Birao : les jeunes refusent l’installation d’un bureau de l’association “100% Touadéra” par Hassan Bouba, “un tchadien qui n’a rien à faire ici”

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une tension extrêmement palpable règne à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, depuis que Hassan Bouba a annoncé son intention d’y installer un bureau de son association “100% Touadéra”. Les jeunes de Birao ont catégoriquement refusé cette initiative et ont clairement fait savoir au ministre qu’il n’était pas le bienvenu.
Hassan Bouba, rappelons-le, est le ministre de l’Élevage et de la Santé Animale dans le gouvernement Touadéra. Mais avant d’être ministre, Bouba était chef rebelle de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) aux côtés d’Ali Darassa. Il a participé aux massacres de Seko en mars 2018 (17 civils exécutés dont des femmes et des enfants) et d’Alindao en novembre 2018 (au moins 112 morts).
Hassan Bouba fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. 261 plaintes de victimes ont été enregistrées contre lui. Mais après avoir été arrêté le 19 novembre 2021, il a été exfiltré six jours plus tard par des mercenaires russes du groupe Wagner et des éléments de la Garde Présidentielle. Touadéra l’a ensuite décoré de l’Ordre du mérite et il a repris ses fonctions ministérielles.
Ce criminel de guerre recherché par la justice centrafricaine a créé une association politique appelée “100% Touadéra”. Le nom est explicite : il s’agit d’une association de soutien total et inconditionnel au président Touadéra. Hassan Bouba veut installer des bureaux de cette association à travers le pays pour mobiliser les populations en faveur de Touadéra.
Mais il y’a quelques jours, Bouba a appelé les jeunes de Birao pour leur annoncer qu’il allait venir installer un bureau de son association “100% Touadéra” dans leur ville. Il leur a demandé de s’organiser pour l’accueillir et faciliter l’installation de ce bureau.
La réponse des jeunes de Birao a été sans ambiguïté : “Ce n’est pas possible. Vous n’installerez aucun bureau ici”.
Les jeunes de la Vakaga ont donné une raison claire et imparable à leur refus : Hassan Bouba n’est pas centrafricain. C’est un Tchadien.
“Il n’est pas centrafricain. C’est un sujet tchadien”, ont déclaré les jeunes de Birao. Cette affirmation, qui circule largement en Centrafrique depuis des années, n’a jamais été démentie de manière crédible par Hassan Bouba lui-même, du moment où il ne parle pas aussi la langue nationale.
Hassan Bouba est originaire du Tchad. Il est venu en Centrafrique dans le cadre de la rébellion menée par l’UPC. Avec Ali Darassa, également soupçonné d’être d’origine tchado-nigérienne, Hassan Bouba a mené des opérations militaires sanglantes contre la population civile centrafricaine.
Puis, grâce à son alliance avec Touadéra et Wagner, Hassan Bouba a été coopté au sein du gouvernement. Il est devenu ministre. Il a obtenu des documents centrafricains. Il joue maintenant le rôle d’interface entre Touadéra et les dirigeants de Wagner.
Mais aux yeux de nombreux Centrafricains, y compris dans les régions qui ont souffert de la violence de l’UPC, Hassan Bouba reste un étranger. Un Tchadien qui est venu semer la terreur en Centrafrique et qui s’est ensuite fait blanchir par Touadéra.
Les jeunes de Birao disent donc : “Il n’est pas centrafricain d’origine, donc il n’a pas d’intérêt à venir installer un bureau ici pour traumatiser les jeunes pour rien”.
Cette formulation est importante. Les jeunes de Birao ne rejettent pas seulement l’association “100% Touadéra”. Ils rejettent Hassan Bouba lui-même en tant qu’étranger qui n’a rien à faire en Centrafrique et encore moins à vouloir mobiliser les jeunes centrafricains pour soutenir Touadéra.
“Il est venu en RCA commettre des crimes. Et maintenant il veut nous organiser politiquement ? Jamais”, disent en substance les jeunes de Birao.
Cette position est courageuse. Hassan Bouba n’est pas n’importe qui. C’est un ministre en exercice. C’est un proche de Touadéra. C’est un allié de Wagner. C’est quelqu’un qui dispose de moyens financiers importants et qui peut mobiliser des miliciens armés.
Cette résistance des jeunes de Birao montre un rejet profond de Bouba et de ce qu’il représente. Bouba incarne tout ce que les Centrafricains détestent dans le régime Touadéra :
– C’est un criminel de guerre qui a massacré des civils
– C’est un rebelle recyclé en ministre
– C’est probablement un étranger qui se fait passer pour centrafricain
– C’est un complice de Wagner
– C’est quelqu’un qui a été arrêté par la justice et libéré illégalement par le pouvoir
– C’est un homme qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt mais qui se promène librement et occupe des fonctions ministérielles
Et maintenant, cet homme veut créer une association politique pour mobiliser les jeunes centrafricains en faveur de Touadéra ? Les jeunes de Birao disent : jamais.
Pour le moment, Bouba n’a pas réagi publiquement au refus des jeunes de Birao. Mais plusieurs scénarios sont possibles :
Scénario 1 : Bouba renonce à installer son bureau à Birao face à l’hostilité manifeste de la population. Ce serait la solution sage, mais peu probable compte tenu de l’arrogance habituelle de Bouba.
Scénario 2 : Bouba décide de s’imposer par la force. Il débarque à Birao avec des éléments armés (mercenaires de Wagner, FACA, miliciens) et installe son bureau malgré l’opposition de la population. Ce scénario pourrait conduire à des affrontements violents.
Scénario 3 : Bouba utilise son réseau et ses moyens financiers pour diviser la population. Il achète certains jeunes, il corrompt des autorités locales, et il parvient à installer son bureau avec le soutien d’une fraction de la population contre l’autre.
Le scénario 2 ou 3 est malheureusement le plus probable. Hassan Bouba ne renoncera pas facilement à son projet. Il a besoin d’installer des bureaux de son association “100% Touadéra” dans tout le pays pour créer une structure de mobilisation politique en faveur de Touadéra.
La Vakaga est une préfecture stratégique. C’est la région la plus au nord du pays, frontalière avec le Tchad et le Soudan. C’est aussi une zone où l’influence de Touadéra est contestée. Installer un bureau “100% Touadéra” à Birao serait pour Hassan Bouba une manière de montrer que le régime contrôle même les régions les plus éloignées.
Mais les jeunes de Birao ne l’entendent pas ainsi. Ils disent : “Cette région ne vous appartient pas. Vous ne viendrez pas ici nous imposer votre association de soutien à Touadéra”.
Cette résistance est d’autant plus remarquable qu’elle se manifeste dans une ville où l’État est quasi-absent, où les services publics ne fonctionnent pas, où la population est abandonnée. Dans ce contexte, résister à un ministre puissant comme Bouba demande un courage immense.
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. 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Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. 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