Carburant et Vignettes : la Stratégie Électoraliste risquée de Touadéra

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
En République centrafricaine, l’augmentation des prix du carburant et la réintroduction des vignettes automobiles sous la présidence de Touadéra créent des tensions sociales dans un contexte économique fragile précédant les élections.
Depuis son discours de fin d’année 2018, le président Faustin-Archange Touadéra entretient une relation compliquée avec les Centrafricains sur la question des prix du carburant. À l’époque, il avait annoncé une possible hausse des coûts à la pompe, expliquant que la République centrafricaine, dépendante des importations pétrolières, subissait les variations des prix mondiaux. Pour éviter de toucher directement les plus modestes, il avait proposé une solution : des vignettes automobiles pour les véhicules à plus de trois roues, avec des tarifs annuels allant de 20 000 à 150 000 FCFA selon le type de véhicule. Les motos, quant à elles, devaient faire l’objet d’une réflexion séparée. Mais cette idée, qui risquait de mécontenter une large partie de la population, a été mise de côté à l’approche des élections de 2020, un moment où le président cherchait à consolider son image.
En 2023, la donne a changé. Après les élections, les prix du carburant ont grimpé en flèche, frôlant le double pour l’essence, le gasoil et le pétrole lampant. Cette hausse, qui a frappé de plein fouet les ménages, a été accompagnée par une décision controversée : l’octroi d’un monopole de dix ans à la société camerounaise Neptune Oil pour importer les produits pétroliers. Ce choix, défendu par le ministre de l’Énergie, Arthur Bertrand Piri, proche de Touadéra, visait à stabiliser l’approvisionnement et à augmenter les recettes fiscales. Mais l’effet a été inverse. Les prix à la pompe, parmi les plus élevés au monde, ont alimenté une inflation galopante, rendant le transport et les produits de première nécessité inabordables pour beaucoup. Le Fonds monétaire international a pointé du doigt ce monopole, estimant qu’il générait des coûts opaques et freinait la compétitivité. Les recettes fiscales pétrolières, qui représentaient autrefois 20 à 25 % des revenus de l’État, ont chuté à 9 % en 2024, un revers économique majeur.
En mai 2025, le gouvernement a tenté un geste : une baisse des prix du carburant, de 50 à 100 FCFA par litre, présentée comme une réponse à la détresse des Centrafricains. Cette réduction, en partie rendue possible par un don de 30 000 litres de carburant de la Russie, a été accueillie avec scepticisme. Les opposants et les associations de consommateurs l’ont jugée dérisoire, incapable d’alléger le fardeau de l’inflation ou de réduire les coûts du transport. Dans le même temps, une vieille idée a refait surface : les vignettes automobiles. Désormais, les motos devraient s’acquitter de 5 000 FCFA par an, tandis que les voitures seraient taxées selon leur puissance fiscale, avec des montants variables entre 20 000 et 120 000 francs CFA. Cette mesure, évoquée dès 2019 mais jamais appliquée, semble aujourd’hui servir à compenser les pertes fiscales tout en donnant l’illusion d’un effort pour baisser les prix à la pompe.
Cette alternance entre annonces de baisses et introduction de nouvelles taxes nourrit la défiance populaire. De nombreux observateurs y décèlent une approche électoraliste, particulièrement en perspective des prochaines échéances politiques. Les interrogations se multiplient concernant la gestion opaque de Neptune Oil, alimentées par des allégations d’accords douteux impliquant des partenaires étrangers et des détournements de bénéfices. Le refus gouvernemental de libéraliser le secteur pétrolier, malgré les recommandations du FMI, aggrave la situation économique. Les Centrafricains, confrontés simultanément à l’insécurité et à la pauvreté, subissent les conséquences d’une économie paralysée par des décisions politiques qui privilégient apparemment les considérations électorales au détriment des préoccupations quotidiennes de la population….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)