
Dans une réponse adressée à la rédaction du CNC, le médecin-chef de Tiringoulou détaille ses réformes et défend son engagement auprès des patients.
Le docteur Jean Eude Mokpem, médecin-chef de l’hôpital secondaire de Tiringoulou, dans la préfecture de la Vakaga, a répondu à la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC) après la publication d’un article le concernant. Dans un message vocal transmis au journal, il revient sur sa nomination, les changements qu’il affirme avoir apportés à l’établissement et les difficultés auxquelles il reste confronté.

Le médecin explique avoir été affecté à Tiringoulou par le ministère de la Santé en janvier 2005, à travers un arrêté portant le numéro 0300, signé, d’après ses déclarations, par le docteur Pierre Sansé. Il précise appartenir à la 38e promotion de médecins ayant prêté serment avant leur entrée en fonction.
Un service médical réorganisé pour fonctionner jour et nuit
À son arrivée, le docteur Jean Eude Mokpem affirme avoir trouvé un établissement dont plusieurs services fonctionnaient difficilement. Il cite notamment les gardes médicales, le suivi des patients hospitalisés et le bloc opératoire.
À lire aussi : Diomandé débloque enfin son compteur au Real
« Quand je suis arrivé, le service de garde n’était pas vraiment opérationnel. J’ai fait des réformes pour que les malades puissent trouver quelqu’un à l’hôpital à n’importe quelle heure », explique-t-il.
Le médecin assure avoir instauré un fonctionnement permanent des gardes et du bloc opératoire. Résidant lui-même dans la concession de l’hôpital, il affirme rester disponible à toute heure pour les urgences.
Il insiste également sur les visites médicales quotidiennes, qu’il considère indispensables pour suivre l’évolution des patients, adapter leurs traitements et vérifier leur état de santé.
Des quittances pour encadrer les recettes et payer les secouristes
Le docteur Mokpem revient longuement sur la gestion financière de l’établissement. À son arrivée, affirme-t-il, les frais de consultation étaient encaissés sans véritable système de suivi.
Il explique avoir introduit des quittances pour les consultations, les hospitalisations, les interventions chirurgicales et les examens médicaux. Cette organisation devait permettre de centraliser les recettes et de financer certaines dépenses de fonctionnement.
Il affirme notamment avoir amélioré la rémunération des infirmiers secouristes. Alors que leur indemnité prévue par l’État était, d’après lui, de 12 000 francs CFA par mois, il dit avoir fixé leur rémunération à 30 000 francs CFA mensuels.
« Avant mon arrivée, ils recevaient difficilement 40 000 francs CFA tous les trois mois. Maintenant, je les paie 30 000 francs CFA à la fin de chaque mois », déclare-t-il.
Le médecin reconnaît que ces agents ne disposent pas de diplômes d’État et que leur situation administrative reste précaire.
Des examens médicaux introduits et des opérations autrefois réalisées à la torche
Parmi les changements qu’il revendique figure le développement des examens de laboratoire. Le docteur Jean Eude Mokpem explique avoir acheté des réactifs avant de rejoindre son poste, afin de permettre à l’hôpital de réaliser plusieurs analyses sur place.
Il cite notamment le dépistage du VIH, de l’hépatite B et une quinzaine d’autres examens destinés à faciliter le diagnostic des maladies.
Le médecin raconte également les conditions dans lesquelles il pratiquait certaines interventions chirurgicales à ses débuts.
« Quand je suis arrivé, je commençais à opérer avec une torche. Je me suis dit que ce n’était pas possible de continuer comme ça », raconte-t-il.
Il affirme être ensuite retourné à Bangui pour acheter des panneaux solaires et des projecteurs d’une puissance annoncée de 3 000 watts, qu’il a fait transporter par avion jusqu’à Tiringoulou.
Ces équipements ont, selon ses explications, amélioré l’éclairage de l’hôpital et les conditions de réalisation des interventions médicales.
Le docteur Mokpem évoque également l’arrivée d’une moto Yamaha et d’une ambulance destinées à l’établissement. Il précise que l’ambulance facilite les évacuations sanitaires depuis Tiringoulou, mais également depuis Gordil et la commune de Ouandja, notamment vers Birao.
Des soins gratuits pour certaines catégories de patients
Le médecin-chef explique que l’hôpital dispose de deux circuits pharmaceutiques, qu’il désigne comme une pharmacie ciblée et une pharmacie non ciblée.
Le premier permet, selon ses explications, la prise en charge gratuite des enfants de moins de cinq ans, des femmes enceintes, des femmes allaitantes et des personnes âgées.
Les autres patients doivent payer leurs consultations et leurs médicaments. Les recettes contribuent, affirme-t-il, au fonctionnement de l’établissement et à la rémunération du personnel auxiliaire.
Il indique également avoir fait surélever les clôtures de l’hôpital et souhaite poursuivre les travaux avec la construction d’une clôture en béton et l’installation d’un portail.
En tant que seul médecin-chef de l’État en poste dans la région de la Vakaga, le docteur Jean Eude Mokpem assure la continuité des soins de santé malgré le manque persistant de personnel qualifié.
Seul médecin qualifié de l’État, Jean Eude Mokpem demande du personnel supplémentaire
Malgré les améliorations qu’il revendique, le docteur Jean Eude Mokpem reconnaît que l’hôpital secondaire de Tiringoulou souffre d’un manque important de personnel qualifié.
« La seule personne qualifiée de l’État à l’hôpital de Tiringoulou, c’est moi seul. Les autres sont des secouristes », affirme-t-il.
Il explique multiplier les démarches pour obtenir l’affectation d’au moins un infirmier diplômé d’État et d’un technicien de laboratoire. Ces renforts permettraient, selon lui, de mieux répartir les tâches et d’améliorer la prise en charge des patients.
Face aux critiques, le médecin affirme vouloir poursuivre son travail
Dans la dernière partie de son intervention, le docteur Jean Eude Mokpem répond indirectement aux critiques formulées à son encontre. Il rappelle que son métier lui impose de soigner tous les patients, quelles que soient leur origine, leur appartenance ethnique ou leur situation personnelle.
« Le médecin prête serment pour soigner tout le monde. Quelle que soit ton ethnie, quelle que soit ta race, le médecin doit te soigner. Nous sommes là pour soigner tout le monde et non pour écarter quelqu’un », insiste-t-il.
Il affirme rester ouvert aux échanges avec les habitants, les responsables sanitaires et toutes les personnes souhaitant contribuer à l’amélioration des services de santé à Tiringoulou.
Pour décrire sa disponibilité, il utilise une expression imagée en se comparant à une mangue mûre que chacun peut chercher à atteindre.
Le médecin-chef assure enfin que la publication de l’article du CNC ne modifiera ni son engagement professionnel ni sa volonté de continuer à travailler au service de la population.
« Ce n’est pas à cause de cette publication que je vais être paralysé ou démoralisé. Je suis toujours disponible pour aider la population », déclare le docteur Jean Eude Mokpem.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




