RCA : Panique à bord du « chasseur-bombardier » Touadéra, la guerre des clans est déclarée entre les mytho-bras cassés de la septième république

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RCA : Panique à bord du « chasseur-bombardier » Touadéra, la guerre des clans est déclarée entre les mytho-bras cassés de la septième république

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Les récentes auditions judiciaires de Sani Yalo et de Bida Koyagbélé exposent clairement aux yeux du monde une lutte féroce entre les mytho-bras cassés et criminels de la septième république de Baba Kongoboro.

 

L’interview de Jules Njawé sur Freedom Africa TV sonne comme un aveu de panique au sommet de l’État centrafricain. En tentant maladroitement de défendre le parrain mafieux et grand bandit Sani Yalo et le ministre délégué clepto-mythomane Bida Koyagbélé, tous deux entendus par la justice pour une affaire de tentative de déstabilisation, le conseiller camerounais a étalé publiquement les rivalités féroces qui déchirent l entourage du dictateur  Faustin-Archange Touadéra. Ce déballage médiatique montre une réalité que le pouvoir tente de cacher. La prétendue union sacrée autour de la présidence n existe plus, cédant la place à un conflit ouvert entre factions rivales.

 

Njawé utilise une métaphore aéronautique pour décrire la situation, qualifiant la Centrafrique de chasseur-bombardier dont Touadéra serait le pilote. Il oublie de préciser que l’appareil subit des tirs fratricides. Selon ses propres déclarations, les accusations de coup d’État découlent de manipulations nées au sein même de la majorité présidentielle. Le conseiller pointe du doigt ceux qu il nomme les partisans de la vingt-quatrième heure, ces anciens opposants ou chefs rebelles ralliés sur le tard qui tentent aujourd hui de déloger les fondateurs historiques du mouvement. Cette dénonciation directe confirme l’existence d’une épuration interne où chaque clan cherche à éliminer l’autre pour garantir sa survie politique et financière.

 

La défense de Sani Yalo avancée par Njawé repose sur une logique de victimisation. Il rappelle l’implication de ce dernier dans la campagne électorale de 2016 pour prouver une fidélité absolue, tout en s’étonnant qu’une simple rumeur lancée par un liver sur Facebook en exil et relayée par des blogueurs suffise à mobiliser le procureur de Bangui. Cette situation met en cause la crédibilité de l’appareil judiciaire centrafricain, perçu ici comme un instrument de règlement de comptes utilisé par une faction du palais pour abattre le pilier des mouvements associatifs du régime.

 

Au-delà de la rhétorique du complot extérieur, où la France est traditionnellement accusée de tirer les ficelles en arrière-plan, le discours de Njawé trahit une peur personnelle. En affirmant qu’il sera probablement la prochaine cible sur la liste, le conseiller reconnaît que personne n est à l’abri au sein de cette oligarchie. Les accusations de trahison deviennent l arme politique principale pour écarter les rivaux du partage des richesses nationales, alors que le pays s enfonce dans une crise sociale et sanitaire profonde. Les hommes forts de la septième République, censés travailler à l éradication de la pauvreté, consacrent désormais leur énergie à se surveiller et à se détruire mutuellement.

 

Cette guerre intestine entre les créatures du système démontre que le pouvoir Touadéra entre dans une phase de décomposition interne. Les lieutenants de la première heure se voient menacés par les nouveaux courtisans, créant un climat de suspicion généralisée où la moindre rumeur sur les réseaux sociaux se transforme en affaire d État. Les caciques du régime s entredéchirent pour conserver leurs privilèges, tandis que les institutions judiciaires valident les règlements de comptes ordonnés depuis les salons de la présidence.

 

Jules Njawé a choisi de parler en tant qu activiste politique pour dénoncer une machination interne, mais sa sortie médiatique produit l effet inverse, elle valide l existence d un incendie que le premier cercle du pouvoir ne parvient plus à étouffer. Sani Yalo et Bida Kouyagbélé sont ressortis libres de leur audition, mais le message envoyé par leurs adversaires est clair, les positions économiques clés qu ils occupent dans la promotion des investissements font l objet d une convoitise absolue. La prétendue stabilité de la nouvelle Constitution vole en éclats sous les coups des ambitions personnelles des courtisans.

 

La suite de cette purge interne dépendra des arbitrages d un président Touadéra décrit comme silencieux et gêné, mais dont la capacité à laisser ses proches collaborateurs se faire humilier par les tribunaux interroge sur son autorité réelle. Les clans rivalisent d audace pour occuper l espace politique, persuadés que le chef de l État choisira le camp du plus fort dans ce conflit où tous les coups sont permis, y compris l usage de la calomnie et des accusations de haute trahison.

 

Par Alain Nzilo

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