
Pris au piège de leurs propres méthodes et ridiculisés par l’intelligence artificielle, les opérateurs d’influence russes liés à Wagner et aux services de renseignement de Moscou doivent désormais repenser leur dispositif d’espionnage et de propagande en Centrafrique. Après avoir essuyé un refus catégorique de l’IA américaine Claude, qui a bloqué leurs tentatives de fichage et de traque des opposants politiques, la galaxie russe s’en remet à l’appareil d’État centrafricain. Résultat : un décret présidentiel portant création d’une « Cellule de Veille Communicationnelle », une véritable officine d’État destinée à fabriquer de la fausse information et à orchestrer une chasse à l’homme numérique contre les voix critiques.
La dérive technologique et sécuritaire des réseaux d’influence russes à Bangui vient d’atteindre un sommet d’absurdité. Selon les révélations diffusées par Radio France Internationale (RFI) et étayées par l’entreprise de technologie Anthropic, les services de renseignement russes ont utilisé l’intelligence artificielle Claude pour orchestrer de A à Z la communication du régime centrafricain, fabriquer de toutes pièces de la désinformation et mener des opérations de surveillance.

Wagner demande tout à l’IA Claude de rédiger tout à la place des autorités. De la Présidence à la Gendarmerie, l’enquête révèle l’ampleur effarante de l’emprise des mercenaires russes sur la souveraineté nationale du pays.
Le titulaire du compte incriminé, identifié comme Arthur Tévossian, coordonnateur en Centrafrique de l’officine Politology, n’utilisait pas seulement l’IA pour créer de faux rapports. Il demandait à Claude de rédiger l’intégralité des contenus officiels de l’État : discours du président Faustin-Archange Touadéra, points de presse du conseiller en communication de la Présidence, ainsi que les communiqués officiels du ministère de la Défense, de la Gendarmerie et de la Police nationale.
Une preuve palpable que les mercenaires russes contrôlent et dictent la parole de toutes les institutions de la République centrafricaine, pendant que la communauté internationale continue de financer aveuglément un appareil d’État fantoche et sous tutelle extérieure.
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Bloqués par Claude pour cause de traque politique
C’est au moment où ces barbouzes de Wagner ont voulu aller encore plus loin en demandant à l’IA de leur fournir une liste nominative d’opposants politiques à dénoncer pour les faire arrêter que le piège s’est refermé. Les mécanismes de sécurité d’Anthropic se meublant de garde-fous éthiques se sont déclenchés, entraînant le blocage immédiat du compte.
Incapables de mener leurs opérations de flicage et de rédaction automatique sans leur « écrivain public » virtuel, les mercenaires russes se sont retournés vers l’administration centrafricaine pour créer en urgence une structure officielle sur mesure.
La CVC-PG : une usine à intox pour organiser la chasse à l’homme numérique
Pour pallier ce camouflet technologique, le ministre d’État à la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Évariste Ngamana, beau-frère du président de la République et faux docteur en droit en quarantaine passé, a fait signer par le président-Empereur Faustin-Archange Touadéra un décret portant création de la Cellule de Veille Communicationnelle du Porte-parole du Gouvernement (CVC-PG).
Sous le prétexte fallacieux de « lutter contre la désinformation », la mission principale de cette cellule est en réalité de fabriquer de fausses informations gouvernementales à diffuser au peuple centrafricain, tout en organisant une contre-attaque systématique sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une véritable chasse à l’homme en version numérique : la cellule est chargée d’identifier, de ficher et de traquer les responsables des publications dérangeantes afin de les livrer aux services de répression.
Un aveu financier et une charge absurde sur les deniers publics
Une preuve irréfutable de ce marché de dupes saute aux yeux à la lecture de l’article 13 du décret. Il y est mentionné que la cellule peut « bénéficier des appuis financiers des partenaires dans l’accomplissement de sa mission ». Or, dans la réalité centrafricaine, ces « partenaires » ne sont autres que les mercenaires russes de Wagner eux-mêmes, venus financer une structure taillée sur mesure pour exécuter la sale besogne que l’IA a refusé d’accomplir.
Pire encore, le même article stipule que les indemnités des membres et les charges de fonctionnement sont inscrites au budget annuel de l’État. En pleine crise budgétaire, alors que le FMI gèle ses décaissements et que la masse salariale absorbe déjà plus de 85 % des recettes fiscales, le régime crée une armée de postes hauts de gamme, Secrétaire permanent avec rang de Chargé de mission, Chefs d’unité avec rang de Directeurs généraux, Experts avec rang de Directeurs, pour surveiller les communications de la population aux frais du contribuable.
Désormais, Évariste Ngamana est devenu un ministre-figurant réduit au rôle d’exécutant.
Face à ce dispositif tentaculaire et à la présence des conseillers russes qui dictent jusqu’aux virgules des déclarations officielles, une question s’impose : quelle tâche reste-t-il désormais au ministre d’État Évariste Ngamana ?
Relégué au rang de simple figurant administratif, le fameux docteur en droit et « marabout de Carnot » n’a plus qu’à jouer les boîtes aux lettres, apposer sa signature sur des arrêtés et communiqués dictés par Wagner et assurer la figuration lors des cérémonies.
Privé de toute initiative communicationnelle ou politique, Ngamana incarne aujourd’hui l’image d’un ministre réduit à l’impuissance, gérant une usine à gaz budgétivore au service d’un régime pris en otage par ses propres mercenaires.
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