Élection en Centrafrique, les Mercenaires russes deviennent des inspecteurs des bureaux de vote, pendant que les ex-rebelles de 3R et de l’UPC encadrent les urnes et que les soldats FACA imposent Touadéra aux électeurs

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le dimanche 28 décembre 2025 restera comme la date du scrutin le plus truqué de l’histoire centrafricaine. Les mercenaires russes et syriens du groupe Wagner contrôle physiquement les opérations de vote dans les provinces, menace ouvertement les électeurs et vérifie leur obéissance. Les 3R encadrent les bureaux à l’ouest pendant que les soldats de Touadéra distribuent l’argent et falsifient massivement les résultats sans aucune transparence.
Cette journée électorale a débuté dans des conditions déjà catastrophiques avec l’absence totale d’éclairage dans la quasi-totalité des centres de vote à travers le pays. Les citoyens se demandent légitimement où est passé l’argent du financement du scrutin quand ils constatent que même les lampes n’ont pas pu être installées. Cette obscurité arrange pourtant les différents acteurs de la fraude qui peuvent ainsi opérer à l’abri des regards et sans crainte d’être filmés ou photographiés.
Dans cette pénombre complice, les mercenaires russes du groupe Wagner ont pris leurs aises dès l’ouverture des bureaux de vote. À Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran par exemple, ils sont arrivés en plein jour et ont commencé à menacer les électeurs pour qu’ils votent en faveur du président sortant Faustin-Archange Touadéra. Leur méthode ne varie jamais d’un bureau à l’autre. Ils entrent, inspectent les lieux, fixent les gens du regard pour bien marquer leur présence, puis repartent. Quelques minutes plus tard, ils reviennent dans les mêmes bureaux de vote pour vérifier que leurs instructions sont suivies.
Leur inspections la plus frappante consiste à demander dans chaque bureau de vote les représentants du MCU, le parti présidentiel, de lever leur doigt et de se mettre debout. Une fois ces représentants identifiés, les Wagner les regardent longuement avant de leur ordonner de se rasseoir. Ce marquage permet aux mercenaires russes de savoir exactement qui surveiller et qui contacter en cas de problème. Au centre de vote de Batelé, à la mairie et dans plusieurs autres lieux, cette même scène s’est répétée avec une précision militaire qui ne laisse aucune place.
Les Wagner ne se contentent pas de passer une seule fois. Ils reviennent régulièrement tout au long de la journée pour s’assurer que le scrutin se déroule selon leurs exigences. Cette présence permanente crée une atmosphère de terreur parmi les électeurs qui n’osent plus voter librement. Beaucoup finissent par céder à la pression et cochent la case du président sortant uniquement par peur des Wagner.
Pendant que les Russes imposent leur loi dans certaines grandes villes de province, une autre forme de contrôle s’exerce dans les zones rurales de l’ouest et nord-ouest du pays. À Bocaranga par exemple, les ex-rebelles du mouvement 3R ont littéralement pris possession des bureaux de vote. Dans le village de Pougol à Mbali, sur l’axe Paoua-Bocaranga, ils sont présents dans chaque centre et obligent physiquement les électeurs à voter pour Touadéra. Leur connaissance du terrain et leur armement lourd ne laissent aucune chance aux citoyens de tenir la tête.
Ces anciens combattants jouent désormais le rôle d’assesseurs officieux sans que personne ne puisse s’y opposer. Ils vérifient chaque bulletin, surveillent chaque geste et n’hésitent pas à intervenir directement si un électeur tente de voter autrement que selon leurs ordres. Dans ces villages reculés, loin des caméras et des observateurs internationaux, la violence électorale atteint des sommets jamais vus auparavant dans le pays.
Mais la fraude ne s’arrête pas à l’intimidation armée. Elle prend aussi la forme beaucoup plus classique de l’achat massif de votes avec de l’argent liquide distribué au vu et au su de tout le monde. Le président de l’association “Touadéra Vive École”, qui n’est autre que le neveu du chef de l’État, a été pris en flagrant délit au village de Bokombissi dans la commune de Bocaranga 3. Cet homme circulait de village en village et de bureau en bureau avec un sac à dos rempli de billets de banque.
Sa technique était simple et efficace. Il distribuait cent mille francs CFA pour chaque groupe d’électeurs se rendant dans un bureau de vote donné. L’argent était remis à quelques mètres seulement des centres avec des consignes très claires : voter pour Touadéra et pour le candidat indépendant numéro deux de Bocaranga 3. Cette distribution d’argent se faisait au grand jour sans que les autorités électorales n’interviennent ni que les forces de l’ordre n’arrêtent cet homme pourtant en situation d’infraction manifeste.
L’achat de votes n’était qu’une des multiples violations constatées ce jour-là. Les militaires centrafricains eux-mêmes ont activement participé à la fraude en refusant d’abord d’aider les membres de l’Autorité Nationale des Élections à expliquer les modalités du vote aux personnes analphabètes ou aveugles. Au lieu d’assister ces citoyens dans l’exercice de leur droit, les soldats déployés à Loura allaient de bureau en bureau pour imposer aux électeurs le choix en faveur de Touadéra et du candidat numéro deux de Bocaranga 3.
Dans les villages de Loura et Bokomboussi, ces militaires sont restés à l’intérieur même des bureaux de vote pendant toute la journée. Leur présence physique suffisait à décourager toute velléité de vote libre. Ils regardaient directement les électeurs cocher leurs bulletins et intervenaient immédiatement si quelqu’un tentait de voter différemment. Cette occupation militaire des centres de vote transformait le scrutin en simple formalité administrative où le résultat était déjà connu d’avance.
À cette présence militaire s’ajoutait l’absence totale de procès-verbaux remis aux représentants des candidats de l’opposition. La loi électorale centrafricaine prévoit pourtant explicitement que chaque mandataire doit recevoir une copie du procès-verbal de dépouillement pour pouvoir vérifier les résultats et éventuellement les contester. Aucun document de ce type n’a été distribué pendant toute la journée ni pendant les opérations de dépouillement qui ont suivi. Cette violation de la loi rend le scrutin complètement illégal d’un point de vue juridique.
Le dépouillement lui-même s’est déroulé dans des conditions encore plus opaques que le vote. Sans électricité et sans procès-verbaux, les opérations de comptage se sont faites dans une confusion totale où n’importe quelle manipulation devenait possible. Les représentants des candidats de l’opposition ne pouvaient même pas voir correctement les bulletins comptabilisés dans l’obscurité. Certains ont dû utiliser la lampe de leur téléphone portable pour tenter d’y voir quelque chose, sans grand succès.
Cette élection du 28 décembre 2025 marque un tournant dans l’histoire politique centrafricaine. Jamais depuis l’indépendance du pays le processus électoral n’avait été à ce point dévoyé et contrôlé par des forces étrangères et des groupes armés. Même en 1990-1991, lorsque le président André Kolingba avait tenté d’organiser un scrutin largement critiqué, la situation n’avait pas atteint un tel niveau de manipulation. À l’époque, la communauté internationale avait refusé de reconnaître ces Élections et le président avait été contraint de les annuler pour en organiser de nouvelles en 1993.
Ces Élections de 1993 avaient permis à Ange-Félix Patassé d’accéder démocratiquement au pouvoir pour la première fois dans l’histoire du pays. Depuis cette période, la Centrafrique n’a cessé de sombrer dans le chaos politique et la dictature. Le président Touadéra, qui brigue maintenant un troisième mandat de sept ans, semble déterminé à rester au pouvoir pendant plusieurs décennies. Certains observateurs prédisent déjà qu’il pourrait y rester quarante ans s’il maintient ce niveau de contrôle sur les institutions et les processus électoraux.
Par Fortuné Bobérang….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)