Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain, dénonce l’absence d’un véritable réseau d’eau potable à Bangui et relie cette situation aux problèmes d’urbanisation et de gestion des risques d’inondation.
Pour Jean-Pierre Mara, « sans eau, il n’y a ni propreté ni salubrité ». L’ancien député estime que la construction d’un vaste réseau de distribution d’eau potable ne constitue pas une priorité pour l’État centrafricain.
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Dans sa déclaration intitulée « L’eau est là ! L’eau est là ! Et sans inondation », Jean-Pierre Mara critique directement les différents gouvernements qui se sont succédé en Centrafrique. Il affirme que les responsables politiques se préoccupent davantage de la conservation de leurs pouvoirs et de leurs privilèges que de l’accès des populations à l’eau potable.
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« Les dignitaires des régimes successifs n’ont pas à leur agenda l’existence même de l’eau », écrit Jean-Pierre Mara. Il ajoute que les responsables disposent de leurs propres moyens d’approvisionnement, alors qu’une grande partie de la population reste confrontée aux difficultés d’accès à l’eau potable.
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Jean-Pierre Mara rappelle les promesses sur les forages
Jean-Pierre Mara revient sur les annonces faites en 2021 par la SODECA et le ministère de l’Hydraulique. À cette période, une dizaine de forages doivent être construits dans les quartiers Mbémbé et Cité Nazareth, situés à la périphérie ouest de Bangui.
Ces quartiers connaissent alors des difficultés d’accès à l’eau potable depuis plusieurs années. Face à la persistance du problème dans d’autres secteurs de la capitale, la SODECA annonce ensuite un projet beaucoup plus vaste portant sur la construction de 3 000 forages à Bangui et dans ses environs.
En 2026, Jean-Pierre Mara affirme que cette décision n’a toujours pas produit les résultats attendus. Il qualifie cette orientation de « farfelue » et estime que le recours massif aux forages montre l’incapacité à construire un véritable réseau public de distribution d’eau dans la capitale.
Pour l’ancien député, la vétusté du réseau de transport de l’eau et les difficultés du réseau électrique aggravent les problèmes d’approvisionnement. Il relie ces difficultés à la mauvaise gestion des différents gouvernements.
Jean-Pierre Mara défend une véritable politique d’urbanisation
Jean-Pierre Mara estime pourtant que des solutions existent. Il compare le réseau d’eau aux réseaux routier, électrique et de téléphonie fixe.
Selon lui, l’État doit mettre en place un véritable programme d’urbanisation. Chaque habitation construite dans la ville conformément à un schéma cadastral devrait pouvoir être raccordée aux différents réseaux publics et payer en fonction de sa consommation.
L’ancien député considère que l’absence d’une urbanisation maîtrisée empêche aujourd’hui une partie des habitants d’accéder aux réseaux et de contribuer financièrement à leur développement.
« L’habitant doit avoir accès et payer pour contribuer aux investissements », affirme Jean-Pierre Mara, qui fait de la planification urbaine un élément central de sa réflexion sur l’accès à l’eau potable.
Il établit également un lien direct entre l’urbanisation de Bangui et la question des inondations. Pour lui, l’aménagement de la capitale doit intégrer les risques liés aux crues de l’Oubangui au lieu de traiter séparément les problèmes d’eau potable et de gestion des inondations.
Jean-Pierre Mara s’appuie sur les travaux de Yves Boulvert
Dans sa déclaration, Jean-Pierre Mara cite les travaux du géographe Yves Boulvert consacrés à l’histoire des crues de l’Oubangui à Bangui.
Ces travaux retracent les crues observées depuis 1889 et analysent leurs conséquences sur les populations et les biens installés dans les zones exposées. Ils présentent également une analyse statistique des débits de l’Oubangui sur une longue période.
Jean-Pierre Mara rappelle notamment que plusieurs crues historiques ont enregistré des débits supérieurs ou égaux à 12 000 m³/s. Les données citées dans sa déclaration font état de onze crues majeures recensées.
Il évoque aussi les crues de 1916, 1961 et 1999, utilisées dans l’analyse des risques d’inondation à Bangui. Les travaux cités montrent l’importance de prendre en compte les données hydrologiques dans l’aménagement de la capitale.
Jean-Pierre Mara insiste sur la nécessité d’un réseau d’eau potable efficace et d’une urbanisation maîtrisée pour améliorer l’accès à l’eau à Bangui.
Pour Jean-Pierre Mara, ces recherches démontrent qu’il est possible de disposer de données précises sur les risques liés à l’Oubangui. Elles doivent permettre d’intégrer la prévention des inondations dans les politiques d’urbanisation et d’aménagement.
Jean-Pierre Mara : « L’eau est là ! »
L’ancien député insiste sur le fait que la question de l’eau ne doit pas être réduite à la construction de quelques forages. Il défend une politique globale associant production, transport, distribution, urbanisation, électricité et prévention des risques.
Jean-Pierre Mara estime que les difficultés actuelles résultent aussi de l’absence d’une planification urbaine suffisamment structurée. Les constructions dispersées et l’occupation des zones exposées compliquent le raccordement aux réseaux et augmentent les difficultés liées aux crues.
Il considère donc que Bangui peut développer son réseau d’eau potable tout en intégrant les risques d’inondation dans les choix d’aménagement. Les données disponibles sur l’Oubangui doivent, selon lui, servir à planifier les quartiers, les infrastructures et les réseaux.
« L’eau est là ! Et sans inondation », résume Jean-Pierre Mara, qui appelle ainsi à traiter ensemble l’accès à l’eau potable, l’urbanisation de Bangui et la prévention des risques liés aux crues.
Jean-Pierre Mara est ancien député de la République centrafricaine.
Par Alain Nzilo
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