Sur la Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé dénonce l’attitude de l’empereur Touadéra et de son gouvernement. Le coordonnateur de l’OGDC les accuse de négliger le travail au profit du divertissement.
Une dénonciation frontale du pouvoir
Au cours du débat sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé s’en prend directement à l’empereur Touadéra et à son entourage. Il ne mâche pas ses mots face à ce qu’il considère comme une déconnexion totale. Les priorités affichées par le palais de la Renaissance, selon lui, n’ont rien à voir avec la détresse quotidienne des Centrafricains.

Le juriste rattache cette critique aux principes fixés en 1950 par Barthélémy Boganda. Le père fondateur de la nation avait posé le travail comme premier pilier du progrès national. À ce stade, Nguimalé estime que ce principe reste lettre morte au palais de la Renaissance.
Il interpelle donc directement le dictateur, ses députés et son gouvernement sur leur propre rapport au travail. Personne n’échappe à sa charge.
Elysée Nguimalé : « Le premier élément, c’est l’élément matériel qui selon Boganda est le travail. Le travail à quel niveau ? Est-ce que nos autorités, le président de la République, les députés, le gouvernement, est-ce qu’ils travaillent ? Parce que le travail commence d’abord à leur niveau là-bas. Quand ils travaillent bien, c’est eux aussi qui vont nous distribuer le travail à la population. »
L’image de la danse comme symbole
Une scène en particulier résume tout son propos. Nguimalé décrit l’empereur en train de danser avec son propre gouvernement. Pour lui, cette image vaut toutes les démonstrations.
Il interpelle directement l’animateur pour appuyer son propos. D’un côté, la fête au sommet de l’État. De l’autre, l’urgence des crises que traverse le pays.
Elysée Nguimalé : « Si nous voyons le chef de l’État sur le mat danser avec son gouvernement danser, M. Conamolo, est-ce que c’est ça ? »
Cette image dépasse déjà largement le cadre de l’émission. Elle nourrit, selon nos informations, l’exaspération d’une partie de la population.
Un pouvoir jugé déconnecté de l’urgence
Pour le responsable de la société civile, ce spectacle ne relève pas d’un simple détail. Il illustre l’incapacité du dictateur et de son gouvernement à affronter la misère et l’insécurité. Les Centrafricains attendent des actes, pas des symboles.
La critique gouvernementale d’Elysée Nguimalé met en avant une déconnexion entre le pouvoir et les réalités de la crise en Centrafrique.
Le palais de la Renaissance n’avait donné aucune réaction au moment de la diffusion de l’émission. Nguimalé, lui, maintient sa position : le travail des autorités doit précéder toute promesse de richesse pour la population.
Par Gisèle MOLOMA
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