La préfecture de la Nana-Mambéré interdit une marche pacifique de soutien au Dr Jonas Donon, invalidé par la Cour constitutionnelle pour les législatives dans la circonscription de Bouar 4

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les habitants de Bouar voulaient manifester leur soutien au Dr Jonas Donko, candidat invalidé aux législatives. Leur demande d’autorisation pour une marche pacifique a été rejetée par la préfecture, sans explication détaillée. Une décision qui, pour les organisateurs, s’inscrit dans un système plus large d’étouffement de la contestation.
Dans un pays normal respectant la liberté, les citoyens ont le droit de manifester pour dégager leur colère ou leur joie. C’est un principe fondamental, inscrit dans toutes les constitutions du monde. Quand une décision de justice choque la population, quand une institution bafoue les droits d’un candidat, les gens descendent dans la rue. Ils marchent pacifiquement, ils portent des pancartes, ils crient leur désaccord. Les autorités encadrent la manifestation, elles déploient des forces de l’ordre pour garantir la sécurité, mais elles n’interdisent pas la protestation. C’est ainsi que fonctionne la démocratie.
En Centrafrique, ce droit n’existe plus. Les préfets décident qui peut manifester et qui ne le peut pas. Ils examinent les demandes d’autorisation, ils évaluent le degré de dangerosité politique de chaque marche, ils consultent Bangui avant de donner leur réponse. Si la manifestation gêne le pouvoir, elle est interdite. Si elle conteste une décision politique du régime, elle ne verra jamais le jour.
À Bouar, la population a voulu exercer ce droit constitutionnel. Le Dr Jonas DONON venait d’être éliminé de la course aux législatives par la Cour constitutionnelle. Les accusations portées contre lui étaient grotesques : complicité de kidnapping, meurtre de l’imam de Nièm-Yéléwa, division communautaire. Toute la ville sait que ces charges sont fausses. Les habitants connaissent leur député depuis des années. Ils savent qu’il n’a jamais tué personne, qu’il n’a jamais participé à un enlèvement, qu’il n’a jamais créé de division entre les communautés.
La colère montait dans les quartiers de Bouar 4. Les gens se parlaient, ils échangeaient leurs impressions, ils comparaient leurs informations. Tous arrivaient à la même conclusion : l’invalidation du Dr DONON est une manipulation politique. Un ancien chef rebelle du 3R, Souleyman Bi Hassan, candidat du parti présidentiel MCU, avait déposé un recours bourré de mensonges. La Cour avait validé sans vérifier. Le médecin vétérinaire et juriste se retrouvait hors course.
Les partisans du Dr DONON ont décidé d’agir. Ils ont préparé des pancartes. Les messages étaient simples, directs, compréhensibles par tous. “Ramenez le dossier de notre candidat Dr DONON Jonas”, “Nous réclamons notre candidat DONON Jonas député de Bouar 4”, “Ramener la candidature de notre député Dr DONON Jonas Bouar 4 – Non à l’injustice”, “Nous population de la circonscription de Bouar 4 réclamons la candidature député Dr DONON Jonas – Non à l’injustice”.
Ces pancartes devaient être brandies lors d’une marche pacifique dans les rues de la ville. Les organisateurs avaient tout planifié. Le parcours était défini, les slogans étaient prêts, les participants étaient mobilisés. Il ne manquait qu’une chose : l’autorisation administrative.
Le Comité d’organisation de la marche pacifique a déposé une demande officielle auprès de la préfecture de la Nana-Mambéré. Le document précisait l’objet de la manifestation, le nombre approximatif de participants, l’itinéraire prévu. Les organisateurs demandaient un encadrement par les forces de l’ordre pour garantir la sécurité. Rien d’illégal, rien de violent, rien de subversif. Une marche citoyenne pour réclamer le rétablissement de la candidature du Dr DONON.
La réponse de la préfecture est arrivée rapidement. Le préfet Pierre Fils Kenguena-Minang a adressé un courrier officiel au Comité d’organisation. Le ton est administratif, poli, mais ferme. La préfecture refuse d’accorder l’autorisation pour la marche pacifique. Aucune explication détaillée. Aucun motif juridique précis. Juste un refus sec et définitif.
Le message était clair pour les habitants de Bouar. Vous pouvez être en colère, vous pouvez contester la décision de la Cour constitutionnelle, vous pouvez préparer des pancartes, mais vous ne descendrez pas dans la rue. La préfecture a parlé. L’ordre vient d’en haut. Le dossier est clos.
Cette interdiction n’a rien de surprenant. Elle s’inscrit dans la logique du régime Touadéra. Quand le pouvoir invalide un candidat gênant en utilisant des accusations mensongères, il ne va pas ensuite autoriser la population à protester contre cette invalidation. Ce serait contradictoire. Le système fonctionne de manière cohérente : la Cour élimine le médecin, la préfecture empêche les citoyens de manifester leur désaccord.
Le refus du préfet Pierre Fils Kenguena-Minang ne vient pas de lui. Il a reçu des instructions directement de Bangui. Les autorités suivent de près ce qui se passe à Bouar. Elles savent que la population rejette l’invalidation du Dr DONON. Elles savent que les habitants sont prêts à descendre dans la rue. Elles ont donné l’ordre aux préfets de bloquer toute manifestation.
La population de Bouar se retrouve piégée. Elle ne peut pas accepter l’injustice faite à son député, mais elle ne peut pas non plus l’exprimer publiquement. Les pancartes resteront dans les maisons. Les slogans ne résonneront pas dans les rues. La colère ne trouvera pas d’exutoire légal. Les citoyens sont condamnés au silence.
Cette situation pousse les centrafricains à s’interroger : à quoi sert le droit de manifester s’il n’est jamais accordé ? La Constitution centrafricaine garantit la liberté d’expression et le droit de manifestation pacifique. Mais dans les faits, ces droits n’existent que sur le papier. Dès qu’une manifestation risque de gêner le pouvoir, elle est interdite. Les préfets utilisent leur pouvoir discrétionnaire pour étouffer toute protestation.
Les habitants de Bouar comprennent le message du régime. Vous pouvez voter, à condition de voter pour les candidats que nous avons choisis. Vous pouvez vous exprimer, à condition de ne pas critiquer nos décisions. Vous pouvez manifester, à condition que votre manifestation ne dérange personne. Sinon, restez chez vous et taisez-vous.
Le Dr Jonas DONON n’est pas le seul perdant dans cette affaire. C’est toute la population de Bouar qui perd. Les citoyens perdent leur droit de choisir librement leur député. Ils perdent leur droit de contester une décision judiciaire manifestement injuste. Ils perdent leur droit de descendre dans la rue pour défendre leurs convictions. Ils perdent leur dignité de citoyens libres.
Le préfet Pierre Fils Kenguena-Minang a signé le refus d’autorisation. Mais il n’a fait qu’exécuter des ordres venus d’ailleurs. À Bangui, dans les bureaux du pouvoir, des gens ont décidé que la population de Bouar devait se taire. Ils ont calculé que laisser les manifestants occuper les rues créerait un précédent dangereux. D’autres villes pourraient suivre. D’autres candidats invalidés pourraient bénéficier du soutien populaire. Il fallait couper court.
Par Arsène Maleyombo….
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Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. 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