Centrafrique : Vers la mise à prix de la tête de Moloua face au carburant hors de prix, caisses vides et menace d’effondrement du régime Touadéra ?

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À trois mois seulement de sa reconduction comme Premier ministre pour servir rendu, le séjour de Félix Moloua à l’immeuble Petroca comme Premier ministre commence à compter.

 

Rattrapé par une énième crise d’approvisionnement en carburant et l’assèchement critique des caisses du Trésor public, le royaume de Faustin-Archange Touadéra s’enfonce dans une impasse politique majeure. Pris de panique face au risque d’une explosion sociale généralisée qui menace d’emporter son pouvoir, les têtes pensantes du parti réfléchissent en coulisse sur un projet de remaniement d’urgence où la tête du Premier ministre Félix Moloua se retrouve désormais en première ligne, réclamée sur l’échafaud politique par plusieurs caciques mêmes du parti au pouvoir et de leurs alliés.

 

Centrafrique : Vers la mise à prix de la tête de Moloua face au carburant hors de prix, caisses vides et menace d'effondrement du régime Touadéra ?

 

Ces derniers temps, la pénurie de carburant n’est plus seulement un calvaire quotidien : elle est devenue le détonateur d’une crise d’État globale. L’effet combiné du gel des aides internationales, du monopole de Neptune Oil contrôlé en sous-main par les réseaux russes et de la hausse des cours mondiaux des hydrocarbures fait bondir les coûts des matières premières, des denrées alimentaires de base et des matériaux de construction.

 

Cette spirale inflationniste déjà hors de contrôle menace d’asseoir définitivement le pays et d’asphyxier la population.

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La fronde interne au MCU : Félix Moloua dans le collimateur

 

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Au sein même du parti présidentiel, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), plusieurs langues se délient et exigent déjà en coulisse le départ de Félix Moloua de la Primature.

 

Selon des confidences obtenues par la Rédaction de Corbeau News Centrafrique auprès de plusieurs cadres et caciques du parti au pouvoir et des partis alliés, Félix Moloua est désigné comme le principal artisan de cet effondrement financier imminent.

 

Les griefs formulés à son encontre sont lourds, très lourds: après avoir occupé le poste stratégique de ministre du Plan et de la Coopération internationale durant le premier mandat, il s’est fait remplacer à ce portefeuille par un ancien prêtre issu de son propre clan, Richard Filakota. Promu sans expérience diplomatique ou économique d’envergure, ce dernier a orchestré, de concert avec le Premier ministre, le fiasco retentissant de la table ronde des bailleurs de fonds tenue à Casablanca, au Maroc. Pour de nombreux cadres du MCU, le diagnostic est sans appel : la tête du chef du gouvernement ne passe plus auprès des partenaires financiers internationaux, qui refusent désormais de traiter avec une équipe jugée incompétente et discréditée.

 

L’ardoise lourde de l’Africa Corps de Poutine

 

À cette impasse avec les bailleurs traditionnels s’ajoute une équation financière intenable pour la présidence : la prise en charge des services sécuritaires russes.

 

Alors que Moscou a progressivement réorganisé sa présence continentale en déployant les éléments de l’Africa Corps, sous contrôle direct du Ministère russe de la Défense et de Vladimir Poutine, les coûts d’entretien et de rémunération de ces troupes pèsent d’un poids écrasant sur les finances publiques de Centrafrique.

 

En plus, sanctionné par le gel de la Facilité élargie de crédit du FMI et incapable d’emprunter sur les marchés régionaux après le revers cuisant de sa dernière émission de titres publics, le pouvoir de Bangui se trouve dans l’incapacité de payer la note sécuritaire russe tout en assurant le fonctionnement de base de l’État et le versement des salaires de la fonction publique jusqu’à la fin de l’année.

 

Un sacrifice politique pour masquer un désastre systémique

 

Face au risque de faillite et à la grogne populaire qui couve dans les quartiers et les provinces, Faustin-Archange Touadéra, sous la pression des caciques de son parti et de ses alliés, s’apprête à trancher dans le vif. Si l’opération de levée de fonds engagée ce mois-ci se solde par un nouvel échec, le limogeage de Félix Moloua et la dissolution du gouvernement serviront de pare-feu politique.

 

Mais ce sacrifice annoncé suffira-t-il à éteindre l’incendie ? Rien n’est moins sûr.

 

En faisant porter la responsabilité de la crise à sa Primature tout en maintenant le verrouillage du secteur pétrolier et la cession des ressources nationales aux forces étrangères, le régime ne fait que retarder l’échéance d’un effondrement politique et social devenu inévitable.

 

Affaire à suivre.

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine