Communiqué gouvernemental sur Amdafock : qui a réellement écrit le texte lu par Évariste Ngamana ?
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Par : la rédaction de ,
À Bangui, la lecture monocorde et infentile du communiqué gouvernemental sur Amdafock montre un gouvernement coupé du terrain et confirme la soumission du régime Touadéra aux consignes venues des Wagner.
La ville d’Amdafock, à l’extrême nord-est de la Centrafrique, vit dans le chaos depuis l’assaut coordonné du mardi 30 juin 2026. Les informations du terrain concordent sur un bilan humain et matériel très lourd. C’est pourtant ce moment qu’a choisi le grand sorcier de Carnot, plus précisement le ministre d’État chargé de la communication, Évariste Ngamana, pour lire un texte truffé de contre-vérités.
Le porte-parole du gouvernement a récité son allocution d’un ton gamin , semblable à un élève du secondaire lisant une leçon apprise au moment de sa lecture. Pas un mot senti, pas un geste d’empathie envers les victimes. Une simple lecture linéaire, comme si les morts d’Amdafock ne méritaient même pas l’effort d’une émotion de ces bras cassés de la septième république.
Pendant que la voix officielle du gouvernement répète que la situation est entièrement maîtrisée, les faits sur place démentent cette version. Trois jours après l’attaque, les assaillants occupent toujours des positions clés de la ville. Les combats ont coûté la vie à plusieurs dizaines de civils et causé des pertes majeures parmi les soldats des forces armées nationales et leurs alliés russes.
Le bilan matériel est tout aussi accablant. Des chars et du matériel lourd sont tombés entre les mains des groupes rebelles. La base temporaire de la mission onusienne a essuyé des tirs directs, blessant plusieurs casques bleus. Voilà la réalité que le communiqué gouvernemental s’applique à maquiller.
Cette obstination à travestir les événements en dit long sur l’origine du texte. Sa rédaction n’a pas été guidée par l’intérêt national, mais dictée par les conseillers russes de la société de mercenariat installée à Bangui. L’objectif de cette sortie médiatique : préserver les apparences et masquer la déroute des partenaires bilatéraux.
Le sommet de l’indécence est atteint lorsque le pouvoir invite les populations traumatisées de la Vakaga à vaquer normalement à leurs occupations. Une faute politique lourde, adressée à des habitants qui comptent encore leurs morts. Cette attitude prouve le refus de reconnaître la faillite du dispositif sécuritaire et l’incapacité des autorités à défendre les frontières de la Centrafrique.
Sur le terrain, les forces gouvernementales et leurs tuteurs étrangers ont plié, laissant les habitants d’Amdafock livrés à eux-mêmes. Aucun renfort sérieux, aucune reprise de la ville, aucun plan annoncé pour secourir les populations prises au piège.
Depuis la capitale, les officiers russes continuent de piloter la crise, imposant des éléments de langage rigides au gouvernement et à l’État-major des armées. Il faut à tout prix éviter un scandale international sur l’efficacité réelle de leur présence militaire. Pendant ce temps, à plus de mille kilomètres de Bangui, Amdafock reste aux mains de ses assaillants.
Par Ibrahim Moussa
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