Cybercriminalité : à Saint-Pétersbourg, Évariste Ngamana défend un combat perdu d’avance contre les réseaux sociaux

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Saint-Pétersbourg, le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana a vanté la lutte centrafricaine contre la cybercriminalité, un discours qui prolonge une campagne de pression contre les critiques en ligne.
Une mécanique de pression bien connu
Lors de la conférence internationale ICT-Crime 2026, le grand sorcier marabout de Carnot a présenté son discours habituel sur l’intelligence artificielle, les cadres juridiques et la coopération internationale. Cette intervention ne sort pas de nulle part. Elle prolonge une campagne de pression déjà engagée contre les voix qui s’expriment sur Internet en Centrafrique.
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Cette pression suit une mécanique connue, selon les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique :
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Le discours d’investiture de Faustin-Archange Touadéra, qui accusait déjà les internautes centrafricains de diffamation et de déstabilisation
La reprise de cette rhétorique par le ministre de la Justice, avec la menace de poursuites judiciairesLes mises en garde du directeur général de la Police nationale contre les internautesL’annonce par le Parquet de l’ouverture d’enquêtes visant des critiques publiées en ligneLe déplacement d’Évariste Ngamana en Russie pour présenter cette politique comme un combat pour la sécurité numériqueCette succession d’étapes traduit une inquiétude du pouvoir face à la liberté de parole en ligne. À ce stade, aucun texte de loi détaillé n’a été rendu public sur les sanctions prévues.
Un contrôle numérique hors de portée
En vantant sa loi sur la cybercriminalité à l’étranger, le gouvernement cherche à montrer une maîtrise du cyberespace qu’il n’a pas. Faire taire des milliers de citoyens actifs sur les réseaux sociaux reste un objectif difficile à atteindre. Même des pays mieux équipés que la Centrafrique, comme la Russie, peinent à verrouiller totalement l’information et à étouffer la contestation en ligne.
La Chine reste la seule référence qui approche ce niveau de contrôle. Son système de censure s’est construit sur plusieurs décennies, avec des investissements massifs et une administration entièrement dédiée à cette tâche. Bangui ne dispose pour l’instant ni du budget, ni des infrastructures, ni du personnel qualifié pour un tel dispositif.
Une stratégie qui isole surtout le pouvoir
En multipliant les sorties, du président jusqu’au porte-parole du gouvernement en passant par la police, le pouvoir montre surtout sa propre inquiétude. La loi sur la cybercriminalité, brandie par le Parquet et la police, ne devrait arrêter ni les fuites, ni les critiques, ni la dénonciation des abus.
Les citoyens et les journalistes ont déjà appris à contourner ce type de pression. En transformant la communication d’État en instrument de menace, Évariste Ngamana et son gouvernement s’isolent davantage dans une approche que le monde numérique a déjà dépassée.
La lutte contre la cybercriminalité en Centrafrique soulève des questions sur l’efficacité des mesures envisagées pour contrôler les réseaux sociaux.
Par Gisèle MOLOMA
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