Le mariage précoce à Gallo : un obstacle majeur à l’éducation des jeunes, selon l’Abbé Dominique Mbarta
Bangui, CNC. À Gallo, petite localité située à 62 km de Bouar sur l’axe Bangui-Béloko, le mariage précoce persiste comme un frein important au développement et à l’éducation des jeunes. Ce phénomène, profondément ancré dans les traditions locales, pose de nombreuses inquiétudes au sein de la communauté et des autorités religieuses.
Le mariage précoce à Gallo : Une messe pour sensibiliser la population.
Ce dimanche 7 octobre 2024, la paroisse Saint Tite de Gallo a accueilli une messe traditionnelle centrée sur cette problématique. L’Abbé Dominique Mbarta, curé-doyen de la paroisse, a profité de cette occasion pour aborder le sujet délicat du mariage précoce et son impact sur l’éducation.
“Le mariage est une institution divine, mais le mariage précoce empêche l’éducation d’une nation”, a déclaré à la rédaction du CNC l’Abbé Mbarta à l’issue de l’office. Cette affirmation résume l’essence du message qu’il souhaite transmettre à sa communauté : l’importance de l’éducation pour le développement individuel et collectif.
La situation alarmante de l’éducation avec le mariage précoce à Gallo.
Dans la commune de Fôh, dont dépend Gallo, la rentrée scolaire 2024 – 2025 n’a toujours pas eu lieu, bien que les cours aient officiellement débuté le 16 septembre dans le reste du pays. Cette situation illustre les défis auxquels est confronté le système éducatif local.
L’Abbé Mbarta dresse un constat alarmant : “L’éducation de la jeune fille est capitale pour le développement de notre société et de notre pays. Malheureusement, les mariages précoces persistent dans notre région. C’est un phénomène alarmant qui touche de nombreuses provinces centrafricaines“.
Les causes multiples du mariage précoce à Gallo.
Plusieurs facteurs contribuent à la persistance du mariage précoce à Gallo :
- Traditions culturelles : Les coutumes locales valorisent souvent le mariage précoce des jeunes filles.
- 2. Pauvreté : Certaines familles voient le mariage de leurs filles comme une solution économique à court terme.
- 3. Manque d’éducation : L’analphabétisme des parents les empêche souvent de percevoir l’importance de l’éducation pour leurs enfants.
- 4. Absence d’infrastructures scolaires : Le manque d’écoles, notamment maternelles, ne favorise pas la scolarisation précoce.
L’impact du mariage précoce sur l’éducation.
Le mariage précoce à Gallo a des conséquences directes sur l’éducation des jeunes, en particulier des filles :
– Abandon scolaire : Les jeunes mariées quittent généralement l’école pour s’occuper de leur foyer.
– Grossesses précoces : Ces grossesses mettent en danger la santé des jeunes filles et compromettent leur avenir éducatif.
– Perpétuation du cycle de pauvreté : Sans éducation, les jeunes mariés ont peu de chances d’améliorer leur situation économique.
Des solutions proposées par l’Église locale.
Face à cette situation, l’Abbé Mbarta propose plusieurs pistes de solution :
Création d’écoles maternelles.
“Il faut créer des écoles maternelles pour donner le goût de l’école dès le plus jeune âge”, insiste le prêtre. “Une fois que les enfants commencent l’école maternelle, ils auront envie de continuer jusqu’au secondaire.”
Il exhorte les autorités, la société civile et l’Église à multiplier ces structures éducatives, conformément à une loi récemment votée par l’Assemblée nationale.
Sensibilisation de la communauté.
L’Abbé Mbarta souligne l’importance de la sensibilisation : “Il faut organiser des sessions dans les quartiers, les églises, les mosquées, pour que les jeunes aillent à l’école plutôt que de se marier tôt ou de travailler dans les mines“.
Il reconnaît que c’est “un travail de longue haleine” de convaincre des parents souvent analphabètes des bienfaits de l’éducation, mais il reste déterminé à poursuivre ces efforts.
Implication des autorités locales.
Le religieux appelle également à une plus grande implication des autorités locales : “Nos députés, la société civile, les maires ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre le mariage précoce à Gallo. Ils doivent soutenir la création d’écoles et la mise en place de programmes de sensibilisation“.
Les défis persistants à Gallo.
Malgré ces efforts, la situation à Gallo reste préoccupante. Le directeur de l’école est sans logement depuis trois ans, et les six salles de classe demeurent fermées depuis la rentrée. Cette situation témoigne, selon l’Abbé Mbarta, d’un “refus poli de l’éducation” dans la région.
De plus, le travail des enfants dans les champs et les chantiers miniers continue de les éloigner de l’école. L’Abbé Mbarta reconnaît la réalité économique de ces pratiques : “Ce n’est pas totalement mauvais, car c’est grâce aux chantiers miniers que nous avons de l’argent. Mais il faut trouver un équilibre entre le travail et l’éducation.”
Un combat de longue haleine.
La lutte contre le mariage précoce à Gallo et la promotion de l’éducation s’annoncent comme un défi de longue durée. L’Abbé Mbarta reste cependant optimiste : “Nous ne devons pas nous décourager. C’est le rôle des prêtres, des pasteurs, des chefs de quartier et de groupe de continuer à sensibiliser les parents pour que leurs enfants, surtout les jeunes filles, aillent à l’école.”
Le combat contre le mariage précoce à Gallo s’inscrit dans une lutte plus large pour l’éducation et le développement en République centrafricaine. Il nécessitera l’implication de tous les acteurs de la société pour espérer un changement durable des mentalités et des pratiques.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)