Ndim : Un FACA tue un civil peul pour avoir traversé la route

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Un acte d’une violence gratuite et inexplicable a coûté la vie à un civil peul mercredi 16 janvier près de Ndim, à 592 kilomètres de Bangui. Un militaire des Forces Armées Centrafricaines (FACA) a abattu de sang-froid un homme qui traversait simplement la route à l’entrée du village Hang Zoung, à 5 kilomètres de Ndim.
Les faits se sont déroulés vers 17 heures sur l’axe Bocaranga-Ndim. Le militaire, qui rentrait du marché hebdomadaire de Ndim vers son poste de Létélé, a intercepté un civil peul qui s’apprêtait à traverser la route. Sans raison apparente, il a exigé que l’homme s’arrête. Face au refus de ce dernier de se soumettre à cet ordre arbitraire, le militaire n’a pas hésité à faire usage de son arme, tuant l’homme sur le coup.
“Depuis quand traverser une route est-il devenu un crime passible de mort ?”, s’interroge un habitant de Hang Zoung. “Les Peuls sont-ils condamnés à vivre dans la peur permanente, même pour des gestes aussi anodins que traverser un axe routier ?”
Cette exécution sommaire s’inscrit dans un contexte de stigmatisation croissante de la communauté peule. “On nous présente systématiquement comme des rebelles ou des complices”, dénonce un leader communautaire. “Cette mentalité autorise tous les abus contre nous, jusqu’au meurtre“.
L’impunité qui entoure généralement ce type d’exactions ne fait qu’encourager leur répétition. “Le plus révoltant“, poursuit notre source, “c’est que ces crimes sont souvent considérés comme normaux par les autorités. On tue un Peul, on l’enterre, et la vie continue comme si rien ne s’était passé“.
Cette nouvelle victime de l’arbitraire sécuritaire pose la question du respect des droits fondamentaux en Centrafrique. Dans un pays où traverser une route peut devenir motif d’exécution pour certaines communautés, c’est l’État de droit lui-même qui se trouve menacé.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
