Fidèle Gouandjika accuse directement la France dans l’affaire de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le conseiller du pouvoir affirme que la décision française de prendre acte de la renonciation de Dologuélé à sa nationalité française aurait contribué à créer une situation d’apatridie.
« J’accuse la France »
« J’ACCUSE LA FRANCE, je persiste et je signe », écrit Fidèle Gouandjika en ouverture de son texte.

Le conseiller du pouvoir présente ensuite la situation comme la conséquence d’un enchaînement entre la renonciation de Dologuélé à sa nationalité française et la contestation de sa nationalité centrafricaine.
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Cette présentation laisse pourtant de côté un élément central du dossier : c’est la position défendue aujourd’hui par les autorités centrafricaines sur la nationalité de Dologuélé qui place celui-ci au cœur de cette controverse.
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« Il allait faire de lui un apatride »
Fidèle Gouandjika affirme que « la France, ayant ratifié la convention internationale sur les apatrides, savait pertinemment qu’en libérant Monsieur DOLOGUÉLÉ de son allégeance, elle allait faire de lui un apatride ».
Le raisonnement présenté par le conseiller du pouvoir inverse ainsi les responsabilités dans le dossier. La France est accusée d’avoir créé le risque d’apatridie alors que la contestation actuelle porte d’abord sur la reconnaissance de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Si les autorités centrafricaines considèrent aujourd’hui que Dologuélé n’est plus Centrafricain, c’est cette position qui produit directement les conséquences administratives et politiques dénoncées dans le dossier.
« La seule voix de sortie »
Fidèle Gouandjika écrit également que « la seule voix de sortie » serait une demande de réintégration de Dologuélé dans la nationalité française auprès de Paris si le gouvernement ne lui rétablissait pas son certificat de nationalité centrafricaine.
Cette formulation est particulièrement révélatrice. Elle place Dologuélé devant une alternative créée par le débat actuel : obtenir la reconnaissance de sa nationalité centrafricaine ou redevenir Français.
Le député se retrouve ainsi présenté comme susceptible de devenir apatride alors même que la controverse porte sur l’interprétation des règles centrafricaines relatives à la perte de nationalité.
Un député présenté comme « apatride »
Fidèle Gouandjika reconnaît lui-même dans son texte que Dologuélé est « de surcroît député de la Nation ».
Cette situation crée une contradiction politique difficile à ignorer. Un homme élu député par les citoyens peut-il être présenté simultanément par des responsables du pouvoir comme ayant perdu sa nationalité centrafricaine ?
La question devient encore plus sensible lorsque la même personne est concernée par une candidature à la magistrature suprême et par des procédures administratives liées à son identité nationale.
« Pour avoir violé un code de nationalité »
Fidèle Gouandjika affirme que Dologuélé aurait « reconnu sa faute pour avoir violé un code de nationalité ».
Cette formulation transforme une controverse juridique en reconnaissance de culpabilité. Or, l’existence d’une infraction ou d’une perte de nationalité ne peut pas être établie par une simple affirmation politique.
Le cœur du débat reste précisément de déterminer si Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine, dans quelles conditions cette perte aurait été constatée et quels effets juridiques peuvent en découler.
Dacko, Bokassa, Kolingba : une comparaison contestable
Fidèle Gouandjika élargit ensuite son argument aux anciens chefs d’État David Dacko, Jean-Bedel Bokassa et André-Dieudonné Kolingba.
Il affirme que le même Code de la nationalité aurait été « violé plusieurs fois » par ces dirigeants ainsi que par plusieurs hauts cadres civils et militaires.
Cette comparaison ne répond pas à la question centrale du dossier Dologuélé. Le fait que d’autres responsables aient pu, dans le passé, se trouver dans une situation comparable ne détermine pas automatiquement le statut juridique actuel de l’ancien Premier ministre.
La question demeure celle de l’application précise de la loi à son cas et de l’existence des actes juridiques nécessaires pour constater une éventuelle perte de nationalité.
« Pour redevenir un étranger »
Le passage le plus dur du texte intervient lorsque Fidèle Gouandjika écrit qu’il ne souhaite pas qu’un « enfant de la Patrie », député de la Nation, « puisse perdre définitivement sa tacite nationalité pour redevenir un étranger en réintégrant la nationalité française ».
Cette formulation révèle l’ampleur de la conséquence envisagée. Dologuélé pourrait passer du statut de citoyen centrafricain élu à celui d’étranger s’il devait suivre la voie de la réintégration dans la nationalité française défendue dans le texte.
Le conseiller du pouvoir décrit donc lui-même une situation dans laquelle un député élu pourrait se retrouver sans nationalité centrafricaine.
« Qu’attend réellement le gouvernement et le parlement ? »
Fidèle Gouandjika interpelle ensuite directement les institutions : « Qu’attend réellement le gouvernement et le parlement pour ratifier la convention internationale sur les apatrides ? »
Cette question déplace une nouvelle fois le débat. Le problème immédiat n’est pas seulement celui de l’adhésion de la République centrafricaine à une convention internationale.
Il est d’abord celui de la situation juridique créée autour de Dologuélé par l’interprétation des règles centrafricaines sur la nationalité et par les décisions des institutions nationales.
« Sommes encore dans un état de droit ? »
Fidèle Gouandjika termine son texte par une interrogation adressée aux magistrats : « Sommes encore dans un état de droit en Centrafrique messieurs les magistrats de la République ? »
Cette question est particulièrement paradoxale dans le contexte actuel. Le débat sur Dologuélé oppose justement plusieurs interprétations de textes nationaux et de décisions judiciaires et constitutionnelles.
Le conseiller du pouvoir demande aux magistrats de se prononcer sur l’État de droit, alors que le dossier nécessite avant tout que les institutions appliquent les textes selon leurs compétences et que les décisions rendues soient respectées.
Le chemin tracé par Fidèle Gouandjika
La publication de Fidèle Gouandjika intervient après les déclarations d’Évariste Ngamana, qui affirme que Dologuélé doit engager une procédure de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Elle intervient également après la prise de position du Parti du Changement Social, qui demande la délivrance immédiate du passeport de Dologuélé et considère que celui-ci n’a jamais perdu sa nationalité centrafricaine.
Le texte de Gouandjika apporte donc une nouvelle pièce au débat. Il présente désormais l’apatridie comme une conséquence possible du refus de Dologuélé de suivre la procédure de réintégration défendue par le pouvoir.
En accusant la France et en interrogeant les magistrats sur l’État de droit, Fidèle Gouandjika déplace ainsi la responsabilité vers l’extérieur, alors que la question centrale reste posée aux institutions centrafricaines : quel est exactement le statut juridique d’Anicet-Georges Dologuélé et sur quel acte légal repose la contestation de sa nationalité ?
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