Nous n’avons plus rien de militaire sur nous » : Le capitaine du détachement d’Amdafock réclame l’évacuation de ses troupes vers Birao puis Bangui

Alors que les autorités et les canaux de propagande à la solde de Wagner passent leur temps à répéter comme des perroquets depuis plusieurs années que les échecs de l’armée étaient uniquement dus à l’embargo sur les armes imposées par les nations-unies, la réalité de ce qui se passe à Amdafock vient briser cette propagande. Voilà maintenant deux ans que cet embargo est levé, et pourtant, rien n’a changé : les militaires manquent de tout, n’ont aucun équipement sérieux et se retrouvent totalement démunis.
Le capitaine, chef du détachement militaire à Amdafock, a jeté un pavé dans la mare lors d’un échange téléphonique sans fard avec un collègue resté à Bangui, dévoilant les coulisses de leur mémorable marathon nocturne pour rejoindre la base de la MINUSCA.
En civil et désarmés depuis cinq jours
Le constat dressé par le commandant est implacable : après cinq jours passés à l’intérieur de la base onusienne, ses hommes n’ont absolument aucun effet militaire à disposition. Lors de la débandade, la précipitation était telle que plusieurs éléments ont fui en tenue civile, sans même une paire de chaussures réglementaires. Pour couronner le tout, le protocole de sécurité des casques bleus a fonctionné à merveille : toutes les armes ont été confisquées et neutralisées à l’entrée.
Par conséquent, si une colonne de contre-offensive venait à débarquer pour reprendre Amdafock, l’armée régulière détachée dans la ville serait totalement incapable de lever le petit doigt.
Cap sur Birao et Bangui, place aux miliciens
Le capitaine ne cache d’ailleurs plus ses intentions : l’unique objectif de sa troupe est désormais d’évacuer la zone, de rejoindre Birao à 65 kilomètres de là, puis de rentrer définitivement à Bangui. La guerre ? Ce sera sans eux.
Si les forces de soutien veulent des guides ou des combattants pour repousser les rebelles, le chef de détachement conseille ouvertement de se tourner vers les « Wagner noirs ». Ces miliciens d’autodéfense locaux, des civils natifs de la région formés à la va-vite, sont visiblement les seuls à pouvoir marcher face aux insurgés.
Ce décalage total met à mal les campagnes de communication qui saturent l’espace public centrafricain pour cacher l’incompétence des tuteurs russes. Derrière les excuses faciles de l’embargo, les troupes régulières se retrouvent démunies et promptes à battre des records de vitesse à la moindre alerte, laissant les milices locales gérer le chaos logistique.
Par Alain Nzilo
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