Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif s’intensifie autour de Gordil

0
7

Regarder la video

 

 

La population du secteur Mamoune, autour de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga, conteste le projet de découpage administratif qui maintient Gordil comme sous-préfecture et demande l’érection de Boromata en sous-préfecture. Dans un mémorandum daté du 27 septembre 2026, les représentants de la population réclament également la création de deux communes, Lac-Mamoune avec Boromata comme chef-lieu et Kerkede avec Zinzir comme chef-lieu.

 

Cette contestation s’inscrit dans une série de démarches engagées depuis plusieurs années par les habitants du secteur. Selon le mémorandum, une première correspondance a été adressée aux autorités le 25 juillet 2026, une deuxième le 8 août et une troisième le 20 septembre, après le rejet de leurs précédentes demandes.

 

Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif s’intensifie autour de Gordil
Manifestation à Boromata

 

Le secteur Mamoune est actuellement rattaché à la sous-préfecture de Ouandja. Une note de l’autorité sous-préfectorale publiée en juillet 2026 cite notamment Boromata et Gordil parmi les localités relevant de cette circonscription.

 

À lire aussi : CORE AVIATION SERVICES : La grande mafia du DG GOM-AIAM Jacques et du DGA NZAMURAMBAHO Thierry qui achètent des équipements avec les fonds de la société pour les lui relouer

Boromata revendique un statut administratif adapté à sa population

 

Dans leur mémorandum, les habitants présentent Boromata comme le principal centre de population, de commerce et de circulation du secteur Mamoune. Ils avancent une population d’environ 27 000 habitants pour l’ensemble du secteur, composée de Boromata et de sept villages périphériques.

À lire aussi : Louis-Marie Kogrengbo : « Au-delà de nos étiquettes confessionnelles, Jésus-Christ nous appelle à l’unité »

 

Ces chiffres, précisent eux-mêmes les représentants locaux, devront être vérifiés et consolidés par les services compétents dans le cadre d’une éventuelle étude administrative.

 

La population estime que cette réalité démographique doit être prise en compte dans le choix du futur découpage. Elle met également en avant l’activité du marché de Boromata, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse, la cueillette et les échanges commerciaux avec les territoires voisins.

 

Boromata se trouve dans une zone frontalière et entretient, selon le mémorandum, des relations avec plusieurs axes en direction du Soudan, du Tchad, de Birao, de Séki-Kédé, de Tiringoulou et de Gordil.

 

Le secteur est également présenté comme une zone disposant de potentialités naturelles et minières. Le mémorandum cite notamment l’or, le diamant, le pétrole, le manganèse, le fer, le calcaire et d’autres ressources dont l’existence et l’importance devraient, selon les représentants de la population, être établies par des études techniques.

 

Les 85 kilomètres entre Boromata et Gordil au cœur de la contestation

 

L’un des principaux arguments avancés par les habitants concerne la distance qui sépare Boromata de Gordil.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès des acteurs locaux, la distance entre les deux localités est d’environ 85 kilomètres. Pour les habitants de Boromata et des villages environnants, cette distance complique l’accès quotidien aux services administratifs lorsque ceux-ci doivent être recherchés à Gordil.

 

La question est d’autant plus sensible que la population de Boromata considère sa localité comme plus importante sur le plan démographique et économique que Gordil. Elle estime donc difficilement compréhensible que Gordil conserve le statut de sous-préfecture alors que Boromata, avec ses villages périphériques et son bassin de population, reste éloignée du centre administratif.

 

Cette revendication rejoint l’argument général développé dans le mémorandum : rapprocher l’administration des citoyens afin de faciliter l’état civil, l’éducation, la santé, la sécurité, l’agriculture, l’élevage, le commerce et les autres services publics.

 

Les habitants demandent une sous-préfecture à Boromata

 

Pour les représentants du secteur Mamoune, la création d’une sous-préfecture à Boromata permettrait de réduire les distances administratives et d’organiser les services publics autour d’un centre de population important.

 

Ils demandent donc que Boromata soit érigée en sous-préfecture, après vérification officielle de sa population, de ses limites territoriales, de ses infrastructures, de son accessibilité et de sa capacité à accueillir les services administratifs.

 

Le mémorandum ne demande pas uniquement une modification de statut. Il propose une nouvelle organisation territoriale comprenant la création de la commune de Lac-Mamoune, avec Boromata comme chef-lieu.

 

Les habitants proposent également la création de la commune de Kerkede, avec Zinzir comme chef-lieu. Selon eux, cette organisation permettrait de tenir compte des réalités géographiques et des relations entre les différents villages.

 

La question de Gordil cristallise les tensions

 

La contestation ne porte pas uniquement sur le statut de Boromata. Elle se concentre également sur la place accordée à Gordil dans le futur découpage administratif.

 

Les habitants interrogés par la rédaction du CNC considèrent que le maintien de Gordil comme centre administratif ne correspond pas aux réalités démographiques et géographiques qu’ils décrivent. Ils estiment que les populations vivant autour de Boromata ne devraient pas avoir à parcourir près de 85 kilomètres pour accéder à leur administration.

 

Le choix de Gordil comme sous-préfecture fait donc l’objet d’une contestation persistante. Dans les échanges avec la rédaction du CNC, plusieurs habitants affirment que cette situation existe depuis plusieurs années et qu’elle explique la poursuite de leurs démarches auprès des autorités.

 

La population ne remet pas en cause, dans son mémorandum, l’autorité de l’État. Elle affirme au contraire son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale, à la paix et au dialogue institutionnel.

 

Des accusations visant Djoubaye Abazène

 

Dans leurs échanges avec la rédaction du CNC, certains habitants mettent également en cause le ministre d’État chargé de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, dans le dossier du découpage administratif.

 

Ils l’accusent d’intervenir en faveur du maintien du dispositif autour de Gordil. Ces habitants établissent notamment un lien entre cette position supposée et les origines du ministre dans la région.

 

Ces accusations constituent la position exprimée par les habitants de Boromata et ne sont pas établies, à ce stade, par des éléments indépendants permettant à la rédaction de CNC d’affirmer que le ministre aurait effectivement manipulé le processus administratif.

 

Arnaud Djoubaye Abazène est bien l’actuel ministre d’État chargé de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne Gouvernance, Garde des Sceaux. Le site officiel de son ministère confirme cette fonction.

 

La question de son éventuelle implication dans le dossier du découpage administratif de la Vakaga nécessiterait donc des éléments documentaires et une réaction officielle de l’intéressé ou des autorités chargées de l’administration du territoire.

 

La population rejette une solution limitée à une sous-préfecture autour de Gordil

 

Selon les habitants de Boromata, une autre proposition aurait été avancée pour répondre aux revendications locales : la création d’une sous-préfecture permettant à Boromata et aux localités voisines, notamment Ndifa, de disposer d’une administration de proximité tout en maintenant l’organisation existante autour de Gordil.

 

Cette option ne satisfait pas les représentants du secteur Mamoune.

 

Le projet de découpage administratif dans la préfecture de la Vakaga provoque de vives tensions, les habitants rejetant le maintien de Gordil comme centre sous-préfectoral au profit de Boromata.

Ils demandent que Boromata dispose elle-même du statut de sous-préfecture et que les villages environnants soient organisés dans une nouvelle entité administrative cohérente. Leur proposition prévoit ainsi une commune de Lac-Mamoune autour de Boromata et une commune de Kerkede autour de Zinzir.

 

Leur argument repose sur la proximité géographique, le poids démographique, les échanges économiques et les déplacements quotidiens des populations.

 

Une demande qui remonte à plusieurs années

 

La mobilisation de Boromata ne date pas de septembre 2026.

 

Les représentants du secteur expliquent que la question du statut administratif de leur localité fait l’objet de démarches répétées depuis plusieurs années. Les correspondances de juillet, août et septembre 2026 constituent, selon eux, une nouvelle étape dans cette démarche.

 

Le mémorandum du 27 septembre demande surtout l’ouverture d’une étude administrative officielle. Les habitants proposent que les autorités vérifient les données démographiques, les limites territoriales, les distances entre les localités, les infrastructures disponibles, les ressources économiques ainsi que la viabilité financière des futures collectivités.

 

Cette demande permettrait, selon eux, de sortir du débat fondé uniquement sur les positions des différentes localités et de disposer de données vérifiables pour déterminer l’organisation territoriale appropriée.

 

Une zone frontalière aux enjeux importants

 

Le secteur Mamoune occupe une position particulière dans la Vakaga. Les représentants de la population décrivent Boromata comme un point de passage entre plusieurs territoires centrafricains et les zones frontalières du Tchad et du Soudan.

 

Des documents internationaux ont déjà fait état de l’importance stratégique de plusieurs localités de cette partie de la Vakaga, notamment Boromata, Gordil et Tiringoulou. Un rapport du groupe d’experts des Nations unies consacré à la Centrafrique mentionnait notamment Boromata et Gordil dans le contexte des dynamiques sécuritaires et territoriales de la région.

 

Cette dimension frontalière renforce, aux yeux des habitants, l’importance d’une administration capable de suivre l’état civil, les mouvements de population, les activités économiques et les besoins en infrastructures.

 

Boromata demande une étude officielle plutôt qu’une décision imposée

 

Dans leur mémorandum, les populations du secteur Mamoune demandent finalement aux autorités de procéder à une étude officielle avant toute décision définitive.

 

Elles souhaitent que cette étude porte notamment sur la population, les limites territoriales, les infrastructures, l’accessibilité, les activités économiques et les ressources locales. Elles se déclarent également disponibles pour participer aux consultations et aux missions d’évaluation qui pourraient être organisées par les autorités compétentes.

 

Le dossier est ainsi présenté par les habitants comme une question d’organisation administrative et de rapprochement des services publics. Leur demande porte sur trois points principaux : l’érection de Boromata en sous-préfecture, la création de la commune de Lac-Mamoune avec Boromata comme chef-lieu et la création de la commune de Kerkede avec Zinzir comme chef-lieu.

 

À Boromata, la contestation reste donc centrée sur la distance avec Gordil, le poids démographique du secteur Mamoune et la volonté des populations de disposer d’une administration plus proche. Les habitants demandent désormais que les autorités compétentes examinent leur requête sur la base de données officielles et de critères administratifs vérifiables. Actions disponibles

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org