Lobaye : un civil tué et 3 autres blessés par les Eaux et Forêts venues protéger les intérêts de Centra Bois à Maka
Paoua : Complicité du Chef des Eaux et Forêts” width=”450″ height=”338″ />
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 10 octobre 2025, une mission des Eaux et Forêts a tourné au drame dans le village de Makas, situé dans la préfecture de la Lobaye, au sud-ouest de la République centrafricaine. Un affrontement a opposé les agents forestiers à des habitants hostiles, faisant un mort et trois blessés, dont un lieutenant des Eaux et Forêts.
Un homme de 45 ans a été tué. Trois autres villageois ont été blessés. Un lieutenant des Eaux et Forêts a reçu une blessure au bras gauche. Voilà le bilan d’une mission censée “contrôler l’exploitation illégale du bois” mais qui ressemble surtout à une opération de protection des intérêts d’une société privée, Centra Bois.
Selon un rapport interne consulté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, l’équipe conduite par le commandant Olona Nervo comptait douze agents. Elle avait reçu une “réquisition d’appui à la société Centra Bois”, chargée d’opérations de contrôle et de traçabilité du bois dans la zone.
Cette formulation est révélatrice. Les Eaux et Forêts n’étaient pas en mission pour protéger la forêt centrafricaine, patrimoine national. Elles étaient en “mission d’appui” à une société privée. En d’autres termes : elles étaient là pour protéger les intérêts commerciaux de Centra Bois contre les habitants locaux.
L’objectif officiel de cette mission était de “repérer et neutraliser les coupeurs de bois illégaux qui exploitent les forêts de la Lobaye sans autorisation, souvent au détriment des concessions forestières agréées par l’État”.
Traduisons ce langage bureaucratique : les habitants de Makas coupent du bois dans leur propre forêt pour survivre, pour construire leurs maisons, pour faire du charbon de bois qu’ils vendent pour nourrir leurs familles. Mais ce bois, l’État l’a concédé à Centra Bois. Donc les habitants qui exploitent leur propre forêt sont considérés comme des “coupeurs illégaux” qui nuisent aux “concessions forestières agréées”.
Le problème fondamental est là : l’État centrafricain concède des forêts entières à des sociétés privées sans consulter les populations locales qui vivent de ces forêts depuis des générations. Ces populations se retrouvent du jour au lendemain expropriées de leurs ressources naturelles, criminalisées quand elles continuent à exploiter la forêt comme elles l’ont toujours fait.
Dès leur arrivée à Makas, les agents des Eaux et Forêts ont rencontré une résistance inattendue. Les habitants, méfiants face à cette présence armée, ont accusé les Eaux et Forêts de venir protéger les intérêts de Centra Bois plutôt que ceux de la population locale.
Cette accusation n’est pas infondée. C’est exactement ce que les Eaux et Forêts faisaient : protéger les intérêts de Centra Bois. Le rapport officiel lui-même parle d’une “mission d’appui” à cette société. Les agents forestiers sont devenus la force de sécurité privée de Centra Bois, financée par l’argent public.
Des tensions se sont rapidement formées autour du lieu d’opération. Des échanges vifs ont opposé les villageois et les agents, avant qu’une altercation armée ne se déclenche. Au cours de l’incident, le lieutenant Langdsen Gué Didier a été blessé au bras gauche par un villageois. L’affrontement a également causé la mort d’un homme de 45 ans et fait trois blessés supplémentaires.
Le rapport officiel ne donne aucun détail sur les circonstances exactes de la mort du civil. Qui a tiré en premier ? Les agents des Eaux et Forêts étaient-ils armés ? Ont-ils ouvert le feu sur les villageois ? Le civil tué était-il armé ou non ? Toutes ces questions restent sans réponse.
Ce que nous savons, c’est qu’un homme de 45 ans est mort. Probablement un père de famille. Probablement quelqu’un qui exploitait la forêt pour nourrir ses enfants. Et il est mort parce que des agents de l’État sont venus protéger les intérêts d’une société privée qui s’est accaparée sa forêt.
Le corps du défunt a été transféré à la morgue. Les trois blessés ont été transportés à l’hôpital. Le rapport officiel précise que “la situation est désormais sous contrôle, les agents s’étant repliés après la stabilisation de la zone».
“Stabilisation de la zone». Un euphémisme bureaucratique pour dire : nous avons tiré sur les villageois, nous avons tué un homme, nous avons blessé trois autres personnes, et maintenant les habitants ont trop peur pour continuer à résister.
La préfecture de la Lobaye est depuis plusieurs années un point sensible de l’exploitation forestière centrafricaine. Plusieurs sociétés y exercent, souvent dans un climat de méfiance entre populations autochtones, exploitants et autorités.
Cette “méfiance” n’est pas mystérieuse. Elle résulte d’un système d’exploitation forestière profondément injuste. L’État concède des forêts entières à des sociétés privées. Ces sociétés exploitent le bois, font des profits énormes, exportent vers l’Europe et l’Asie. Et les populations locales qui vivaient de ces forêts se retrouvent sans ressources, criminalisées, réprimées.
Des habitants accusent les sociétés forestières de confisquer les richesses locales sans compensation équitable, tandis que les agents des Eaux et Forêts sont régulièrement accusés d’abus de pouvoir ou de collusion avec certains opérateurs privés.
Ces accusations sont fondées. Le cas de Makas le prouve : les Eaux et Forêts agissent en “appui” aux sociétés privées. Elles ne protègent pas la forêt, elles ne protègent pas les populations locales, elles protègent les intérêts commerciaux des exploitants forestiers.
Cette collusion entre l’administration forestière et les sociétés privées transforme les Eaux et Forêts en milice au service des exploitants. Les agents forestiers ne sont plus des fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine forestier national. Ils sont devenus des mercenaires qui répriment les populations locales pour le compte des sociétés d’exploitation.
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Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. 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