Flash infos sur l’affaire ENABELE : Démenti? La honte. Le communiqué pathétique d’une agence belge qui tente de camoufler sa honte
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/IMG-20240220-WA0065.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/IMG-20240220-WA0065-450×283.jpg” alt=”Flash infos sur l’affaire ENABELE : Démenti? La honte. Le communiqué pathétique d’une agence belge qui tente de camoufler sa honte” width=”450″ height=”283″ />Le président Faustin Archange Touadera en costume bleu, endormi complètement lors d’une conférence internationale
Le communiqué publié par l’Agence belge de coopération internationale Enabel, daté du 20 juin 2025, en réponse à notre article exclusif du 16 juin intitulé « Les dessous de l’affaire de l’agence belge Enabel en RCA », est une tentative désespérée, biaisée et franchement honteuse de masquer une réalité que tout le monde à Bangui connaît. Le mieux pour Enabel aurait été de se taire, de rester discrètement dans son coin, plutôt que de produire un démenti aussi pathétique qui ne fait qu’enfoncer l’agence dans le ridicule.
Enabel prétend démentir « formellement et catégoriquement » les faits que nous avons minutieusement recoupés auprès de dizaines de sources concordantes : des techniciens d’Enabel eux-mêmes, des gendarmes de la Section de Recherche et d’Investigation (SRI), des éléments de la Garde présidentielle, et même des témoins directs dans le quartier où l’incident s’est produit. Selon Enabel, aucune arrestation n’a eu lieu, aucun trouble n’a été enregistré, et l’épisode des antennes satellites – à l’origine de cette affaire rocambolesque – remonterait à plus d’un an et aurait été géré « en toute transparence ». Vraiment ? Alors, comment expliquer que cet incident, loin d’être ancien, a provoqué un tsunami interne au sein de l’agence, au point qu’une délégation venue de Kinshasa soit actuellement à Bangui pour gérer la crise ?
Nos informations, recoupées avec rigueur, confirment que l’incident lié à l’installation d’antennes satellites, confondue par une maitresse du Président Touadera avec des « caméras de surveillance », a bien eu lieu récemment. Cette méprise a conduit à une intervention musclée des forces de l’ordre, instrumentée sur ordre présidentiel, et à l’interpellation humiliante du personnel d’Enabel. Plutôt que de remonter l’information à leurs supérieurs à Kinshasa, les responsables nationaux de l’agence en Centrafrique, y compris le chef de la sécurité et le représentant pays, ont tenté de camoufler l’affaire. Résultat : la fuite de l’information dans la presse a provoqué une onde de choc au sein de l’agence, et les voilà aujourd’hui dans l’embarras, face à une délégation venue exiger des comptes.
Enabel ose demander à Corbeau News Centrafrique de « supprimer » son article et de relayer son démenti. Quelle arrogance ! La presse n’est pas à la solde des agences internationales. Notre rôle est d’informer, de révéler la vérité, et non de servir de caisse de résonance à des communiqués mensongers. Ce communiqué d’Enabel est l’exemple palpable de la peur qui tenaille toutes les agences des nations-unies et les ONG internationales à Bangui. Elles vivent dans la crainte des autorités centrafricaines, de leurs arrestations, et des Mercenaires russes qui rôdent. Pour préserver leurs postes, leurs primes, et leur présence en Centrafrique, elles sont prêtes à tout : même à produire des démentis risibles pour « sauver les apparences ».
Enabel devrait avoir honte. Une agence de cette envergure, représentant officiellement la coopération belge, ne devrait pas s’abaisser à de telles manœuvres. Si ce communiqué est réellement officiel, c’est une humiliation pour l’agence. S’il est l’œuvre d’une cellule de communication agissant dans l’ombre, comme certaines sources l’explique, c’est encore pire : cela montre un dysfonctionnement interne et une panique généralisée.
À Enabel, nous posons ces questions simples : connaissez-vous l’identité de la voisine qui a déclenché cette affaire ? Savez-vous ce que le président Touadéra a fait ce jour-là ? Connaissez-vous les techniciens et militaires envoyés pour intervenir ? Si vous ignorez tout cela, comme il semble, alors fermez-la ! Tenter de nier des faits documentés, vérifiés auprès de multiples sources fiables, est une insulte à l’intelligence des Centrafricains et à la déontologie journalistique.
Nous, à Corbeau News Centrafrique, ne plaisantons pas. Notre équipe d’investigation, forte de ses innombrables sources à travers le pays, suit chaque détail de près. Que ce soit au sein d’Enabel, de la gendarmerie, ou même dans l’entourage du président, nous savons ce qui se passe. Et nous continuerons à le révéler, sans peur ni complaisance. Alors, un conseil à Enabel et à toutes les agences qui seraient tentées de jouer à ce jeu : évitez de raconter des bêtises. Vous pouvez essayer de camoufler, de manipuler, mais la vérité finit toujours par éclater.
Nous réitérons notre appel à la population centrafricaine et à la communauté internationale : rejoignez notre communauté, suivez nos chaînes officielles.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino-bon-2.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino-bon-2-450×300.png” alt=”paris sportifs et jeux en ligne” width=”450″ height=”300″ />
Les sites de paris en ligne sont devenus courants en Afrique francophone. En Guinée-Conakry, beaucoup de personnes utilisent leur téléphone pour miser sur des matchs. Mais comprendre les cotes n’est pas toujours simple. Ce point reste pourtant essentiel pour bien jouer.
Sur des plateformes connues comme la https://1xbet.com.gn, les joueurs rencontrent souvent différents formats de cotes. Ces chiffres indiquent les gains possibles et le niveau de risque. Il est donc utile de savoir les lire avant de miser.
Types de cotes les plus utilisés
Les cotes décimales sont les plus visibles sur les sites francophones. Elles sont faciles à comprendre. Une cote de 2.00 signifie que la mise sera doublée en cas de victoire. Certains sites proposent aussi des cotes en fractions (comme 5/1 ou 7/2), mais ce format reste rare dans la région. Les cotes américaines sont encore moins utilisées.
Il suffit donc de retenir ceci : plus la cote est haute, plus le gain est grand, mais la chance que cela arrive est souvent plus faible.
Suivre les cotes depuis son téléphone
Beaucoup de parieurs préfèrent les applications mobiles. Elles sont plus rapides et faciles à utiliser. Certains choisissent de télécharger 1xbet sur Android pour accéder rapidement aux événements, suivre les scores et placer leurs mises.
Ces applis montrent aussi les variations de cotes. Quand une équipe perd un joueur important ou que la météo change, les cotes bougent. Les applications affichent ces changements avec des couleurs pour que les joueurs les remarquent vite. Cela permet de décider à quel moment miser.
Avant de valider un pari, il est utile de :
Comparer les cotes sur plusieurs plateformes.
Vérifier les dernières infos sportives.
Utiliser les options comme le cash-out si disponible.
Ces réflexes aident à mieux gérer son budget et à éviter les décisions précipitées.
Pourquoi les cotes ne sont jamais fixes
Les cotes changent souvent. Elles évoluent selon les mises des autres joueurs, les actualités du match, ou les performances passées. Par exemple, si beaucoup de monde parie sur le même résultat, la plateforme ajuste la cote pour équilibrer le risque.
Certains parieurs attendent les offres ponctuelles. Ils guettent des bonus comme 1xbet promo code today à utiliser pendant les grands matchs. Cela leur permet de miser avec un petit avantage, sans avoir besoin de déposer beaucoup.
Sur les plateformes bien conçues, les changements sont mis à jour toutes les deux minutes. Les joueurs peuvent suivre ces mouvements et décider s’ils doivent rester sur leur pari initial ou changer de stratégie.
Apprendre à lire les cotes : une habitude locale
En Guinée-Conakry, les gens s’habituent peu à peu à lire les cotes. Dans les cafés ou chez les revendeurs de crédit, on voit souvent des groupes en train de discuter d’un match ou d’un pari. Cette lecture devient une compétence partagée.
Les sites s’adaptent aussi à cette évolution. Ils proposent des pages explicatives simples et des aides visuelles. Cela facilite l’entrée dans le monde du pari, même pour ceux qui débutent.
Comprendre les cotes permet de mieux anticiper. C’est une façon de jouer avec plus de logique. Il ne s’agit pas seulement de chance. Un joueur qui sait lire une cote peut limiter ses pertes et augmenter ses gains.
Aujourd’hui, savoir lire une cote est aussi important que savoir sur qui parier. Ce savoir se transmet souvent entre amis, dans les discussions quotidiennes, sans prétention mais avec efficacité. Les plateformes qui accompagnent cette pratique locale ont plus de succès.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino-bon-image1.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino-bon-image1-450×450.png” alt=”Expected Goals: Comprenez et Pariez avec Intelligence” width=”450″ height=”450″ />
L’Expected Goals, ou xG, est une métrique qui a changé la manière dont les supporters et les parieurs analysent les matchs. Dans cet article, vous allez comprendre comment fonctionne le xG, pourquoi il est important et comment utiliser ces données pour prendre des décisions plus intelligentes. Sans formules compliquées, juste des explications claires et pratiques.
Qu’est-ce que l’Expected Goals (xG)?
L’Expected Goals, ou simplement xG, est un chiffre qui montre la probabilité qu’une tentative se termine en but, un concept utilisé même sur des plateformes comme https://www.1xbet.mg pour analyser les performances des équipes avant de parier. Il varie entre 0 et 1, reflétant la qualité d’une occasion, ce qui peut être crucial pour mieux comprendre les cotes proposées par des sites de paris sportifs. Plus la chance est nette, plus la valeur est élevée.
Par exemple:
Un tir à bout portant peut avoir un xG de 0,75.
Un tir de loin peut avoir un xG de 0,05.
L’idée est simple: mesurer la qualité des occasions créées. Le xG ne dépend pas du score final. Il montre ce qui aurait dû arriver en fonction des chances, et non ce qui s’est réellement passé. Cette métrique aide à voir au-delà du résultat. Une équipe peut perdre 1-0, mais avoir créé plus d’occasions. Cela peut indiquer une force offensive et un coup de malchance.
Comment le xG est-il calculé?
Le xG analyse plusieurs facteurs, notamment:
La distance du tir au but
L’angle de la tentative
Le type de passe (passe courte, centre, corner)
La situation de jeu (contre-attaque ou coup franc)
La position des défenseurs et du gardien
Grâce à ces éléments, des algorithmes analysent des milliers de situations passées pour prédire les chances de but, une technologie que l’on retrouve aussi dans des applications comme 1xbet apk à télécharger maintenant, très populaire pour parier en direct.
Ces données proviennent d’entreprises spécialisées en statistiques sportives, et de nombreux sites proposent aujourd’hui des graphiques xG par match, facilitant ainsi l’analyse des performances.
Comment le xG peut aider dans les paris
Le xG ne prédit pas l’avenir. Mais il révèle des tendances que beaucoup consultent avant de miser, notamment sur un site 1xbet pour parier en ligne, reconnu pour ses analyses et options variées. Et les tendances, c’est de l’or pour parier avec responsabilité.
Voici comment utiliser cette métrique concrètement:
Analyse des performances réelles: une équipe avec un xG élevé mais peu de buts a peut-être de bonnes occasions, mais est temporairement malchanceuse.
Détection de surperformance: une équipe qui marque beaucoup avec un faible xG est très efficace, mais cela ne dure souvent pas.
Comparaison entre équipes: dans des matchs serrés, comparer les xG des 5 derniers matchs montre qui crée le plus de danger.
Paris sur marchés spécifiques: le xG aide pour les paris « les deux marquent » ou «total de buts». Si les deux équipes ont un xG élevé, le risque de buts augmente.
Exemple pratique
Imaginez deux équipes:
Équipe A: moyenne de xG de 2,1 sur les 5 derniers matchs.
Équipe B: moyenne de xG de 0,9 sur la même période.
Même si l’Équipe B a gagné plus souvent, parier sur l’Équipe A est plus rationnel car elle crée plus d’occasions réelles.
Précautions et limites
Le xG est puissant, mais pas parfait.
Il ne prend pas en compte les cartons, absences ou changements tactiques.
Il ne mesure pas l’efficacité individuelle des joueurs.
Parfois, de grosses défaites faussent la moyenne.
Il doit donc être combiné à d’autres informations. Pas de formule magique, mais le xG réduit le facteur chance.
Bonnes pratiques pour parier avec conscience
Les paris sportifs sont un divertissement. Les gains ne sont jamais garantis. Le contrôle émotionnel et l’usage de données sont essentiels.
Quelques conseils:
Fixez un budget mensuel pour vos mises.
Ne cherchez pas à récupérer vos pertes impulsivement.
Évitez de parier sur des matchs non analysés.
Utilisez des outils comme le xG pour décider avec des données, pas au hasard.
L’Expected Goals est un outil utile et accessible. Il rend le football plus visuel et logique. Bien utilisé, il aide à analyser les paris, toujours avec responsabilité. Il ne s’agit pas de prédire à coup sûr, mais de mieux comprendre le jeu. Le secret? Allier intuition, données et maîtrise de soi.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-casino1-450×247.jpg” alt=”Économie 2025 : tendances actuelles et opportunités de croissance” width=”450″ height=”247″ />
La France a toujours eu une réputation vibrante dans le domaine des sports, et les paris sur les événements sportifs forment aujourd’hui une acquisition pour la culture sportive rapide. En 2025, le secteur des paris en France continue d’évoluer rapidement, contribuant largement à l’économie française. Le développement du secteur des paris sportifs est facilité par les technologies hautes et les plateformes novatrices qui facilitent le processus en l’émeulant à tout individu. Par exemple, la plateforme afropari.com permet aux parieurs de trouver rapidement des sites de paris fiables, de participer à des promotions et d’être informer des dernières nouvelles du secteur. Les utilisateurs modernes apprécient de plus en plus les formats en ligne qui leur permettent de présager ou de parier sur les matchs à tout moment de la journée sans quitter leur domicile. Cette tendance non seulement diversifie la culture du divertissement, mais entraîne également la contribution de plusieurs secteurs associés, notamment des emplois hautement qualifiés: informatique, marketing et analyse.
L’économie de l’impact du marché du paris development
Les paris et autres événements gagnent au Trésor de l’État des recettes importantes en taxes et redevances. Les chiffres officiels montrent comment la croissance de la branche des paris contribue au budget et à la croissance de la branche du divertissement et du service. Cela crée un milieu favorable à l’épanouissement de nouveaux développements, à l’expansion touristique et à la tenue d’événements sportifs.
En outre, pour de nombreux Français, les paris sont devenus une manière de gagner un revenu complémentaire, voire d’entreprendre une mutation professionnelle. De plus en plus d’intéressés s’orientent vers la possibilité de gagner de l’argent grâce à la pronostication, l’analyse et les dernières actualités du secteur.
Nouvelles technologies dans les paris sportifs
Tout le monde le sait: la numérisation booste le marché des paris sportifs. En 2025, les applications mobiles se développent en France, facilitant l’accès aux paris et permettant de gérer ses pronostics en temps réel. Avec des applis comme afropari télécharger apk, il est facile de se connecter, de parier et de suivre les résultats en quelques clics. Ces applications sont super populaires chez les jeunes qui recherchent rapidité et simplicité. Elles aident à rendre le marché des paris accessible à tous et suscitent un plus grand intérêt pour le sport.
Diffusions et communautés: une nouvelle dimension
Les diffusions en direct et les communautés en ligne jouent un rôle crucial dans le monde des paris. Des services comme https://afropari.com/fr/live permettent non seulement de suivre des événements sportifs en direct, mais aussi de discuter de pronostics et de partager des expériences avec d’autres utilisateurs. Ces formats nouveaux boostent l’implication des parieurs et rendent le pari plus interactif.
Pour beaucoup de Français, c’est devenu un loisir culturel, et pour les entreprises, c’est une chance d’élargir leur audience et de fidéliser leurs clients.
Les avantages des paris sportifs en ligne aujourd’hui
Les sites de paris en ligne offrent plusieurs atouts qui les rendent vraiment intéressants. Voilà quelques-uns:
On peut parier de n’importe où, que ce soit en France ou à l’étranger.
Les transactions sont sécurisées et transparentes.
Il y a un grand choix d’événements sportifs et de cotes.
On peut profiter de promotions et de bonus.
Les infos et analyses sont régulièrement mises à jour.
L’assistance est de bonne qualité.
Tous ces points rendent le secteur français des paris sportifs attractif pour les nouveaux venus. Chaque année, les technologies avancent et les utilisateurs veulent un service de meilleur qualité.
À Bangui, le BIR, censé protéger, sème la peur. Rackets, violences et meurtres transforment cette unité en milice, défiant l’ordre dans la capitale.
En effet, dans les rues de Bangui, capitale du pays de Boganda, pays de Zo Kwé zo, désormais, la peur s’installe. Le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), créé en 2024 par le président Faustin Archange Touadéra, présenté comme une force d’élite pour sécuriser la capitale centrafricaine, sème au contraire la terreur. Rackets, braquages, violences et assassinats : les agissements de cette unité rappellent les pires dérives des milices armées dans les favelas du Brésil, où des groupes imposent leur loi par la force. À Bangui, les habitants des quartiers comme Kpetènè, Yakité ou le tremplin ne parlent plus de protection, mais d’oppression.
Une vague de violences dans la capitale
Le 28 mai 2025, un jeune de 17 ans est abattu par des éléments du BIR dans le quartier Kpéténé du sixième arrondissement de Bangui. Admis à la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) au centre-ville, il succombe à ses blessures. La nouvelle met le feu aux poudres : des jeunes du quartier, révoltés, forcent l’entrée de la clinique, récupèrent le corps et marchent vers le rond-point zéro pour exiger des comptes. Quelques semaines plus tôt, dans le même sixième arrondissement, au quartier Kpéténé, un policier, le Major Onzo William, en permission à Bangui, est tué à bout portant par un élément du BIR. Ces drames ne sont pas des exceptions. À Yakité comme à Kpéténé, chaque soir, les militaires du BIR bloquent les rues, extorquant 100 à 1 500 FCFA aux conducteurs de motos, tricycles et voitures. Les habitants racontent des intrusions nocturnes dans les maisons, des vols de téléphones, d’argent, de motos, sous la menace d’armes.
Justement, rappelons-le, un incident s’est produit le 6 octobre 2024 dans le quartier Bazanga du troisième arrondissement. Trois soldats du BIR, armés, s’introduisent chez un commerçant, volent une moto et un téléphone. Alertés, les voisins se mobilisent et maîtrisent l’un des militaires, qui tente de s’échapper en tirant, blessant une personne. La foule, excédée, le blesse gravement avant l’intervention de ses collègues. Ces actes, documentés par des témoins et des journalistes, dressent le portrait d’une unité qui agit en toute impunité.
Une brigade ethnique sous le sceau du pouvoir
Le BIR, créé pour contrer les rebelles en province, concentre ses actions dans la capitale, notamment autour des quartiers sensibles comme le troisième arrondissement. Sa composition pousse à s’interroger : selon des témoignages, l’unité est majoritairement formée de membres de l’ethnie du président Touadéra, alimentant les soupçons d’une force conçue pour consolider son pouvoir plutôt que pour protéger la population. Cette proximité ethnique rappelle les milices brésiliennes, où des groupes armés, souvent liés à des intérêts politiques, contrôlent des territoires entiers.
Un autre épisode s’est déroulé devant le commissariat du 5e arrondissement. Une patrouille conjointe entre la police et le BIR tourne à l’affrontement lorsque le capitaine du BIR, furieux de ne pas avoir été informé de l’opération, agresse physiquement un brigadier de police. Ses hommes tirent en l’air, semant la panique. Ce mépris pour les autres forces de l’ordre montre une unité qui se place au-dessus des lois, agissant comme une milice autonome.
Un écho des favelas brésiliennes
Les agissements du BIR évoquent les dynamiques des favelas de Rio de Janeiro, où des groupes armés, comme le Comando Vermelho ou les milices paramilitaires, imposent leur domination par la violence et l’extorsion. Dans les favelas, des factions rackettent les habitants, contrôlent les services et s’affrontent avec la police, souvent corrompue. À Bangui, le BIR adopte des pratiques similaires : barrages routiers illégaux, extorsion, intrusions violentes dans les domiciles. Comme dans les favelas, la population vit dans la peur, coincée entre des forces censées la protéger et des actes criminels. Au Brésil, les milices, souvent formées d’anciens policiers, promettaient de chasser les trafiquants, mais se sont transformées en organisations mafieuses, rackettant les habitants pour des “services de protection”. Le BIR suit un chemin comparable : présenté comme une réponse aux désordres, il devient une source d’insécurité.
Un silence officiel qui alimente la colère
Malgré les promesses du chef d’état-major, le général Zéphirin Mamadou, de punir les abus, rien ne change. En avril 2025, une vidéo montrant des soldats tabassant des femmes à Yaloké avait provoqué un tollé. Le général avait multiplié les déclarations, visitant des bases pour admonester les troupes. Mais à Yakité ou dans le sixième arrondissement, les pratiques continuent, comme si ces avertissements n’étaient que des mots. Ce silence des autorités, combiné à l’impunité des soldats, rappelle le laxisme des pouvoirs publics brésiliens face aux milices des favelas, où les arrestations de policiers corrompus restent rares. Les habitants de Bangui, à bout, expriment leur ras-le-bol. “On veut la sécurité, pas des militaires qui nous volent”, lance une commerçante de Yakité. Un leader communautaire du sixième arrondissement ajoute : “On nous avait promis une armée disciplinée, mais ceux qui portent l’uniforme nous font peur.” La mort d’un policier et d’un jeune de 17 ans a transformé la frustration en colère ouverte, avec des manifestations qui secouent la capitale….
Crise au Sein du MCU : Firmin Ngrebada, Député de Boali, Écarté des Primaires du Parti Présidentiel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/08/Le-president-Touadera-et-lancien-Premier-ministre-elu-depute-de-Boali-Firmin-NGREBADA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le président Touadera et l’ancien Premier ministre, élu, député de Boali, Firmin NGRÉBADA
Les soubresauts politiques qui agitent le Mouvement Cœurs Unis révèlent aujourd’hui une fracture profonde au sein de la formation présidentielle centrafricaine. L’éviction de Firmin Ngrebada, ancien Premier ministre et figure emblématique du parti de Faustin-Archange Touadéra, des primaires de Boali constitue un épisode révélateur des tensions internes qui minent l’unité du MCU à l’approche des échéances électorales de 2025.
Le déclin d’un dignitaire
Firmin Ngrebada, qui dirigeait les destinées gouvernementales de la République centrafricaine entre 2019 et 2021, traverse actuellement une période d’isolement politique. Député de la circonscription de Boali depuis 2020, cet ancien proche du président Touadéra se trouve désormais en marge des instances dirigeantes du MCU, victime d’une marginalisation progressive qui interroge sur les mécanismes de gouvernance interne du parti au pouvoir.
L’homme qui aspirait à présider l’Assemblée nationale lors de son élection en 2020 a vu ses ambitions contrariées par le choix présidentiel de porter Simplice Mathieu Sarandji à ce poste stratégique. Cette première déconvenue annonçait déjà les difficultés à venir pour l’ancien chef du gouvernement, dont l’influence déclinait à mesure que les cercles du pouvoir se refermaient autour de nouvelles figures.
Les germes d’une rupture
La révocation de Ngrebada de la Primature en juin 2021, au profit d’Henri-Marie Dondra, son ancien ministre des Finances, a cristallisé les tensions latentes entre l’ex-Premier ministre et l’entourage présidentiel. Cette décision, perçue comme un désaveu politique, a relégué Ngrebada au rang de simple parlementaire, position qu’il acceptait difficilement compte tenu de son parcours et de ses prétentions.
Les relations se sont davantage détériorées lorsque des rumeurs de tentative de déstabilisation ont circulé dans les couloirs du pouvoir. Le retrait de la protection rapprochée assurée par des éléments russes, officiellement justifié par des préoccupations sécuritaires, a accentué l’isolement de l’ancien dignitaire. Les incidents survenus à Boali, attribués à tort ou à raison à son entourage, ont fourni les arguments nécessaires à cette mise à l’écart sécuritaire.
Une dénonciation qui fait scandale
En avril dernier, Ngrebada a franchi une ligne rouge en dénonçant publiquement les irrégularités observées lors de la mise à jour des fichiers électoraux dans sa circonscription. Sur les ondes radiophoniques, il a accusé des responsables politiques d’organiser des transferts frauduleux d’électeurs depuis les quartiers populaires de Bangui vers Boali. Cette sortie médiatique, interprétée comme une critique directe des méthodes du MCU, a définitivement scellé sa mise à l’index.
L’appel lancé à l’Autorité Nationale des Élections pour garantir la transparence du processus électoral montrait une rupture consommée avec la direction du parti. Cette prise de position publique, rare dans le contexte centrafricain où la discipline partisane prévaut généralement, témoignait de la profondeur du différend opposant Ngrebada aux instances dirigeantes du MCU.
L’humiliation des primaires
Le samedi 14 juin 2025, les primaires du MCU organisées à Boali ont consacré l’éviction définitive de Firmin Ngrebada. L’absence de son nom sur la liste des candidats a créé un électrochoc dans cette circonscription qui l’avait massivement plébiscité en 2020. David Bounginza, désigné par la direction du parti, a remporté le scrutin avec 75 voix contre 4 pour son adversaire Bissabokoyo JeanFrançois, sous le regard de la sous-préfète Solange Molokomboka.
Cette mise à l’écart pousse à s’interroger sur les modalités de cette exclusion. Les responsables du MCU n’ont fourni aucune explication officielle sur cette décision, alimentant les spéculations sur les véritables raisons de cette éviction. L’hypothèse d’une candidature indépendante de Ngrebada demeure plausible, bien qu’aucune déclaration publique n’ait été faite en ce sens.
Les fractures du parti présidentiel
Cette crise révèle l’état des divisions internes qui traversent le MCU. Les luttes d’influence et les rivalités personnelles fragmentent une formation politique qui se voulait unie autour de la figure présidentielle. Les cadres du parti, soucieux de préserver leurs positions, n’hésitent plus à évincer leurs concurrents potentiels dans une logique de consolidation de leurs acquis.
Pour les populations de Boali, cette situation génère une incompréhension légitime. Nombreux sont ceux qui avaient accordé leur confiance à Ngrebada en 2020, convaincus qu’il saurait défendre leurs intérêts à l’Assemblée nationale. Cette mise à l’écart spectaculaire provoque des questionnements sur la représentativité démocratique et le respect des choix exprimés par les électeurs.
Une tentative de riposte maladroite
Dans sa quête de reconquête d’une visibilité politique, Ngrebada a récemment commis un impair diplomatique en critiquant la rencontre entre le président tchadien Mahamat Idriss Déby et l’ancien président centrafricain François Bozizé en Guinée-Bissau. Cette intervention, rapidement désavouée par Touadéra qui révélait avoir été informé de cette rencontre, a renforcé l’image d’un homme politique déconnecté des réalités diplomatiques.
Cette nouvelle maladresse a confirmé aux yeux de nombreux observateurs que Ngrebada ne disposait plus des canaux d’information privilégiés qui caractérisaient son époque de responsabilité gouvernementale. Elle a également démontré sa difficulté à adapter son discours à sa nouvelle position politique….
Loi sur les influenceurs : le gouvernement Toidera prépare-t-il une dictature numérique ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Bruno-Yapande-ministre-en-charge-de-lAdministration-du-territoire-Une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-Texte-possible-Paroisse.-Merit-Ausiliatrice.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Bruno-Yapande-ministre-en-charge-de-lAdministration-du-territoire-Une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-Texte-possible-Paroisse.-Merit-Ausiliatrice-450×270.jpg” alt=”Loi sur les influenceurs : le gouvernement Toidera prépare-t-il une dictature numérique ?” width=”450″ height=”270″ />Bruno Yapande, ministre en charge de l’Administration du territoire Une personne parlant dans un microphone devant une foule de personnes Texte possible Paroisse. Merit Ausiliatrice
Lors du Conseil des ministres du 12 juin 2025, le gouvernement centrafricain a adopté un projet de loi controversé visant à encadrer les “personnes menant des activités d’influence” en République centrafricaine (RCA). Présenté comme une mesure pour protéger la souveraineté nationale face aux “menaces” des acteurs étrangers, ce texte pousse à s’interroger : le président Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement cherchent-ils à instaurer une dictature numérique en muselant toute voix critique sous prétexte de sécurité ?
Le ministre chargé de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local, Bruno Yapandé, a justifié ce projet en invoquant la nécessité de contrer les “activités d’influence” exercées “sous la direction ou le contrôle d’une influence étrangère” pour “promouvoir les intérêts” d’autres nations. Mais derrière ce jargon vague, quelles sont les véritables intentions ?
Le texte, qui sera bientôt soumis à l’Assemblée nationale, reste flou sur la définition d’une “influence étrangère” et sur les critères qui désigneraient une personne comme “influenceur” à réguler. Blogueurs, journalistes indépendants, activistes de la société civile, voire opposants politiques pourraient-ils être ciblés sous ce prétexte ?
Dans un pays où l’accès à l’information est déjà limité et où les réseaux sociaux servent de plateforme essentielle pour les débats publics, ce projet de loi fait craindre une répression numérique sans précédent. En comparant la RCA à d’autres régimes autoritaires ayant adopté des lois similaires – comme la Russie avec sa législation sur les “agents étrangers” ou la Chine avec son contrôle strict d’Internet –, des observateurs s’inquiètent d’une dérive vers un État policier numérique.
“C’est une porte ouverte à la censure arbitraire”, dénonce un activiste centrafricain sous couvert d’anonymat. “Si vous critiquez le gouvernement sur X ou ailleurs, vous risquez d’être étiqueté comme un agent de l’étranger.”
Le contexte politique renforce ces soupçons. Depuis l’adoption de la Constitution de la 7e République en août 2023, le gouvernement Touadéra tente par tous les moyens à consolider son pouvoir en marginalisant l’opposition et en limitant les espaces d’expression. L’opération Kwa ti Kodro, mobilisant des associations pro-Touadéra comme “Touadera Encore” ou “Touadera Nouvelle Vision”, explique cette stratégie de contrôle de l’espace public. Avec ce nouveau projet de loi, le régime semble désormais vouloir s’attaquer à l’espace virtuel, où les critiques contre la gestion des ressources minières, les crises humanitaires ou les alliances géopolitiques (notamment avec la Russie) se multiplient.
Les défenseurs du texte arguent qu’il s’inspire de lois adoptées dans des “pays développés” pour protéger les intérêts nationaux. Mais en RCA, où la transparence gouvernementale est souvent mise en doute, comment croire que ce cadre juridique ne sera pas détourné pour servir des intérêts politiques ? L’absence de débat public préalable et la rapidité avec laquelle le projet a été adopté en Conseil des ministres alimentent les craintes d’une instrumentalisation.
Alors que la RCA fait face à des défis majeurs – épidémies, déplacements forcés, insécurité chronique –, pourquoi le gouvernement priorise-t-il une loi aussi controversée ? Est-ce une tentative désespérée de contrôler le narratif à l’approche d’échéances électorales ou d’événements comme la table ronde des investisseurs du PND 2024-2028 ? Une chose est sûre : en s’aventurant sur le terrain glissant de la régulation numérique, le gouvernement Touadéra risque d’attiser la méfiance de sa population et d’attirer les condamnations internationales.
Si ce projet de loi est adopté sans amendements clairs garantissant les libertés fondamentales, la RCA pourrait basculer dans une nouvelle ère de surveillance et de répression….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Les-mercenaires-russes-en-patrouille-dans-la-ville-de-Paoua.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les Mercenaires russes en patrouille dans la ville de Paoua . Photo CNC
Dans la préfecture de Lim-Pendé, les habitants de Paoua vivent dans l’angoisse face aux annonces de couvre-feux des mercenaires russes, mesures proclamées puis abandonnées sans explication à chaque fois.
La tension monte à Paoua depuis plusieurs jours. Cette ville, chef-lieu de la préfecture de Lim-Pendé, fait face à une situation particulièrement spectaculaire. Les mercenaires du groupe Wagner y annoncent régulièrement des couvre-feux sans concertation avec les autorités administratives locales, créant un climat d’incertitude permanent.
L’exemple le plus récent explique parfaitement cette confusion. Mardi dernier, les mercenaires russes ont proclamé l’instauration d’un couvre-feu de 18h00 à 05h00 du matin. Pourtant, ni mardi ni mercredi, cette mesure restrictive n’a été mise en œuvre. Cette incohérence alimente les interrogations des habitants sur les véritables intentions de ces annonces.
Devant ces proclamations contradictoires, une question préoccupe particulièrement la population : s’agit-il réellement de mesures sécuritaires ou d’une stratégie pour faciliter d’autres activités illicites du groupe Wagner ? Les habitants expriment leurs craintes que ces couvre-feux annoncés servent de prétexte à des opérations de braquage et de pillage. Connaissant les antécédents des mercenaires en matière de saisies de biens dans les domiciles, la population redoute que ces restrictions nocturnes ne cachent d’autres intentions.
Cette méfiance s’étend également au secteur du transport. Les conducteurs de taxis-motos subissent quotidiennement la pression des mercenaires russes, indépendamment des annonces de couvre-feu. Les saisies forcées de véhicules à deux roues se multiplient, créant un climat de peur permanent chez ces travailleurs. Cette situation pousse les chauffeurs à adopter des stratégies d’évitement, fuyant dès la présence des mercenaires russes.
L’atmosphère générale de la ville s’en trouve profondément affectée. Entre les annonces de couvre-feux et les pratiques quotidiennes de confiscation des motos, les habitants ne savent plus à quoi s’attendre. Cette imprévisibilité paralyse progressivement l’activité économique locale et maintient la population dans un état d’anxiété constant….
Mbaïki : tensions au MCU après le retrait de Kakpayen des primaires
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/06/Bruce-Kevin-Kakpayen.png” data-wpel-link=”internal”>Bruce Kévin Kakpayen, député de Mbaïki 1, lors de sa conférence de presse, le 26 mai 2022
Le député Brice Kevin Kakpayen a annoncé son retrait des primaires du Mouvement Cœurs Unis (MCU) dans la circonscription de Mbaïki 1, affichant publiquement des divisions internes au parti présidentiel.
Dans une correspondance adressée au Secrétaire Exécutif National du MCU le 18 juin 2025, Kakpayen justifie sa décision par des différends avec l’honorable Makango Ghislain Magloire. Le député affirme que son collègue lui reproche d’avoir contribué aux restrictions constitutionnelles concernant les « Députés Sans Bac » et d’entretenir des liens avec l’Équipe Choc, faction influente du parti.
« Un dispositif a été mis en place pour faire échec à ma candidature lors de ces primaires », écrit Kakpayen, qui dénonce un processus avec les « représailles et la vengeance ». Face à cette situation, il a choisi de se présenter comme candidat indépendant dans sa circonscription. « Je reviens à ma case de départ en me représentant comme Candidat Indépendant dans la Circonscription de Mbaïki 1 », précise-t-il.
Cette défection pourrait fragmenter l’électorat du MCU à Mbaïki 1 et affaiblir la position du parti face à l’opposition, qui, d’ailleurs ne voudrait pas participer à ces élections sans dialogue préalable avec le Président Touadera. Le retrait de Kakpayen s’ajoute aux tensions observées ailleurs, notamment à Boali où l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada traverse également des difficultés avec d’autres cadres du parti.
Ces divisions internes placent le MCU dans une position délicate à l’approche des élections législatives. Le parti doit désormais gérer les conséquences de ces candidatures dissidentes qui risquent de compromettre ses résultats dans plusieurs circonscriptions.
Birao : Les pourparlers avec les Soudanais tournent au fiasco
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Batiment-de-la-prefecture-de-la-Vakaga-Birao.jpg” data-wpel-link=”internal”>Bâtiment de la préfecture de la Vakaga-
À Birao, dans la préfecture de la Vakaga, la population refuse de payer le “DIA” réclamé après la mort d’éléments soudanais sur le territoire centrafricain.
Deux jeunes commerçants de Terfel n’arriveront jamais au marché de Birao. Le 13 juin dernier, ils ont été tués sur la route qui relie leur village au chef-lieu de la Vakaga, à quelques kilomètres seulement de leur destination. Les bandits ont pris leurs motos avant de disparaître dans la nature.
Cette nouvelle a mis le feu aux poudres. Des jeunes de la ville ont pris les armes pour retrouver les assassins. Leurs recherches les ont menés à un groupe d’Arabes Missiria venus du Soudan. L’affrontement qui a suivi a fait un ou deux morts dans leurs rangs.
Quelques jours plus tard, une délégation soudanaise a franchi la frontière pour se rendre sur le territoire centrafricain. Leur message était simple : nous voulons le “DIA” pour nos morts. Cette pratique bien connue au Soudan oblige les familles à verser une compensation financière quand un de leurs compatriotes perd la vie.
La réunion s’est tenue mardi dernier dans les locaux de la préfecture de Birao. D’un côté, les Soudanais réclamaient leur argent. De l’autre, les représentants centrafricains de Birao ont dit non pour la première fois.
“Pourquoi nous paierions pour vos morts alors que personne ne nous dédommage pour les nôtres ?”, ont-ils répondu en évoquant les deux commerçants assassinés. Cette position ferme a surpris tout le monde. D’habitude, ces négociations se passent différemment.
Les discussions ont rapidement tourné au vinaigre. Les deux camps n’arrivaient plus à se parler. La tension montait dans la salle. Finalement, chacun est reparti de son côté sans accord. Les Centrafricains ont demandé aux Soudanais de rester chez eux. Ces derniers sont partis en laissant planer la menace de revenir régler leurs comptes.
Cette histoire montre un problème plus large dans la Vakaga. Depuis plusieurs jours, les villages autour de Birao se vident. Les habitants de Terfel, Ndjamena, Guelehé, Chichis, Roukoutou, Dahalla, Boura et Toumou fuient vers le chef-lieu de préfecture. Ils cherchent la sécurité face aux bandits armés arabes qui multiplient les attaques.
La situation actuelle trouve ses racines dans un accord passé en 2019 à Delembe. À l’époque, des groupes arabes Tahacha d’Amdafock et Riheede avaient rejoint le MLCJ pour combattre le FPRC. Cette alliance avait renforcé le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice. Mais aujourd’hui, ces mêmes alliés d’hier posent problème aux communautés locales….
Disparition mystérieuse d’une mère de famille près du site Khorsie à Birao
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/05/Deux-femmes-qui-reviennent-du-champs-a-Bria-par-Banaf-depuis-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux femmes qui reviennent du champ à Bria. CopyrightCNC
À Birao, près du site Khorsie abritant des déplacés soudanais, la disparition d’une mère de famille inquiète la communauté depuis plusieurs jours.
À Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, située à l’extrême nord-est de la République centrafricaine, une affaire émouvante secoue la population. Il y a quatre jours, une mère de famille a quitté son domicile en compagnie de son fils pour se rendre à son champ, situé à seulement quelques centaines de mètres du site Khorsie, également appelé « Bienvenu » en français. Ce site, connu en arabe sous le nom de Khorsie, abrite des déplacés soudanais ayant fui la guerre dans leur pays. L’incident, intervient dans un contexte où l’insécurité règne déjà plusieurs semaines, pousse à s’interroger.
Ce matin -là, en chemin vers le champ, la mère et son fils passent par le marché du site Khorsie. La femme confie de l’argent à son fils pour qu’il achète des provisions, tandis qu’elle poursuit sa route vers le champ. Le fils, après avoir effectué ses achats, part rejoindre sa mère, mais arrive sur place sans la trouver. Intrigué, il retourne à leur domicile, pensant qu’elle y est peut-être revenue. Toutefois, elle n’y est pas. Il refait le trajet vers le champ, puis revient à la maison à plusieurs reprises, mais la mère reste introuvable. L’inquiétude commence à gagner le jeune garçon.
Devant cette situation inquiétante, le fils alerte sa famille et les voisins. Rapidement, la nouvelle se répand dans la communauté de Birao. Depuis maintenant 48 heures, des habitants se sont mobilisés pour organiser des fouilles dans la brousse environnante, espérant retrouver la disparue. Malgré ces efforts, aucune trace de la femme n’a été découverte pour le moment, intensifiant l’angoisse générale.
Plusieurs hypothèses émergent. S’agit-il d’une disparition volontaire ? La mère aurait-elle décidé, pour des raisons inconnues, de partir de son propre chef ? Ou bien est-ce un enlèvement ? Dans une région où l’insécurité est omniprésente, l’hypothèse d’un kidnapping n’est pas écartée. Mais alors, pourquoi s’en prendre à cette femme et à sa famille ? Aucune réponse claire n’a encore émergé, et les spéculations alimentent les discussions à Birao. La proximité du site Khorsie, qui accueille des déplacés soudanais dans un contexte régional tendu, ajoute une couche de complexité à l’affaire. Les habitants se demandent si cet événement pourrait être lié à des tensions locales ou à d’autres dynamiques.
La communauté reste unie dans ses efforts pour retrouver la disparue. Les recherches se poursuivent sans relâche, mais le temps presse. Chaque heure qui passe rend l’espoir plus fragile, tout en amplifiant l’inquiétude dans cette ville déjà fortement touchée par des défis sécuritaires et humanitaires….
Célestin Yanindji dénonce les agissements du ministre Héritier Doneng qui compromettent la crédibilité internationale de la Centrafrique.
Célestin Yanindji n’y va pas par quatre chemins. Pour le président de la Fédération Centrafricaine de Football, Héritier Doneng représente une menace pour la réputation de son pays. “Ce ministre est un danger pour l’image de la Centrafrique”, lance-t-il sans ambages lors d’une interview télévisée qui fait déjà couler beaucoup d’encre.
Célestin Yanindji pointe du doigt les méthodes du ministre des Sports, qu’il juge contraires aux standards internationaux. Selon lui, Doneng agit comme s’il évoluait dans un système sans règles, donnant l’impression que la Centrafrique fonctionne de manière anarchique. “On ne peut pas se lever un matin et décider n’importe quoi, comme si on était dans un pays sans lois”, fustige le dirigeant sportif.
Cette critique porte sur l’ingérence du ministre dans les affaires de la FCF. Célestin Yanindji rappelle que sa fédération jouit d’une autonomie reconnue par la FIFA et que les tentatives de contrôle extérieur violent les principes de gouvernance du sport mondial.
L’inquiétude des partenaires internationaux
Le président de la FCF Célestin Yanindji exprime ses craintes quant aux répercussions de cette situation sur les relations avec les instances internationales. La FIFA, gardienne de l’autonomie des fédérations nationales, observe avec attention les développements en Centrafrique. “Quand un ministre agit ainsi, ça fait croire que notre pays ne respecte pas les normes internationales”, explique Yanindji.
Cette perception négative risque de compromettre les financements et les programmes de développement dont bénéficie le football centrafricain. Les partenaires étrangers, déjà frileux face à l’instabilité politique chronique du pays, pourraient revoir leurs engagements si la situation se détériore.
Célestin Yanindji redoute également que ces tensions ne découragent les investisseurs potentiels et les organisations internationales qui soutiennent le sport centrafricain. “Les gens vont se demander si on peut faire confiance à un pays où les règles changent selon l’humeur d’un ministre”, confie-t-il.
Le dirigeant sportif rappelle les efforts considérables déployés pour restaurer la crédibilité de la Centrafrique dans le monde du football. Depuis 2019, la FCF a progressivement regagné la confiance de la FIFA, passant d’une situation de restrictions à un statut de partenaire fiable.
“Nous avons tout fait pour montrer que la Centrafrique est sérieuse”, souligne Célestin Yanindji, qui voit dans les agissements du ministre une remise en cause de ces acquis. La fédération a multiplié les initiatives pour démontrer sa bonne gouvernance et sa capacité à gérer les fonds internationaux de manière transparente.
Cette reconstruction patiente de l’image pourrait s’effondrer si les autorités gouvernementales persistent dans leur approche. Yanindji craint que des années d’efforts ne soient anéanties par les décisions impulsives d’un seul homme.
Devant cette situation, Yanindji interpelle directement les plus hautes autorités du pays. “Quelle image donne-t-on de notre pays quand un ministre agit sans respecter les lois ?”, interroge-t-il. Cette question résonne comme un appel à la responsabilité collective des dirigeants centrafricains.
Le président de la FCF Célestin Yanindji exhorte le gouvernement à prendre conscience des enjeux….
Pourquoi le gouvernement crée-t-il le neuvième arrondissement fantôme à Bangui ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Bruno-Yapande-ministre-en-charge-de-lAdministration-du-territoire-Une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-Texte-possible-Paroisse.-Merit-Ausiliatrice.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Bruno-Yapande-ministre-en-charge-de-lAdministration-du-territoire-Une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-Texte-possible-Paroisse.-Merit-Ausiliatrice-450×270.jpg” alt=”Loi sur les influenceurs : le gouvernement Toidera prépare-t-il une dictature numérique ?” width=”450″ height=”270″ />Bruno Yapande, ministre en charge de l’Administration du territoire Une personne parlant dans un microphone devant une foule de personnes Texte possible Paroisse. Merit Ausiliatrice
Les autorités centrafricaines ont créé le 9ème arrondissement sans prévoir les équipements nécessaires, condamnant les populations à vivre dans un territoire urbain fantoche.
Cette situation montre l’ampleur des défaillances dans la planification urbaine de la capitale centrafricaine, où les décisions administratives précèdent souvent les capacités d’investissement public.
En effet, l’état des voies de communication constitue le premier obstacle au développement du neuvième arrondissement. L’impraticabilité des routes contraint les habitants, particulièrement les femmes, à recourir aux moyens de transport les plus rudimentaires pour leurs activités quotidiennes.
Anne Behampama, responsable locale de l’Organisation des Femmes Centrafricaines, témoigne de cette réalité : “Les femmes d’ici ont trop de problèmes. Elles n’ont pas de moyen de transport digne. À cause de l’état des routes, elles doivent tout transporter sur la tête ou en pousse-pousse”.
L’absence d’un marché de proximité aggrave les difficultés économiques des ménages, contraints de parcourir de longues distances pour écouler leurs produits agricoles. Cette situation montre clairement le paradoxe d’un arrondissement officiellement urbain mais dépourvu des équipements commerciaux élémentaires.
Le secteur de la santé révèle l’ampleur de la négligence dont souffre cet arrondissement fantôme de la capitale centrafricaine. L’unique centre de santé, géré par un projet temporaire, ne dispose pas des équipements nécessaires pour assurer une prise en charge médicale adéquate.
Cette défaillance sanitaire a récemment coûté la vie à une parturiente et son nouveau-né. Justin Ngbemalé, chef de groupe du 2ème groupement de Sandimba II, relate les circonstances dramatiques : “La semaine dernière, une femme enceinte a eu des complications dans les champs. Pendant son évacuation, elle est morte en chemin, ainsi que son bébé. La route est impraticable, et il n’y a pas de structure médicale proche”.
Cette tragédie montre clairement les conséquences mortelles de l’abandon dont souffrent les populations d’un arrondissement créé sans vision budgétaire.
Devant cette détresse, les représentants communautaires dudit arrondissement formulent trois revendications prioritaires auprès des autorités compétentes : la réhabilitation du réseau routier pour désenclaver définitivement le secteur, l’implantation d’une infrastructure hospitalière fonctionnelle dotée du personnel qualifié, et l’aménagement d’un marché moderne capable de stimuler l’activité commerciale locale.
Ces demandes, loin d’être excessives, correspondent aux équipements de base que tout arrondissement urbain devrait posséder dès sa création officielle.
La situation du neuvième arrondissement constitue un cas d’école de l’urbanisation à la centrafricaine : des créations administratives qui ne s’accompagnent d’aucun investissement structurel. Cette politique du fait accompli condamne les populations à subir les contraintes du statut urbain sans en recevoir les bénéfices….
À Berberati, le centre de formation professionnelle, censé former la jeunesse, survit grâce à la Minusca, face à l’inaction totale du gouvernement centrafricain.
Le centre de formation professionnelle de Berberati, dirigé par Michel Gobera depuis 2021, offre des formations en électricité, soudure, maçonnerie, mécanique et coiffure. Mais il opère dans des conditions difficiles, avec des infrastructures insuffisantes. Un bâtiment réhabilité par la MINUSCA en 2022-2023 et un autre, construit par l’agence belge ENABEL avec quatre compartiments, constituent l’essentiel des lieux. Ces efforts internationaux ne compensent pas le vide laissé par l’État. Le gouvernement centrafricain n’a fourni aucun bâtiment, aucun financement, ni aucun plan pour moderniser ce centre censé former la jeunesse d’une région forestière et diamantifère.
Le manque de matériel pédagogique paralyse l’enseignement. Michel Gobera explique que les « entrants » nécessaires, comme les tissus pour la couture, les outils pour l’électricité ou les équipements pour la maçonnerie, font défaut. La MINUSCA a doté le centre de dix machines à coudre pédales, deux machines à broderie et deux machines boutonnières, avec des caisses à outils pour la mécanique et la maçonnerie. Mais ces dons, bien que précieux, restent insuffisants. En électricité, les outils sont utilisés avec précaution pour durer, tandis que d’autres filières, comme la soudure, manquent de ressources de base. Le ministère de l’Éducation, sollicité à plusieurs reprises, n’a envoyé ni matériel ni budget, laissant le centre bricoler pour survivre.
La pénurie d’enseignants qualifiés aggrave la situation. Seuls deux professeurs d’électricité, dépêchés de Bangui, sont disponibles. Pour la soudure, la mécanique et la maçonnerie, le centre fait appel à des professionnels locaux, souvent sans compétences pédagogiques. En coiffure, un atelier extérieur est sollicité pour compenser l’absence de formateurs. Michel Gobera a écrit au ministère pour demander une rémunération des enseignants, mais aucune réponse n’est parvenue. Ce manque de soutien démotive les formateurs, qui travaillent sans salaire, et compromet la qualité de l’enseignement dispensé aux apprenants.
Entre 2022 et 2023, le centre a formé une trentaine d’élèves en électricité et 28 en coiffure, dont 24 femmes. Cependant, l’insertion professionnelle reste un obstacle majeur. Berberati, dépourvue d’entreprises ou de grands chantiers, offre peu d’opportunités. Michel Gobera tente de nouer des contacts avec des ingénieurs en bâtiment pour placer ses diplômés, mais ces efforts échouent souvent. Quelques électriciens et couturières ont trouvé du travail, certains même à l’étranger, mais la majorité reste sans emploi. Dans une région où l’exploitation diamantifère attire les jeunes avec des promesses de gains rapides, l’absence d’entreprises locales et de soutien étatique rend l’insertion presque impossible.
La fréquentation du centre décline, aggravée par le manque de moyens financiers pour les apprenants. Les jeunes, issus de milieux pauvres, peinent à payer le transport ou les frais de scolarité. Michel Gobera note une baisse des inscriptions cette année, les apprenants réclamant des formations gratuites ou des bourses. Le gouvernement, qui pourrait subventionner ces coûts, reste absent. Cette situation pousse certains jeunes à abandonner leurs études pour rejoindre les chantiers miniers, où les revenus sont immédiats mais difficiles.
Le centre a envisagé un projet d’incubateur pour produire et vendre des biens, dans l’espoir de générer des revenus et de motiver les apprenants. Mais ce projet, comme les demandes d’équipements, de formateurs ou de fonds adressées au ministère, reste sans suite. La MINUSCA et ENABEL comblent partiellement les lacunes, mais leur aide ne peut remplacer une politique publique cohérente. Le gouvernement, par son silence et son inaction, laisse le centre de Berberati à la merci de donateurs étrangers, privant la jeunesse d’un avenir professionnel stable….
Dans un marché du jeu en ligne de plus en plus concurrentiel, la personnalisation de l’expérience utilisateur est devenue un élément différenciateur clé pour les opérateurs. Les casinos les plus performants misent aujourd’hui sur un service sur mesure à travers une figure centrale : le VIP host, ou gestionnaire de joueurs VIP. Sur des plateformes innovantes comme Lucky Block Casino, un casino en ligne bien établi en France, ce rôle ne se limite pas à la gestion de bonus ou de retraits : il devient un véritable levier de fidélisation et de satisfaction client. Cet article examine en détail la fonction, l’impact et les mécanismes associés à cette figure stratégique dans l’écosystème des casinos en ligne.
Qu’est-ce qu’un VIP host ?
Le VIP host est un interlocuteur privilégié assigné aux joueurs à forte valeur, souvent appelés high rollers. Il assure un accompagnement personnalisé, adapté au comportement de jeu, au niveau de fidélité et aux préférences individuelles du joueur.
Les principales missions du VIP host comprennent :
La gestion des bonus personnalisés.
L’assistance prioritaire et confidentielle.
Le suivi des retraits express.
La proposition d’offres exclusives ou d’événements sur invitation.
L’écoute active pour améliorer l’expérience de jeu.
Dans un environnement numérique, ce rôle requiert une grande réactivité, une connaissance des habitudes de jeu et une communication efficace, souvent multilingue et multicanale (chat, téléphone, email, applications).
Une relation humaine dans un univers digital
Alors que l’expérience de jeu est entièrement virtuelle, le VIP host réintroduit une dimension humaine dans un cadre automatisé. Sur Lucky Block Casino, cette personnalisation commence dès l’entrée dans le programme VIP, avec un appel de bienvenue et un audit des préférences du joueur.
Cette relation permet :
Une adaptation constante des offres.
Une meilleure anticipation des besoins.
Une réduction des frictions (dépôts, retraits, bonus).
Un renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté exclusive.
Le VIP host devient alors un Ambassadeur de la marque, dont l’objectif est d’assurer une expérience fluide et mémorable.
Les avantages directs pour l’utilisateur VIP
Le recours à un VIP host s’accompagne d’une série de privilèges concrets qui influencent directement la satisfaction et la rétention du joueur. Ces avantages varient selon le statut VIP, mais tendent à se structurer autour de quatre axes principaux.
Avant de les détailler, voici une table qui synthétise les prestations les plus fréquentes accordées par un VIP host.
Type de service
Détail
Avantage pour l’utilisateur
Gestion personnalisée des bonus
Offres sur mesure selon le profil
Taux de conversion optimisé
Accès prioritaire au support
Ligne directe et réponse immédiate
Moins de temps d’attente
Traitement accéléré des retraits
Délai réduit à quelques heures
Accès rapide aux gains
Invitations à des événements exclusifs
Voyages, cadeaux, tournois privés
Expérience VIP enrichie
Cette table démontre comment l’implication du VIP host rehausse chaque aspect de l’expérience joueur, allant de la technique au relationnel.
Le rôle du VIP host dans la fidélisation
La fidélisation des joueurs est un enjeu stratégique majeur pour les casinos en ligne. Un joueur fidélisé génère plus de volume de mise, réagit mieux aux promotions et reste plus longtemps actif sur la plateforme.
Le VIP host agit comme un vecteur de confiance, en assurant :
Une communication constante et proactive avec le joueur.
Une réduction du churn (taux d’abandon), notamment en cas de litige ou d’insatisfaction.
Une relation bilatérale, où le joueur est écouté et valorisé.
Lucky Block Casino a structuré son programme autour d’un modèle de fidélisation progressive, où le VIP host devient un accompagnateur long terme, capable de proposer des solutions personnalisées aux aléas du jeu.
L’impact psychologique de la relation VIP
Au-delà des aspects pratiques, la présence d’un VIP host active des mécanismes psychologiques favorables à l’engagement :
Reconnaissance sociale : être suivi personnellement renforce l’estime du joueur.
Sentiment d’exclusivité : les services personnalisés valorisent le statut atteint.
Diminution du stress lié au jeu : assistance proactive en cas de frustration ou de problème technique.
Ancrage émotionnel à la plateforme : le lien humain favorise une loyauté renforcée.
Ce rôle n’est donc pas seulement opérationnel, il devient affectif, avec une influence directe sur les comportements de jeu.
Qualifications et compétences requises pour être VIP host
Le poste de VIP host requiert un profil hybride, combinant des compétences en relation client, en analyse comportementale et en gestion de portefeuille.
Voici une liste des principales compétences attendues :
Excellente maîtrise des langues étrangères.
Capacité à analyser les habitudes de jeu en temps réel.
Connaissance des produits de casino, des types de joueurs, et des stratégies de fidélisation.
Diplomatie et gestion de situations délicates.
Réactivité, confidentialité et disponibilité.
Ces critères garantissent une expérience homogène et qualitative, quel que soit le niveau du joueur suivi.
Segmenter pour mieux servir : typologie des joueurs VIP
Tous les joueurs VIP ne sont pas identiques. Les casinos comme Lucky Block Casino segmentent les profils pour affecter un VIP host adapté. Cette segmentation repose sur plusieurs paramètres :
Type de joueur
Comportement
Accompagnement adapté
High roller régulier
Mises élevées constantes
Bonus cash élevés, retraits illimités
Joueur événementiel
Très actif lors de promotions
Offres ponctuelles très ciblées
Joueur discret mais fidèle
Petites mises constantes
Suivi relationnel renforcé
Joueur crypto
Préfère les paiements en crypto
Assistance sur portefeuille et rapidité
Ce tableau illustre comment un bon VIP host adapte son discours, ses offres et son suivi à chaque typologie de joueur, assurant ainsi une expérience sur mesure.
Le VIP host comme levier de récupération après incident
En cas de problème technique, de litige sur un bonus ou de mauvaise expérience de jeu, le VIP host joue un rôle crucial dans la gestion de crise. Il est souvent le premier point de contact pour désamorcer une situation sensible.
Il peut :
Apporter une solution immédiate ou négocier une compensation.
Faire remonter un dysfonctionnement auprès des équipes techniques.
Protéger la réputation du casino en agissant avec rapidité et professionnalisme.
Ce rôle est essentiel pour maintenir la confiance du joueur et éviter les pertes liées à un départ précipité ou à une mauvaise évaluation publique.
Outils utilisés par les VIP hosts
Pour offrir un service de qualité, les VIP hosts disposent d’une série d’outils digitaux permettant une gestion en temps réel de leur portefeuille joueur.
Les plus utilisés incluent :
Dashboards personnalisés (activité du joueur, gains, habitudes).
Historique des tickets de support et de bonus.
Systèmes de messagerie directe avec cryptage.
Alertes comportementales pour prévenir les risques de jeu excessif.
Intégration avec CRM avancé pour recommandations ciblées.
L’usage de ces technologies permet une gestion fine et sécurisée, indispensable dans un environnement hautement concurrentiel.
L’évolution du rôle : vers un concierge de luxe numérique
Avec la montée en gamme des casinos premium comme Lucky Block Casino, le rôle de VIP host tend à évoluer vers une fonction de conciergerie numérique. Certains hosts proposent désormais :
Des réservations d’hôtel ou d’événements VIP.
Des cadeaux physiques haut de gamme (montres, smartphones, expériences).
Un accès à des plateformes de lifestyle partenaires.
Cette extension du rôle transforme le casino en centre de services digitaux de luxe, où le VIP host devient un chef d’orchestre de l’expérience client haut de gamme.
Conclusion : un acteur central dans la stratégie de rétention
Le VIP host s’impose aujourd’hui comme un élément clé de l’expérience utilisateur dans les casinos en ligne, en particulier sur des plateformes exigeantes et innovantes comme Lucky Block Casino. Son rôle dépasse la simple assistance technique : il incarne la voix humaine du casino, ajuste l’expérience aux attentes du joueur et agit comme garant de la qualité relationnelle.
Dans un univers où la technologie tend à déshumaniser les interactions, le VIP host restaure une forme de proximité et de confiance, tout en contribuant activement aux résultats commerciaux des opérateurs. Alliant expertise, écoute et capacité d’adaptation, il représente la nouvelle génération du service client dans le secteur du jeu en ligne haut de gamme.
Faustin-Archange Touadéra, en quête de fonds à Bruxelles, joue un double jeu honteux, mendiant auprès de l’UE tout en livrant la Centrafrique à l’appétit vorace de Wagner et de la Russie.
En effet, le mercredi dernier, le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, s’est rendu à Bruxelles pour rencontrer le portugais António Costa, président en exercice du Conseil européen. Officiellement, cette visite avait pour but de renforcer les partenariats stratégiques avec l’Union européenne. Mais derrière les sourires de façade et les discours, cette démarche révèle une fois de plus le double jeu cynique d’un président qui semble maître dans l’art de manipuler ses interlocuteurs, qu’ils soient occidentaux ou africains, pour servir ses propres intérêts et ceux de ses alliés controversés.
Accompagné d’une délégation pléthorique et inutilement coûteuse, comprenant la ministre des Affaires étrangères Sylvie Baïpo-Temon, le ministre d’État Obed Namsio, le porte-parole Albert Yaloké Mokpem, et les ambassadeurs Daniel Emery Dédé et Frédéric Mapouka, Touadéra a multiplié les demandes auprès de l’UE. Électrification de Bangui, construction d’un pont reliant Bangui à Zongo, financement des élections locales, soutien à la réforme du secteur de sécurité via le Programme de réforme du secteur de sécurité (RSS) et le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) : la liste des projets présentés est longue. Mais que cache réellement cette opération de charme ?
Touadera, maître de double discours
Touadéra, fidèle à sa réputation, sait dire aux “Blancs” ce qu’ils veulent entendre. Comme il l’a lui-même avoué par le passé à l’ancien Président tchadien Idriss Débit Itno, son discours varie selon son auditoire : des promesses de démocratie, des droits de l’homme, et de développement pour les Occidentaux, mais pour les centrafricains, c’est un autre discours . Pendant qu’il sollicite l’Union européenne pour des fonds, il se tourne vers la Russie pour signer des contrats miniers juteux, laissant le groupe Wagner, désormais rebaptisé Africa Corps, piller les ressources naturelles du pays. Le ministre conseiller du président, Fidèle Gouandjika, n’a-t-il pas lui-même déclaré que Wagner “a sauvé la démocratie centrafricaine” ? Une affirmation grotesque, quand on sait que ce même groupe est impliqué dans des massacres, des pillages, de torture et des exactions contre les populations centrafricaines.
Le RCPCA , des fonds dilapidés
Revenons en 2016, lors de la table ronde de Bruxelles où le Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA) a mobilisé plus de mille milliards de FCFA. Où est passé cet argent ? Comme l’a admis le ministre de l’Économie, Richard Fila Kota lui-même, ces fonds ont été dilapidés, détournés, sans que l’on sache précisément leur origine ni leur destination. Le seul résultat tangible ? L’arrivée du groupe Wagner, financé par ces mêmes fonds, qui s’est livré à des trafics et des massacres, laissant un bilan macabre derrière lui. Des villages ont été vidés, des mineurs artisanaux tués, comme lors de l’attaque de la mine d’or de Ndassima en 2021, et des communautés entières ont été chassées de leurs terres.
Une visite entachée par la tragédie
Cette visite à Bruxelles est d’autant plus scandaleuse qu’elle intervient dans un contexte tragique. En quittant Bangui, le cortège présidentiel a provoqué un violent accident à Combattant ayant causé la mort de quatre personnes, dont un policier. Face à cette tragédie, Touadéra est resté silencieux, n’a exprimé ni condoléances ni compassion. Il a poursuivi son chemin, s’envolant pour l’Europe sans un mot pour les familles endeuillées. Personne n’a parlé aux proches des victimes, laissées seules dans leur souffrance, abandonnées par un président insensible et des autorités muettes. Un tel mépris pour les vies perdues, dont celle d’un serviteur de l’État, est une tache indélébile sur cette visite.
Un financement douteux des élections
Touadéra prétend vouloir consolider la démocratie, mais où est la crédibilité d’un président qui ne trouve pas 5 milliards de FCFA pour financer les élections communales, tout en laissant Wagner engranger des milliards via l’exploitation minière ? Comment peut-il sérieusement envisager de financer les élections présidentielles et législatives de 2025 dans ces conditions ? La réponse est claire : il compte sur l’Union européenne pour jouer les mendiants, tout en se présentant comme un allié riche et puissant aux côtés de la Russie. Un jeu de dupes où la Centrafrique, une fois de plus, est la grande perdante.
Une mission européenne sous pression
Le président a également plaidé pour le maintien de la mission civile de l’UE (EUAM RCA), censée renforcer les capacités de sécurité intérieure. Mais là encore, le double jeu est clair. Pendant qu’il demande le soutien de l’UE, il confie la “protection de la démocratie” à Wagner et signe des accords de défense avec Africa Corps, le bras armé du Kremlin. Cette hypocrisie est-elle le signe d’un homme calculateur ou d’un dirigeant dépassé, incapable de cohérence ? La question se pose : Touadéra est-il un manipulateur habile ou un homme malade, prisonnier de ses propres contradictions ?
Une délégation inutile, un président discrédité
Cette visite à Bruxelles, avec une délégation pléthorique et des demandes tous azimuts, ne fait que confirmer l’image d’un président prêt à tout pour “rouler tout le monde dans la farine”. Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Entre les fonds détournés, les massacres commis sous l’égide de Wagner, et une démocratie bafouée par un changement constitutionnel imposé en 2023, Touadéra semble plus préoccupé par sa survie politique que par le bien-être de son peuple. L’Union européenne, en étudiant ces demandes de soutien, devrait se méfier : financer Touadéra, c’est risquer de remplir les caisses de ses alliés russes, au détriment d’un pays qui continue de s’enfoncer dans le chaos….
Création d’une rébellion à l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé après la mort du pasteur Béorofei Tonzan Bertin
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Le-pasteur-Beorofei-Bertin-en-pleine-priere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le pasteur Beorofeï Bertin en pleine prière dans son église évangélique des frères de Ngbénguéwé
La disparition du pasteur Béorofei Tonzan Bertin, préalablement excommunié pour adultère et activités occultes, a provoqué une scission au sein de l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé, créant une fracture profonde parmi les fidèles.
L’Église Évangélique des Frères du quartier Ngbénguéwé, située dans le troisième arrondissement de Bangui, connaît actuellement une période de turbulences rare. Le décès du pasteur Béorofei Tonzan Bertin en mai 2025, survenu après son excommunication pour des infractions graves, a mis au jour des scandales impliquant des relations extraconjugales et des tentatives présumées d’élimination mystique. Ces révélations ont catalysé l’émergence d’une faction dissidente menée par ses partisans, intensifiant considérablement les tensions internes de l’église.
Cette crise dépasse le cadre d’un simple désaccord pour révéler des enjeux de gouvernance, des allégations non fondées et des questionnements fondamentaux concernant l’administration de l’institution religieuse ainsi que les prérogatives pastorales. L’épicentre de cette controverse demeure le bureau exécutif, structure administrative instaurée en 2021, devenu aujourd’hui l’objet principal des dissensions.
Le commencement du scandale : relations illicites et pratiques occultes
En novembre 2024, deux femmes de la congrégation, Bissafi Gilberte et DoaSabine, ont formellement dénoncé le pasteur Béorofei Tonzan Bertin devant l’assemblée de l’église. Leurs accusations portaient sur l’entretien de relations extraconjugales sous couvert d’une promesse d’un mariage fallacieux, alors que le pasteur planifiait simultanément une union à Paoua.
Les auditions conduites séparément par un conseil composé de diacres et de pasteurs ont révélé des éléments particulièrement compromettants. Les témoignages ont établi l’existence d’une liaison adultère de trois décennies avec Bissafi Gilberte, ainsi qu’une relation de deux années avec Doa Sabine. Ces liaisons, maintenues dans la clandestinité pendant des années, ont profondément secoué une communauté qui considérait Béorofei comme un modèle d’exemplarité chrétienne.
L’enquête a également mis au jour des accusations d’une gravité exceptionnelle. Le pasteur Béorofei aurait instrumenté des tentatives d’élimination mystique visant sept collaborateurs de l’église. Selon les témoignages, il aurait sollicité les services de praticiens occultes à Bagandou, localité réputée pour ces activités, dans le but de neutraliser ces personnalités influentes qu’il percevait comme des obstacles à son autorité. Ces agissements, en totale contradiction avec les principes chrétiens, ont déclenché une investigation approfondie du conseil de l’église.
Mesures disciplinaires et procédures judiciaires
Devant ces révélations, le conseil de l’église a organisé une assemblée générale extraordinaire en novembre 2024. Après délibération, la décision unanime fut prise : le pasteur Béorofei Tonzan Bertin a été excommunié et révoqué de ses fonctions, conformément aux dispositions statutaires de l’Union des Églises Évangéliques de Frères (EEF). Ces statuts stipulent qu’un pasteur doit incarner l’intégrité morale et spirituelle, critères manifestement violés par Béorofei. La sanction a reçu l’aval du conseil pastoral du district 1 de Bangui, assurant le respect des procédures institutionnelles.
Sur le plan judiciaire, Bissafi Gilberte, ex-maitresse du pasteur, a engagé des poursuites devant le tribunal de Bangui. À l’issue d’un procès expéditif, le pasteur Béorofei a été condamné à une peine d’emprisonnement d’un an avec sursis et au versement de dommages-intérêts s’élevant à un million de francs CFA.
Les sept collaborateurs ciblés par les tentatives d’élimination mystique ont également déposé une plainte collective, entraînant l’ouverture d’une enquête par la Section de Recherche et d’Investigation de la gendarmerie. Ces procédures judiciaires, conjuguées à la pression médiatique, ont considérablement détérioré l’état de santé du pasteur Béorofei, déjà fragilisé par des pathologies chroniques, notamment cardiovasculaires et diabétiques.
Finalement, suite à tout ce problème, le pasteur ne peut pas tenir le coup, et il a succombé à une récidive, comme l’ont confirmé les investigations de CNC. Contrairement aux rumeurs d’assassinat propagées par ses sympathisants, sa mort résulte de complications médicales liées au stress généré par les procédures judiciaires engagée contre lui.
Le cœur du problème, le bureau exécutif
Cette crise trouve ses racines dans la création du bureau exécutif, organe décisionnel établi en 2021 sous l’initiative du défunt pasteur ancien Ngaïhouron Ngaïgbinon, prédécesseur de Béorofei. Ce projet, conçu pour moderniser la gestion de l’église, visait à structurer les ressources financières selon deux axes : un budget opérationnel destiné aux charges courantes (MAINTENANCE des installations, rémunérations du personnel, activités spirituelles) et un budget d’investissement pour financer des projets d’envergure, notamment la création d’établissements scolaires et hospitaliers évangéliques.
Le bureau exécutif, constitué d’une quarantaine de membres, est dirigé par Sylvain Ndoutingaï, président exécutif habilité à co-signer les documents officiels, y compris les instruments financiers, garantissant ainsi une gestion transparente.
Cette réforme a cependant causé une opposition virulente de certaines personnalités de l’église, dont le pasteur Béorofei Tonzan Bertin. Ce dernier considérait le bureau exécutif comme une menace à son autorité traditionnelle, qui leur permettait de contrôler les finances de l’église sans supervision rigoureuse. Ainsi, ils commençaient à accuser Sylvain Ndoutingaï de chercher à déposséder les pasteurs de leur pouvoir en introduisant des “pratiques séculières”, soit un système de gestion inspiré des institutions civiles, fondé sur la comptabilité et la transparence.
Cette opposition, bien que non officielle, s’est traduite par un rejet automatique des décisions du bureau exécutif et une hostilité de plus en plus vive envers ses membres, particulièrement Sylvain Ndoutingaï. Les partisans de Béorofei ont amplifié ces tensions en propageant des allégations non fondées, prétendant que Sylvain Ndoutingaï dominait le bureau exécutif et détournait les fonds de l’église.
Ces accusations, dépourvues de crédibilité, semblent constituer une tentative de discréditer ce diacre de l’église, reconnu pour son engagement financier envers l’église. En réalité, l’initiative de gestion comptable des fonds émanait du pasteur Ngaïhouron Ngaïgbinon, Sylvain Ndoutingaï n’ayant fait qu’opérationnaliser cette vision. Cette campagne de diffamation reflète un règlement de comptes visant à discréditer les réformateurs au profit d’un retour à une gestion opaque.
La rébellion : désordre post-mortem
La disparition du pasteur Béorofei n’a pas apaisé les tensions ; elle a au contraire déclenché une insurrection ouverte. Dirigés en coulisse par Alladoum Bavon, secrétaire exécutif de l’Union des églises évangéliques des frères, dix diacres et diaconesses ont constitué un Conseil National de l’Église, organe autoproclamé et illégitime, mis en place quelques jours après l’excommunication du Béorofei Tonzan Bertin. Le but de cet Conseil National de l’Église constitué par Alladoum Bavon est de contester l’excommunication de Béorofei et réhabiliter sa réputation.
Ce mouvement, exploitant les tensions autour du bureau exécutif après la mort du Pasteur, a paralysé l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé. Ainsi, depuis deux semaines, les accès au lieu de culte demeurent verrouillés par les rebelles, empêchant la tenue des offices dominicaux et privant les fidèles de leur sanctuaire spirituel. Les paroissiens, qualifiés de “brebis sans berger”, subissent cette division organisée par le CNE.
Le CNE a également exigé la suspension des diacres Sylvain Ndoutingaï, Allah-Barèm Félix, Ndahatei Alfred Mathurin et Yarissem Jean Blaise, accusés sans fondement d’avoir manipulé l’excommunication de Béorofei pour des motifs personnels ou professionnels. Ces diacres, piliers de la communauté, sont reconnus pour leur engagement moral et financier envers l’église.
Sylvain Ndoutingaï, en sa qualité de président du bureau exécutif, a supervisé des projets tels que la réfection de la toiture de l’église et la collecte de fonds pour des œuvres caritatives. Allah-Barèm Félix et Ndahatei Alfred Mathurin ont coordonné des programmes d’évangélisation, tandis que Yarissem Jean Blaise a soutenu des initiatives destinées à la jeunesse. Ces accusations visent à détourner l’attention des fautes de Béorofei et à semer la confusion parmi les fidèles.
Cette rébellion a eu des conséquences graves: l’Église Évangélique des Frères de Ngbénguéwé a été exclue de l’Union des EEF pour violation statutaire. Le CNE, en défiant l’autorité de l’église, a isolé la chapelle et redoubler la division, transformant un lieu de culte en théâtre d’affrontements.
Le rôle des pasteurs : des serviteurs soumis également à des contrats
Ce gigantesque problème à l’église des frères du quartier Ngbénguéwé dévoile une vérité: les pasteurs ne sont pas des figures divines, mais des hommes formés pour guider les fidèles. En République centrafricaine, les pasteurs suivent une formation théologique, souvent dans des instituts spécialisés, pour apprendre la doctrine chrétienne, la prédication, et la gestion ecclésiastique. Une fois formés, ils signent un contrat avec l’église, un document qui définit leurs responsabilités : prêcher la parole de Dieu, accompagner les fidèles dans leur foi, organiser des activités spirituelles, et gérer les ressources de l’église avec transparence. Ce contrat, loin d’être une formalité, est un engagement solennel, supervisé par un conseil de diacres et diaconesses, qui veille à ce que le pasteur respecte les valeurs chrétiennes — humilité, fidélité, intégrité.
Ce contrat peut être résilié en cas de faute grave, comme l’adultère, la malversation financière, ou des actes criminels, comme ceux commis par le pasteur Béorofei. Si un pasteur estime que son licenciement est injuste, il peut saisir la justice civile, qui examinera le contrat et les circonstances. Ce cadre légal garantit que l’église reste une institution ordonnée, et non un fief personnel où le pasteur agit sans contrôle. Dans le cas de Ngbénguéwé, le licenciement de Béorofei respectait ces principes, validés par l’EEF et le district 1 de Bangui.
Pourtant, de nombreux Centrafricains placent les pasteurs sur un piédestal, les considérant comme intouchables. Cette mentalité permet à certains leaders religieux d’abuser de leur pouvoir. Le pasteur Béorofei, par exemple, a exploité son statut pour manipuler des fidèles et tenter d’éliminer ses opposants. Ce problème n’est pas unique à Ngbénguéwé. Dans des églises catholiques, baptistes, et évangéliques à travers le pays, des pasteurs ont été accusés d’inconduites sexuelles, de détournements de fonds, ou de pratiques occultes, trahissant leur mission spirituelle. Ces scandales montrent que les pasteurs doivent être des exemples vivants de la parole qu’ils prêchent, et non des « rois » intouchables qui exploitent leur position.
Le rôle du pasteur est clair : il est un guide spirituel, chargé de transmettre l’image de Dieu à travers ses actions. Il doit organiser des cultes, soutenir les fidèles dans les moments de joie et de peine, et gérer les finances de l’église avec transparence, en rendant des comptes au conseil et à la communauté. Il doit incarner l’humilité, éviter les comportements immoraux, et promouvoir l’unité. Lorsqu’un pasteur, comme Béorofei, s’écarte de ces principes, il perd sa légitimité et doit répondre de ses actes, que ce soit devant l’église ou la justice….
Université de Bangui : Des millions d’indemnités pour la direction, des miettes pour les gardiens en grève
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Universite-de-Bangui-filme-le-12-janvier-2024-par-Christian-Aime-Ndotah.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le bâtiment du rectorat de l’université de Bangui, filmé le 12 janvier 2024 par Christian Aimé Ndotah et publié sur son profil Facebook
Depuis quelques semaines, l’Université de Bangui traverse une période de tensions sociales liées à la gestion de ses ressources financières. Alors que l’établissement consacre des millions de francs CFA aux indemnités de sa hiérarchie, les gardiens qui assurent la sécurité du campus peinent à subvenir à leurs besoins indispensables avec des salaires qui stagnent depuis des années.
Cette situation révèle les disparités profondes qui caractérisent la gestion des ressources humaines dans l’institution universitaire centrafricaine et pousse à s’interroger sur l’équité dans la répartition des moyens disponibles.
Des indemnités substantielles pour l’équipe dirigeante du rectorat
Une enquête menée par la rédaction du CNC confirme que l’université alloue mensuellement des montants considérables à ses responsables, s’ajoutant à leurs salaires de base. Pour mieux comprendre, le recteur perçoit ainsi 800.000 FCFA d’indemnités mensuelles, soit environ 9,6 millions de FCFA annuellement. Son adjoint, le vice-recteur, bénéficie de 600.000 FCFA par mois, représentant 7,2 millions de FCFA sur douze mois.
Le secrétaire général de l’institution touche 400.000 FCFA mensuels d’indemnités, totalisant 4,8 millions de FCFA par an. Quant au contrôleur financier, détaché par le ministère des Finances pour superviser la gestion comptable, il reçoit plus de 900.000 FCFA mensuels, dépassant ainsi les émoluments du recteur avec un total annuel supérieur à 10,8 millions de FCFA.
D’autres membres du personnel administratif proche de la direction bénéficient également d’indemnités variant de plusieurs centaines de milliers de francs CFA mensuellement. L’université prend aussi en charge les frais de restauration, d’entretien des résidences et les salaires du personnel domestique du recteur, vice-recteur et du secrétaire général.
Un système de redistribution opaque
La gestion des salaires du personnel domestique attaché aux responsables du rectorat pose des interrogations. Chauffeurs, domestiques et gardiens personnels sont théoriquement rémunérés par l’université. Pourtant, le processus de paiement suit un circuit particulier : au lieu que ces employés domestiques se présentent personnellement pour émarger pour leur propre paiement, ce sont pourtant le recteur, le vice-recteur et le secrétaire général eux-mêmes qui apposent leur signature et récupèrent l’ensemble des montants et s’évaporent avec ça dans les quartiers. Et personne ne sait si les sommes récupérées sont versées intégralement aux intéressés.
La situation invivable des gardiens du campus face aux sommes versées à l’équipe du rectorat
Les gardiens de l’Université de Bangui, qui assurent pourtant la surveillance et la sécurité des installations 24 heures sur 24, perçoivent entre 32.000 et 37.000 FCFA mensuels. Ces montants, inchangés depuis plusieurs années, peinent à couvrir les besoins essentiels dans un contexte d’inflation généralisée touchant l’alimentation, le logement et les transports.
En mai 2025, ces agents ont observé un mouvement de grève de trois jours pour réclamer une revalorisation salariale de 20.000 à 30.000 FCFA. Cette action n’a cependant pas abouti aux résultats escomptés. L’administration a réagi en menaçant les délégués par une convocation de la police. Les délégués du personnel ont été accusés d’avoir manipulé le mouvement de protestation et leur dernière paye bloquée.
L’évolution du statut des personnes d’appui, pourtant un espoir pour les gardiens
Les personnes d’appui, recrutées par l’université pour diverses fonctions, percevaient auparavant des salaires variant entre 50.000, 80.000 et 100.000 FCFA mensuels, directement financés par le budget de l’université de Bangui. Toutefois, une réforme récente a permis l’intégration d’un nombre important de ces agents dans la fonction publique centrafricaine.
Désormais pris en charge par le Trésor public avec des rémunérations comprises entre 50.000 et 100.000 FCFA selon les catégories, ces personnels ne pèsent plus sur le budget universitaire. Cette évolution a libéré des ressources significatives qui pourraient théoriquement être réaffectées à l’amélioration des conditions du personnel restant, notamment les gardiens.
Un défi de gouvernance institutionnelle
Cette situation reflète les défis de gouvernance que rencontrent les institutions publiques centrafricaines. L’écart salarial entre les différentes catégories de personnel atteint des proportions considérables : un ratio de 1 à 25 entre les gardiens et certains dirigeants, sans compter les avantages en nature.
Les tentatives de dialogue entre les représentants des gardiens et la direction se heurtent à des refus répétés de rencontres, le recteur et son adjoint invoquant leur statut hiérarchique pour justifier cette position. Cette fermeture au dialogue contribue à maintenir les tensions et empêche la recherche de solutions négociées….
Un Procès Digne d’un Tribunal d’Exception dans un village de la RDC: Le Licenciement Abusif des 4 employés à la Minusca
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/manifestation-devant-la-minusca-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Manifestation des ex-employés de la Minusca devant le siège à Bangui. Photo CNC
Des propos injurieux, un droit à la défense bafoué et une sentence prononcée d’avance : c’est le scénario ahurissant qui s’est joué récemment au sein de la MINUSCA, où quatre employés ont été victimes d’un “procès” digne d’un tribunal d’exception. Accusés sur la base d’un simple message de réclamation transformé en “menace de mort”, ces employés ont été suspendus sans préavis ni considération pour les lois du travail centrafricaine, dévoilant une face sombre de l’institution onusienne en RCA.
Une Accusation Initiale Floue, une Réunion Confiscatoire
L’affaire prend racine le 2 décembre 2022, lorsque M. Tony Mushimbete, Chef Plans, Stock Control & Whse Operations à la MINUSCA, accuse formellement plusieurs journaliers de comploter pour le tuer. Une allégation gravissime, qui conduit M. Mushimbete à les photographier avec son portable, geste perçu comme un acte d’intimidation et un abus d’autorité. Selon nos informations, les enquêtes menées suite à ces accusations n’ont pourtant jamais prouvé l’implication des employés concernés, laissant planer un voile de suspicion infondée.
C’est dans ce climat de tension latente que le 3 octobre 2023 intervient l’épisode le plus choquant. Convoqués à une réunion d’information, les employés Maleyombo Prospère, Nzogna Cédric, et Passe Ndoum Ben, sont confrontés à un véritable “procès” mené par quatre responsables expatriés de la MINUSCA : M. Tony Mushimbete et M. Ali Lumanisha, tous deux Congolais (RDC), ainsi que Mesdames Fany et Laurence, toutes deux Rwandaises. Notons l’absence notable de Géhu Gouandjia, l’un des journaliers directement impliqués dans le message incriminé et destinataire de l’accusation initiale.
Dès le début de ce procès, le ton est donné sans équivoque par M. Mushimbete : “Cette réunion n’est pas une réunion de discussion, c’est une réunion d’information.” La sentence est tombée avant même que les “accusés” n’aient pu véritablement s’exprimer : “vous êtes suspendus du travail à partir d’aujourd’hui et que vous n’avez pas accès aux enceintes de la Minusca.Vous ne allez pas travailler jusqu’à nouvel ordre”.
Le SMS de la Discorde : Une Quête de Justice Déformée en Menace
Au cœur de cette suspension agressive se trouve un message WhatsApp. M. Mushimbete l’a brandi comme preuve irréfutable de menaces, mais son contenu, qu’il a pu lire,et que la rédaction du CNC a pu consulter, révèle une réalité bien différente. Écrit par Géhu Gouandjia, le message stipule : “Bonjour Mr Tony. Le drame que tu as cause le 02 décembre 2022 en nous accusons de planifier de te tuer ne va pas s’éteindre comme ça. Nous avons démontré notre bonne volonté de régler ça l’amiable, tu met de l’orgueil devant, et la section conduite et discipline n’a pas non plus tranche cet affaire et tu le sais pourquoi. Si cela n’est pas réparer d’ici là, nous irons au tribunal”.
Cette missive n’est en rien une menace de mort, mais plutôt une ferme intention de porter une affaire non résolue devant la justice. Elle dénote une frustration légitime face à l’inertie de la “section conduite et discipline” de la MINUSCA et à ce qui est perçu comme de l’orgueil de la part de M. Mushimbete. Transformer cet appel légitime au droit en motif de licenciement immédiat relève d’une distorsion manifeste de la vérité et d’une volonté de museler toute contestation.
Propos Inacceptables et Mépris des Droits
Les échanges enregistrés lors de cette réunion révèlent un niveau de mépris et de professionnalisme sidérant. Malgré les tentatives désespérées des employés de nier leur implication directe dans la rédaction du message (“Je ne l’ai pas rencontré ‘j’ai eu’. Pour que je puisse vous envoyer un tel SMS, ce que je dis, Dieu m’écoute. Je ne l’ai même pas rencontré “), leurs arguments sont balayés.
Mushimbete est inflexible : “Que vous ayez participé à la rédaction de ce message ou pas, la décision est prise”.
Pire encore, M. Ali Lumanisha, un autre congolais de la RDC se serait permis de traiter les journaliers de “féticheurs et sorciers”, des injures inacceptables et potentiellement discriminatoires qui n’ont aucune place dans un contexte professionnel, et encore moins au sein d’une organisation des Nations Unies. Ces propos, couplés à l’agressivité verbale générale, soulignent un manque de respect pour la dignité des travailleurs.
Le comble de l’arrogance est atteint lorsque les responsables affirment ouvertement : “Nous nous défions de travailler avec vous. Que cela soit clair. Ce n’est ni la sécurité, ni la civilité qui viendra nous imposer pour qu’on travaille avec vous”.
Une déclaration qui non seulement scelle le sort des employés sans possibilité de recours interne, mais défie ouvertement les propres mécanismes de régulation et de ressources humaines de la MINUSCA. M. Mushimbete conclut d’ailleurs avec une défiance glaçante : “Que tout le monde, même les centrafricains en général, doivent comprendre que nous n’avons pas peur de vous. On n’a pas peur de n’importe quoi”.
Une Violation du Droit Centrafricain et des Accords Onusiens
Ce “procès” expéditif et les suspensions qui en ont découlé sont en violation manifeste du droit du travail centrafricain et des engagements de la MINUSCA. L’Accord de Siège, signé le 2 septembre 2014 et renouvelé, notamment le 15 novembre 2024, est pourtant limpide : les employés de la MINUSCA, y compris les journaliers, sont soumis aux lois et réglementations centrafricaines en matière de durée et de conditions de travail.
Or, le Code du Travail Centrafricain limite la durée des contrats journaliers à deux ans. Dans le cas des victimes, certains d’entre eux cumulaient jusqu’à 8 ans sous ce statut précaire, une pratique courante mais illégale, dénoncée comme une “utilisation abusive et une tentative d’éviter les droits liés aux contrats de travail à durée indéterminée”. Cette situation a privé ces travailleurs de droits fondamentaux tels que les primes, les congés payés, l’assurance maladie et une garantie de retraite.
Le licenciement abrupt du 3 octobre 2023, sans préavis, sans notification formelle et sans versement d’indemnités, est donc un licenciement abusif au regard de la législation nationale et des normes internationales. Le fait que la MINUSCA, par la voix de ses responsables, ait tenté de justifier cette rupture en utilisant un prétendu “dol” (faute) ou une “fin de contrat normale” alors qu’il s’agit d’une rupture anticipée et non motivée, relève de l’indignité pour une institution de cette envergure.
L’Urgence d’une Réparation et d’une Responsabilisation
Les quatre journaliers, Maleyombo Prospère, Nzogna Cédric, Passe Ndoum Ben, et Géhu Gouandjia, ont courageusement saisi l’inspection du travail, le ministère et les tribunaux centrafricains pour faire valoir leurs droits. La loi prévoit des mesures de réparation claires pour un licenciement abusif : la réintégration avec des contrats en bonne et due forme, le versement d’indemnités pour dommages et intérêts, et même la nullité de la rupture du contrat.
Cette affaire dépasse largement le cadre d’un simple litige de travail. Elle expose une dérive inquiétante au sein de la MINUSCA, où l’arbitraire semble primer sur le droit, et où des personnels expatriés se croient au-dessus des lois centrafricaines et des principes d’éthique de leur propre organisation….
Pillage, incendie des maisons, exécution des civils : le GTSC s’alarme contre les exactions des Mercenaires russes dans le Haut-Mbomou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dr Paul Crescent Beninga , porte-parole du GTSC
Le Haut-Mbomou meurt dans l’indifférence générale. Face aux exactions des mercenaires russes du groupe Wagner et à l’inaction gouvernementale, le GTSC lance un cri du cœur pour sauver les survivants.
Les habitants du Haut-Mbomou subissent des exécutions sommaires, des pillages et des incendies, ce qui entraîne des déplacements massifs vers la brousse ou la République démocratique du Congo. Le Groupe de Travail de la Société Civile sur la Crise Centrafricaine (GTSC) dénonce l’indifférence générale face à cette situation.
Le Haut-Mbomou est plongé dans un chaos indescriptible à la suite d’un divorce entre le groupe d’autodéfense Azandé Ani Kpi Gbe et le groupe russe Wagner. Des exécutions sommaires sont rapportées, y compris l’assassinat du Sous-Préfet de Djéma dans la nuit du 13 au 14 mai 2025. Des civils ont été froidement abattus, comme Peniel Gamatho, 26 ans, égorgé le 1er juin 2025 à Zémio, et une famille de quatre personnes assassinée à 7 km de Zémio. Les jeunes et hommes valides sont particulièrement visés, suspectés d’appartenir au groupe d’autodéfense.
De nombreux cas d’incendies d’habitations ont été signalés en mai et juin respectivement à Mboki et Zémio. Le village de Koumboli, à 3 km de Zémio, a été entièrement incendié le 7 juin 2025. Ces incendies ont entraîné des pertes humaines et des déplacements massifs. Les villes de Zémio, Mboki et Djéma, ainsi que les villages environnants, sont désormais vidés de leurs habitants, qui ont fui vers la République Démocratique du Congo.
Le GTSC critique ouvertement le gouvernement, estimant que l’heure n’est plus à la tergiversation, à la démission collective, à la résignation mais plutôt à l’action pour sauver le Haut-Mbomou et ses habitants survivants. L’organisation recommande au gouvernement de “déwagneriser” la gestion sécuritaire de la région du Haut-Mbomou, en raison d’une rupture de confiance entre le groupe russe Wagner et le mouvement d’autodéfense Azandé Ani Kpi Gbe. Le GTSC exhorte également le gouvernement à démobiliser et cantonner les éléments de l’UPC du Haut-Mbomou, avec lesquels un accord a été signé.
Le GTSC lance un appel aux leaders religieux, d’opinions et de la société civile pour qu’ils s’informent sur le sort des leaders du groupe d’autodéfense ramenés à Bangui et dont la supposée disparition a entamé la confiance au groupe Wagner. Il leur est demandé de se rendre dans les camps de déplacés en brousse et en République Démocratique du Congo pour se solidariser des victimes de ce conflit créé de toutes pièces et les écouter pour se faire une idée claire du conflit. Enfin, le GTSC propose la création d’un cadre de médiation permettant aux habitants de la région du Haut-Mbomou de regagner leurs résidences. Le GTSC conclut que le Haut-Mbomou est en train de mourir à petit feu, dans une indifférence générale….
Vakaga : L’insécurité dans les villages environnants force l’exode vers Birao
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/village-5-kilos-dans-la-vakaga-proche-de-boromata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Vue du village 5 kilos, situé à 70 kilomètres de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC
L’insécurité croissante transforme la Vakaga en zone de chaos. Des milliers de personnes sont forcées de se déplacer vers Birao, cherchant désespérément un sanctuaire face à la terreur imposée par des éléments armés soudanais.
L’insécurité ambiante qui prévaut dans les différentes localités de la Vakaga a poussé la population à un choix déchirant : celui de regagner Birao, chef-lieu de la préfecture.
En effet, depuis plusieurs jours, voire quelques mois, la situation sécuritaire dans la Vakaga a atteint un niveau record. Chaque jour qui passe, un nouvel événement implique des éléments armés formellement identifiés comme des Soudanais, principalement des rebelles ou des bandits, s’en prenant directement à la population.
Cette violence pousse les habitants des villages et des différentes localités de la Vakaga à tout abandonner pour gagner le centre de Birao. Actuellement, les villages de Terfel, Ndjamena, Guelehé et Chichis sont vidés de leur population. Plus encore, les habitants de Roukoutou, Dahalla, Boura et Toumou sont également en mouvement, cherchant à rejoindre Birao, ce qui rend la situation particulièrement tendue.
Rappelez-vous, il y a quelques jours seulement, deux commerçants en provenance de Terfel pour vendre leurs produits au marché hebdomadaire de Birao ont été lâchement abattus. C’était le vendredi dernier. Ces deux commerçants ont été tués à seulement cinq ou six kilomètres de l’entrée de Birao par des éléments armés non identifiés. Leurs motos ont été volées, la seule raison apparente de cet acte barbare.
La violence dans ces différentes localités atteint un niveau extrême et pose un paradoxe glaçant. Lorsque la population parvient à identifier et à attraper un suspect, et si dans la confusion, la colère monte et ce suspect soudanais est tué, les rebelles soudanais interviennent massivement. À bord de camions et de motos, ils menacent d’attaquer la ville. Pour eux, la mort de ce criminel abattu doit être “payée”, un concept communément appelé “DIA” en arabe.
Les Soudanais semblent envoyer leurs criminels et bandits commettre des crimes et tuer des innocents ici. Mais si ces mêmes criminels sont appréhendés et tués, ils reviennent en masse pour exiger une compensation pour leur mort, explique un habitant de Birao interrogé par la rédaction du CNC.
Cette pratique, où des paiements sont effectués pour compenser la perte d’une personne, est malheureusement courante au Soudan.
Pour certains observateurs centrafricains, la situation actuelle est une conséquence directe d’événements passés. Ils estiment que ce sont les natifs de la Vakaga et de Birao qui ont facilité l’arrivée massive de criminels sur leur propre territoire.
Ils rappellent que depuis 2019, les Arabes Tahacha, originaires d’Amdafock et de Riheede, avaient été appelés au renfort à Birao. Leur venue s’est faite après un accord conclu à Delembe avec les communautés Kara et Goula dans le but de combattre les Rounga du FPRC. Cette alliance a notamment permis au MLCJ, un groupe armé à dominante Kara, de renforcer ses positions face au FPRC, majoritairement composé de Rounga.
Ces combattants étrangers ont soutenu les éléments du MLCJ, ainsi que les Goula, dans plusieurs affrontements contre le FPRC. Cependant, au fil du temps, la situation s’est retournée contre les Kara. Depuis plusieurs mois, ils subissent d’importantes pertes humaines et matérielles. Des villages ont été attaqués, du bétail pillé, et les tensions se sont accentuées.
Désormais, ces Arabes Tahacha, conscients de l’absence de moyens et de puissance des communautés locales, imposent leur autorité sur le terrain. Le nombre de jeunes tués à Birao par ces combattants venus du Soudan continue d’augmenter. Les observateurs mettent ainsi directement en cause les conséquences dévastatrices de cette alliance militaire scellée en 2019, qui semble aujourd’hui échapper à tout contrôle.
Ce paradoxe dévoile également une situation insoutenable pour la population excédée, qui a tout simplement décidé de quitter ses villages pour venir habiter à Birao. La gouvernance du pays est clairement mise à l’épreuve. Quand on affirme avoir gouverné le pays pendant dix ans et que l’on se targue d’une “sortie de crise”, la réalité sur le terrain en Vakaga dément ces propos. Le Rwanda, par exemple, a su sortir de grandes crises et cinq ans plus tard, le pays est devenu totalement efficace et robuste. La situation actuelle à Birao est un exemple palpable que la crise est loin d’être terminée….
Le Collectif de Sikikédé condamne l’injustice du recrutement des FACA dans la préfecture de la Vakaga, où une communauté est écartée au profit d’une autre.
Le Collectif des ressortissants de Sikikédé a publié une note dénonçant une grave injustice dans le processus de recrutement des Forces armées centrafricaines (FACA) dans la sous-préfecture de Ouandja, préfecture de la Vakaga. Cette initiative, autorisée par le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, vise à renforcer l’armée nationale et à offrir des opportunités d’emploi à la jeunesse locale, selon le collectif. Si ce dernier salue cette décision, il déplore son application inéquitable.
Sur les 10 quotas alloués à Ouandja, 9 ont été attribués à une seule communauté, tandis qu’une unique personne représente la communauté de Sikikédé, pourtant active et implantée dans la région. Cette répartition déséquilibrée est perçue comme une discrimination planifiée, alimentant frustration et tensions. Le Collectif souligne que cette marginalisation viole les principes d’égalité, d’unité et de cohésion sociale, essentiels à la stabilité de la Vakaga et de la République centrafricaine.
Les communautés de Sikikédé ont toujours contribué à la paix, au développement et à l’unité nationale. Exclure leur jeunesse d’une initiative aussi stratégique est non seulement injuste, mais contreproductif pour l’avenir du pays. Le Collectif appelle à une révision immédiate et équitable des quotas, à l’implication des leaders communautaires dans les futurs processus de sélection et au respect strict de l’inclusivité dans les décisions administratives et militaires.
En un mot, le Collectif réaffirme son engagement pour une Vakaga et une Centrafrique fondées sur la justice et l’égalité. Il invite les autorités à corriger cette injustice pour restaurer la confiance des populations locales….
Héritier Doneng : Le Collectif des Supporters du Football Centrafricain dénonce son comportement irresponsable
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/conference-de-presse-du-collectif-des-supporteurs.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lors de la conférence de ppresse du collectif des supporteurs des fauves
Le Collectif des Supporters et Fanatiques de l’Équipe Nationale et des Clubs de Bangui a organisé ce mardi 17 juin 2025 une conférence de presse pour dénoncer le comportement qu’ils qualifient d’“irresponsable et destructeur” du ministre de la Jeunesse et des Sports, Héritier Doneng.
Dans une déclaration lue devant la presse, les représentants du Collectif des Supporters et Fanatiques de l’Équipe Nationale et des Clubs de Bangui ont ouvertement accusé Héritier Doneng d’adopter “une posture hostile et destructrice à l’égard du football national depuis sa prise de fonction”. Cette sortie publique constitue une escalade dans les tensions qui opposent le ministère à la Fédération Centrafricaine de Football (FCF) depuis plusieurs mois, montrant l’ampleur du comportement irresponsable du ministre.
Au cœur de la polémique figure la récente suspension de cinq membres élus du Bureau Exécutif de la FCF, une décision prise unilatéralement par Héritier Doneng. Cette mesure, dénoncée comme illégale par les instances dirigeantes du football centrafricain, démontre parfaitement le comportement irresponsable du ministre qui agit sans concertation ni respect des procédures établies.
La FCF, reconnue par les organisations internationales comme la FIFA et la CAF, revendique son autonomie statutaire face aux décisions pathétique du ministre Héritier Doneng. Cette crise institutionnelle fragilise le football centrafricain à quelques mois d’échéances importantes sur la scène continentale, démontrant les conséquences néfastes du comportement irresponsable du ministre Héritier Doneng.
Les accusations portées contre le ministre Héritier Doneng ne s’arrêtent pas aux questions institutionnelles. Les supporters évoquent dans leur déclaration “plusieurs dossiers de détournement touchant directement le secteur du football centrafricain ”. Ils pointent notamment la disparition de 50 millions de francs CFA destinés à couvrir les frais d’un match disputé au Cameroun.
À ce jour, aucun rapport justificatif de l’utilisation de ces fonds n’a été rendu public, alimentant les soupçons sur la gestion financière du département ministériel. Cette opacité préoccupe d’autant plus que ces ressources étaient destinées à soutenir les Fauves de Centrafrique dans leurs déplacements internationaux.
L’affaire Rigobert Song est une autre affaire qui montre également les méthodes controversées du ministre. Sa tentative d’imposer l’ancien international camerounais comme sélectionneur national, malgré l’opposition de la FCF, témoigne selon les supporters d’un mépris pour les procédures établies et l’autonomie fédérale.
De même, le blocage de l’AS Tempête Mocaf dans sa participation à un tournoi international a redoublé les tensions. Ce club de première division s’est vu interdire de représenter le pays sans justification claire, provoquant la colère de ses supporters prêts à se mobiliser.
Devant cette situation, le collectif des supporters lance un appel solennel aux plus hautes autorités de l’État. “Le football centrafricain n’appartient ni à un homme, ni à un ministère, mais au peuple centrafricain”, soulignent-ils dans leur déclaration.
Les représentants du mouvement annoncent la préparation d’actions de protestation pour faire entendre leur voix. “Trop, c’est trop”, martèlent-ils, espérant que leur mobilisation contraindra les autorités à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire.
Le football, sport roi en Centrafrique, constitue un puissant vecteur d’unité nationale. Sa politisation excessive risque de priver le pays d’un outil précieux de cohésion sociale, particulièrement dans une période où la stabilité demeure fragile….
Le président Faustin-Archange Touadéra a ordonné samedi la construction d’une clôture autour du Collège de Gobongo après avoir constaté l’ampleur de l’insalubrité qui règne dans cet établissement scolaire. Cette décision intervient lors d’une visite effectuée dans le cadre de l’opération “Kwa ti kodro”.
Samedi dernier, le chef de l’État a découvert un amas considérable de déchets dans la cour de l’établissement et sur l’espace séparant le collège de l’école primaire voisine. Il a exigé un nettoyage complet dans un délai de 72 heures, la construction d’une clôture et l’installation de conteneurs sécurisés.
L’accumulation de déchets dans la cour de ce collège de Gobongo constitue un problème ancien qui affecte les conditions d’apprentissage des élèves. Le site abrite des détritus de toutes sortes, incluant des seringues et des produits pharmaceutiques provenant vraisemblablement d’un centre de santé proche.
Cette situation expose quotidiennement les écoliers à des risques sanitaires importants. Malgré les mesures de sécurité, certains enfants continuent de fréquenter les lieux, même pendant les heures de classe, pour fouiller dans les ordures.
La présence de rongeurs et de reptiles dans cette zone accentue les dangers pour la communauté scolaire. L’école primaire adjacente quant à elle avait été clôturée en raison de ces conditions.
Les habitants du quartier accueillent ces annonces avec prudence. Plusieurs d’entre eux interrogés par la rédaction du CNC font état de précédentes initiatives de nettoyage qui n’ont pas abouti à des résultats durables.
Un parent d’élève confie que les autorités promettent régulièrement des solutions sans qu’elles soient réellement mises en œuvre. L’absence d’un système de collecte organisé par la mairie contraint les riverains à déposer leurs ordures dans les espaces disponibles.
Cette problématique soulève la question fondamentale de la gestion des déchets urbains à Bangui, où les infrastructures de collecte sont totalement absentes.
Le président a chargé le ministre de l’Éducation de superviser personnellement l’exécution des directives. Les mesures comprennent le nettoyage intégral du site, la construction d’une clôture de protection, l’installation de conteneurs adaptés et la mise en place de patrouilles de surveillance.
Cette clôture vise à protéger les 1 500 élèves qui fréquentent le Collège de Gobongo des risques sanitaires liés à l’accumulation de déchets. Elle devrait également empêcher de nouveaux dépôts sauvages dans l’enceinte scolaire….
RCA : Du Rwanda à l’Éthiopie, quel modèle pour sortir du chaos de l’emploi ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle-450×300.jpg” alt=”Annie Michelle Mouanga , ministre de l’emploi en Centrafrique” width=”450″ height=”300″ />Annie Michelle Mouanga , ministre du travail et de la formation professionnelle
C’est la nouvelle mode à Bangui : aller chercher l’inspiration à l’étranger. La ministre du Travail et de l’Emploi, Annie-Michelle Mouanga, est rentrée vendredi d’Addis-Abeba après quatre jours d’échanges sur les travaux à haute intensité de main-d’œuvre (TIMO), une initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Objectif ? Trouver des idées pour créer des emplois en Centrafrique, surtout pour les jeunes. Mais franchement, à quoi joue-t-on ? Après le Rwanda, le Bénin, la Côte d’Ivoire, maintenant l’Éthiopie… Quel modèle va-t-on copier, et pour quoi faire ?
Le président de la République, Baba Kongoboro, ne jure que par le Rwanda, où il est allé vanter un modèle “exemplaire”. Exemplaire, vraiment ? Un exemple de la dictature, oui. Puis il regarde le Bénin, la Côte d’Ivoire, et maintenant l’Éthiopie, où la ministre Mouanga a été émerveillée par les TIMO.
Les TIMO, c’est construire des routes, des forages, des écoles en embauchant à tour de bras. En Éthiopie, ça fonctionne. Les entreprises chinoises et européennes s’installent, créent des usines, recrutent des jeunes. Pourquoi ? Un climat des affaires stable, une justice qui tient la route, un État qui inspire confiance. Chez nous ? Rien de tout ça. Wagner fait la loi : arrestations nocturnes, accusations de complots, prisons qui se remplissent. Les investisseurs regardent la RCA, puis déguerpissent. Et on s’étonne que le chômage explose ?
Le pire, c’est qu’on n’a rien découvert à Addis-Abeba. Les TIMO, ça fait plus de 10 ans qu’on les pratique en RCA ! Routes, infrastructures, projets financés par la Banque mondiale… tout ça existe depuis belle lurette. Mais entre les fonds détournés, les chantiers abandonnés et les promesses en l’air, ça n’a jamais vraiment décollé. Alors pourquoi faire comme si on venait d’inventer l’eau chaude ? Aller en Éthiopie pour s’extasier, c’est du tourisme politique, pas une solution.
La ministre Mouanga parle de collaborations avec l’OIT pour adapter les TIMO à la RCA. Bonne chance. Tant qu’on n’aura pas un climat des affaires digne de ce nom – avec de la sécurité, une justice claire, et un État qui fait son boulot –, les TIMO resteront des projets sur papier. Rwanda, Éthiopie, Bénin… À force de vouloir tout copier, on ne construit rien. Et les jeunes, eux, attendent toujours un boulot. C’est ça, le vrai modèle centrafricain : des rêves, des voyages, et zéro résultat….
Sauvagement agressé à Bangui par les Wagner, un chauffeur – interprète russe est entre la vie et la mort
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC
Un interprète centrafricain des russes a été battu par des mercenaires du groupe Wagner à l’entrée de leur brasserie située au PK24 route de Boali. L’agression s’est produite mercredi soir après un malentendu au marché Combattant. L’homme, qui travaille aussi comme chauffeur et mécanicien diesel, avait été rappelé par son directeur pour transporter du maïs malgré son jour de repos.
La mission qui tourne mal
Le mercredi 11 juin, vers 16 heures, le directeur de la brasserie appelle l’un de ses employés. L’homme vient de terminer une journée de travail de 24 heures et se repose chez lui quand il a reçu l’appel de son patron. Celui-ci lui demande de récupérer un camion et d’aller chercher du maïs pour la fabrication de la bière Africa ti l’or. L’interprète accepte. Il appelle le propriétaire du maïs pour le mettre de côté.
L’interprète s’est rendu rapidement à la brasserie au PK 24 et récupère un camion, direction, marché Combattant, dans le huitième arrondissement de Bangui, près de l’aéroport. Il a rencontré le propriétaire du maïs, puis le chargement commence normalement vers 18 heures. Puis quelques heures plus tard, deux russes arrivent. Parmi eux, un agent commercial, mince, tatoué, et sorti de leur mini-bus. Visiblement il n’est pas content. Il reproche automatiquement à l’interprète de sentir l’alcool. L’employé dit oui, mais explique qu’il a bu une bière le matin, pendant ses heures de repos à la maison avant que le Directeur l’a appelé au téléphone. L’agent russe, visiblement sur ses nerfs, veut les clés du camion. L’interprète refuse. Il doit surveiller le véhicule, ce sont les consignes du directeur.
La discussion s’échauffe. L’agent russe sort un canif et menace de “piquer” l’employé centrafricain. Un deuxième mercenaire descend d’un minibus gris. Il a un pistolet à la main.
Les chargeurs du marché, qu’on appelle ici à Bangui les “Bambé”, voient la scène et s’inquiètent de la suite. Ils s’approchent des russes en nombre. “Vous ne pouvez pas traiter comme ça quelqu’un qui travaille pour vous”, disent-ils aux Russes. Face à cette foule, les deux russes reculent. L’interprète reprend le volant de son véhicule, mais celui-ci n’a pas de phares, mais il faut livrer le maïs.
Le piège à l’entrée de la brasserie
Pendant le trajet, les deux Russes appellent leurs compatriotes postés à l’entrée de la brasserie. Ils commencent à vomir leur mensonge. Ils racontent que l’interprète les a menacés avec un couteau et qu’il a monté les chargeurs contre eux.
Vers 20 heures, l’interprète, qui ne savait rien de ce qui tramait contre lui, arrive au PK24. Quatre mercenaires Wagner l’attendent à la barrière de l’entrée de la brasserie avec des chevrons et des fusils AK-47. Ils lui ordonnent de descendre. L’homme pense qu’ils vont juste discuter. Il sort du camion.
Le premier coup part aussitôt. Un chevron en pleine tête, visant l’œil. L’interprète s’effondre. Les quatre hommes le frappent avec les crosses de leurs fusils. Le sang coule. L’homme perd presque connaissance.
Le bruit attire les travailleurs de l’entrepôt de la brasserie. Ils sortent et voient la scène. Les mercenaires arrêtent de frapper. Ils demandent aux travailleurs de jeter le corps dans la brousse. Ceux-ci refusent. Ils portent leur collègue sous un hangar des vendeuses.
L’intervention de l’ingénieur
Un ingénieur employé par la brasserie arrive. Il voit l’état de l’interprète et s’inquiète. “Il faut l’emmener à l’hôpital”, dit-il. Un collègue centrafricain de l’interprète conduit l’homme rapidement à l’hôpital communautaire. Les médecins lui font des injections pour arrêter les saignements et calmer la douleur.
Cette attaque n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un mensonge délibéré des deux premiers Russes. L’interprète faisait son travail, même pendant son congé. Il a refusé de céder aux intimidations au marché Combattant. Les mercenaires Wagner ont ensuite agi sur la base de fausses informations.
L’incident montre les comportements des mercenaires Wagner et des Russes en République centrafricaine. Depuis leur arrivée, ce sont eux qui dirigeaient le pays. Ils se comportent en maîtres sur un territoire conquis. Un employé centrafricain peut être battu pour avoir défendu ses droits et respecté les consignes de son travail.
Convoqués pour une réunion de sécurité à Bangui, les maires du Haut-Mbomou fuient la capitale en catastrophe
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Bruno-Yapande-ministre-en-charge-de-lAdministration-du-territoire-Une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-Texte-possible-Paroisse.-Merit-Ausiliatrice.jpg” data-wpel-link=”internal”>Bruno Yapande, ministre en charge de l’Administration du territoire Une personne parlant dans un microphone devant une foule de personnes Texte possible Paroisse. Merit Ausiliatrice
Ce qui devait être une concertation sur la sécurité s’est révélé être un guet-apens. Menacés d’arrestation, les maires du Haut-Mbomou ont été exfiltrés par la Minusca en urgence pour rentrer dans leur ville.
En effet, la semaine dernière, une initiative de dialogue du gouvernement centrafricain a tourné au fiasco complet, révélant l’influence considérable des mercenaires russes dans les rouages de l’État centrafricain.
Plusieurs maires de la préfecture du Haut-Mbomou, acheminés par hélicoptère de la MINUSCA, avaient rejoint Bangui pour participer à des discussions destinées à résoudre la crise qui secoue leur région depuis plusieurs mois.
La situation dans cette préfecture reste particulièrement tendue. Depuis 2023, face aux attaques répétées des rebelles de l’UPC, des jeunes du secteur ont créé une milice d’autodéfense appelée “milice Azandé”.En mars 2024, suivant les recommandations de ses partenaires russes, le gouvernement a tenté d’intégrer une partie de ces combattants dans les Forces Armées Centrafricaines. Environ 200 miliciens sur près de 5 000 ont ainsi reçu une formation dispensée par des mercenaires russes.
Cette stratégie n’a pas donné les résultats escomptés. Des frictions importantes ont éclaté entre les miliciens Azandé, qu’ils soient intégrés ou non, et leurs instructeurs russes. Le conflit a atteint son paroxysme lorsque les miliciens ont attaqué des positions des FACA et des mercenaires à Zemio et à Mboki, provoquant l’exclusion d’une vingtaine de ces nouvelles recrues par le ministère de la défense. Depuis, le Haut-Mbomou vit dans un chaos total où miliciens, mercenaires, FACA s’affrontent, tandis que les Casques Bleus tentent tant bien que mal de maintenir l’ordre.
C’est dans ce contexte explosif que les maires, nommés par le gouvernement, ont été appelés à se rendre dans la capitale le lundi 2 juin dernier. Mais la rencontre a vite pris une direction inattendue. Plusieurs sources fiables dans la capitale rapportent qu’un avertissement a été transmis en urgence aux maires : les mercenaires russes se préparent à vous arrêter. Saisis de panique, mardi 10 juin dans la matinée, les maires ont couru en catastrophe vers l’aéroport pour être évacués en urgence par la MINUSCA.
Pour la mission onusienne, l’enjeu était de taille. Ayant assuré le transport des maires vers la capitale, leur arrestation aurait été interprétée par la population du Haut-Mbomou comme une collaboration entre la MINUSCA et le gouvernement. Cette perception aurait compromis toute la mission de paix dans la région et aurait pu forcer un retrait. La MINUSCA a donc réagi rapidement pour évacuer les maires et échapper au piège.
Selon plusieurs sources interrogées par la rédaction du CNC, cette réunion n’était qu’une façade. L’opération ne viendrait pas du gouvernement centrafricain mais du groupe Wagner, qui ont manœuvré les autorités pour attirer les maires dans un piège.
L’objectif ? D’après une source au ministère de l’Administration du Territoire jointe par CNC, les Russes soupçonnent ces maires de soutenir secrètement les miliciens Azandé en leur fournissant des vivres et du matériel. Pour les mercenaires, arrêter ces élus représentait une étape importante pour couper les liens de soutien à la milice.
Cet échec embarrassant pose une question indispensable : qui dirige vraiment la République Centrafricaine ? Cette opération ratée pourrait inciter les mercenaires russes, qui exercent un pouvoir de fait, à exiger du président Touadéra le remplacement immédiat de tous ces maires. L’incident démontre de façon claire que les décisions importantes du pays ne relèvent plus de ses soi-disant dirigeants, mais sont imposées par des forces étrangères armées, avec des répercussions potentiellement graves pour la stabilité nationale….
Haute-Kotto : À cause de la fille de Joseph Kony, les LRA menace d’attaquer Mbangana
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/La-montagne-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration de La montagne de Ouanda-Djalle .
Depuis quelques jours, le village de Mbangana, dans la préfecture de la Haute-Kotto, est sous-tension. Les combattants rebelles de la LRA menacent de s’en prendre aux habitants de ce village minier, situé non loin de la frontière du Soudan.
En effet, depuis quelques jours, une fille, présentée comme étant celle de Joseph Kony, est sortie de la brousse et s’est présentée à la population. La population l’a accueillie, et elle a été transférée à Bria pour être ensuite ramenée à Bangui, la capitale.
Pourtant, quelques jours plus tard, les rebelles de la LRA de Joseph Kony ont commencé à menacer le village de Mbangana. Ils exigent le retour de la jeune fille, affirmant qu’ils attaqueront le village si elle ne revient pas.
Depuis lors, une inquiétude générale domine dans la localité. La population a commencé à quitter petit à petit ce village minier de Mbangana, situé en Haute-Kotto, non loin du Soudan.
La jeune fille est sortie de la brousse dans la localité de Hadjartène , par un passage situé entre deux montagnes, une voie qui mène au Soudan.
Face à ces menaces de la LRA, la population de Mbangana, Yangoupendéré et autres localités voisines s’enfuit. Certains se sont dirigés vers Yalinga, d’autres vers Sam-Ouandja, et le village est paralysé progressivement.
Il est important de rappeler que ce n’est pas la première fois que les rebelles de la LRA menacent le village de Mbangana. En novembre 2017, un chasseur de Mbangana avait déjà été tué par ces rebelles dans cette même localité, créant la panique au sein de la population locale….
Le village Kamanda, dans le Haut-Mbomou, complètement rasé par les Mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/village-koumboli-zemio-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Village Koumboli situé à 3km de Zemio après son incendie par les mercenaires Russes du groupe Wagner
Les mercenaires russes du groupe Wagner ont complètement détruit le village de Kamanda dans le Haut-Mbomou. Cette attaque s’ajoute à une série d’opérations similaires menées par ces forces du diable dans la localité de Zemio la semaine dernière.
Les faits se sont déroulés dimanche 15 juin vers 10 heures. Le village Kamanda se trouve à 55 kilomètres de Zémio, sur la route qui mène à Djema qui est à 125 kilomètres de Zemio. Plus tôt dans la matinée du dimanche, les miliciens d’autodéfense Azandé avaient repoussé une première tentative d’entrée des mercenaires russes et de leurs alliés, les ex-rebelles de l’UPC, dans leur village.
Les mercenaires russes et leurs alliés ont alors fait appel à des renforts arrivés par hélicoptère quelques minutes plus tard. Cette fois, l’assaut a réussi. Une fois maîtres du village, les mercenaires ont tout détruit sur leur passage avant de mettre le feu à Kamanda. Ils sont repartis en laissant derrière eux un village entièrement calciné.
Cette méthode répond à une logique précise : vider le Haut-Mbomou de ses habitants pour priver les miliciens Zandé de leurs bases. En détruisant les villages, Wagner espère couper les liens entre les combattants de la milice Azandé et les populations qui les soutiennent.
L’attaque a fait six morts parmi les civils. Ces victimes rappellent que derrière cette guerre de territoire, ce sont d’abord les habitants ordinaires qui paient le prix fort.
La situation dans le Haut-Mbomou continue de se dégrader. Les affrontements entre Wagner et les miliciens Azandé prennent une tournure de plus en plus violente, avec des conséquences dramatiques pour les populations prises au piège de ce conflit….
Bangui : La Commission des droits de l’Homme épingle les commissariats pour torture
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/commissariat-de-police-de-Boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>commissariat de police de Boali, dans l’Ombella-Mpoko, situé à 95 kilomètres de Bangui, la capitale. CopyrightCNC
Les témoignages se multiplient dans la capitale centrafricaine. La Commission nationale des droits de l’Homme sort de son silence et dénonce publiquement les pratiques des forces de l’ordre.
Dans le studio de la radio Guira FM, Ossen Yackoisset Wessekpama ne mâche pas ses mots. Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dévoile ce que beaucoup savaient déjà : les commissariats du pays sont devenus des lieux de non-droit.
L’homme raconte une histoire qui ressemble à tant d’autres. Au commissariat du troisième arrondissement, un citoyen venu témoigner dans une banale affaire de bagarre se retrouve derrière les barreaux. Son tort ? Avoir tenté de s’expliquer. La suite suit un schéma bien connu : 20 000 francs CFA exigés, reçu établi, mais aucune libération. Vers Dix-huit heures, quatre policiers l’extraient de sa cellule et le passent à tabac. Son pied enfle, son corps porte les marques des coups.
« Nous sommes face à des actes de torture caractérisés », tranche Wessekpama. Ces mots pèsent lourd dans un pays où les textes internationaux et le code pénal centrafricain qui interdisent formellement de tels traitements sont totalement ignorés.
Des registres vides, des pratiques bien remplies
La Commission a fouillé dans les registres des commissariats. Surprise : ils restent souvent vierges. L’incident du troisième arrondissement n’y figure pas. Comme si rien ne s’était passé. Cette pratique de l’effacement administratif cache une réalité plus sombre.
À l’OCRB du 92 logements, un détenu a perdu la vie. L’affaire a été enterrée avec la victime. Les « frais de geôle », pourtant illégaux, continuent d’être perçus au vu et au su de la hiérarchie policière. Wessekpama ne cache pas son amertume : « Ces pratiques sont enregistrées en permanence. Tout le monde sait ».
La formation en droits de l’Homme dispensée aux forces de police semble avoir été oubliée dans les vestiaires. Les supérieurs ferment les yeux, évitent les sanctions. « L’absence de sanction encourage les atteintes aux droits humains », martèle le président de la Commission.
La voix qui porte, mais jusqu’où ?
La Commission se présente comme « la voix des sans-voix ». Son travail existe : écouter, conseiller, orienter les victimes, rédiger des plaintes, interpeller les autorités. Quand les journalistes Landry et Blaise ont été pris dans la tourmente judiciaire, elle a négocié avec le gouvernement. Le ministre d’État a donné des garanties pour protéger la presse.
Ces interventions méritent d’être saluées. Elles montrent qu’un dialogue reste possible avec le pouvoir. Mais cette vigilance semble s’arrêter aux portes des commissariats.
L’éléphant dans la pièce
Car pendant que la Commission épingle les policiers de Bangui, d’autres violences ravagent le pays. Les Mercenaires russes du groupe Wagner n’ont pas attendu les rapports pour agir. Ils décapitent, torturent, pillent. Leurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Tout le monde les voit, y compris la Commission.
Les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) ne sont pas en reste. Dans les troisième et sixième arrondissements, le bataillon d’intervention rapide a tué des civils. Un policier est tombé sous leurs balles. Un adolescent de 16 ou 17 ans a perdu la vie. Les pillages de maisons se multiplient.
Ces exactions transforment des quartiers entiers en zones de terreur. Elles sont visibles, documentées, connues de tous. Pourtant, la Commission reste muette sur ces dossiers. Son silence interpelle dans un pays où l’impunité règne.
Questions sans réponses
Pourquoi cette différence de traitement ? Pourquoi dénoncer les commissariats et taire les massacres ? La Commission dispose-t-elle des moyens d’agir face aux mercenaires et aux militaires ? Ou ses critiques s’arrêtent-elles là où commence le danger ?
À Bangui, les ordures envahissent les rues, transformant la capitale en un géant dépotoir sauvage à ciel ouvert, où inondations et insalubrité rythment le quotidien.
Dans la capitale centrafricaine Bangui, les habitants vivent un calvaire quotidien. Les rues se transforment en bourbiers à chaque pluie, et les tas d’ordures s’amoncellent un peu partout, jusqu’à devenir des montagnes d’immondices perdue dans un coin. Prenez le marché Combattant, par exemple, à seulement 300 mètres de l’aéroport international de Bangui-M’Poko : dès qu’il pleut, la route devient un marécage où motos, taxis et piétons s’enlisent dans la boue et l’eau stagnante. Pourtant, ce n’est pas un cas unique à Bangui. Partout dans la ville, les déchets envahissent l’espace, et les Centrafricains se demandent à quoi rime l’opération Kwa Ti Kodro, censée nettoyer la ville avec un budget colossal de 5 milliards de FCFA par an.
Déversement de déchets médicaux. Photo aCNC
Bangui, une ville submergée par les déchets
Un exemple frappant se trouve sur l’avenue du 15 mars, près de l’église Mid-Mission de Gobongo, au PK9. À deux pas du collège de Gobongo et à quelques centaines de mètres de la résidence du ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, une décharge sauvage s’étend dans le coin, t visible par tout le monde. Ordures ménagères, déchets médicaux des centres de santé, et même immondices déversées par TriStar, une entreprise liée à la Minusca, s’entassent là. Quand le vent souffle, les sacs plastiques s’envolent comme des nuées d’oiseaux, polluant l’air et les environs. Des enfants, parfois très jeunes, passent leurs journées à fouiller ces déchets, au lieu d’être à l’école. Ce spectacle, à la fois triste et inquiétant, pose une question : quel avenir pour ces jeunes qui grandissent au milieu des ordures ?
Les problèmes sont nombreux :
– Les déchets brûlés en permanence dégagent des fumées nocives pour les habitants du quartier.
– Les sacs plastiques et autres détritus, dispersés par le vent, envahissent les rues et les cours d’eau.
– Des enfants, parfois absents de l’école, s’exposent à des risques sanitaires en fouillant ces décharges.
– Cette situation, en plein cœur d’un quartier animé, donne une image désolante de la capitale.
Enfants faisant du triage dans les détritus au risque de se contaminer par le matériel médical déversé sur le site du collège de Gobongo. Photo CNC
Kwa Ti Kodro : beaucoup d’argent, peu de résultats
L’opération Kwa Ti Kodro, financée à hauteur de 5 milliards de FCFA par an, dont la moitié vient de l’Union européenne et de la Banque mondiale, promettait de rendre Bangui plus propre. Mais sur le terrain, rien ne change. Les rues restent sales, les caniveaux débordent, et les décharges s’étendent. Au niveau du tribunal, la Cour des comptes a révélé que 30 % de ces fonds, soit 1,5 milliard de FCFA, disparaissent sans explication. Certains pensent que la réalité est encore pire. Pour beaucoup, cet argent sert davantage à des fins politiques, peut-être même à préparer un troisième mandat pour le président, qu’à améliorer le quotidien des Centrafricains.
Le coordinateur de Kwa Ti Kodro, Bruno Yapandé, qui vit à environ un kilomètre de la décharge de Gobongo, ne semble pas pressé d’agir. Les opérations de nettoyage, annoncées chaque week-end, se résument à des effets d’annonce. Les habitants, eux, ne voient aucune différence : les ordures s’accumulent, et les routes restent impraticables.
La mairie et le ministère de l’Environnement : où sont-ils ?
La mairie de Bangui semble dépassée. Aucune collecte régulière des déchets, aucune gestion des inondations, aucun plan concret pour assainir la ville. Le ministère de l’Environnement, de son côté, donne l’impression d’exister uniquement pour capter les fonds des partenaires internationaux. Quant au ministère de l’Administration du territoire, qui supervise Kwa Ti Kodro, il brille par son inaction. Comment expliquer que des décharges prospèrent à quelques mètres des résidences des responsables ? Les habitants se sentent abandonnés, et leur frustration grandit….
La CPC condamne le massacre de Bozoum et appelle à l’unité
Anti-Balaka-faction-general-jeudi-sortis-pour-le-desarmement-a-yaloke.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-miliciens-anti-balaka-faction-general-jeudi-sortis-pour-le-desarmement-a-yaloke-450×376.jpg” alt=”La CPC condamne le massacre de Bozoum et appelle à l’unité” width=”450″ height=”376″ />Les miliciens Anti-Balaka faction du général Jeudi qui ont participé au massacre dénoncé par la CPC
La COALITION DES PATRIOTE POUR LE CHANGEMENT (CPC) publie un communiqué de presse pour condamner le massacre de sept combattants tués dans l’Ouham-Pendé au début de ce mois de juin 2025.
La Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) a rendu public le 15 juin 2025 un communiqué condamnant un acte de violence survenu le 4 juin dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, notamment dans la localité de Bozoum. Sept combattants des groupes 3R et Anti-balaka ont trouvé la mort sous les coups d’un compatriote identifié sous le nom de Jeudi.
Dans son communiqué, la CPC qualifie cet événement d’acte de barbarie et exige une sanction exemplaire. L’organisation dénonce également les tentatives de division instrumentées par le pouvoir en place.
Les origines du mouvement 3R
La CPC rappelle dans son communiqué les circonstances qui ont mené à la création du mouvement 3R. Ce dernier est né de la résistance des Peuls contre les violences consécutives aux crises militaro-politiques de 2013-2014. L’objectif initial était de protéger leurs troupeaux constamment pillés par certains éléments des groupes armés, notamment les Anti-balakas.
Le rapprochement entre 3R et les Anti-balakas s’est amorcé dès 2017 à Bouar, sous l’impulsion du Général défunt Abas Sidiki et de Maxime Mokom. Cette alliance s’est renforcée en décembre 2020 lorsque 3R est devenu membre fondateur de la CPC à Kamba-kota, aux côtés du MPC, du FPRC, de l’UPC et des deux factions Anti-balaka. Cette adhésion faisait suite à la dénonciation de l’Accord Politique de Paix (APPR-RCA) de Bangui signé en 2019.
Un acte sans justification
L’assassinat de six membres de 3R et d’un Anti-balaka par le combattant Jeudi demeure sans explication plausible selon la CPC. L’organisation considère cet acte comme une violation grave des mesures de bonne conduite établies par l’État-Major Général de la CPC.
Le communiqué souligne que cet acte devra être sanctionné avec la dernière rigueur. La CPC réaffirme son engagement à ne jamais diviser les fils et filles du pays et à demeurer le socle de l’unité et de la cohésion nationales.
Critique du retour de 3R dans l’APPR-RCA
La CPC s’oppose fermement à la décision récente des dirigeants de 3R de réintégrer l’Accord Politique de Paix et de s’allier au gouvernement de Faustin-Archange Touadéra. Cette démarche est perçue comme une stratégie gouvernementale visant à disloquer l’unité des groupes armés membres de la CPC pour affaiblir l’opposition armée.
Le 7 juin 2025, Abdelkader Sembe alias Bobbo, leader de 3R, a annoncé son alliance avec les forces de Touadéra pour combattre la résistance. La CPC critique cette position, estimant qu’au lieu de désengager son mouvement de la lutte armée pour apporter la paix à la communauté peule, il choisit de s’allier à la soldatesque de Touadéra.
L’organisation appelle la communauté peule à se désolidariser de cette position, soulignant que cette déclaration émane de quelqu’un dont la famille biologique n’est nullement concernée par la souffrance du peuple centrafricain.
Accusations contre le pouvoir de Touadéra
La CPC accuse le gouvernement de Touadéra de semer la division pour mieux régner, notamment en s’appuyant sur des forces étrangères comme Wagner. L’organisation cite en exemple les violences dans la région du Haut-Mbomou, où la communauté Zandé fait l’objet de massacres commis par la soldatesque gouvernementale.
Face à cette situation, la CPC exhorte les membres de 3R et des Anti-balakas à prendre des mesures d’apaisement au sein de leurs groupes respectifs tout en veillant à maintenir la bonne entente entre les communautés.
Condoléances et engagement
La CPC présente ses vives et sincères condoléances aux familles des sept victimes. L’organisation réaffirme son engagement pour l’unité et la cohésion nationales face aux manœuvres politiques et aux violences qui menacent la République centrafricaine.
Le communiqué, signé par Jean Pierre Zanguéndé, porte-parole de la CPC, se termine par un appel à l’unité : “Vive la Coalition des Patriotes pour le Changement ; Vive l’unité et la cohésion nationales”….
Dans la Septième République de Touadera, une politique sans cœur pour les enfants de la rue
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/un-pauvre-de-enfant-de-la-rue-dort-la-au-croisement-Marabena-devant-la-station-Tradex😥😭🇨🇫.jpg” data-wpel-link=”internal”>un pauvre enfant de la rue, communement appelé Godobé, dort sur le dur au croisement Marabéna, devant la station Tradex pour illustration. CopyrightChrist Aimé Ndota
Sous la Septième République de Touadera, une politique déshumanisée prend forme. Ses premières victimes sont les enfants de la rue, qui font face à une indifférence d’État.
Cette insensibilité n’est pas une abstraction ; elle se manifeste chaque jour par des actions qui contredisent les promesses du pouvoir. Le régime a érigé une façade de discours humanistes, mais derrière ce vernis se cache une mécanique froide qui broie les plus faibles. Pour saisir l’ampleur de cette dérive, il suffit d’observer le système en action. Prenons un cas concret, celui d’un mardi matin ordinaire qui expose la faillite morale de cette politique.
Ce jour-là, au centre de santé de la Fondation Voie du Cœur, des enfants des rues cherchent de l’aide. « Quand on tombe malade, on vient directement ici », confie l’un d’eux. Le problème est que l’infirmerie manque cruellement de médicaments. L’équipe, dévouée mais démunie, est alors forcée de se tourner vers les hôpitaux publics.
C’est là que la politique du régime, imposé par le Président Faustin-Archange Touadéra, révèle son absurdité. Au lieu d’une prise en charge gratuite qui est pourtant due à ces enfants de la rue, on exige un paiement. On demande de l’argent pour soigner des jeunes qui n’ont absolument rien. On se tourne alors vers l’ONG qui les accompagne, lui réclamant 1000 ou 2000 francs, comme si elle disposait de fonds inépuisables.
Cette logique pose une question glaçante : à quoi bon soigner quelqu’un gratuitement ? Consulter un enfant de la rue serait-il devenu une perte de temps ? Cette mentalité nous mène vers un avenir déshumanisé, bien loin des discours officiels.
Chaque jour, le gouvernement produit de beaux discours sur le progrès et l’humanisme. Mais les faits sont têtus. La réalité, c’est la plainte des enfants et le désarroi des organisations qui tentent de pallier les manquements de l’État. Lorsque ces témoignages sont publiés, certains crient au mensonge pour protéger la façade du régime. Pourtant, la réalité est là, visible et douloureuse, dans le regard de chaque enfant de la rue à qui l’on refuse un soin essentiel….
Exil sans fin : le cri des réfugiés urbains contre l’inaction humanitaire en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Certains-refugies-installes-a-Bangui-en-greve.jpg” data-wpel-link=”internal”>Quelques réfugiés en grève à Bangui
Après des décennies d’exil, les chefs de famille des réfugiés urbains de longue date en République centrafricaine (RCA) brisent le silence. Dans une lettre adressée au représentant du UNHCR en RCA, datée du 2 juin 2025, ils dénoncent un système humanitaire qui, selon eux, les abandonne.
Leur réclamation, transmise également au Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés à Genève, à la Fédération des droits de l’homme et à d’autres instances internationales, pointe du doigt un triple échec : le non-respect de la Convention de Genève, la prolongation indécente de leur exil, certains endurent 20 à 26 ans d’attente – et une exploitation qu’ils qualifient sans détour de « crime ».
Ils rappellent dans leur correspondance que l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme impose des solutions durables dans un délai raisonnable. Pourtant, les promesses d’urgence et de soutien du UNHCR se heurtent à une réalité écrasante : des prédécesseurs inactifs, des mandats successifs sans résultats concrets, et des réfugiés laissés dans un vide humanitaire.
Devant cette inertie, le Collectif des chefs de famille des réfugiés urbains en détresse, basé à Bangui, va jusqu’à déclarer l’annulation officielle de la Journée mondiale des réfugiés du 20 juin 2025. Ce geste radical n’est pas un caprice, mais un appel désespéré à mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une « aventure humanitaire » sans issue. Leur message est clair : ils ne veulent plus de célébrations symboliques, mais des actions concrètes pour sortir de l’exil et retrouver une vie digne….
Wagner joue un rôle central dans la lutte contre le terrorisme au Mali depuis plusieurs années. Vendredi, le groupe paramilitaire russe a annoncé son retrait du pays, malgré l’insécurité persistante sur place.
Depuis son arrivée au Mali en décembre 2021, le groupe paramilitaire russe Wagner est déployé pour lutter contre les groupes terroristes qui sévissent dans le pays. Malgré une présence non-reconnue par le gouvernement en place, Wagner devait appuyer les forces maliennes dans la reconquête des territoires perdus face aux djihadistes, en particulier dans le centre et le nord du pays. L’idée est alors de soutenir discrètement et rapidement les forces armées maliennes dans leur combat contre des organisations comme l’État islamique et Al-Qaïda. Aujourd’hui, le bilan de cette intervention est loin d’être positif, selon les spécialistes.
D’après le Docteur Arnaud Houénou, expert béninois en sécurité et défense en Afrique : « On ne peut pas dire un bilan complètement négatif. Mais je pense que les acteurs Wagner n’ont pas fait mieux que leurs prédécesseurs. Les attaques terroristes ont redoublé d’ailleurs aux dernières nouvelles dans ce pays. Malgré la force dont on a fait les éloges, on n’a pas eu les résultats d’un recul de l’insécurité […] ». Sur le papier, certains succès tactiques ont pourtant été mis en avant, comme la prise de Kidal en 2023, pour justifier un retrait anticipé du groupe, considéré comme ayant accompli sa mission.
Une réalité au goût amer
« Depuis 2023, il n’y a plus rien. Il y a plutôt des défaites, Tinzawaten, et tout récemment des attaques qui se multiplient, et je pense que quelque part, les actions de Wagner sont mitigées sinon même négatives lorsqu’on fait la balance. » Détaille Arthur Banga, spécialiste des questions de défense à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. « Cela a été une défaite beaucoup commentée. » enchaîne-t-il. « Nous avons encore les images de prisonniers faits par ces groupes [toujours aux mains des rebelles] et ces images ont porté vraiment atteinte à Wagner. » Un constat amer pour les Maliens. En effet, en juillet 2024, plus de 80 mercenaires de Wagner auraient été tués par les rebelles touaregs du FLA. Plus récemment, quelques jours à peine avant l’annonce du retrait du groupe, une trentaine de soldats maliens auraient d’ailleurs été tué dans l’attaque du camp militaire de Boulkessi, selon des sources sécuritaires.
Africa Corps, un rebranding inutile ?
Entre prédation de ressources naturelles, missions armées et comptant déjà plus de 1 500 hommes sur le terrain, l’objectif de la structure est clair. Africa Corps prend désormais le relais. Si Wagner jouissait d’une certaine autonomie, Africa Corps est étroitement supervisée par Moscou. Cette centralisation pourrait permettre une meilleure coordination des opérations mais risque également de rendre les interventions moins flexibles. « L’idée pour le Kremlin n’est pas d’abandonner leurs opérations mais d’en reprendre le contrôle. Aujourd’hui c’est la même chose, c’est la même idée, avec plus d’implication directe du Kremlin, parce que Wagner était jusqu’ici vu comme une milice privée, mais Africa Corps on voit bien qu’il y a une main officielle de l’État russe dans les activités de cette unité. » Répond M. Banga. Sur le sujet, 80 % des combattants russes de Wagner seraient par ailleurs « recyclés » au sein de la structure, dont des officiers.
Les futures actions d’Africa Corps suscitent aujourd’hui espoir comme désillusion, notamment sur la question de la sécurité des populations civiles. Les exactions commises par Wagner ont laissé de profondes marques sur le territoire. Au fil des années, plusieurs ONG internationales comme Human Rights Watch et The Sentry ont ainsi tiré la sonnette d’alarme face aux extrêmes violences du groupe paramilitaire lors de ses opérations contre-insurrectionnelles. « Il y a eu des tueries de masse de civils qui n’ont rien à voir avec les forces terroristes. […] Les forces paramilitaires sur le terrain ne s’embarrassent pas du respect des droits de l’Homme dans la sécurisation du territoire. Le même reproche avait déjà été fait en Centrafrique, donc c’est pratiquement la même chose qui s’est fait sur le sol malien, dont des exactions à répétitions. » Témoigne le Docteur Houénou….
Zémio : Les Mercenaires russes contraints de déménager leur base après une embuscade meurtrière
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/des_soldats_russes_a_sibut_corbeaunews_alain_nzilo-450×208-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des mercenaires russes à Sibut, dans la Kemo . Photo CNC
Les mercenaires russes du groupe Wagner présents à Zémio ont été contraints d’abandonner leur position stratégique près de l’aérodrome pour se replier dans le quartier Kondo, révèlent nos sources sur place. Ce déplacement fait suite à une attaque sanglante qui a coûté la vie à trois personnes, illustrant la dégradation sécuritaire dans cette préfecture du Haut-Mbomou.
Selon nos informations, dimanche dernier, une patrouille composée de 14 motos des mercenaires russes a essuyé une embuscade meurtrière à quinze kilomètres de Zémio, au carrefour menant vers Djema et Mboki. Le bilan fait état de trois morts, dont leur interprète, un soldat FACA parlant russe qui les accompagnait.
Devant cette situation, les mercenaires russes, quelques heures après leur retour à Zemio, ont évacué la résidence officielle du sous-préfet, située près de l’aérodrome, pour s’installer dans la maison de M. Mbiko, employé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans le quartier Kondo, non loin du lycée municipal de Zemio.
En effet, nos sources sécuritaires attribuent cette attaque aux miliciens azandés qui multiplient les actions contre les forces progouvernementales depuis plusieurs mois. Cette offensive s’inscrit dans un contexte plus large de résistance de la milice Azandé face au déploiement des partenaires sécuritaires du gouvernement centrafricain dans le Haut-Mbomou.
Les habitants de Zémio, déjà éprouvés par des années d’instabilité, redoutent une escalade des violences. Les tirs d’armes lourdes en représailles dans la ville après l’embuscade ont semé la panique parmi la population civile, contrainte de se barricader chez elle pendant plusieurs heures.
Le déplacement des mercenaires russes de leur position près de l’aérodrome – point stratégique pour les rotations logistiques – vers un quartier résidentiel traduit les difficultés rencontrées par les forces progouvernementales dans cette région frontalière avec le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
Cette zone, riche en ressources naturelles mais difficile d’accès, reste un défi majeur pour l’extension de l’autorité de l’État centrafricain sur l’ensemble du territoire national.
Enquête exclusive : Arrestations, manipulation et crise diplomatique, les dessous de l’affaire de L’agence belge Enabel en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/IMG-20240220-WA0065.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le président Faustin Archange Touadera en costume bleu, endormi complètement lors d’une conférence internationale
Menaces de retrait, personnel humilié. L’agence belge Enabel, acteur majeur du développement en RCA, pourrait cesser ses activités dans les prochains mois. Nous révélons pourquoi ce départ serait un séisme.
Il y a quelques semaines, un matin ordinaire du mois de mai 2025 à Bangui a viré au cauchemar pour l’équipe de l’agence de coopération belge Enabel. Ce jour, rien ne laissait présager le drame qui allait secouer les relations entre la République centrafricaine et la Belgique.
En effet, les premiers employés arrivés à leur bureau ont été immédiatement interpellés un par un par les forces de l’ordre dépêchés par le chef d’État-major, le général Zéphirin Mamadou. Leur responsable, arrivé peu après, a subi le même sort. Tous ont été emmenés sans ménagement dans les locaux de la redoutée Section de Recherche et d’Investigation (SRI) de la gendarmerie.
Certes, ils ont été libérés dans la journée, mais le mal était fait. Comment en est-on arrivé là ? Comment une agence européenne de coopération respectée s’est-elle retrouvée dans le collimateur des autorités centrafricaines pour une histoire qui défie l’entendement ?
Comment une organisation internationale de cette envergure a-t-elle pu subir un tel traitement ?
L’affaire trouve ses racines dans le quartier même où Enabel a établi ses bureaux. La ruelle qui abrite l’agence belge n’est pas n’importe laquelle : elle longe l’ancienne résidence de feu Ange-Félix Patassé, face à l’hôtel Ledger. Un secteur où vivent des personnalités influentes, dont une maîtresse du président Touadéra.
Lorsque Enabel, paralysée depuis 7 jours à cause de problème de connexion internet, décide de réagir en installant des équipements de connexion internet par satellite sur le bâtiment. Aussitôt, la voisine, maîtresse du Président, y a vu tout autre chose. Dans son esprit, ces installations n’étaient rien d’autre que des caméras de surveillance ultra-sophistiquées, destinées à épier les mouvements du chef de l’État, voir même le capturer le moment venu. Ainsi, elle a décidé d’informer le Président: “Les Belges nous espionnent, ils préparent quelque chose contre toi!”. Une accusation grave qui, dans un pays encore troublé par l’instabilité, ne pouvait que faire mouche.
Plutôt que de vérifier la nature de ces installations par ses experts, le président Touadéra a pris la rumeur pour argent comptant comme un gros bébé, une poupée russe, ordonnant l’arrestation immédiate du personnel et la désinstallation des équipements. Cette décision présidentielle est incroyable!
Selon plusieurs observateurs de la scène politique centrafricaine, cette impulsivité du Président prouve une fois de plus un homme totalement malléable, facilement influençable par n’importe qui.
“Le président n’a pas eu une enfance comme nous autres”, confie un proche du Président joint au téléphone . Ce dernier ajoute que “le Président n’avait pas connu depuis son enfance les jeux de quartier, le football dans la poussière, ces petites bagarres qui nous apprennent à déjouer les pièges et à reconnaître les manipulateurs.”
Cette explication trouve écho chez plusieurs centrafricains : un homme qui n’a pas été trempé dans ces écoles de la rue reste vulnérable aux influences de ses amis “. C’est exactement comme ça que les Russes le manipule comme une poupée ”, glisse un diplomate africain sous couvert d’anonymat.
Face à la manipulation grossières de l’une de ses nombreuses maîtresses, Touadéra a réagi comme un enfant qu’on effraie avec des histoires de fantômes rouges.
Selon cette perspective, le président Touadéra est d’une grande naïveté, facilement manipulable.
Pour Enabel, l’affront est majeur. Cette agence n’est pas une ONG quelconque : elle représente officiellement la coopération belge en Centrafrique, au même titre que ses homologues français ou russes. Ses agents jouissent d’un statut quasi-diplomatique et investissent des millions d’euros dans la formation et le développement du pays.
Voir ces coopérants traités comme de vulgaires suspects sur la base d’une rumeur de bonne femme a provoqué un tollé à Bruxelles. “Comment peut-on humilier ainsi des partenaires qui consacrent leur temps et leur expertise au développement de votre pays ?”, s’insurge un responsable européen présent à Bangui.
L’incident dépasse le simple malentendu : il révèle un mépris pour les conventions diplomatiques et une gestion erratique des relations internationales qui inquiète tous les partenaires de la RCA.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Selon nos informations, Enabel aurait déjà pris sa décision : l’agence quittera la Centrafrique d’ici la fin du mois d’août prochain. Les responsables sont actuellement en train de finaliser le transfert de certains projets vers d’autres organisations avant de plier bagage définitivement.
Ce départ représente bien plus qu’une simple perte financière pour un pays qui a tant besoin d’aide au développement. C’est un signal désastreux envoyé à la communauté internationale : comment faire confiance à un État qui traite ses partenaires avec si peu de considération ?
Pour la Centrafrique, déjà isolée sur la scène internationale, perdre un partenaire de la stature d’Enabel constitue un revers diplomatique majeur. Une fois de plus, par une décision précipitée basée sur des soupçons infondés, le pouvoir centrafricain “enterre” son propre pays, le privant progressivement de ses soutiens les plus précieux.
Cette affaire Enabel explique parfaitement les dérives d’un régime qui, faute de discernement, transforme ses alliés en ennemis et ses partenaires en suspects. Un bien triste spectacle pour un pays qui aurait tant besoin de stabilité et de confiance pour sortir de ses difficultés.
la Cour Pénale Spéciale , un bilan positif mais nuancé, selon son président
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dit-Ndele-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dit-Ndele-1-450×300.jpg” alt=”Centrafrique : la Cour Pénale Spéciale , un bilan positif mais nuancé, selon son président” width=”450″ height=”300″ />Le juge de la Section d’assises de la Cour pénale spéciale lors d’une audience dans le procès Ndélé I. CopyrightCPS
Lors d’une interview accordée à la radio Ndékè Luka, Landry Michel Louanga, président de la Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine, a dressé un bilan de l’institution, créée le 3 juin 2015 et opérationnelle depuis le 22 octobre 2018.
Alors que la CPS célèbre ses 10 ans d’existence, son président qualifie ses résultats de « très positifs » et encourage les journalistes d’investigation à comparer ses performances avec celles d’autres juridictions internationales chargées de juger les crimes graves.
Un bilan jugé encourageant par la CPS
Selon M. Louanga, la CPS a inculpé 36 personnes, émis 27 mandats d’arrêt non encore exécutés, et jugé trois affaires en sept ans d’activité judiciaire. Le premier procès, conclu jusqu’en appel, a été suivi des affaires Ndélé 1 (presque finalisée) et Ndélé 2, dont le verdict est attendu d’ici le 19 juin 2025. Une dizaine de dossiers, dont les affaires Bossembélé, Guen, Fatima et Alindao, sont en phase terminale d’instruction ou en route vers le jugement d’ici 2026.
« C’est très positif », insiste le président, comparant la CPS à d’autres tribunaux internationaux. Il souligne que certaines juridictions, malgré des durées d’activité plus longues, n’ont pas atteint ce rythme. La CPS contribue également à l’édification d’une jurisprudence internationale, un point de fierté pour M. Louanga.
Une comparaison nuancée avec d’autres juridictions
À la demande du président, une comparaison avec d’autres tribunaux internationaux met en lumière des dynamiques variées :
– CPS (Centrafrique) : Depuis 2018, 3 procès ont été ouverts (premier en avril 2022, deuxième en décembre 2023, troisième en décembre 2024), soit environ 0,4 procès par an sur 7 ans.
– TPIR (Rwanda) : De 1994 à 2015, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a conduit environ 82 procès pour 92 à 93 inculpés, soit une moyenne de 3 procès par an sur 21 ans, face à un volume massif de suspects lié au génocide.
– TPIY (ex-Yougoslavie) : Actif de 1993 à 2017, ce tribunal a achevé environ 90 procès en 21 ans (1996–2017 pour l’essentiel des jugements), soit 4 à 5 procès par an, dans un contexte de crimes de guerre multiples.
– CETC (Cambodge) : De 2006 à 2022, les Chambres extraordinaires ont jugé 3 hauts responsables en 15 ans, soit 0,2 procès par an, avec un champ d’action plus restreint.
Si la CPS semble moins rapide en termes de moyenne annuelle, le volume de suspects et la complexité des contextes varient. Le TPIR et le TPIY ont traité des cas nombreux dans des conflits de grande échelle, tandis que la CPS, comme les CETC, opère dans un cadre plus ciblé. M. Louanga a raison de noter que des comparaisons directes doivent tenir compte de ces différences.
Le poids des suspects : une limite majeure
Un point critique nuance ce bilan : la nature des suspects poursuivis. Si la CPS a inculpé 36 personnes, ces dernières sont souvent perçues comme des “sardines”, des exécutants de moindre envergure, parfois arrêtés dans un contexte jugé politisé. En comparaison, des juridictions comme le TPIR ou le TPIY ont ciblé des figures de haut rang, architectes des crimes de masse (génocide, crimes de guerre). En Centrafrique, les “vrais suspects”, hauts responsables, parfois intégrés au gouvernement ou protégés par leur influence, semblent hors d’atteinte. Cette disparité questionne l’efficacité de la CPS à frapper au cœur des responsabilités dans les crimes graves, malgré ses avancées.
Des défis financiers persistants
Le président met en avant des contraintes majeures : le financement et les ressources humaines. Si des partenaires, notamment les États-Unis, ont soutenu la CPS initialement, leur désengagement récent pèse lourd. « La participation des États-Unis était substantielle », déplore M. Louanga, notant que leur retrait complique la gestion des procès et des réparations pour les victimes, comme celles de l’affaire Paoua, financées par des fonds américains. Il ajoute que des moyens financiers et humains accrus permettraient de juger plusieurs affaires simultanément. Le recrutement de juges internationaux, sans mandats permanents, pose aussi problème.
Perspectives et réparations
Louanga reste optimiste, espérant un soutien continu des partenaires pour les réparations dans des dossiers comme Bossembélé et Guen. Les affaires Fatima et Alindao, prévues pour 2026, marqueront une étape clé. Il appelle à une mobilisation pour que la CPS poursuive sa mission : juger les crimes graves et rendre justice aux victimes….
Si nous sommes capables de vendre des espaces de terre à des étrangers, nous devons être capables d’enterrer dignement nos morts !, déclare Paul-Crescent Beninga
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/06/Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc – Centrafrique : communiqué de presse du Front Uni pour la Défense de la Nation.
Le porte-parole du GSTC, Dr Paul-Crescent Beninga établit un parallèle saisissant entre la vente de terres à des étrangers et l’incapacité du pays à construire ses propres cimetières.
“Si nous sommes capables de vendre des espaces de terre, nous devons être capables d’enterrer dignement nos morts !”. C’est par ces mots que le Dr Paul-Crescent Beninga, porte-parole du GSTC, a interpellé la nation centrafricaine sur Radio Ndékè Luka. Face à la loi sur la tokenisation des terres, qui ouvre la voie à l’achat de dizaines de milliers d’hectares par des étrangers, il appelle à un sursaut de fierté. Dans une lettre ouverte du 23 mai 2025, il dénonce également l’attitude de la Minusca et plaide pour une RCA souveraine et autonome.
Le Dr Paul-Crescent Beninga n’a pas caché son opposition initiale à la loi sur la tokenisation des ressources foncières, votée en RCA pour valoriser les ressources naturelles et foncières. “Ma position est connue, j’étais contre cette loi”, a-t-il déclaré, tout en se disant républicain et respectueux des décisions de l’État. Cette législation permet à des étrangers d’acquérir des terres en RCA, voire, dans certains cas, de bénéficier d’un accès facilité à la nationalité centrafricaine. Un exemple frappant cité par le Dr Paul-Crescent Beninga est celui d’un homme d’affaires rwandais, ancien ministre, qui a acheté près de 40 000 hectares de terre, dont 5 000 ont déjà été défrichés.
Pour le porte-parole du GSTC Paul-Crescent Beninga, cette situation pose une question déterminante : si la RCA est capable de vendre de vastes espaces de terre, comment peut-elle manquer de moyens ou d’espaces pour construire des cimetières ? “. Si nous sommes capables de vendre des espaces de terre, ça veut dire que nous en avons assez”, argue-t-il. Il ajoute que les fonds générés par ces ventes, encaissés par le Trésor public, devraient suffire à financer des projets souverains, comme la construction de cimetières, sans recours à l’appui extérieur.
La lettre ouverte du Dr Paul-Crescent Beninga a été motivée par une vidéo du 22 mai 2025, dans laquelle la porte-parole de la MINUSCA évoquait, lors d’une conférence de presse, “la douloureuse question du manque de cimetières” à Bangui, affirmant que la mission onusienne suivait l’affaire de près. Pour le Dr Paul-Crescent Beninga, cette déclaration, empreinte de “condescendance”, sous-entend que l’État centrafricain aurait sollicité l’aide de la MINUSCA pour un tel projet. “Je trouve que c’est une aberration”, s’insurge-t-il, qualifiant cette prétendue demande de “mendicité” humiliante.
Il rappelle que le mandat de la MINUSCA, défini le 14 novembre 2024, ne comprend pas la construction de cimetières. “C’est un acte de souveraineté, et il revient à l’État centrafricain”, insiste-t-il. Pour lui, la question de l’appui de la MINUSCA est un “faux débat”, surtout dans un contexte où la RCA dispose de ressources financières et d’une superficie de 623 000 km² pour 6 millions d’habitants. “Ce ne sont pas les espaces qui manquent, ni les moyens”, affirme-t-il, pointant un “manque de volonté politique” comme la véritable cause du problème.
Au-delà de la tokenisation et du manque de cimetières, le Dr Paul-Crescent Beninga livre un plaidoyer vibrant pour la souveraineté et la fierté nationale. “Ce n’est pas parce que nous avons traversé de multiples conflits qui ont fragilisé notre tissu social et économique que nous devons développer un complexe d’infériorité”, déclare-t-il. Il appelle les autorités centrafricaines à prouver la souveraineté par des “actes concrets” plutôt que par des discours, notamment en assumant des responsabilités comme la construction de cimetières.
S’adressant au peuple centrafricain, il insiste : la présence de la MINUSCA et des Nations unies en RCA n’est pas une faveur, mais un droit. “Nous sommes membres des Nations unies. Nous avons le droit d’accueillir une mission et de lui demander de s’en aller”, explique-t-il, exhortant les Centrafricains à cesser de “faire la courbette” et à se comporter comme un peuple “vaillant” qui connaît sa direction….
Wagner et les ex-rebelles de l’UPC sèment la terreur dans le Haut-Mbomou : le village Tabane incendié sous prétexte de combattre les miliciens Azandé
Bambari-par-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/07/les-mercenaires-de-wagner-a-bambari-par-cnc-450×347.jpg” alt=”Wagner et les ex-rebelles de l’UPC sèment la terreur dans le Haut-Mbomou” width=”450″ height=”347″ />Les mercenaires de Wagner à Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, au centre de la République centrafricaine . CopyrightCNC
Une crise d’une brutalité sans précédent secoue le sud-est de la République centrafricaine, particulièrement dans la préfecture du Haut-Mbomou. Sous prétexte de lutter contre les miliciens Azandé, le groupe Wagner, appuyé par des ex-rebelles de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), mène une offensive d’une violence extrême.
Depuis deux mois, la préfecture du Haut-Mbomou, en particulier la sous-préfecture de Zemio, est en proie à des violences qui ne faiblissent pas. Les affrontements opposent les miliciens Azandé à une coalition formée des Forces armées centrafricaines (FACA), des mercenaires russes du groupe Wagner, des casques bleus, des gendarmes et des policiers. La situation est hors de contrôle, poussant des milliers d’habitants à chercher refuge en République démocratique du Congo.
Tout a pris une tournure dramatique le 30 avril 2025, vers 20h30, quand les miliciens Azandé ont attaqué les positions des FACA à Koumboli, à trois kilomètres de Zemio. Deux soldats FACA ont été blessés. Le lendemain, les FACA, soutenues par Wagner, ont tenté de reprendre la localité. Mais l’opération a mal tourné : les Azandé, bien préparés, ont repoussé l’assaut, tuant 4 éléments de forces de l’ordre, dont un gendarme. Du matériel militaire a été abandonné et saisi par les miliciens, qui ont consolidé leur emprise sur Koumboli.
Les jours suivants, les 2, 3, 4 et 5 mai, les miliciens Azandé ont multiplié les attaques contre les positions des soldats FACA et de leurs alliés russes à Zemio, Koumboli, Bandachi et d’autres villages voisins. Ces offensives ont forcé les habitants à fuir en masse vers la RDC, abandonnant leurs maisons et leurs terres. De leur côté, les mercenaires russes du groupe Wagner ont mené des opérations destructrices, mettant le feu à des villages comme Koumboli et Bandachi, et commettant des exactions massives contre les civils.
Toutefois, la situation devient très compliquée quand certains soldats FACA ont catégoriquement refusé de mener désormais des opérations conjointes avec les mercenaires russes, ces derniers se sont tournés vers les ex-rebelles de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Ces anciens combattants, menés par le général de l’UPC Ahmat Petit, qui avait rendu les armes à Mboki en 2024 après avoir contrôlé Bambouti, ont été formés par Wagner et intégrés à l’armée nationale. Le lundi 9 juin 2025, ces ex-rebelles, épaulés par Wagner, ont été envoyés à Zemio par hélicoptère du groupe Wagner pour affronter les miliciens Azandé.
Mais le lendemain, mardi 10 juin, ces ex-rebelles de l’UPC, sous le commandement d’Ahmat Petit, et appuyant les mercenaires russes, ont quitté la ville de Zemio à bord de 14 motos en direction du village Tabane, situé à 20 km de Zemio, sur la route menant à Rafaï et Bangassou. À leur arrivée dans ce village, ils ont ouvert le feu dans toutes les directions, et ont mis le feu à de nombreuses habitations, détruisant presque tout le village, comme ils l’avaient fait à Koumboli et Bandachi quelques semaines plus tôt.
Par ailleurs, Wagner a mobilisé un autre groupe d’ex-rebelles de l’UPC, basés à Bambari et dirigés par l’ex-colonel de l’UPC, M. Kiri, communément appelés « Russes Noirs ». Ces combattants ont quitté Bambari le week-end dernier à bord de quatre véhicules, dont un camion-citerne, un char blindé et deux véhicules militaires Patriote appartenant à Wagner. Arrivés à Rafaï le mardi, ils se sont ensuite dirigés vers Zemio pour renforcer les opérations contre les miliciens Azandé.
La violence dans le Haut-Mbomou atteint un niveau inquiétant. Les maisons brûlées, les assassinats et les attaques contre les civils, attribués aux mercenaires russes du groupe Wagner, les soldats FACA, les gendarmes, les ex-rebelles de l’UPC, plongent la région dans une peur constante. Rappelons le, le 5 juin 2025, une famille composée d’un père, sa femme et leurs deux enfants, ont été littéralement égorgés dans leur champ près de Zemio par les mercenaires russes du groupe Wagner….