En 2024, Dimitri Sytyi qualifiait les rebelles de l’UPC de “mercenaires étrangers”. Mais quelques mois plus tard, il s’allie à eux contre les Azandés qu’il formait et louait leur courage
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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
En mai 2024, Dimitri Sytyi, le chef des Wagner en Centrafrique défendait les miliciens Azandés comme des braves courageux et dénonçait les rebelles de l’UPC qu’il qualifiait des mercenaires étrangers venus dans le Haut-Mbomou pour piller la population. Mais quelques mois plus tard, il s’allie avec les même mercenaires étrangers de l’UPC qu’il critiquait auparavant pour traquer ces mêmes Azandés dans le Haut-Mbomou.
Les enregistrements audio de mai 2024 dont CNC dispose témoignent d’un tout autre discours. À Obo, Dimitri Sytyi, responsable des mercenaires russes du groupe Wagner en Centrafrique, présentait alors les miliciens Azandés sous un jour favorable. “C’est la population d’origine du Haut-Mbomou. Ce sont des indigènes locaux ”, déclarait-il pour légitimer leur armement et leur courage contre les rebelles de l’UPC qu’ils combattaient.
Le chef des Wagner poursuivait ses propos en affirmant la citoyenneté des miliciens Azandé. “Ce n’est pas un groupe ethnique qui habite là-bas, mais les Zandé faisaient partie des ethnies du Haut-Mbomou. Ce sont des citoyens centrafricains à part entière ”, insistait Dimitri Sytyi dans son intervention à cette époque.
Pour lui, l’UPC constituait alors la cible prioritaire des mercenaires russes et des miliciens Azandé qu’il baptisait Wagner ti Azandé. “ Par contre, les UPC qui viennent là-bas, ils ne sont pas centrafricains. Ils sont des mercenaires qui viennent de l’étranger pour piller les ressources du pays et piller la population”, affirmait Dimitri Sytyi. Ces accusations servaient avant tout à justifier la mobilisation des combattants Azandés contre les rebelles de de l’UPC, et surtout justifier l’intervention des Wagner dans le conflit du Haut-Mbomou.
Le chef des Wagner dénonçait également ce qu’il appelait une campagne de désinformation menée par les rebelles de l’UPC pour justifier l’intervention de la Minusca dans le Haut-Mbomou. “Il y avait beaucoup de fausses informations qui circulent par rapport au mouvement d’autodéfense Azandé. Ce sont les rebelles de l’UPC qui sont à l’origine pour créer le prétexte de la présence des forces de maintien de la paix dans le Haut-Mbomou ”, expliquait-il. Selon Dimitri Sytyi, ces rumeurs propagées par les rebelles de l’UPC visaient surtout à faire passer les milices Azandé pour “un nouveau groupe armé pour enfin tenter de justifier leur présence sur le sol des Zandé ”.
Cette version de Dimitri Sitiy permettait de mobiliser les combattants Azandé et de se présenter ensuite comme des libérateurs. “Quand on a commencé à vérifier ça, beaucoup d’informations, on a trouvé que ce n’est pas vrai”, ajoutait le chef Wagner. Il transformait ainsi une mobilisation armée en légitime défense d’une population isolée face à des agresseurs extérieurs.
L’isolement géographique servait d’argument principal à cette stratégie de Dimitri Sitiy . “C’est juste la population locale qui, compte tenu du fait que la zone a été coupée, presque coupée de la capitale, il y avait des difficultés avec les moyens logistiques pour établir le vrai contrôle de l’État là-bas”, justifiait Dimitri Sytyi. Cette situation expliquait selon lui pourquoi les Azandés “se sont organisés contre les mercenaires qui viennent de l’étranger”.
La solution ainsi proposée par Dimitri Sitiy passait par une intégration dans l’armée régulière des miliciens Azandé. “On a discuté tout ça avec le chef d’État-major, avec Monsieur le Président, et c’est décidé que dans les nouvelles sessions de formation des éléments des forces armées centrafricaines, on a prévu un quota pour la population de Haut-Mbomou”, annonçait le chef des Wagner. Cette incorporation devait officialiser le statut des combattants Azandés.
Les formateurs russes jouaient un rôle central dans ce processus. “La formation est faite par les formateurs des FACA et les formateurs russes qui sont à Berongo, qui ont été détachés là-bas à Obo ”, précisait Dimitri Sytyi. L’encadrement mixte centrafricain-russe donnait une apparence de légitimité à l’opération menée sur place.
L’objectif affiché visait le rétablissement de l’autorité étatique. “Le but final, c’est d’intégrer la population de Haut-Mbomou dans les FACA pour établir le contrôle de l’État dans la zone. Donc ils seront FACA”, martelait le chef Wagner. Il évoquait la participation du “général Gbelet Bangui de l’État-major” aux cérémonies marquant la fin des formations.
Dimitri Sytyi concluait son propos en rejetant toute accusation de milice privée. “Ce n’est pas une milice, maintenant ils sont une force étatique, et c’est ça le but, le rétablissement du contrôle de l’État dans la zone”, affirmait-il avec assurance. Ces déclarations de mai 2024 tranchent avec la réalité du terrain quelques mois plus tard.
Mais 8 mois plus tard, l’arrestation à Bangui de deux chefs des miliciens Azandés incorporés dans l’armée nationale a changé la donne. Ces responsables sont aujourd’hui portés disparus et les relations entre Azandés et Russes se sont effondrées depuis cet événement. Dimitri Sytyi et ses hommes qualifient désormais ces mêmes combattants de “fauteurs de troubles”, de “criminels” et de “mercenaires”.
Le retournement d’alliance apparaît complet dans le Haut-Mbomou. Les forces russes du groupe Wagner collaborent maintenant avec les ex-rebelles de l’UPC, ces “mercenaires venus de l’étranger” qu’elles dénonçaient en mai pour “piller les ressources du pays”. Ensemble, ils pourchassent les miliciens formés à Obo sous supervision russe quelques mois auparavant.
Les conséquences humanitaires de ce revirement se comptent en milliers. L’église catholique du Haut-Mbomou recense environ 32 000 déplacés depuis le 4 avril 2025 à cause des combats qui durent depuis près d’un an. Les établissements scolaires restent perturbés dans toute la préfecture et la population civile subit les affrontements entre les miliciens Azandés et les forces russo-UPC qui les traquent désormais




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)