4,7% des enfants savent lire : l’échec monumental de l’éducation en Centrafrique

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le chiffre fait froid dans le dos. Seuls 4,7% des enfants centrafricains de 7 à 14 ans savent lire. Le constat, livré sans détour par Crépin Mboli-Goumba sur la radio Ndéké-Luka, laisse le ministre de la Communication sans voix. Derrière ces statistiques glaçantes se cache une génération sacrifiée et un système de l’éducation en Centrafrique totalement en ruines.
Une jeunesse tristement abandonnée
“67% d’analphabètes”, lance le leader du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), chiffres en main. Dans les salles de classe, la situation frise l’absurde. “65% des enseignants du fondamental sont des maîtres-parents”, révèle-t-il. Des enseignants de fortune, qui tiennent l’éducation en Centrafrique depuis près de 10 ans, qui sont payés par des familles qui peinent déjà à survivre.
L’éducation en Centrafrique dans le chaos
Le capital humain centrafricain ne représente que 11% de la moyenne d’Afrique subsaharienne, rappelle Mboli-Goumba. Un retard abyssal que le ministre Balalou tente d’esquiver en parlant de “chiffres différents”, sans jamais contredire ces statistiques accablantes de la banque mondiale.
Les parents au pied du mur
“Les ménages doivent payer les enseignants”, s’indigne le président du PATRIE. Une situation incompréhensible où les familles les plus pauvres doivent supporter le poids d’une éducation que l’État a abandonnée. Pendant ce temps, le budget national stagne à 193 milliards de francs CFA.
L’avenir de l’éducation en Centrafrique dans le rouge
“Après deux millénaires, on ne pourra pas avancer”, prévient Mboli-Goumba. Sans investissement massif dans l’éducation en Centrafrique, sans réforme profonde du système, toute une génération risque d’être condamnée à l’illettrisme.
“On a sous-traité jusqu’à l’intelligence”, résume amèrement le leader de l’opposition. À l’heure où le pays s’enfonce dans la crise, ces chiffres dessinent le portrait d’une nation qui sacrifie son avenir en abandonnant ses enfants. Un crime contre l’avenir que même le pouvoir ne peut plus cacher.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)
