Bangui : Deux homosexuels arrêtés dans une auberge à Pétévo, entre vide juridique et pression sociale

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’arrestation du gendarme Gbanngazoni et d’un civil surpris dans une relation intime au quartier Pétévo, dans le sixième arrondissement de la capitale relance le débat sur le statut légal de l’homosexualité en Centrafrique.
Une arrestation survenue la semaine dernière dans le sixième arrondissement de Bangui relance une question sensible en République centrafricaine : quelle est la situation légale réelle de l’homosexualité dans le pays ? L’interpellation de deux hommes, dont un gendarme en service et un civil, surpris en plein rapport sexuel dans une auberge du quartier Pétévo, pose des questions juridiques importantes sur les limites entre morale sociale et droit pénal.

La scène s’est déroulée lorsqu’une patrouille a découvert les deux hommes dans une chambre d’auberge. Immédiatement conduits à la Section de recherches et d’investigations (SRI), ils ont provoqué de vives réactions dans le quartier où beaucoup considèrent leur acte comme une atteinte à la morale publique. Cette réaction populaire contraste avec la réalité juridique du pays.
En effet, le code pénal centrafricain ne condamne pas explicitement les relations entre personnes de même sexe. Contrairement à d’autres pays de la région, la République centrafricaine n’a pas de loi spécifique criminalisant l’homosexualité. Tant que ces rapports se déroulent en privé et entre adultes consentants, ils ne constituent pas techniquement un crime au regard de la législation nationale.
Cette situation juridique crée un flou que les forces de l’ordre exploitent souvent en s’appuyant sur des articles généraux du code pénal. Les notions d’« outrage public à la pudeur » et d’« atteintes aux bonnes mœurs » deviennent alors des outils juridiques utilisés lorsqu’un acte est découvert dans un espace que les autorités jugent accessible au public.
Dans le cas de l’auberge du quartier Pétévo, cette ambiguïté juridique est particulièrement visible. D’un point de vue strictement légal, rien n’interdit explicitement l’acte commis dans une chambre privée. Mais socialement et moralement, la stigmatisation reste très forte, poussant les autorités à agir davantage selon les normes sociales que selon une base pénale claire.
Cette approche n’est pas nouvelle en République centrafricaine. Il y a une année, deux ressortissants camerounais avaient été arrêtés à Bangui pour suspicion d’homosexualité. Bien qu’aucune disposition légale ne permette une condamnation pénale directe pour ce motif, les deux hommes avaient finalement été expulsés vers leur pays d’origine.
Cette expulsion passée montre parfaitement le décalage entre la légalité théorique et les pratiques réelles. Juridiquement, il n’y avait pas matière à sanction pénale, mais socialement et politiquement, les autorités avaient cédé à la pression populaire et aux normes morales dominantes. Cette affaire avait créé un précédent troublant où l’absence de base légale claire n’avait pas empêché des mesures coercitives.
La Constitution ajoute une nuance importante à ce tableau juridique complexe. Si elle interdit explicitement le mariage entre personnes de même sexe, elle ne criminalise pas pour autant l’homosexualité elle-même. Cette distinction constitutionnelle crée un paradoxe : le mariage homosexuel est constitutionnellement prohibé, mais les relations homosexuelles privées ne sont pas pénalement sanctionnées.

Cette situation juridique paradoxale explique les arrestations arbitraires, les intimidations et parfois les expulsions qui frappent les personnes homosexuelles sans qu’aucune condamnation formelle ne soit jamais prononcée. Les autorités agissent dans un vide juridique qu’elles comblent par l’application de normes sociales non codifiées.
Le cas du gendarme Gbanngazoni arrêté au moment où son anus était en train d’être chauffé par un autre PD ajoute une dimension particulière à cette affaire. En tant que membre des forces de l’ordre, sa situation professionnelle pourrait être compromise même en l’absence de condamnation pénale. Les règlements internes de la gendarmerie peuvent prévoir des sanctions disciplinaires pour des comportements jugés contraires à l’éthique du corps, indépendamment de leur caractère légal ou illégal.
Cette affaire pousse ainsi les centrafricains à s’interroger sur l’état de droit en République centrafricaine. Dans quelle mesure les autorités peuvent-elles arrêter et sanctionner des citoyens pour des actes qui ne sont pas explicitement criminalisés par la loi ? Cette pratique ne constitue-t-elle pas une forme d’arbitraire judiciaire contraire aux principes constitutionnels ?
La situation actuelle traduit un conflit entre plusieurs sources de normes : le droit pénal qui ne condamne pas explicitement l’homosexualité, la Constitution qui interdit le mariage homosexuel, les normes sociales qui rejettent fermement ces pratiques, et les pressions populaires qui poussent les autorités à agir.
Dans ce contexte complexe, les personnes homosexuelles en République centrafricaine évoluent dans une zone grise particulièrement inconfortable. Elles ne risquent pas théoriquement de condamnation pénale, mais peuvent subir des arrestations, des intimidations ou des expulsions basées sur des interprétations extensives de textes juridiques généraux.




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)