Quand le ministre Aurélien Simplice Zingas menace les chefs d’établissement scolaire

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le ministre d’État à l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas, sort de ses prérogatives pour menacer ouvertement les chefs d’établissement. Lors d’une interview accordée à la radio nationale samedi 4 janvier, l’ancien opposant devenu ministre brandit des sanctions contre ceux qui ne participeraient pas aux opérations “Kwa ti kodro “.
Le chantage d’un transfuge politique, Aurélien Simplice Zingas
“Chaque samedi maintenant, nous allons vérifier. Un chef d’établissement qui refuse cet exercice aura à s’expliquer devant moi”, a déclaré le ministre Aurélien Simplice Zingas, ancien opposant maintenant soumis au pouvoir. Ces propos à la radio nationale montrent comment le système éducatif centrafricain bascule dans l’autoritarisme.
Le nettoyage des rues à la place de l’éducation
Au lieu de régler les vrais problèmes – classes bondées, pas de matériel pédagogique, pas des table-bancs, pas d’enseignants… , le ministre Aurélien Simplice Zingas veut que les directeurs d’écoles et les proviseurs des lycées nettoient les rues. “Notre métier c’est d’enseigner aux enfants, pas de balayer”, explique un proviseur du lycée à Bangui qui ne souhaite pas donner son nom par peur des sanctions.
Les missions détournées par le ministre Aurélien Simplice Zingas
L’opération “Kwa ti kodro” appartient aux services municipaux. En forçant les établissements scolaires à y participer, le ministre change la mission de l’école. “L’école ne doit pas servir la politique“, déclare un syndicaliste des enseignants contacté par la rédaction du CNC.
La servilité politique
Pourquoi ce changement total d’un ancien opposant ? D’après plusieurs sources, Aurélien Simplice Zingas veut prouver à Baba Kongoboro qu’il mérite son poste de ministre. “Il efface son passé d’opposant en devenant un serviteur zélé”, note un ancien collègue du ministre à Mobaye.
L’école égarée
Cette attitude s’ajoute aux problèmes de l’école. Le ministre, sans aucune expérience en éducation, utilise son poste pour des buts politiques et non éducatifs.
Les chefs d’établissement, qui manquent déjà de tout, doivent maintenant subir des menaces s’ils ne participent pas au nettoyage. Cette situation absurde montre les priorités du ministre.
Les enseignants sous pression du ministre Aurélien Simplice Zingas
“Nous travaillons sans moyens, et on nous force à nettoyer les rues”, raconte un directeur d’école primaire. Les syndicats d’enseignants refusent d’obéir à ces ordres qui n’ont aucune base légale.
Douze mois sans résultats
Depuis qu’il dirige le ministère, aucune amélioration n’est visible dans les écoles. Sa seule action : forcer les directeurs à devenir balayeurs sous peine de punition. L’école centrafricaine continue de s’enfoncer.
La communauté éducative espère toujours un vrai projet pour l’école. En attendant, le ministre multiplie les déclarations autoritaires, plus intéressé par sa carrière politique que par l’éducation des enfants.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)
