L’ASSOCIATION ACTION SOLIDAIRE ET LE PLAIDOYER POUR LA LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE DES JEUNES FILLES ET MÈRES EN CENTRAFRIQUE

Publié le 7 avril 2022 , 8:07
Mis à jour le: 6 avril 2022 1:18
Nadine KOSSI, Présidente, et son adjointe Gabriella Adeyemo
Nadine KOSSI, Présidente, et son adjointe Gabriella Adeyemo

 

PLAIDOYER EN FAVEUR DE LA SANTÉ ET DE L’HYGIÈNE MENSTRUELLE

 

Nadine kossi, Présidente,

WhatsApp : 0033 6 61 65 38 71

Gabriella Adeyemo, Vice-Présidente,

WhatsApp : 0044 7400 712721

mail : action.solidaire2@gmail.com

 

  1. UNE NOTE SUR LA TERMINOLOGIE

 

Toutes les femmes et les filles n’ont pas leurs règles, et toutes les personnes qui ont leurs règles ne sont pas des femmes. Le terme « femmes et filles » fait référence ici à toutes les personnes qui ont leurs règles menstruelles, y compris les jeunes filles, les femmes, ainsi que les personnes transgenres non-binaires.

La santé et l’hygiène menstruelles (SHM) comprennent à la fois la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) et les facteurs systémiques plus larges qui lient la menstruation à la santé, au bien-être, à l’égalité des sexes, à l’éducation, à l’équité, à l’autonomisation et aux droits.

Ces facteurs systématiques ont été résumés par l’UNESCO comme suit : connaissances précises et actualisées ; matériaux disponibles, sûrs et abordables ; installations sanitaires et de lavage des mains, y compris l’élimination sans risque et hygiénique des déchets ; des normes sociales positives (tout cela constitue par définition la GHM) ; professionnels informés et à l’aise, référencement et accès aux services de santé ; et plaidoyer et politique.

 

L’ASSOCIATION ACTION SOLIDAIRE ET LE PLAIDOYER POUR LA LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE DES JEUNES FILLES ET MÈRES EN CENTRAFRIQUE

 

  1. Objectif de ce document

Notre plaidoyer est destiné à contribuer aux politiques de santé publique au niveau national. Cela signifie collaborer avec les pouvoirs publics, tous nos partenaires et parties prenantes, y compris les initiatives apparentées et les réseaux pour faciliter le partage des connaissances.

 

L’Association Action Solidaire, cultive une vision partagée des systèmes de santé. Elle veut contribuer à la diffusion de messages communs de changement de comportement et coordonner les stratégies et les activités pour opérer des changements positifs aboutissant à des progrès accélérés et équitables vers la santé et l’hygiène menstruelles des femmes et filles centrafricaines.

 

  1. Pourquoi investir dans la santé et l’hygiène menstruelles en Centrafrique ?

 

La précarité menstruelle est une réalité quotidienne pour les jeunes filles et jeunes mères en Centrafrique et se définit comme le manque d’accès, à des protections hygiéniques pour une hygiène décente. Les conséquences de la précarité menstruelle ne sont pas seulement économiques, elles sont aussi sanitaires et mentales.

Aujourd’hui, les tabous autour des règles sont encore bien présents dans notre société. Le manque d’information, mais aussi les préjugés viennent accentuer les inégalités dans l’accès aux protections, mais aussi dans l’accès aux soins ou encore la prise en compte de la précarité menstruelle dans divers aspects de la vie des personnes menstruées (études, travail, etc.).

Si les règles sont naturelles, un tabou les entoure encore. La peur et la gêne d’en parler entraînent un manque d’informations chez les femmes, notamment les jeunes filles et mères, et peuvent ainsi provoquer :

  • une expérience négative, voire traumatisante, lors de leurs premières règles ;
  • une honte vis-à-vis de leur corps et un mal-être ;
  • une méconnaissance des symptômes et donc un stress lors de leur apparition ;
  • une intériorisation de la douleur souvent considérée comme « naturelle » pouvant provoquer de gros retards de diagnostic de maladies telles que l’endométriose.

 

Considérant que dans toutes les cultures, les règles ont été ou sont encore stigmatisées et considérées comme quelque chose de « sale » ou « d’impur » et que les sujets relatifs aux menstruations sont tus et ne sont pas discutés ouvertement, la question de la précarité menstruelle en Afrique subsaharienne, et dans le monde en général, devient un impératif de développement social et doit être mise en avant pour sensibiliser la société et les pouvoirs publics.

Nous cofondatrices d’Action Solidaire, à travers notre démarche, voudrions réveiller les consciences et faire bouger les choses.

 

Comment faire bouger les choses?

La problématique de la question de la lutte contre la précarité menstruelle doit être considérée comme l’affaire de tous, pas seulement celle de femmes, et cela passe toujours et encore en priorité par la communication. Le but, c’est d’avoir une approche intégrée, de mener à la fois des actions en matière de formation, d’hygiène et d’éducation. Il y a aussi la sensibilisation à travers des campagnes qui traiteront de l’hygiène menstruelle.

 

En quoi la question des règles doit devenir un sujet pour tous ?

Les règles posent la question de la place des femmes dans l’espace public. Les implications du tabou des règles dans la santé publique sont énormes. Quels moyens met-on en œuvre pour améliorer la santé des jeunes filles et mères, voilà ce que cela soulève ? Comment se fait-il que l’on ne trouve pas encore aujourd’hui des protections hygiéniques dans tous les lieux publics, quelle politique mettre en place pour réduire le coût des protections hygiéniques ?

 

Pour rappel, la communauté internationale commémore chaque 28 mai une Journée mondiale consacrée à l’hygiène menstruelle. Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) estime qu’en Afrique 66 % des filles ne disposent pas d’une bonne information sur la menstruation avant d’être confrontées à leurs premières règles, ce qui rend l’expérience négative, et parfois traumatisante. La même source indique que sur le continent africain, une fille en âge de scolarisation sur dix s’absente régulièrement de l’école pendant ses règles.

 

Pourquoi cette journée a lieu le 28 mai ?

Le choix du 28 mai pour célébrer cette journée n’est pas anodin. En effet, le 28e jour du mois a été choisi, car un cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Le mois de mai est quant à lui le 5e mois de l’année, ce qui correspond au nombre de jour moyen de la durée des règles.

Nous voulons saisir l’occasion de la date du 28 mai pour lancer un appel aux ministères de la Santé, des Affaires sociales, de l’éducation nationale et du commerce pour une prise en compte au niveau nation de la problématique de lutte contre la précarité menstruelle.

 

  • IMPACT POTENTIEL DE L’INVESTISSEMENT DANS LA SANTE

ET L’HYGIENE MENSTRUELLES (SHM)

 

La menstruation est une partie normale et naturelle du système de reproduction. Chaque jour, des millions de personnes ont leurs menstruations. Malgré cela, la Santé et l’Hygiène Menstruelle restent une composante négligée qui affecte le cours de la vie de nombreuses femmes et filles dans le monde entier en général et en Centrafrique en particulier. On estime qu’actuellement, un nombre inestimable de femmes et de filles en Centrafrique sont confrontées à des contraintes liées à leurs besoins de bien gérer leurs menstruations.

L’Association Action Solidaire pense qu’investir dans la santé et l’hygiène menstruelles en Centrafrique intègre valablement les objectifs du Projet Capital Humain et Autonomisation des femmes et des filles « Maïngo » du Gouvernement qui s’inscrit dans le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique (RCPCA). Ce projet de développement de capital humain met un accent particulier sur l’autonomisation des femmes et adolescentes en renforçant le système de santé, et en facilitant l’accès à l’éducation et en augmentant les opportunités d’emploi.

Il se trouve que les principaux bénéficiaires du projet sont les filles et les jeunes femmes âgées de 10 à 24 ans.

 

Les objectifs de cet appel sont les suivants :

Faciliter l’accès et le choix de protections périodiques notamment pour les jeunes filles et mères ; plus précisément, il s’agit de mettre à leur disposition des protections à titre gratuit ou à un prix symbolique :

  • contribuer à lever les tabous et la stigmatisation relatifs aux menstruations ;
  • sensibiliser à la précarité menstruelle et à l’importance d’une bonne hygiène et santé intimes.

Il existe de plus en plus de preuves qui montrent qu’investir dans la Santé et l’Hygiène Menstruelle peut avoir des effets positifs pour les femmes et les filles dans plusieurs domaines, tels que les avantages économiques, la participation à l’éducation, l’autonomisation, la santé et la santé mentale.

La Santé et l’Hygiène Menstruelle sont donc essentielles pour faire progresser l’égalité des genres dans son ensemble. Les interventions sur le lieu de travail, telles que l’accès aux produits menstruels et/ou aux informations sur la menstruation, ont montré qu’elles augmentaient l’assiduité et la participation aux activités économiques.
La gestion de la menstruation saine est une partie essentielle des efforts des Nations Unies pour aider les pays à réaliser l’Agenda 2030 du développement durable. Il s’agit d’une étape essentielle vers l’égalité des sexes, qui contribuera à l’amélioration de l’éducation et des services d’eau et d’assainissement. Tous ces objectifs sont importants dans l’Agenda 2030.

En augmentant la fréquentation scolaire et en réduisant potentiellement ou au moins en retardant l’abandon scolaire en Centrafrique, les interventions en matière de la santé et de l’hygiène menstruelles peuvent avoir des effets à long terme sur le bien-être les femmes et les jeunes filles qui ont leurs règles. Quand elles sont scolarisées, les filles sont moins susceptibles d’être mariées tôt ou d’avoir des enfants.

En prolongeant leur scolarité, les filles auront moins d’enfants et leur famille sera en meilleure santé, plus riche et mieux éduquée.

La fréquentation scolaire a également été liée à une moindre exposition aux infections sexuellement transmissibles. Les interventions en matière de santé menstruelle ont également eu des effets positifs sur les résultats de l’autonomisation, comme la confiance en soi pour gérer sa santé menstruelle à la maison et à l’école.

En termes de santé, les mauvaises pratiques en matière de santé menstruelle ont été liées aux infections de l’appareil reproducteur et aux infections urinaires, tandis que la fourniture de coupes menstruelles et de serviettes hygiéniques réduit les risques d’infections sexuellement transmissibles (IST) et le risque de vaginose bactérienne.

Il existe un consensus général sur le fait qu’une meilleure connaissance du cycle menstruel peut conduire à une meilleure connaissance du corps et à une plus grande autonomie, ce qui est susceptible d’avoir un impact positif sur la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles. Par exemple, en ce qui concerne la planification familiale, la connaissance des changements des saignements menstruels induits par la contraception peut permettre aux femmes et aux filles de faire des choix corporels éclairés sur l’utilisation des méthodes de contraception et d’en augmenter l’utilisation continue.

 

Ce plaidoyer s’adresse principalement aux départements ministériels suivants :

  1. Ministère de l’Éducation Nationale ;
  2. Ministère de la Santé et de la Population ;
  3. Ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant ;
  4. Ministère de l’Action Humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation Nationale ;
  5. Ministère de l’Economie et de la Coopération Internationale ;
  6. Ministère des Petites et des Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur Privé ;
  7. Ministère de l’Environnement et du Développement Durable

 

 

CONCLUSION

Ce plaidoyer en faveur de la Santé et l’Hygiène Menstruelle pour le partenariat et l’investissement en vue de l’amélioration de la santé et du bien-être des femmes et des filles en Centrafrique est une question de droits de l’Homme, qui soutient la réalisation de plusieurs ODD et est essentielle pour faire progresser l’égalité des sexes. La Santé et l’Hygiène Menstruelle peuvent avoir un impact positif sur plusieurs aspects de la vie des femmes et des filles Centrafricaines, tels que l’amélioration des avantages économiques, la participation à l’éducation, l’autonomisation, la santé et la santé mentale.

 

 

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