Médard Polisse-Bébé : « Monsieur le Président, rompez avec Wagner et respectez la Constitution ! »

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Médard Polisse-Bébé , cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain, vient d’adresser une lettre cinglante au Président Faustin-Archange Touadéra. Dans ce réquisitoire de quatre pages, l’opposant dénonce la mainmise du groupe Wagner sur les ressources du pays, la dérive autoritaire du régime et l’affaiblissement des institutions démocratiques. Il exhorte notamment le chef de l’État à renoncer à toute ambition de troisième mandat et à rompre avec les mercenaires russes.
À lire l’intégralité de la lettre ouverte ci-dessous :
Lettre ouverte au Président de la République Centrafricaine,
Son Excellence Faustin-Archange Touadera
Objet : Dénonciation des exactions et appel au respect absolu de la Constitution du 30 Mars 2016.
Excellence Monsieur le Président de la République,
C’est avec un profond sens du devoir envers notre nation que je vous adresse cette lettre ouverte, motivée par l’urgence de la situation que traverse notre pays. La République centrafricaine, notre bien commun, est aujourd’hui fragilisée par des dérives graves qui menacent son avenir.
Depuis votre accession au pouvoir en 2016, nos compatriotes nourrissaient l’espoir d’un renouveau politique et économique. Cependant, près d’une décennie plus tard, les faits parlent d’eux-mêmes : le bilan de votre régime est marqué par des échecs préoccupants, des atteintes aux droits fondamentaux et une gouvernance qui s’éloigne des idéaux démocratiques.
Un bilan négatif qui appelle à une remise en question
- Insécurité généralisée : Malgré les promesses de restaurer la paix, de larges pans de notre territoire demeurent sous le contrôle de groupes armés. Pire encore, la dépendance à des mercenaires étrangers, notamment ceux du groupe Wagner, a aggravé la situation. Ces derniers, loin d’apporter une solution, se sont rendus coupables d’exactions graves contre les civils.
- Corruption endémique et gestion opaque des ressources : La mauvaise gestion des ressources nationales, notamment dans les secteurs minier et forestier, alimente une corruption systémique. Ces richesses, qui devraient être une bénédiction pour notre pays, profitent davantage à des réseaux étrangers qu’à nos populations.
- Affaiblissement des institutions démocratiques : Sous votre leadership, les principes fondamentaux de l’État de droit ont été mis à mal. L’indépendance de la justice, du Parlement et d’autres organes essentiels est aujourd’hui compromise. Les révisions constitutionnelles récentes, perçues comme un outil pour vous maintenir au pouvoir, sapent la confiance du peuple en ses institutions.
- Crise économique et sociale persistante : Malgré les aides internationales et les ressources naturelles dont dispose notre pays, la pauvreté reste endémique. L’accès à l’éducation, à la santé et à des infrastructures de base est un luxe pour la majorité de la population, accentuant le sentiment d’abandon.
- Répression et climat de peur : La liberté d’expression, essentielle à toute démocratie, est aujourd’hui menacée. Les voix critiques, qu’elles soient issues de la société civile ou de l’opposition, font face à des intimidations, des arrestations arbitraires et parfois des violences.
Les exactions du groupe Wagner : une atteinte à notre dignité nationale
Le recours aux mercenaires russes du groupe Wagner pour renforcer votre régime a eu des conséquences désastreuses :
- Violations des droits humains : Ces mercenaires sont accusés de massacres, de tortures, de viols et de disparitions forcées, infligeant des souffrances indicibles à nos populations. Ces actes, documentés par des organisations internationales, doivent être dénoncés et traduits en justice.
- Pillage économique : L’exploitation abusive et opaque de nos ressources naturelles par ces groupes étrangers prive l’État de revenus essentiels, tout en aggravant les frustrations des populations locales.
- Affaiblissement de notre souveraineté : En confiant une partie de notre sécurité nationale à ces acteurs étrangers, votre régime a compromis l’indépendance de notre pays. La République centrafricaine ne peut se construire durablement sur la soumission à des intérêts extérieurs.
Appel à un sursaut démocratique
Excellence, le peuple centrafricain aspire à un État fort, souverain et démocratique. La Constitution de 2016, adoptée avec l’assentiment populaire, limite les mandats présidentiels à deux, afin de prévenir les abus de pouvoir et de garantir une alternance pacifique. La persistance dans la voie d’un troisième mandat serait une trahison de cette volonté collective.
Je vous exhorte donc à :
- Rompre immédiatement avec le groupe Wagner et engager des enquêtes indépendantes sur les crimes commis par ses membres.
- Restaurer la souveraineté nationale, en renforçant les capacités de nos propres forces armées et en mettant un terme à toute dépendance envers des acteurs étrangers.
- Respecter scrupuleusement la Constitution et renoncer publiquement à toute ambition de troisième mandat, pour garantir la paix et la stabilité institutionnelle.
Excellence, le destin de notre nation repose sur vos choix. Soyez l’homme d’État que le peuple centrafricain espérait en 2016 : un bâtisseur de paix, un garant de la démocratie et un protecteur de la souveraineté nationale.
L’histoire retiendra non seulement vos actions, mais aussi votre capacité à respecter les aspirations légitimes du peuple centrafricain. Faites le choix de la dignité et de l’intégrité.
Respectueusement !
Fait à Paris, le 20/01/2025
Méda rd POLISSE-BEBE
Personnalité politique centrafricaine
Cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain
CONTACTER CORBEAU NEWS Centrafrique
Centrafrique.org/Centrafrique-le-premier-ministre-felix-moloua-est-attendu-a-paoua-ce-jeudi/” data-wpel-link=”internal”>Corbeaunews Centrafrique
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC



![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)
