Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra invoque Barthélémy Boganda pour légitimer le hold-up électoral qui assassine l’héritage du père fondateur

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Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra invoque Barthélémy Boganda pour légitimer le hold-up électoral qui assassine l’héritage du père fondateur

 

 

Le dictateur Faustin Archange Touadera
Le dictateur Faustin Archange Touadera

Rédigé le 14 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Invoquer Boganda pour légitimer un hold-up électoral représente le sommet du cynisme politique dans l’histoire du monde. Ce hold-up constitutionnel transforme le rêve démocratique centrafricain en cauchemar organisé par Faustin-Archange Touadéra.

 

Le 28 décembre 2025 restera gravé dans la mémoire collective comme le jour où la Centrafrique a franchi la ligne rouge de l’imposture démocratique. Faustin-Archange Touadéra annonce fièrement dans son discours à la nation du 19 janvier 2026 : « Le Conseil constitutionnel vient de me proclamer élu président de la République centrafricaine au premier tour de l’élection présidentielle à la majorité absolue des suffrages valablement exprimés soit 77,9% ».

 

Ce chiffre démentiel ne peut convaincre quiconque de la sincérité du scrutin. Les mathématiques de la fraude ont leurs limites, et ces scores dignes des pires autocrates africains sonnent comme un aveu plutôt qu’une victoire.

 

Cette arrogance numérique trouve son prolongement dans un discours soigneusement calibré pour endormir les consciences. Touadéra déclare : « Je tiens en premier lieu à rendre grâce à Dieu tout puissant et miséricordieux qui a préservé notre pays de tout mal pendant cette période cruciale de notre vie nationale ». Il oublie commodément que le véritable mal ronge justement les institutions qu’il prétend défendre. Sa piété affichée cache mal la réalité d’un processus électoral dévoyé dès son origine, où chaque étape a été verrouillée pour garantir le résultat escompté.

 

Le dictateur parle de transparence en affirmant que le Conseil constitutionnel a confirmé « de manière ineffragable et péremptoire les résultats annoncés par l’autorité nationale des élections » et que cela « consacre l’aboutissement d’un processus électoral libre, juste, transparent et ouvert à tous ».

 

Pendant ce temps, les observateurs indépendants relèvent des fraudes du jamais vu dans le pays avant lui. Dans les préfectures, les scores dépassent parfois les 95%, confirmant les soupçons de manipulation des résultats. Ces anomalies statistiques crient la vérité que Touadéra s’évertue à enfouir sous des montagnes de rhétorique apaisante et de formules creuses sur l’unité nationale.

 

La référence à Barthélémy Boganda constitue le moment le plus choquant de cette parodie de discours. Touadéra déclare sans honte : « Il est donc temps d’oublier les dissensions créées pendant cette période de compétition électorale et de nous rassembler autour des idéaux que nous a légués le président fondateur Barthélémy Boganda, à savoir unité, dignité, travail ». Le père fondateur qui rêvait d’une nation libre et prospère se retournerait dans sa tombe s’il voyait comment son héritage est détourné. Touadéra ose invoquer les idéaux de dignité et de travail pendant qu’il piétine méthodiquement tout ce que Boganda a bâti avec ses compagnons de lutte pour l’indépendance.

 

Cette instrumentalisation des symboles nationaux ne s’arrête pas là et contamine l’ensemble du discours présidentiel. Le Conseil constitutionnel, présenté comme « la plus haute juridiction chargée de veiller à la régularité de l’élection présidentielle », n’est plus qu’une chambre d’enregistrement aux ordres du pouvoir, dirigée par son oncle maternel Jean-Pierre Waboué. Les juges qui ont validé ces résultats fantaisistes connaissent parfaitement le prix de la désobéissance dans un régime où la loyauté prime sur la compétence et l’intégrité.

 

L’invention de cette « septième république » relève du tour de passe-passe constitutionnel destiné à brouiller les cartes. Touadéra annonce : « Au-delà de leur portée immédiate, ces élections s’inscrivent dans une dynamique institutionnelle plus large. Ce processus ouvre également la voie à l’entrée pleine et entière de notre pays dans la septième république ». Il habille son maintien au pouvoir dans des atours juridiques sophistiqués, espérant ainsi tromper la vigilance de la communauté internationale. Cette construction artificielle ne vise qu’à contourner les limitations de mandats et à installer durablement un homme qui refuse de lâcher les rênes du pouvoir.

 

Les appels répétés au rassemblement sonnent creux dans la bouche d’un dictateur qui a passé des années à diviser pour mieux régner. Il affirme : « Je tiens à réaffirmer avec clarté et responsabilité, ce soir, il n’y a dans la République ni gagnants ni perdants. Il y a un seul gagnant, le peuple centrafricain ». Touadéra tend la main à une opposition qu’il a méthodiquement affaiblie, domestiquée et marginalisée jusqu’à la rendre inoffensive. Son dialogue national ressemble davantage à un monologue où seules les voix serviles trouvent droit de cité dans l’espace public centrafricain.

 

La mention des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle trahit son obsession du contrôle informationnel. Il déclare : « Je vous exhorte tous à cesser les discours belliqueux, les discours haineux, la désinformation, la démagogie et l’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle, devenue virale sur les réseaux sociaux ». Derrière ces préoccupations apparemment légitimes se profile la volonté d’étouffer toute critique et de museler les dernières voix dissidentes. Le régime prépare déjà l’arsenal législatif qui permettra de criminaliser l’expression libre et de transformer chaque citoyen en suspect potentiel dès qu’il ouvrira la bouche.

 

Les remerciements appuyés aux forces russes et rwandaises dévoilent la véritable nature de ce pouvoir adossé aux baïonnettes étrangères. Touadéra affirme : « Je tiens également à féliciter et à encourager nos forces de défense et de sécurité, ainsi que leurs alliés bilatéraux, russes et rwandais, pour le formidable travail de sécurisation accompli pendant cette période sensible ». Ces mercenaires qui quadrillent le territoire ne protègent pas la démocratie mais garantissent la survie d’un régime contesté. Touadéra doit son fauteuil davantage à Moscou et Kigali qu’au peuple centrafricain dont il prétend incarner la volonté souveraine.

 

Cette dépendance vis-à-vis des puissances extérieures transforme la Centrafrique en protectorat moderne où les décisions importantes échappent totalement aux nationaux. La souveraineté tant célébrée dans les discours officiels n’existe que sur le papier pendant que les ressources du pays partent alimenter les coffres étrangers. Le pillage organisé des richesses minières finance la présence de ces forces qui maintiennent Touadéra au pouvoir contre la volonté populaire.

 

Le passage où il se présente comme président de tous les Centrafricains atteint des sommets d’hypocrisie rarement égalés. Il annonce : « Je veux dire avec clarté et gravité : à compter de ce jour, je ne suis plus le président élu par une partie des Centrafricains. Je suis le président de tous les Centrafricains, sans distinction, sans exclusivité et sans esprit de revanche ». Comment prétendre représenter une nation entière quand la moitié du pays vit sous contrôle de groupes armés incontrôlés ? Les populations déplacées qui survivent dans des camps de fortune apprécieront cette sollicitude tardive d’un dirigeant qui les a abandonnées à leur sort tragique.

 

L’évocation émue de sa famille vise manifestement à humaniser un personnage qui a perdu tout crédit aux yeux de ses compatriotes lucides. Touadéra confie : « Ce soir, je m’adresse aussi à vous comme un homme. Je pense à ma famille qui a partagé les silences, les absences, les inquiétudes, mais aussi l’espérance ». Il joue sur la corde sensible pendant que des milliers de familles centrafricaines pleurent leurs disparus et leurs morts. Cette tentative maladroite d’apitoiement ne peut masquer la faillite morale d’un homme qui a sacrifié son pays sur l’autel de son ambition personnelle.

 

Les partenaires internationaux qui ont financé cette comédie électorale portent une responsabilité accablante dans cette dérive autoritaire. Touadéra remercie « le programme des Nations unies pour le développement, de la MINUSCA, de l’Union européenne ainsi que celui des pays et partenaires bilatéraux ». L’argent européen et onusien a servi à acheter une façade de légitimité démocratique à un processus truqué dès le départ. Ces organisations savaient pertinemment que les conditions d’un scrutin libre n’étaient pas réunies mais ont préféré fermer les yeux sur les violations.

 

Cette complaisance coupable de la communauté internationale encourage les autocrates africains à persévérer dans leur dérive autoritaire. Touadéra a compris qu’il suffit d’organiser un semblant d’élection pour obtenir le blanc-seing des chancelleries occidentales. Les principes démocratiques s’effacent devant les intérêts stratégiques et économiques dans un continent où les discours vertueux masquent mal le cynisme des politiques réelles.

 

Le taux de participation annoncé relève de la fiction statistique quand on connaît la réalité du terrain centrafricain. Touadéra se félicite : « Votre participation massive à cette élection, soit plus de 64,42%, est pour moi un socle de confiance renouvelé, de légitimité et plus encore de responsabilité ». Des régions entières n’ont pas pu voter, leurs populations terrorisées ou déplacées par les violences endémiques qui ravagent le pays. Mais ces détails embarrassants disparaissent commodément dans la version officielle qui transforme la débâcle en triomphe démocratique digne d’être célébré.

 

La rhétorique de Touadéra multiplie les formules grandiloquentes sur la stabilité et le développement. Il promet : « Je m’engage à exercer dans un esprit de rassemblement un mandat placé sous le signe de l’unité nationale, de la continuité de l’État et de la transformation patiente mais résolue de notre pays ». Le pays s’enfonce dans la misère pendant que le président distribue les postes lucratifs à ses affidés et entretient une cour dispendieuse. Les infrastructures continuent de se délabrer, les hôpitaux manquent de tout, les écoles ferment faute de moyens, mais le palais présidentiel rayonne de tous ses ors mal acquis.

 

Cette déconnexion totale entre le discours et la réalité atteint des proportions surréalistes qui défieraient l’imagination. Touadéra parle de cohésion sociale dans un pays fragmenté où les communautés s’entre-déchirent faute de vision unificatrice. Son gouvernement attise les tensions ethniques et régionales pour diviser une opposition qui pourrait menacer son emprise si elle parvenait à s’unir contre la tyrannie.

 

Les jeunes générations centrafricaines assistent impuissantes à la confiscation de leur avenir par une gérontocratie qui refuse de passer la main. Leur frustration grandit face à un système verrouillé qui bloque toute possibilité d’alternance démocratique et de changement véritable. Cette jeunesse éduquée et connectée au monde ne se laissera pas indéfiniment berner par les artifices d’un pouvoir à bout de souffle.

 

L’insistance maladive sur la légalité constitutionnelle du processus trahit une conscience coupable qui sait que sa légitimité repose sur du sable. Touadéra répète : « Je m’engage à exercer dans un esprit de rassemblement un mandat placé sous le signe de l’unité nationale, de la continuité de l’État ». Un dirigeant véritablement élu par son peuple n’aurait pas besoin de marteler sans cesse la validité de son élection. Cette défensive permanente révèle les failles d’un édifice construit sur le mensonge et maintenu par la force brute des armes.

 

Le discours de Touadéra ressemble davantage à une tentative désespérée de convaincre la galerie internationale qu’à une célébration sincère. Chaque phrase sonne faux, chaque promesse résonne comme une moquerie aux oreilles de Centrafricains qui ont appris à ne plus croire les belles paroles. La répétition mécanique des formules sur l’unité et le rassemblement ne peut masquer le vide abyssal d’un projet politique réduit à sa plus simple expression.

 

Les mois à venir révéleront le vrai visage de ce régime une fois retombée la pression internationale liée aux élections. La répression reprendra son cours normal contre tous ceux qui osent encore contester la version officielle des événements. Les rares espaces de liberté qui subsistent se refermeront progressivement sous les coups de boutoir d’un pouvoir paranoïaque qui voit des ennemis partout.

 

Cette élection truquée marque une étape supplémentaire dans la longue descente aux enfers d’un pays qui méritait tellement mieux. Faustin-Archange Touadéra aura réussi l’exploit de salir définitivement l’héritage de Boganda en transformant son rêve d’émancipation en cauchemar autocratique. Les générations futures jugeront sévèrement ceux qui ont laissé faire ce hold-up sans broncher ni réagir face à l’évidence de la manipulation

 

Par Alain Nzilo

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