Abakar Sabone accuse Touadera et son clan au pouvoir d’avoir transformé la RCA en un clan mafieux et criminel
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis N’Djamena, l’ancien ministre Abakar Sabone a livré une déclaration en direct sur Facebook consacrée à la situation politique et institutionnelle de la République centrafricaine. Dans son live sur Facebook, il affirme que le pays est aujourd’hui confisqué par un groupe restreint des mafieux et criminels qui se comporte comme s’il en était le propriétaire exclusif.
Selon Abakar Sabone, « certaines personnes sont arrivées et ont pris la République centrafricaine comme leur propre champ personnel, comme leur patrimoine ». Il soutient que ce groupe des mafieux gouverne comme si le pays lui appartenait, au détriment des autres citoyens, privés selon lui du droit même de regarder leur propre pays. « Les autres citoyens n’ont même plus le droit de regarder leur pays », déclare-t-il.
L’ancien ministre affirme que cette appropriation du pouvoir s’accompagne de pratiques de vol et de détournement. Il parle d’un système fondé sur « le vol, le détournement », exercé par des dirigeants qui, selon ses mots, « se considèrent comme les plus forts » et affirment pouvoir « faire tout ce qu’ils veulent ». Abakar Sabone décrit un pouvoir convaincu d’être au-dessus de toute règle, agissant sans limite ni retenue.
Dans sa déclaration, il va plus loin en accusant Touadera et son clan au pouvoir de se comporter comme s’ils existaient avant même la création de l’État centrafricain. « C’est comme s’ils étaient nés avant la création de la RCA, comme s’ils étaient nés avant tous les Centrafricains », affirme-t-il, pour expliquer ce qu’il considère comme une négation du principe d’égalité entre citoyens.
Abakar Sabone insiste sur le fait que cette domination ne repose pas uniquement sur le contrôle des institutions, mais aussi sur l’intimidation. Il explique que la peur est utilisée comme instrument de gouvernement, à travers la menace de la prison, de la mort et des représailles. « On veut te faire peur avec la prison, avec la mort », dit-il, avant d’ajouter que cette logique ne devrait plus fonctionner. « Quand tu es un homme, tu n’as plus peur de la prison, tu n’as plus peur de la mort ».
Il affirme que tous les Centrafricains ne sont pas prêts à se soumettre. « Ce pays n’est pas composé que de marionnettes, que de moutons, que d’opportunistes qu’on peut acheter », soutient-il. Selon lui, une partie de la population refuse désormais d’être traitée comme une masse manipulable, sans voix ni droit.
Abakar Sabone s’en prend également à ce qu’il décrit comme l’arrogance du pouvoir en place. Il accuse les dirigeants de Bangui de se comporter comme s’ils étaient intouchables. « Ils disent qu’ils sont forts, qu’ils peuvent tout faire », affirme-t-il, avant de dénoncer un système qu’il qualifie de mafieux. Il parle de « clans de voleurs », de « bandes criminelles » et de dirigeants qu’il accuse d’agir avec la complicité de mercenaires étrangers.
Pour l’ancien ministre, cette confiscation de l’État s’explique aussi par l’affaiblissement des contre-pouvoirs. Il déclare que la justice ne joue plus son rôle. « Il n’y a pas de justice dans ce pays. La justice est corrompue jusqu’à la moelle », affirme-t-il, estimant que les citoyens n’ont plus aucun recours face aux abus du pouvoir.
Abakar Sabone rejette l’idée selon laquelle ce système serait inévitable. Il rappelle que la République centrafricaine n’appartient pas à un groupe, ni à une famille, ni à un clan. « Il n’y a pas un Centrafricain supérieur à un autre. Il n’y a pas un Centrafricain inférieur », insiste-t-il. Pour lui, chaque citoyen a les mêmes droits et les mêmes devoirs vis-à-vis de l’État.
Il affirme également que la fonction présidentielle n’est pas réservée à un cercle fermé. « Moi aussi, je peux devenir président. Joseph Mayté aussi, pasteur Mbakassi également. Sylviane Dokossi aussi, Parfaite Champagne également. Un autre Centrafricain peut devenir président. Si Dieu le veut », déclare-t-il, pour souligner que la légitimité politique ne devrait pas être confisquée par ceux qui se maintiennent au pouvoir par la force et la peur.
Dans son intervention, Abakar Sabone appelle les citoyens à réfléchir à leur rôle. Il invite chacun à se demander « ce qu’il doit faire pour son pays » et « pour l’intérêt du peuple centrafricain ». Selon lui, accepter la confiscation de l’État revient à renoncer à sa responsabilité de citoyen.
Il met enfin en garde contre la résignation. Pour lui, le maintien d’un pouvoir qui traite la République comme une propriété privée est aussi le résultat du silence et de la soumission. « Ce pays n’est pas dans cet état par hasard », affirme-t-il, appelant les Centrafricains à ne plus accepter que leur État soit géré comme un bien personnel.
Tout au long de sa déclaration, Abakar Sabone présente la situation actuelle comme une rupture profonde avec les principes républicains. À ses yeux, la République centrafricaine est aujourd’hui dirigée par un groupe qui s’est arrogé tous les droits, en excluant le peuple de la gestion de son propre pays.
Par Alain Nzilo
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