La terreur par des tirs d’armes: la stratégie de traumatisme sonore des mercenaires russes dans le Haut-Mbomou

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Dans le Haut-Mbomou, les mercenaires russes et les soldats de l’armée nationale imposent désormais une terreur psychologique par des tirs massifs d’armes lourdes et légères injustifiés, plongeant délibérément les populations de ladite préfecture dans une angoisse quotidienne permanente.

 

En effet, depuis plusieurs mois, le quotidien des habitants de la préfecture du Haut-Mbomou est devenu un enfer et psychologique, dicté par les armes de ceux qui sont censés assurer la sécurité. À Mboki, Obo, Zemio, comme à Bambouti, un même mode opératoire se répète régulièrement. Les mercenaires russes, appuyés par les soldats des Forces armées centrafricaines, déclenchent de manière intempestive des salves de tirs assourdissants, utilisant un arsenal d’armes légères et lourdes sans aucune raison opérationnelle.

 

La terreur par des tirs d’armes: la stratégie de traumatisme sonore des mercenaires russes dans le Haut-Mbomou
Les mercenaires russes du groupe Wagner prenant position de tirs à Alindao, dans la Basse-Kotto. Photo CNC

Ces détonations débutent souvent dès le matin, ou dans la soirée, plongeant instantanément les villes dans la panique. Pour une population civile déjà habituée aux violences et aux assauts répétés des miliciens azandés, ces bruits de guerre ne peuvent signifier qu’une chose : une nouvelle attaque imminente contre leurs localités. L’effet est immédiat, tout le monde se barricade, les parents cachent leurs enfants et l’activité économique s’arrête net. Les rues se vident en quelques minutes, la population restant terrée chez elle dans l’attente d’un assaut qui n’existe pas.

 

Pendant environ une heure, le déluge de feu continue, puis le silence revient aussi soudainement qu’il a commencé. Les auteurs de ces tirs reprennent ensuite leurs occupations comme si de rien n’était, circulant librement dans des rues totalement paralysées. Les habitants, prudents, doivent attendre de longues périodes pour vérifier la situation avant de oser pointer le nez dehors, ruinant ainsi des journées entières de travail et d’école.

 

Le cas survenu à Zemio le jeudi 28 mai en est la nouvelle preuve. En pleine journée, les forces conjointes ont ouvert le feu massivement, prolongeant les tirs jusque dans les quartiers de la mission AIM. Les détonations en rafale ont persuadé la population qu’un affrontement direct se déroulait au cœur de la ville, ravivant les pires souvenirs des incursions de milices. Une fois de plus, après ce vacarme destructeur pour les nerfs, les tireurs se sont arrêtés d’eux-mêmes, laissant la ville prostrée.

 

La situation prend une tournure encore plus extrême à Obo, où ces pratiques sont devenues quasiment quotidiennes. Les mercenaires russes ont investi le terrain de football de l’église catholique pour y installer des lance-roquettes et tirer des missiles à blanc ou vers la brousse, uniquement pour maintenir la pression sur les esprits. Au même moment, dans leurs propres camps, les soldats tirent également, créant un véritable concert de détonations croisées.

 

Cette méthode de guerre psychologique pose de lourdes questions sur l’avenir de la région, en particulier pour les enfants nés au milieu de ces détonations permanentes, dont le développement se fait sous un stress post-traumatique constant. L’absence totale de discipline et de commandement donne l’impression aux habitants de vivre dans un territoire d’anarchie totale, livré à des méthodes de gangsters où la force brute sert uniquement à maintenir les civils dans la soumission par la peur.

 

Par Éric Nzapa

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