173″ data-wpel-link=”internal”>Prestation de serment du Président Touadera le 30 mars 2021 à l’assemblée nationale à Bangui
Dans l’histoire des nations, le serment d’un dirigeant est bien plus qu’une formalité : il est un pacte sacré, un engagement solennel devant le peuple et souvent devant une autorité supérieure, divine ou morale, à servir avec justice et dévouement.
En République centrafricaine (RCA), ce rituel, censé incarner la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, s’est trop souvent transformé en une promesse creuse, un parjure qui résonne comme une trahison. Elie Oueifio, dans son ouvrage Quand la politique des mains tendues du président Touadéra soulève des interrogations et réflexions, dévoile cette dérive avec une clarté prophétique : « La fidélité aux termes de leurs serments ainsi que le respect scrupuleux des conseils des juges assortis des discours par lesquels ils reçoivent lesdits serments sont les véritables gages des gouvernances réussies à la satisfaction des peuples et à la gloire de Dieu ». Pourtant, loin de cette idéal, les dirigeants centrafricains ont souvent succombé aux « chants des sirènes », laissant derrière eux un sillage de crises et de désillusions.
Le serment : un engagement sacré détourné
Le serment prêté par un président centrafricain devant la Cour constitutionnelle n’est pas une simple cérémonie protocolaire. Il s’inscrit dans une tradition qui puise ses racines dans les principes divins et républicains, comme le rappelle Elie Oueifio en citant Ésaïe 33:22 : « L’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi ». Ce moment solennel engage le dirigeant à respecter la Constitution, à protéger l’intégrité du territoire, à garantir la paix et à défendre la dignité du peuple. C’est un contrat moral et politique, un fil d’Ariane censé guider l’action publique.
Pourtant, dès les premières décennies de l’indépendance, ce serment a été fragilisé par des pratiques qui en ont vidé la substance. Les coups d’État successifs, de Bokassa à Bozizé, ont souvent relégué la légitimité constitutionnelle au second plan, transformant le pouvoir en un trophée conquis rather than en une mission confiée. Elie Oueifio souligne que cette trahison ne commence pas toujours par un acte flagrant, mais par une écoute sélective : les dirigeants, sensibles aux flatteries des « manipulateurs et mafieux », s’éloignent des vérités qui dérangent. Le serment devient alors un outil de façade, une parole prononcée pour légitimer une prise de pouvoir, mais rarement honorée dans les faits.
Les manifestations du parjure : une gouvernance dévoyée
L’analyse d’Elie Oueifio met en évidence des exemples concrets où le serment des dirigeants centrafricains a été trahi, avec des conséquences palpables. L’un des cas les plus emblématiques est celui du président Faustin Archange Touadéra, dont la politique des « mains tendues » promettait unité et réconciliation. Lors de sa prestation de serment le 30 mars 2021, la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan, l’avait pourtant mis en garde : « N’écoutez pas le chant des sirènes […] ceux qui tenteront pour servir leurs propres intérêts, de vous amener à oublier ce pourquoi le peuple vous a élu ». Ces paroles, que l’auteur qualifie de « prophétiques », ont été rapidement éclipsées par une réalité où les intérêts personnels et claniques ont pris le dessus.
Cette trahison se manifeste dans le choix des collaborateurs, un point central dans l’argumentaire d’Oueifio. Plutôt que de s’entourer d’« hommes capables, craignant Dieu, intègres, ennemis de la cupidité » (Exode 18:21-22), les dirigeants ont souvent privilégié des alliés fidèles mais incompétents ou corrompus. Sous Touadéra, les nominations basées sur la logique de « rupture » et de « c’est notre tour » ont marginalisé les compétences au profit d’un clientélisme ethnique ou partisan, sapant ainsi la promesse d’une gouvernance au service du peuple tout entier.
Un autre signe de ce parjure est le rejet des institutions censées garantir l’équilibre des pouvoirs. L’Inspection générale d’État, censée veiller à l’application des décisions présidentielles, est réduite à un rôle symbolique, tandis que le ministère de la Justice, loin de conseiller des mesures comme l’amnistie pour favoriser la réconciliation, s’enferme dans des jugements expéditifs qui creusent les fossés. Ces défaillances institutionnelles traduisent un abandon du serment initial, transformant l’État en un instrument au service d’une élite plutôt qu’en un bouclier pour la nation.
Le BRDC interpelle la MINUSCA : la mission de l’ONU compromise par un manque de neutralité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/conference_presse_minusca_gouvernement.jpg” data-wpel-link=”internal”>conference_presse_minusca_gouvernement – L’autorité de l’État centrafricain s’étend progressivement grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de la MINUSCA
Maître Crépin Mboli-Goumba attaque frontalement la mission onusienne sur sa partialité dans le processus électoral centrafricain.
Le leader du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a lancé une offensive contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine lors d’une interview à la Radio Ndékè Luka. Maître Crépin Mboli-Goumba vise directement les déclarations d’un haut responsable de la mission qu’il juge incompatibles avec l’exigence de neutralité.
L’avocat centrafricain pointe du doigt le directeur des Élections au sein de la MINUSCA, accusé d’avoir franchi les limites de son mandat. Selon Mboli-Goumba, ce responsable a émis des jugements politiques en évoquant les conséquences d’une transition et en dénigrant des personnalités politiques centrafricaines. Ces leaders, que le président du BRDC présente comme ayant un “parcours honorable” dans la vie nationale, a fait l’objet de commentaires déplacés.
Cette sortie de route compromet l’impartialité requise pour superviser les Élections, estime le juriste. Il dénonce l’absence de réaction officielle de la MINUSCA face à ces déclarations qu’il qualifie de “très graves”. Le silence de la mission onusienne alimente ses interrogations sur la position institutionnelle adoptée.
Mboli-Goumba exige une clarification immédiate : la MINUSCA assume-t-elle ces propos ou s’agit-il d’une initiative personnelle ? “Ou bien c’est une position officielle de la MINUSCA, car on en tirerait toutes les conséquences. Ou bien c’est une déclaration individuelle et ça doit être dit et on doit en tirer toutes les conséquences nécessaires”, martèle-t-il.
L’attaque du BRDC s’inscrit dans une critique plus large de l’attitude de certains acteurs internationaux en République Centrafricaine. Le leader politique dénonce une approche condescendante qui considère que “dans ce pays de 5 millions d’habitants, on peut venir et faire tout et n’importe quoi”. Cette perception doit cesser, affirme-t-il, car les Centrafricains refusent désormais de subir de tels comportements.
La crédibilité de la MINUSCA se trouve ainsi questionnée par une formation politique qui réclame le respect des standards de neutralité internationaux. Pour Mboli-Goumba, seule une clarification rapide peut restaurer la confiance nécessaire au bon déroulement du processus électoral et éviter d’amplifier les tensions politiques dans un pays en quête de stabilité.
Cette interpellation expose les frictions entre les acteurs politiques centrafricains, situés à Bangui, et la mission onusienne sur son rôle dans l’accompagnement électoral. Le BRDC place la barre haute en matière d’impartialité pour préserver la légitimité d’un processus électoral sensible dans la capitale centrafricaine.
Pauvreté et inégalités : une menace pour la paix en Centrafrique
Centrafrique.org/lunion-europeenne-et-lunicef-maintiennent-leur-soutien-a-la-lutte-contre-la-malnutrition-infantile-en-republique-centrafricaine/nyhq2013-1289/” rel=”attachment wp-att-41461″ data-wpel-link=”internal”>malnutrition-infantile à l’hôpital pediatrique de Bangui
La pauvreté et les inégalités constituent des obstacles majeurs au développement humain et à la paix en République centrafricaine. Dans un pays durement touché par des crises répétées et une gouvernance fragile, la majorité de la population lutte pour accéder aux besoins de base, tandis que les disparités entre zones urbaines et rurales, hommes et femmes, redoublent les tensions sociales. Cet article explore l’ampleur de la pauvreté en RCA, ses conséquences sur le développement humain et les pistes pour y remédier, en s’appuyant sur une analyse approfondie des indicateurs socio-économiques.
Une pauvreté généralisée aux conséquences inquiétantes
La RCA fait face à une pauvreté extrême qui touche une part écrasante de sa population. Plus de deux tiers des Centrafricains vivent en dessous du seuil national de pauvreté, avec un revenu inférieur à l’équivalent de 1 dollar par jour pour plus de 67 % d’entre eux, et 84 % subsistant avec moins de 2 dollars par jour. Cette situation est particulièrement inquiétante en milieu rural, où 72 % de la population est pauvre, contre 60 % en milieu urbain. Ces chiffres révèlent une fracture géographique profonde, les zones rurales étant souvent dépourvues d’infrastructures de base comme l’accès à l’eau potable ou à l’électricité.
L’insécurité alimentaire aggrave encore cette crise. Plus de la moitié des ménages centrafricains souffrent d’un accès insuffisant à une alimentation adéquate, ce qui compromet la santé et le bien-être des populations, en particulier des enfants. La malnutrition touche près de 28,5 % des enfants de moins de 5 ans en termes de poids pour âge, et 37,9 % en termes de taille pour âge, des indicateurs qui reflètent une crise sanitaire chronique. Ces conditions de vie précaires limitent les opportunités d’éducation et d’emploi, perpetuant un cycle de pauvreté intergénérationnel.
Des inégalités qui fragilisent la cohésion sociale
Les inégalités en RCA ne se limitent pas à la répartition géographique. Les disparités de genre sont particulièrement marquantes. Les femmes ont un accès plus restreint à l’éducation, avec un taux d’analphabétisme de 68 % chez les femmes âgées de 10 ans et plus, contre 46,2 % chez les hommes. Au primaire, le taux net de scolarisation des filles est de 47,1 %, bien inférieur à celui des garçons (63,9 %). Ces écarts se traduisent par une marginalisation économique et sociale des femmes, limitant leur participation à la vie publique et leur autonomie.
Sur le plan sanitaire, les inégalités sont tout aussi criantes. Le taux de mortalité maternelle reste extrêmement élevé, avec 1 102 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui reflète les lacunes dans l’accès aux soins obstétricaux, particulièrement pour les femmes pauvres en milieu rural. Seulement 14 % des naissances parmi les 20 % les plus pauvres sont assistées par du personnel qualifié, contre 44 % au niveau national. De plus, l’accès à l’eau potable, essentiel pour la santé, est limité : environ 7 Centrafricains sur 10 n’y ont pas accès, avec des taux encore plus faibles en zones rurales (74 %) et dans les périphéries urbaines (68,5 %).
Ces inégalités, qu’elles soient de genre, géographiques ou économiques, alimentent un sentiment de frustration et de marginalisation. Dans un contexte où le capital social – la confiance entre les citoyens et vis-à-vis de l’État – est déjà faible, ces disparités risquent d’attiser les tensions sociales et de compromettre la stabilité du pays.
Les impacts sur le développement humain
La pauvreté et les inégalités en RCA ont un impact direct sur les indicateurs de développement humain, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du niveau de vie. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 43 ans, avec une légère différence entre hommes (40 ans) et femmes (45 ans), bien en deçà des moyennes régionales. Le taux de mortalité infanto-juvénile, qui atteint 176 pour 1 000 naissances vivantes, est particulièrement élevé en milieu rural (228 ‰) comparé aux zones urbaines (188 ‰). Ces chiffres traduisent un système de santé sous-financé, avec seulement 8 médecins pour 100 000 habitants.
L’éducation, un pilier du développement humain, est également en crise. Le taux brut de scolarisation au primaire est de 75 %, mais seulement 31 % des élèves achèvent ce cycle, avec une disparité marquée entre garçons (40 %) et filles (20 %). Au secondaire, la situation est encore plus alarmante, avec un taux brut de scolarisation de 16 %, tombant à 3 % pour le deuxième cycle. Ces faibles niveaux d’éducation limitent les perspectives d’emploi et perpetuent la précarité économique.
Enfin, le sous-emploi touche trois quarts des travailleurs urbains, qui gagnent souvent moins que le salaire minimum. Cette insécurité économique, combinée à la pauvreté généralisée, entrave la capacité des ménages à investir dans leur avenir, qu’il s’agisse de santé, d’éducation ou d’activités productives.
La pauvreté et les inégalités en RCA ne sont pas seulement des défis économiques, mais des menaces directes au développement humain et à la stabilité du pays. En s’attaquant aux causes profondes de ces problèmes – accès limité aux services de base, disparités de genre et géographiques, faiblesse de la gouvernance – la RCA peut poser les bases d’un avenir plus équitable. Cela exige une mobilisation collective, impliquant l’État, les partenaires internationaux et la société civile, pour transformer les défis en opportunités et permettre à chaque Centrafricain de réaliser son potentiel….
Donald Trump et l’USAID : une politique “America First” aux dépens de l’Afrique ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/SHRA-Photo-de-Famille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/SHRA-Photo-de-Famille-450×297.jpg” alt=”Donald Trump et l’USAID : une politique “America First” aux dépens de l’Afrique ?” width=”450″ height=”297″ />
La suspension des financements USAID par Donald Trump cette année bouleverse l’Afrique, notamment la RCA, où l’aide humanitaire soutient des millions de vies. (23 mots)
La décision de l’administration Trump, en 2025, de suspendre les financements de l’USAID a envoyé une onde de choc à travers l’Afrique, et la République centrafricaine en ressent les effets de plein fouet. Cette mesure, inscrite dans la logique de la politique “America First”, privilégie les intérêts économiques des États-Unis au détriment de l’aide humanitaire internationale. En RCA, un pays qui dépend encore largement des organisations comme l’USAID pour ses besoins de base, cette annonce provoque des inquiétudes profondes, relayées par des voix des citoyens centrafricains sur Guira FM.
Un Centrafricain interrogé dans les rues de la capitale Bangui explique : « Si aujourd’hui ces ONG arrêtent leurs actions pour aider la population centrafricaine, vraiment ça sera un danger ». Ces mots traduisent une réalité: l’USAID finance des programmes essentiels en santé, éducation et sécurité alimentaire. Par exemple, des initiatives comme le PEPFAR, qui fournit des traitements contre le VIH/SIDA, ou les distributions alimentaires du Programme alimentaire mondial (PAM), soutenu en partie par les États-Unis, sauvent des vies dans un pays où les structures étatiques restent faibles. La suspension de ces fonds risque de priver des milliers de personnes de soins et de nourriture.
La politique “America First” de Trump, qui met l’accent sur la réduction des dépenses internationales, n’est pas nouvelle. Déjà lors de son premier mandat, des coupes similaires avaient été envisagées, provoquant des débats houleux. En RCA, les conséquences sont immédiates : des ONG réduisent leurs activités, des cliniques mobiles ferment, et des emplois locaux disparaissent. Un habitant sur Guira FM résume : « L’existence de ces ONG dans notre pays crée beaucoup d’emplois ». La fin de ces opportunités menace de plonger encore plus de jeunes dans le chômage, dans un contexte économique déjà précaire.
Cette décision ne touche pas seulement la RCA. Partout en Afrique, des pays comme le Soudan du Sud ou le Mali, qui dépendent aussi de l’aide américaine, craignent des répercussions similaires. Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation, soulignant que les coupes dans l’aide humanitaire mondiale – dont 42 % provenaient des États-Unis en 2024 – pourraient aggraver les crises alimentaires et sanitaires. En RCA, un citoyen déplore : « La question de la nourriture dépend de certaines organisations internationales ». Sans l’USAID, le PAM pourrait réduire ses distributions, laissant des familles sans ressources.
Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur Washington. La RCA, comme d’autres nations africaines, doit s’interroger sur sa dépendance chronique à l’aide étrangère. Les richesses naturelles du pays, comme l’or ou le diamant, pourraient financer des projets locaux si elles étaient mieux gérées. La corruption et les faiblesses institutionnelles freinent ces efforts, obligeant le pays à compter sur des bailleurs comme l’USAID. La décision de Trump, bien que brutale, pousse l’Afrique à chercher des alternatives, que ce soit par des partenariats avec d’autres pays ou par un renforcement des capacités internes.
Cette crise montre un déséquilibre : la politique “America First” priorise les intérêts d’un pays au détriment de millions de vies africaines. Pourtant, elle pourrait aussi inciter des nations comme la RCA à repenser leur avenir, en investissant dans leurs propres ressources et en réduisant leur dépendance. Pour l’instant, les populations les plus vulnérables paient le prix de ce choix, et les mois à venir montreront si l’Afrique peut surmonter ce défi….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/casino-de-paris.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/casino-de-paris-450×257.png” alt=”Les raisons des bonus de casino variés selon les joueurs” width=”450″ height=”257″ />
Les casinos, qu’ils soient en dur ou en ligne, utilisent différentes stratégies marketing pour attirer et fidéliser les joueurs. L’une des tactiques les plus répandues est l’offre de bonus et promotions adaptés aux différents profils de joueurs. Mais pourquoi cette segmentation ? Qu’est-ce qui pousse les casinos à traiter différemment leurs clients ?
Attirer de nouveaux joueurs
L’un des principaux objectifs d’un casino est d’acquérir constamment de nouveaux joueurs. Pour cela, ils proposent généralement des bonus de bienvenue très avantageux aux nouveaux inscrits. Il peut s’agir de crédits gratuits pour jouer, d’un bonus de dépôt pour doubler ou tripler la première mise, voire de tours gratuits sur les machines à sous au Olympe Casino. Ces promotions sont très attrayantes pour les joueurs et les incitent à s’inscrire.
Voici quelques exemples de bonus de bienvenue courants :
Type de bonus
Description
Bonus de dépôt
100% du montant du 1er dépôt doublé, plafonné à 100€
Free spins
25 tours gratuits sur les machines à sous
Crédits gratuits
10€ offerts sans dépôt requis
Ces récompenses représentent un investissement pour les casinos, qui espèrent que les joueurs resteront et dépenseront bien plus que le montant offert à long terme.
Fidéliser les joueurs réguliers
Faire venir de nouveaux clients est important, mais faire en sorte qu’ils restent et jouent régulièrement l’est encore plus ! C’est pourquoi les casinos proposent également des bonus de fidélité aux joueurs qui parient déjà sur la plateforme.
Il peut s’agir de cashbacks hebdomadaires, de credits gratuits tous les mois selon les dépôts, de tournois et défis privés avec gains garantis, etc. L’objectif est de récompenser la fidélité des joueurs existants et de les inciter à revenir. Certains bonus de fidélité courants :
Bonus
Condition
Gain
Cashback du lundi
Avoir joué min. 50€ le weekend
10% remboursés
Bonus mensuel
Avoir déposé 500€+ dans le mois
25 tours gratuits
Tournoi du dimanche
Être parmi les 20 premiers au classement
De 20€ à 500€
Ces promotions régulières et ces petites attentions poussent les joueurs à choisir leur casino comme site principal pour jouer, au détriment des concurrents. La fidélisation est donc cruciale.
Récompenser les gros joueurs
Tous les joueurs ne dépensent pas le même montant dans les casinos. Certains ne font que quelques paris de temps en temps, tandis que d’autres jouent des sommes importantes régulièrement. Ces derniers sont appelés les baleines dans le jargon des casinos.
Il est évident que les gros joueurs représentent une part importante du chiffre d’affaires d’un casino. Ce sont donc des clients privilégiés, qu’il convient de traiter aux petits oignons ! Pour les fidéliser sur le long terme, la plupart des casinos leur proposent un programme VIP sur-mesure.
Ce statut premium donne accès à de nombreux services et avantages exclusifs :
Bonus et promotions spécial VIP : paris gratuits, cashbacks augmentés, crédits illimités, etc.
Limite de retrait rehaussée : pour pouvoir retirer plus d’argent en une fois
Gestionnaire VIP dédié : un interlocuteur personnel pour le service client
Événements privés : soirées, voyages, tickets VIP en tous genres
Cadeaux surprenants : gadgets high-tech, séjours de rêve, etc.
Bref, un traitement de faveur complet pour s’assurer que ces joueurs à fort potentiel restent fidèles au casino.
Conclusion
En définitive, les casinos adoptent une stratégie marketing segmentée en proposant des bonus et avantages distincts selon le profil des joueurs. L’objectif ? Maximiser les inscriptions de nouveaux clients via des bonus de bienvenue alléchants, tout en fidélisant les parieurs existants grâce à des programmes de récompenses et des statuts VIP réservés aux plus gros joueurs.
Cette discrimination positive pour certains clients rentables se fait nécessairement au détriment des petits joueurs. Mais c’est un choix stratégique payant pour les casinos. Au final, attirer et conserver les baleines leur permet d’augmenter leurs revenus sur le long terme et assurer leur pérennité.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/pub-du-mardi-11.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/pub-du-mardi-11.png” alt=”Les casinos manipulent les probabilités à leur avantage avec diverses méthodes” width=”451″ height=”271″ />
Les casinos sont des entreprises dont le modèle économique repose sur les jeux d’argent et les paris, et même s’ils prétendent que tous leurs jeux sont équitables et fondés sur le hasard, la réalité est qu’ils utilisent divers moyens pour manipuler les probabilités de leur côté, et donc accroître leurs gains de manière substantielle.
Des machines à sous truquées
Les machines à sous, très populaires dans les casinos, sont programmées de sorte à ce que la maison garde en moyenne entre 2% et 15% des mises des joueurs sur le long terme. Même si à court terme le joueur peut gagner, sur des centaines de milliers de tours le casino sort toujours gagnant.
Voici les principales techniques utilisées pour truquer les machines à sous au Casino 770 :
Probabilités de gains faibles : les machines sont programmées pour n’afficher des gains importants que très rarement (moins de 1% du temps).
Quasi-gains trompeurs : certaines combinaisons de symboles laissent penser au joueur qu’il était proche de gagner le gros lot, ce qui l’incite à continuer à jouer.
Cycles programmés : les périodes pendant lesquelles la machine ne paie pas ou peu sont programmées, alternant avec des périodes plus « généreuses » pour donner une fausse impression de hasard.
Année
Pourcentage moyen gardé par les casinos
2020
13,6%
2021
12,4%
2022
11,7%
2023
10,2%
Tableau 1 : Évolution du pourcentage moyen prélevé par les casinos sur les machines à sous
On observe dans le tableau 1 que les casinos optimisent constamment leurs machines à sous pour augmenter leur rentabilité. Alors qu’en 2020 ils gardaient en moyenne 13,6% des mises des joueurs, ce chiffre est passé à 10,2% en 2023.
Des dés et des cartes orientés
Certains jeux de casino comme la roulette, les dés ou le blackjack reposent en partie sur des tirages aléatoires de nombres à l’aide de dés ou sur le mélange de cartes à jouer.
Même si les casinos utilisent du matériel aux normes et des techniques de mélange éprouvées, ils parviennent à orienter quelque peu les résultats en leur faveur grâce à :
Des dés légèrement pipés : un petit ajout de masse permet d’obtenir certains chiffres plus souvent. Ces dés passent quand même les contrôles officiels.
Des mélanges de cartes dirigés : les croupiers réalisent les mélanges toujours dans le même sens ce qui introduit des biais statistiques.
Des tables et des roues aux dimensions étudiées : leur inclinaison ou leurs orifices orientent aussi les résultats.
Même si individuellement, un lancer de dé ou une main de blackjack reste aléatoire, à l’échelle de centaines de milliers de coups, les casinos s’assurent un petit avantage grâce à ces manipulations.
Un environnement trompeur
Outre le matériel de jeu lui-même, les casinos usent de nombreuses autres méthodes pour désorienter les joueurs et les pousser à miser plus que prévu et plus longtemps :
Absence d’horloges et de fenêtres
Éclairage tamisé et inconstant
Musique à tempo rapide
Distribution gratuite d’alcool
Utilisation de jetons qui « déshumanisent » l’argent
Marketing ciblé avec offres de bonus et de fidélité
Toutes ces techniques créent un univers immersif où le client perd peu à peu ses repères temporels et tend à prendre de moins bonnes décisions financières, au profit du casino.
Une régulation complexe
Bien que de nombreux gouvernements aient mis en place des organismes de régulation des jeux d’argent pour protéger les consommateurs contre certains abus, les techniques utilisées par les casinos restent très difficiles à détecter et à prouver tant elles sont subtiles.
Les casinos font également pression sur les hommes politiques pour éviter des régulations trop strictes qui impacteraient leurs bénéfices. Certaines de leurs méthodes de manipulation des probabilités sont ainsi tolérées ou ignorées par les agences de régulation.
Finalement, le modèle économique des casinos repose sur une exploitation intelligente et constamment optimisée des failles cognitives et comportementales humaines. Même en 2025, les technologies modernes telles que l’intelligence artificielle sont mises à contribution pour affiner toujours davantage ces méthodes et maximiser les profits.
Maxime Balalou, sommes – nous dans un pays de droit en Centrafrique ? Pourquoi continuer à maintenir Armel Sayo et Nourd Gregaza plus d’un mois dans une détention illégale?
L’arrivée à Bangui du colonel Armel Sayo, menotté depuis Yaoundé lors de son extradition à Bangui
Placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux, les deux prévenus, extraits de la prison, puis sont désormais maintenus à l’OCRB durant plusieurs jours en violation claire des règles judiciaires centrafricaines.
Armel Sayo et Nourd Gregaza, extraits de prison début juillet, restent détenus à l’OCRB depuis plus d’un mois, en dehors de tout cadre légal prévu par le code de procédure pénale centrafricain.
En effet, le 4 juillet 2025, le parquet de Bangui, sur la pression du Président Faustin-Archange Touadera, signe un document autorisant l’extraction d’Armel Sayo, ancien ministre, et de son codétenu Nourd Gregaza, président du PRNC. Pourtant, leurs dossiers sont déjà entre les mains d’un juge d’instruction, et leur statut de prévenus impose une détention en établissement pénitentiaire. Malgré cela, le 7 juillet, le directeur de l’OCRB, sur instruction du conseiller à la sécurité présidentielle Cédric Gbaka et avec l’appui de mercenaires russes Wagner, se rend au Camp de Roux pour récupérer les deux prévenus.
Mais dans la nuit du 7 au 8 juillet, Armel Sayo est enlevé depuis l’OCRB par les Russes et conduit vers une destination inconnue. Pendant plus de trois semaines, aucune preuve de vie n’est fournie, malgré les déclarations rassurantes du procureur et la diffusion d’une vidéo générée par intelligence artificielle. Pendant ce temps, Nourd Gregaza reste détenu à l’OCRB.
Sous la pression diplomatique : l’ambassade de France, Président camerounais Paul Biya, CICR et autres partenaires, Armel Sayo est finalement ramené à Bangui dans la nuit du 29 au 30 juillet dernier. Ainsi, le 30 juillet, il a été présenté au juge d’instruction au tribunal de grande instance de Bangui sous forte escorte.
La violation de droit se poursuit! Après cette audience, Armel Sayo n’est pas renvoyé en prison mais replacé à l’OCRB, où il rejoint Nourd Gregaza, mais dans une autre cellule que ce dernier. Depuis, les deux hommes y sont maintenus : Gregaza depuis plus d’un mois, Armel Sayo depuis plus de deux semaines après son retour.
Pourtant, le Code de procédure pénale centrafricain est clair : la rétention dans une structure de police judiciaire est limitée à 72 heures, renouvelables une seule fois. Au-delà, et surtout après la délivrance d’un mandat de dépôt, toute détention en commissariat ou à l’OCRB devient illégale. En l’occurrence, le maintien prolongé de l’ancien ministre Armel Sayo et Nourd Gregaza relève d’une détention arbitraire, aggravée par l’usage de forces étrangères comme les mercenaires russes du groupe Wagner pour procéder à l’extraction, et par la disparition forcée temporaire de Sayo.
Malgré ces faits, le porte-parole du gouvernement, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou continue d’affirmer que la RCA est un « pays de droit ». Pourtant, cette affaire montre clairement l’inverse : le contournement de la procédure judiciaire par le parquet, l’intervention directe de l’exécutif et la privation de liberté hors cadre légal posent la question même du respect de l’État de droit en Centrafrique.
quand le ministre Zingas, en complicités avec des inspecteurs académiques, organise une vaste opération du détournement des salaires des enseignants contractuels
Les contrats signés en avril sont payés par exemple à partir de juillet : une fraude organisée entre le ministère, les inspections et dans l’indifférence de la banque mondiale.
En République centrafricaine, l’appui financier de la Banque mondiale au secteur éducatif s’inscrit dans un objectif de stabilisation et de soutien à long terme du système scolaire. Dès 2024, plusieurs projets ont été mis en œuvre pour renforcer les capacités de l’État, notamment en assurant la rémunération de milliers d’enseignants contractuels. Le principe est simple : des contrats sont signés entre l’État et des jeunes diplômés ou enseignants volontaires ; en retour, la Banque mondiale verse directement les fonds nécessaires pour couvrir leurs salaires, à partir de la date de signature. L’objectif affiché est de renforcer l’enseignement public en République centrafricaine, tout en accompagnant l’intégration progressive de ces contractuels dans la fonction publique. Ainsi, ces fonds sont transférés au gouvernement, qui se charge de les exécuter. Mais en y voit de près, cette gestion sans mécanisme de vérification ni contrôle indépendant ouvre la voie à des pratiques frauduleuses largement répandues.
Sur le terrain, l’exécution des paiements est gérée par le ministère de l’Éducation nationale, sous l’autorité d’Aurélien-Simplice Zingas, nommé ministre le 4 janvier 2024. Ce dernier pilote, avec la complicité de certains inspecteurs d’académie, un système opaque où les dates d’affectation sont délibérément repoussées pour capter les mois de salaire déjà financés. Concrètement, un enseignant qui signe un contrat en avril et qui aurait dû être payé dès ce mois-là ne touche son premier salaire qu’en juillet, sous prétexte qu’il n’a été affecté qu’un mois plus tôt. Les fonds alloués pour avril, mai et juin sont donc retenus, redistribués, ou tout simplement détournés. Cette stratégie permet à des réseaux internes au ministère de s’enrichir au détriment des enseignants.
Le rôle des inspections est central dans cette manœuvre : elles fabriquent des dates d’affectation fictives, sélectionnent qui sera payé et quand, et imposent un climat d’intimidation à ceux qui réclament leurs droits. La Banque mondiale, de son côté, continue à verser les fonds sans exiger ni publication d’audit, ni preuve de versement effectif aux bénéficiaires finaux.
Les conséquences directes de ce système se retrouvent dans des cas concrets comme ceux de Prisca Iwoyo et Bertin Mbongo. La première, directrice de l’école de Kembé, a signé son contrat en avril. Affectée initialement à Bangassou, elle est ensuite réaffectée à Kembé. Mais malgré son déploiement effectif, elle ne perçoit qu’un seul mois de salaire. Lorsqu’elle tente de se plaindre auprès de l’inspecteur académique de la Basse-Kotto, monsieur Mathurin Balewa, celui-ci elle l’a violemment menacé. À Satéma, son collègue Bertin Mbongo a connu la même trajectoire : contrat signé au même moment, prise de poste effective en mai, mais paiement calculé à partir de juin, avec pour justification un ordre d’affectation antidaté.
Le système de paiement mis en place ne passe pas par la société Orange elle-même. Le ministre et ses collaborateurs ont plutôt mis en place un circuit parallèle, archaïque et désordonné. Des jeunes qui font des transferts Orange Money sur le bord de la route sont recrutés pour aller exécuter les paiements. Ces personnes sont regroupées, conduites dans des motels, et reçoivent des listes d’enseignants avec des montants à transférer ligne par ligne. On leur dit : « Envoie tel montant à tel numéro, puis tel autre à tel autre », sans aucune traçabilité officielle ni encadrement institutionnel. Certains enseignants reçoivent effectivement leur argent. D’autres, pourtant bien inscrits sur les listes, ne reçoivent rien. Lorsqu’ils posent des questions, on leur répond que « les fiches d’Orange Money sont terminées » et qu’ils doivent patienter. Pourtant, s’il s’agissait d’un paiement officiel transmis à la société Orange elle-même, les versements se feraient automatiquement, sans dépendre de fiches ni d’intermédiaires informels. Ce détournement de la procédure transforme un acte de rémunération publique en une opération illégitime menée en dehors de tout cadre légal. À Bangui, des enseignants contractuels ont protesté. Des paiements ont commencé à être débloqués dans la capitale. Puis, dans certaines villes de province, quelques enseignants ont reçu un mois, d’autres deux mois, tandis qu’une grande partie n’a encore rien perçu. Interpellée, la Banque mondiale affirme avoir transféré les fonds au gouvernement, rejetant toute responsabilité sur l’exécution. Mais en refusant de suivre l’utilisation réelle des fonds, elle reste silencieuse face à un système de détournement qu’elle continue à alimenter.
Guerre ouverte au sein du MCU : Pabandji et le clan Sarandji s’affrontent pour le contrôle de Bouar 1
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Fleury-Junior-Pabandji.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Fleury-Junior-Pabandji-450×417.jpg” alt=”Le député de Bouar 1 Fleury Junior Pabandji” width=”450″ height=”417″ />Le député de Bouar 1 Fleury Junior Pabandji
Au sein du MCU, Pabandji accuse le PAN Sarandji et le général de police Bienvenu Nguimale d’organiser une primaire illégale dans la circonscription de Bouar 1 pour imposer un candidat proche du Secrétaire exécutif national.
À l’approche des élections législatives et présidentielle du décembre 2025, le MCU se déchire de l’intérieur: Pabandji accuse le PAN et Nguimale d’avoir mis en place une manœuvre pour lui arracher la circonscription de Bouar 1.
En effet, le Mouvement des Cœurs Unis est en pleine zone de turbulences. Après les tensions explosives entre Alexis N’Dui-Yabela et Arnaud Djoubaye Abazène, c’est au tour de Bouar 1 de devenir l’épicentre d’un nouveau bras de fer. D’un côté, Fleury Junior Pabandji, député sortant du MCU. De l’autre, le président de l’Assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, appuyé par le général de police Bienvenu Nguimale, accusés d’avoir mis en place une opération destinée à écarter Pabandji pour installer un candidat qui revendique fièrement ses liens familiaux avec le Secrétaire exécutif national.
L’affaire prend forme alors que Pabandji, selon ses déclarations, se trouve à l’étranger, à la tête de la délégation des Fauves pour le CHAN 2024. D’après lui, avant son départ, il avait déposé une requête de contestation devant le Comité juridique du MCU, demandant la reprise de la primaire dans sa circonscription. Sans attendre la décision de ce comité, ses adversaires lancent une nouvelle élection primaire. Pour Pabandji, c’est un passage en force assumé, exécuté par deux personnalités qui ne siègent même pas au bureau politique du parti.
Le député sortant parle d’un « hold-up électoral » soigneusement préparé. Il affirme que l’opération est pilotée de longue date, avec un nom déjà choisi pour le remplacer. Selon lui, ce candidat, dont l’unique légitimité repose sur un lien de parenté avec le Secrétaire exécutif national Simplice Mathieu Sarandji, est l’élément central d’un plan visant à verrouiller Bouar 1.
La riposte de Pabandji est sans filtre. Il accuse Simplice Mathieu Sarandji et Bienvenu Nguimale de transformer le MCU en terrain privé, où les décisions se prennent entre initiés, loin des règles prévues par les textes du parti. Il rappelle que le MCU est censé être un parti politique, pas une affaire familiale, et que la politique de division engagée par ses adversaires ne fait que fracturer la base militante.
Cette querelle n’est pas une simple dispute. Elle expose la lutte d’influence qui ronge le MCU à quelques mois des élections. Les camps se forment, les alliances se figent, et chaque mouvement est interprété comme une provocation. Les militants de Bouar 1, eux, se retrouvent spectateurs d’une bataille où les procédures sont piétinées et où la compétition électorale interne se transforme en élimination ciblée.
Pour les partisans de Pabandji, cette manœuvre est une tentative claire de lui arracher son siège par la manipulation. Pour le clan PAN–Nguimale, c’est l’occasion de placer un candidat sûr, acquis à leur ligne et à celle du Secrétaire exécutif national. Entre ces deux lectures, le fossé s’élargit, et avec lui, le risque que le conflit déborde sur la scène nationale.
La bataille pour Bouar 1 ne se joue plus seulement sur le terrain politique. Elle est devenue un test de force entre deux camps qui ne se reconnaissent plus. Si l’un cède, il perd plus qu’une circonscription : il perd une part de son influence dans l’appareil du MCU. Si aucun ne cède, c’est tout le parti qui risque de payer le prix, avec une image durablement entachée à la veille d’un scrutin national.
Touadera : Regarde, on commence à arnaquer à ton nom. Des ex-syndicalistes des taxis-motos ramasse plus de 600 000 en te citant
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/taxi-moto.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/taxi-moto-450×317.jpg” alt=”Nzapa yembi Marcel, ancien Président du syndicat des taxi-motos centrafricaine à droite, et à gauche, Cyril pato, ancien secrétairre général du syndicat des taxis-motos de la RCA. Les deux sont aussi auteurs d’escroquerie au nom du Président Touadera” width=”450″ height=”317″ />Nzapa yembi Marcel, ancien Président du syndicat des taxi-motos centrafricaine à droite, et à gauche, Cyril pato, ancien secrétairre général du syndicat des taxis-motos de la RCA. Les deux sont aussi auteurs d’escroquerie au nom du Président Touadera
Deux anciens responsables du syndicat national des taxis-motos ont détourné plus de 600 000 FCFA auprès de conducteurs de province.
Cyril Pato et Nzapa Yembi Marcel ont bien calculé leur coup. Ces deux anciens dirigeants du syndicat national des taxis-motos, dissous par les autorités, ont monté une opération d’envergure en exploitant le nom du président Faustin-Archange Touadéra. Leur promesse ? Un grand forum national des conducteurs de taxis-motos, avec l’aval du chef de l’État.
Depuis la dissolution du bureau national des taxis-motos par les autorités, le secteur fonctionne sans structure représentative claire. Ce vide a été exploité par Cyril Pato, ancien secrétaire général national, et Nzapa Yembi Marcel, ex-président national du syndicat. Présentés comme les organisateurs officiels d’un prétendu « forum national des conducteurs de taxis-motos » validé par le président Faustin-Archange Touadéra, ils ont mobilisé un réseau de complices, dont Américain, Président du syndicat des conducteurs du 4ᵉ arrondissement de Bangui, ainsi que plusieurs autres présidents sous-fédéraux des taxis-motos.
Le principe était simple : chaque syndicat devait envoyer des délégués au forum moyennant 25 000 FCFA par personne pour les deux jours du forum à Bangui. Selon les auteurs, les fonds versés serviront pour leur logement, la nourriture et leur transport. Les responsables des chaque entités des taxis-motos des villes de provinces étaient chargés de rassembler l’argent et de l’envoyer à Bangui. Quelques jours plus tard, les sommes ont commencé à arriver dans les poches des escrocs :
Ombella-Mpoko : yaloké 1 75 000 pour 3 délégués, Yaloké 2 : 200 000 francs pour 8 personnes;
Mambéré-Kadéï : 50 000 FCFA pour deux délégués.
Mambéré: Gadzi 1 : 75 000 francs pour 3 personnes, Gadzi 2 75 000 francs pour 3 personnes;
Ouham : 25 000 francs pour un délégué.
Nana-Mambéré : 25 000 FCFA pour un seul délégué.
Lobaye : 75 000 francs pour 3 personnes.
Ouham-Pendé (Bozoum) : 25 000 FCFA.
En tout, près d’un millions de FCFA ont été collectés auprès de conducteurs des taxis-motos des villes de provinces.
Après la collecte, un calendrier avait été promis. Mais plusieurs semaines sont passées, mais rien. Les conducteurs commencent à se poser des question. Ici à Bangui, les escrocs tentent de fournir une raison : le forum devait se tenir dès le retour du chef de l’État Faustin-Archange Touadera, présenté comme étant en mission à l’étranger. Mois après mois, aucun événement n’a eu lieu. Les prétextes ont changé, puis les organisateurs ont cessé de répondre aux appels. Les demandes de remboursement sont restées sans suite.
Dans plusieurs villes, la colère monte. À Zawa, qui a cotisé 200 000 francs CFA, et à Yaloké, les conducteurs réclament publiquement la restitution immédiate de l’argent. À Paoua et Berbérati, des responsables locaux craignent d’être accusés de complicité. Des groupes envisagent de se rendre collectivement à Bangui pour déposer plainte pour escroquerie et abus de confiance contre Cyril Pato, Nzapa Yembi Marcel, Américain et leurs complices.
Cette affaire montre un problème plus large. Depuis que les autorités ont dissous le syndicat national, le secteur navigue sans boussole. Ce vide a permis à des individus peu scrupuleux de manipuler des centaines de conducteurs. En utilisant frauduleusement le nom du président Touadéra, ils ont non seulement volé l’argent de familles modestes, mais aussi entaché la confiance que les professionnels pourraient avoir dans de futures initiatives.
Les faits sont là, les preuves s’accumulent. Il reste maintenant à la justice de faire son travail pour que ces escrocs rendent des comptes et que l’argent retourne dans les poches de ceux qui l’ont durement gagné.
Dans un message adressé aux Centrafricains, Marie-Reine Hassen dénonce la crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui menace la survie du pays.
L’ancienne ministre des Affaires étrangères, Marie-Reine Hassen, prévient que la République centrafricaine se trouve au bord d’une nouvelle catastrophe politique et sécuritaire, aggravée par l’état de santé critique du président Touadéra et le blocage du processus électoral. En citant son texte ici :
MESSAGE À LA NATION CENTRAFRICAINE
LE CENTRAFRIQUE À LA VEILLE D’UN NOUVEAU DÉSASTRE
13 août 2025
L’état de santé du président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, déjà critique à la fin du mois de juin 2025, est désormais extrêmement dégradé. À cela s’ajoute l’impossibilité, pour l’Autorité nationale des élections (ANE), de respecter le calendrier électoral de 2025, en raison de dysfonctionnements internes persistants.
Face à la dégradation accélérée de la santé de M. Touadéra, et au risque pour la
République centrafricaine de se retrouver dans une situation de vide constitutionnel, ainsi qu’au danger imminent d’une crise de succession violente, il est impératif que le
Centrafrique mette en place une transition démocratique crédible, inclusive et pacifique.
En 2013 et 2014, à travers les médias publics centrafricains et occidentaux, j’avais
souligné que si rien n’était sérieusement entrepris pour mettre fin à l’engrenage des crises politique, sécuritaire et humanitaire, le pays continuerait à s’enfoncer dans l’anarchie, conduisant ainsi tout un peuple à son extermination et à sa disparition.
Aujourd’hui, nous devons admettre que ni les nombreux sommets, ni les multiples dialogues, ni les diverses réunions, ni les innombrables appels et suppliques n’ont ramené la paix dans le pays et la sécurité au sein des populations de la RCA. Dans mes nombreuses analyses diffusées auprès des médias audiovisuels ou écrits, j’ai
constamment insisté sur l’urgence de s’attaquer rapidement aux racines de l’instabilité. J’avais suggéré une série d’étapes qui nous mèneraient à de véritables élections libres et transparentes.
J’avais appelé tous les acteurs politiques centrafricains à s’impliquer dans cet effort pour restaurer la sécurité, l’État de droit et surtout pour traiter les causes profondes de l’instabilité chronique, afin d’apporter une solution pérenne. J’avais insisté sur le fait que les principaux responsables ayant cautionné la destruction du pays, et ne bénéficiant pas de la confiance du peuple, devraient être disqualifiés pour occuper des positions de responsabilité dans les hautes sphères de l’État. Tout le contraire s’est produit, favorisant leur institutionnalisation et leur promotion.
Aujourd’hui, les gangsters armés, les illettrés, ignorants et voyous de tous bords se mêlent aux criminels pour faire leur loi en toute impunité. Les pratiques assassines sur les populations affaiblies se poursuivent : la prédation, le népotisme, la patrimonialisation du pouvoir, l’appartenance ethnique, et le clientélisme. Le Centrafrique est devenu un territoire de non-droit.
Les Centrafricains répètent les mêmes erreurs fatales. ils n’ont jamais débattu publiquement clairement et ouvertement des maux qui rongent la RCA et de leur résolution. (les nombreux dialogues étaient trop superficiels). Ils n’ont donc jamais réussi les différentes transitions ni jeté les fondations solides de la reconstruction. À chaque changement de pouvoir, ils ont applaudi sans questionner, jusqu’à acclamer la Séléka. Non seulement ils se sont réjouis à l’arrivée de cette coalition de groupes armés, mais ils ont jubilé en voyant débarquer les mercenaires sanguinaires de Wagner, devenant les victimes de ceux-là mêmes qu’ils ovationnaient.
Faustin-Archange Touadéra, malgré les mises en garde d’un petit nombre dont je fais partie, a également été acclamé à son arrivée. Le pays a ouvert grand la porte à son pire cauchemar, à Satan en personne, le chef d’État le plus horrible que ce pays ait jamais eu. Un véritable carnage se poursuit, sous le regard indifférent et parfois complice de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). Résultat de décennies d’irresponsabilité, la RCA continue de sombrer dans l’anarchie totale. Le repli clanique a effacé tout esprit républicain. Les bourreaux se sont multipliés, lancés par les tenants du pouvoir contre le peuple en grande souffrance. Depuis 2018, la spirale des violences s’intensifie avec le déploiement des mercenaires du groupe Wagner et l’arrivée des forces spéciales rwandaises, qui elles aussi participent au pillage et à l’accaparement des terres arables.
Le parti-État MCU a récemment désigné Touadéra candidat à la prochaine élection présidentielle. Chose qu’il a acceptée, violant ainsi la Constitution du 30 mars 2016 qu’il avait juré solennellement à deux reprises de respecter, et se rendant passible de haute trahison.
L’expert indépendant des Nations Unies en Centrafrique, Yao Agbetse a exprimé des doutes sur la capacité de l’Autorité nationale des élections (ANE) à organiser les prochaines élections dans les délais, évoquant de sérieux obstacles opérationnels. Il a attiré l’attention sur des dysfonctionnements internes persistants qui ont entravé son efficacité. M. Agbetse a insisté sur une refonte institutionnelle urgente de l’ANE et de ses antennes locales afin de renforcer les capacités techniques, organisationnelles et stratégiques et d’assurer une gouvernance interne transparente, avant les élections de 2025. Il a également appelé à un calendrier électoral réaliste et convenu.
Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et chef de file de l’opposition, a précisé que ce n’est pas l’ANE qui a organisé le référendum du 30 juillet 2023, ce qui rend la Constitution du 23 août 2023 illégale. Nous pouvons donc considérer que cette nouvelle Constitution de 2023 n’existe pas.
Une situation chaotique a été créée dans le pays Azandé-Nzakara. Dans tout le Sud-Est du pays, le Mbomou et le Haut-Mbomou, il y a une résistance locale. Dans certaines zones, des groupes d’auto-défense régionales se sont organisés contre les mercenaires étrangers, en particulier Wagner appuyé par le régime en place pour esclavagiser les populations. Actuellement des combats sont en train de se produire avec la milice armée
Azandé Ani Kpi Gbe. Dans l’Ouest, les mêmes mercenaires sont en train de mener des attaques contre le Général Marcel Ndalé de la CPC. Dans le Centre, notamment dans l’Ouham et l’Ouham-Pendé, dans la nuit du jeudi 7 août à 3 h du matin deux hélicoptères ont surgi au-dessus du camp du Général Florent Kema, Celui-ci et ses éléments ont réussi à s’enfuir in extrémis.
Des combats s’organisent et sont lancés contre les groupes armés centrafricains, CPC, FPRC, R.j., Anti-Balaka…tandis que les rebellions étrangères sont accueillies à bras ouverts, ont droit aux honneurs, au tapis rouge et aux avantages financiers.
Encore une fois, le processus électoral est irréaliste et nous place de nouveau face à un cocktail explosif qui risque d’embraser le pays, alors que le Centrafrique n’a pas encore réussi à éteindre l’incendie qui brûle depuis longtemps.
Il n’y a plus d’État à administrer. Les Centrafricains sont devenus des esclaves sur leur
propre terre. Le Centrafrique est de nouveau à la veille d’un désastre. Nous devons empêcher cela à tout prix pour sauver ce qu’il reste de la terre de nos ancêtres.
Pour cela, une mobilisation nationale est impérative. Mon parti, Renaissance Centrafrique, ainsi que d’autres entités, appelons tous les Centrafricains à s’unir autour d’un manifeste commun, préalable à un dialogue politique inclusif, différent des dialogues de façade du passé. Cette concertation nationale devra s’organiser autrement si nous voulons sortir enfin de l’impasse où nous nous sommes enfermés nous-mêmes depuis trois décennies.
Il est temps d’attaquer frontalement les causes structurelles de notre ruine. Cessons d’agir comme un peuple sans cap, plaintif mais sans décisions. « Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups », dixit Agatha Christie. Ce dont la RCA a besoin, ce n’est pas d’un simple changement de dirigeants, mais d’un changement de système. Les gouvernants doivent enfin comprendre qu’ils sont là pour servir le peuple, non pour le
trahir.
La paix ne reviendra que si nous créons les conditions politiques, professionnelles et économiques de son retour. Elle restera illusoire tant que nous n’aurons pas engagé des réformes structurelles profondes et cohérentes. Gérer un ministère, c’est manager des équipes et des compétences. Il faut exiger l’intégrité et l’expertise à tous les niveaux. Les critères de compétence doivent être clairs, rigoureux et appliqués sans exception dans l’ensemble de l’administration publique.
Si le Centrafrique avait adopté dès 2013 les solutions que nous proposions – fondées sur la réconciliation, la justice et la paix —, il serait sorti de l’enfer depuis longtemps. Nous aurions évité les massacres, les villages incendiés, les exactions, les atrocités, les
disparitions forcées …
Il n’est pas encore trop tard pour sauver ce qui peut l’être, et empêcher la disparition de notre patrie.
Marie-Reine Hassen
Alumni de l’ILERI – École des relations internationales et des sciences politiques – Paris.
Présidente du Parti Renaissance Centrafrique, Bangui.
Ancien Ambassadeur de Centrafrique auprès de la République du Sénégal.
Ancien ministre aux Affaires étrangères en Centrafrique.
Centrafrique : un soldat ouvre le feu sur trois jeunes à Sikikédé et tue un parmi les 3
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/village-5-kilos-dans-la-vakaga-proche-de-boromata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/village-5-kilos-dans-la-vakaga-proche-de-boromata-450×406.jpg” alt=”Centrafrique : un soldat ouvre le feu sur trois jeunes à Sikikédé et tue un parmi les 3″ width=”450″ height=”406″ />Image d’illustration de Vue du village 5 kilos, situé à 70 kilomètres de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC
Dans l’extrême nord-est du pays, à Sikikédé, un militaire a abattu un jeune homme et blessé deux autres lors d’un contrôle bizarre qui a mal tourné.
L’incident s’est produit jeudi à la fin de matinée à Sikikédé, dans la préfecture de la Vakaga, où les relations entre les habitants et les militaires de forces armées centrafricaines se dégradent du jour en jour.
En effet, trois jeunes, sur leur moto, circulaient paisiblement dans un quartier de Sikikédé ce jeudi 14 août 2025. Ils roulaient normalement dans une ruelle quand un soldat des Forces armées centrafricaines, sorti de nulle part, leur a ordonné de s’arrêter. Le geste était si brusque que le conducteur n’a pas pu freiner immédiatement. La moto a roulé encore quelques mètres avant de s’immobiliser.
Ces quelques mètres ont suffi pour énerver le militaire. Il a considéré que les jeunes refusaient d’obéir. Dans sa colère, il a sorti son arme et tiré plusieurs balles. Un des jeunes est mort sur le coup. Les deux autres, touchés, ont été transportés à l’hôpital de Sikikédé. Le soldat est reparti dans sa base après les tirs.
La population de Sikikédé ne décolère pas. Les habitants reprochent à l’armée de protéger des militaires violents et criminels qui s’en prennent régulièrement aux civils. Racket, agressions, abus : les plaintes s’accumulent sans que les responsables soient punis. Beaucoup accusent certains soldats de consommer de la drogue et de se comporter en criminels.
Cette affaire montre clairement l’absence de discipline dans les rangs de forces armées centrafricaines.
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle n’a été communiquée, et la tension reste forte entre la population et les forces armées déployées à Sikikédé.
Dans le sud-ouest de la Centrafrique, les braquages armés se multiplient dans la Lobaye, plus précisement à Bagandou, et ce, sans la moindre réaction visible des autorités, malgré les lourdes pertes financières subies par les victimes.
En effet, dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 août, des hommes armés non identifiés se sont introduits dans la concession de la société coopérative minière OkO Africa. L’entreprise, qui avait acquis des motos pour ses employés, a vu l’un de ses engins emporté par les assaillants. Ils sont repartis tranquillement avec la moto, sans être inquiétés du tout, d’ailleurs ils se moquaient même des victimes.
Et comme si ce premier braquage ne leur suffisait pas, les mêmes individus seraient revenus dès le lendemain. Dans la nuit du mardi 12 août, vers 23 heures, un groupe de ces assaillants lourdement armé a pris pour cible la résidence d’un opérateur économique local, collecteur d’or et de diamants dénommé Hafis. Les assaillants ont encerclé la maison, puis l’un d’eux a surgi de l’ombre, arme au poing, pour menacer le propriétaire et l’obliger à révéler l’endroit où étaient cachés son argent et ses pierres précieuses.
Sous la contrainte, la victime a indiqué la cache, permettant aux braqueurs de s’emparer de plus de 22 millions de francs CFA en espèces et d’une quantité d’or ainsi que d’autres objets précieux. Après leur forfait, ils ont pris la fuite et disparu dans la nature.
Ces attaques ciblant directement les opérateurs économiques de la ville, s’ajoutent à une série d’incidents similaires dans la préfecture en générale, y compris à Mbaïki, chef lieu. Bien que des pistes existent sur l’identité probable des auteurs, aucune enquête officielle n’a été annoncée à ce jour par les autorités.
l’UNOPS et la Minusca vont-elles rembourser les prélèvements illégaux sur les salaires des journaliers contractuels ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Valentine-Rugwabiza.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Valentine-Rugwabiza-450×392.jpg” alt=”Centrafrique : l’UNOPS et la MINUSCA vont-elles rembourser les prélèvements illégaux sur les salaires des journaliers contractuels ?” width=”450″ height=”392″ />Madame Valentine Rugwabiza, Représentante du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, cheffe de la Minusca
Depuis plus de six ans, une retenue journalière de 16 250 F CFA est appliquée sans justification officielle.
Depuis plus de six ans, d’après les informations recoupées par la rédaction du CNC, des retenues injustifiées sont appliquées sur les salaires journaliers de milliers de contractuels de l’UNOPS et de la MINUSCA en Centrafrique.
En effet, les fiches de paie des contractuels de la Minusca et de l’UNOPS affichent une rémunération journalière de 36 250 F CFA. Pourtant, le montant effectivement versé aux intéressés ne dépasse pas 20 000 F CFA par jour. La différence, soit 16 250 F CFA, est prélevée de manière automatique depuis plus de six ans, sans qu’aucune explication officielle n’ait été donnée.
Cette retenue touche environ 6 000 travailleurs sous contrat individuel. Selon les estimations basées sur le volume de personnel et le montant prélevé, le cumul représenterait plusieurs milliards de francs CFA. Les journaliers sans contrat sont encore plus désavantagés, percevant 5 000 F CFA par jour au lieu des 11 500 F CFA prévus.
Selon les vérifications de la rédaction du CNC, ces journaliers et contractuels ne sont pas déclarés auprès de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et ne bénéficient donc d’aucune couverture médicale ou de protection sociale.
Rappelons que l’UNOPS a pris en 2019 la gestion administrative de ces personnels. C’est à ce moment-là que le montant réellement versé a été fixé à un niveau bien inférieur à celui mentionné sur les fiches de paie, créant chaque mois un écart important. Cette situation perdure, et aucun dispositif de régularisation n’a été engagé.
Des interrogations persistent sur la destination des 16 250 F CFA prélevés quotidiennement. En parallèle, des accusations visent certains responsables sur des contrats jugés irréguliers, un gonflement artificiel des effectifs, et des activités commerciales menées avec la mission. Ces méthodes auraient privé les employés centrafricains de sommes considérables.
La question reste entière : l’UNOPS et la MINUSCA accepteront-elles de restituer les montants indûment prélevés ? Plusieurs voix réclament la réalisation d’audits indépendants pour établir les responsabilités et envisager un remboursement intégral en faveur des travailleurs concernés.
Sam-Ouandja : un pont stratégique emporté par les pluies, la ville coupée en deux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/pont-construit-par-le-pnud-a-sam-ouandja-effondre.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le pont construit par le PNUD à la demande de la population de Sam-Ouandja qui s’effondre. Photo CNC
Dans la préfecture de la Vakaga, l’effondrement d’un pont vital paralyse Sam-Ouandja, signe de l’abandon des infrastructures par les autorités du pays.
À Sam-Ouandja, dans le nord de la Centrafrique, un important pont reliant les deux parties de la ville s’est effondré il y a quelques jours, emporté par la montée des eaux après de fortes pluies qui s’abat sur la ville.
Construit à l’origine généreusement par un collecteur de Sam-Ouandja pour aider la population, ce pont en dur permettait le passage quotidien des habitants vers leurs champs, l’accès à la cité administrative et le transit des commerçants se rendant jusqu’au Soudan voisin pour s’approvisionner. Véritable artère économique, il supportait le passage de taxis-motos, véhicules et camions chargés de ravitailler la ville.
Le pont, construit généreusement par ce collecteur, s’est effondré après plusieurs années. Après ce premier effondrement, la population, sous l’autorité du maire et du sous-préfet, avait bâti un ouvrage provisoire en bois. Contre toute attente, ce pont sommaire avait résisté plusieurs mois, avant que le PNUD, sollicité pour une reconstruction durable, ne le remplace par un nouveau pont. Mais l’ouvrage onusien, malgré l’apport de soi-disant techniciens diplômé, n’a tenu que peu de temps : les crues l’ont à nouveau emporté. Quelques minutes plus tard, notre équipe de reportage est arrivée sur place. Le constat est dur : la structure gisait éventrée, disloquée par la force de l’eau. Les planches arrachées pendaient dans le vide, certaines coincées entre les branchages, tandis que des poutres brisées dérivaient encore au fil du courant.Sur les berges, on pouvait voir les traces boueuses laissées par la montée des eaux, signe d’une crue violente et soudaine. Le passage était devenu impraticable, isolant à nouveau les deux rives.
Le pont de fortune construit par la population pour le dépannage d’urgence. Photo CNC
Privée d’accès à un pont fiable, la population a repris les outils pour ériger un petit passage de fortune, limité aux piétons. Lorsque notre équipe est parvenue à atteindre ce nouvel ouvrage, elle a découvert une passerelle improvisée faite de troncs d’arbres entremêlés, reposant sur des supports rudimentaires plantés dans l’eau. Deux habitants tentaient prudemment de franchir ce pont étroit, au-dessus d’une rivière gonflée et turbulente. Cette structure, bien que précaire, reste aujourd’hui le seul lien physique entre les deux rives, mais elle ne permet pas le passage des motos ou des véhicules, aggravant encore les difficultés de circulation et d’approvisionnement. Dans ce contexte, la vie quotidienne, des activités agricoles au commerce transfrontalier, est profondément perturbée.
Alors que les habitants se battent pour maintenir un lien entre les deux rives, le gouvernement, lui, détourne ses priorités. Plutôt que d’investir dans les routes et les ponts dans le pays, il consacre environ 10 milliards de francs CFA chaque mois au paiement du groupe des Mercenaires russes imposés par Vladimir Poutine et au transfert massif de ressources minières vers la Russie. Les infrastructures, elles, s’effondrent, laissant la population de Sam-Ouandja patauger dans l’oubli, au propre comme au figuré.
le désarmement des combattants rebelles du mouvement 3R suspendu depuis le 8 août 2025
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/desarmement-rebelle-3r-koui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/desarmement-rebelle-3r-koui-450×260.jpg” alt=”Centrafrique : le désarmement des combattants rebelles du mouvement 3R suspendu depuis le 8 août 2025″ width=”450″ height=”260″ />Opération de désarmement des rebelles de 3R menée par les mercenaires de Wagner
Faute de financement, le processus de désarmement des combattants rebelles du mouvement 3R est à l’arrêt depuis le 8 août dernier.
Le désarmement des combattants rebelles du mouvement 3R, lancé vers le 17 juin 2025 après l’accord signé le 19 avril à Ndjamena entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés 3R et UPC, a avancé dès le départ de manière irrégulière. Les opérations ont connu plusieurs interruptions suivies de reprises, avant de se poursuivre jusqu’au vendredi 8 août. Ce jour-là, la Délégation du comité de DDRR a annoncé un nouvel arrêt.
En cause, selon le comité de pilotage,: un manque de financement.
Rappelons que chaque combattant qui dépose les armes reçoit 65 000 francs CFA. Pour le mouvement 3R, cette enveloppe est désormais épuisée. À ce stade, à peine une centaine de leurs hommes ont été désarmés, contre plus de deux cents pour l’UPC.
Les autorités assurent que les opérations devraient reprendre entre le 14 et le 16 août, une fois les fonds arrivés de Bangui. Mais sur le terrain, cette explication passe mal : le gouvernement ne manque pas d’argent pour financer les voyages présidentiels à l’étranger, construire des immeubles ou verser chaque mois environ 10 milliards de francs CFA aux Mercenaires russes. En revanche, il affirme ne pas pouvoir assurer la continuité d’un désarmement pourtant présenté comme essentiel pour la stabilité du pays.
À l’OCRB, Nourd Gregaza, accusé l’d’avoir utilisé un téléphone portable dans sa cellule, vient d’être placé en isolement total dans une cellule à double verrou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” alt=”À l’OCRB, Nourd Gregaza, accusé l’d’avoir utilisé un téléphone portable dans sa cellule, vient d’être placé en isolement total dans une cellule à double verrou” width=”450″ height=”299″ />La principale entrée de l’OCRB du centre-ville
Détenu à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) depuis plus d’un mois, Nourd Gregaza subit désormais un régime d’isolement total, dans une cellule fermée par deux portes verrouillées.
Extrait le 7 juillet 2025 de la prison du Camp de Roux et transféré à l’OCRB, Nourd Gregaza, Président du PRNC, est maintenu depuis lors par cette structure policière bien au-delà du délai légal de rétention fixé par le Code de procédure pénale centrafricain. En tant que prévenu sous mandat de dépôt, sa place devrait être en établissement pénitentiaire, non dans une structure de police judiciaire.
Depuis le retour à l’OCRB de l’ancien ministre Armel Sayo dans la nuit du 29 au 30 juillet, la tension semble baisser autour de Nourd Gregaza. Jusqu’à récemment, il pouvait encore sortir quelques minutes pour prendre l’air et échanger brièvement avec des visiteurs sous surveillance. Puis, brusquement, tout a changé. Un matin, on l’accuse d’avoir utilisé un téléphone. Pourtant, à l’OCRB, il ne possède aucun appareil. Pas de téléphone, pas de radio, pas de télévision. Même les policiers présents affirment ne pas comprendre d’où vient cette accusation.
Depuis le retour à l’OCRB de l’ancien ministre Armel Sayo dans la nuit du 29 au 30 juillet, la tension semble baisser autour de Nourd Gregaza. Jusqu’à récemment, il pouvait encore sortir quelques minutes pour prendre l’air et échanger brièvement avec des visiteurs sous surveillance. Puis, brusquement, tout a changé en quelques minutes. Cette possibilité lui a été retirée. Un matin du vendredi 8 août, la direction l’accuse faussement d’avoir utilisé un téléphone portable. Pourtant, à l’OCRB, il ne possède aucun appareil. Pas de téléphone, pas de radio,. Même certains policiers présents affirment ne pas comprendre d’où vient cette histoire de téléphone portable. En réalité, l’accusation d’avoir utilisé un téléphone, alors qu’il ne dispose d’aucun appareil , a servi de prétexte pour le placer dans une cellule totalement isolée, sans contact extérieur, sans radio.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’ordre ne vient pas de la direction de l’Office. Les instructions auraient été transmises “d’en haut”, sur pression politique directe du ministre d’État, ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène. Dans la foulée, Gregaza est placé à nouveau en isolement complet : cellule verrouillée à double porte, douche à l’intérieur, aucune sortie autorisée, même en journée. Il reste enfermé 24 heures sur 24, totalement coupé du monde extérieur.
Pour des observateurs, ce maintien prolongé à l’OCRB en dehors de tout cadre légal et dans des conditions aussi restrictives constitue non seulement une détention arbitraire, mais aussi un traitement inhumain et dégradant, prohibé par les conventions internationales ratifiées par la République centrafricaine.
Un soldat FACA, pris en flagrant délit de vol du téléphone d’un mercenaire russe, est arrêté et placé en détention à la gendarmerie de Birao
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/12/Un-combattant-du-FPRC-conduit-une-moto-devant-des-passants-sur-la-route-principale-de-Birao-le-20-décembre-2017.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans la ville de Birao CopyrightAFP
Un soldat FACA a été interpellé par les Mercenaires russes du groupe Wagner après avoir été pris en flagrant délit de vol d’un téléphone satellitaire d’un mercenaire russe, localisé grâce au GPS intégré de l’appareil.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’histoire se déroule à Birao, dans le nord-est du pays, à plus de mille kilomètres de Bangui. Cette ville frontalière avec le Soudan et le Tchad accueille depuis quelque temps des soldats FACA et des mercenaires russes. Certains militaires centrafricains sont même détachés pour garder la base russe….
C’est dans ce cadre là que la semaine dernière, un mercenaire russe arrive de la capitale par avion. Comme d’habitude, des soldats FACA vont le chercher à l’aérodrome de Birao, situé à environ 12 kilomètres du centre-ville, et le ramènent à la base….
Le trajet s’est déroulé sans incident apparent. Cependant, une fois arrivé à destination, le mercenaire russe découvre la disparition de son téléphone satellitaire Turaya lors de la vérification de ses effets personnels. Initialement convaincu que l’appareil avait pu chuter durant le transport, il entreprend des recherches infructueuses….
C’est l’activation du système de géolocalisation GPS qui révèle la véritable nature de la disparition. La position transmise par l’appareil conduit directement vers un soldat FACA présent sur la base militaire. La fouille révèle effectivement la présence du téléphone dans la poche du militaire, qui ne parvient pas à fournir d’explication plausible concernant sa possession de l’objet….
Interrogé par les russes, le soldat ne sait pas quoi répondre. Aucune explication cohérente. Aussitôt, ils l’ont conduit devant leur commandant, qui est chef du détachement militaire à Birao….
Face à cette situation compromettante, le commandant du détachement ordonne immédiatement le transfert du suspect à la gendarmerie de Birao pour vol caractérisé….
Mais cette affaire va prendre une tournure plus complexe et inquiétant. Le lendemain de l’incarcération du soldat, deux de ses collègues militaires se présentent à la gendarmerie avec un repas destiné à leur collègue incarcéré. Ces soldats FACA exigent du chef de poste, un gendarme de deuxième classe, que leur camarade soit extrait de sa cellule pour prendre son repas en leur présence….
Le gendarme refuse net. Les consignes sont claires : la nourriture se donne dans la cellule, point final. Il fait son travail, applique les ordres du commandant….
Les deux soldats s’énervent. Pour eux, c’est inadmissible de traiter ainsi “un homme en uniforme”. Ils commencent à menacer le gendarme : “Si on te croise en ville, on va s’occuper de toi“….
Le gendarme ne prend pas les menaces au sérieux. Il dépose le repas dans la cellule et les deux hommes repartent….
Les menaces se concrétisent le vendredi suivant. Alors que le chef de poste effectue une transaction Orange Money au marché, les deux soldats l’identifient et passent à l’acte. Ils l’encerclent, lui portent plusieurs coups et renversent sa motocyclette sur son pied, lui causant des blessures….
L’altercation entre les deux soldats FACA et le gendarme, survenue en plein marché, a rapidement attiré une foule nombreuse. Alerté par l’attroupement, notre journaliste s’est précipité sur les lieux et a pu constater la scène de ses propres yeux. Il a immédiatement engagé des échanges avec des témoins afin de comprendre les circonstances précises de l’incident, ce qui a permis de lancer une enquête pour reconstituer le déroulement exact des faits.
Et ce n’est pas tout! Malgré ses souffrances, le gendarme regagne son poste et rapporte immédiatement l’agression à sa hiérarchie. Le commandant du détachement militaire, alerté des faits, ordonne l’arrestation immédiate de l’agresseur, qui rejoint ainsi son complice dans les cellules de la gendarmerie de Birao….
Cette affaire relance les discussions sur le recrutement dans l’armée centrafricaine. Beaucoup reprochent aux responsables de ne pas faire d’enquêtes sérieuses sur la moralité des nouvelles recrues….
À Birao, plusieurs soldats ont déjà eu des problèmes avec la justice : vols, violences, drogue. Tout cela nuit à la discipline et à la sécurité du détachement….
L’incident montre aussi les tensions qui peuvent naître entre les différentes forces présentes dans cette région sensible du pays….
À Bangui, un général amputé de Wagner félicite les 3R pour leur tactiques de combat
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Les-drones-abandonnes-par-les-mercenaires-russes-de-Wagner-et-repris-par-mes-rebelles-de-3-R.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Les-drones-abandonnes-par-les-mercenaires-russes-de-Wagner-et-repris-par-mes-rebelles-de-3-R-342×450.jpg” alt=”À Bangui, un général amputé de Wagner félicite les 3R pour leur tactiques de combat” width=”342″ height=”450″ />Le drone abandonné par les Mercenaires russes du groupe Wagner dans leur fuite et repris par les rebelles de 3R dans la localité de Ngaoukala.
Un officier russe félicite publiquement les combattants du groupe armé pour leur expertise militaire.
Le 14 juillet dernier, à l’issue de la cérémonie symbolique de désarmement du groupe 3R à Koui, localité située à plus de 500 kilomètres de Bangui, une scène inédite s’est produite sur la base des mercenaires russes de l’aéroport international de la capitale. L’hélicoptère affrété par Wagner pour transporter la délégation mixte – composée du chef des 3R et de ses lieutenants, de conseillers présidentiels, de journalistes et de représentants tchadiens signataires de l’accord de paix du 19 avril 2025 – venait d’atterrir dans l’enceinte militaire russe à l’aéroport international de Bangui Mpoko.
Alors que les participants s’apprêtaient à regagner leurs véhicules, deux figures de Wagner les ont approchés : Dimitri City, responsable du groupe en Centrafrique, et un autre officier russe prénommé également Dimitri, général chargé des opérations militaires. Ce dernier, facilement reconnaissable par ses prothèses remplaçant une main et une jambe perdues, a pris la parole devant toute la délégation.
Face au chef des 3R, aux autorités centrafricaines, aux délégués tchadiens et aux journalistes présents, l’officier mutilé a livré un témoignage aussi direct qu’inattendu : « Ce sont vos tactiques qui ont servi de base à nos méthodes. Nos hommes ont appris sur le terrain grâce à vos façons de combattre ». Poursuivant son allocution improvisée, il a ajouté : « Quand nous sommes arrivés, nous étions surpris par vos manœuvres. C’est en vous affrontant que nous avons compris comment adapter notre stratégie ».
Cette reconnaissance publique d’un haut gradé de Wagner tranche avec le discours habituel du groupe russe, qui se présente comme formateur des forces armées centrafricaines. Pourtant, sur le terrain du nord-ouest du pays, les combattants des 3R ont longtemps tenu tête aux FACA et à leurs alliés russes. Leurs techniques d’embuscade, leur agilité tactique, leur stratégie d’attaque de la base des mercenaires russes très tôt le matin et leurs stratégies de repli ont contraint Wagner à repenser ses modes opératoires.
Plusieurs témoins confirment que les propos du général ont été énoncés clairement, sans ambiguïté, devant l’ensemble de la délégation. Cette reconnaissance mutuelle entre anciens ennemis, exprimée dans l’enceinte même de la base russe, témoigne d’une réalité militaire plus complexe que les discours officiels ne le laissent entrevoir. L’expertise combattante des 3R, forgée dans les maquis du nord-ouest, a visiblement impressionné leurs adversaires russes au point de les amener à adapter leurs propres méthodes.
Cette séquence impromptue à l’aéroport de Bangui démontre ainsi les liens paradoxaux qui unissent parfois combattants ennemis : une forme de respect professionnel né de l’épreuve du feu.
CENTRAFRIQUE : sur la route de l’enfer entre GALO et ABA. QUAND LES SOLDATS FACA DEVIENNENT des grands bandits
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/06/barrière-checkpoint-gendarmes-de-Gallo-dans-la-nan-mambéré-le-17-avril-2020-par-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/06/barrière-checkpoint-gendarmes-de-Gallo-dans-la-nan-mambéré-le-17-avril-2020-par-cnc-450×355.jpg” alt=”Ancienne Barrière de contrôle des gendarmes à Gallo, non loin de Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au nord-ouest de la République centrafricaine.” width=”450″ height=”355″ />Ancienne Barrière de contrôle des gendarmes à Gallo, non loin de Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au nord-ouest de la République centrafricaine. Photo CNC
Entre extorsion et violence, les soldats FACA, les gendarmes, les policiers transforment ce trajet de 70 km entre Gallo et Abba en parcours du combattant pour les usagers.
Sur cette route maudite qui serpente entre Gallo et Abba, la République centrafricaine montre clairement son visage le plus hideux. Ici, à 60 kilomètres de Bouar, l’uniforme militaire n’est plus un symbole de protection mais un étendard de terreur. Les éléments de Forces armées centrafricaines (FACA) ont abandonné leur serment pour endosser le costume des rebelles, transformant chaque kilomètre en un tribunal de racket sauvage où la cruauté règne en maître absolu.
Pendant que le gouvernement centrafricain se félicite d’avoir supprimé les barrages sur l’axe principal Bangui-Béloko, les routes de l’intérieur racontent une histoire différente. À Gallo par exemple, située à 60 kilomètres de Bouar, quitter la route goudronnée pour s’enfoncer vers Aba devient un calvaire financier pour tous les usagers.
Les usagers de cet axe de la mort doivent franchir quatre points de contrôle entre Gallo et Aba : à Gallo, puis à Zarami, Fo et Diba. À chaque arrêt, les FACA exigent de l’argent, accompagnés de gendarmes, policiers, agents phytosanitaires et représentants de la mairie. Cette coalition impose des “droits de passage dit formalité “ qui n’existent dans aucun texte officiel.
Ici, la barbarie ne connaît ni âge ni pitié. Les tarifs de formalité varient selon les documents en possession des usagers. Ceux qui n’ont pas de carte d’identité nationale paient plus cher. Les adolescents de 13 ou 14 ans ne bénéficient d’aucune exemption. Même les bébés accompagnant leurs parents sont comptabilisés dans le “péage”. Une aberration qui montre l’étendue de la prédation.
Des pierres, des troncs d’arbres et des dos d’âne posés sur la route, bloquent physiquement le passage. Impossible de contourner ou de fuir. Les conducteurs de moto, principal moyen de transport dans la région, doivent s’acquitter de taxes pour leur moto en plus des sommes réclamées pour les passagers.
Face à l’urgence de la mort, face aux pleurs d’un mourant qui agonise, ces voleurs en uniforme restent de marbre. Aucune détresse humaine ne peut émouvoir leurs cœurs de pierre. L’argent prime sur la vie, le profit sur la compassion. Un père transportant son enfant mourant vers l’hôpital ? Qu’il paie d’abord la formalité de passage. Une mère en couches en détresse ? Ses gémissements ne vaudront jamais les billets froissés qu’elle devra sortir de son pagne.
Ainsi, dans ce contexte, refuser de payer expose l’usager à des conséquences immédiates : confiscation de la moto ou du vélo, coups, détention. Les agents ne font aucune exception, même en cas d’urgence médicale ou de deuil.
Cette indifférence montre clairement la transformation de ces hommes en uniforme. Ils ne voient plus dans les voyageurs des concitoyens à protéger mais des sources de revenus à exploiter.
Ainsi, les sommes collectées par ces barbares se chiffrent en millions de francs CFA chaque mois. Cet argent remonte la hiérarchie selon un schéma bien connu: les hommes sur le terrain reversent une partie à leurs chefs d’unité, qui transmettent à leur tour aux échelons supérieurs. Une partie des fonds atteint même l’état-major.
Justement, l’état-major, censé incarner l’honneur militaire, se révèle être le cerveau de cette pieuvre tentaculaire. Dans leurs bureaux de Bangui, ils comptent les profits de la terreur, transformant la souffrance populaire en dividendes personnels.
À Gallo, comme à Zawa, Gaga ou Village Carrefour, les habitants ont trouvé les mots justes : “grands bandits”. Cette appellation populaire démasque la réalité crue d’un État qui a abdiqué sa responsabilité première. Quitter l’asphalte de l’axe principal équivaut à franchir les portes de l’enfer, à abandonner toute prétention aux droits humains les plus élémentaires.
Cette géographie de l’horreur ne se limite pas à Gallo-Aba. L’axe Bangui-Damara-Sibut-Bambari-Kaga-Bandoro-Bria – Birao déroule le même scénario d’épouvante, aggravé par la présence des hommes armés qui ajoutent leurs propres couches de violence à cette symphonie de la terreur.
Pendant que le gouvernement centrafricain se glorifie de ses prétendus succès sécuritaires, la réalité du terrain hurle sa vérité : la pacification n’est qu’un déplacement de la violence d’État vers les zones oubliées des médias internationaux. Les FACA ont simplement redistribué leur barbarie, concentrant leur sadisme sur les populations les plus vulnérables.
Cette stratégie montre la perversité d’un système qui préfère masquer ses crimes plutôt que les éradiquer. Les routes secondaires deviennent les laboratoires secrets où s’expérimente l’oppression la plus pure, loin des regards indiscrets de la communauté internationale.
L’axe Gallo-Aba n’est pas une anomalie mais le miroir fidèle d’un État qui s’est mué en prédateur de son propre peuple. Ces 70 kilomètres de terreur crystallisent l’échec moral d’institutions militaires qui ont trahi leur serment le plus sacré.
Sans un démantèlement radical de ces fiefs de la corruption, sans une purge impitoyable de ces criminels en uniforme, sans une refondation complète du système sécuritaire centrafricain, Galo-Aba restera ce qu’elle est devenue : un monument à la cruauté d’État, un mausolée de la dignité humaine assassinée par ceux-là mêmes qui jurèrent jadis de la protéger.
La route continue de s’étendre, indifférente, sous le soleil centrafricain. Mais sur son bitume brûlant, ce ne sont plus des kilomètres qui se comptent : ce sont des larmes, du sang et de la honte. La honte d’un pays qui a perdu son âme sur les barrages de ses propres soldats.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos
Trois attaques en quelques heures, habitants dépouillés, commerces vidés, et le Président Touadera, comme dans son habitude, détourne le regard.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le samedi 9 août 2025, des mercenaires russes de Wagner, en provenance de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, se sont dirigés vers le village de Toubanko, situé à dix kilomètres au sud-ouest de Koui. Leur arrivée a marqué le début d’une série d’attaques méthodiques qui allaient plonger la population dans la peur et la colère.
À l’entrée du village, ils ont bloqué tous les taxis-motos et motos particulières. Chaque conducteur et chaque passager a été fouillé. L’argent trouvé a été immédiatement confisqué, pour un montant estimé à 240 000 francs CFA. Cette première étape n’était qu’un prélude à une opération plus large.
Poursuivant leur avancée, ils sont entrés dans le centre du village et ont pris pour cible les commerces. Dans l’une des boutiques, ils ont vidé les étagères, emportant marchandises, boissons et jus, qu’ils ont commencé à consommer sur place, installés sur des chaises qu’ils venaient de s’approprier sur le lieu. La scène se déroulait au vu de tous, dans une atmosphère d’intimidation silencieuse.
Lorsque le propriétaire de la boutique est arrivé par surprise, l’un des mercenaires Russes lui a adressé un signe de main accompagné d’un « good » en anglais. Le propriétaire, pris de court, a répondu machinalement : « good », sans savoir comment réagir face à ces hommes armés qui occupaient son commerce.
Vers onze heures, après avoir terminé tranquillement leur pillage, les mercenaires ont repris la route en direction de Koui, laissant derrière eux un village dépouillé et meurtri. Ce type d’attaque, répété dans plusieurs localités, se déroule sans la moindre réaction officielle. À Bangui, le président Faustin-Archange Touadéra poursuit sa collaboration avec ces hommes, leur offrant un terrain d’action sans contrôle ni sanction, au détriment de la sécurité et de la dignité des habitants.