Séquestré, frappé, racketté : le calvaire d’un chauffeur aux mains de la police de Gamboula

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un homme s’arrête devant un hôpital, des agents de la police l’embarquent sans explication et le tabassent au commissariat de Gamboula. Les faits datent du 13 décembre. La police est-elle devenue une bande criminelle qui enferme et rançonne les citoyens au lieu de les protéger?
Le dossier que notre rédaction a pu consulter au parquet de Gamboula raconte une histoire glaçante. Ahmadou Narke, chauffeur domicilié à Berberati, patientait devant l’hôpital suédois ce soir du 13 décembre quand deux agents en uniforme se sont approchés de lui. Pas de convocation écrite, pas d’ordre de mission, pas la moindre explication. Ils lui ont simplement ordonné de les suivre au poste.
Le chauffeur, dans sa plainte que la rédaction du CNC a pu consulter, explique qu’il a accepté de les accompagner par respect, pensant qu’on allait lui expliquer la raison de cette interpellation. Il ne pouvait pas imaginer ce qui l’attendait derrière les murs du commissariat. Arrivé sur place, le commissaire par intérim l’a fait enfermer immédiatement, sans procédure, sans notification, sans témoin.
Puis les insultes ont commencé. Le plaignant rapporte qu’on l’a traité de Camerounais clandestin, une accusation destinée à le rabaisser et à justifier le traitement qu’on s’apprêtait à lui infliger. Les mots ont vite laissé place aux mains. Des gifles d’abord, puis des coups répétés à la tête et autour de l’oreille gauche. Le chauffeur écrit qu’il a encaissé sans comprendre ce qu’on lui reprochait vraiment.
Le certificat médical signé par le docteur Caleb Koyambenguia, que notre rédaction a également consulté, confirme ces violences. Daté du 15 décembre, soit deux jours après les faits, le document mentionne des traumatismes crâniens, des douleurs auriculaires persistantes et des traces visibles sur le corps. Le praticien a prescrit une incapacité temporaire de cinq jours, preuve que les coups n’étaient pas léger.
Mais l’histoire ne s’arrête pas aux violences physiques. Après l’avoir frappé, le commissaire intérimaire lui a réclamé de l’argent. Dans sa plainte, le plaignant mentionne une somme de 200 000 francs CFA comme prix de sa libération. Pas de procès-verbal, pas d’infraction consignée, juste une demande d’argent lancée entre quatre murs. Le commissariat s’est transformé en lieu de transaction criminelle, où l’uniforme sert à intimider et la cellule à négocier.
Le calvaire du chauffeur aurait pu durer plus longtemps sans l’intervention d’un parlementaire de Gamboula. Un simple appel téléphonique de cet élu a suffi pour que tout cesse. Les violences se sont arrêtées net, et le chauffeur a été libéré dans la foulée. Cette intervention montre comment fonctionne ce commissariat : on obéit aux puissants, on écrase les anonymes, et on rançonne ceux qui n’ont personne pour les défendre.
Un enquêteur aurait même accusé le chauffeur de détenir de la drogue, sans preuve, sans fouille en règle, uniquement pour ajouter une pression supplémentaire. Ahmadou Narke écrit dans sa plainte qu’il a accepté ces accusations « avec dignité », autrement dit qu’il a encaissé les offenses pour sortir vivant de cet endroit. Il précise qu’il souffrait encore au moment de rédiger sa requête, plusieurs jours après les faits.
Rien dans ce dossier ne correspond à une procédure normale. Pas de notification légale remise au suspect, pas de témoin indépendant présent lors de l’interpellation, pas de procès-verbal d’audition, aucune infraction précise mentionnée dans les documents. Juste des cris, des coups, des insultes et une demande d’argent. Le chauffeur a été traité comme une marchandise, un portefeuille sur deux jambes qu’on peut presser jusqu’à ce qu’il crache des billets.
Le plaignant se retrouve contraint de préciser dans sa lettre au procureur qu’il n’est ni dealer ni fauteur de troubles ni immigré illégal, comme si ces accusations suffisaient à légitimer une détention hors la loi et des passages à tabac. Il travaillait tranquillement au volant, il attendait devant un hôpital, puis deux agents sont venus le chercher sans raison apparente. Transporté au commissariat, il a subi des humiliations, des coups et une tentative d’extorsion en bonne et due forme.
Gamboula se trouve en zone frontalière, un endroit où les contrôles se multiplient et où les circuits migratoires se croisent avec les arrangements financiers. Un chauffeur peut y devenir une cible facile, surtout s’il n’a pas de réseau pour le protéger. L’uniforme policier, censé garantir la sécurité, devient ici un instrument de pression et de racket. Les agents ne demandent plus de papiers pour vérifier une situation, ils demandent de l’argent pour libérer une personne.
Le certificat médical reste la seule pièce objective du dossier. Il confirme que le plaignant a bien reçu des coups à la tête et à l’oreille gauche, qu’il souffre encore plusieurs jours après et qu’un médecin a jugé nécessaire de lui prescrire une incapacité de cinq jours. Le reste repose sur la parole du chauffeur contre celle d’agents qui ne se sont pas encore exprimés publiquement et qui n’ont laissé aucune trace écrite de leurs actes.
La plainte a été déposée au parquet de Gamboula. Aucune information ne circule sur l’avancement du dossier ni sur d’éventuelles auditions des agents mis en cause. Le commissaire intérimaire visé par les accusations n’a donné aucune version des faits. Les deux agents qui ont procédé à l’interpellation ne sont pas identifiés dans les documents que notre rédaction a consultés. Aucune enquête administrative interne n’a été mentionnée, aucune mesure disciplinaire annoncée, aucun responsable hiérarchique cité pour rendre des comptes.
Ahmadou Narke demande dans sa requête que justice soit rendue. Il veut que les responsables soient identifiés et que des sanctions soient prises. Il insiste sur les séquelles physiques qu’il porte encore et sur l’humiliation qu’il a subie. Il termine sa lettre en suppliant le procureur de faire en sorte que la loi soit appliquée, que les coupables répondent de leurs actes et que ce genre de scène ne se reproduise plus.
Pour l’instant, le silence administratif perdure. Le dossier dort quelque part entre le parquet et les bureaux de la hiérarchie policière. Le chauffeur attend qu’on entende sa version et qu’on examine les preuves médicales. Il espère que son certificat médical et sa plainte suffiront à déclencher une véritable enquête. Il ne sait pas combien de temps il devra patienter avant qu’on lui réponde, ni si on lui répondra un jour
Par Ghislain Korombolo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)