Centrafrique : Faustin Zaméto critique le bilan des 100 jours du gouvernement Moloua III et dénonce un « discours de cohérence »

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Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, critique le bilan présenté après les 100 premiers jours du gouvernement Félix Moloua III et réclame des résultats vérifiables.

 

Dans une tribune publiée le 17 septembre 2026, Faustin Zaméto analyse le document consacré aux 100 jours du gouvernement Moloua III. Il estime que ce texte présente surtout une continuité de l’action gouvernementale, sans détailler les résultats obtenus.

 

Centrafrique : Faustin Zaméto critique le bilan des 100 jours du gouvernement Moloua III et dénonce un « discours de cohérence »

 

Faustin Zaméto : « Cohérence, Continuité, Consolidation »

 

Faustin Zaméto estime que le texte consacré aux 100 jours repose principalement sur trois notions : « Cohérence, Continuité, Consolidation ».

 

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Pour le sociologue, « ce sont des mots de gestion, pas des mots d’action ». Il relève notamment l’utilisation des termes « conception, cadrage, coordination, accélération ».

 

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Faustin Zaméto observe que le document « ne cite pas une seule conception qui a changé, un seul cadre qui a été réformé, une seule coordination qui a produit un résultat ».

 

Il critique également l’absence d’actions précises. « On parle de traduire les grandes priorités en actions concrètes, mais aucune action concrète n’est nommée », écrit-il.

 

Dans sa tribune, il cite notamment l’absence de données sur « un kilomètre de route, pas une école, pas une réforme ».

 

« Le texte ne décrit pas ce que le Gouvernement a fait »

 

Faustin Zaméto considère que le document gouvernemental insiste davantage sur les intentions que sur les réalisations.

 

« On parle de recherche de résultats, mais on ne donne aucun résultat vérifiable », affirme-t-il.

 

Il estime ainsi que le texte « ne décrit pas ce que le Gouvernement a fait ». Selon lui, il décrit plutôt « ce que le Gouvernement aurait voulu faire ».

 

Faustin Zaméto relie cette présentation à une logique de continuité. « Le Gouvernement Moloua III est un gouvernement qui se pense en continuité, pas en rupture », écrit-il.

 

Il considère que cette orientation peut être comprise à 100 jours, tout en estimant qu’elle ne permet pas encore de mesurer précisément les changements intervenus.

 

Faustin Zaméto critique la continuité des gouvernements Moloua

 

Le sociologue s’intéresse ensuite à la notion de continuité présentée dans le bilan officiel. Le document gouvernemental évoque notamment la volonté de « préserver les acquis » et de « poursuivre les chantiers ».

 

Pour Faustin Zaméto, cette continuité doit être examinée dans le contexte du troisième gouvernement dirigé par Félix Moloua.

 

« Quand on est au troisième gouvernement du même Premier Ministre, la continuité pose question », écrit-il.

 

Il interroge également la durée des chantiers engagés. « Si les chantiers sont les mêmes depuis 2022, pourquoi ne sont-ils pas finis ? », demande-t-il.

 

Faustin Zaméto formule alors une critique directe : « La continuité ne peut pas être un bilan. La continuité, c’est l’absence de bilan. »

 

Selon lui, la population attend surtout de connaître les corrections apportées aux difficultés rencontrées lors des précédents gouvernements Moloua.

 

« À 100 jours d’un Gouvernement III, la population n’attend pas qu’on lui dise qu’on continue. Elle attend qu’on lui dise ce qu’on a corrigé de Moloua I et II », écrit-il.

 

« Coordonner sans arbitrer ne sert à rien »

 

Faustin Zaméto s’arrête aussi sur la coordination entre les ministères, présentée dans le document comme un élément de l’action gouvernementale.

 

Il estime que cette coordination doit être accompagnée de décisions concrètes. « En sociologie des organisations, coordonner sans arbitrer ne sert à rien », affirme-t-il.

 

Pour illustrer son propos, il prend l’exemple de l’agriculture et des finances. « Si le Ministère de l’Agriculture veut des engrais et que le Ministère des Finances ne débloque pas, qui tranche ? », demande-t-il.

 

Faustin Zaméto distingue alors deux notions : « La coordination est une réunion. L’arbitrage est une décision. »

 

Il estime que les précédents gouvernements Moloua I et II ont connu une « absence d’arbitrage visible ». Selon lui, le document consacré au troisième gouvernement « ne montre pas que cette faiblesse a été corrigée ».

 

Faustin Zaméto réclame des données sur les 100 jours

 

La question de la redevabilité constitue un autre axe de sa tribune. Faustin Zaméto relève que le document gouvernemental évoque des « mécanismes rigoureux de suivi, d’évaluation et de reddition des comptes ».

 

Il considère cette partie comme « la phrase la plus importante » du document. Il relève toutefois que cette ambition est formulée au futur.

 

« La gouvernance ne se mesure pas à l’intention de rendre compte. Elle se mesure au compte rendu », écrit-il.

 

Faustin Zaméto demande notamment la publication de plusieurs données. « Où est le tableau de bord des 100 jours ? Quel ministère a consommé combien ? Quels marchés ont été passés ? Quels indicateurs de présence de l’État sur le territoire ? », interroge-t-il.

 

Pour lui, l’absence de ces données fait que « la cohérence institutionnelle reste une cohérence de discours, pas une cohérence de faits ».

 

Trois changements proposés pour les 100 prochains jours

 

Dans sa tribune, Faustin Zaméto propose trois axes pour la suite de l’action gouvernementale.

 

Le premier consiste, selon lui, à « passer du discours de continuité au discours de correction ». Il suggère au gouvernement de reconnaître publiquement les difficultés des précédents gouvernements.

 

« Dire publiquement : voilà 3 choses qui n’ont pas marché en Moloua II et voilà comment on les corrige en Moloua III », propose-t-il.

 

Le deuxième axe concerne le passage « de la coordination à l’arbitrage public ». Faustin Zaméto propose de retenir trois priorités pour les six prochains mois et d’en publier régulièrement l’état d’avancement.

 

Il cite notamment, à titre d’exemple, « la route Bangui-Baoro, le paiement des bourses, l’électricité ».

 

Le troisième axe porte sur la redevabilité. Faustin Zaméto demande de « passer de l’intention de redevabilité à la redevabilité réelle ».

 

Il propose notamment de « publier le budget d’exécution des 100 jours ». Selon lui, cette publication permettrait de transformer « le citoyen de spectateur d’un discours en contrôleur d’une action ».

 

« Ces 100 jours ne sont pas un échec »

 

Dans son appréciation finale, Faustin Zaméto nuance sa critique. « Les 100 jours de Moloua III ne sont pas un échec. Ce sont des 100 jours de mise en place », écrit-il.

 

Il refuse également de qualifier cette période de dynamique au sens plein du terme. « Une dynamique suppose un mouvement, une accélération, une différence avec avant », précise-t-il.

 

Faustin Zaméto estime que le gouvernement « a réussi à ne pas créer de crise », ce qu’il considère comme « déjà important en Centrafrique ».

 

Il recentre toutefois son analyse sur les résultats attendus dans les prochains mois. « La question des 100 prochains jours est simple : va-t-il réussir à créer du résultat visible, vérifiable, ressenti par le Centrafricain de Kembé, de Berbérati et de Ndélé ? », écrit-il.

 

Faustin Zaméto conclut sa tribune par une mise en garde sur la présentation des prochains bilans : « Sans cela, on écrira le même texte à 200 jours, en changeant juste le chiffre. ». 

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine