Obo, une ville sans enseignants titulaires : l’éducation des enfants en sursis

Publié le 13 novembre 2023 , 7:00
Mis à jour le: 13 novembre 2023 2:45

Obo, une ville sans enseignants titulaires : l’éducation des enfants en sursis

 

École préfectorale fille d'Obo
École préfectorale fille d’Obo, au sud-Est de la Centrafrique. Photo CNC

 

 

Bangui, 14 novembre 2023 (CNC) – Cap sur Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine, où les établissements primaires et secondaires publics font face à un sérieux problème d’enseignants qualifiés. Une situation préoccupante qui met en péril l’avenir éducatif des jeunes enfants de la région.

 

Même si certains responsables d’établissements et les députés d’Obo ont recours à des maîtres-parents et des volontaires pour assurer les cours, le manque d’enseignants dans certaines matières persiste, suscitant des inquiétudes parmi les élèves, leurs parents et les responsables éducatifs.

 

Maîtres-parents héroïques, enseignants titulaires aux abonnés absents : un obstacle majeur pour l’éducation

 

À Obo, au cœur de la préfecture du Haut-Mbomou, l’éducation des enfants repose sur les épaules courageuses des maîtres-parents. Dans les établissements primaires et secondaires publics, ces figures dévouées se tiennent vaillamment au front, prêts à transmettre savoir et savoir-faire à la jeune génération. Cependant, derrière cette bravoure, se profile l’ombre d’un défi éducatif majeur : l’absence persistante des enseignants titulaires.

 

Dans la classe de CEI à l’école préfectorale Mix d’Obo, les élèves récitent la dévise nationale et s’immergent dans les symboles du pays sous le regard bienveillant, mais souvent unique, du maître-parent. Cette scène se répète dans l’ensemble de l’école, où seuls ces enseignants dévoués dispensent les connaissances essentielles à la formation des élèves.

 

Mari-Josué Gouibololo, chef de la circonscription scolaire du Haut-Mbomou, met en lumière un phénomène inquiétant : les enseignants titulaires affectés dans la région refusent de prendre leurs fonctions. Les 43 enseignants présents à Obo sont tous des maîtres-parents, formés grâce à l’appui précieux de l’ONG COOPI. Pourtant, les enseignants titulaires, bien qu’affectés, restent étrangement absents, préférant demeurer à Bangui.

 

Au lycée d’Obo, la situation atteint des niveaux critiques. Seuls le proviseur et l’intendant assurent les cours, avec le renfort de cinq volontaires. Le proviseur Prisocien Konza témoigne du désarroi : aucune affectation d’enseignant titulaire à Obo depuis trois ans. La vacation, autrefois un espoir, demeure suspendue, laissant les volontaires comme ultime recours.

 

Bien que des volontaires payés par le député d’Obo-1 et des parents d’élèves s’efforcent de pallier ce manque, l’éducation des enfants à Obo demeure en péril. Bienvenue Bérembouli, élève en cinquième, souligne le manque crucial d’enseignants dans des matières aussi fondamentales que les mathématiques, l’anglais et l’économie familiale.

 

Face à cette urgence éducative, Nicole Nakio, présidente de l’association des parents d’élèves, lance un appel désespéré au gouvernement et à la Minusca : « Nous demandons au gouvernement d’envoyer des enseignants qualifiés pour aider nos enfants dans leur éducation ». Au-delà de l’absence d’enseignants qualifiés, les défis s’accumulent avec l’insuffisance criante d’infrastructures scolaires et de manuels didactiques.

 

Le dévouement des maîtres-parents est indéniable, mais il est urgent que les enseignants titulaires répondent à l’appel. L’avenir éducatif des enfants d’Obo dépend de cette collaboration, cruciale pour surmonter les défis éducatifs majeurs qui assombrissent actuellement le paysage éducatif de cette région isolée de la République centrafricaine.

 

Au-delà du déficit d’enseignants qualifiés, Obo doit également faire face à des problèmes d’infrastructures scolaires insuffisantes et de manuels didactiques. L’éducation des enfants à Obo est en danger, et une action immédiate est nécessaire pour prévenir une crise éducative majeure dans cette région reculée de la République centrafricaine.

 

Par Fidèle ZEGUINO

Correspondant du CNC dans le grand sud-est

 

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