Centrafrique : une nouvelle bavure des gendarmes à Zawa, un jeune pousseur, Dekoyo Hervé, interpellé illégalement et racketté par ces bandits gendarmes pour un simple conseil donné à son ex-belle sœur

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un jeune pousseur de Zawa, monsieur Dekoyo Hervé, a été interpellé illégalement, emprisonné pendant trois jours et rackетté par les gendarmes du poste local pour avoir simplement conseillé à son ex-belle-sœur de ne pas construire sur le terrain de son frère décédé.
Les faits se sont déroulés à Zawa, commune de Guezeli, dans la deuxième circonscription de Yaloké 2, à 245 kilomètres de Bangui sur l’axe de Béloko. Rappelons le, le poste de gendarmerie de Zawa, situé à 20 kilomètres de Yaloké, dépend de la brigade de cette dernière ville.
Pour comprendre les faits, il faut d’embler savoir que Dekoyo Hervé travaille comme pousseur à Zawa. Il transporte les bagages des habitants dans sa pousse-pousse pour déposer à la destination des clienst. C’est un jeune qui se bat pour survire comme des nombreux jeunes comme lui. Il habite à Zawa depuis quelques temps avec son grand frère qui est aujourd’hui décédé. Mais avant la mort de son grand frère, celui-ci avait acheté un terrain et construit une maison où il vivait avec son épouse et leurs quatre enfants.
Moins d’un an après le décès du grand frère de Dekoyo Hervé, la veuve, Ngoubayo Natalie s’est remise rapidement en couple avec un nouveau compagnon. L’homme est venu vivre dans la maison du défunt avec la veuve et les quatre orphelins. Le nouveau couple a eu des enfants ensemble et a ensuite acheté des tôles pour construire une nouvelle maison dans la même concession, sur le terrain du défunt.
C’est à ce moment que Dekoyo Hervé s’est rendu chez son ex-belle-sœur, Ngoubayo Natalie, pour lui parler. Il lui a dit qu’il était heureux qu’elle ait retrouvé un compagnon, car ce n’était pas bien de rester seule. Mais il lui a fait remarquer un problème : construire une nouvelle maison sur le terrain du défunt risquait de créer des conflits futurs.
Le jeune homme lui a expliqué que les enfants du défunt allaient grandir, tout comme les enfants qu’elle avait eus avec son nouveau mari. Un jour, ces deux groupes d’enfants pourraient se disputer l’héritage et le terrain. Il valait mieux que le nouveau couple achète son propre terrain et construise ailleurs, laissant la maison et le terrain du défunt à ses quatre enfants. C’était un conseil de bon sens, dicté par le souci d’éviter des conflits familiaux futurs.
Mais au lieu d’écouter ce conseil sensé, Ngoubayo Natali s’est rendue au poste de gendarmerie de Zawa où elle a remis 20 000 francs CFA aux gendarmes. Sans autre explication, sans plainte formelle, juste 20 000 francs.
Le lendemain matin, les gendarmes ont débarqué chez Dekoyo Hervé. Ils l’ont interpellé et conduit au poste. Sans interrogatoire, sans lui expliquer de quoi on l’accusait, ils l’ont jeté en cellule. Le jeune pousseur est resté trois jours en prison. Trois jours pour avoir donné un conseil à son ex-belle-sœur.
Au bout de ces trois jours d’emprisonnement arbitraire, les gendarmes l’ont fait sortir de cellule. Ils lui ont annoncé qu’il devait payer 20 000 francs CFA pour être libéré. Dekoyo Hervé leur a expliqué qu’il n’avait pas cet argent. Il était simple pousseur, comment pourrait-il trouver une telle somme ?
Face à cette situation injuste, les collègues pousseurs de Dekoyo Hervé ont décidé d’agir. Ils ont fait une collecte entre eux et ont réuni 10 000 francs CFA qu’ils ont apportés aux gendarmes. Ils ont expliqué que leur collègue n’avait pas 20 000 francs, que c’était un pousseur comme eux, sans moyens, et qu’ils ne pouvaient réunir que 10 000 francs.
Les gendarmes ont accepté les 10 000 francs mais ont posé une condition qui transforme leur racket en esclavage moderne : ils ont gardé la carte nationale d’identité de Dekoyo Hervé. Le jeune devait retourner travailler avec sa pousse-pousse, économiser, et revenir avec les 10 000 francs restants. Seulement alors, ils lui rendraient sa carte d’identité.
Cette affaire interroge sur l’état de droit en Centrafrique. Sur quelle base légale Dekoyo Hervé a-t-il été interpellé ? Quel crime a-t-il commis ? Donner un conseil à son ex-belle-sœur constitue-t-il une infraction ? Les gendarmes n’ont procédé à aucun interrogatoire, n’ont établi aucun procès-verbal, n’ont formulé aucune accusation. Ils ont simplement emprisonné un citoyen parce que quelqu’un leur a donné 20 000 francs.
Le système est parfaitement connu et montre l’effondrement complet de l’État de droit : quelqu’un paie les gendarmes, ils interpellent la personne désignée, l’emprisonnent sans motif légal, puis exigent une somme pour la libérer. C’est du racket organisé sous couvert d’autorité publique. La confiscation de la carte d’identité pour forcer le paiement du solde s’apparente à de l’esclavage. Les gendarmes obligent ce jeune à travailler pour leur payer une “dette” qui n’a aucun fondement légal.
Dans un État de droit, les forces de l’ordre interpellent sur la base de preuves d’infraction, interroge les suspects, établit des procès-verbaux, les défère devant un juge. À Zawa, les gendarmes interpellent celui qui paie le moins et libèrent contre rançon. Cette dérive confirme l’effondrement complet de l’État centrafricain. Le directeur général de la gendarmerie laisse le chaos s’installer. Le chef d’état-major ne contrôle rien. Le ministre de tutelle ferme les yeux.
Le président, comme le déclare son ministre conseiller Fidel Gouandjika, considère que “tout le monde doit manger”. “Tout zo à té yé ” sur le dos de pauvres pousseurs qui gagnent péniblement leur vie. “Manger” en rackettant des citoyens qui n’ont commis aucun crime. “Manger” en transformant les postes de gendarmerie en entreprises mafieuses.
La Centrafrique est devenue un pays où la loi n’existe plus, où chacun fait sa propre loi, où les forces de l’ordre sont devenues des gangs en uniforme qui terrorisent et rackettent les populations qu’elles sont censées protéger. Dekoyo Hervé a donné un conseil sage pour éviter des conflits futurs dans sa famille. Pour cela, il a été emprisonné trois jours et rackетté. Sa carte d’identité reste confisquée jusqu’à ce qu’il paie le solde de sa “dette” à des gendarmes qui ont transformé leur poste en boutique de racket.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)