Gambo : des femmes enceintes évacuées à moto, des bébés meurent avant d’arriver à Bangassou

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À Gambo, dans la préfecture du Mbomou. À l’hôpital de cette ville du sud-est de la République centrafricaine, l’absence de bloc opératoire et le manque de personnel qualifié exposent les femmes enceintes à de graves risques. Celles qui nécessitent une intervention médicale doivent être évacuées vers Bangassou, à 75 kilomètres. Selon des témoignages recueillis sur place par l’équipe de Corbeau News Centrafrique (CNC), des bébés meurent avant l’arrivée de leurs mères à l’hôpital de référence.

 

À Gambo, donner naissance peut devenir une épreuve particulièrement dangereuse lorsque l’accouchement se complique. L’équipe du CNC, qui s’est rendue à l’hôpital de la ville, a constaté des conditions de prise en charge très difficiles, avec des équipements insuffisants, un bâtiment ancien et des moyens médicaux limités. Pour les femmes enceintes dont l’état nécessite une intervention chirurgicale, l’établissement ne dispose pas des installations permettant de réaliser une césarienne.

Gambo : des femmes enceintes évacuées à moto, des bébés meurent avant d’arriver à Bangassou
Batiment de la maternité de l’hôpital de Gambo. Photo CNC

 

Cette absence de moyens oblige les familles à chercher une solution ailleurs, souvent dans l’urgence. Bangassou, où les patientes peuvent être orientées vers une structure disposant de capacités de prise en charge plus importantes, se trouve à environ 75 kilomètres. Le trajet, effectué dans des conditions difficiles, peut durer au moins trois heures.

 

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Sans bloc opératoire, les accouchements compliqués deviennent des urgences à évacuer

 

L’hôpital de Gambo ne dispose pas de bloc opératoire. Cette lacune empêche les équipes médicales de réaliser sur place les interventions chirurgicales nécessaires à certains accouchements compliqués.

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Lorsqu’une femme enceinte présente des difficultés qui nécessitent une césarienne, son transfert vers un autre établissement devient indispensable. Or, une telle intervention peut être nécessaire lorsque la vie de la mère ou celle de l’enfant est menacée. Dans ces circonstances, le délai d’accès aux soins peut être déterminant.

 

Le problème est aggravé par le manque de personnel médical qualifié. Selon les informations recueillies sur place par la rédaction du CNC, l’hôpital ne compte que deux agents qualifiés. Les autres membres du personnel sont présentés comme des secouristes, dont les compétences ne permettent pas de répondre à toutes les urgences obstétricales.

 

L’établissement doit donc faire face à une double difficulté : l’insuffisance des moyens humains et l’absence des équipements nécessaires aux interventions chirurgicales. Pour les femmes dont l’accouchement se déroule normalement, les possibilités de prise en charge sont déjà limitées par les conditions matérielles. Pour celles qui présentent des complications, la nécessité d’une évacuation ajoute un risque supplémentaire.

 

Soixante-quinze kilomètres à moto pour sauver une mère et son enfant

 

Bangassou se trouve à environ 75 kilomètres de Gambo. Selon les informations recueillies par l’équipe du CNC, les évacuations peuvent durer au moins trois heures, en raison de l’état dégradé des routes et des pistes.

 

Faute de moyens de transport sanitaire adaptés, des malades sont conduits à moto. Les femmes enceintes qui doivent être transférées dans ces conditions sont particulièrement exposées aux difficultés du trajet. Elles peuvent déjà souffrir de douleurs intenses, de saignements ou d’autres complications nécessitant une intervention rapide.

 

Sur une route en mauvais état, le déplacement devient une épreuve supplémentaire pour une patiente dont l’état peut se dégrader à tout moment. La moto ne permet pas d’assurer la surveillance médicale ni les interventions qu’une ambulance médicalisée pourrait offrir en cours de route.

 

Pour les familles, il faut trouver rapidement un conducteur, organiser le déplacement et espérer atteindre Bangassou à temps. Chaque retard peut compliquer davantage une situation déjà préoccupante.

 

Les témoignages recueillis sur place font état de décès survenus pendant les évacuations. Des personnes interrogées rapportent notamment des cas de bébés morts avant que leurs mères puissent atteindre l’hôpital de Bangassou. Ces témoignages décrivent des drames auxquels les familles sont confrontées lorsque les soins nécessaires ne sont pas disponibles à proximité.

 

Des nouveau-nés meurent avant l’arrivée à l’hôpital de référence

 

Les décès rapportés pendant les transferts sanitaires constituent l’aspect le plus douloureux de cette crise. Selon les témoignages recueillis par la rédaction du CNC, certaines femmes enceintes n’atteignent pas Bangassou à temps pour que leur enfant puisse être pris en charge dans des conditions adaptées.

 

Lorsqu’une complication obstétricale nécessite une intervention urgente, l’absence de bloc opératoire à Gambo contraint les familles à dépendre d’un établissement éloigné. Si le trajet dure plusieurs heures, la situation peut évoluer avant l’arrivée de la patiente.

 

Les témoignages disponibles font état de bébés qui meurent avant l’arrivée de leur mère à destination. Les circonstances médicales précises de chaque décès n’ont pas été établies de manière indépendante par la rédaction. Ces récits restent néanmoins suffisamment graves pour justifier une attention urgente des services sanitaires et une amélioration des possibilités de prise en charge des accouchements compliqués.

 

Au-delà de chaque cas, le problème concerne les conditions dans lesquelles les femmes enceintes peuvent accéder aux soins. Une structure sanitaire dépourvue de bloc opératoire doit pouvoir organiser des transferts rapides et adaptés lorsque la vie de la mère ou de l’enfant est en danger.

 

Un bâtiment ancien et des équipements insuffisants

 

Les difficultés obstétricales s’inscrivent dans un problème plus large. L’hôpital de Gambo fonctionne dans un bâtiment datant de 1978, qui abrite plusieurs services, dont la médecine générale, la pédiatrie, les consultations et la chirurgie.

 

L’équipe du CNC a constaté des insuffisances matérielles importantes. L’établissement manque de lits et de matelas. L’électricité et l’éclairage font également défaut dans certains espaces, notamment au service de nutrition.

 

Ces conditions compliquent l’accueil et la surveillance des patients. Elles limitent aussi les capacités du personnel à assurer des soins réguliers, particulièrement pendant la nuit, lorsque des femmes enceintes ou des enfants peuvent nécessiter une attention constante.

 

Le manque de moyens ne concerne donc pas uniquement les interventions chirurgicales. Il touche l’ensemble de l’établissement et réduit sa capacité à répondre aux besoins sanitaires de la population.

 

À l’hôpital de Gambo, le manque de personnel qualifié et l’absence de bloc opératoire obligent les familles à organiser une évacuation vers Bangassou pour faire face aux urgences obstétricales.

Les femmes enceintes face à une prise en charge incertaine

 

Pour les femmes enceintes de Gambo, l’accès aux soins dépend largement de la capacité de l’hôpital à prendre en charge leur état et, lorsque cela devient nécessaire, de la possibilité de rejoindre rapidement Bangassou.

 

L’absence de moyens de transport sanitaire adaptés constitue une difficulté majeure. Une évacuation à moto sur 75 kilomètres ne permet pas d’offrir les mêmes conditions de sécurité qu’un transfert médicalisé. Le manque de personnel qualifié et d’équipements adaptés complique également la prise en charge avant le départ.

 

Les autorités sanitaires doivent donc examiner les besoins de cette structure, notamment en matière de soins obstétricaux, de personnel qualifié et de transport d’urgence. La disponibilité de moyens permettant de stabiliser les patientes avant leur transfert est également essentielle.

 

Une amélioration de ces capacités pourrait réduire les risques liés aux délais d’évacuation et permettre une meilleure prise en charge des femmes dont l’accouchement présente des complications.

 

Des mesures urgentes pour éviter d’autres drames

 

La situation constatée à l’hôpital de Gambo appelle des mesures concrètes. Le renforcement du personnel qualifié, la fourniture d’équipements médicaux et l’amélioration des conditions d’accueil des patientes figurent parmi les besoins prioritaires.

 

La question de la prise en charge des urgences obstétricales doit faire l’objet d’une attention particulière. L’établissement a besoin de moyens adaptés pour examiner les femmes enceintes, identifier les complications et organiser rapidement leur transfert lorsque les soins nécessaires ne peuvent pas être dispensés sur place.

 

La mise à disposition d’ambulances adaptées permettrait également d’améliorer les conditions d’évacuation vers Bangassou. Une meilleure coordination entre les structures sanitaires pourrait contribuer à réduire les retards et à préparer l’accueil des patientes avant leur arrivée.

 

À Gambo, les familles ne devraient pas avoir à parcourir 75 kilomètres à moto pour espérer sauver une mère ou un nouveau-né. Tant que l’hôpital restera dépourvu de bloc opératoire et de moyens suffisants pour les urgences obstétricales, les femmes enceintes continueront de dépendre de transferts difficiles vers Bangassou, avec des risques graves pour leur vie et celle de leurs enfants.

 

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