La compagnie nationale d’électricité centrafricaine traverse une période d’instabilité du jamais vue. Après la tragédie du lycée Barthélemy Boganda le 25 juin 2025, où l’explosion d’un transformateur a coûté la vie à 29 personnes selon les chiffres officiels du ministère de la Santé, l’ENERCA connaît une valse des dirigeants qui prouve une fois de plus les tensions profondes du système politique centrafricain.
Thierry Patient Béndima, directeur général de l’entreprise publique, a été arrêté et écroué suite à cette catastrophe. Le conseil d’administration avait alors désigné Thierry Befio Namdenganana pour assurer l’intérim. Cet administrateur chevronné avait réussi à rétablir la stabilité du réseau électrique en l’espace d’une semaine, redonnant espoir quant à la capacité technique de l’ENERCA à surmonter ses difficultés.
Pourtant, cette nomination n’a pas résisté aux calculs politiques. Les cadres du parti au pouvoir ont rapidement exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils percevaient comme une nomination trop indépendante. Thierry Befio Namdenganana, reconnu pour sa compétence technique, n’appartenait pas aux cercles d’influence politique et ethnique du pouvoir en place. Son approche professionnelle et son détachement des considérations partisanes ont fini par jouer contre lui.
Moins de quinze jours après sa nomination, un nouveau remplaçant a été désigné lors d’une réunion d’urgence du conseil d’administration à la demande du ministre Bertrand Arthur Piri. Bienvenu Monibeya, directeur de production à l’ENERCA, a été choisi pour prendre désormais les rênes de l’entreprise. Son profil diffère sensiblement de celui de son prédécesseur : il entretient des liens étroits avec le parti présidentiel. Les registres du Mouvement Cœurs Unis (MCU) attestent de sa contribution de 100 000 FCFA pour le congrès de juillet 2025, un geste qui témoigne de son alignement politique.
Cette succession rapide d’intérims dévoile les dysfonctionnements profonds qui gangrènent l’ENERCA. L’entreprise publique devient l’otage de considérations politiques et ethniques qui priment sur les impératifs techniques et sécuritaires. Les réseaux d’influence transforment la direction générale en terrain de règlements de comptes, écartant régulièrement les profils jugés trop indépendants.
Thierry Patient Béndima demeure incarcéré à l’Office central de répression du banditisme, symbole d’une justice expéditive qui frappe d’abord avant d’établir les responsabilités. Son sort témoigne de la brutalité avec laquelle le système traite ceux qui se retrouvent au centre des polémiques.
Les familles endeuillées par la tragédie du lycée Barthélemy Boganda attendent toujours des réponses concrètes sur les causes exactes de l’accident. Pendant que les responsables politiques se disputent le contrôle de l’ENERCA, les questions techniques et sécuritaires passent au second plan. Cette instrumentalisation de la crise énergétique alimente les interrogations sur la gestion volontairement défaillante des infrastructures publiques.
La situation actuelle de l’ENERCA reflète un mal plus profond du pays : la prédominance des logiques claniques sur l’intérêt général. Dans un pays où l’accès à l’électricité reste un défi quotidien pour la majorité de la population, ces querelles internes compromettent davantage la modernisation du secteur énergétique. Les citoyens centrafricains paient le prix fort de cette gouvernance approximative qui sacrifie l’efficacité technique aux considérations politiques….
Vakaga : panique aux alentours de Birao, les éléments armés soudanais sèment la panique
FPRC-conduit-une-moto-devant-des-passants-sur-la-route-principale-de-Birao-le-20-décembre-2017.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/12/Un-combattant-du-FPRC-conduit-une-moto-devant-des-passants-sur-la-route-principale-de-Birao-le-20-décembre-2017-450×254.jpg” alt=”Vakaga : panique aux alentours de Birao, les éléments armés soudanais sèment la panique” width=”450″ height=”254″ />Dans la ville de Birao CopyrightAFP
Des hommes armés venus du Soudan sèment la panique dans les villages proches de Birao, créant la panique au sein de la population locale.
La préfecture de la Vakaga, dont Birao est le chef – lieu, traverse une période difficile depuis lundi soir. Des hommes armés soudanais ont traversé la frontière centrafricaine et créent une situation de panique dans la capitale de la Vakaga, située dans l’extrême nord-est du pays.
Ces individus, qui se déplacent dans quatre véhicules accompagnés de motos, ont pénétré dans plusieurs villages aux alentours de Birao. Les localités de Toumou, à 5 kilomètres de la ville, et d’Am-Tidade, à 18 kilomètres, ont été particulièrement touchées par ces intrusions. Les habitants racontent que ces hommes armés ont tiré plusieurs coups de feu en l’air, créant une atmosphère de peur dans ces communautés habituellement paisibles.
Cette démonstration de force a eu un impact immédiat sur la population locale. Les familles ont abandonné leurs maisons et se sont dirigées vers Birao à pied, traversant la brousse pour échapper à cette menace. Beaucoup portaient leurs enfants et quelques affaires personnelles, fuyant sans savoir quand ils pourraient rentrer chez eux.
Il y’a lieu de rappeler que le dimanche 6 juillet 2025, vers 9 heures, un incident avait éclaté à Birao, Sur la route menant à l’aérodrome, l’honorable Ahamat Tanga, député suppléant de Birao, a été attaqué alors qu’il se rendait à son champ à moto. À environ 12 kilomètres de la ville, des brigands arabes soudanais ont ouvert le feu sur lui. Le député a freiné brusquement, abandonné sa moto et s’est enfui à pied pour échapper à l’agression. Les assaillants, dont l’identité reste inconnue, se sont emparés de la moto et ont disparu.
Informés de l’attaque, les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), appuyés par des miliciens d’autodéfense de Birao, se sont immédiatement mobilisés. Ils ont poursuivi les agresseurs en direction de l’aéroport. Mais à seulement 5 kilomètres de la ville, ils sont tombés dans leur embuscade, occasionnant un violent échange des tirs. Le bilan est lourd de deux côtés. Pour des nombreux habitants de Birao, l’incursion des arabes soudanais sur le territoire centrafricain ce lundi 7 juillet dans la soirée est du à ce conflit. Les soudanais veulent venger leurs morts, selon les mêmes sources.
Notons que la frontière entre le Soudan et la République centrafricaine reste poreuse, facilitant les mouvements transfrontaliers. Cette situation s’est aggravée avec l’intensification du conflit soudanais, qui pousse certains groupes armés à chercher refuge ou à étendre leurs activités dans les pays voisins.
À Birao même, la situation reste relativement stable en surface, mais l’anxiété est palpable parmi les habitants. Les autorités locales travaillent en étroite collaboration avec les forces de sécurité pour éviter une escalade et rassurer la population.
Dr Paul-Christian Beninga : “La Minusca n’a pas mandat pour construire des cimetières en RCA”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc-450×337.jpg” alt=”Dr Paul-Christian Beninga : "La MINUSCA n’a pas mandat pour construire des cimetières en RCA"” width=”450″ height=”337″ />Dr Paul Crescent Beninga , porte-parole du GTSC
Le 23 mai 2025, le Dr Paul-Christian Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GSTC), a adressé une lettre ouverte à la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en RCA. Invité sur les ondes de la radio Ndékè Luka, il est revenu sur les motivations de cette démarche, critiquant vivement l’implication de la MINUSCA dans la question du manque de cimetières à Bangui. Dans un discours empreint de fierté nationale, il a appelé à la souveraineté et à la responsabilité de l’État centrafricain.
Une lettre ouverte déclenchée par une vidéo en ligne
L’origine de cette lettre ouverte remonte au 22 mai 2025, lorsqu’une vidéo sur les réseaux sociaux a attiré l’attention du Dr Beninga. Dans cette séquence, la porte-parole de la MINUSCA, lors d’une conférence de presse, évoquait “la douloureuse question du manque de cimetières” à Bangui, affirmant que la mission onusienne suivait l’affaire de près. Pour le Dr Beninga, ce discours, teinté de “condescendance”, laisse entendre que l’État centrafricain aurait sollicité l’appui de la MINUSCA pour construire un cimetière. “Je trouve que c’est une aberration”, s’indigne-t-il, qualifiant une telle demande, si elle existe, de “mendicité” humiliante pour le peuple et l’État centrafricains.
Cette lettre, adressée principalement à la MINUSCA, vise à rappeler à la mission onusienne ses priorités. “Il ressort clairement que la MINUSCA n’a pas mandat de construire un cimetière au peuple centrafricain”, martèle le Dr Beninga, citant le mandat du 14 novembre 2024. Mais le message ne s’arrête pas là : il interpelle également les autorités nationales et s’adresse au peuple centrafricain pour raviver la conscience de la souveraineté.
Un cri à la souveraineté et à la fierté nationale
Pour le porte-parole du JSTC, la construction de cimetières relève exclusivement de la compétence de l’État centrafricain, un “acte de souveraineté” qui ne saurait être délégué. “Ce n’est pas parce que nous avons traversé de multiples conflits qui ont fragilisé notre tissu social et économique que nous devons devenir des mendiants”, insiste-t-il. Il rejette tout complexe d’infériorité et appelle les autorités à démontrer la souveraineté par des “actes concrets” plutôt que par des déclarations.
S’adressant au peuple centrafricain, le Dr Beninga rappelle que la présence de la MINUSCA et des Nations unies en RCA n’est pas une faveur, mais un droit. “Nous sommes membres des Nations unies. Lorsque nous sommes confrontés à des difficultés, nous avons le droit d’accueillir une mission, et nous pouvons aussi demander qu’elle s’en aille”, souligne-t-il, exhortant les Centrafricains à cesser de “faire la courbette” et à se comporter comme un peuple “vaillant” qui sait où il va.
Le manque de cimetières : un problème de volonté politique
Interrogé sur la persistance du manque de cimetières à Bangui, le Dr Beninga pointe du doigt un “manque de volonté politique”. Avec une superficie de 623 000 km² pour 6 millions d’habitants, la RCA dispose, selon lui, d’assez d’espace pour accueillir plusieurs cimetières. “Ce ne sont pas les moyens qui manquent, ni les espaces”, affirme-t-il, soulignant que la solution repose sur une décision ferme des autorités. “Nous avons besoin de la volonté politique pour construire un cimetière pour enterrer nos morts”, conclut-il.
Une question d’orgueil et de dignité
Le Dr Beninga va plus loin, rejetant toute implication de la MINUSCA dans un tel projet. “Il n’y a pas un risque d’implication, c’est une question d’orgueil de soi, de souveraineté, d’amour pour sa patrie”, explique-t-il. Il compare cette situation à une famille qui, malgré des moyens limités, refuse l’aide extérieure pour enterrer dignement un proche. “Nous voulons enterrer dignement les fils et les filles du pays qui nous précèdent dans l’au-delà, par nos propres moyens”, insiste-t-il.
Il critique également la gestion des “projets à impact rapide” de la MINUSCA, dénonçant l’attribution de ces initiatives à des organisations non gouvernementales créées par des étrangers, notamment des Rwandais, sans réel bénéfice pour la population locale. “La MINUSCA n’a qu’à se regarder dans le miroir et rectifier le tir”, lance-t-il….
Le président du PRNC, Nourd Gregaza , détenu depuis neuf mois sans procès à la prison du camp de Roux de Bangui, a été transféré ce lundi vers l’Office Central pour la Répression du Banditisme dans des conditions dénoncées par son organisation.
Nourd Gregaza, dirigeant du Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine, a été sorti de sa cellule ce 7 juillet 2025 à la prison du Camp de Roux à Bangui. L’opération, menée pour le conduire à l’OCRB, a été effectuée par des éléments que le PRNC identifie comme des mercenaires du groupe Wagner, agissant sur ordre du ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazene.
Le PRNC qualifie cette action d’enlèvement et d’arrestation arbitraire. Selon le mouvement, cette opération vise à renforcer la pression sur leur président, déjà maintenu en détention depuis neuf mois dans des conditions qu’ils jugent inacceptables.
La situation de Nourd Gregaza inquiète ses proches depuis plusieurs mois. Le patron du PRNC est enfermé à la prison du Camp de Roux depuis neuf mois, sans qu’aucun procès n’ait été organisé. Le PRNC affirme qu’il n’existe aucun fondement légal à cette détention.
Durant cette période, Nourd Gregaza aurait été maintenu à l’isolement, privé de contacts avec l’extérieur et sans possibilité de recevoir de visites. Le parti dénonce ces conditions de détention qu’il considère comme une violation des droits fondamentaux.
Pour les responsables du PRNC, ce transfert s’inscrit dans une stratégie visant à affaiblir leur formation politique. Ils accusent le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra d’utiliser la justice comme un instrument de répression contre les citoyens centrafricains.
L’organisation estime que cette opération répond à l’inquiétude du pouvoir face à leur progression sur la scène politique centrafricaine. Les dirigeants du PRNC affirment que leur président paie le prix de ses positions critiques envers la gestion actuelle du pays et ses appels à plus de souveraineté face à la présence du groupe Wagner dans le pays.
Devant cette situation, le PRNC annonce qu’il va intensifier ses actions pour obtenir la libération de son président. Le parti appelle ses militants et sympathisants à rester mobilisés et à maintenir la pression sur les autorités.
L’organisation demande également à la communauté internationale de ne plus ignorer cette situation. Elle exige la libération immédiate et sans condition de Nourd Gregaza, rappelant que la justice ne doit pas servir d’outil de persécution politique.
Le PRNC maintient que cette affaire révèle les méthodes employées par le régime actuel pour gérer ses opposants et promet de poursuivre son combat malgré les pressions exercées sur ses dirigeants….
L’un des chefs du village de Bayanga a été conduit jeudi 3 juillet 2025 à Bangui, accusé d’avoir tué des éléphants dans le parc protégé.
En effet, dans la journée du jeudi 3 juillet, vers après-midi, l’un des chefs des villages de Bayanga, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, a été transféré à la prison du camp de Roux à Bangui. Il est accusé d’avoir abattu depuis plusieurs années des éléphants dans le parc de Bayanga, une zone riche en faune qui subit depuis des décennies les effets du braconnage.
Cette arrestation s’inscrit dans une série d’interpellations similaires. Avant lui, un jeune homme du même village, nommé Dona, avait été arrêté pour les mêmes faits et conduit à la même prison, il y a plusieurs mois.
Dans le village de Bayanga, plusieurs habitants dénoncent ces arrestations. Selon eux, ce sont les autorités locales qui fournissent des armes automatiques, notamment des AK-47, aux chasseurs du village pour aller exécuter des éléphants dans le parc.
Les villageois expliquent le fonctionnement de ce système : les chasseurs reçoivent les armes et partent chasser. Si ils rentrent sans gibier ou sans pointes d’éléphants, ils sont accusés d’avoir caché les prises et directement envoyés en prison.
Un habitant du village témoigne : “On nous donne les fusils, et après on nous demande de ramener quelque chose. Si on revient les mains vides, on dit qu’on a vendu en cachette“.
Cette situation a créé un climat de tension à Bayanga. Les villageois vivent dans l’inquiétude d’être arrêtés à leur tour. Plusieurs d’entre eux pensent que ces poursuites servent à masquer un réseau plus large de trafic impliquant des responsables locaux.
Les habitants soupçonnent que les vrais profits du braconnage ne restent pas au village mais remontent vers d’autres destinations. Cette situation crée un cercle où les villageois sont pris entre les pressions des autorités et leurs besoins de survie.
L’affaire du chef de village montre les tensions autour d’un système où les responsabilités se mélangent et où les vrais bénéficiaires du trafic restent dans l’ombre….
Théodore Kapou : Du Soutien au Troisième Mandat à la Création d’un Nouveau Parti Politique, Quelle Stratégie Pathétique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/07/marche-de-Damara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Marche du soutien au troisième mandat avec la présence de l’apotre Théodore Kapou à Damara
Théodore Kapou, autrefois apôtre de son église, révèle un visage hypocrite et malveillant depuis la semaine dernière. Soutien fervent du troisième mandat de Touadéra, récemment nommé, clé il y a trois semaines, il crée aujourd’hui un parti politique en se drapant d’une fausse neutralité. Pense-t-il que les Centrafricains sont des idiots, manipulables comme les fidèles de son église ?
de l’autel à la marche du troisième mandat pour Touadéra
En juillet 2022, Théodore Kapou défrayait la chronique en participant à la marche “TAMBOULA Ngangou” à Damara, soutenant ouvertement le projet controversé d’un troisième mandat pour le président Touadéra. Cet ancien dirigeant de la Communauté des Églises Apostoliques de Centrafrique (CEEAC), censé incarner des valeurs spirituelles, s’affichait aux côtés des partisans d’un pouvoir prolongé, loin de l’image d’un prophète dénonçant les dérives. Comme nous l’avions précédemment souligné, que reste-t-il de sa crédibilité spirituelle lorsqu’il se compromet ainsi dans des jeux politiques ?
Une nomination opportune : la récompense d’un fidèle allié
Il y a trois semaines, Kapou a été nommé dans une commission présidentielle par Touadéra, un geste qui témoigne son rapprochement direct avec le Président. Cette nomination renforce l’idée qu’il est un pion dans l’échiquier du président. Pourtant, Kapou ose aujourd’hui proclamer une neutralité politique avec son nouveau parti. Comment peut-on prétendre à l’indépendance tout en profitant des faveurs du pouvoir ? Cette duplicité est non seulement pathétique, mais aussi insultante pour l’intelligence des Centrafricains.
Un parti pour manipuler : les Centrafricains pris pour des fidèles dociles
Dans sa déclaration, Kapou affirme vouloir “éduquer” et “conscientiser” le peuple centrafricain à travers son parti. Mais derrière ces mots mielleux se cache une arrogance déconcertante. Pense-t-il que les citoyens sont aussi manipulables que les fidèles qu’il guidait dans son église ? Son discours sur l’unité et la neutralité sonne creux face à son passé de fervent soutien à Touadéra et à ses récents bénéfices. Kapou semble croire que les Centrafricains, comme des ouailles égarées, suivront aveuglément ses promesses. Cette condescendance est aussi pathétique qu’inquiétante.
un homme de Dieu ou un opportuniste ?
Kapou se compare à Martin Luther King ou Barthélemy Boganda, mais ces figures historiques combattaient pour la justice, pas pour des postes ou des alliances douteuses. Sa prétendue neutralité, qui rejette à la fois la mouvance présidentielle et l’opposition, n’est qu’une comédie pour cacher ses ambitions.
En un mot, Théodore Kapou pense-t-il vraiment que les Centrafricains sont des idiots à manipuler ? Sa trajectoire, du soutien au troisième mandat à la création d’un parti sous un vernis de neutralité, est une insulte à l’intelligence collective. Sa nomination récente par Touadéra à Damara et ses rencontres fréquentes avec le président trahissent ses véritables intentions. Pathétique et malveillant, Kapou n’est pas un apôtre du peuple, mais un stratège opportuniste qui mérite la méfiance des Centrafricains….
Tragédie du lycée Barthélemy Boganda : les aveux d’un manque de prévention par la Protection civile
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/marche-victime-drame-lycee-barthelemy-boganda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Marche de la société civile en la mémoire des victimes du drame du lycée Barthelemy Boganda de Bangui
Le 25 juin 2025, le lycée Barthélemy Boganda à Bangui a vécu un drame qui aurait pu être évité. Un transformateur électrique a explosé suite à un court-circuit pendant que 5 311 élèves passaient leurs examens du baccalauréat. La panique s’est emparée de l’établissement, provoquant une bousculade qui a coûté la vie à plusieurs personnes.
Thomas Djimassé, directeur général de la Protection civile, ne tourne pas autour du pot. Dans un entretien accordé à la radio Ndékè Luka, il admet les défaillances de son service : « Cette tragédie nous a rappelé notre responsabilité. Quand on rassemble des milliers de personnes au même endroit, il faut prévoir les choses à l’avance ».
L’explosion s’est produite vers 14 heures, au moment où les techniciens de la société nationale d’électricité (ENERCA) tentaient de réparer une panne. Les élèves ont paniqué, rejoints par des centaines de parents et de riverains qui affluaient vers l’école. Certains arrivaient à moto-taxi, d’autres en groupes entiers. Le chaos était total.
« La prévention n’a pas été au rendez-vous », reconnaît Djimassé sans détour. Il explique que les procédures de sécurité n’ont jamais été adaptées à la croissance démographique du pays ni aux réalités actuelles. « Nous avons traversé tellement de crises qu’on n’a pas eu le temps de revoir nos méthodes de travail ».
Cette franchise du responsable de la Protection civile révèle un problème plus large. Les établissements scolaires, les universités, les hôpitaux, les stades et les lieux de culte accueillent régulièrement des foules importantes sans préparation adéquate. Personne ne semble avoir anticipé qu’un incident technique puisse déclencher une catastrophe humaine.
L’intervention des secours a été compromise dès le départ. Les équipes de la Protection civile sont arrivées en même temps que la foule de curieux et de familles inquiètes. Impossible dans ces conditions d’établir un périmètre de sécurité ou d’organiser les évacuations. « Si nous étions présents avant l’incident, nous aurions pu prendre les bonnes mesures », regrette Djimassé.
Le directeur général pointe aussi le manque de moyens matériels. Pas assez d’ambulances, pas de véhicules tout-terrain pour accéder rapidement aux zones difficiles. Même si tous les acteurs présents se sont mobilisés, l’improvisation ne peut pas remplacer la préparation. « Pour faire de la prévention, il nous faut des moyens pour nous préparer et répondre à tous les scénarios possibles », insiste-t-il.
Les aveux de Thomas Djimassé sur l’absence de prévention révèlent les failles d’un système qui n’anticipe pas les risques. L’explosion du transformateur n’était qu’un déclencheur. Le vrai problème, c’est l’impréparation face aux rassemblements de masse dans un pays où les infrastructures vieillissent et où la population augmente.
Cette tragédie doit servir de leçon. Les protocoles de sécurité doivent être repensés, les moyens renforcés, et la prévention placée au cœur des préoccupations. Sinon, d’autres drames similaires risquent de se reproduire dans les écoles, les hôpitaux ou les stades du pays….
Binationaux bons pour voter les lois, interdits pour présider : La constitution grotesque de Touadéra
Centrafrique.org/le-projet-de-la-nouvelle-constitution-de-touadera-un-festival-de-fautes-dorthographe/remise-du-projet-de-la-nouvelle-constitution-par-le-president-touadera-a-son-directeur-national-de-campagne-evariste-ngamana-dans-lhemicycle-de-lassemblee/” rel=”attachment wp-att-66933″ data-wpel-link=”internal”>Remise du projet de la nouvelle constitution au Président Touadera par son directeur national de campagne Evariste Ngamana-
La nouvelle constitution centrafricaine de 2023 est un cirque, un torchon grotesque qui interdit aux binationaux de briguer la présidence mais les laisse voter les lois à l’Assemblée nationale. Quelle idiotie monumentale ! Lors de l’émission Patara sur la Radio Ndékè Luka, Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire, a tenté de défendre cette aberration face à Raymond Adouma, leader du BRDC, qui l’a pulvérisée : c’est une moquerie, un piège débile pour protéger Touadéra et son clan de menteurs. Ce régime d’hypocrites se moque des Centrafricains, et l’absurdité de cette règle n’est que le sommet de leur tas de fumier.
Yapandé, avec son culot de clown, ose dire : “Si vous avez deux nationalités, faites un choix, c’est simple !”. Simple ? C’est une blague débile ! Les binationaux ne peuvent pas être président, mais ils peuvent siéger à l’Assemblée, voter les lois qui régissent le pays ? Quelle logique tordue ! Le président de l’Assemblée actuelle, Simplice Mathieu Sarandji, un Franco-Centrafricain, dirige les débats, valide les textes, mais serait banni s’il visait le palais ? C’est de la pure idiotie, une contradiction qui pue la magouille. Adouma l’a cloué : “Ce n’est pas une constitution, c’est une feuille de route pour s’éterniser au pouvoir“. Et il a raison : cette règle n’a aucun sens, sauf celui de bloquer les opposants pendant que Touadéra s’accroche à son trône.
Et le pompon ? Touadéra lui-même ! Sa mère, Centrafricaine, son père congolais de la RDC, et son père, nigérien, un type débarqué de nulle part, un éleveur qui a planté sa tente à Bangui. Ce mec, pas “Centrafricain de souche”, a engendré Faustin-Archange Touadera, devenu président de la République, qui impose maintenant une pureté nationale à coups de constitution bidon. Quelle farce ! Lui, un homme avec un nez peul, aux origines floues, ose trier qui est assez “pur” pour diriger ? Et Yapandé, ce ministre aux deux passeports, centrafricano – congolais lui aussi, défend cette ânerie sans la moindre honte. Pierre Somsé, ministre de la Santé ? Congolais de père, Centrafricain de mère de Berberati. Thierry Kamach, à l’Environnement ? Fils d’un Syrien et d’une femme de Berbérati comme son collègue Pierre Somsé. Sylvie Baïpo-Témon, aux affaires étrangères? Française et Centrafricaine, sans renoncer à son passeport tricolore. Partout dans ce gouvernement, dans l’état-major, dans l’armée, les binationaux pullulent – mais ils interdisent aux autres ce qu’ils s’accordent à eux-mêmes. Quelle hypocrisie!
Ce régime est une comédie . Leur référendum de 2023 ? 1 % de votants, maquillé en 95 % par Wagner et leurs urnes truquées, Touadéra l’avait dit même : “Pas besoin d’électeurs, juste d’urnes“. Et maintenant, ils jouent les puristes avec cette constitution clownesque ? Pendant ce temps, les prisons de l’OCRB débordent : en avril 2025, les cadets d’Henri Dondra, la famille d’Armel Sayo, Mahamat Abakar, tous enfermés sans mandat, sans droit de visite, pendant que les avocats, en grève de huit jours, hurlent contre cette dictature. La binationalité ? Un prétexte débile pour diviser les Centrafricains et sauver un Touadéra qui n’a rien de “souche” sauf son mépris.
Adouma refuse ce jeu pourri : “Sans changement, pas d’élections”. Et pourquoi plier ? Cette règle absurde, qui autorise les binationaux à faire les lois mais pas à les appliquer, est une insulte à l’intelligence. Les Centrafricains, déjà écrasés par la misère, n’ont pas besoin de ce délire qui les déchire pour protéger un président …, bâtard, et son clan de profiteurs. Une constitution ? Non, un gag – et un mauvais….
Soupçonné de préparer un coup d’État depuis la prison, Armel Sayo et Nourd Gregaza ont été kidnappés dans leur cellule sur décision des russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>La principale entrée de l’OCRB du centre-ville
Deux hommes détenus à la prison du Camp de Roux ont été emmenés lundi matin par les forces de l’Office Central pour la Répression du Banditisme. Armel Ningatoloum Sayo et Nourd Gregaza, accusés de préparer un coup d’État, ont été extraits de leurs cellules après une opération controversée menée quelques jours plus tôt.
Le 4 janvier dernier, Cédric Gbaka, conseiller du président Faustin-Archange Touadéra, s’est rendu à la prison du camp de Roux accompagné du directeur de la Compagnie Nationale de Sécurité, de policiers habillés en noir et de mercenaires russes du groupe Wagner. L’homme d’une quarantaine d’années, mesurant environ 1,70 m, a ordonné l’évacuation de tous les détenus pour procéder à une fouille générale des cellules.
Les agents ont passé au crible chaque cellule, fouillant sacs et vêtements. Mais le but principal était bien connue, la cellule occupée par ces deux hommes : Armel Sayo et Nourd Gregaza.
Justement, Dans les cellules occupée par Armel Sayo et Nourd Gregaza, monsieur Cédric Gbaka a annoncé d’une manière spectaculaire d’avoir trouvé un téléphone portable et un document.
Aussitôt, monsieur Cédric Gbaka a confronté les deux hommes : “C’est ton téléphone, viens le déverrouiller !”, a-t-il lancé à Sayo. Ce dernier a nié : “Ce n’est pas mon téléphone, je n’ai rien à voir avec ça”. Même réponse de Nourd Gregaza quand Cédric Gbaka lui a présenté les objets. Et plus étonnant encore, le document ramené par Cédric Gbaka serait un plan du coup d’État qu’il prétend retrouver dans la cellule de Sayo et Nourd. Sans surprise, les deux détenus ont également refusé de reconnaître le document présenté par Cédric comme un plan de coup d’État.
Selon plusieurs témoins présents au moment de la fouille, le téléphone et le document ont été apportés par Gbaka lui-même. Cette mise en scène visait à créer des preuves contre ces deux opposants politiques. Le motif invoqué – la préparation d’un coup d’État – servait de justification pour les extraire de la prison et les remettre aux mercenaires russes qui vont les torturer.
Après la fouille, Cédric Gbaka a contacté le ministre de la Justice par téléphone et lui ordonne la rédaction d’un document d’extraction de ces deux détenus.
Le lundi 7 janvier vers 9h-10h, le général Armel Baraba, directeur de l’OCRB, est arrivé avec ses hommes. Armé du pistolet, il veut entrer dans la prison, les éléments casques bleus de la Minusca en poste à l’entrée lui dit clairement comment il peut entrer ici avec un pistolet à la main. Le général de police leur a répondu qu’avec son pistolet, même le bureau du chef de l’État il entre avec. Donc c’est une raison pour lui de dire que je dois entrer ici avec mon arme, quelle que soit la raison. et a emmené les deux détenus vers une destination inconnue.
Cette opération révèle un mécanisme bien connu: des accusations fabriquées permettent d’extraire des détenus du système judiciaire officiel pour les remettre aux forces russes. Une fois entre leurs mains, ces personnes risquent la torture dans des bases secrètes, notamment près de l’aéroport de Bangui Mpoko ou au sous-sol du camp de Roux.
Le procédé utilisé contre Armel Sayo et Nourd Gregaza n’est pas une exception. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de répression où les mercenaires russes du groupe Wagner jouent un rôle central dans l’élimination des centrafricains….
Centrafrique : L’intelligence artificielle, arme des escrocs dans un pays miné par la criminalité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/capture-decran-video-camille-makosso.jpg” data-wpel-link=”internal”>La capture d’écran de la vidéo de dénonciation du Pasteur Camille Lakosso Screenshot
Des criminels exploitent l’intelligence artificielle pour créer de fausses vidéos publicitaires en République centrafricaine, avec le soutien du Président Faustin Archange Touadera.
Camille Makosso, un religieuse ivoirien influente née en 1979 à Abidjan, dirige la Commission protestante évangélique de Côte d’Ivoire tout en développant ses activités d’entrepreneur. Actif sur les réseaux sociaux où il rassemble des millions d’abonnés, le pasteur ivoirien a alerté la semaine dernière sur une tentative d’escroquerie dont il a été victime.
Des individus se présentant comme des responsables de Capital Investissement Bank ont détourné son image pour leurs arnaques.
« Ils ont utilisé ma photo et l’intelligence artificielle pour faire croire que je promouvais leurs services », explique Makosso. La vidéo falsifiée le montrait annonçant des retours sur investissement impossibles : dix mille francs transformés en cinquante-cinq mille, quinze mille en quatre-vingt-cinq mille.
Cette manipulation technologique exploite la confiance que les followers accordent au pasteur. Quand Makosso a voulu confronter les responsables de cette escroquerie, ces derniers ont bloqué le pasteur, confirmant leur caractère frauduleux. Cette gigantesque escroquerie pathétique du régime de Bangui montre comment les deepfakes deviennent des outils privilégiés des criminels, surtout dans des environnements où les contrôles font défaut.
Le cas Camille Makosso s’inscrit dans un contexte plus large de criminalité organisée en République centrafricaine. Des voix dénoncent l’évolution du pays sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra. « La Centrafrique est devenue un refuge pour tous les voyous et criminels », affirme l’économiste et homme politique Anicet Georges Dologuelé, ancien premier ministre.
Cette perception d’un État complice de la mafia alimente les inquiétudes des observateurs régionaux. Plusieurs analystes pointent du doigt la multiplication des réseaux criminels sur le territoire centrafricain. Le pays semble attirer des organisations spécialisées dans la fraude numérique, profitant de la complicité du Président et de son gouvernement.
La situation inquiète au-delà des frontières centrafricaines. Des rapports continentaux signalent régulièrement la Centrafrique comme un point de passage pour diverses activités illégales. Cette réputation nuit à l’image du pays.
Les autorités centrafricaines font face à des reproches concernant leur gestion de la cybercriminalité. Des militants de la société civile estiment que le gouvernement ferme les yeux sur ces pratiques. « Les responsables politiques tolèrent ces réseaux criminels », dénonce un activiste centrafricain.
Cette inaction contraste avec les recommandations des organisations internationales. L’Union africaine encourage régulièrement les États membres à renforcer leur arsenal législatif contre la cybercriminalité. Elle prône également des campagnes de sensibilisation pour informer les populations sur les risques liés aux nouvelles technologies.
La République centrafricaine semble pourtant à la traîne dans ce domaine. L’absence de structures spécialisées et de personnel formé laisse le champ libre aux escrocs de tous genres. Cette situation expose les citoyens à des risques croissants….
Touadera, tu ne sais pas encore, la dame vous a dit : « À Yéké payer bon ti ngbakö na place ti ngbakö ». Ceci dit : tout se paye ici-bas
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/la-dame-en-colere.jpg” data-wpel-link=”internal”>La dame en colère contre la barbarie du régime de Touadera
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Centrafrique.org/Centrafrique-sit-in-des-avocats-devant-le-siege-de-la-cour-constitutionnelle-maitre-nicolas-tiangaye-a-failli-etre-arrete-par-la-gendarmerie/” data-wpel-link=”internal”>CNC.
La voix d’une Centrafricaine, épouse d’un journaliste, résonne contre l’oppression du régime Touadera. Après la répression violente d’un hommage aux victimes du lycée Barthélemy-Boganda, elle avertit : « À Yéké payer bon ti ngbakö na place ti ngbakö ». Le peuple, humilié, annonce que tout se paye ici-bas….
Le 25 juin 2025, la Centrafrique a été secouée par une tragédie qui a arraché la vie à au moins 29 élèves du lycée Barthélemy-Boganda, victimes d’une bousculade déclenchée par une explosion près de l’établissement. Ce drame, survenu alors que les jeunes composaient leur baccalauréat, a plongé le pays dans un deuil profond. Mais lorsque la société civile a tenté de rendre hommage à ces vies fauchées, le régime du président Faustin-Archange Touadera a répondu par une violence démesurée, révélant une fois de plus son caractère hostile pour la dignité du peuple centrafricain. Une femme, épouse d’un journaliste centrafricain, Éric Sabé, s’est levée pour dénoncer cette barbarie, lançant un avertissement cinglant : « À Yéké payer bon ti ngbakö na place ti ngbakö » – on paie la dette de l’alcool traditionnel là où il est vendu, pas ailleurs chez le boucher. En d’autres termes, les responsables de ces injustices devront rendre des comptes, et « tout se paye ici-bas »….
La manifestation, organisée pour honorer les victimes, a été durement réprimée par la police centrafricaine, agissant sur ordre du pouvoir. Au monument des Martyrs, les forces de l’ordre ont frappé, tabassé et humilié des hommes, des femmes et des jeunes qui ne faisaient que pleurer leurs morts. Parmi les victimes de cette répression figurent des figures respectées de la société civile : Dr Paul Crescent Beninga, Maître Mandéndjapou, et M Gervais Lakosso, arrêtés alors qu’ils tentaient de dialoguer avec les autorités. Un athlète anonyme a été molesté, des journalistes torturés et arrêtés, des manifestants ont été roués de coups, et l’époux du journaliste à l’origine de cette déclaration a dû subir elle aussi de violence. Ces actes ne sont pas seulement une attaque contre des individus ; ils sont une insulte à l’âme collective d’un peuple….
La métaphore du ngbakö, cet alcool traditionnel centrafricain, est lourde de sens. Dans la culture sango, dire qu’on paie la dette de ngbakö là où il est vendu, c’est exiger que justice soit rendue là où le tort a été commis. Cette femme, dont la voix porte la douleur et la rage d’une nation, accuse le régime Touadera d’avoir transformé le deuil en crime. En interdisant un hommage pacifique, en brutalisant des citoyens désarmés, en emprisonnant des voix dissidentes, le gouvernement envoie un message clair : le peuple n’a aucun droit, ni de pleurer, ni de prier, ni de s’indigner.« Ils peuvent nous tuer, nous rabaisser, nous humilier, mais nous devons nous taire », dénonce-t-elle, avant d’ajouter une vérité implacable : « Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous devrons tous passer un jour à la caisse »….
Ce cri du cœur n’est pas une exception. Il résonne comme un écho des frustrations d’un peuple abandonné par ses élites. Les juristes, souvent corrompus ou intimidés, se taisent. Les journalistes, affamés et muselés, peinent à faire entendre leur voix. Les artistes, parfois déconnectés, négligent le pouvoir de leur influence. Quant au peuple, il est « plus meurtri, plus humilié, plus appauvri que jamais », selon les mots de la déclarante. Pourtant, dans cette blessure profonde, elle voit naître une force redoutable : celle de ceux qui n’ont « plus rien à perdre ». Cette force, prévient-elle, est celle d’un peuple prêt à tout tenter pour retrouver sa dignité, même au prix de sa vie….
L’histoire, rappelle-t-elle, est implacable. Les dictateurs, les tyrans, ceux qui pensaient détenir le monopole de la violence, ont tous connu une fin. « Il y a eu plus dictateur que vous, plus terroriste que vous, plus barbare que vous », lance-t-elle à l’adresse du régime….
Le régime Touadera, en muselant cet hommage, a non seulement profané la mémoire des victimes, mais il a aussi creusé sa propre tombe. Chaque coup porté, chaque arrestation arbitraire, chaque humiliation infligée au peuple centrafricain sème les graines d’une révolte inévitable. « Quand tu parles, tu meurs ; quand tu ne parles pas, tu meurs », constate-t-elle avec amertume. Mais cette résignation apparente se mue en défi : « Nous n’allons plus nous taire, plus jamais »….
Alors que les familles des victimes pleurent leurs enfants, que les blessés pansent leurs plaies, et que les prisonniers attendent justice, la Centrafrique se tient à un carrefour. La déclaration de cette femme n’est pas seulement un cri de colère ; c’est un appel à l’éveil. À Touadera et à ses soutiens, elle adresse un dernier avertissement : « Comment voulez-vous finir ? De quel côté de l’histoire voulez-vous vous inscrire ? ». Car, comme elle le dit si bien, « tout se paye ici-bas ». Et le peuple, blessé mais debout, n’oubliera pas….
La Centrafrique pleure, mais elle ne plie pas. La voix de cette femme, portée par la sagesse du ngbakö et la force d’un peuple opprimé, annonce l’inéluctable : le régime Touadera devra rendre des comptes. « À Yéké payer bon ti ngbakö na place ti ngbakö » : la justice viendra, ici et maintenant…….
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Wagner arrive avec ses mines terrestres dans le Haut-Mbomou : 2 premières victimes près de Zemio. Un homme et une femme déchiqueté par ses explosifs
Minusca-recherche-des-mines-au-sol-photo-minusca.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/05/la-minusca-recherche-des-mines-au-sol-photo-minusca-450×253.jpg” alt=”Wagner arrive avec ses mines terrestres dans le Haut-Mbomou : 2 premières victimes près de Zemio. Un homme et une femme déchiqueté par ses explosifs” width=”450″ height=”253″ />la Minusca recherche des mines au sol photo Minusca
Le groupe russe Wagner étend son réseau criminel de mines terrestres dans le Haut-Mbomou. Deux personnes sont mortes à Zemio.
Le Haut-Mbomou rejoint la longue liste des régions centrafricaines où Wagner a installé massivement ses mines terrestres. À Koumboli, près de Zemio, la semaine dernière, un homme et une femme ont perdu la vie en se rendant aux champs. Ces deux victimes marquent l’arrivée de cette menace dans une région jusqu’alors épargnée de ces engins terrestres très mortels importés par le groupe Wagner. En ce moment, aux alentours de Zemio, c’est l’inquiétude générale. La ville est entourée complètement des mines terrestres posés par les mercenaires russes.
Rappelons que le groupe Wagner opère en République centrafricaine depuis 2018. Les mercenaires russes, à partir de 2021, ils sont arrivés en masse dans le pays avec leur cortège des mines terrestres. Ils ont d’abord déployé leurs mines dans l’ouest et le nord-ouest du pays. Mambéré-Kadéi, Nana-Mambéré, Ouham-Pendé, Lim-Pendé, Ouaka et Haute-Kotto ont payé le prix fort. Des dizaines de civils sont morts dans des explosions. Maintenant, c’est au tour du Haut-Mbomou de rejoindre cette longue liste macabre.
L’impact des mines de Wagner se mesure en vies humaines. À Bocaranga, dans l’Ouham-Pendé, les explosions se succèdent depuis septembre 2021. Et c’est incomptable, tellement que le nombre des accidents liés à ses explosifs est nombreux. Un exemple, un camion humanitaire a sauté au village Pana-Mala, tuant le conducteur et blessant trois passagers. Deux mois plus tard, un autre véhicule explosait près du village Bambara. Le conducteur n’a pas survécu.
Les Casques bleus de la MINUSCA subissent également ces attaques. En décembre 2021, six d’entre eux ont été blessés dans deux incidents distincts près de Berbérati. Leurs convois ont heurté des engins explosifs sur des routes qu’ils empruntaient régulièrement. Même à Koui, des casques bleus avaient été tués dans accident causé par un explosif. Et pour se moquer de la Minusca, les russes ont émis un faux communiqué prétendant avoir porté secours aux casques bleus victimes pour les sauver. C’est de la criminalité pure.
À Bozoum, la situation est aussi tendue. Les véhicules civils et militaires continuent de sauter sur des mines. En juillet 2021, deux explosions ont tué quatre personnes dans la commune de Loura. Ces incidents se répètent mois après mois. Les prêtres catholiques ont aussi subi les conséquences de ces engins.
La stratégie de Wagner
Wagner utilise fréquemment les mines terrestres pour contrôler le territoire. Cette tactique s’accompagne d’une campagne de désinformation. Les mercenaires russes accusent systématiquement les groupes rebelles. Selon eux, l’UPC, le 3R ou les combattants du FPRC seraient responsables de ces mines.
Cette version des faits ne convainc personne sur le terrain. Les habitants savent que Wagner a importé cette menace depuis la Russie. Avant 2021, les mines terrestres n’existaient pas à cette échelle en République centrafricaine.
La MINUSCA face aux obstacles
La Mission des Nations unies a suspendu ses opérations de déminage en septembre 2021. Cette décision fait suite aux tensions avec les mercenaires russes et les soldats FACA. Tout le monde se souvient encore quand les mercenaires russes et leurs alliés des Forces armées centrafricaines (FACA) ont bloqué l’accès aux zones minées par la Minusca dans la Nana-Mambéré.
Cette suspension a des conséquences dramatiques. Les populations vivent dans la peur constante d’être la prochaine victime de ces engins mortels. À Bocaranga, des motos et des véhicules continuent d’exploser.
Les mines terrestres de Wagner menacent les civils pour des années. Ces engins explosifs restent dangereux longtemps après leur installation. Les enfants qui naissent aujourd’hui grandiront avec cette menace….
Centrafrique : Touadéra et son business model de la misère
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Seance-photo-du-president-Touadera-en-Coree-du-Sud.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Seance-photo-du-president-Touadera-en-Coree-du-Sud-450×300.jpg” alt=”Centrafrique : Touadéra et son business model de la misère” width=”450″ height=”300″ />Seance photo du president Touadera en Coree du Sud –
Une décennie de pillage organisé au sommet de l’État centrafricain.
Dans les différents quartiers des arrondissements de Bangui, où les habitant circulent entre les nids-de-poule béants et les détritus qui s’accumulent, une question revient sans cesse sur les lèvres : “Mais où sont passés tous ces milliards de RCPCA qu’on nous a promis depuis près de dix ans ?”. La réponse se trouve peut-être dans les fastueux quartiers présidentiel de Boy-Rabe ou de Bellevue dans le septième arrondissement de la capitale, où poussent comme des champignons des villas aux allures de palais, propriétés de ceux qui gravitent autour du pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.
En effet, depuis 2016, le chef de l’État centrafricain Baba Kongoboroa fait de la “sortie de crise” son fonds de commerce. Un business juteux qui rapporte gros à son cercle rapproché, pendant que le peuple centrafricain continue de creuser sa tombe dans la misère absolue. Le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix (RCPCA) avait promis 600 milliards de FCFA pour sortir le pays du gouffre. Aujourd’hui, avec un nouveau Plan National de Développement (PND) 2024-2028, c’est carrément 7000 milliards que Touadéra compte arnaquer aux bailleurs de fonds internationaux.
Le business model de la misère
Le pays revient de loin. Le pays vient de sortir d’une grande crise. Tout a été détruit pas la crise ! Entend-on partout dans les propos des personnalités du régime. Cette ritournelle est devenue l’hymne officieux du régime Touadéra. Chaque sommet international, chaque rencontre avec les partenaires, chaque demande de financement s’accompagne du même refrain larmoyant : la Centrafrique sort d’une crise, entre dans une autre, ou se prépare à éviter la prochaine.
Mais pendant que le président joue les victimes professionnelles sur la scène internationale, lui et ses proches s’enrichissent de manière obscène. Les 1600 milliards du RCPCA ? Volatilisés comme fumée au vent du sahel. Les routes promises restent des pistes de sable rouge qui deviennent des torrents à chaque saison sèche, pour ne pas dire Bourou. Les hôpitaux annoncés demeurent des carcasses de béton où les malades viennent mourir faute de soins. Les écoles tant vantées n’existent que sur le papier glacé des rapports de bailleurs.
Quand d’autres réussissent, Bangui s’enlise
L’Afrique regorge pourtant d’exemples de pays qui ont su tourner la page de leurs drames sans transformer la tragédie en commerce. Au Rwanda, Paul Kagame n’a pas passé vingt ans à pleurnicher sur le génocide de 1994. En une décennie, Kigali est devenue une vitrine continentale, avec des routes impeccables, un système de santé fonctionnel et une économie en croissance constante.
Au Kenya par exemple, la population a digéré les violences post-électorales de 2007-2008 qui avaient fait plus de 1000 morts, sans pour autant en faire un fonds de commerce éternel. Nairobi s’est muée en hub technologique continental, attirant investisseurs et innovations.
Même le Burkina Faso, malgré l’instabilité sécuritaire, continue de bâtir sans mendier à longueur d’année. Ces dirigeants africains ont compris qu’on ne construit pas un État sur la mendicité internationale et la complainte permanente.
Le clan Touadéra : racketteurs en costume-cravate
En Centrafrique, c’est tout l’inverse. Touadéra et sa bande ont fait de la “sortie de crise” leur gagne-pain. Chaque nouvelle catastrophe devient prétexte à quémander davantage. Chaque échec se transforme en argument pour réclamer plus de milliards. C’est du racket institutionnalisé, exercé au plus haut niveau de l’État.
Les Toyota Land-Cruiser flambant neuves qui sillonnent les artères de Bangui, les voyages tous frais payés en Europe, les comptes bien garnis dans les banques offshore : voilà où finissent les fonds de la “sortie de crise”. Sans oublier les mercenaires russes de Wagner, grassement rémunérés pour maintenir ce système de prédation en place.
Pendant ce temps, dans les quartiers de Bangui, de Berberati ou de Bambari, les familles continuent de s’éclairer à la lampe à pétrole, de puiser l’eau dans des puits souillés et d’espérer que leurs enfants survivront aux maladies qui déciment faute de centres de santé dignes de ce nom.
Les bailleurs de fonds, complices malgré eux
Le plus tragique dans cette comédie, c’est la naïveté – ou la complicité – des partenaires internationaux. À chaque nouvelle demande de financement, les mêmes institutions se laissent attendrir par le discours victimaire de Touadéra. Les rapports de suivi existent, certes, mais ils se contentent souvent de constater l’évaporation des fonds sans vraiment exiger de comptes.
L’Union européenne, la Banque mondiale, la France : tous continuent d’alimenter cette machine à blanchir l’argent public qu’est devenue la “sortie de crise” version Touadéra. Comme si dix ans d’échecs patents ne suffisaient pas à ouvrir les yeux sur cette gigantesque escroquerie.
Un peuple sacrifié sur l’autel du racket d’État
Au bout du compte, c’est le peuple centrafricain qui paie l’addition de cette prédation organisée. Chaque franc détourné, c’est un dispensaire qui ne verra jamais le jour, une école qui restera fermée, une route qui demeurera impraticable. Chaque villa qui pousse dans les beaux quartiers de Bangui, c’est l’espoir de milliers de familles qui s’évanouit.
Dix ans après l’arrivée de Touadéra au pouvoir, la Centrafrique n’est pas sortie de crise : elle s’est installée dans un système où la crise devient rentable pour ceux qui la gèrent. Un racket d’État sophistiqué, habillé des oripeaux de la coopération internationale, mais qui ne profite qu’à une poignée de prédateurs au sommet.
La question n’est plus de savoir quand la Centrafrique sortira de crise, mais plutôt quand elle sortira de ce système mafieux qui transforme chaque drame du peuple en opportunité d’enrichissement pour ses dirigeants….
Drame du lycée Barthelemy Boganda, des vivants déposés à la morgue, faussant le Bilan de la tragédie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/le-pm-moloua-victime-hopital-communautaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/le-pm-moloua-victime-hopital-communautaire-450×238.jpg” alt=”Le premier ministre Félix Moloua avec l’une des mères des victimes du drame au lycée Barthelemy Boganda de Bangui, ici, à l’hôpital communautaire” width=”450″ height=”238″ />Le premier ministre Félix Moloua avec l’une des mères des victimes du drame du lycée Barthelemy Boganda de Bangui, ici, à l’hôpital communautaire
Le drame du 25 juin au lycée Barthelemy Boganda de Bangui continue de poser encore des questions, particulièrement sur la façon dont les informations concernant les victimes ont été gérées. Thomas Djimassé, directeur général de la Protection civile, explique que les premiers chiffres communiqués par l’hôpital communautaire ont créé une situation confuse, révélant des problèmes dans la transmission des données médicales pendant cette crise.
Lors d’un entretien avec la radio Ndékè Luka, Thomas Djimassé a expliqué que le premier rapport, rédigé rapidement après l’incident, annonçait 29 décès. Ce nombre provenait des établissements de santé, notamment de l’hôpital communautaire qui avait déclaré avoir reçu 16 corps. Mais la réalité sur le terrain était différente : parmi ces 16 personnes considérées comme inconscientes, 12 ont pu être réanimées. Le nombre réel de décès à l’hôpital communautaire était donc de 4 à 16h30 ce jour-là. Cette différence entre les chiffres annoncés et la réalité a provoqué une polémique, montrant un manque de précision dans la gestion des informations hospitalières.
Le directeur général de la Protection civile a précisé que son institution ne peut pas déclarer officiellement des décès, elle ne fait que transmettre les informations reçues des établissements médicaux. Pourtant, le chiffre de 29 décès repris dans son premier rapport s’est révélé inexact après vérification. Une réunion organisée le 26 juin avec les services de santé a permis de rectifier cette erreur. Une enquête gouvernementale a ensuite confirmé un total de 20 décès, bien moins que les 29 initialement annoncés. Cette correction a été validée par le directeur de cabinet du ministère de la Santé, qui s’est rendu sur place et a remis en question le chiffre de 17 décès rapporté par l’hôpital communautaire.
Cette confusion dans les chiffres révèle un problème dans la communication entre les institutions impliquées dans la gestion de la crise. L’hôpital communautaire, débordé par l’ampleur de la situation, semble avoir eu des difficultés à coordonner avec les autres acteurs comme la Protection civile et le ministère de la Santé. Thomas Djimassé a noté que les documents officiels fournis par les services médicaux étaient à l’origine de cette confusion, montrant des failles dans les procédures de déclaration des décès en situation d’urgence.
Cette affaire pose des questions importantes sur la capacité des institutions centrafricaines, en particulier de l’hôpital communautaire, à gérer efficacement les situations de crise. La tragédie du lycée Barthelemy Boganda , qui a vu une panique générale et une bousculade coûter la vie à de nombreux élèves, demandait une communication claire et exacte pour éviter d’aggraver la détresse des familles et de la population. Les erreurs dans les chiffres ont non seulement créé des doutes, mais ont aussi affecté la crédibilité des rapports officiels.
Au final, les problèmes de l’hôpital communautaire dans la gestion de la tragédie du 25 juin montrent des dysfonctionnements importants dans la gestion des données médicales en temps de crise. Ces erreurs, bien que corrigées par la suite, montrent qu’il faut améliorer la coordination et la fiabilité des informations entre les institutions, pour éviter que de telles confusions compliquent la gestion des catastrophes à l’avenir.
Alors, c’est une stratégie du gouvernement pour minimiser la situation ou c’est une réalité ?
Mboli-Goumba se demande si le président centrafricain Faustin Archange Touadera sacrifie-t-il le pays pour son pouvoir ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Maitre-Crepin-Mboli-Goumba-bon-bon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Maitre-Crepin-Mboli-Goumba-bon-bon-450×409.jpg” alt=”Mboli-Goumba se demande si le président centrafricain Faustin Archange Touadera sacrifie-t-il le pays pour son pouvoir ?” width=”450″ height=”409″ />Maitre Crépin Mboli-Goumba, leader du BRDC
Le Coordinateur du BRDC, Crépin Mboli-Goumba dénonce un refus de dialogue qui menace la stabilité du pays.
Crépin Mboli-Goumba ne mâche pas ses mots. Le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) a livré une analyse sans concession lors de la conférence de presse du BRDC à Bangui le jeudi 4 juillet 2025. Sa question résonne comme un défi au pouvoir : “Aux dépens de qui le président refuse-t-il de dialoguer avec l’opposition démocratique ?”
L’homme politique centrafricain pointe du doigt une attitude qu’il juge dangereuse pour l’avenir du pays. Selon lui, le président actuel préfère s’accrocher au pouvoir plutôt que de chercher des solutions aux problèmes institutionnels qui minent la République centrafricaine.
Mboli-Goumba tire la sonnette d’alarme sur l’isolement progressif du régime. “Le président risque de se couper du monde civilisé et de ceux qui financent les élections en Centrafrique”, prévient-il. Cette mise en garde fait écho aux positions répétées de la communauté internationale, notamment des États-Unis et des Nations Unies, qui estiment qu’aucune élection crédible ne peut se tenir dans les conditions actuelles.
Le coordinateur du BRDC rappelle que cette exigence de dialogue ne vient pas seulement des partis politiques centrafricains. Elle émane aussi des partenaires internationaux qui suivent de près la situation politique du pays. En ignorant ces appels, le pouvoir en place prend le risque de voir ses futurs scrutins contestés avant même leur organisation.
L’analyse de Crépin Mboli-Goumba va plus loin. Il estime que le refus de dialogue affaiblit dangereusement les institutions de l’État. “Qui profite de cette position ?”, s’interroge-t-il, en pointant les conséquences pour les 5 millions de Centrafricains.
Le coordinateur du BRDC évoque le spectre d’un vide constitutionnel. Si aucune élection crédible ne peut être organisée dans les délais, le pays risque de se retrouver sans gouvernance légitime. Cette situation pourrait déboucher sur une crise institutionnelle majeure, avec des répercussions sur la paix sociale.
Crépin Mboli-Goumba révèle avoir proposé au président plusieurs pistes de réformes économiques, notamment la révision des accords miniers pour financer le développement national. Ces propositions sont restées lettre morte, renforçant sa conviction que le pouvoir privilégie sa survie politique aux besoins du pays.
“Le président traite l’opposition comme moins que rien”, déplore-t-il. Cette attitude, selon lui, déshonore les institutions et nourrit l’instabilité. Plus le temps passe, plus les chances de préserver la paix sociale et l’intégrité institutionnelle s’amenuisent.
Face aux appels répétés au dialogue, les porte-parole du gouvernement maintiennent leur position. Ils estiment que les concertations précédentes rendent inutile toute nouvelle discussion avec l’opposition. Cette réponse ne satisfait pas Mboli-Goumba, qui y voit une tentative de fuir ses responsabilités.
Le coordinateur du BRDC insiste sur le fait que la situation actuelle diffère des précédentes tentatives de dialogue. Les enjeux institutionnels et sécuritaires ont évolué, nécessitant une approche renouvelée pour éviter le chaos….
“Le ministre Héritier Doneng traîne des casseroles et veut salir l’honneur des autres”, affirme Célestin Yanindji
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/celestin-yanindji-du-football-centrafricain.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’ancien ministre Célestin Yanindji, Président de la fédération du football centrafricain
Célestin Yanindji, président de la Fédération Centrafricaine de Football, dénonce les agissements du ministre des Sports qui paralyse le développement du football national.
Un règlement de comptes à la télévision
Célestin Yanindji ne mâche pas ses mots. Face aux caméras de la télévision panafricaine, le président de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF) livre sa version des faits dans le différend qui l’oppose au ministre des Sports, Héritier Doneng.
“Ce ministre traîne des casseroles et cherche à salir l’honneur des autres”, déclare-t-il sans détour.
Le conflit atteint son paroxysme avec la décision du ministre de suspendre Célestin Yanindji et le secrétaire général de la FCF. Une mesure que le président de la fédération qualifie d’illégale et d’abusive.
“Il n’a pas le pouvoir de sanctionner un président de fédération ou ses membres”, martèle Célestin Yanindji, qui rappelle que la FCF fonctionne selon les statuts de la FIFA et la Constitution centrafricaine de 2023.
Des reproches contestés
Héritier Doneng reproche à la fédération son manque de respect envers l’équipe nationale et l’organisation d’un tournoi amical au Maroc en juin 2025 sans autorisation préalable. Célestin Yanindji balaye ces accusations d’un revers de main. La FCF avait bel et bien déposé les demandes d’ordre de mission pour les équipes U17, U20 et A, mais le ministère les a tout simplement ignorées.
“Il raconte des histoires qui ne tiennent pas la route”, lâche le dirigeant, visiblement exaspéré par ce qu’il considère comme des accusations mensongères. Pour lui, Doneng cherche à nuire à ceux qui œuvrent pour le développement du football en Centrafrique.
Un ministre, saboteur du football centrafricain
Célestin Yanindji dresse un tableau accablant de l’action du ministre. En avril dernier, Doneng a proposé de suspendre l’équipe nationale A pour trois ans, une proposition heureusement rejetée par le Conseil des ministres. En juin, il a nommé un entraîneur sans consulter la fédération, une décision que la FCF a refusée d’entériner.
“Il se prend pour le patron du football”, ironise Célestin Yanindji, qui dénonce une ingérence constante dans les affaires de la fédération. Pire, le ministre bloque systématiquement les démarches administratives. Depuis janvier, les dossiers pour obtenir des ordres de mission ou des devises via la Banque centrale restent sans suite.
Cette paralysie administrative porte préjudice à l’image de la Centrafrique et entrave le développement du sport national, selon le président de la FCF.
Un bilan qui parle
Pendant que Doneng multiplie les entraves, la FCF affiche un palmarès enviable. Depuis 2019, sous la présidence de Yanindji, la Centrafrique a décroché trois qualifications historiques à la CAN U-20, une première participation à la CAN U-17 et une qualification au CHAN.
La fédération porte également des projets d’envergure : un centre technique pour le football féminin unique en Afrique, financé par la FIFA, un centre pour les hommes qui ouvrira ses portes avec l’arrivée d’un coach FIFA en juillet 2025, et un programme d’installation de 10 mini-terrains dans les écoles du pays.
Ces réalisations contrastent avec l’inaction reprochée au ministre. Célestin Yanindji pointe notamment l’état du stade national, inutilisable depuis 2021 malgré des travaux quasi achevés. Une enquête parlementaire examine ce dossier où le nom de Doneng apparaît avec insistance.
Malgré la virulence de ses propos, Yanindji tend la main. Il souhaite apaiser les tensions à condition que “chacun fasse son travail dans le respect des règles”. Le dirigeant demande au ministre d’agir dans le cadre strict de ses attributions et d’emprunter les voies officielles pour dialoguer avec la fédération.
“Nous sommes dans un pays de droit, pas dans un endroit où l’on fait ce qu’on veut”, insiste-t-il. La FCF, elle, ne compte pas se laisser intimider : “Ses décisions ne nous arrêtent pas”, affirme Yanindji, déterminé à poursuivre sa mission avec le soutien de la FIFA.
Ce bras de fer entre Yanindji et Doneng montre les dysfonctionnements qui minent le sport centrafricain. D’un côté, une fédération qui multiplie les succès et porte des projets ambitieux. De l’autre, un ministre accusé de tout bloquer par ses agissements.
En accusant Doneng de “traîner des casseroles”, Yanindji dessine le portrait d’un ministre qui entrave l’essor du football national. Cette guerre des ego risque de faire payer un lourd tribut au sport centrafricain et à ses jeunes talents qui aspirent à briller sur la scène continentale….
Action Solidaire et Africa Sisters s’unissent pour soutenir les orphelins de Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Madame-Nadine-Kossi-presidente-de-lAssociation-Action-Solidaire-au-milieu-a-droite-madame-Gabriella-Adeyemo-vice-presidente-de-lAssociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Madame-Nadine-Kossi-presidente-de-lAssociation-Action-Solidaire-au-milieu-a-droite-madame-Gabriella-Adeyemo-vice-presidente-de-lAssociation-Action-Solidaire – Au-delà des femmes : L’hygiène menstruelle comme un droit humain universele
Action Solidaire et Africa Sisters offrent un don alimentaire pour soutenir certains orphelins de Bangui.
L’Association Action Solidaire, dirigée par Mme Nadine Kossi, a présenté le 4 juillet dernier lors d’une conférence de presse un don alimentaire destiné aux orphelins de l’orphelinat « Amour et Espoir de Vie ». Cette démarche se fait en collaboration avec Africa Sisters, une association française qui rassemble des femmes de la diaspora centrafricaine.
L’objectif est d’apporter une aide concrète aux enfants vulnérables de l’orphelinat « Amour et Espoir de Vie ». Les membres d’Africa Sisters ont réuni des ressources pour fournir cette assistance alimentaire, après avoir été touchées par la situation difficile de ces orphelins. « Aider les personnes fragiles en difficulté et les marginalisés représente le cœur de notre association », a expliqué Mme Kossi, rappelant l’importance de redonner espoir et sourire à ces enfants.
Cette initiative s’inscrit dans la mission principale d’Action Solidaire, qui travaille depuis plusieurs années pour accompagner les populations vulnérables en République Centrafricaine. Le don alimentaire, distribué dans le huitième arrondissement de Bangui, montre la collaboration entre les deux organisations pour répondre aux besoins des orphelins et renforcer la solidarité envers les plus démunis….
Wagner s’efface d’Afrique… fier des atrocités commises sur ses peuples
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-mercenaires-russes-wagner-mali.png” data-wpel-link=”internal”>Les Mercenaires russes du groupe Wagner . CopyrightDR
Si la présence russe sur le continent ne cesse de s’accroître, la société paramilitaire russe Wagner a récemment plié bagages. Sur Telegram, ces « oncles blancs » se vantent des horreurs commises sur place.
« La mission est accomplie ». Le groupe paramilitaire russe Wagner a officiellement annoncé son départ du Mali ce 6 juin, marquant la fin de plus de trois années d’opérations sur place. Il revendique avoir permis au pouvoir en place de reprendre le contrôle de tous les centres régionaux du pays et d’avoir « éliminé des milliers de combattants et leurs chefs qui terrorisaient les civils depuis des années ». Pour autant, cela ne signifie pas la fin de la présence russe dans le pays. Les contingents du groupe sont en réalité réintégrés au sein de l’Africa Corps, une organisation plus étroitement contrôlée par le ministère de la Défense russe. Les autorités maliennes n’ont d’ailleurs jamais officiellement reconnu la présence de la société, préférant parler d’instructeurs russes.
Depuis son arrivée dans la région, Wagner suscite l’indignation de la scène internationale dont de nombreuses ONG humanitaires, par la brutalité de ses méthodes dans sa lutte contre le terrorisme. Si les débats sur le sujet sont nombreux, en cette fin du mois de juin, les dernières nouvelles viennent trancher la question. Les investigations menées par le média Jeune Afrique et le collectif Bellingcat révèlent l’existence de chaînes Telegram privées, utilisées par membres et fanatiques du groupe, pour documenter et exhiber ses crimes. Administrée par un ancien combattant du groupe paramilitaire, « Oncles blancs en Afrique » compte 92 500 abonnés. Toujours plus loin dans l’horreur, une version « Oncles blancs en Afrique 18+ » existe également. Ouvertement racistes, elles promeuvent des produits H8 Core, marque tournée vers un public à l’idéologie néonazie. Pire encore, vidéos et images de crimes de guerre, dont tortures, exécutions cruelles, actes de cannibalisme, mutilations et profanations de cadavres perpétrés sur des civils, y sont quotidiennement publiées… revendiquées par leurs propres auteurs. Face au scandale, ces chaînes ont été fermé.
Une barbarie soigneusement documentée
Contrairement aux affirmations de Wagner concernant sa lutte contre le terrorisme, les données collectées par l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) révèlent, eux aussi, une réalité tout à fait sordide. De tous les faits de violence politique commis par Wagner, les actions où des civils sont pris pour cible représentent 52 % en République Centrafricaine et 71 % au Mali. L’ACLED recense ainsi près de 500 décès de civils attribuables à des opérations notamment menées par les forces du groupe Wagner.
Ces dernières informations rejoignent celles de l’enquête journalistique « Tortures et disparitions forcées : plongée dans les prisons secrètes de Wagner », menée par plusieurs médias dont Le Monde et Forbidden Stories, sortie mi-juin. On y retrouve des témoignages : « Les hommes de Wagner mènent leurs opérations de manière autonome et arrêtent eux-mêmes les gens sur le terrain. Les FAMa n’ont pas leur mot à dire […] » alerte un officier malien, sous couvert d’anonymat.
Le massacre de Moura, survenu du 27 au 31 mars 2022 dans la région de Mopti au Mali, illustre parfaitement cette stratégie de terreur. Selon Human Rights Watch, environ 300 habitants de cette localité et ses environs ont été exécutés pendant cinq jours. La plupart des victimes appartenaient à la minorité peule. Toute cette violence, initialement destinée à lutter contre le terrorisme dans la zone, n’a à ce jour pas réussi à endiguer la menace. Wagner a d’ailleurs subi des pertes massives près de la frontière algérienne en juillet 2024. Le Front de libération de l’Azawad, lui, continue de s’attaquer aux convois militaires escortés par des éléments russes.
Avec Africa Corps, la reprise des violences ?
Créée en 2024 sous l’autorité directe du Kremlin, la structure incarne désormais sa nouvelle présence militaire sur place. Supervisée par le général Younous-Bek Evkurov, vice-ministre de la Défense, ce corps compte entre 40 000 et 45 000 combattants, dont 70 à 80 % sont d’anciens mercenaires de Wagner. Elle est aujourd’hui déployée dans cinq pays : Libye, Burkina Faso, Mali, République Centrafricaine et Niger. Sa base principale se trouve en Libye, qui sert de quartier général en raison de sa position géographique stratégique sur la côte méditerranéenne.
Cette évolution ne présage rien de bon pour les populations civiles africaines. Si Wagner est déjà responsable de graves violations des droits humains, l’Africa Corps, en tant qu’extension directe de l’État russe, pourrait d’autant plus engager la responsabilité de Moscou dans de futurs crimes de guerre. La Russie continue ainsi d’utiliser des forces paramilitaires pour maintenir et étendre son influence en Afrique, perpétuant un cycle de violence et d’instabilité au détriment des populations.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Moto-des-commercants-de-Boromata-incendiees-par-des-coupeurs-de-route.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les Motos des commerçants de Boromata incendiées par des coupeurs de route. CopyrightCNC
Trois jeunes de la milice l’autodéfense tués à Birao dans un échange de tirs avec des éleveurs arabes soudanais.
Ce dimanche 6 juillet 2025, peu avant 9 heures, un grave incident a bouleversé la ville de Birao, capitale provinciale de la Vakaga, à l’extrême nord-Est de la République centrafricaine.
En effet, sur la route menant à l’aéroport, l’honorable Ahamat Tanga, député suppléant de Birao, a été pris pour cible, alors qu’il se rendait à son champ sur sa moto personnelle. Un individu en boubou a surgi sur la route, à 12 kilomètres de la ville , et a tiré sur le député. Ce dernier a freiné brutalement, abandonné sa moto et s’est enfui à pied pour échapper à l’agression. Les agresseurs, dont l’identité demeure inconnue, ont pris la moto et ont disparu sans laisser de traces.
Alertés par l’incident, les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) et les jeunes miliciens de l’autodéfense de Birao se sont aussitôt mobilisés. Ils ont pris leurs motos et se sont lancés à la poursuite des agresseurs en direction de l’aéroport. Apparemment, les soldats FACA et leurs supplétifs n’ont pas pu retrouver les assaillants. Ils se sont convergés vers Toumou, une localité située à 1 kilomètre de Birao sur l’axe Boromata. Là, à leur surprise, ils ont retrouvé les arabes éleveurs à Farigue. Sur place, une violente altercation s’est déclenchée avec les arabes éleveurs dans leur campement appelé Farigue, occasionnant la mort de 3 miliciens autodéfense.
Les circonstances exactes demeurent floues : les éléments de forces centrafricaines cherchaient-elles les agresseurs parmi les éleveurs, ou ces derniers ont-ils tiré en premier ? Aucune information n’a été confirmée concernant d’éventuelles pertes du côté des éleveurs arabes.
Les agresseurs, eux, ont disparu avec la moto volée, et leur localisation reste inconnue. Les éleveurs arabes impliqués dans l’échange de tirs seraient des Soudanais installés dans la ville pour leurs activités pastorales, vivant dans des campements temporaires.
une vague d’accidents dramatiques frappe le pays en une semaine, près de 50 morts
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/accident-sur-la-montagne-de-garka.jpg” data-wpel-link=”internal”>Accident survenu sur la montaagne de Garka, entre Gallo et Baboua, dans la Nana-Mambéré . Photo CNC
En une semaine, la République centrafricaine a vécu une série d’accidents mortels qui ont touché le pays de plein fouet. Routes chaotiques, pannes électriques et collisions ont fait des dizaines de morts au passage.
Du 25 juin au 2 juillet 2025, la République centrafricaine (RCA) a traversé une crise sécuritaire tragiques, semant la consternation dans le pays. Routes en mauvais état, pannes électriques et collisions ont transformé plusieurs axes en scènes de désolation, avec un bilan humain et matériel grave. Retour sur cette semaine noire qui a frappé durement le pays de Boganda.
Drame du lycée Boganda de Bangui, une ambulance remplie des victimes se cherche un passage au sein d’une foule
En effet, le 25 juin, le drame commence au lycée Barthélémy Boganda à Bangui. Un transformateur électrique explose pendant que les élèves passent leur baccalauréat. La panique s’empare des lycéens qui se précipitent vers les sorties. Au final, plusieurs dizaines des jeunes ont perdu la vie et 260 autres sont blessés, selon les chiffres officiels. Le président Faustin-Archange Touadéra, depuis Bruxelles en raison de sa maladie de cancer de colon, annonce trois jours de deuil national.
Incendie d’un camion devant la gendarmerie et la barrière de Pk12 à Begoua, à la sortie nord de la capitale Bangui
Le lendemain, 26 juin, à la sortie nord de Bangui, au PK12, un camionrempli des fus de carburant s’embrase, entraînant l’incendie de kiosques à proximité. Quelques minutes plus tôt, au PK11 (quartier Golf), un câble électrique rompu déclenche un feu spectaculaire, attirant les regards des passants dans la nuit. Le 27 juin, un autre incident électrique survient à Galabadja, dans le huitième arrondissement de Bangui, où un court-circuit sur un câble attire une foule curieuse, amplifiant le chaos.
La victime d’un accident sur l’avenue des martyrs à terre en train de crier de l’amener à l’hôpital. Screenshot
Le 30 juin, Bangui est de nouveau touchée. Sur l’avenue des Martyrs, une collision entre un véhicule et un taxi-moto cause des blessés. Quelques heures plus tard, un accident de car de l’agence Avenir à Tetoua, près de Bossemptélé sur l’axe de Baoro, fait plusieurs morts, marquant un autre drame sur des routes en piteux état. Le lendemain, premier juillet, entre Gallo et Baboua, sur la montagne de Garka, deux camions se percutent frontalement, causant d’importants dégâts matériels.
Toujours le premier juillet, sur la route Mbaïki-Boda, un camion a un accident sur le pont de Wakombo. Un apprenti est blessé et le pont en bois subit des dommages. Les forces de sécurité, la police et le bataillon tunisien de la Minusca arrivent rapidement pour sécuriser la zone. Le chef du village, Olivier Ouaguida, salue leur intervention.
Accident sur la route entre Mbaïki et Boda, dans la préfecture de la Lobaye. Photo Minusca
Simultanément, entre Zawa et Yaloké, un véhicule transportant des bières se renverse à cause de l’état chaotique de la route. Peu après, entre Yaloké et Yérémo, un camion chargé de seaux de peinture subit le même sort, répandant son contenu sur la chaussée. Ces accidents, survenus en moins d’une semaine, soulignent l’état déplorable des infrastructures routières et électriques en RCA.
Cette série noire, qui a causé des dizaines de morts et des centaines de blessés, alimente les spéculations. Certains évoquent des causes mystiques, liées à la proximité des élections de fin d’année ou à des pratiques traditionnelles comme le renouvellement de « gris-gris ». Cependant, les facteurs principaux restent l’état désastreux des routes, le manque d’entretien des infrastructures électriques et les comportements à risque. Selon l’OMS, la Centrafrique affiche l’un des pires taux de mortalité routière au monde, amplifié par des infrastructures inadéquates et l’absence de services d’urgence efficaces….
« Je suis parent du président ». Rien ne peut m’arriver ici : voilà le dérapage du commandant de brigade de Birao qui a gravement torturé une mère de famille….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/birao.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/birao-253×450.jpg” alt=”« Je suis parent du président ». Rien ne peut m’arriver ici : voilà le dérapage du commandant de brigade de Birao qui a gravement torturé une mère de famille….” width=”253″ height=”450″ />Fatou Sende, mère de la famille agressée dans un état critique filmé discrètement par notre journaliste à Birao
À Birao, le commandant de brigade de gendarmerie locale, se vantant de son liens ethnique avec le Président Touadera, abuse de son pouvoir avec une arrogance inacceptable en torturant gravement une mère de famille.
La semaine dernière, un incident indigne et choquant a eu lieu dans un quartier de Birao, dévoilant publiquement aux yeux du monde l’attitude inadmissible du commandant de brigade (CB) de la gendarmerie territoriale, Selekouma Gervil, un sous-officier.
En effet, l’affaire a commencé quand un jeune garçon, prénommé Kadr, armé d’un gros bâton, est passé devant la concession privée d’une famille. Il a fait exprès d’agiter son bâton pour attirer le chien, un animal connu pour défendre la cour contre les intrus. Le chien, excité par le bruit, s’est approché du jeune homme, qui l’a alors frappé violemment à la tête. Le chien a commencé à pleurer, ce qui a poussé la famille à sortir précipitamment.
Le fils de la famille, un élève qui se prépare à passer son baccalauréat, est sorti et a demandé des explications au jeune agresseur du chien. La scène s’est déroulée devant une petite voie piétonne longeant la concession. L’altercation a rapidement dégénéré en bagarre entre les deux jeunes. Alerté, le commandant de brigade Selekouma Gervil est arrivé avec ses éléments, a ordonné l’arrestation des deux jeunes, et les a immédiatement embarqués au poste. Sur place à la brigade, le jeune agresseur du chien, blessé à la bouche après un coup de poing, a été envoyé pour des soins médicaux par le commandant de brigade, tandis que le fils de la famille a été placé directement en cellule.
Fatou Sende, la mère du jeune, qui s’était rendue rapidement à la gendarmerie pour plaider la cause de son fils, commence à expliquer au commandant que c’est l’intrus qui avait commencé à provoquer son chien et déclenché la bagarre. Elle a suggéré au commandant de brigade de payer l’amende habituelle de 10 010 francs CFA, permettant une libération rapide de son fils, surtout pour un élève devant passer un examen aussi important que le baccalauréat. Mais le commandant de brigade Selekouma Gervil a balayé ses arguments d’un revers de main, déclarant froidement que l’avenir scolaire de son fils « n’était pas son problème » et que le jeune resterait en cellule le temps qu’il faut.
Fatou, désespérée pour son fils, a déclaré au commandant qu’elle allait tenter de plaider auprès du préfet de la Vakaga. Après ces mots, elle est rentrée chez elle, sans encore se présenter chez le préfet. Peu après, le commandant, furieux, a envoyé ses éléments à son domicile. Ils l’ont ramenée de force à la brigade. Sur place, Gervil s’en est pris verbalement à elle : « Tu penses qu’ici quelqu’un peut me commander ? Qu’est-ce que ce vieux, le préfet, peut me faire ? ». Il a répété qu’il était « parent du président Touadera » et que personne ne pouvait l’atteindre. Il a même ajouté à la dame qu’elle pouvait aller parler au directeur général de la gendarmerie, à son ministre à Bangui, mais qu’ici, personne ne lui faisait peur.
Comme si c’est de la blague, Gervil a ensuite ordonné comme du jeu à ses éléments d’attacher Fatou et de la frapper sévèrement. Elle a été battue à plusieurs reprises, blessée à la gorge, à la tête et sur tout le corps, uniquement parce qu’elle avait osé mentionner l’idée d’aller plaider auprès du préfet. Après l’agression, son état de santé s’est rapidement détérioré. La Minusca a dû intervenir en urgence pour l’évacuer par avion à Bangui, où elle est actuellement soignée. Elle a également déposé plainte contre le commandant qui est actuellement rappelé aussi à Bangui en ce moment.
Ce comportement d’un sous-officier, censé faire respecter la loi en tant qu’officier de police judiciaire, est tout simplement intolérable. Selekouma Gervil, commandant de brigade, incarne un problème grave des éléments de forces de l’ordre dans des villes de province comme Birao, où certains sous-officiers, loin d’être des officiers de haut rang, se comportent comme des intouchables. En invoquant des connexions présidentielles pour justifier ses abus, il bafoue la confiance des citoyens et compromet l’avenir d’un élève dont le seul tort était de protéger sa famille. Cette attitude, que l’on pourrait qualifier de voyoucratie, est une insulte à l’ordre public et à la dignité des habitants de Birao….
Opération spectaculaire de fouille massive à la prison du Camp de Roux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Etat-major-des-FACA-au-camp-de-Roux-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>État-major des FACA au camp de Roux
Ce vendredi 04 juillet 2025, la prison du Camp de Roux à Bangui a vécu une journée particulière. Entre 10 heures et 15 heures, un groupe important de policiers en tenue noire s’est présenté à l’établissement, accompagné de deux Mercenaires russes de petite taille aux visages dissimulés.
L’opération a commencé par la cellule occupée par l’ancien ministre Armel Sayo et Nourd Gregaza, qui semblaient être les objectifs principaux de cette intervention policière. Rapidement, la fouille s’est étendue à tous les quartiers de la prison.
Les détenus ont été dirigés vers l’extérieur de leur cellule pendant que les agents, avec les deux mercenaires russes, procédaient à une inspection minutieuse du bâtiment. Chaque recoin a été examiné : les matelas fouillés, les seaux retournés, les murs et plafonds scrutés. L’équipe utilisait un petit appareil noir, un détecteur de signaux radiofréquences, pour repérer les téléphones cachés. Cet outil, qui ressemble à un petit talkie-walkie, détecte les ondes émises par les téléphones portables quand ils sont allumés, qu’il s’agisse de réseaux GSM, 3G, 4G, Wi-Fi ou Bluetooth.
Dès qu’un signal était détecté, les agents intervenaient pour récupérer l’appareil. Les deux mercenaires russes du groupe Wagner documentaient leurs recherches en filmant avec leurs téléphones. Les cachettes étaient variées : téléphones dissimulés dans des seaux d’eau, glissés à l’intérieur de matelas ou placés dans des cavités creusées dans les murs.
Les deux hommes russes prenaient part activement à l’opération. L’un tenait le détecteur pendant que l’autre accompagnait les policiers dans chaque couloir. Pendant ce temps, les détenus patientaient à l’extérieur ou dans les couloirs, sous la surveillance des agents, avant de pouvoir retrouver leurs cellules.
À l’issue de cette fouille, Armel Sayo et Nourd Gregaza ont appris qu’ils seraient extraits dans les prochains jours vers la section de recherches et d’investigation pour le premier, et l’OCRB pour le second pour être auditionnés. L’équipe a quitté la prison vers 15 heures et demi, emportant les téléphones et autres objets récupérés pendant l’opération.
Cette intervention témoigne de la volonté des autorités de Bangui de contrôler plus strictement les communications dans les établissements pénitentiaires, où l’usage de téléphones portables reste un problème récurrent pour l’administration, mais pas pour Corbeau News Centrafrique….
Le système judiciaire centrafricain vient de connaître un changement majeur historique. Benoit Narcisse Foukpio, procureur de la République, un terroriste magistrat au tribunal de grande instance de Bangui, a quitté ses fonctions il y a environ deux semaines. Son remplaçant, Yvon, prend désormais les rênes d’un poste qui avait fait couler beaucoup d’encre.
Benoit Narcisse Foukpio, l’ex-procureur téméraire de la République au tribunal de grande instance de Bangui, a été viré de son poste il y a deux semaines, une nouvelle qui a déclenché une explosion de joie dans les différentes prisons de la capitale. Les détenus ont dansé, fêtant la chute de ce monstre judiciaire, un criminel de haut vol qui a dépassé tous les procureurs de l’histoire de la RCA par l’ampleur de ses crimes.
Ce natif du Haut-Mbomou, de l’ethnie Zandé, portait un nom maudit, « celui qui donne la mort », et l’a incarné à travers une litanie d’actes odieux. Foukpio a transformé la justice en un empire de corruption, emprisonnant illégalement des milliers d’innocents pour remplir ses poches. Il a instrumenté l’arrestation du député Dominique Yandocka en 2023, en collusion avec les mercenaires russes de Wagner, sous des accusations fabriquées de menace à la sécurité de l’État. Il a aussi jeté illégalement en prison Martin Joseph Figueira, consultant belgo-portugais, sur des charges bidon d’espionnage et de terrorisme. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg : Foukpio est impliqué dans des milliers d’affaires où il rackette les victimes. Pas d’argent, pas de liberté. Des familles entières ont été détruites, des vies brisées, car pour lui, tout était à vendre. Des cas comme celui de deux Franco-Algériens braqués et arrêtés illégalement dans le septième arrondissement de Bangui, en 2024, montrent l’étendue de son emprise mafieuse. Ces hommes, victimes d’un vol à main armée organisé par des complices de Foukpio, ont été emprisonnés sans motif valable, juste pour extorquer des rançons. Il y a des millions des cas, des milliers de cas similaires, impossibles à tous lister, mais chacun prouve que Foukpio était le chef d’une machine à broyer les innocents.
Benoit Narcisse Foukpio n’agissait pas seul. Le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, est un mafieux tout aussi dangereux. Natif de la Vakaga et proche de l’ex-président Michel Djotodia, Abazène finance des groupes rebelles, comme en 2019 à Birao, où ses milices pro-gouvernementales ont massacré des civils rounga, tuant des dizaines de personnes et déplaçant des milliers d’autres. En 2023, un colonel rebelle capturé à Sikikédé l’a désigné comme le financier de son mouvement, avec des munitions trouvées dans un véhicule lié à son frère à Bambari.
Le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi, doyen des magistrats, est un autre pilier de cette mafia judiciaire. Ce « vampire » assoiffé d’argent rackettait les détenus avec Foukpio, faisant de la justice un commerce. Si tu ne payes pas, tu croupis en prison. Ensemble, ils ont transformé le système judiciaire en un chaos total, où tout se monnaye. Un exemple frappant est l’affaire de l’ASECNA, où Marie-Solange Pagonendji-Ndakala, ancienne ministre, a été arrêtée en 2025 dans un litige foncier à la cité ASECNA. L’ASECNA a rasé des bâtiments avec des bulldozers, malgré une affaire en cours devant la justice, révélant l’impunité des puissants protégés par des figures comme Benoit Narcisse Foukpio et Nanabibi. Ces cas ne sont que des exemples parmi des milliers, montrant un système où la justice est une marchandise.
Le remplacement de Foukpio par Guy Martial Damanguere, célébré par Gouandjika Gilles Lionel sur Facebook comme un « doyen » au « parcours exemplaire », est une lueur d’espoir. Dans un post de 2025, Gouandjika a salué Damanguere, malgré des accusations racistes le visant pour son appartenance à l’ethnie Mgbaka-Mandja. Cette nomination, sous l’égide du président Touadéra, provoque un optimisme prudent. Mais tant qu’Abazène et Nanabibi restent en poste, la justice centrafricaine reste pourrie. La population exige leur départ et des enquêtes sérieuses. La chute de Foukpio est une victoire, mais la vraie fête nationale viendra quand toute cette mafia judiciaire sera en prison….
Bangui : les premiers détenus transférés vers le nouveau quartier spécial de la Cour pénale spéciale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-CPS-avec-Maitre-DANGAVO.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lors du procès dans l’affaire dite de Ndélé 1 devant la CPS avec Maitre DANGAVO
La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a commencé cette semaine le transfert d’une vingtaine de détenus vers le bâtiment annexe de la Cour pénale spéciale (CPS), situé à côté de la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui.
Ces détenus, en majorité poursuivis ou condamnés pour des crimes graves, étaient jusque-là répartis dans plusieurs prisons, dont celle du camp de Roux, connue pour ses conditions de détention difficiles. Leur arrivée dans le nouveau quartier constitue la première étape du remplissage progressif de cette infrastructure conçue pour accueillir les détenus relevant de la CPS.
Construit grâce au financement de la Minusca et à l’appui technique du PNUD, le complexe a été inauguré début janvier 2025. Il comprend des cellules individuelles et collectives, des blocs sanitaires, une infirmerie et des espaces administratifs. Sa capacité dépasse 120 places, offrant une alternative à la prison de Ngaragba et du camp de Roux, largement saturée depuis plusieurs années.
La mise en service effective du bâtiment répond à une nécessité de séparer les prisonniers relevant de la CPS des détenus de droit commun, tout en garantissant des conditions de détention conformes aux normes exigées pour ce type de juridiction. Selon des informations confirmées par la rédaction du Corbeau News Centrafrique, les autorités pénitentiaires prévoient d’achever le transfert d’autres détenus dans les prochaines semaines.
L’ouverture de cette annexe intervient dans un contexte où la Cour pénale spéciale peine à juger les nombreux dossiers liés aux violations graves des droits humains commises depuis 2003. Avec ce transfert, la CPS dispose désormais d’un espace sécurisé pour garder les prévenus et les condamnés, renforçant ainsi sa capacité à fonctionner de manière plus autonome.
La Minusca a précisé que ce dispositif sera progressivement complété afin de mieux contrôler la population carcérale et réduire la surpopulation chronique des prisons centrafricaines….
Ouanda-Djallé : Fermeture totale du marché en protestation contre les FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ouanda-djalle-reunion-avec-le-sultan.jpg” data-wpel-link=”internal”>Ouanda-Djallé, lors de la réunion du Sultan avec les forces de défense et la population de la ville
Ouanda-Djallé, sous-préfecture de la Vakaga, l’extrême nord-Est de la RCA, connaît une paralysie commerciale totale ce vendredi 4 juillet 2025. Les commerçants de Ouanda-Djallé ont fermé le marché pour protester contre les exactions répétées des soldats des Forces armées centrafricaines et de leur capitaine.
Ce vendredi, aucun produit n’a été vendu au marché de Ouanda-Djallé. Les commerçants et commerçantes ont fermé boutiques et étals en signe de protestation contre les agissements violents des soldats FACA et de leur capitaine. Cette fermeture totale traduit l’exaspération générale face aux abus répétés de ces militaires.
Les soldats FACA, censés assurer la sécurité de la population, agissent en réalité comme des rebelles de la LRA. Ils exigent des biens aux commerçants et, en cas de refus, ils passent en force. Un commerçant témoigne : “Ils prennent ce qu’ils veulent par la force, comme des rebelles.”
Lors de la réunion du Sultan de Ouanda-Djallé avec les forces de l’ordre et les casques bleus de la Minusca
Cette situation révèle un paradoxe. Ces forces armées sont financées par les impôts des citoyens centrafricains, mais se comportent en ennemis de ceux qu’elles devraient protéger. La population de Ouanda-Djallé voit dans ces militaires non plus des défenseurs, mais des oppresseurs qui sèment la peur et l’insécurité.
Devant cette crise, Sa Majesté le Sultan de Ouanda-Djallé, Massanguia Ngrebaye Abdallah, a convoqué une réunion d’urgence réunissant les responsables des FACA, des casques bleus de la MINUSCA et les commerçants. Le Sultan a fermement rappelé aux soldats leur véritable mission : “Vous êtes là pour protéger la population, pas pour la brutaliser”.
Les négociations ont permis d’obtenir un engagement des commerçants à rouvrir le marché dès le lendemain. Toutefois, la population reste sceptique quant à la capacité des FACA à respecter ces engagements. Leur comportement récent, empreint d’arrogance et d’abus de pouvoir, a profondément entamé la confiance des habitants.
“Ils agissent comme s’ils étaient au-dessus de la loi”, déplore un résident de Ouanda-Djallé. Cette grève silencieuse mais déterminée exprime la colère de toute une communauté qui exige que les FACA cessent immédiatement leurs exactions.
Cette mobilisation des commerçants envoie un signal fort aux autorités militaires. Au-delà des questions commerciales, c’est la paix sociale qui est en jeu dans cette région de la Vakaga. Les habitants attendent des actes concrets pour restaurer la confiance et garantir leur sécurité….
La région 6 de Centrafrique voit naître une organisation citoyenne d’envergure avec la création du Cercle de Réflexion et d’Organisation des Régions de Centrafrique (CERORCA). Cette structure associative, portée par des cadres, des ressortissants et des membres de la diaspora, ambitionne de transformer l’approche du développement local par une démarche participative et structurée.
L’émergence du CERORCA s’inscrit dans un contexte particulier marqué par les événements du 10 mai dernier et traduit une volonté des citoyens de prendre en main leur destin face aux insuffisances institutionnelles. Cette organisation se présente comme une plateforme de gouvernance alternative, conçue pour être répliquée dans l’ensemble des régions du territoire national.
Une architecture organisationnelle à double niveau
Le fonctionnement du CERORCA repose sur deux échelons complémentaires : une coordination nationale regroupant les représentants des sept régions du pays, et des coordinations régionales structurées autour de commissions spécialisées. Ces dernières ont pour mission d’analyser les problématiques locales, de formuler des propositions d’intervention et de rechercher les financements nécessaires à leur mise en œuvre.
L’organisation compte dix-huit commissions réparties selon deux catégories. Les premières traitent des secteurs prioritaires : santé, éducation, agriculture, infrastructures et exploitation minière. Les secondes assurent des fonctions support : mobilisation des ressources financières, relations avec les institutions publiques et transformation numérique.
Des projets sectoriels ambitieux
Dans le domaine sanitaire, le CERORCA envisage le déploiement d’un système de télémédecine et la mise en place de mécanismes de contrôle de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique. Le volet éducatif prévoit l’établissement de lycées à orientation technique, l’institution de programmes de bourses régionales et la mobilisation de l’expertise éducative de la diaspora.
L’organisation accorde une attention particulière à l’inclusion sociale à travers des projets destinés aux jeunes, aux femmes et aux groupes vulnérables. Ces initiatives comprennent la création de centres à vocation socio-éducative et le développement d’activités économiques génératrices de revenus.
Un programme infrastructurel d’envergure
Le volet infrastructurel du CERORCA comprend la remise en état du réseau fluvial de l’Oubangui, l’aménagement d’aérodromes régionaux et l’extension de la liaison ferroviaire Douala-Bangui vers Birao. L’organisation projette également la création d’une compagnie aérienne régionale et l’acquisition d’équipements de transport pour stimuler le tourisme domestique.
Le soutien aux grands projets de développement passe par l’établissement d’un fonds d’investissement régional et l’élaboration d’un document d’orientation des investissements. La dimension numérique occupe une position centrale avec des initiatives d’incubation technologique, d’enseignement en ligne et de santé digitale.
Un soutien politique affirmé
Le CERORCA bénéficie de l’appui déclaré de personnalités de premier plan, notamment le Premier ministre Félix Moloua, la Première dame Tina Touadéra et d’anciens responsables gouvernementaux. Pour garantir la probité de sa gestion, l’organisation prévoit la désignation d’un commissaire aux comptes.
La structuration de l’association suivra plusieurs phases : organisation d’un séminaire de validation, production d’une monographie sur la région 6, création d’un portail internet officiel et accomplissement des formalités juridiques de constitution.
Une vision stratégique de planification territoriale
L’ambition affichée du CERORCA consiste à établir un instrument de planification territoriale capable de mobiliser les compétences locales et externes pour répondre aux besoins concrets des populations. Cette approche témoigne d’une évolution dans la conception du développement local en Centrafrique, privilégiant la participation citoyenne et la coordination multi-acteurs.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique de responsabilisation des communautés locales face aux enjeux de développement, marquant potentiellement un tournant dans l’approche traditionnelle de la gouvernance territoriale en République centrafricaine….
Radio Bangui ! Oui, la Radio Bangui : après 10 ans, fait son retour à Bossangoa de manière honteuse
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/Dans-le-studio-de-la-radio-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un technicien travaille dans le studio de la Radio Centrafrique, un lieu emblématique de la communication nationale. Photo Cristian Aimé Ndota
La radio Centrafrique, connue sous le sobriquet de la radio Bangui, a recommencé à émettre à Bossangoa après dix ans d’absence. Une bonne nouvelle pour les habitants, mais qui révèle les difficultés de la radio nationale à fonctionner correctement.
Lundi 23 juin 2025, les habitants de Bossangoa ont pu de nouveau écouter Radio Centrafrique. Après plus de dix ans de silence, l’émetteur de la région de l’Ouham s’est remis en marche. Le gouverneur Wilikon Barthélémy parle de la joie des populations. Les techniciens de la radio-télévision nationale ont travaillé depuis vendredi pour remettre en service l’ancien équipement.
Mais ce retour ne s’est pas fait comme prévu. Pour que Radio Centrafrique puisse à nouveau être entendue à Bossangoa, il a fallu utiliser l’électricité de la radio locale “Voix de l’Ouham”. Encore plus surprenant : c’est un particulier, Gerson Nganadekoye, qui a payé les frais de cette remise en service. Sans son aide financière, rien n’aurait été possible.
Une radio nationale qui dépend des autres
Cette situation pose une question simple : comment une radio qui se dit nationale peut-elle avoir besoin d’aide d’un individu privée pour fonctionner ? Radio Centrafrique devrait normalement disposer de ses propres moyens pour couvrir tout le territoire. Or, à Bossangoa, elle ne peut marcher qu’avec l’énergie d’une radio locale et l’argent d’un citoyen généreux.
Ce n’est pas le premier problème de Radio Bangui . Même à Bangui, les émissions s’arrêtent souvent. Le son n’est pas toujours bon. Les journalistes travaillent dans des conditions difficiles. Beaucoup d’auditeurs se plaignent de la qualité des programmes.
Le ministre dans l’embarras
L’ex-détenu Maxime Balalou, ministre de la Communication et des Médias, doit répondre de cette situation. Depuis qu’il est en poste, les problèmes de la radio nationale persistent. Les critiques pleuvent sur sa gestion. Les résultats tardent à venir.
Le cas de Bossangoa montre bien les limites du système. Une radio publique ne devrait pas mendier pour exister. Elle devrait avoir un budget suffisant et un plan de développement sérieux. Au lieu de cela, elle survit grâce à des arrangements.
Les habitants de Bossangoa peuvent enfin écouter leur radio nationale. C’est déjà ça. Mais cette reprise fragile ne règle rien sur le fond. Radio Centrafrique a besoin d’une vraie réforme. Il faut des moyens financiers stables, du matériel moderne et des techniciens bien formés.
En République centrafricaine, la radio reste le média le plus important. Elle touche les populations même dans les zones reculées. Une radio nationale forte pourrait aider à unir le pays. Mais pour cela, il faut qu’elle fonctionne partout, tout le temps, avec la même qualité.
Le retour à Bossangoa est un petit pas. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que Radio Centrafrique devienne vraiment la voix de tous les Centrafricains….
Sous l’initiative d’une jeune lycéenne passionnée, l’association Action Solidaire a donné le coup d’envoi d’un atelier de lecture dans la capitale centrafricaine : « J’apprends à lire avec Sarah-Isis ». Organisé dans la Maison des jeunes et de la culture du 4ᵉ arrondissement, l’atelier a réuni près de 300 enfants âgés de 8 à 20 ans, pour une expérience unique mêlant lecture, partage et goûter.
Derrière ce projet, une figure rayonnante : Sarah-Isis, 17 ans, élève en classe de Terminale, fraîchement admise au baccalauréat. Elle a imaginé et porté seule cette initiative, refusant de laisser les grandes vacances se résumer à l’ennui ou à l’errance numérique. À travers cet atelier, elle veut transmettre sa passion pour les livres : « Lire, c’est ouvrir une fenêtre sur le monde. J’ai voulu créer un espace où chaque enfant peut s’amuser, apprendre et rêver à travers les histoires. C’est une chance unique qu’ils ont, et je veux leur montrer que la lecture est une porte vers un avenir meilleur », affirme Sarah-Isis.
Chaque séance se clôture par un goûter, pour renforcer le sentiment de convivialité et créer des moments chaleureux de partage entre les enfants.
Une idée spontanée, soutenue par l’association
Ce projet, entièrement autofinancé par Action Solidaire, est une initiative personnelle de Sarah-Isis. Une démarche saluée avec fierté par Nadine Kossi, présidente de l’association : « Cette idée ne vient pas de moi, mais de Sarah-Isis. Et c’est ce qui la rend encore plus belle. Voir une élève aussi jeune, animée par un sens du devoir et de l’altruisme, c’est la preuve que notre jeunesse a soif de changement. Nous sommes fiers de l’accompagner. »
L’association, engagée depuis plusieurs années dans l’émancipation des enfants, des jeunes filles et des femmes par l’éducation, considère cette initiative comme un prolongement naturel de sa mission.
Les premiers échos : entre enthousiasme et inspiration
L’impact de l’atelier est déjà palpable. Christella Magnificate Eve Koema, élève en classe de CM2 à l’école Sainte Thérèse, témoigne : « Je suis très satisfaite de participer à cet atelier, car pour moi, ça me permet de rester toujours dans le bain de la lecture malgré la grande vacance. »
Des enfants attentifs, des regards pétillants, et des sourires sincères autour du goûter : les images de ce premier jour parlent d’elles-mêmes.
Une tournée dans plusieurs arrondissements
Loin de s’arrêter au 4ᵉ arrondissement, Sarah-Isis prévoit de parcourir plusieurs quartiers de Bangui, animant des séances de lecture dans d’autres maisons de jeunes et écoles de la capitale. Elle exhorte ainsi les enfants de tous les arrondissements à s’engager dans la lecture pendant cette période de grande vacance scolaire.
Un été éducatif, une jeunesse inspirante
« J’apprends à lire avec Sarah-Isis » n’est pas seulement un atelier. C’est un symbole d’engagement, un message fort : la jeunesse centrafricaine a le pouvoir de bâtir, d’initier, de transmettre.
Action Solidaire invite les parents, enseignants, partenaires et institutions à soutenir cette dynamique exemplaire, car chaque page lue aujourd’hui est une graine d’avenir pour demain.
Hassan Come vient de s’inventer une victoire spectaculaire à la primaire du MCU à Ouanda-Djallé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/image-spectaculaire-presentee-par-hassn-come-pour-sa-victoire-a-ouanda-djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/image-spectaculaire-presentee-par-hassn-come-pour-sa-victoire-a-ouanda-djalle-450×337.jpg” alt=”Flash info : Hassan Come vient de s’inventer une victoire spectaculaire à la primaire du MCU à Ouanda-Djallé….” width=”450″ height=”337″ />
Scène pathétique et maladive à Ouanda-Djallé. Ancien ministre du commerce Come Hassan, candidat à la primaire du Mouvement des cœurs unis (MCU), vient d’annoncer sur les réseaux sociaux sa « victoire imaginaire » alors qu’aucune élection n’a eu lieu à Ouand-Djallé.
Arrivé dans le village pour la deuxième fois seulement depuis sa naissance, l’homme a été totalement rejeté par la population, qui refuse catégoriquement sa candidature. Sans base locale, sans meeting officiel, Come Hassan a simplement réuni quelques proches dans une concession familiale avant de quitter précipitamment hier au bord d’un aéronef à destination de Bangui.
Et à la surprise de tous, le lendemain de son retour à Bangui, il publie une photo d’« au revoir » qu’il a fait avec ses parents dans la concession familliale à Ouanda-Djallé et se déclare « élu » sur WhatsApp, parlant de « forte mobilisation » et d’« élection démocratique ». Une manœuvre grossière et pathétique, qui montre un mépris total des habitants et des règles internes de son parti qu’il a rallié juste pour avoir tètè.
Dans un contexte où certains profitent de l’étiquette MCU pour forcer leur légitimité, cette auto-investiture improvisée choque par son amateurisme. Aucun vote, aucun procès-verbal, aucune participation réelle : un simulacre qui ridiculise la notion même de démocratie interne au MCU.
Un épisode qui rappelle à quel point certains candidats sont prêts à tout pour s’imposer, même au prix du mensonge public….
Un Papa menteur, c’est la honte pour un ancien ministre.
LA GESTION DU DRAME DU LYCÉE BARTHÉLÉMY BOGANDA CONFIRME À SUFFISANCE QUE MÊME UN TROISIÈME MANDAT NE CHANGERA PAS LE QUOTIDIEN DU PEUPLE
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/drame-lycee-boganda-de-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Drame du lycée Boganda de Bangui, chargement des victimes dans une ambulanceh
Le mercredi 25 juin 2025, alors que plus de cinq mille candidats équivalant un quartier entier sont convoqués au lycée Barthélémy Boganda de Bangui pour les épreuves du baccalauréat session 2025, l’explosion suivie d’incendie d’un transformateur électrique a provoqué un mouvement de panique collective entraînant de bousculades et de chutes graves faisant officiellement une trentaine de morts et d’innombrables blessés.
Il faut noter qu’ en référence au rapport officiel de la direction generale de la protection civile, l’accident dramatique en lui-même est un fait en soi mais c’est la gestion de la crise qui laisse apparaître une chaîne de défaillances, de manquements répétés, de mépris institutionnalisés, d’incapacités gouvernementales à relever les défis, de dysfonctionnements chroniques au sommet de l’État.
Loin d’étonnant que cela ne puisse paraître, la gestion de ce drame n’est autre que le reflet d’un mode de gouvernance qui détient le monopole de l’intelligence, qui refuse d’écouter les autres, refuse de comprendre ou de prendre en compte les préoccupations de la population et de la protéger car toutes initiatives venant d’ailleurs sont systématiquement mauvaises et qualifiées de non républicaines.
La norme institutionnelle est de solliciter les services des incompétents, des escrocs, des arnaqeurs, des malfrats, des situationnistes…au point de s’interroger sur la vraie nature du président de la République lui-même car le palais de la renaissance, symbole de la souveraineté du peuple s’est érigé en site de pèlerinage des bandits de grand chemin du monde entier.
Au regard de ce sombre constat perceptible à l’œil nu, il apparaît évident qu’un troisième mandat n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains.
La problématique vitale ne se fonde plus sur de mandats supplémentaires au pouvoir de l’État comme ils l’entendent avec leur projet mortifere et crisogene de troisième mandat mais elle se cristalise sur la qualité de l’offre, du contrat social proposé au peuple.
Visiblement ce pouvoir a atteint la limite de ses capacités à améliorer les conditions de vie des centrafricains.
S’entêter dans ce projet funeste de troisième mandat serait un aveu que les mécanismes de renouvellement démocratique sont suspendus et que le pouvoir de Bangui serait dans la logique de conservation du pouvoir au prix du sang plutôt que de la transformation des conditions de vie de ses concitoyens…
On est ainsi malheureusement dans le domaine de l’égoïsme.
Le peuple centrafricain a besoin au contraire d’une nouvelle génération d’hommes politiques qui placent l’intérêt du peuple au cœur de l’action publique.
Fort de ce constat qui malheureusement s’impose comme une vérité absolue, le citoyen lambda s’interroge :
1- Le drame du lycée Barthélémy Boganda et ses conséquences multiformes ne sont-ils pas des messages divins pour que le peuple se désolidarise du projet mortifere de troisième mandat ?
2- Qu’est-ce que ce peuple unique au monde et aussi facilement domptable a fait à ce président qui fut pauvre pour mériter un tel sort ?
3- Quel est le seuil de morts autorisés pour réveiller la conscience longtemps endormie des centrafricains ?
4- Au regard de ce malheureux drame, le pouvoir de Bangui aura t-il encore des arguments plausibles pour associer le peuple à cette aventure de troisième mandat ?
Au delà de toutes spéculations politiques, nous lui rappelons qu’on ne joue pas tous les jours avec l’avenir de tout un peuple car il arrivera un jour où le verre “à moitié vide” sera vu “à moitié plein” par le même homme et sous le même angles de vue.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu despote le caractère sacré du serment, de la parole donnée et le respect des textes établis.
Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu d’abdiquer honteusement sous la pression populaire.
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Nouvelle Constitution, exclusion des opposants : quand le Président Touadéra trace sa route vers un règne sans fin
Centrafrique.org/centrafrique-affaire-des-bien-mal-acquise-le-president-touadera-bientot-devant-ses-juges-a-paris/touadera-suce-langue-img_4190-2/” rel=”attachment wp-att-23293″ data-wpel-link=”internal”>Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
Dans une interview à Radio France Internationale, Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, a dévoilé la stratégie cynique du régime pour pérenniser son pouvoir.
En enterrant la Constitution de 2016 via un référendum chaotique, en excluant des opposants de poids comme Anicet Georges Dologuélé, et en glorifiant le groupe Wagner, accusé de piller les richesses nationales, Gouandjika expose un projet de présidence à vie sous influence russe. Cette dérive autoritaire, masquée par une rhétorique de « souveraineté populaire », menace la démocratie centrafricaine et appelle une réponse internationale urgente.
Une Constitution manipulée pour un pouvoir illimité
Au cœur de la stratégie du régime se trouve la nouvelle Constitution de 2023, adoptée par un référendum que Gouandjika présente comme l’expression du « peuple souverain ». « La constitution du 30 mars 2016 est déjà enterrée », proclame-t-il, affirmant que la « Septième République » permet à Touadéra de briguer un « premier mandat » plutôt qu’un troisième. Ce tour de passe-passe sémantique est une insulte à l’intelligence des Centrafricains. La Constitution de 2016, qui limitait le président à deux mandats, a été balayée malgré les objections de la Cour constitutionnelle, comme le dénoncent des opposants tels que Martin Ziguélé.
Gouandjika rejette ces critiques comme « utopiques », accusant le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) d’être une « coquille vide ». Mais son arrogance ne peut masquer la vérité : le référendum de juillet 2023, organisé en violation des principes légaux, est un coup d’État constitutionnel. En supprimant la limite des mandats, Touadéra s’ouvre la voie à une présidence à vie, digne des pires autocraties. Cette manipulation, justifiée par un prétendu appel au « peuple », bafoue les fondements de la démocratie centrafricaine.
L’exclusion des binationaux : Une manœuvre anti-démocratique
Pour garantir la réélection de Touadéra en décembre 2025, le régime a recours à des tactiques éhontées, notamment l’article 67 de la nouvelle Constitution, qui interdit aux binationaux de se présenter à la présidentielle. Cette mesure vise directement des figures comme Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre qui avait mis Touadéra en ballottage en 2015. Gouandjika minimise l’influence de Dologuélé, affirmant que « personne ne pourra battre M. Touadéra » et que ce dernier n’est « pas un homme dangereux ». Pourtant, l’exclusion d’un adversaire aussi redoutable trahit la peur du régime face à une véritable concurrence.
Gouandjika tente de légitimer cette mesure en invoquant des précédents historiques, rappelant que Dologuélé lui-même avait appliqué des règles similaires en 1999. « La loi, c’est la loi », martèle-t-il, suggérant que les binationaux comme Dologuélé n’ont qu’à renoncer à leur seconde nationalité. Mais cet argument est hypocrite. En 2015, Dologuélé a prouvé sa popularité en arrivant en tête au premier tour ; l’exclure aujourd’hui n’a rien à voir avec la légalité, mais tout à voir avec l’élimination d’un rival. Cette manœuvre, qui touche aussi d’autres opposants comme Crépin Mboli-Goumba et Dominique Yandocka, vide les élections de toute inclusivité, transformant le scrutin en une formalité pour Touadéra.
Wagner : Un allié toxique au service du régime
L’interview de Gouandjika révèle une dépendance inquiétante envers le groupe Wagner, qu’il glorifie comme un « sauveur de la démocratie ». « Les Wagner ont sauvé la République centrafricaine en évitant un coup d’État qui pourrait engendrer un génocide », affirme-t-il, créditant la milice russe d’avoir repoussé la coalition CPC en 2020. Cette réécriture de l’histoire est scandaleuse. Wagner n’a pas agi par altruisme, mais pour sécuriser son emprise sur les ressources minières, notamment les mines d’or d’Assima près de Bambari, exploitées par des sociétés comme Lobaye Invest.
Gouandjika va jusqu’à défendre l’érection d’une statue d’Evgeny Prigozhin à Bangui, déclarant : « Prigozhin est pour nous un héros national. » Cette idolâtrie d’un chef mercenaire, dont le groupe est accusé de pillage et d’abus à travers l’Afrique, est une insulte au peuple centrafricain. Pire, Gouandjika justifie l’exploitation des mines par les Russes, même en cas de « pillage », en affirmant : « C’est avec notre accord. Parce que ça nous appartient. » Cet aveu cynique révèle une cession de souveraineté : loin d’être un partenaire, Wagner est un prédateur qui profite de la faiblesse du régime pour s’enrichir, avec la complicité des autorités.
Une façade de dialogue et des élections opaques
Face aux critiques, Gouandjika annonce un dialogue politique avec le BRDC, mais ses propos trahissent une condescendance méprisante. « Le président de la République ne va pas s’asseoir avec les leaders de l’opposition démocratique autour d’une même table parce que ces opposants-là ne sont pas à son niveau », déclare-t-il, reléguant le dialogue à une formalité confiée au gouvernement. Cette attitude montre que le régime n’a aucune intention de négocier sérieusement avec une opposition qu’il qualifie d’« utopique » et de « coquille vide ».
De même, Gouandjika rejette les demandes de réforme de l’Autorité nationale des élections (ANE) et du Conseil constitutionnel, indispensables pour garantir la transparence du scrutin de décembre 2025. « Il y a une loi qui les a mis en place, on doit respecter cette loi », se contente-t-il de répondre, ignorant les préoccupations sur l’indépendance de ces institutions. Avec des observateurs internationaux limités et un processus électoral sous contrôle, le régime prépare un scrutin taillé sur mesure pour Touadéra, loin des standards démocratiques.
Une dérive autoritaire sous influence russe
Les propos de Gouandjika s’inscrivent dans un contexte plus large de dérive autoritaire. En s’appuyant sur Wagner pour sa sécurité, en manipulant la Constitution pour prolonger son pouvoir, et en éliminant ses adversaires, Touadéra suit le manuel des autocrates africains. Gouandjika tente de parer ces abus d’un vernis nationaliste, accusant la France d’avoir maintenu la RCA sous tutelle via des « 11 accords secrets » de 1960. Mais remplacer l’influence française par une dépendance russe n’est pas une libération ; c’est une nouvelle servitude, où les richesses centrafricaines sont pillées sous le regard complice du régime.
Le parallèle avec l’ère Bokassa, que Gouandjika rejette comme une « insulte », est pourtant pertinent. Comme Bokassa, Touadéra centralise le pouvoir, marginalise l’opposition, et s’appuie sur des alliés étrangers pour se maintenir. La statue de Prigozhin, l’exclusion des binationaux, et la rhétorique anti-opposition forment un tableau inquiétant : celui d’un pays glissant vers une dictature déguisée en démocratie.
La mobilisation internationale
La Centrafrique ne peut rester otage de cette dérive. Les Centrafricains méritent un leadership qui protège leurs richesses, garantisse des élections libres, et respecte les principes démocratiques. La société civile, l’opposition, et les citoyens doivent s’unir pour exiger la transparence des contrats miniers, la réforme des institutions électorales, et l’arrêt de l’influence toxique de Wagner. Le BRDC, malgré les intimidations, doit continuer à défendre la Constitution de 2016 comme rempart contre l’autocratie.
La communauté internationale, trop souvent silencieuse, doit agir. Les Nations Unies, l’Union africaine, et les partenaires régionaux doivent faire pression pour des élections inclusives et transparentes, et enquêter sur les activités de Wagner en RCA. Les sanctions ciblées contre les responsables du pillage des ressources et de la manipulation constitutionnelle sont nécessaires pour envoyer un signal clair : la démocratie centrafricaine ne peut être sacrifiée sur l’autel des ambitions de Touadéra.
Fidèle Gouandjika peut bien vanter Wagner et présenter Touadéra comme un champion de la souveraineté. Mais ses mots trahissent une vérité amère : le régime vend l’avenir de la RCA pour prolonger son emprise, avec le soutien de mercenaires russes. Le peuple centrafricain, seul véritable souverain, doit se lever pour reprendre son destin en main….
Quand la RCA refuse de célébrer la journée internationale de soutien aux victimes de la torture
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/photo-de-torture-dun-centrafricain-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-Wagner.png” data-wpel-link=”internal”>photo de torture d’un centrafricain par les Mercenaires russes du groupe Wagner
Alors que le monde observe ce 26 juin la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, la République centrafricaine présente un paradoxe troublant. Le pays affiche un arsenal juridique contre la torture – Constitution, Code pénal, conventions internationales – mais dans les faits, ce sont les institutions elles-mêmes qui pratiquent ces abus. Au premier rang de ces tortionnaires en uniforme : le commandant Yarkokba de la garde présidentielle.
La RCA a beau avoir ratifié en 2016 la Convention contre la torture et inscrit l’interdiction des traitements inhumains dans sa Constitution de 2023, la réalité du terrain raconte une autre histoire. Les prisons se remplissent, les milices terrorisent, et les mercenaires de Wagner opèrent en toute liberté. Pendant ce temps, les lois dorment dans les tiroirs.
Yarkokpa , le visage de la torture institutionnelle
Dans les couloirs du pouvoir centrafricain, le nom de Yarkokpa fait frémir. Ce officier délinquant de la garde présidentielle a bâti sa réputation sur le vol, le braquage et la violence. « Il a torturé des milliers de personnes », témoigne les victimes qui sont toujours à Ngaragba. Détentions arbitraires, sévices dans les cachots, brutalités: Yarkokpa incarne cette machine répressive qui broie les citoyens.
Ses victimes atterrissent souvent dans des lieux sinistres comme la « prison de Ngaragba», où les droits humains n’existent plus. Pas de procès, pas de comptes à rendre. L’homme continue d’opérer sous la protection du régime, symbole parfait de l’impunité qui gangrène le pays.
Jean Balekouzou, juriste expérimenté, résume la situation : « Nos lois sont bien écrites sur le papier, mais sans volonté politique de les appliquer, elles ne valent rien ». Le système judiciaire centrafricain est aussi complice de ces crimes d’État.
Wagner, les mercenaires de la terreur, industrie de la torture
L’arrivée du groupe Wagner a transformé la RCA en une géante industrie de la torture. Ces mercenaires russes, officiellement présents pour restaurer la stabilité, ont en réalité instauré un règne de terreur. Leur méthode ? Filmer leurs exactions et les diffuser sur internet, comme pour narguer leurs victimes.
« Wagner tue et torture sans aucune retenue », s’indigne Pierre Nguélé. Ces hommes opèrent en dehors de tout cadre légal, protégés par un gouvernement qui préfère regarder ailleurs. Les autorités centrafricaines, qui ont fait appel à ces mercenaires, se taisent face à leurs crimes. Une complicité qui révèle l’hypocrisie du discours officiel sur les droits humains.
Les « Requins » et l’État complice
À Bangui, la milice des « Requins » fait régner sa loi. Fidèles au régime, ces hommes kidnappent et torturent au camp de Roux sans que personne n’intervienne. Ils ne sont pas des éléments inconnus mais bien des rouages d’un système répressif organisé.
Les Forces armées centrafricaines (FACA) et la gendarmerie participent activement à cette répression. Les prisons se remplissent de détenus qui n’ont jamais vu un juge, victimes quotidiennes de violences.
Pierre Nguélé évoque des « milliers » de cas de torture, mais les chiffres précis restent impossibles à établir. L’absence de mécanismes de contrôle permet à cette machine répressive de fonctionner dans l’ombre.
Le silence des médias, complice malgré lui
Les journalistes centrafricains vivent dans la peur. Évoquer les tortures d’État équivaut à signer son arrêt de mort. « Qui oserait dénoncer Yarkokpa ou Wagner ? », interroge Pierre Nguélé. Cette autocensure protège les bourreaux et maintient le système en place.
Les mécanismes de justice transitionnelle, comme les tribunaux communautaires, restent théoriques. En zone rurale, ils sont tout simplement inexistants. Ce sont les soldats FACA qui prennent le relais. Les rares sessions criminelles ne peuvent pas traiter l’ampleur du problème. Résultat : les victimes n’ont nulle part où aller, et les tortionnaires continuent en toute impunité.
Quand la tradition excuse la barbarie
La torture trouve aussi ses racines dans certaines pratiques culturelles. Les châtiments corporels, tolérés dans certains contextes familiaux ou communautaires, créent une zone grise que les autorités exploitent. Le Code de protection de l’enfance de 2020 tente de fixer des limites, mais les mentalités évoluent lentement.
Cette confusion entre discipline traditionnelle et torture juridique brouille les repères. Les victimes, surtout les plus vulnérables, hésitent à parler. Elles craignent les représailles ou le rejet de leur communauté. Ce silence arrangé perpétue le cycle de violence.
La RCA vit ainsi une double tragédie : un État qui torture ses citoyens tout en prétendant les protéger, et une société qui ferme les yeux sur ces crimes. Tant que cette hypocrisie perdurera, les lois anti-torture ne resteront que des vœux pieux….
Un mois après les directives du président Touadéra, le collège de Gobongo reste noyé sous les déchets. L’opération « Kwa Ti Kodro », pourtant présentée comme une priorité nationale, ne parvient pas à nettoyer cet établissement qui accueille 1 500 élèves.
Fin mai, le chef de l’État avait découvert un véritable dépotoir dans la cour du collège : seringues usagées, médicaments périmés, ordures ménagères. Les rats et les serpents ont élu domicile dans ces tas d’immondices qui menacent directement la santé des enfants. Face à ce spectacle, Touadéra avait donné 72 heures aux autorités pour tout nettoyer, installer une clôture et placer des conteneurs surveillés.
Enfants faisant du triage dans les détritus au risque de se contaminer par le matériel médical déversé sur le site du collège de Gobongo. Photo CNC
Résultat aujourd’hui : rien n’a bougé. Les déchets s’entassent toujours, parfois même en plus grande quantité qu’avant. Les enfants continuent de côtoyer quotidiennement ces monticules de saletés qui dégagent des odeurs pestilentielles et attirent les nuisibles.
Cette situation montre l’inefficacité criante du programme « Kwa Ti Kodro ». Lancé avec tambours et trompettes, ce projet a pourtant bénéficié d’un financement conséquent : 10 milliards de FCFA entre 2023 et 2024, avec l’appui de bailleurs internationaux comme la Banque mondiale et l’Union européenne. Mais selon un rapport de l’OCDH, 3 milliards ont déjà disparu dans la nature sans laisser de traces.
Sur le terrain, les opérations se résument souvent à des coups de communication. Les équipes arrivent avec leurs balais, nettoient devant les caméras, puis repartent. Quelques heures plus tard, tout redevient comme avant. « C’est du cinéma pour impressionner les partenaires financiers », confie un parent d’élève qui préfère garder l’anonymat.
Le ministre de l’Éducation, pourtant chargé de superviser les travaux, reste introuvable sur ce dossier. La mairie de Bangui fait de même, malgré les taxes d’assainissement payées par les habitants. Les commerçants du marché voisin voient leur clientèle fuir à cause des odeurs. « Nous payons nos impôts, mais personne ne vient ramasser les déchets », déplore un vendeur de légumes.
Cette paralysie touche plusieurs institutions : ministères, mairie, services techniques. Chacun renvoie la responsabilité à l’autre pendant que les élèves de Gobongo respirent des vapeurs toxiques et pataugent dans la boue mélangée aux détritus après chaque pluie.
Déversement de déchets médicaux. Photo aCNC
L’échec dépasse le simple problème d’hygiène. Il questionne la capacité du gouvernement à transformer ses annonces en actes concrets. Les bailleurs de fonds, qui financent la moitié du programme, peuvent légitimement s’interroger sur l’utilisation de leurs contributions. Les habitants de Gobongo, eux, ont perdu leurs illusions et n’espèrent plus grand-chose des promesses officielles.
Le collège de Gobongo symbolise aujourd’hui l’écart entre les discours et la réalité. Tant que cette situation perdurera, l’opération « Kwa Ti Kodro » restera un échec retentissant qui porte atteinte à l’avenir de centaines d’enfants centrafricains….
L’Association Action Solidaire a présenté jeudi sa nouvelle initiative dédiée à la paix et au vivre-ensemble en République Centrafricaine. Mme Nadine Kossi, présidente de l’organisation, a expliqué lors d’une conférence de presse que cette campagne vise à accompagner les communautés vers des élections apaisées.
Le premier événement de cette campagne se déroule à Damara, 75 kilomètres de Bangui la capitale, le 5 juillet 2025. Cet atelier réunira différents acteurs de la société à Damara: femmes, hommes, jeunes, éducateurs, associations et représentants religieux. L’objectif reste simple : échanger sur l’importance de préserver la stabilité durant la période électorale.
« La paix concerne tout le monde, qu’on soit du nord, du sud, de l’est, catholique, protestant ou musulman », a précisé Mme Kossi. Cette approche inclusive guide l’ensemble de la démarche de l’association, qui souhaite toucher toutes les composantes de la société centrafricaine.
Action Solidaire envisage d’étendre cette initiative à d’autres villes du pays, selon les moyens disponibles. L’association recherche activement des partenaires nationaux et internationaux pour amplifier cette mobilisation.
« Pour que les élections soient réussies, il faut la paix, et la cohésion sociale ne peut se faire sans le vivre-ensemble », a ajouté la présidente Nadine Kossi.
Cette campagne de paix marque la volonté d’Action Solidaire de contribuer à un climat électoral serein. L’atelier de Damara constitue le premier pas de cette démarche, avec l’ambition de renforcer les liens entre les communautés centrafricaines dans cette période importante pour le pays….
Le Drame du lycée Barthelemy Boganda : quand l’État centrafricain navigue à vue
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/foule-en-fuite-au-lycee-boganda-lors-dun-court-circuit.jpg” data-wpel-link=”internal”>La foule des élèves au lycée Barthelemy Boganda de Bangui ce mercredi 25 juin 2025
La catastrophe du lycée Barthélémy-Boganda dévoile une République centrafricaine sans boussole en matière de gestion des crises. L’absence d’un dispositif national d’urgence opérationnel expose un pays qui improvise face au danger.
Des secours qui peinent à s’organiser
L’explosion du transformateur qui a tué plus de 30 personnes et fait 260 blessés a révélé une coordination défaillante entre les services d’intervention. Abel Assaï, directeur de l’hôpital communautaire de Bangui, a pointé du doigt la réaction tardive des forces de sécurité qui n’ont pas su gérer l’afflux massif de victimes. Le rapport de la protection civile confirme cette désorganisation : police, gendarmerie et armée ont navigué sans cap commun.
Cette pagaille administrative, directement imputable au gouvernement Touadéra, a transformé une urgence en catastrophe nationale. Les services publics ont réagi chacun de leur côté, sans protocole unifié ni chef d’orchestre pour coordonner l’intervention.
Les pompiers arrivent en retard à deux pas de chez eux
À 300 mètres du lycée, la caserne des sapeurs-pompiers. Temps d’intervention : près d’une heure. Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, a dénoncé cette lenteur incompréhensible. Le rapport de la protection civile épingle l’absence de système d’alerte efficace et de préparation aux situations d’urgence.
William Ndjapou, conseiller présidentiel, parle d’un “événement imprévisible”. Pourtant, une panne électrique dans un établissement bondé relève du scénario prévisible. Le gouvernement affiche une “stratégie nationale de gestion des catastrophes” sur le papier, mais les équipes d’intervention manquent visiblement de moyens et de formation pour agir vite.
Pas de plan d’évacuation : une école prise au piège
6 000 candidats entassés dans un établissement sans issue de secours ni procédure d’évacuation. Le rapport de la protection civile pointe cette lacune béante : aucun plan d’urgence dans les écoles centrafricaines. Pas d’exercices, pas de signalétique, pas de formation du personnel.
Ce qui aurait pu rester une simple panne s’est mué en tragédie mortelle par manque d’anticipation. Mongoume résume bien la situation : le gouvernement fonctionne “comme un sapeur-pompier après l’incendie”. Les ministères de l’Éducation et de la Protection civile portent une responsabilité directe dans cette négligence qui a coûté des vies.
Un dispositif national d’urgence qui n’existe que dans les discours
Abel Assaï insiste : la République centrafricaine a besoin d’un vrai plan national d’urgence. Mongoume abonde dans ce sens, qualifiant cette absence de “grave” pour un pays exposé aux risques. Le rapport de la protection civile recommande explicitement la création de ce dispositif avec des réformes pour sécuriser les établissements publics.
Mais l’administration Touadéra préfère les mesures d’affichage : suspension du directeur de l’ENERCA, quelques arrestations. Des pansements sur une jambe de bois. Cette politique du colmatage évite de s’attaquer aux vrais problèmes structurels et laisse le pays démuni face aux prochaines crises.
Une stratégie qui reste lettre morte
William Ndjapou évoque une “stratégie nationale d’adaptation au changement climatique et de gestion des catastrophes” avec systèmes d’alerte et comités d’urgence. Belle théorie. La réalité de Boganda prouve que ces dispositifs ne fonctionnent pas sur le terrain.
Le rapport de la protection civile confirme : services de secours sous-équipés, personnels mal formés, procédures inexistantes. L’État centrafricain multiplie les stratégies sur le papier mais échoue à les appliquer concrètement. Résultat : les citoyens restent exposés sans protection réelle.
Navigation à vue : cap sur la prochaine catastrophe
Boganda n’est pas un accident de parcours mais le symptôme d’une gouvernance qui réagit au lieu d’anticiper. Mongoume alerte : sans dispositif d’urgence solide, d’autres drames attendent. L’effondrement du stade de 20 000 places, un naufrage, une autre panne mortelle.
Le gouvernement se contente de mesures conservatoires après coup : arrestations, suspensions, commissions d’enquête. Cette gestion au jour le jour, dénoncée par le rapport de la protection civile, trahit les victimes et met le pays en danger permanent….
en cours, les Mercenaires russes sont en train de torturer les habitants du village Bowaye
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/village-Bowaye-incendie-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration du village Bowaye incendié par les mercenaires russes du groupe Wagner le 8 avril 2025. CopyrightCNC
À Bowaye, village de 12 000 habitants situé dans la sous-préfecture de la Nana-Bakassa, les mercenaires russes de Wagner sont en train de faire subir des violences extrêmes à la population, attachant et frappant sauvagement les habitants.
Ce samedi 5 juillet 2025, la colère du diable frappe encore le village Bowaye. Les mercenaires du groupe Wagner, à bord d’une dizaine des motos, ont débarqué discrètement à Bowaye, dans la préfecture de l’Ouham, au nord-ouest de la Centrafrique. Le village, qui compte 12 000 habitants et se trouve à 70 kilomètres de Bossangoa sur l’axe Nana-Bakassa, a vécu des heures d’épouvante qui ressemble à la fin du monde pour ces pauvres habitants.
Après avoir surpris la population dans le village, les mercenaires russes ont organisé une véritable séance de torture collective du jamais vue. Ils ont choisi leurs victimes parmi les habitants – jeunes garçons, hommes adultes, vieillards – qu’ils ont attachés solidement aux arbres du village. Puis ils ont procédé aux coups, frappant chaque personne attachée, l’une après l’autre, sous les yeux des autres villageois terrorisés.
Cette violence organisée a paralysé complètement la population. Les habitants n’ont eu ni le temps de fuir ni la possibilité de se défendre face à ces hommes armés qui agissaient avec une froideur méthodique. Leur seul tort, montrer là où se trouve le chef d’État-major de la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement (CMSPR). , l’ancien député Kema.
Bowaye croyait avoir tourné la page Wagner. Il y a un mois, après des mois d’attaques à répétition, les mercenaires avaient quitté le village. Les habitants avaient commencé à revenir doucement, à reprendre leurs champs, à reconstruire ce qui avait été détruit. Ils pensaient que le cauchemar était terminé. Mais ils se trompent.
Mais Wagner n’avait pas oublié Bowaye. Rappelez-le, le 8 avril 2025, les mercenaires avaient brûlé la maison du chef du village et celles de ses voisins. La population avait fui dans la brousse. Le 10 mars, ils avaient pillé, battu des jeunes, tué le bétail. Le 2 avril, 42 motos Wagner avaient semé la panique, poursuivant les villageois jusque dans la forêt.
Chaque fois, Wagner justifiait ces attaques par la recherche des rebelles de la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement (CMSPR). Mais les habitants de Bowaye savent bien qu’ils ne sont pas des rebelles. Ils sont agriculteurs, éleveurs, commerçants. Des civils qui ne demandent qu’à vivre en paix.
Mais ce samedi 5 juillet 2025, le retour de Wagner a pris tout le monde de court. Les villageois croyaient vraiment que les mercenaires étaient partis pour de bon.
“Ils sont arrivés comme ça, d’un coup. Personne ne les a vus venir”, raconte un homme qui a réussi à s’échapper et qui se trouve maintenant à Korakiri, à 20 kilomètres de Bowaye.
Les habitants qui avaient déjà vécu les incendies et les pillages précédents se retrouvent aujourd’hui face à une violence encore plus directe. Wagner ne s’est pas contenté de brûler ou de voler cette fois. Les mercenaires ont voulu humilier, faire mal physiquement, montrer leur pouvoir sur les corps. En ce moment précis, les Wagner ont enfermé les habitants des maisons et les torturer un par un.
Mais cette méthode – attacher les gens aux arbres pour les frapper devant tout le monde – ressemble à un châtiment public. Wagner envoie un message :
nous pouvons revenir quand nous voulons, nous pouvons faire ce que nous voulons de vous….
Flash info : le médecin-chef de Ngaoundaye, Séverin Ngoï Falbang, arrêté pour détournement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/05/brigade-de-la-gendarmerie-de-Ngaoundaye-par-cnc-le-25-mars-2020.jpg” data-wpel-link=”internal”>brigade de la gendarmerie de Ngaoundaye. CopyrightCNC
– Le Dr Séverin Ngoï Falbang, médecin-chef du district sanitaire de Ngaoundaye, a été arrêté ce vendredi matin par les forces de l’ordre.
L’homme est soupçonné d’avoir emporté du matériel médical appartenant au district sanitaire. Dans le véhicule qu’il conduisait vers Bangui, les policiers ont découvert des panneaux solaires, un congélateur, des batteries et une grande quantité de médicaments.
L’arrestation s’est déroulée à un barrage de contrôle des forces de l’ordre situé à la sortie de Ngaoundaye. Plusieurs habitants de la ville ainsi que le sous-préfet ont assisté à l’interpellation du médecin-chef.
Séverin Ngoï Falbang se trouve actuellement en garde à vue. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de cette affaire et évaluer l’ampleur des biens qui auraient été détournés.
Cette arrestation intervient dans un contexte où la gestion des ressources sanitaires fait l’objet d’une attention particulière de la part des habitants.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/pub-du-jeudi-3-juillet-2025.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/pub-du-jeudi-3-juillet-2025-450×252.png” alt=”Niveaux de revenus en ligne modernes en 2025″ width=”450″ height=”252″ />
Le monde du travail évolue rapidement et de plus en plus de gens à travers le globe comptent sur Internet pour gagner leur vie. En Afrique, ce continent a ses propres atouts et opportunités, et l’apparition de nouvelles plateformes numériques, comme celles de partenaire afropari, ouvre des portes intéressantes. Pour mieux saisir comment ça marche, il faut connaître trois niveaux de revenus en ligne, chacun aidant les utilisateurs à choisir la meilleure stratégie pour eux. Chacun de ces niveaux a ses avantages, ses risques et des perspectives pour l’avenir, et je vais entrer un peu plus dans les détails.
Revenus en ligne prévus pour 2025
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de souligner que cette classification est utile pour les débutants comme pour les pros. Elle aide à affiner les stratégies et à repérer les meilleures options pour gagner de l’argent.
Voici un aperçu des niveaux de revenus en ligne:
Niveau d’entrée: Freelance basique et micro-tâches
C’est le segment le plus facile d’accès, avec des tâches simples comme la saisie de données, les tests d’applications ou la création de contenu court. En Afrique, c’est attrayant grâce aux faibles barrières d’entrée et la possibilité de commencer à gagner de l’argent rapidement.
Niveau intermédiaire: Création de contenu et marketing d’affiliation
Ce niveau inclut le blogging, le vlogging, la gestion des réseaux sociaux et la participation à des programmes d’affiliation. Cela demande un peu de compétences et de régularité.
Niveau avancé: Entrepreneuriat en ligne et investissements numériques
Ici, on parle de ceux qui ouvrent des boutiques en ligne, lancent des formations ou travaillent avec les cryptomonnaies et les NFT. Ce niveau demande une bonne connaissance, un peu de capital et du temps pour se développer.
Niveau professionnel: Projets à grande échelle et collaborations internationales
Dans cette catégorie, on retrouve de grandes équipes, des startups mondiales, des agences numériques et des investisseurs. L’Afrique se fait progressivement une place sur ce terrain, ouvrant de nouveaux horizons pour les entrepreneurs.
Cette classification aide à mieux comprendre les opportunités et montre aussi les tendances économiques et sociales en jeu qui façonnent la région. Par exemple, la montée de l’internet mobile et de la culture numérique offre un bon terrain pour que beaucoup passent du niveau débutant aux niveaux intermédiaires et avancés.
Afrique en chiffres: l’évolution des revenus en ligne
Pour comprendre l’importance de ces chiffres, voici quelques stats clés qui montrent ce qui se passe sur le continent:
Les plateformes de marketing d’affiliation ont vu le nombre d’utilisateurs africains grimper de 25 % en 2024.
Le revenu moyen des freelances en ligne en Afrique a augmenté de 15 % par rapport à 2023.
La croissance des startups du numérique a atteint 30 % par an.
Ces chiffres montrent à quel point le développement est en plein essor et qu’il y a encore beaucoup à faire. L’accès aux technologies et aux infrastructures numériques continue de s’améliorer, ce qui offre encore plus d’opportunités de croissance.
Résumé de l’article
En conclusion, la connaissance des niveaux de revenus et des statistiques est essentielle pour saisir comment l’Afrique peut atteindre des niveaux de revenus aussi importants et devenir un joueur clé dans l’économie numérique mondiale. La transformation numérique et les partenariats nouveaux et anciens et la montée en puissance des plateformes leur donnent aux Africains des opportunités qui semblaient irréalisables il y a quelques années. Pour ceux qui cherchent plus qu’un gain instantané mais souhaitent un revenu à long terme et évolutif dans le domaine numérique, il est essentiel d’intégrer chaque étape et de se concentrer sur les tendances à long terme pour comprendre l’avenir.
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Aurélia Nguyen, directrice de Gavi : « Je vous souhaite un prompt rétablissement, Monsieur le Président. » Faustin-Archange Touadéra : « Qui a dit à cette dame que je suis malade ? ». Touadéra furieux contre ses conseillers ⸻
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/touadera-bruxelles.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/touadera-bruxelles-450×300.jpg” alt=”Aurélia Nguyen, directrice de Gavi : « Je vous souhaite un prompt rétablissement, Monsieur le Président. » Faustin-Archange Touadéra : « Qui a dit à cette dame que je suis malade ? ». Touadéra furieux contre ses conseillers ⸻” width=”450″ height=”300″ />Faustin Archange Touadera avec Dr. Sania Nishtar lors du sommet de Gavi à Bruxelles le 25 juin 2025
À Bruxelles, un simple message de soutien sanitaire a déclenché la colère du président centrafricain Faustin Archange Touadera, déjà méfiant envers son entourage.
Les conseillers du président Faustin-Archange Touadéra avaient prévu de mettre en scène une rencontre privée avec docteur Aurélia Nguyen, directrice exécutive de Gavi, en marge du sommet tenu à Bruxelles. Leur objectif : rassurer l’opinion publique centrafricaine en montrant un président actif, capable de dialoguer malgré les rumeurs persistantes sur son état de santé.
Dès son arrivée, Touadéra a insisté à plusieurs reprises pour rencontrer Aurélia Nguyen, malgré l’agenda déjà chargé de celle-ci. Après plusieurs sollicitations, la directrice a finalement accepté une rencontre improvisée, en marge des séances officielles.
La réunion, censée être discrète et maîtrisée, a rapidement tourné au fiasco. À peine arrivée, Aurélia Nguyen a salué :
« Bonjour Monsieur le Président».
Touadéra a répondu brièvement, visiblement crispé :
« Oui, ça va bien.»
Puis docteur Aurélia Nguyen a poursuivi :
« Je vous souhaite un prompt rétablissement, Monsieur le Président».
Face à cette phrase inattendue, Touadéra n’a pas répondu. Il a simplement hoché la tête, signe de gêne profonde. La conversation a pris fin rapidement, sans autre échange significatif.
Après la réunion, le président s’est immédiatement tourné vers ses conseillers pour demander :
« Qui a dit à cette dame que j’étais malade ?»
Pris au dépourvu, ses conseillers ont d’abord tenté d’éviter la question. André Doungoupou, proche collaborateur, a fini par dire que c’est le média Corbeau News Centrafrique qui avait publié ces informations. Touadéra, surpris, a demandé :
« Mais comment ça ? Qui a parlé à Corbeau News ?»
Aucune réponse claire n’a été donnée. Pour tenter de calmer la situation, les conseillers ont ajouté :
« Monsieur le Président, votre état de santé ne vous permet pas de lire Corbeau News Centrafrique en ce moment. Les articles sont trop stressants. Pour éviter un AVC, nous vous déconseillons fortement cette lecture.»
Touadéra, fidèle lecteur, s’est montré encore plus contrarié. Ses conseillers ont insisté :
« Vous pouvez lire Djoni Sango, c’est plus léger et plus rassurant pour votre tension.»
Ce samedi 28 juin 2025, le président Touadéra doit rentrer à Bangui. Mais sa santé pousse des nombreux citoyens à s’interroger. Selon une source proche du dossier, il serait contraint de porter à tout moment des couches médicales spéciales et de suivre des précautions strictes, y compris des contrôles permanents, un régime alimentaire adapté et des pauses fréquentes.
À Bangui, beaucoup se demandent déjà comment le président compte reprendre ses activités dans ces conditions, entouré d’un cercle de conseillers qu’il soupçonne désormais d’indiscrétion et d’inefficacité.
Rappelons que Touadéra avait été évacué en urgence le 21 juin à 3 h du matin, après un malaise grave à Bangui. Il avait embarqué à bord d’un jet privé médicalisé, affrété par Dimitri Mozer, direction l’hôpital Delta à Bruxelles. C’est dans cet établissement spécialisé que les médecins ont confirmé un cancer du côlon. Malgré les recommandations de ses médecins, qui lui déconseillaient formellement toute sortie publique, Touadéra avait tenu à participer au sommet Gavi pour réaliser une « mise en scène » visant à rassurer l’opinion.
Finalement, cette stratégie s’est retournée contre lui, révélant au grand jour la fragilité de sa santé et la confusion au sein de son entourage….