2 millions pour 15 femmes : le CICR mise sur l’autonomisation des handicapées de Bangui

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Comité International de la Croix-Rouge finance des activités génératrices de revenus pour sortir les femmes handicapées de la mendicité et leur offrir une alternative économique durable.
Le 2 septembre 2025, le Centre Handicap de Rééducation Moteur (CRAHM) de Bangui accueillait une cérémonie particulière. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), en partenariat avec cette institution spécialisée, remettait une enveloppe de 2 millions de francs CFA à 15 femmes en situation de handicap pour financer leurs activités génératrices de revenus.
Cette initiative s’attaque à une réalité douloureuse de la société centrafricaine : la marginalisation des femmes handicapées, contraintes pour beaucoup à la mendicité faute d’opportunités économiques. Dans un pays où environ 10% de la population vit avec un handicap, ces femmes subissent une double discrimination liée à leur genre et à leur condition physique.
“Il est bon d’aider les femmes en situation de handicap parce que c’est la cible la plus vulnérable”, explique Sœur Martine Sawadougou, responsable administratrice financière du CRAHM. “On a initié ce projet pour qu’elles puissent faire de petites activités qui vont les aider à être autonomes, à ne pas dépendre des gens ou à se donner à la mendicité”.
Cette approche pragmatique vise à transformer une situation de dépendance en opportunité d’émancipation économique. Les 15 bénéficiaires pourront désormais investir dans le petit commerce, la couture ou la vente de produits artisanaux, secteurs accessibles qui correspondent à leurs compétences et aux réalités du marché national.
Sonia Yabulo, présidente d’une association de personnes handicapées et bénéficiaire du programme, témoigne de l’impact concret de cette aide : “Notre centre nous a aidé pour avancer dans notre activité. On va faire avec le commerce. On a trouvé encore des renforcements. On va ajouter encore plus pour évoluer notre commerce”.
Couturière de formation, Sonia prévoit d’utiliser ces fonds pour acheter tissus, fils et autres matériaux nécessaires à son activité. “Je vais acheter les tissus et les fils, les billets pour confectionner encore les robes et les chutes”, précise-t-elle, montrant une vision claire de son développement commercial.
Le projet ne se limite pas à un simple transfert financier. Un suivi régulier accompagne les bénéficiaires pour s’assurer de la viabilité de leurs activités. Ce dispositif comprend des conseils en gestion commerciale, une évaluation des besoins du marché local et un accompagnement pour adapter les produits ou services à la demande.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts menés depuis 2021 par le CICR et le CRAHM. Le centre, dirigé par Sœur Merveille Mbala Igola et situé dans le quartier Fouh, dans le 4e arrondissement de Bangui, joue un rôle central dans la rééducation physique et l’appareillage des personnes handicapées.
La collaboration entre ces deux institutions ne date pas d’hier. En octobre 2020, le CICR avait déjà fourni un appui financier, matériel et technique au CRAHM et à l’Association Nationale de Rééducation et d’Appareillage de Centrafrique (ANRAC). Ce soutien avait permis de transporter des patients de l’intérieur du pays vers Bangui pour des soins spécialisés, notamment pour la fabrication de prothèses.
L’initiative actuelle va au-delà de la rééducation physique en intégrant une dimension économique. Cette approche holistique reconnaît que l’inclusion sociale des personnes handicapées passe aussi par leur autonomisation financière. En générant leurs propres revenus, ces femmes peuvent retrouver dignité et respect social.
Les objectifs de ce programme sont multiples. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance économique en permettant aux femmes de subvenir à leurs besoins de manière autonome. Le projet vise également à combattre la stigmatisation en valorisant leurs compétences et leur contribution économique. Enfin, il offre une alternative viable à la mendicité, souvent perçue comme une solution de dernier recours.
Cette approche par les activités génératrices de revenus s’avère particulièrement pertinente dans le contexte centrafricain. Elle s’adapte aux réalités du marché informel tout en respectant les contraintes de mobilité et d’accessibilité des bénéficiaires. Les activités choisies – commerce, couture, artisanat – correspondent aux compétences traditionnelles des femmes et aux besoins identifiés localement.
Le choix de 15 bénéficiaires permet un accompagnement personnalisé, garantissant un meilleur taux de réussite. Cette approche ciblée, bien que limitée en nombre, peut servir de modèle pour des extensions futures. Le CICR et le CRAHM envisagent d’ailleurs d’élargir ce type de programme à d’autres régions de la République centrafricaine.
Cette initiative explique également l’évolution de l’approche humanitaire vers des solutions durables. Au lieu de se contenter d’une aide d’urgence, le CICR mise sur l’autonomisation des bénéficiaires. Cette philosophie correspond aux standards internationaux en matière d’inclusion des personnes handicapées.
En 2024, le CICR a soutenu 79 842 personnes en République centrafricaine à travers divers programmes. L’appui aux femmes handicapées s’inscrit dans cette dynamique globale de renforcement des moyens de subsistance et d’inclusion sociale.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. 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